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Te dire aurevoir, au moins…

Je n’avais pas prévu d’écrire aujourd’hui mais je me devais d’écrire ces mots. Merci.

Sans nouvelle de toi, je me suis rendue à l’évidence. Quelque chose n’allait pas. Toi, si réactive, si active. Toi, toujours là, à l’autre bout de ta tablette, de ton téléphone Hi-Tech.

Nous n’avons pas eu le temps de nous dire aurevoir. Je n’aime pas vraiment ça. Mais parfois la vie nous rattrape, de bien tristes nouvelles nous forcent à tout plaquer comme çà, à mettre fin à une aventure pour en démarrer une nouvelle, ailleurs.

Bien sûr j’aurai aimé te serrer dans mes bras, te dire que tu allais me manquer. J’ai soudain réalisé que notre premier Starbucks était le dernier. J’ai repensé à la dernière fois où nous nous sommes vues, à ce que nous avons partagé. Si nous avions su que c’était la dernière fois, aurions nous fait les mêmes choix ? Je me pose souvent cette question ces derniers temps. Est-ce le fait d’aller mieux ou d’appréhender la vie différemment ? Est-ce le temps qui passe qui me murmure qu’il ne faut rien laisser passer, qu’il faut vivre à 100%.

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Ton message m’a fait un peu mal. Je sais ce que c’est de partir sans pouvoir dire aurevoir, un peu comme une voleuse. Je ne vais pas t’oublier, ne t’inquiète pas. Et un jour je sais que si je traverse la Méditerranée, tu seras là, les bras grands ouverts pour me faire découvrir ton univers. J’espère juste que les mauvaises nouvelles se seront dissipées, que ton cœur sera plus serein, que l’amour ne sera pas loin.

Je garde ton sourire dans mes souvenirs. Et tes mots aussi, qui ont en fait frémir quelques-unes parfois, tes mots qui se faisaient plus discrets ces derniers temps. Ton blog est là, intact. J’espère que tu reviendras lui rendre visite quelques fois. Pour tous ceux qui aimaient te lire et pour ta façon de manier les mots aussi.

Prends soin de toi et de tes rêves, de l’amour avec un grand A. Prends soin de la vie et de ceux que tu aimes. Prends soin de ton ego, ça aide parfois. Prends soin de la personne que tu es et ne laisse personne dire du mal de toi. J’aurai eu tellement de choses à te dire puis je t’aurai serré dans mes bras. Je t’aurai dit ça va aller, sans vraiment savoir si ça se dit vraiment ces choses-là.

A défaut, j’écris ces quelques mots pour toi Asmaa.

A bientôt, Inch’Allah !

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Entre ma soeur et moi

On a parlé du temps, du beau et de la pluie

On a parlé de l’amour est dans le pré, de l’amour tout court, de l’amour qui dure et de celui qui se fait la malle après le premier baiser

On a parlé blanc et couleurs, dans nos vies et dans nos machines à laver – penser à les séparer

On a parlé de nos rêves, de ceux qu’on réalise, et de ceux qu’on peine à réaliser

On a parlé de nos doutes, de nos drôles d’histoires et de nos souvenirs plein de rires

On a parlé de nos enfants, ceux qu’on aura ou pas, ceux qu’on a et ceux qu’on a été

On a parlé de nos amies, de leurs peines de cœur et de nos fous rires pour un rien

On a parlé de nous, de tout

On a parlé

Autour d’un plat et d’un gâteau

D’un bon chocolat chaud

On a refait le monde

On a parlé de maman, de papa, de tout ce qu’on partage et de nos points d’ancrage

On a parlé de l’après, de tout ce qu’on ne sait pas, de tout ce qu’on a perdu, de tout ce qu’on a appris en perdant un peu de soi

On a parlé du temps qui passe, de nos “nous” adolescents, de nous qui devenons grands, trop vite souvent

On a parlé de nos routes qui se séparent et se rattrapent au hasard, un jour, un soir.

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Elle et moi

Une fois par semaine

On se retrouve

Et autour d’une table

On reprend contact

On se construit de nouveaux souvenirs

Heureux!

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Sous le choc

Je m’apprêtais à quitter le travail pour me rendre à mon cours de sport. Il y avait un peu plus de sirènes de pompiers que d’habitude. Mais rien d’alarmant non plus. Et puis soudain une explosion. Mon corps s’est figé. Tout le monde s’est précipité aux fenêtres pour voir.

Pendant quelques instants, nous nous sommes regardés, l’angoisse d’un scénario catastrophe accroché au coeur. Et si il s’agissait d’un attentat?

Et puis quelques uns ont rapporté des photos d’un immeuble en feu, à deux pas. Soulagement.

L’écho de l’explosion tapait encore dans ma poitrine. Et je n’ai eu qu’une envie, rentrer chez moi, dans mon chez moi douillet. J’ai eu envie de toucher quelqu’un comme pour dire, c’est rien, on est vivant.

Une maman avec sa fille reprenait des couleurs sur le banc en face. Elle était sous le choc elle aussi.Je me suis dit que c’était normal. La déflagration était violente. Et puis le doute qui subsiste jusqu’au bout. L’angoisse du début d’année qui remonte et les sirènes qui hurlent, les hélicoptères qui tournent dans le ciel.

Aucune victime.

Le choc est passé.

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Sauter le pas #3

Je ne vous ai pas oubliés et il est donc grand temps de vous faire part de l’avancée de mes projets.

J’ai décidé de commencer par le recueil de poésie. Tout simplement parce que quand j’écris des poèmes les mots viennent tous seuls. Mes poèmes n’ont pas un style particulier, ils expriment juste un ressenti ou mettent l’accent sur une situation, une émotion. Parfois c’est plus simple qu’un texte court, qu’une nouvelle. Un poème va droit au but, sans passer par des chemins de traverse.

1er temps – Classer les poèmes par thème

2e temps – Première relecture (plutôt satisfaisante). C’est pas mal ce que j’écris…

3e temps – Deuxième relecture. Il y a du boulot à faire quand même…

4e temps – Troisième relecture. C’est fou toutes ces fautes d’orthographe…

5e temps – Quatrième relecture. Je passe le relais… (1, 2, 3 avis extérieurs sont toujours les bienvenus, pour le style, la consistance et les fameuses fautes qu’on finit par ne plus voir.)

6e temps – Cinquième relecture. Avec les titres, ça a de la gueule quand même…

7e temps – Sixième relecture. J’en peux plus… (A ce stade la confiance se fait la malle et tout paraît très moche, nul. Ca n’intéressera jamais personne…Calimero sort de ce corps !!!)

PAUSE MERITEE ET NECESSAIRE

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8e temps – La mise en page. C’est presque un jeu d’enfant après ce qu’on vient de traverser.

9e temps – La touche finale. Enfin ! C’est pas trop tôt. A ce stade on va encore trouver des tonnes de choses à changer, tout même. Mais on ne va rien changer, car sinon on est sûr d’au moins une chose – ne jamais arriver à rien.

10e temps – L’autoédition. Avec un livre à la clé, qui je l’espère sera prêt fin Septembre!

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Et pourquoi pas mon alliance?

Qui dit vacances et surtout temps pour moi, dit faire du tri. On n’arrête jamais. Mais j’avoue que faire du tri, en plus de vider la maison de choses qui ne servent plus, voir n’ont jamais servi et encombrent les placards, me vide considérablement la tête.

Donc je ne m’en prive pas.

Je donne ou je mets en vente. Malgré ma première mauvaise expérience sur Le Bon Coin, j’ai retenté l’expérience et ça marche. Je m’avoue très rarement vaincue.

Et en faisant le tri dans mes bijoux aussi, je suis tombée sur mon alliance. Je ne suis pas encore officiellement divorcée, mais je ne la porte plus depuis un bon bout de temps. Et pas vraiment parce qu’elle me rappelle la fin lamentable de mon mariage. C’est surtout le souvenir de l’achat de l’alliance qui revient à chaque fois. D’où mon envie de la bazarder.

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Source Image – Etsy Boutique

Je crois que j’en ai déjà parlé ici. Je ne vais pas rentrer dans les détails croustillants de cet épisode. Mais je peux vous dire que c’était assez tragique, comme beaucoup d’instants de la construction de notre vie à deux d’ailleurs. Si je me souviens bien nous nous étions engueulés quelques jours avant, à propos de quoi, ça je ne m’en souviens pas. Un plat pas assez épicé ou une robe trop transparente certainement. Silence radio de son côté. Larmes du mien. Joyeuse bande. Nous avions retrouvé des amis, enfin ses amis et étions partis passer la journée dans un centre commercial. Sachez bien que s’il y a un endroit au monde que je déteste, c’est bien le centre commercial. Y passer la journée, c’est le summum de l’horreur pour moi. Entre deux silences, il a daigné m’adresser la parole en face du magasin de bijoux. Il est devenu tout doux et mon sourire a chassé mes larmes.

Une accalmie qui a duré 5 minutes top chrono. Car j’avais eu l’imprudence ou la négligence de présenter ma main au vendeur pour essayer la bague (à moins qu’il s’agisse tout simplement d’une méthode de drague nouvellement inventée – une dernière infidélité à deux doigts du mariage. C’est vrai qu’il était mignon en plus le vendeur. Mais moi je n’avais d’yeux que pour le connard qui était en train de me faire une scène de jalousie en plein centre commercial). J’avais osé laisser un autre homme que lui me toucher la main. C’est tout juste s’il ne m’a pas accusée d’adultère. Son regard noir m’a fait froid dans le dos et mon sourire s’est fait la malle. Fille facile. Tout était dit.

Pas terrible le souvenir. Vous comprenez pourquoi ça ne me dit rien de garder cette bague. En d’autres circonstances, je crois que je l’aurai conservée, à l’abri. Pour le plaisir de me souvenir d’un bon moment au moins de notre histoire. Il faudra que j’en trouve un autre. On dit qu’avec le temps on se souvient du meilleur !

Et vous (si vous êtes divorcés ou séparés bien sûr), votre bague de fiançailles, votre alliance (voir votre robe de mariée tant qu’on y est / ou votre costume (même si un costume c’est plus facile à recycler qu’une robe)), vous en avez fait quoi ?

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Manque d’inspiration, Source d’inspiration

La panne de l’écrivain. La frayeur de la page blanche.

Rien ne sort.

On se sent comme perdu, en panne d’inspiration.

Rien ne sert à rien.

On se sent vides, incapables de rebondir.

Tout était là.

Et rien n’est plus.

Pour nous écrivains, écrire est aussi naturel que respirer

Et puis tout d’un coup les mots nous fuient

Ils détalent dès qu’ils nous voient prendre un stylo

Ils se moquent

Et nous peinons à vivre

Paumés

La page blanche devient notre obsession.

 

Je n’ai pas de recette miracle à vous offrir

Mais j’ai presque envie de vous dire

Laissez tomber

Stylos, carnets, cahiers

Ce n’est pas la fin de tout ad3b4ac6fe48fe6befcd2f954ce9ec28_resized

Regardez le monde

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De la joie dans toute chose!

Mettre de la joie dans chaque action, chaque geste.

La vie est remplie de ces instants heureux, de ces moments magiques, que l’on consigne dans des carnets, des journaux intimes.

La vie est un cycle harmonieux. Comment intégrer la joie, quand on ne connaît pas la peine.

Chaque sourire nous envoûte. Chaque silence nous déroute.

On se regarde, les yeux dans les yeux. On avance main dans la main. Amis. Amoureux.

La beauté se glisse au quotidien dans le premier rayon de soleil du matin.

Quelques rêves précieux nous donnent d’espérer. Toujours. On ne se lasse jamais de l’espérance.

Et puis les rires des enfants, les fous-rires des grands, les pourquoi à tout bout de champ.

La vie nous fait vibrer. Il suffit de regarder. Il suffit d’ouvrir les yeux, de capter le beau, l’authentique.

La musique nous inspire. Les mots nous donnent confiance.

Mettre de la joie dans chaque action, chaque geste. Y mettre tout son cœur et savourer le reste.

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Crédit Image

Aujourd’hui mon blog a deux ans (Merci WordPress pour le rappel!). Déjà deux ans.

Alors pour l’occasion, rendez-vous la semaine prochaine pour un concours.

MERCI.

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Mustang – Les indomptables de Deniz Gamze Ergüven

J’entends encore leurs rires.

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Elles sont jeunes. Elles sont belles. Innocentes. Insouciantes. Leur rire remplit l’espace. Elles jouent comme les filles de leur âge. Mais elles jouent avec des garçons. C’est ce qui déclenche la foudre de leur grand-mère, mais surtout de leur oncle.

Enfermées, elles n’auront de cesse que de se libérer du poids omniprésent des traditions. Leur rire se fane à mesure que les règles se durcissent. Les portes se ferment. Les vitres se parent de barreaux. Dans leur prison dorée, elles tentent de survivre. Séparées du monde, elles n’ont de cesse que de briser les codes, d’enfreindre les interdits.

Dans ce village conservateur de Turquie, l’unique finalité est de faire de ces cinq sœurs de bonnes épouses. Leurs jambes nues sont vite recouvertes de longues tuniques sans forme. Chaque mariage est une victoire à célébrer. Leurs rires sont réprimandés. Leur joie de vivre s’estompe à mesure que chacune part pour une nouvelle vie.

Se résigner ou résister?

Se soumettre ou combattre?

Accepter ou se rebeller?

La question demeure toujours.

Face à la folie des hommes, elles n’auront de cesse que de s’affirmer, que de revendiquer leur féminité et leur droit de choisir leur destin.

Voilà un film qui fait réfléchir, qui émeut sans tomber dans les clichés ni la victimisation. Chacune des héroïnes nous offre un spectacledont on ne sort pas indifférent. La peur a beau nous tirailler le ventre du début à la fin, on ne peut que louer la fougue avec laquelle chacune d’entre elles fait face à ses doutes, ses tiraillements intérieurs.

Une belle ode à la féminité, à la révolte contre un système qui les condamne, parce qu’elles sont femmes justement.

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Soyez honnêtes!

J’ai besoin de savoir. Certains comportements me mettent hors de moi. D’autres m’agacent, m’interpellent. Certains mots me blessent. Quand d’autres me donnent envie de partir loin, loin de tout ce que je ne comprends pas.

On dit que le changement passe par soi, qu’il ne sert à rien de rejeter la faute sur l’autre, que nous sommes tous un peu responsables de nos choix de vie et non des victimes complètement larguées.

Voilà vous qui me lisez, qui me connaissez bien maintenant, car il n’y a qu’ici que je me livre totalement, sans arrière-pensée, sans penser à mes mots, est-ce que je me plains trop ? Est-ce que je ressasse trop mon passé ? Est-ce que je me place en victime ? J’aimerai savoir si quand vous allez mal, je reviens sans cesse vous parler de mon histoire comme pour vous dire que vous n’êtes pas seul face à ça ? Ou est-ce que je vous écoute, sans tout rapporter à moi ?

Au-delà du fait que c’est mon blog et que j’y écris bien ce que je veux, est-ce qu’un jour vous vous êtes dit « elle va trop loin » ? Est-ce que vous vous êtes dit « elle abuse » ?

Je me remets en question.

Quand j’ai un coup de blues par exemple, j’ai souvent besoin de quelqu’un qui m’écoute et pas de quelqu’un qui me dise « mais moi aussi je souffre ». Est-ce que je suis comme ça, est-ce que je ramène tout à moi ?

Quand on me reproche de ne pas avoir écouté les conseils des uns et des autres, quand j’ai rencontré Roger, j’ai souvent tendance à me justifier. Ne faudrait-il pas mieux laisser couler, au lieu de prendre le risque de reparler de cette histoire ?

Est-ce que j’en demande trop ?

Est-ce que je me place en victime ?

Est-ce que je suis égoïste, quand je refuse de la fermer quand certaines choses m’horripilent ?

Est-ce que je suis une mauvaise mère parce que parfois je crie, je suis à cran, ou parce que je rigole comme une folle avec lui ?

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Puisque les autres ne changeront pas dans le fond – ils le feront en surface, pour un temps seulement – c’est à moi de changer. Mais je ne vois pas comment faire. Je ne vois pas par où commencer. Je me surprends encore parfois à me dire que je délire, que je déraisonne, que c’est moi qui crée tous ces malaises autour de moi. Je m’en veux et puis je me déteste de m’en vouloir. Vous voyez je parle encore de moi…

Soyez honnêtes, dites-moi ce que vous pensez de tout ça. Ne me ménagez pas. Là maintenant j’ai besoin de vos avis, de vos conseils. Je me sens un peu perdue face à moi-même !

Posted in Emprise et Renaissance

Je ne fermerais plus ma gueule…

Je continuerais de parler, de dire que je ne suis pas d’accord

Je continuerais de parler, même si ce que je vous dis ne vous plait pas

Je refuse que l’on me force, que l’on me contraigne

Je refuse que l’on me dicte ce que je dois faire

Je refuse que l’on me change, sous prétexte que mon image ne colle pas à celle que d’autres ont de moi

Je ne suis pas un sous-produit de la société

Je suis une femme, et au même titre qu’un homme, un être humain

Aucun homme n’a le droit de me dicter comment agir, comment me comporter ou m’habiller, comment parler ou quand me taire

 ***

Un jour j’ai fermé ma gueule

Pour avoir la paix

J’ai quitté mes jupes courtes

Pour avoir la paix

J’ai abandonné mes idées

Pour avoir la paix

J’ai laissé de côté mes idéaux

Pour avoir la paix

J’ai dit « ce n’est pas grave »

J’ai fermé ma gueule

Et c’est devenu grave

 ***

Je ne juge pas les femmes qui préfèrent le repli, le retrait

Pour avoir la paix

 ***

Il n’y a pourtant pas de paix quand une partie de la population abdique

Quand une partie de la population renie ses droits

Quand une partie de la population abandonne le combat

Marche sur des oeufs pour ne pas offenser

Se tait pour ne pas se faire tabasser

***

Ne rien lâcher

Jamais

 ***

Et si la paix n’est possible qu’en prenant les armes

Je les prendrais

Je n’accepte ni le mépris, ni le manque de respect

Je suis née femme et j’en suis fière

Aucun homme ne me dira plus ce qu’il faut faire

Comment je dois mener ma vie

A quoi j’ai le droit ou pas quand je suis chez moi

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Croiser le fer

S’il le faut

 ***

Ne pas se laisser faire

Et si c’est la guerre

La faire avec loyauté

Sans réduire le champ de bataille à un véritable charnier

On n’a pas besoin de s’entre-tuer

Pour que chaque être humain

Vive libre

Et soit respecté dans son humanité

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Une pensée particulière

Ceci est un texte déjà publié en 2013. quelques fois, quelques souvenirs me traversent et je repense à elle. Et seuls les mots ont le pouvoir de soulager ma peine…

Pour toi, M.

Tu vis quelque part et je sais d’avance que je ne te reverrai pas. Parce que la vie ne nous donnera pas cette chance, parce que te donner des nouvelles de moi, c’est te donner en pâture à des hommes, sans foi ni loi.

Tu t’es mariée avant moi, avec cet homme qui était le meilleur ami de celui qui a par la suite partagé ma vie. Tu t’es mariée sans certitudes et contre l’avis de ceux qui t’aimaient plus que tout. Tu as dit oui, à un homme, qui a fini par t’avouer, qu’il s’agissait d’un mariage de convenance, un mariage pour des papiers.

Sa liberté contre la tienne. Tu payes le prix fort. Sa liberté contre ton asservissement. Et pourtant c’est sa religion qui dit que l’on doit le respect à la mère de ses enfants. Ca ne lui fait pas peur de te maltraiter, mais il ne manquera jamais une prière à la Mosquée, entre deux cigarettes, deux trahisons.

Bien des fois tu m’as mise en garde et je ne t’ai pas écoutée. Bien des fois tu as partagé avec moi tes doutes et tes regrets, tes désillusions sur cette vie que tu n’as pas vraiment choisie.

Je te revois, tes cheveux blonds flottants dans le vent froid d’un matin d’Avril. Il te trompait et ce n’était pas la première fois. Il a eu beau nous dire que ce n’était pas vrai, nous ne l’avons pas cru. Mais tes larmes se sont tues.

M., toi si optimiste et pleine de vie, il a réussi à tout briser en toi, cet homme que je n’aime pas. Il a utilisé son fils comme monnaie d’échange pour te forcer à revenir, alors même que tu avais eu le courage de fuir ton enfer. Et moi, je n’ai rien voulu voir. C’était déjà trop tard.

Tu es partie avec lui là bas, dans son pays, en vacances, le temps de quelques mois et ils n’ont eu de cesse de te critiquer, d’anéantir tes forces, de te ridiculiser. Et alors que la pluie de Novembre balaye les rues désertes, tu regardes par la fenêtre et tu te demandes bien pourquoi et comment tu as pu accepter tout ça.

Entre lui et toi, un petit garçon, plein de cris et de rage. Je le revois encore, si tendre et si coquin. Mais dès que son père passait la porte, ce n’était que colère et chagrin. Et toi, tu continuais à te battre contre du vent, pour une étincelle dans ses yeux d’enfant.

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Entre lui et toi, un enfant mort né et une promesse qu’il n’a pas respectée. Mais pourquoi ça m’étonne encore ces choses la. Tu es sa chose. Il ne t’aime pas. Il veut nous faire croire le contraire, lui l’homme fort, le mari, le père, celui qu’on respecte et qui ne respecte rien.

Entre lui et toi, une culture et un pays qui vont t’engloutir si tu pars. Et chaque jour qui passe, je pense à toi, à cette tragédie que j’ai fui et au fond de laquelle tu te noies. C’est bien toi qui me disais, on survit comme on peut. Mais la vie ce n’est pas que cette souffrance distillée. La vie c’est plus que ça, alors pourquoi tu penses que tu ne le mérites pas.

M., j’espère juste que tu auras ta revanche, que tu sortiras vivante de ce mariage qui t’oppresse et t’enterre vivante, quelque part, loin de moi.

M., nous ne pensions pas que ce goûter d’anniversaire serait notre dernière fois. Cela me fait de la peine, même si bien souvent j’ai baissé les bras devant ton désespoir. Aujourd’hui il ne me reste que des prières et chaque jour, j’ai pour toi, une pensée particulière.

Posted in Humeurs d'Auteur

Sauter le pas #2

Vous avez été très nombreux à réagir positivement à mon premier billet. Ca fait chaud au cœur et si ça a donné quelques envies à certains, j’en suis également heureuse.

J’ai une chance folle, une de mes grandes qualités et non des moindres est d’être organisée. Les dossiers ça me connaît et quand on écrit depuis pas mal d’années comme moi, on a vraiment besoin d’avoir des archives au poil. Que ce soit sur ma clé USB ou mon disque dur externe (en double c’est mieux), tout est classé par type d’écrit.

Le tri a donc été assez simple. Dans la pile de textes qui restait, il a toutefois fallut faire une autre sélection. Et distinguer les textes qui méritaient d’être approfondis (il faut savoir que mon premier jet est souvent succinct. C’est ce premier jet qui me confirme si oui ou non je tiens un sujet intéressant ou si on en reste là) de ceux qui étaient soient inexploitables, soient mauvais (et dans lesquels je n’avais aucune envie de me plonger !), soient très bien comme ils étaient mais qui n’entraient dans aucune catégorie (poésie, nouvelle, roman, essai, biographie, conte, autobiographie pour n’en citer que quelques-uns…)91b0eae1bb85f4b4f12207a2ea1a69a2_resized

Le roman. L’idée est là. J’ai une bonne centaine de pages dactylographiées. D’autres écrites à la main. C’est un travail de longue haleine. Un travail sur le long terme.

Mon motto : Small Steps to Big Things.

Donc le roman attendra entre un peu. Je veux d’abord me faire la main sur des projets plus abordables.

Le recueil de nouvelles. Des nouvelles j’en ai à la pelle.

Le recueil de poèmes. Des poèmes j’en ai aussi à la pelle.

L’essai. Chut. Ce sera pour plus tard…

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Dans ma boîte aux lettres…

Les mots passent et circulent.

Il y a longtemps les nouvelles mettaient des semaines à arriver. Les lettres traversaient le monde entier, se perdaient parfois en chemin et amenaient les femmes et les hommes à faire des choix, parfois insensés.

Tout va plus vite aujourd’hui. On est au courant des choses importantes, presque au moment où elles se passent. Un mail est si vite envoyé.

Il y a quelques années, comme beaucoup d’entre vous, j’attendais le facteur, postée à l’entrée de la maison. Où j’attendais l’heure de son passage, prête à descendre les étages et à être la première à ouvrir la boîte aux lettres.

Aujourd’hui, je me connecte à ma boîte mail presque tous les jours. Sans émotion particulière.

Les mots passent et circulent.

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Et pour les bonnes comme les mauvaises nouvelles, je ne reviendrai pas en arrière. Il est bon de savoir vite ce qu’il se passe dans nos vies, d’être là pour les coups durs et de se réjouir pour les grandes joies.

Pour le reste, la correspondance de tous les jours, les mots qu’on s’envoie, juste pour partager quelques pensées, je préfère de loin le papier, la carte postale dédiée, les enveloppes et les beaux timbres.

Aller à la poste est un plaisir dont j’abuse, sans culpabilité aucune. Et quand ma lettre ou ma carte postale glisse dans la boîte, j’imagine déjà le voyage qu’elle s’apprête à faire, les kilomètres qu’elle s’apprête à parcourir. J’espère qu’elle arrivera vite.

Quand j’ouvre ma boîte aux lettres le soir, je suis souvent heureuse de découvrir, au milieu des factures, des magazines, de la publicité, une enveloppe avec mon nom écrit dessus. Je jubile. Je suis aux anges. J’attends avec impatience d’être chez moi, de me poser sur mon canapé pour découvrir les mots qu’une autre a écrit en pensant à moi. C’est un moment que je savoure.

Alors c’est vrai que parfois les SMS, les Mails ou les Likes sur un profil quelconque prennent le pas. C’est plus rapide. Mais ça ne remplacera jamais les mots écrits que l’on envoie, que l’on reçoit. Ca ne remplacera jamais les jolies cartes, le papier à lettres, l’encre bleue et tout l’amour contenu dans une enveloppe qui traverse les fleuves et les continents. C’est sûrement pourquoi s’il y a une habitude que je ne souhaite jamais perdre, c’est bien celle-là !

Et vous, quel lien entretenez-vous avec la correspondance écrite ?

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Libre et Libérée

C’était facile pour elle de croire à l’amour, au bonheur.

Alors que moi, ma vie s’effritait à longueur de journée. Je perdais chaque jour la notion des heures, du temps qui passe, des sentiments qui se moquent bien de savoir si j’encaisse, si je m’en sors. J’attendais un coup du sort pour me sortir de mon mutisme, du silence qui pesait sur ma vie, qui prenait l’eau de toute part. J’affichais complet à toutes les séances, terrassée par des émotions absurdes. Je me voyais étendue sur un lit d’hôpital, enfin sereine et à l’abri, phénomène étudié par tous les médecins du pays – la fille qui s’était pris les pieds dans un piège à souris. A la différence près que le fromage avait un goût rance. Pourtant je ne pouvais détourner mes yeux de lui, j’en abusais jusqu’à en être écœurée. Je quémandais un peu d’air, comme asphyxiée pas mes pensées et un quotidien qui me poussait au bord du précipice.

Pour elle ce n’était pas si facile. Pour moi, c’était presque impossible. Il fallait que je m’en sorte. Mais comment ? A quel prix ?

Sur ma carte d’identité, la photo était moche. Le nom était celui d’un autre. Je ne l’aimais pas. Ni lui. Ni son nom. Je voulais m’en affranchir, une bonne fois pour toute. Je voulais retrouver ma place, mon authenticité. J’avais tout perdu en route. J’étais esquintée, abîmée. J’avançais telle une somnambule.

Le petit coup de pouce tant attendu ne venait pas. Ou bien mes yeux trop habitués à la pénombre ne distinguaient plus la clarté. J’hésitais. J’avançais. Je reculais. J’étais sur un fil, tendu entre deux immenses building. Je regardais en bas, ça me donnait le vertige. J’osais un regard vers le haut et je perdais mon équilibre. Attention colis fragile. J’étais bien en chair et en os mais j’avais l’impression que mon corps était fait de verre, que je pouvais casser à tout instant, que mon sang pouvait couler à flots sur les carreaux blancs et inonder ma maison.

Je tâtonnais, incapable de me poser, de savoir où j’allais, comment j’allais m’en sortir surtout, incapable de réfléchir, de prendre une décision, de savoir si j’allais prendre la bonne. Je regardais ma vie prendre un sale virage, un de ceux qui laisse le corps anesthésié, sur le bas-côté. De toute façon j’étais presque morte.

Quand on me demandait mon nom, je balbutiais, je perdais mes moyens. Est-ce que j’existais encore ? Je me faisais l’impression d’être devenue une ombre, une ombre errante, un fantôme fait de papier. Au moindre souffle du vent, je m’envolais, je disparaissais de la surface de la terre. Mon humanité s’était fait la malle le jour où j’avais été tentée par le fromage, dont la promotion m’avait vanté les mérites. C’était bon pour ma santé. C’est ce qu’il disait. Mais en fin de compte ça me bouffait de l’intérieur.

Et puis un soir, debout dehors, sous la pluie, la lumière m’a éblouie. Elle a mis feu à mon corps et mon corps s’en est sorti. Quelque chose en moi s’est réveillé. J’avais un nom et un prénom. J’étais vivante. Mal en point mais vivante. J’ai rebroussé chemin, sans me retourner. Ma vérité s’écrivait loin de lui. Son amour ne servait à rien, puisqu’il m’oppressait, qu’il me réduisait à néant, qu’il m’avait fait perdre contact avec ma réalité, mon humanité.

J’ai repris la main sur mon destin. J’ai découvert en moi des ressources insensées, un pouvoir de vie que j’avais sous-estimé. Je n’avais plus rien mais j’avais tout gagné.

Et aujourd’hui je peux enfin l’écrire, je suis une femme libre et libérée.

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Mon texte, mi-fiction, mi-réalité s’est imposé pour le thème de l’Atelier des Jolies Plumes de ce mois, organisé par Célie (http://missblemish.fr/) et Fabienne (http://www.jaiecrit.com/):

“Quête d’identité – Votre personnage va vivre une expérience qui va révéler un aspect de sa personnalité, de son identité qu’il ne connaissait pas lui-même. Quelle est cette expérience ? La vivra-t-il seul, accompagné ? Que va-t-elle changer dans sa vie ? A vous de nous raconter !”

Si vous voulez rejoindre l’Atelier, vous pouvez vous inscrire à l’adresse suivante: