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Overdose – Bis

Crédit Photo @mariekleber37

En Septembre l’année dernière j’exprimais déjà mon ras le bol sur le sujet, ICI.

Et je dois dire que depuis j’oscille entre « ça me fait du bien » et « ça m’exaspère ». Oui je n’en peux plus de toutes ces questions – pas les simples type « qui suis-je, où vais-je ? » – mais bien celles qui me demandent si « je sais dire non » ou « quelles sont mes masques, mes scénarios de vie, mes croyances limitantes », celles qui me demandent sans cesse d’aller creuser, d’aller piocher dans mes expériences, confronter mes peurs, nourrir mon enfant intérieur, identifier mes blessures, libérer mes émotions, nommer mes besoins, changer mes pensées.

Je n’en peux plus des injonctions de ce monde, de la colère des uns, de la folie des autres, des mots acerbes lus, entendus. Ni d’un côté, ni de l’autre, je ne me retrouve que dans cette appréciation de la beauté, dans cette illumination naïve, dans ce courant loin de tout qui s’exclue sans le vouloir, juste pour s’épargner le malaise qui inexorablement pointe son nez.

L’overdose, une fois de plus, overdose de bons sentiments dilués sous couvert d’une spiritualité sacrée, bons sentiments qui ne sont que des mirages auxquels nous tentons de nous accrocher pour suivre la foule qui scande avec foi son adhésion à la vie.
Quelle vie ?
Nous n’en avons sûrement pas la même définition.

Je suis peut-être bien arrivée au bout de cette quête qui m’a promis monts et merveilles et qui me semble bien fade à l’heure actuelle. Je suis peut-être même revenue là où j’étais il y a longtemps, avant de vouloir comprendre pourquoi j’étais là, pourquoi j’étais moi en quelque sorte. Il faut parfois des chemins de traverses pour saisir son essentiel.
Je crois que le mien est loin de tout ce qui se fait aujourd’hui. Il est peut-être même à contre-courant mais qu’importe puisque je n’ai jamais vraiment été dans le courant. Ce besoin d’appartenance c’est quand on a 15 ans. A 41, il est temps pour moi d’accepter de ne pas adhérer.
Ça ne change pas la donne mais ça a certainement le pouvoir de modifier ma façon d’être au Monde…

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Pourquoi j’ai arrêté ma formation de thérapeute?

Photo by SHVETS production on Pexels.com

On me demande souvent pourquoi j’ai arrêté à mi-chemin ma formation de thérapeute. Il y avait la notion “temps” bien sûr, pas évident de tout conjuguer tout en gardant une harmonie et un équilibre, tant au niveau professionnel que personnel.

Mais il y a autre chose. Le bien-être est au cœur de bon nombre de débats en ce moment. On peut même dire qu’il est le cœur de nos modes de vie. On entend parler à outrance du bonheur, du développement personnel, de l’affirmation de soi et j’en passe.

J’ai aimé apprendre, j’ai trouvé cette formation enrichissante à bien des égards, à raison de deux jours tous les trois mois. A chaque regroupement, j’avais le sentiment de mieux comprendre certains concepts clés, nous faisions pas mal de mises en situation ce qui apportait un plus. Oui mais…

Oui mais, ne confondons pas tout. Une formation en 5 weekend de 3 jours et 4 semaines de 5 jours, même avec beaucoup de travail personnel, ça ne permet pas d’aller dans le monde et de prétendre pouvoir aider, accompagner les autres. De nombreuses professions aujourd’hui ne sont pas réglementées, on trouve de tout dans le milieu du soutien “psychologique”, de l’éveilleuse de conscience au chamane cosmique, de la nettoyeuse d’âme à l’art-thérapeute plurielle holistique, de la business prêtresse à la révélatrice d’amour sacré.

Toutes ces personnes croient en ce qu’elles font et c’est très bien. Mais derrière tout ça il y a certes des personnes avec des problématiques assez simples allant de la confiance en soi à la peur du changement. Et puis il y a des personnes en souffrance profonde, avec des traumatismes lourds, des histoires de vie complexes. Et là, pour moi il y a un vrai risque. Et même d’ailleurs des problématiques ordinaires, il peut y avoir des choses moins sympa.

Une bonne capacité d’écoute et une empathie développée sont des qualités importantes mais elles ne sont pas suffisantes pour en faire un métier. Je sais que beaucoup de personnes dans le milieu holistique notamment remettent en question la médecine plus traditionnelle. Mais ne comparons pas un psychologue ou un psychanalyste qui a une formation solide à un thérapeute qui s’est formé uniquement en ligne par exemple.

Je ne dis pas que les thérapies holistiques sont mauvaises, loin de là, mais elles ont leurs limites. C’est un leurre de penser qu’une séance de fleur de Bach, de visualisation, de bols tibétains va venir à bout d’un deuil, d’un traumatisme de l’enfance, de la maladie, de phobies. J’en vois des gens autour de moi qui claquent des fortunes pour des programmes qui leur promettent de dire adieu à leurs peurs et de vivre enfin la vie qu’ils/elles désirent!

Donc voilà la deuxième raison. Je ne me suis pas retrouvée dans cette dynamique. Pour les autres ça avait leur de coller. D’ailleurs l’école fait carton plein. Les gens payent environ 8000€ pour se former et plusieurs personnes de ma promotion se sont lancées à leur compte!

Vous aussi vous trouvez que ça part un peu dans tous les sens ces nouveaux métiers? Vous iriez facilement voir quelqu’un qui s’est formé en quelques heures seulement?

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Atelier d’écriture 2022 #3

Yves regarde le soleil se coucher sur le dernier soir des vacances. Plus tôt dans la journée les enfants et lui ont accompagné Alice à la gare. Louis et Léa s’amusent dans les vagues avec cette candeur qui le ravit. Pas d’horaire ce soir, il a promis. Il préparera les bagages plus tard, quand ils seront couchés, quand l’horloge marquera presque le début d’une nouvelle journée. Il imagine Alice plongée dans un bon bouquin, un de ces pavés qui la font frémir ou pousser de longs soupirs qui résonnent partout dans la maison. Leur maison, ce foyer si précieux à ses yeux, sa zone de sécurité. Il en a tant manqué dans l’enfance. Il a si souvent pataugé dans des eaux usées, accumulé les déboires comme d’autres attirent la chance.

La rente de sa mère n’a pas fait long feu. Avec sa folie des grandeurs, ses envies de bouffer le monde. Avec ses grands discours qui ne tenaient pas la route et l’alcool, un peu de poudre blanche. L’interdit bancaire a sonné le glas de cette vie qui se voulait libre, sans contrainte. Son père suicidaire a préféré l’exil, un lit blanc dans un hôpital psychiatrique. Une procession de blouses blanches comme ultime aurevoir.

Alors son foyer, c’est son repère. Et Manon, sa soupape. Manon, ses cheveux longs, la cambrure de son dos, la souplesse de ses seins. Quand il se perd en Manon, il oublie le reste, qui il est, d’où il vient, où il va. Il ne sait pas pourquoi il a besoin d’elle, autant qu’il a besoin d’Alice. Etrange cette relation triangulaire dont il est le principal centre d’intérêt. Alice ne sait pas pour Manon et Manon ne sait pas pour Alice. C’est son secret, bien à lui, le premier.

Les cris de Louis et Léa le ramènent sur la plage aux teintes crépusculaires. Il est temps pour lui d’enfiler son costume de papa poule pour cette dernière soirée de l’été.

Je vous laisse découvrir les belles participations de ce rendez-vous: Chez IsabelleMariedangele, Chez Sweet Things, Chez Sandra, Chez Josée, Chez Marinade d’histoires, Chez Captain Demoral, Chez Mijo

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte à partir de la photo suivante. Au plaisir de vous lire!

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Ma plus grande peur

J’ai l’impression de le dire, le sentiment d’oser. Plus souvent, plus spontanément. Moi aussi j’ai mes peurs, sous le voile déposées, protégées. Des peurs sans grand fondement et puis d’autres.

J’aime les gens qui disent ne pas avoir de peurs, je souris. C’est tellement évident ce qui se cache derrière cette certitude. Mais je sais que faire face à ses peurs n’est pas chose aisée, qu’il faut côtoyer l’ombre au plus profond.

Oui je suis attirée par la mort, parce qu’elle fait partie intégrante de la vie, elle me fascine, elle est mystérieuse alors elle m’appelle à entrer en contact avec elle. La mort est le plus grand tremblement de l’être humain, même si nous tentons de nous rassurer en n’y prêtant pas trop attention.

Je sais que je vais perdre les gens que j’aime. Un jour. Un par un. Ma peur n’est pas liée à l’absence mais bien à cet aurevoir qui ne pourra pas toujours se faire, ce départ inattendu qui me cueillera une fois de plus au saut du lit, avec la sonnerie stridente d’un téléphone. Sans avoir pu dire un mot. Voilà ma peur, voilà ce que je tente de dompter pour ne pas l’imposer aux autres.

Alors j’essaie, de plus en plus, de dire ces mots, ceux qui brûlent les lèvres, ceux que l’on ose pas toujours ou pour lesquels on se dit que le moment n’est pas opportun. Combien sont-ils à confier “si seulement j’avais su.” J’ai manqué des départs, mes mots sont restés en suspens. Je me suis fait des promesses de ne pas laisser le temps s’échapper à nouveau.

Et vous, votre plus grand peur c’est quoi?

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Admiration

Au gré des jours de peine
Les âmes s’emmêlent
Sur la nuit, les chaînes
Dérivent dans des rêves sans ailes

Les vagues viennent et passent
Le temps à la peur
Sur la rive chassent
Leurs plus profondes terreurs

Un flot continu
D’images torturées
L’enfance abusée
Dont le rire s’est tu

Avancer sans fondations
Assez solides pour les porter
Oubliée la raison
Un seul mot : sécurité

Dans leurs yeux, pour toujours
Une lueur trahie
Un mensonge, un non-dit
Et leurs cœurs un peu lourds

Je les regarde se construire
Déplacer des montagnes
Refouler toutes leurs larmes
Accepter de détruire

Les traumatismes qui les hantent
Se relever sans relâche
L’espoir qui supplante
Les heures un peu lâches

Et sourire au milieu du chaos
Oter le voile pas à pas
Passer outre les dégâts
Et porter loin leurs idéaux

Posted in Carnets de route

Impuissance

Photo by Flora Westbrook on Pexels.com

Je suis là, j’écoute, je regarde. Je garde les maux dans un vase clos d’incertitudes. Je suis là, j’écoute, je sais que je ne peux rien faire à part écouter. Je regarde les corps fatigués, je prends note de l’épuisement, les mots ne sont faits que de ça. Ils disent le trop plein, le trop peu. Je regarde les maux du corps, j’entends le corps crier et je ne peux qu’écouter.

Je suis là, au bureau, dans les couloirs, entre deux portes. Je suis là, au bout du fil, au bout du cœur. J’écoute tant que je peux. J’écoute avec les yeux. Je regarde les maux se balancer. J’essaie de dire, j’essaie de dire qu’à force de trop encaisser on risque de tomber. J’essaie de prévenir, avec des mots clichés. Et puis je cesse de dire, j’écoute. Mon impuissance est flagrante.

Je ne peux pas. Comme vous. On ne peut rien pour l’autre qui souffre. On ne peut rien pour celui qui coule. On peut juste l’écoute. On peut juste être là. L’autre doit savoir qu’on est là. Parfois, ça sera suffisant. Et parfois, ça ne suffira pas. Il faudra que le corps s’exprime davantage, il faudra que le corps cesse de bouger. Parfois il faudra la chute qui abime.

Je suis là, j’entends les cris, les appels à l’aide et je reste avec mon manque de ressources, avec mes mots qui sonnent comme des embuscades. Je reste avec ce qui souffre en silence. Et j’ourle de silence ma totale impuissance.

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Atelier d’écriture 2022 #2

Début du récit ICI.

Manon regarde par la fenêtre et glissent les souvenirs sur la vitre parsemée de gouttes du train. Ils caracolent dans le paysage chaotique, se regardent, se devinent, se font face comme des chevaux fougueux. Les souvenirs lui apparaissent comme des danseuses qui feraient leurs premier pas sur une piste déserte, prêtes à être examinées dans les moindres détails. Elle en prendrait bien quelques uns au hasard, histoire de voir ce qu’ils ont à lui dire. Mais elle reste stoïque, perdue avec ses “peut-être” éparpillés, invisibles à l’œil nu, ne se sentant pas le cœur à fouiller le passé, ses vertiges et ses sillages.

Quand soudain, un se décroche et vient s’asseoir à ses côtés.

Elle le regarde s’installer confortablement sur le siège inoccupé. Il fait comme chez lui, s’étire, se détend et déjà elle sent poindre la mélancolie qui l’habite. Elle ne l’a pas oublié, elle le sait. Il est son rêve le plus cher, son espoir le plus grand. Il est cette petite graine qu’elle espère, ce souffle de vie qu’elle attend. Elle sait tout de ses silences, de son absence. Il n’est qu’un songe éveillé, un souhait dans un carnet, un dessin coloré qu’elle espère voir prendre vie. Elle le griffonne, lui cherche des prénoms, invente ses mimiques. Elle se nourrit d’une magie ancestrale pour faire taire les contractions paradoxales de son ventre immensément vide.

Manon ne peut se résoudre à quitter Yves, pourtant elle le sait, si le petit “+” se présentait, il partirait…

Un grand Merci à Sandra pour sa participation touchante cette semaine!

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Pour la semaine prochaine, nous repartons sur une liste de mots: vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente. Liste à laquelle il faudra ajouter 5 mots ayant pour terminaison – aire. A vos plumes!

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Neuf ans de nous

Le regard sur l’horizon, je reviens en arrière de quelques années, en ce jour si particulier où je suis devenue ta maman. Dans l’ombre de mes larmes, tu es né. Un rayon de soleil au milieu d’un orage. Un grain de magie au creux d’un hiver qui semblait ne pas avoir de fin. Là, dans cet écrin de désespoir, tu as déposé près de 4 kilos d’espérance.

Voilà neuf ans de toi, de nous, neuf ans comme une ascension. Je venais de loin et tu empoignais tout avec une rage féroce. Notre envie de vivre fut plus forte que tout, plus forte que les cris, que les coups de poing dans les murs, plus forte que les “non” à répétition, plus forte que les pleurs et la douleur.

Notre histoire s’écrit avec des lettres de toutes les couleurs. Nous savons les jours gris très gris et les jours qui pétillent, les apostrophes dans l’atmosphère et les points de suspension dans l’air. En neuf ans, j’ai tant appris. En neuf ans, tu as tant grandi.

Je te regarde regarder le monde, rire, prendre confiance, oser te confronter, oser aimer ce qu’il y a à aimer, jouer surtout, rire beaucoup. Avoir peur de ce qui te dépasse, tenter de camoufler tes émotions, parfois réussir à parler quand ton cœur se sent prêt à exploser.

Je ne suis pas toujours juste, tu n’es pas toujours juste. Nous nous faisons face parfois, comme deux lutteurs dans un bras de fer sans fin. Personne ne se sent prêt à céder alors, moi engoncée dans des souvenirs du passé et toi pris par cette envie de gagner. Et puis tout passe et le soleil revient. Et soudain, il n’y a plus rien que tes deux yeux qui rient et les miens qui s’émerveillent.

A l’ombre de ce qui fut et de ce qui sera, je me tiens, silhouette maternelle, heureuse et fragile, offerte pleinement au temps de ta vie.

Ce texte a été écrit – le jour s’y prête bien (évidemment!) – pour l’atelier Bric a Book 419

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture 2022 #1

Dans cet espace insolite, Manon compte les rangées, les gens, les chaussures bleues, noires ou colorées, les sourires francs, les sourires faux, les boutons des chemises des uns, les rayures des écharpes des autres. Compter pour vaincre l’absence, pour faire taire les émotions qui la traversent depuis qu’elle a posé ses valises dans le “carré famille”, depuis qu’elle sait qu’il va falloir faire le reste du voyage avec son visage à Elle, celui de ses enfants en toile de fond, corps fondus dans le bleu Méditerranée qu’un appel paternel ramène sur le rivage. La même voix que celle du téléphone hier soir, cette voix suave qui la chavire, dans laquelle sa bulle se recompose et se décomposent ses contradictions.

Quatre heures de trajet pour rejoindre la Capitale, ses clients sincères à deux doigts de tout foutre en l’air, ses clientes rebelles qui perdent leurs moyens dès qu’on parle de partage des biens. Quand une personne entre, elle sait déjà pourquoi, son intuition ne la trahit jamais. Il y a toujours un peu d’amour perdu sous une couche assez dense de non-dits, une bonne dose de culpabilité dans leurs discours qui se veulent vaillants. Elles tentent toutes de maintenir le cap, coûte que coûte, les femmes, les hommes aussi. Pour les petits surtout, les parents un peu, pour les amis, pour le regard des autres sur leur vie ratée, ce qu’elles n’ont pas su faire fructifier. Alors même que chez les autres, ce n’est que du chiqué, rien que des branquignols qui donnent le change, avec brio.

Manon jette un coup d’oeil sur la banquette en face. Elle est toujours là. Elle investit son cercle privé sans y avoir été invitée. Manon se demande si elle sait. Pour son mari. Et elle…

Retrouvez ici les textes de Sweet Things, Sandra, Josée, Marinade d’histoires. Merci à vous 4!

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Pour la semaine prochaine, je vous propose une citation / photo! J’espère que ça vous inspirera encore de belles lignes! Rendez-vous mardi prochain pour de nouvelles aventures!

Posted in Variations Littéraires

Tout se dit en silence

Photo by Pixabay on Pexels.com

Rien dans son allure, si ce n’est un manteau un peu grand, un reflet sur l’opaque du tissu, rien dans sa démarche ne dit. Si ce n’est cette façon, cette habitude si prisée des femmes, ce petit geste simple et pourtant exigeant, cette manière de poser ses mains entre la taille et les hanches, sur l’os, pouces en avant et doigts écartés en arrière.

Elles le font toutes, les femmes, qui sous leur manteau cachent leurs points d’interrogation, les larmes de joie comme de trop plein. Ça se distingue parfois à peine, c’est juste une vague, un léger embonpoint, une poignée qui reste même quand on fait attention, même quand le gras n’est pas une option.

C’est un signe, un code de ralliement inconscient. Avec un léger excès comme pour marquer le temps, ce temps-là précisément, ce temps latent, suspendu, vivant.
Les mains posées et un souffle. Le corps qui lâche les résistances, ce corps sous tension qui porte, entre ces mains qui supportent, le poids de cette autre vie, qui sous le vague du manteau grandit.

Rien dans son allure ne dit sauf cette manière de se tenir, le ventre tendu vers le monde, l’enfant presque déjà offert à la cacophonie de la vie.

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Les livres de janvier 2022

Il y a quelques années, je partageais mes lectures, mois par mois. J’ai eu envie de reprendre cette habitude, car c’est souvent en lisant les coups de cœur des uns et des autres que je découvre de beaux et bons livres. Je ne vais pas vous faire de critiques, bien construites, car ce n’est absolument pas mon truc. Juste vous présenter les livres lus, aimés (ou pas) et pourquoi!

Un funambule sur le sable de Gilles Marchand – Ce livre m’a été offert par une amie. En Trois mots, il est décalé, poétique et sensible! Un beau plaidoyer sur la différence et la façon dont on la regarde, comme une chance ou un fardeau. Il y a également de bonnes références musicales, ce qui ne gâche rien. Je crois qu’on accroche de suite ou pas du tout. A voir en fonction de vos affinités!

Blessing in disguise de Danielle Steel – Déniché dans une boite à livres et j’ai été agréablement surprise. Je connaissais Danielle Steel de nom bien sûr, mais elle fait partie de ces auteurs à succès que certains dédaignent sous prétexte que ça manque de style! Le titre parle de lui-même. Une belle histoire de famille, de renaissance à travers les épreuves de la vie. J’ai passé un bon moment.

Par la forêt de Laura Alcoba – On change complètement de style. Ce livre m’a été conseillé par ma libraire et je n’ai pas été déçue. Je l’ai lu en deux soirées. Le sujet est sensible – un infanticide – on le sait dès le départ. Il n’y a pas d’intrigue si ce n’est de comprendre comment une mère peut en arriver là. La plume est humaine et poignante. Il y a des choses qu’on ne pourra jamais comprendre. Ce livre nous montre qu’il y a aussi des actes qu’on peut accueillir sans les juger. Ma lecture la plus marquante de ce mois de janvier.

Code 93 de Olivier Norek – Je l’ai retrouvé dans la bibliothèque du bureau. C’est sûrement la 5e ou 6e fois que je le lis, je suis fan de Victor Coste. Du pur plaisir toujours. C’est un polar donc ça ne fait pas dans la dentelle. Mais c’est le genre de lecture qui me tient en haleine et que je peux engloutir en une soirée solo!

C’est fini pour janvier, je vous retrouve début février pour de nouvelles découvertes!

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture 2022!

Encouragée par tous vos retours sur mon article d’hier, j’ai décidé de relancer l’atelier d’écriture en ce jour symbolique – 2.2.2022. C’est reparti pour une année de mots, de partages et de découvertes.

L’Atelier aura lieu tous les mercredis. Libre à vous de me proposez vos idées au fil du temps. Je me ferai un plaisir de les intégrer aux ateliers à venir. Le principe est le même que les autres années, je vous propose un thème et vous avez jusqu’au mercredi suivant pour poster sur votre blog (avec un lien vers l’atelier) ou partager en commentaire (si vous n’avez pas de blog)

Pour mercredi prochain, je vous laisse avec les mots suivants: espace, voyage, cercle, absence, enfants, bulle, contradictions, branquignol, intuition.

Au plaisir de vous lire…

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Persévérer ou Lâcher?

Photo by Suzy Hazelwood on Pexels.com

C’est une question que je me pose assez régulièrement, à chaque fois que je reçois un courrier de refus, un retour négatif sur un texte, un manuscrit envoyé. Mon écriture est-elle si médiocre? C’est possible. J’ai conscience de mes limites…

Je sais, vous allez me dire qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Vous aurez raison. Mais alors, à quoi bon continuer dans une voie, dans un chemin qui ne semble pas être le bon? Pourquoi continuer à se prendre des claques quand d’autres semblent trouver chaussure à leur pied?

Persévérer n’est pas toujours la meilleure option. Peut-être qu’il est temps de raccrocher, de lâcher les rêves, de laisser les mots dessiner des histoires pour le simple plaisir que cet acte procure, sans chercher plus loin.

Et si lâcher était la sagesse? Et si finalement on laissait le rêve au monde de l’enfance, il est beau là dans son joli cocon, avec ses pétales de rose et ses lumières.

J’ai persévéré, j’ai encaissé les mots durs, les retours, les silences, les “non” à répétition. L’investissement est tel que j’avais quelques espérances, bien entendu, qui n’en a pas! J’ai aussi été portée par vos mots, vos retours, vos encouragements. Je me demande quand même parfois – sans vous offenser – si ils ne manquent pas quelque part d’objectivité! Un tout petit peu…

Je ne sais pas si persévérer, ce n’est pas au final quelque chose qui m’appauvrit, si ce n’est pas une manière de me bercer d’illusions. Alors je pense de plus en plus à laisser mon rêve s’envoler. Après tout, il a eu le mérite d’exister. Et de revenir aux mots sans attente, juste pour la joie, juste pour exprimer ce que le cœur contient, juste pour la magie de la poésie et la beauté du partage.