Posted in Carnets de route

Le jour où j’ai décidé de ne plus me satisfaire d’à peu près…

Crédit – PicJumbo

C’était une nuit sans étoile, une nuit d’insomnie, pendant laquelle tournent en boucle toutes ces questions sans réponses que l’on se pose à intervalles irréguliers et qui viennent tourmenter nos cœurs, déjà bien fragiles.

En remontant le cours du temps, je me retrouvais face à une réalité que j’avais souvent voulu occulter : l’amour et moi n’avions pas été très amis depuis longtemps. Non que j’avais cessé d’y croire mais j’avais l’impression de m’être souvent perdue, d’avoir beaucoup donné, d’avoir reçu très peu. Et quand j’avais reçu, tout s’était un beau matin envolé en fumée. Silence, on tourne…la page.

Le bilan était peu satisfaisant. Et pour cause je m’étais la plupart du temps entichée de personnes pas faites pour moi. A qui je demandais beaucoup, beaucoup trop et qui étaient incapables de s’investir dans la durée, qui décampaient à la première déclaration qu’ils jugeaient un peu précipitée. Personne n’était contre une partie de jambes en l’air mais dès qu’il était question de sentiments, c’était plutôt « courage fuyons ».

Lors de cette nuit d’insomnie, j’avais donc décidé que c’était fini, que je ne donnerais plus dans l’à peu près, que je ne me satisferais plus du premier qui passe, sous prétexte que la solitude pèse trop. J’avais eu mon lot de menteurs, tricheurs, j’avais eu mon lot de sentiments à l’emporte-pièce, de mecs qui m’avaient presque promis la lune et qui n’étaient même pas capables de décrocher leur téléphone pour me dire que la soirée était sympa mais que ça n’irait pas plus loin. J’avais eu mon lot d’excuses bidon, d’annulation de rendez-vous à la dernière minute.

Je m’étais satisfaite de peu pendant longtemps, j’avais bradé mon cœur au plus offrant, laissé mon corps être malmené entre les bras d’hommes sans une once de tact. J’avais mis ma dignité au placard bien des fois, après avoir énoncé un « non » ni entendu, ni respecté. J’avais dit « oui » presque contrainte et forcée.

On ne m’avait jamais appréciée à ma juste valeur. Je n’avais jamais été cajolée, on ne s’était pas beaucoup occupé de moi, si j’étais encore là c’est que j’y trouvais mon compte, alors pourquoi faire des efforts. J’avais eu droit à des cadeaux réservés à d’autres, ou pas de cadeaux du tout parce que je n’avais pas été ou assez coopérante, ou assez gentille ! Rien que de l’écrire, ça me file le bourdon !

Se contenter de peu, c’est peu s’estimer. Le jour où j’ai décidé de m’aimer davantage, j’ai su dire « non » sans avoir peur d’être rejetée, j’ai davantage osé, j’ai croisé la route de types sans intérêt aussi pour lesquels je n’ai rien lâché ou qui m’ont permis de passer des caps (je n’étais plus soumise au pouvoir des autres, j’étais devenue maitresse du jeu), j’ai surtout décidé que je méritais le meilleur ! Et j’apprécie chaque instant de ce que le meilleur m’offre…

Si certains/certaines pensent que j’ai de la chance, cette chance c’est aussi à moi que je la dois, à un travail de longue haleine sur moi, pour sortir des schémas répétitifs et trouver ma place.

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Auteur - Blogueuse et Poète. J'écris comme je respire... Author - Blogger and Poet. Writing is my breath, my voice, my dream...

32 thoughts on “Le jour où j’ai décidé de ne plus me satisfaire d’à peu près…

  1. Comme si c’était moi qui l’avait écrit. C’est pourquoi je me retire qd je sens que ce n’est pas équilibrée. Que je donne plus que je ne reçois. Que je ne suis aimée pas à la hauteur. Et non tu as raison, Marie, ce n’est pas juste une question de chance. C’est toi et c’est lui. C’est l’équilibre! Contente pour vous du fond du coeur. Bisous

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    1. Un jour on sait ce qu’on veut et ce qu’on ne veut plus Dina. Les expériences passées nous offrent ce discernement important.
      Je te souhaite de rencontrer celui que tu attends et qui saura voir en toi, au delà de toi.
      Je t’embrasse fort.

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  2. La patience est peut-être un abominable défaut. Plus on se contente de ce qu’on attend, plus on perd toute capacité à vouloir autre chose, à imaginer mieux, à savoir que c’est possible. Plus on attend, plus on attend.
    À partir de quand est-il trop tard ?

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    1. Après correction coquille :
      La patience est peut-être un abominable défaut. Plus on se contente de ce qu’on a, plus on perd toute capacité à vouloir autre chose, à imaginer mieux, à savoir que c’est possible. Plus on attend, plus on attend.
À partir de quand est-il trop tard ?

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      1. Est-ce qu’on se contente de peu parce qu’on pense qu’on ne mérite pas mieux? Ou on se contente de peu en pensant que ça va changer?
        Il est trop tard quand on perd tout contact avec l’espoir.

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  3. Tu as eu le courage de tirer les leçons de la vie , tu peux être fière Marie ! Ce n’est pas toujours évident de bousculer ce qui a été notre éducation, toujours faire plaisir aux autres et se contenter de miettes. Tu es à présent toi-même , consciente de ton importance. Le bonheur qui t’arrive est tellement mérité ! Grosses bises

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    1. Non pas toujours évident mais quand on répète sans cesse la même histoire, il est bien de faire un point de temps en temps Paulette!!
      Mille merci. Grosses bises

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  4. Je me retrouve quelque part dans ces lignes……Et je sais combien cela est difficile de dire Stop à cette spirale. J’en sors petit à petit… Et là je rencontre un homme différent des autres et moi je le repousse….Va comprendre !!! lol. Bonne soirée.

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    1. C’est l’instinct qui parle souvent, la peur Dorothée.
      Un jour il faut se lancer, ne pas penser à demain et savourer aujourd’hui. Ce n’est pas toujours simple surtout quand on a vécu des relations amoureuses difficiles et douloureuses.
      Bonne fin de journée. Merci

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  5. Je me considère comme étant chanceuse, j’ai toujours eu des hommes qui se sont bien comportés avec moi. Je parle de mes relations. Apres j’ai eu aussi mon lot mais ces hommes n’étaient pas très important et pour dire la vérité c’était plutôt moi la mauvaise du couple.
    En tout cas Marie, la roue tourne, tu es dans un autre type de relation à présent

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  6. Je retiens ta dernière phrase : la chance ne vient pas toute seule, c’est le travail qui la fait venir. J’ajouterais que savoir saisir les opportunités et donc prendre des risques permet d’obtenir cette fameuse chance.

    Bonne soirée à toi
    Cécilia

    PS : j’adore te lire 🙂

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  7. Quand j’ai pris conscience des erreurs que je faisais, j’ai pu en sortir et être prête à rencontrer l’homme de ma vie, le vrai… 🙂
    Bisous Marie ❤

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  8. Je pense que ce post serait une très bonne inspiration pour une femme que je connais depuis peu et qui se trouve justement dans de l'”à peu près” et qui a beaucoup de mal à stopper une relation qui ne lui convient pas.
    Merci pour le partage Marie et bravo à toi d’avoir eu le courage de poser pas à pas les nouvelles bases de ce que tu souhaites en matière de relation et de les faire vivre.
    Gros bisous !

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    1. N’hésite pas à partager ce message avec elle ma belle. Ce n’est jamais facile de quitter une relation, qu’elle soit bonne ou mauvaise.
      J’ai en effet pris soin de reconstruire sur des bases solides et de m’interroger sur ce qui avait de l’importance à mes yeux. Ca en valait la peine!
      Grosses bises et merci

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  9. La chance relève surtout de notre attitude face à l’existence et à ses aléas. Certaines personnes envient la chance que nous avons de jouir d’un bonheur stable, Mais il ne s’agit pas de s’asseoir sur ce que l’on a, en renonçant à évoluer. Au contraire : il s’agit de se nourrir de ce que notre quotidien nous apporte pour cultiver en nous cet état d’ouverture et de confiance qui nous aidera à mieux saisir la chance quand elle passera !

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  10. Je me retrouve quelque part dans tes lignes. Il y a près d’un an, je suis arrivée à ce point où je me suis dit “stop” aux mecs pas sympa-pas faits pour moi…Depuis, c’est pratiquement le calme plat mais serais bien incapable, après cette prise de conscience, de retourner en arrière.

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  11. Je crois que c’est le plus beau cadeau que tu pouvais te faire, cette décision! On en voit les effets positifs maintenant 🙂

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  12. C’est une belle prise de conscience mais comme tu le dis, tu ne l’as pas volé et c’est le résultat d’un travail de longue haleine pour comprendre ces schéma bien ancrés et avoir la force d’en sortir. Je pense qu’on se satisfait souvent de “peu” parce qu’une voix inconsciente au fond de nous nous dit que nous ne valons pas mieux… J’essaie de me rediscipliner aussi et sans changer fondamentalement (le peut-on vraiment ?), j’essaie d’adopter une nouvelle maxime : GIVE LESS, EXPECT MORE ! (oui je l’ai réécrit à ma sauce mais promis, je ne deviendrai pas pour autant une égoïste patentée !!!). Je t’embrasse

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    1. C’est tout à fait ça, nous avons tellement peu confiance en nous que nous prenons ce qui vient sans chercher plus loin, même (et c’est le pire) quand nous ne sommes pas heureux.
      On ne peut pas se changer radicalement mais un peu tout de même. Tu ne seras jamais égoïste mais tu peux commencer à penser un peu plus à toi. Tu es importante ma jolie!
      Grosses bises et merci

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Un mot doux pour la route...

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