Quand le bonheur fait peur!

Crédit Pixabay

J’ai bien conscience que bonheur et peur ne sont pas forcément des mots qu’on voit ensemble généralement. Toutefois, je peux vous dire, d’expérience, que parfois le bonheur fait peur. Oui, surtout quand on n’y a pas été habitué, quand on nous a rabâché que le bonheur c’était une illusion ou que si il existait, c’était pour les autres, quand on a grandit avec l’idée que le bonheur ça se mérite!

Je me souviens…

Pendant les premières semaines que la vie m’offrait avec lui, la peur ne m’a pas quittée. Ou alors juste quelques heures volées. Le combat était acharné. J’ai bien faillit dire « stop », tout arrêter. J’ai été tentée des dizaines de fois, peut-être plus. Partir sans se retourner. Et chaque fois, je me disais qu’il serait vain de fuir, que cette chance, il fallait la saisir et laisser le passé derrière. Plus facile à dire qu’à faire.

J’avais l’impression d’être détentrice d’un trésor trop volumineux pour moi. Je ne savais pas quoi en faire, ni comment me placer par rapport à lui. Cette configuration nouvelle pour moi me laissait chancelante, incertaine.

Si le bonheur se méritait, c’est qu’il fallait donner quelque chose en échange. Qu’est-ce que j’avais à donner? A part des doutes, mes démons, des angoisses bien ancrées, un besoin omniprésent d’être rassurée. A part la crainte que le premier souffle du vent d’automne l’emporte loin de moi. Justement parce que mes mains étaient vides et que mes cauchemars étaient denses.

Qui refuse le bonheur quand il se présente ?

Les personnes qui ne se sentent pas à la hauteur, qui pensent qu’on les aime sans les connaître et qu’une fois qu’on les connait on ne les aime plus. Les personnes qui manquent de confiance, qui ne s’aiment pas.

Le bonheur est troublant quand on l’appréhende pour la première fois. Il est tellement loin de tout ce qu’on a connu, tellement loin de ce qu’on a appris. Alors on déconstruit pour reconstruire. On lâche pour avancer. On le regarde en face et on ose un “oui”. Croire au bonheur c’est avoir foi en la vie. Et cela vaut pour toutes les rencontres, pour tous les chemins. Cela vaut pour l’amour comme l’amitié. Le bonheur ne connait qu’une réalité, celle qu’on veut bien lui donner.

Et vous le bonheur? Inné ou acquis? En avez-vous eu peur un jour? Pensez-vous que c’est une fantaisie, un droit?

Advertisements

Le rêve du silence

Crédit Pixabay

Bip. Bip. Bip. Ce n’est pas le réveil, juste une énième notification sur ton téléphone. Une fois, deux fois, dix fois, cinquante fois dans la journée, le Bip Bip Bip résonne.Tu as reçu un message. XYZ a aimé ton commentaire. XYZ a répondu à ton commentaire. AZE a partagé ta publication. Tu as quatre messages non-lus sur Facebook. Deux personnes te demandent comme amis. Rejoins le groupe de ZER pour partager tes bonheurs de la semaine…

OTY a publié une photo. OTY a publié une photo. OTY a publié une photo…

Les mails se suivent et se ressemblent. Newsletter mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. Chacune son créneau horaire. Chacune son message, chacune son offre. Des inconnus qui tout au long de la journée te disent “je peux changer ta vie” – “sois fière de toi, tu es belle” – “tu as toi aussi essayé le flux instinctif, dis-moi tout” – “l’offre que je te propose est révolutionnaire” – “je peux t’aider à devenir une femme épanouie” – “la couleur de ta semaine est…” – “j’ai développé le programme fait pour toi” – “tu n’as rien à faire, juste à être” – “la peur est en toi, il est temps de la regarder en face” – “tu peux gagner beaucoup d’argent, il suffit de le vouloir” – “retrouve confiance en quinze jours” – “si j’ai réussi, tu peux y arriver, dis-moi tout…”

Les minutes sont devenues des heures et les heures ont filé. Sans moi. J’étais là sans être là. Pas dans l’instant en tous cas. J’étais entre la newsletter qui me proposait un programme révolutionnaire pour entrer en contact avec mes guides spirituels et une story Instagram qui me parlait féminisme et beauté de la nature – maintenant il ne suffisait plus de la vivre, il fallait la partager avec la terre entière pour qu’elle existe. J’étais dans un fil quasi ininterrompu d’informations qui ne me parlaient pas mais que je faisais défiler par habitude. J’étais dans le 25e message envoyé sur le groupe Whats’app des parents de l’école qui dissertaient sur la tenue appropriée pour le prochain cours de tennis. J’errais entre le partage de l’une, de l’autre, entre un “peut-être” et un “peut-être pas”, entre “tiens j’achèterais bien ce bouquin” et “ou pourquoi pas cette huile de massage”. J’écoutais des étrangers parler de leur routine beauté et de leurs fringues achetées en vide-grenier. J’étais dans l’apparence, dans l’appartenance à un truc vide de sens pour moi. Certainement pas dans le plaisir du soleil sur mon visage, pas dans le souvenir de la douceur de sa peau.

Beaucoup de bruit. Trop de bruit. Trop de bip. Trop d’informations. Trop de propositions. Le vacarme, le chaos et la perte d’équilibre.

Trop.

D’un coup j’avais besoin de silence, de me reconnecter à moi, de revenir à l’intérieur, de lâcher toutes ces newsletters qui au lieu de m’apporter un peu de bien-être me filaient le tournis. De partir loin des notifications, de cette pression de chaque instant. Que je m’imposais en tant que spectatrice, en tant qu’actrice. Quelle était devenue la valeur de mon partage? Qu’est-ce que je cherchais, qu’est-ce que je fuyais dans cette course à la “proposition qui va changer votre vie”?

Trop de bruit. Stop. J’arrête tout. J’arrête cette machine infernale, cette recherche de likes à tout va, ces chiffres qui ne veulent rien dire. Je mets le frein à main avant que le bruit ne devienne trop assourdissant, avant que je m’y habitue surtout, avant que je ne me rende plus compte de rien.

Le silence. Oui le silence. L’apaisement. Le calme. Les rayons du soleil. La caresse du vent. Les rires des enfants. La vie, sans téléphone. Penser à lui. Penser à toutes ces histoires qui n’attendent que moi pour voir le jour. Photographier le monde, juste pour le plaisir de ce temps là. Le regarder vivre. Être là, dans chaque instant. Et savourer le silence. Surtout savourer le silence. Vivre.

 

La puissance d’un regard

Crédit Pixabay

On dit souvent de l’autre qu’il est notre meilleur miroir! Et oui, l’autre nous renvoie à nous même. Et si tout commence par soi, l’autre est aussi un accompagnant, un guide sur notre chemin.

On dit souvent que les défauts de l’autre nous renvoient à nos propres limitations. Et n’est-ce pas la meilleure façon de savoir quel(s) point(s) nous devons travailler, pour évoluer?

L’autre, qui nous fait face, peut en effet nous mettre face à nos faiblesses. Toutefois n’oublions pas qu’il peut aussi révéler nos forces. Dans un monde où nous sommes davantage tentés de regarder ce qu’il faut changer en nous, apprenons aussi à voir ce qui est beau à l’intérieur. Misons sur les personnes qui nous valorisent, dont l’énergie communicative nous porte haut.

Il n’y aura sûrement jamais de plus beau cadeau que ce qu’il m’offre au quotidien. Moi qui ai tant été blessée par l’amour, je découvre ce qu’un simple regard peut bouleverser et faire émerger. Je découvre la puissance de la confiance, de la communication, de l’échange. Sa proximité me donne le courage de faire face à mes démons, mes peurs. A aucun moment je ne me sens jugée. Je sais que je peux être moi, avec mes différentes facettes, mes hauts et mes bas. Ce que je vois dans le miroir, c’est une femme belle et forte, une femme qui se réveille d’un long sommeil, qui ose, qui a envie, oui une femme pleine d’envies.

Je vous souhaite de rencontrer ce regard une fois dans votre vie, ce regard qui viendra bousculer vos habitudes, qui vous donnera de croire en vous, un peu plus fort chaque jour, ce regard comme un miroir qui vous renvoie une image pure de qui vous êtes, l’image de la personne que vous avez délaissé un peu trop longtemps ou de celle que vous n’arrivez pas à assumer d’être.

Et vous, quel regard a bouleversé votre vie dans un sens positif?
Vous souhaitez vous reconnecter à votre féminité, vos désirs, à votre corps, vos sensations, découvrez mon dernier recueil l’appel des sens.

Entre elle et moi

Crédit Pixabay

Nous nous livrons depuis des années un combat sans merci. Au fil des jours et des nuits. Au gré des songes et des cauchemars.

Il y a celle qui dit :

Vibre, aime, rayonne, donne, offre, rêve, ai confiance, prend ton envol, vole

Et celle qui dit :

Rentre dans les cases, ne fais pas de vague, reste discrète, sois polie, sois sage, ne rêve pas trop

Il y a celle qui dit :

Fais des erreurs, tombe, pleure, relève-toi, prends les chemins de traverse, apprends, tente, essaye, défie la peur

Et celle qui dit :

Reste en terrain connu, ne dévie pas trop du chemin tracé, laisse les autres oser

Il y a celle qui dit :

Sois toi-même

Et celle qui dit :

Sois comme les autres

Il y a peut-être celle des idées des autres pour / sur elle et celle qui sait, à l’écoute de ce qui vit en elle. Il y a sûrement celle qui parait et celle qui est.

Il y a surtout un fossé qui grandit entre les deux au fil des jours. Et doucement une qui prend sa place, remerciant l’autre d’avoir été là, le temps de construire, le temps d’apprendre sa valeur, le temps de se révéler.

Le combat est un corps à corps intense, un combat d’idées et de pensées, de cicatrices à panser, de blessures à dépasser. Une histoire qui s’écrit pour gagner en vérité…

Un réveillon en solo!

Crédit Pixabay

Après dix jours bien loin d’ici, je reviens doucement.

En cette dernière journée de l’année 2018, je voulais vous parler réveillon.

Depuis quelques années (ça n’a pas toujours été le cas), je choisis de passer le réveillon seule. Loin d’être une punition, c’est un moment sacré et utile pour moi, un temps pour faire une pause, pour revivre les moments clés de l’année passée et ouvrir les bras à celle qui arrive. Beaucoup diront que le passage du 31.12 au 01.01 est plus symbolique qu’autre chose, on peut faire des bilans à tout instant, le 19 juillet à 14h33 par exemple !

Tout d’abord le symbolique ça me parle, donc autant en profiter. Et puis, ce moment particulier je le choisis. Je ne clame pas haut et fort mon envie, mais je l’affirme, je m’affirme. Ce n’est en aucun cas un choix « contre » quiconque mais bien un choix « pour » moi. J’ai l’impression que mes proches commencent à s’y faire, qu’ils ne voient plus cette idée comme un rejet.

Dans mon quotidien, la solitude est une denrée rare. Et pourtant la solitude j’en ai besoin, pour me ressourcer, pour reprendre des forces, pour faire le plein de ce qui me permettra ensuite d’être pleinement avec les autres, aux autres.

Ce soir n’échappera pas à la règle. Cette année je m’offre une séance de réflexologie avant une soirée d’introspection, de lâcher prise, d’accueil, de méditation, de temps pour moi. Ce soir je n’attendrais pas minuit pour souhaiter la bonne année à ceux qui me sont chers, il y aura la journée de demain pour le faire. J’aurais le temps, je le prendrais. Je choisirais là encore de passer deux heures – voir plus – à écrire mes cartes de nouvelle année, avec des mots choisis précisément pour chacun, au lieu de répondre à un SMS global, que je trouverais, comme chaque année, dépourvu d’âme !

Chacun sa perception d’une fin et d’un début.

Pour ma part, je préfère le calme et le silence à un réveillon en fanfare. Toutefois je comprends parfaitement qu’on ait envie de faire la fête (je ne suis jamais contre une bonne soirée joyeuse et conviviale – sauf le 31 !). Comme je le dis souvent, du moment qu’on est en accord avec ses choix, c’est tout ce qui compte.

Et chez vous le réveillon ressemblera à quoi ? Différent des autres années ? Une envie particulière ? Comment vivez-vous ce moment de l’année ?

2018 ou l’année de l’audace!

La semaine prochaine sera la dernière semaine de l’année 2018. Et donc une semaine de vacances et de déconnexion  – de temps en temps cela fait du bien !

Donc il est grand temps, non de faire un bilan, mais de faire un point quant au mot de l’année. Si vous vous souvenez, si vous ne vous souvenez pas, c’est ICI, le mot choisi pour 2018 était OSER.

Je ne savais pas vraiment à quoi je m’engageais avec ce mot. Comme tous ceux que je choisis (ou bien ce sont eux qui me choisissent), ils arrivent souvent en fin d’année, comme par magie.

En 2018 j’ai osé plein de choses, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, tant dans mes passions que dans mes actions.

J’ai osé dire, poser mes sentiments. Ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Et quand je n’ai pas pu les dire ouvertement, je les ai écrits.

J’ai osé dire OUI au bonheur, ne plus le voir comme quelque chose de trop grand pour moi, ne plus penser que je ne le méritais pas.

J’ai osé dépasser mes idées reçues, les clichés que je tenais pour acquis. J’ai levé un des  voiles qui me tenait éloignée de ma vraie nature.

J’ai osé m’affirmer, en tant que femme, en tant  que « fille de… »

J’ai osé me lancer dans l’écriture érotique et comme le disait une amie dans un mail, même si le public n’est pas au rendez-vous, tu te fais plaisir, tu découvres, tu grandis ! Il n’y a que ça de vrai.

J’ai osé la sensualité, la gourmandise, l’intimité et une sexualité épanouie.

J’ai osé partager mes doutes, mes moments de faiblesse, mes peurs, dire ce que j’avais sur le cœur. En choisissant à qui me confier. Ça a changé beaucoup de choses.

J’ai osé la confiance. En l’autre. En mon fils. En moi, c’est en cours…

J’ai osé créer, tester des formations.

J’ai osé partager mes barrières, mes freins, mes pensées limitantes.

J’ai osé me lancer dans un coaching professionnel.

J’ai osé poser mes limites, dire « non », faire entendre ce « non ».

J’ai osé aimer. Aimer avec toute la passion qui m’anime.

En 2018 je me suis rapprochée de moi-même, me suis libérée de certaines chaines, j’ai fais face à mes démons. J’ai osé prendre ma place, un peu plus. En cette fin d’année, je me sens davantage en phase avec la personne que je suis. Et ce qui me paraissait inconcevable l’année dernière est presque devenu naturel aujourd’hui !

Dites-moi – à quoi ressemble t-elle votre année 2018 ?

Reconnaissance – Appartenance et Écriture – Où j’en suis?

J’ai souvent écrit sur la reconnaissance ici – sur le besoin d’être vu et reconnu pour ce que l’on fait – est. Nous en sommes tous plus ou moins loin sur ce chemin.

Reconnaissance
Appartenance

Appartenir à un groupe, une forme de pensée, un acte de résistance, une entité, un projet. Faire corps avec une idée partagée. M’ouvrir à l’autre et me sentir tenue par lui. J’aimerai avancer en cordée, me sentir accompagnée, par d’autres âmes que des anges et des morts, dont tous ignorent la présence. Solitaire, je me sens parfois en décalage, perdue face à la tâche qui m’incombe. Le chemin me semble raide et mal entretenu.
Je me perds à vouloir être une autre.

Il n’est jamais aisé de savoir ce que nous valons, de déclarer haut et fort nos compétences, nos chances. Pourtant je sais qu’écrire est en moi comme une respiration profonde, mon essence, un état d’être, un état d’esprit, le cœur de mon moi profond.

J’écris au petit matin quand le monde entier dort, que le bleu nuit s’estompe. Alors mes pensées m’entrainent dans un voyage aérien. J’écris le soir, quand le silence règne dans la maison, quand le bleu de la nuit vire au noir, que seules les lumières derrière les fenêtres permettent de distinguer le cœur du monde qui bat. J’écris les mots doux d’enfant, les rires, le loufoque, les aléas, la passion, la fièvre, la sensualité, le chagrin et le sang, la souffrance et l’errance, la mort et la naissance, l’angoisse et l’enchantement. Les émotions. Les sensations. Les sentiments. Les injonctions. La fuite et les contretemps, les secrets enfouis et les non-dits. Les dentelles, la soie, les alcôves du plaisir. L’enfance et sa tendresse, les bulles et les paillettes. On ne qualifie pas mon style. Je ne lui donne pas de définition, ni de limites. Il ne rentre dans aucune case. Il n’y a pas de fil conducteur. Je n’écris pas des histoires. Je pose juste des mots.

Je suis tantôt poète, tantôt fragile, comme la petite fille au fond de la classe, silencieuse, qui regarde, attentive, ne bronche pas, emmagasine des tonnes d’informations, certaines sortiront du lot, le reste s’en ira, la vie est bien faite pour cela.

Je suis tantôt poète, tantôt rebelle, comme la femme fière qui se dresse, le corps droit, la tête haute, prête pour la lutte, quoi qu’il lui en coûte.

Je suis tantôt écrivain de l’âme, tantôt du corps. Je dessine le cœur et je brode autour. Je suis l’amoureuse transie et la femme fatale. Je suis la nomade et la sorcière. Je suis la femme mutante et le Phoenix triomphant. Je suis tantôt guerrière et tantôt ange. Mes mots s’imprègnent de mes vies. Je suis un curieux mélange. Quand j’écris, je suis. Pleinement à moi. Pleinement aux autres. Pleinement à l’amour.

Je sais les mots mais je ne sais pas me montrer. Je sais écrire mais je ne sais pas m’affirmer. Je sais m’exprimer mais je ne sais pas parler de moi. Je suis terrorisée à l’idée d’être sur le devant de la scène, exposée, vulnérable, nue. Alors mes mots me paraissent vains, mes idées incertaines. Quand je tente, quand je sors de ma zone de confort, parce que ce sont les échanges aussi qui me nourrissent, j’ai l’impression de me travestir, de ne plus être fidèle à ce en quoi je crois. Alors je donne, je laisse ici et là des traces de moi, sur des bancs, dans des jardins, le hall des immeubles, une salle de cinéma. Je suis en libre-service un peu partout où me portent mes pas.

Il a fallu faire face à de nombreuses voies sans issue ces derniers temps. Je dois avouer que l’échec cuisant suite à la sortie de mon dernier livre m’a pas mal affectée. C’est comme tout il faut digérer et rebondir. Rien de bien sorcier. Toutefois c’est important de le souligner. J’aimerai me poser moins de questions, attendre moins de reconnaissance, pouvoir me satisfaire de ce que j’ai, pouvoir m’apprécier telle que je suis, sans cette recherche d’approbation dans le regard de l’autre. Qui au fond me fait perdre mes repères et m’éloigne de ma vérité.

Et vous, la reconnaissance, le sentiment d’appartenance, c’est quelque chose qui vous parle? Comment?

A fleur de peau (ou chronique d’une sensibilité exacerbée)

Crédit Pixabay

Sensible.

Le mot qui me résume parfaitement. A l’époque on ne parlait pas encore d’hypersensibilité et puis même, je ne me suis pas toujours reconnue dans la définition. Elle évolue elle aussi bien entendu.

Pour me décrire, on utilisait plutôt “sensibilité exacerbée” et j’ai grandi en pensant que ce trait de caractère était un défaut qu’il fallait à tout prix gommer de la carte de mon ciel.

Trop.

Trop sensible. Trop empathique. A fleur de peau, je le suis depuis le premier pas posé dans le monde. Pour me protéger, je me suis longtemps effacée. Le monde ne voulait pas d’une petite fille qui parle seule, qui voit des anges et qui ressent tout.

Trop.

Elle dit quoi ma sensibilité?

Elle dit voir au delà du visible, à l’intérieur des êtres. Elle dit le trop plein, dans le chagrin comme dans la joie. Je prends tout de plein fouet, le bon comme le mauvais. Je connais l’extase et les ténèbres. Je peux passer du rire aux larmes en un temps record!

A force d’essayer de l’enrayer et de ne pas y arriver, j’ai pris le parti de la laisser être. Non sans difficultés. L’écriture m’a offert ce sas de liberté pour qu’elle s’exprime. Parfois encore elle me fait toucher le fond, sans raison. Juste un mot, un souvenir, juste un regard, une histoire. Et je flanche d’un coup. Je sens tout. Je sens la douleur à l’intérieur. A une fréquence souvent incohérente avec ce que je vis. Je peux donc être profondément heureuse et éprouver de la peine, du chagrin, de la colère! Ma sensibilité m’offre aussi les meilleurs moments de ma vie. Le bonheur est un feu d’artifice de sensations. Mon cœur déborde d’amour. Et là même les mots se défilent. Il n’y a rien à dire.

J’ai par moments une confiance inébranlable en moi, en la vie. Et par moments je me sentirai prête à partir, à déserter la vie. C’est insensé et terrifiant. C’est chaotique et fragile. Je suis fragile. Et cette fragilité est aussi une porte ouverte sur quelque chose de plus grand, quelque chose qui me dépasse et que je touche du doigt quand enfin je prends le temps de laisser ma sensibilité être, sans la qualifier, sans la quantifier, sans la juger.

Je suis sensible aux bruits trop forts, aux cris, à la foule, aux images violentes. Je suis sensible aux odeurs, aux descriptions médicales un peu trop détaillées. Je suis sensible au toucher. Juste un frôlement peut me faire chavirer. Je suis sensible à ce que je vois, la beauté comme la noirceur. Je suis sensible aux matières que je porte. Je suis sensible aux saisons, aux solstices, aux cycles de la lune, aux mouvements de planètes, aux dates anniversaires. Je suis émerveillée comme terrassée par un rien. Je me pose des tonnes de questions sur l’être, le devenir, la  vie des âmes, la mort.

Face au vécu d’un moment intense, il me faudra du temps pour me poser, pour l’intégrer, pour en parler peut-être (comment l’autre peut-il le savoir, ça c’est une autre question  car ce qui sera ordinaire pour quelqu’un  pourra être extraordinaire pour moi). Ou alors il faudra un papier et des mots pour en venir à bout. Ma vie ne sera plus la même après cela.

Je ne dirai pas que c’est quelque chose de facile à vivre au quotidien. Pendant longtemps j’ai porté le poids du monde sur mes épaules, j’ai tout fait pour rendre les gens heureux, au détriment de mon propre bonheur. Sur cet aspect là, j’ai énormément travaillé pour mener une vie plus équilibrée. J’ai pleinement conscience qu’il peut être difficile de vivre avec moi, de me comprendre. Pourtant aujourd’hui j’accueille ma sensibilité comme une chance. Elle fait de moi la femme que je suis, en connexion avec le monde. Même si j’ai souvent l’impression d’avancer dans la vie, comme sur un fil tendu au dessus du vide.

Et vous sensibles, hypersensibles, comment le vivez-vous au quotidien? Si vous avez des sensibles, hypersensibles dans votre entourage, comment vivez-vous avec eux?

 

 

 

 

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

La première fois…

Crédit Pixabay

Est-ce que j’y croyais davantage ? Est-ce que j’avais davantage confiance ? Est-ce que je me sentais plus légitime ?

Le premier recueil, je m’en souviens. Je me souviens des heures à l’écrire et des heures à le peaufiner. J’imaginais déjà comment j’allais le présenter. Et l’enthousiasme de mes lecteurs a rencontré mes espérances les plus folles. En moins d’une semaine les ventes décollaient !

Force est de constater que tout s’est émoussé au fil des années (les meilleurs sont restés!). Je ne jette la pierre à personne, tout le monde a sa vie et se priorités. Je me pose des questions – c’est ce qui me fait avancer. Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans cela ? Je me demande à quel moment j’ai changé de cap ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs, j’ai envoyé mes manuscrits à des maisons d’édition, j’ai reçu des lettres de refus, j’ai reçu des lettres standards et d’autres plus riches qui me disaient que mon style était plat et sans intérêt, que du revu et corrigé, pas assez de profondeur… J’ai revu, relu des textes, je les ai modifiés en espérant qu’ils seraient plus adaptés. Non. Le manque de reconnaissance du travail réalisé, c’est sûrement le plus dur à encaisser. Surtout venant de personnes dont c’est le métier. J’ai rebondis.

Puis je me suis tournée vers le plus simple – a-priori – parce que l’autoédition c’est loin d’être simple. Je me suis lancée dans le grand bain de tous les postulants au « succès ». J’ai lâché les maisons d’édition, incertaine, pour quelque chose d’aussi incertain. J’ai tenté le site auteur et j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné. Pour au final faire marche arrière – on apprend toujours de ses erreurs.

Je n’ai pas l’âme d’une conquérante dans ce domaine. Je ne crois pas assez en moi pour défendre bec et ongle mes livres, mes mots. Je compte sur les autres pour le faire, je vous l’accorde ce n’est pas très mature comme comportement. Je suis incapable d’aller démarcher des librairies, présenter mon travail, essuyer des refus – il y en a toujours. Je suis toute en paradoxe, préférant le vide à l’audace, préférant déposer mes livres sur des bancs, dans des rames de métro plutôt que d’aller défendre mon “talent” auprès de professionnels. Et après j’ai le culot de me plaindre!

C’est vrai je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour partager, pour créer un lien. J’écris pour le plaisir et j’espère être lue – il faut bien l’avouer. J’ai encore de grandes envies, de beaux rêves. J’ai encore des milliers de choses à écrire. Mais je sais que tant que je n’aurai pas confiance, tout ça ne sera que du vent, un souffle fragile au creux d’un matin chagrin…

Ps – Je me pose des questions & Tout va bien