Posted in Carnets de route

Pourquoi j’écris ou plutôt comment

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Je me suis demandée récemment, comme souvent d’ailleurs, à intervalles irréguliers, pourquoi j’écrivais. Ou plutôt comment.

Quelle est ma relation à l’écriture ?

Vous êtes nombreux ici à écrire. Des articles de blog. Mais pas que. Des textes, des nouvelles, des poèmes, des romans…

Pour ma part le roman ne m’a jamais attirée. J’aime en lire. En écrire est une autre histoire, dans laquelle me plonger ne me parait pas seulement compliqué mais surtout non adapté à mon style d’écriture.

En parlant avec une amie aujourd’hui, j’ai saisi ce qui caractérisait mon écriture : l’envie de partager des tranches de vie. Tout simplement. Un peu comme le photographe qui dans un cliché va saisir un instant. Ce que j’aime : regarder le monde et m’en inspirer pour créer. Quelques lignes. Quelques pages tout au plus. Saisir l’essentiel.

Il y a aussi le plaisir d’échanger. Avec vous, mes lecteurs. C’est d’ailleurs ce que je trouve difficile avec un livre qu’on offre au monde. L’absence de retour parfois, le vide par rapport à des textes dans lesquels on a mis énergie, amour, sur lesquels on a travaillé pendant des heures, des jours. Le silence face au travail réalisé, à tout ce qu’on a vidé de soi sur le papier.

Et puis se vendre, se mettre en avant. Je ne maîtrise pas. Ce n’est pas moi. Ça ne me correspond pas.  Certains disent « il faut », « tu devrais ». Je ne souhaite pas de contraintes en écriture. Je vais où mon cœur me porte. Et j’aimerais d’ailleurs parfois pouvoir l’écouter encore davantage, me laisser plus de liberté. Dans le choix des mots, des thèmes abordés.

En continuant notre conversation, je me suis rendue compte que je me sentais plus libre justement quand j’écrivais en anglais, que je me contenais moins. Même si c’est une langue que je maîtrise, je n’en connais pas toutes les nuances, tous les recoins et c’est cette superficialité qui me donne d’oser davantage. Pas au point de faire sauter tous mes verrous. Juste sentir plus de fluidité dans mes partages.

Je continuerais d’écrire, c’est mon oxygène à moi, ma bulle, ce qui me permet aussi de progresser, d’évoluer, de me choisir à chaque instant, de m’épanouir un peu plus chaque jour, d’apprendre à travers les interactions, les accords et les désaccords que nous pouvons avoir. C’est ma manière de participer à la vie du monde.

 

Posted in Variations Littéraires

De la beauté…

[:fr]

Un regard dehors, je m’échappe. La journée de travail attendra. En ce moment j’ai envie de penser à autre chose. Je contemple le ballet des feuilles qui tombent, tapissent l’herbe de gouttes jaunes, rouges, brunes. La pluie tombe, fine et agrandit les flaques d’eau du parc. La beauté est partout pour peu que nous prenions le temps d’ouvrir les yeux.

La matinée s’est bien passée. Un câlin sur le canapé avant de débuter le marathon du départ à l’école. Quelques minutes seulement pour  profiter l’un de l’autre. Pendant ces quelques minutes, j’essaye de ne pas regarder l’heure, de savourer ce moment de partage, autour de la table du salon.

A l’école, il aura suffi d’un copain pour l’arracher à moi. Un bisou rapide avant de monter dans la classe. Je le regarde grimper, le sourire aux lèvres et l’air heureux. Je souris moi aussi. C’est parfois aussi simple que ça la vie.

Dans le métro, un livre à la main, je laisse les mots me transporter ailleurs. Parfois une idée vient et je la note dans la foulée. Je ne veux surtout pas la laisser s’envoler. J’écrirais une fois arrivée devant mon ordinateur. Je détricoterais le fil de mes pensées.

Au gré des stations qui défilent, je pense à toi. Il fait encore nuit là où tu es. Le manque s’estompe vite. Même loin, nous sommes ensemble. Je savoure les images qui traversent mon esprit. Ton regard, ton sourire, ton amour…

La beauté est là, à deux pas de moi. De nous. Il suffit d’ouvrir nos yeux pour la voir, l’entendre, l’admirer. Elle se niche dans les couleurs du jour qui se lève, dans un moment partagé, dans un regard échangé, en pleine nature comme au milieu de la ville en effervescence. Elle existe à chaque instant dans nos quotidiens. C’est parfois juste une pensée, la mélodie d’une voix, un repas à déguster. C’est parfois aussi simple que le souvenir de la première fois. C’est penser à quelqu’un qu’on aime. C’est accrocher un sourire et sourire en retour. C’est une main tendue, une lumière, un message, un mot doux. C’est parfois aussi discret que le soir qui descend en douceur sur la ville. C’est un bon thé chaud, un voyage, une histoire, une lecture, un paysage, une émotion.

La beauté est là, à deux pas de nous. Pour nous. Saisissons-la. Partageons-la.[:]

Posted in Variations Littéraires

Envers et contre tout, je choisis…

Faut-il ne partager que la peine, les doutes ?

Faut-il ne partager que les chagrins, l’errance ?

Faut-il ne partager que le chaos et les heures creuses ?

Faut-il ne partager que le pire, les larmes, les regrets ?

Faut-il ne parler que des blessures sans célébrer les victoires?

Faut-il éviter de dire le bonheur, sous peine d’entendre qu’il va peut-être s’enfuir ?

Faut-il éviter de dire l’amour, sous peine de lire qu’il ne sera peut-être pas éternel ?

Faut-il éviter de dire les rires, sous peine de passer pour un illuminé ?

Faut-il éviter de partager tout ce qui rend la vie unique ?

Faut-il garder tout ça au fond de soi ?

Faut-il préférer les cris aux sourires ?

Faut-il préférer l’indifférence au partage ?

Faut-il préférer les atrocités aux plaisirs simples du quotidien ?

Faut-il anticiper la chute?

Faut-il ne partager que les échecs?

Faut-il cesser de croire à la magie d’une rencontre, d’un regard ?

Faut-il  obtempérer ?

Faut-il rester dans sa coquille, garder sa joie sous cloche ?

Faut-il cesser de croire, de rêver, d’avoir des projets, des envies ?

Faut-il dénoncer la guerre au lieu de promouvoir l’amour ?

Faut-il avoir honte ?

Faut-il se laisser aller à suivre une idée qui ne nous convient pas, sous prétexte que tous y adhèrent?

Faut-il se blesser sans cesse ?

Faut-il cesser d’être libre?

Faut-il utiliser des mots qui choquent pour ne pas dire les sentiments ?

Faut-il avoir peur de les avouer ?

Faut-il se cacher pour vivre ?

Faut-il se réfugier dans la mélancolie et le mystère pour se protéger d’être ?

Faut-il ne partager que l’ombre, sans la lumière ?

Faut-il ne voir que le gris les jours de pluie ?

Faut-il ne saisir que le négatif de l’homme, sans prêter d’attention à ce qu’il a de meilleur ?

Faut-il abdiquer ?

Je refuse.

Chaque jour je choisis l’amour. C’est mon unique référentiel, la valeur qui me définit. Même au creux des tempêtes les plus intenses, au milieu des déserts les plus arides, au gré des coups durs de la vie, j’ai tenu grâce à cette énergie, cette force. Oui l’amour peut partir demain,  le bonheur peut me filer entre les doigts, mes rêves peuvent voler en éclats, le monde peut s’écrouler, gangréné par la folie et la haine. Rien ne m’empêchera de  continuer à aimer, à dire la vie, le bonheur, la joie, les sourires, les vibrations, la lumière. Je continuerai à écrire, partager, à évoluer, à croire, à avoir la foi. Et ce même au milieu de la nuit la plus noire…

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Obsédée (!)

[:fr]

Par tes yeux
Les traits de ton visage
Ta bouche
Avide de découvertes
Gustatives
Tes lèvres
Qui disent
Le ressenti
Les sentiments
Cherchent les miennes
Les embrassent avec délice
Je suis obsédée
Par ton sourire
Sincère
Délicieusement charmant
Par le goût
De ta peau
Au creux du cou
Là, où les sens en éveil,
Je me délecte de l’instant
Je suis obsédée
Par ton corps
Chaque centimètre
Chaque recoin
Par tes yeux
Qui me déshabillent
Je suis obsédée
Par l’intérieur de toi
Tes partages
Tes folies
Ta manière de dire
“Je t’aime”
Tes attentions singulières
Tes questions parfois désarmantes
Ta sensibilité
Tes défauts glissent sur moi
S’évaporent
Je ne les retiens pas
Je suis obsédée
Par la puissance de ton désir
La volupté de ton plaisir
Par tes bras qui m’étreignent
Par la chaleur de ton corps
L’envie qui s’invite
Quand face à face
Nos corps s’attirent
Je suis obsédée
Par la passion
Le feu qui nait
Au creux de nos reins
Entre nos mains
Quand elles glissent
Sur nos peaux
Je suis obsédée
Par l’envie de toi
Par ton envie de moi
Par ta sensualité
Par ta tactilité
Par l’enivrante sensation
De nos corps
Offerts l’un à l’autre
Dans un accord
Que nous savourons
Jusqu’à l’extase
Je suis obsédée
Par ta voix
Sa mélodie
Par l’écho de tes rires

Je suis obsédée
Par toi
Ce que le reste du monde
Pense ou devine
Ne fait pas le poids
Dans chaque instant
Qui nous lie
Il n’y a que
Nous
Et l’envie
Qui nous presse
De faire l’amour
A l’infini…

[:]

Posted in Carnets de route

Les États d’Esprit du Vendredi 24.11.2017

Il fait beau, il fait doux, que demander de plus! Allez c’est l’heure de rejoindre les États d’Esprit du Vendredi, initiative de Zenopia & The Postman. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti:

Début [15:36]

Fatigue : légère
Humeur : la vie est belle
Estomac : crème caramel et thé
Cond. phys. : un peu de yoga – peut-être un peu de vélo ce weekend
Esprit : se libère
Boulot : nouveaux projets
Culture : lire les blogs ça compte!

Penser à : prendre du temps pour moi (sans culpabiliser)

Avis perso : Cette citation est parfaite pour moi “tu es ce que tu t’autorises à être, rien de plus, rien de moins. La limite de tes capacités, de ton potentiel, s’arrête aux frontières de tes croyances. Tu es capable de ce que tu t’autorises à libérer en toi.” Imré Simon
Loulou : a plein d’idées pour Noël, veut toujours jouer, va dormir chez ses grands-parents demain soir
Msg perso (1): Je suis obsédée…par toi / Msg perso (2): vivement mercredi!

Amitiés : la semaine prochaine, le mois prochain
Love : pense que je suis aveugle, souris, me fait rire et sait ce qui me fait plaisir
Sorties : demain, dimanche, mercredi prochain
Essentiel : lâcher les préjugés, être soi
Courses : repas de fête
Envie de : faire la fête ce soir pour célébrer mon retour à la vie il y a tout juste 5 ans

Photo: Les feuilles tombent…

Zic: Lynda Lemay – Un Paradis quelque part

Fin [15:57]

Posted in Carnets de route

Je vais bien, ne vous en faites pas…

 

J’ai reçu beaucoup de messages. En deux jours, ça ne m’étonne pas de vous. Vous vous inquiétez, c’est tellement touchant. Je pourrais occulter tout ça et vous laisser face au vide. Mais je n’aime pas le vide. C’est oppressant.

Je peux vous dire une chose, je vais bien. La réalité c’est que je suis heureuse. Dans ma vie personnelle, amoureuse, même professionnelle. Ce n’est pas un bonheur de façade, c’est un bonheur réel qui me surprend le matin au réveil, me donne envie de savourer chaque instant, de profiter de la vie pleinement, de rire, de sourire, d’aimer, de le dire, de le partager.

Alors pourquoi cette pause, pourquoi ce besoin de m’éloigner un peu, pourquoi toutes ces questions dans ma tête ?

Je prends de plus en plus conscience que je suis remplie de limites, d’interdits, de peurs. Je le sais depuis longtemps mais j’ai tout fait pour le tenir à distance, ce n’était jamais le bon moment. Je renvoie depuis longtemps une image au Monde qui n’est qu’une part de qui je suis. L’autre se terre par crainte d’être jugée, mal aimée, rejetée, blessée aussi certainement. Je vis à moitié.

J’ai envie d’en finir avec ça. Je ne veux plus porter de secrets inavouables. Je veux pouvoir parler de tout avec tous. Je veux arrêter de tout contrôler, tout le temps ou presque. Je veux me sentir libre d’exprimer ce que je ressens. Je veux aussi me donner la priorité parfois. A force de faire passer les autres avant moi, j’ai un peu perdu contact avec moi-même. Je veux apprendre à recevoir. J’ai envie d’oser un peu plus, d’avoir des envies et de pouvoir les partager. J’ai envie de sortir mes tripes par écrit, de ne plus culpabiliser d’éprouver du plaisir à être, vibrer, aimer, m’aimer, prendre du temps pour moi. Je veux pouvoir rire du pire aussi. Je veux pouvoir être forte et fragile en même temps. Je veux pouvoir pleurer quand je suis à fleur de peau. Je veux pouvoir m’écouter davantage.

Alors j’ai pris un carnet, j’ai commencé à écrire. Pas une histoire. J’ai commencé à m’écrire, à lâcher sur le papier tout ce qui m’oppresse. Faire sauter les verrous un à un pour avancer plus sereinement, plus consciemment. Ça prendra le temps que ça prendra. Je me surprendrais à rire, à pleurer aussi. Je sais que ça sera douloureux par moments. Mais si je suis prête. Je ne suis pas seule. Je suis bien entourée. Mes bases sont solides et saines.

Je ne suis pas loin. Je vais bien, ne vous en faites pas…

 

Posted in Carnets de route

Pause…

Une fois n’est pas coutume…

J’ai besoin d’espace, de temps. D’écrire autre chose.

Et je sais qu’écrire souvent ici, c’est comme retarder le moment de plonger. C’est attendre que tout le monde passe, flâner, laisser la peur s’immiscer et faire marche arrière.

Encore une fois.

En étant déçue.

Encore une fois.

Je ne m’en vais pas. Je suis à deux pas d’ici.

Juste moins présente. Un peu plus ailleurs, appelée par d’autres récits…

Posted in Tout un poème

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

Libre du passé. Libre des maux. Libre et fière des cicatrices invisibles à l’œil nu, des cicatrices comme autant de victoires.

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

Amoureuse, passionnée, sensuelle, raffinée, bien dans son corps, libre dans ses gestes, libérée des tabous, des limites créées par l’inconscient pour se protéger.

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

Fédératrice. Transformatrice. Accompagnante. La source. L’élan vital. Le pouvoir créateur.

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

Sans armure. Offerte à l’instant d’amour. Qui donne, se donne, s’abandonne.

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

La femme libérée. La femme affirmée. La femme épanouie.

J’ai rêvé que j’étais cette femme…

Libre. Vivante. Inspirée. Inspirante.

Je suis le chaos, l’unité, le Phœnix resplendissant. Dans mon sang coule le pouvoir de devenir cette femme dont j’ai rêvé, en accord avec elle-même, ses rêves, ses envies, ses désirs, ses passions, le feu sacré inhérent à toute vie humaine!

Posted in Variations Littéraires

Entre toi et moi

[:fr]

Au delà des mots qui ne disent pas tout

Au delà des silences que nous partageons

Au delà des kilomètres qui nous séparent parfois

Au delà de ces instants que nous vivons intensément

Conscients du bonheur qui nous enveloppe

Au delà de la vie qui vibre en nous, entre nous

Au delà des envies qui nous assaillent quand nos regards se croisent

Au delà de nos cœurs qui battent à l’unisson

Au delà de l’authenticité de nos rendez-vous

Et de l’intensité avec laquelle nos corps fusionnent

Au delà des partages qui nous transportent

Au delà de nos peaux qui s’absorbent

Au delà du respect qui me donne confiance

Au delà de la confiance qui libère

Au delà de tout ce que nous nous apportons mutuellement

Au delà de nos passions communes

Au delà de ce que tu donnes (sans compter)

Au delà de mes peurs (que j’apprends à dépasser)

Au delà de ta capacité d’écoute incomparable

Au delà de notre grande sensibilité

Il y a ta vérité et la mienne

Et une chose qui compte

Que l’on s’aime…

[:]

Posted in Carnets de route

Les États d’Esprit du Vendredi 17.11.2017

Vendredi c’est le temps des États d’Esprit, initiative de Zenopia & The Postman. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti:

Début [14:36]

Fatigue : une bonne nuit de sommeil fait toujours du bien
Humeur : très beau fixe
Estomac : Yogi Tea
Cond. phys. : yoga
Esprit : en pleine réflexion pour les cadeaux de Noël
Boulot : des projets en cours et planifier 2018
Culture : « les 5 blessures qui empêchent d’être soi » (à relire en approfondissant) – Merci Paris (20 nouvelles d’auteurs sur leur quartier) et saison 7 d’un Village Français

Penser à : s’aimer
Avis perso : Confiance, Partage et Respect font vraiment des miracles
Loulou : maitrise l’art de la comédie, adore les câlins du matin dans mon lit, s’amuse comme un fou avec du papier bulle…
Msg perso (1): Merci pour ta participation aux Instantanés Singuliers

Msg perso (2): Je ne me souviens plus si je t’ai dis que tu étais formidable!

Amitiés : dimanche et fin du mois
Love : Love
Sorties : demain pour l’anniversaire d’un copain de loulou
Essentiel : aimer et se le dire
Courses : des collants et des bottes
Envie de : écrire tout le temps

Photo: commande reçue – si vous souhaitez offrir un livre pour Noël, pensez à moi!

Zic: Incontournable Queen « I want it all » (lien à venir)

Fin [14:57]

Posted in Carnets de route

Je ne savais pas (l’amour comme ça)

[:fr]

Je ne savais pas

Que l’amour pouvait avoir ce gout si particulier

Qu’un regard pouvait faire chavirer nos cœurs, d’un coup

Qu’une attention singulière pouvait les faire battre un peu plus vite

Je n’avais pas oublié

Je ne savais pas

Ce sourire qui dit tout

Ces mots qui sortent naturellement sans avoir peur d’en faire trop

Je ne savais pas

La confiance qui se partage

Qui donne confiance

La vie qui prend des couleurs

Je ne savais pas

Dire tout ce que j’avais en moi

Me livrer

Exposer ma vérité

Je n’avais pas oublié

Je ne savais pas

Que le bonheur chamboulerait mon quotidien

De cette manière

Que je serais plus présente pour les gens que j’aime

Plus sereine

Plus sincère dans mes sentiments

Je n’avais pas oublié

Je n’avais connu que l’amour

Synonyme de souffrance, de solitude

De manque et de trop peu

Je ne savais pas

Que l’amour m’obligerait à faire face aux blessures

Que je gardais en moi

Que l’amour les transformerait en cicatrices

A regarder sans jugement

Je ne savais pas

Que ce serait aussi vivant

Aussi revigorant

Aussi simple et naturel

Surtout après avoir érigé tant de barrières

Entre le monde et moi

Je ne savais pas

Qu’il se tiendrait là

Devant moi

Avec son sourire

Chavirant

Qu’il serait si authentique

Si parfait pour moi

[:en]

I didn’t know

Love would have this special tast

That one gaze could touch hearts so deeply

That one delicate attention could make them beat that fast

I didn’t forget

I didn’t know

That smile that says it all

The words that flow without the fear of saying too much

I didn’t know

About sharing confidence

About love that give confidence

That life would be that colorful

I didn’t know

Tell all about me

Staying true to myself

I didn’t forget

I didn’t know

That happiness would change me

That way

That I would be more present for my loved ones

More serene

More sincere sharing my feelings

I didn’t forget

I only knew love

Combined with suffering, loneliness

Not enough, so little

I didn’t know

Love would make me face the remaining scars in me

Love would look at them without judgement

Giving me the time to heal

I didn’t know

That I would feel so alive

That it would be so natural and simple

Even after having set up so many boundaries

Between the world and me

To protect myself

I didn’t know

That he would be standing ther

In front of me

With his smile

Making my heart skip a beat

That he would be so real

And perfect for me

[:]

Posted in Carnets de route

La peur du regard de l’autre, la mauvaise excuse par excellence !

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La peur du regard de l’autre. Nous en sommes tous plus ou moins là. Moi la première jusqu’à cette prise de conscience matinale, qui m’a pas mal ébranlée. Je crois vous avoir déjà dit qu’au réveil, les idées fusent. Ce matin je pensais à tout autre chose, j’imaginais un article dans ma tête, sous ma douche comme d’habitude, quand à la fin de mon raisonnement, j’ai dû faire face à cette réalité

Nous ne craignons pas toujours le regard de l’autre, l’inconnu, le parent, l’enfant, l’ami(e), le conjoint, le patron, le collègue. Mais la manière dont nous appréhendons le regard de l’autre a un impact non négligeable sur nos vies. Nous accusons facilement les autres de nos maux, c’est tellement plus simple. Nous leur prêtons des pensées qu’ils n’ont pas. Nous interprétons leurs silences, leurs mots, leurs actions, leurs choix en fonction de nos ressentis, de nos blessures – et cela varie d’un individu à l’autre.

Nous cherchons par tous moyens à savoir la manière dont les autres nous voient. Leur retour sur telle ou telle attitude, position nous donne de l’importance ou nous fait nous sentir invisibles et inutiles. Nous attendons que les autres approuvent nos choix pour les vivre pleinement. Quand nous décidons d’aller contre, nous sommes souvent rongés par la culpabilité.

La réalité c’est que le regard qui nous fait le plus peur c’est le nôtre. C’est tellement difficile à accepter que nous trouvons des boucs émissaires, nous nous imposons une manière de vivre et d’être pour ne pas avoir à nous regarder en face.

Nos peurs naissent de ne pas être aimés, acceptés, compris ou/et pris tels que nous sommes. Mais nous aimons-nous vraiment nous-même? Nous acceptons-nous avec nos forces et nos faiblesses? Quand nous sommes-nous vraiment regardés ? Quand avons-nous croisé pour la dernière fois notre regard dans un miroir? Qu’est-ce que nous évitons en ne prenant pas le temps de le faire ?

Je vais prendre deux exemples personnels pour étayer mon propos.

Pendant des années j’ai été affectée (et je le suis encore parfois mais j’avance sur le chemin de la guérison) par le regard de mes proches sur moi. Je pensais ne jamais être à la hauteur, toujours devoir en faire plus pour être acceptée telle que j’étais. J’avais toujours l’impression de devoir leur prouver que j’étais quelqu’un de bien. Quand j’interroge mes parents aujourd’hui sur les attentes qu’ils avaient ou ont par rapport à moi, ils me répondent le plus simplement du monde « la seule chose qui compte pour nous c’est que tu sois heureuse. » Ai-je pris le temps de me regarder pendant toutes ces années ? Non. Je ne me trouvais jamais assez bien, je me comparais sans arrêt aux autres, je me critiquais, j’avais l’impression qu’il me fallait rentrer dans un moule. J’ai juste projeté mon incapacité à être heureuse sur mes parents. Il fallait que quelqu’un porte le blâme et que ce ne soit surtout pas moi.

Le deuxième, parce que c’est sur ça que j’étais partie à la base. Mon rapport à mon corps et ma sexualité. Ma relation avec mon ex-mari m’a pas mal ébranlée à ce niveau-là. J’ai longtemps vécu dans le déni. Quand ma mère me demandait si sexuellement ça se passait bien, je lui répondais « oui, il est très respectueux » (ne vous étouffez pas, j’y croyais). Ce n’est que plus tard que j’ai posé des mots sur ce que j’avais vécu, que j’ai compris que la peur du regard de l’autre sur mon corps n’était qu’un autre moyen de me protéger. Mon regard à moi sur ce que j’ai vécu a longtemps été un regard de honte et de dégoût. Je me suis détestée d’accepter tout ça, d’avoir dit « oui » à quelque chose qui me faisait souffrir, d’avoir continué à dire « oui » comme pour expier des fautes que j’étais seule à porter. C’est principalement mon regard qui me bloque le plus dans ma relation actuelle. Le regard de celui qui partage ma vie est bienveillant, il ne juge pas, il accepte, il aime. Et moi ? Moi, j’ai encore du travail à faire pour me libérer de mes jugements, de ma honte, de mes fausses idées, des tabous qui régissent encore ma vie.

Certains disent que nous sommes notre pire ennemi. J’y crois.

Et si nous devenions notre meilleur ami ?

Posted in Carnets de route

Une femme qui dit “non”

Depuis quelques semaines les langues se délient, les femmes parlent, osent dire l’inadmissible, l’indicible, lâchent les vannes, partagent le pire.

Je ne suis pas rentrée dans l’arène, je ne me sentais pas légitime. J’ai attendu que ça passe. Mais ça ne passe pas. Fort heureusement.

J’attendais la chute. Je voulais voir ce qui se passerait après les hashtags, après la libération de la parole, après la prise en compte de ce que vivent les femmes au quotidien, dans un pays comme la France, qui se vante d’être un pays de Droits.

De quels droits parle-t-on ?

Je ne voulais pas me souvenir.

Des humiliations dans la cour d’école – ce ne sont que des gosses – Et si tout commençait là ?

De l’exhibitionniste du métro et de l’incapacité à sortir un son dans une rame bondée.

Du surveillant de cantine qui parle de films X à des gamins de 8 ans – mais il a parlé de quoi exactement, tu es sûre que tu n’as pas interprété, tes copains de classe ont une version différente  – De choses qu’une enfant de 8 ans n’imagine même pas parce qu’à 8 ans on joue encore à la poupée.

Des mots du quotidien, sexisme qualifié d’ordinaire qui me donnent la nausée, des gestes déplacés.

De cet homme qui ne te lâche pas du regard, descend à la même station que toi, te suit dans les couloirs du métro, te parle et continue même devant ton refus d’engager la conversation, monte dans le même bus, te colle aux basques, te demande d’être gentille et finit par te traiter de « salope » au moment où tu lui claques la porte d’entrée de ton immeuble au nez, tremblante.

De ce flic à qui tu confies « mon mari a menacé de me tuer » et qui te rit au nez en te lançant «vous voulez quoi, une garde rapprochée, on n’est pas aux States Madame ! »

De celui à qui tu dis « non » et qui fait semblant de ne pas entendre, de ne pas y croire, qui te répond « une fille qui dit non, elle pense oui », qui te dit « vas-y je sais que tu en as envie. »

Et bien non, arrêtons de deviser pendant des heures sur ces inepties. Une fille /femme qui dit « non » elle pense « non ». Une fille / femme qui dit « non » elle ne veut pas, elle n’a pas envie. Point à la ligne. C’est sûr que si on la force, elle finira par dire « oui », mais ce ne sera ni un «oui » sincère, ni un « oui » consenti. Forcer une femme c’est la violer.

Un(e) enfant qui ne dit rien, c’est parce qu’il(elle) n’y comprend rien, parce qu’il(elle) ne sait pas, parce que la situation, l’évènement est au-delà de son champ de compréhension. Au pénal on parle de discernement pour condamner un mineur à une peine. Étrangement l’équilibre est loin d’exister entre victime et coupable. Encore une fois.

Quand est-ce qu’on jugera qu’un viol est un crime – c’est inscrit dans la loi et pourtant les violeurs s’en sortent encore trop souvent ?

Quand est-ce que les victimes seront écoutées, soutenues, aidées ? Et non plus jugées en fonction de la tenue qu’elles portaient, de l’attitude qu’elles avaient au moment où… ?

Quand est-ce qu’on commencera à réfléchir à la meilleure manière de faire évoluer les mentalités ?

Quand est-ce qu’on apprendra le respect des femmes  aux garçons ?

Quand est-ce que les hommes intégreront que la parole des femmes a autant de valeur que la leur, que les femmes ne sont pas des sous-produits de la société ?

Quand est-ce que le gouvernement prendra la mesure de ce mal qui tue (physiquement et psychologiquement) chaque année tant de femmes ?

Je suis révoltée moi aussi de constater que dans un pays comme la France nous en soyons encore là sur un sujet aussi brûlant. Mais j’ai l’espoir que les choses bougent, que nous faisions chacun à notre niveau bouger les choses. Il est temps. Il le faut…

Posted in Extraits Livres Publiés, Tout un poème

Ils avaient un prénom (En Mémoire)

Je me souviens de ce matin-là. Le silence. Le silence après l’horreur. Dans le bus ce matin-là, personne n’osait un mot. Nous étions des inconnus, recueillis autour d’une même peine. C’était fort et beau.

Malgré la haine, la mort, la survie, malgré toutes ces vies endeuillées, malgré toute la noirceur des dernières heures, malgré nos écrans ensanglantés. Au milieu de nulle part, il y avait un semblant de solidarité. Qui s’est disloqué à la porte même du bureau.

Je m’étais pris de plein fouet cette tragédie. Au fil des mots que chacun posait pour essayer d’alléger son cœur, il y avait toujours un nom, le proche d’un proche qui y était, qui avait survécu, qui s’était envolé.

Au bureau, il ne fallait pas céder à la terreur. Ils étaient nombreux à faire comme si.
Comme si tout était normal, comme si le monde continuait de tourner.
Ce n’était pas la peur que ça puisse se reproduire.
Ça se reproduit tous les jours, toujours, ici, ailleurs.
La haine se propage partout telle une traînée de poudre
Prête à faire voler en éclats ce en quoi nous croyons

Ce n’était pas la peur, c’était l’humain, c’était l’innocence
C’était la vie qu’on avait assassiné, la liberté qu’on avait voulu arracher
C’était le vide, l’insoutenable
C’était les ténèbres

Face à la blessure qui grandissait de jour en jour, j’ai fait ce que je fais toujours quand tout devient trop lourd à porter, j’ai noirci des pages et des pages de cahiers

J’ai lâché ma colère, mon chagrin, ma peine, mes larmes
J’ai vidé mon cœur sur le papier
J’ai écrit pour me souvenir, pour ne jamais oublier
Et vous avez été nombreux à vous confier, à lâcher les vannes, à oser dire
La vie
La lumière
Par-delà  l’enfer…

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Ils avaient mon âge, le vôtre
L’âge de tous les possibles
L’âge où plus rien ne semble utopique

Ils savouraient la vie, ses instants précieux
Ils célébraient la musique, le 21 juin
Et tous les autres jours
Ils appréciaient la fête
Épris de Liberté
Ils aimaient chanter, danser et rire

Ils chérissaient leur imagination, leurs caprices un peu fous
Ils vivaient heureux et gais
Artistes de talent
Ils détenaient quelques certitudes
Perdues au milieu de leurs doutes
Sur l’avenir à construire
Sur la route à suivre

Ils avaient des rêves plein la tête
Croqueurs de vie
Ils s’aimaient, un peu
Beaucoup parfois
Intensément
Impétueusement
Ils se le disaient entre deux frissons
Ils attendaient un heureux événement
Regardaient émerveillés
Leur dernier né faire ses premiers pas
Ils lisaient des histoires dans le noir
Écoutaient du Jazz avec leur aîné

Ils étaient libres
Intrépides ou plus nuancés
Impatients, survoltés

Ils ne savaient pas
Qu’au coin d’une rue
Au cœur d’une salle de concert
Autour d’un verre en terrasse
Dans un café entre amis
Dans l’exercice de leur métier
A la fin d’une journée ordinaire
La folie piétinerait leurs corps, leurs cœurs, la vie

Ils avaient un prénom

Ils ont un prénom

Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

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Posted in Variations Littéraires

Monsieur Chatouille

[:fr]

Sous couvert du jour

A peine levé

Paresse sur l’oreiller

A pas de loup tu t’avances

Prêt à me surprendre

Silhouette endormie

Au creux du lit

Le silence nous berce

Telle une caresse

Puis un éclat de rire

Nous fait bondir

Une chatouille au creux du cou

Réveil tout doux

[:]