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Spontanéité et Adaptation

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Est-ce d’avoir grandi au milieu de “trop” et “pas assez” qui a mis un frein à cet élan spontané de l’enfance? Peut-être bien.

En société, j’ai appris très jeune à m’adapter, sans toutefois trouver ma place. Il aurait fallu rentrer dans tellement de moules bien façonnés que j’ai préféré l’évasion à la réalité. M’échapper a été mon salut à moi, ma porte de sortie privilégiée. Jusqu’au jour où la réalité m’a rattrapée.

Quelque part ces “trop” ou “pas assez” ont forgé mon identité. Si bien qu’il n’y a que quand je suis seule (ou avec un très petit nombre de privilégiés!) que je m’autorise à me laisser être. Avec les autres, je me fonds, me confonds, je n’ose pas tout, je me protège sûrement beaucoup (pour être acceptable, aimable) mais je crois qu’on s’en fout. On se protège tous!

Ils reviennent encore parfois me susurrer que certaines choses ne se font pas, comme de manger avec ses doigts ou de parler seule, comme d’esquisser quelques pas de danse dans la rue ou de parler fort, de faire de grands signes pour indiquer ma présence ou de sauter dans les flaques d’eau, comme de saluer des inconnus ou de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Ils reviennent avec les souvenirs de “les gens vont te prendre pour…” ou “je ne te connais pas…”

Alors oui, j’assume parfois et parfois pas. Je planque ma spontanéité par peur de gêner, pour ne pas indisposer celles et ceux qui préfèrent la discrétion. Et par crainte aussi du regard des autres, ce regard qui m’a tant blessée, qui m’a si souvent intimé l’ordre d’être différente, qui a si souvent insisté sur mes faiblesses sans jamais mettre en avant mes forces, qui a fait de moi ce que je n’étais pas, qui m’a tant de fois abandonnée seule dans l’arène.

L’adaptation n’est pas un masque, elle est un choix, qui est devenu avec le temps très instinctif finalement. Si bien que dans beaucoup de situations, c’est elle qui prend le dessus. Elle est ce qui me permet de maintenir à flot mon équilibre, ma sécurité affective. Et parfois, quand le contexte s’y prête, quand je baisse un peu ma garde, quand quelque chose d’inattendu se produit, alors je me laisse moi même surprendre par ce que d’habitude je cache avec dextérité!

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Où que j’aille…

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Où que j’aille, je trimballe mes doutes, mes peines, ce sentiment qui, si je creuse, fait éclater les larmes sur les vitres. Mais je les garde à l’intérieur pour ne plus rien abîmer.

J’ai trop de coups, de gueule, de mots, de peurs dans les bagages. Je n’en veux pas d’autres. Je m’échappe pour l’équilibre, pour la paix. Je délaisse mon intimité, je ne sais pas si j’ai encore de la place pour elle dans le tourbillon des jours qui chamboulent. Et me laissent toujours plus seule face à ces questions, que d’autres balayent sans y prêter attention ou bien à coups d’avis qui ne s’appliquent pas.

Je n’ai plus envie d’entendre que je gère, que j’y arrive, que je suis une bonne mère. Je ne veux plus de ces phrases toutes faites qui ne savent pas la réalité. Je ne suis ni bonne ni mauvaise. Je suis plutôt jongleuse professionnelle. Je tente de maintenir ce que je crains de voir exploser. Il suffirait parfois d’une minuscule étincelle et alors tout partirait en fumée.

Je m’accroche et je laisse filer le cafard. Je ne me pose plus pour que les questions me laissent enfin tranquille. Je pense moins aussi. Je laisse le temps me prendre le main, me dire que je ne suis pas fragile.

A la surface je fais sensation. Derrière le rideau du cœur, je fonds comme une glace au soleil. Je ne me sens pas de taille face aux responsabilités qui m’incombent. Je m’engage avec détermination pourtant mais mes efforts me coutent, plus qu’il n’y parait. Je veux rester maitresse des choses quand tout me pousse à flanc de colline, face au vide.

Je surjoue, je m’adapte facilement. Je fais semblant à la perfection. J’avance dans le brouillard avec mes solutions qui dureront un déjeuner de soleil. Il faudrait inventer, réinventer sans cesse et je n’en ai pas toujours l’énergie. Alors je m’enfuis de la vie, j’invente une autre réalité, je creuse des souterrains pour me cacher. Et là, je peux laisser les larmes couler, sans les arrêter, là je n’ai plus de souffle, je peux me soustraire au quotidien, les autres n’en savent rien et c’est très bien comme ça. Parce que les émotions ça fait des blessures et ça incommode. Il n’y a pas de solution toute faite, pas de chemin balisé, pas d’explication.

Et moi, parfois, j’aimerai juste me déposer, ne plus essayer, ne plus me sentir prisonnière de tout ce qu’il faudrait faire et que je ne sais pas…

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La fin de la lignée

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Serai-je enfin tombée de mon piédestal, celui sur lequel on m’a posée bien avant ma naissance, sans raison aucune, juste parce que j’étais la première?

Portée aux nues par mes grands-parents, comme un trophée, j’allais et venais, toute incartade sanctionnée en douceur, toute rébellion passée sous silence. Mon grand-père a aimé ce qu’il n’a trouvé en personne d’autre, englué dans un mariage désastreux, dans une paternité dressée sur la violence. Ma grand-mère m’a aimée pour blesser ma mère, elle a fait de moi l’héritière de sa lignée chaotique et de son présent torturé.

Dans tout ce que j’ai entrepris, qui a fait flanché l’ordre préétabli, j’ai cru réussir à sortir de cet emprisonnement. En vain. Rien ne semblait pouvoir venir à bout de cet amour malsain, dont j’ai eu la primeur.

Au creux des vertiges qui m’ont tenue éloignée des miens, elle n’a eu de cesse que de prendre mon parti, créant des vagues gigantesques et semant le doute dans le cœur des uns et des autres. Quand tous me demandaient de freiner, elle m’encourageait à accélérer. Quand je pleurais, elle leur faisait porter le poids d’un hypothétique drame. Je l’ai cru sincère avant de la vomir par tous les pores de ma peau de chagrin – celui d’avoir adoré un mensonge et de m’être perdue dans les toiles de ses sempiternelles injonctions, dans le labyrinthe nauséabond de ce qu’elle ose nommer générosité. Alors qu’elle n’a eu de cesse que de blesser ceux qui pour elle avaient des sentiments honnêtes.

Il aura suffit d’une réponse maladroite, d’une opposition sur une question simple, pour que je regagne la terre ferme, le clan de ceux qui ne méritent pas un regard. Les mots ont fusé comme de la lave. Je sais qu’elle est désormais à deux doigts de ne plus vouloir me voir, pour un simple différent électoral. Mais à la fin de sa vie de misère orchestrée, a t-elle encore le choix?

Quarante et un ans pour redevenir ce que j’ai toujours été, avant qu’on ne décide de me manipuler comme une vulgaire poupée. Avec pour seul objectif: détruire.

Le jeu enfin s’arrête ici.

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Entre mémoire et oubli

C’est ici que je reprends des forces, dans les allées, entre les feuilles, les fleurs, la roche et le marbre. Ici, que je couche mes pensées, mes ombres et que je dépose les armes. C’est ici, dans ce temps suspendu, entre mémoire et oubli…

…que je glane des pépites de vie.

Il y en a tant entre ces rangées, tant d’histoires classées, tant de rêves qui se sont tus, tant de chemins tracés, perdus. Oui, c’est bien là, que je reprends des forces, que je me laisse emporter par toutes ces vies que je touche de loin…

…et que le stylo ou mes pensées font revivre au gré des souvenirs qui viennent, comme dans un tourbillon, qui déciment les frontières, abattent les préjugés. Dans la mort nous reprenons nos habits de lumière.

C’est ici que tout se mélange et que je retrouve comme qui dirait mes racines. Tout me parait alors possible. Les limites s’évanouissent et ne demeure que la vie comme un battement de coeur, comme la première aube du monde.

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Choix – Libérateur

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Le premier jour, la découverte. La bienveillance érigée en valeur absolue. Le monde entier peut bien s’écrouler, nous avons trouvé une “famille” ou presque, un endroit dit-on pour être pleinement soi. Ici, il sera question d’accueil et de tolérance.

Freud, Lacan, Jung, et bien d’autres. Des sujets fascinants, passionnants et pas assez de temps. Les groupes se forment et on trouve pas à pas nos marques dans un univers qui semble enfin nous convenir, qui fait sens, qui nous offre une place. Cette fameuse place qui nous fait tant défaut.

On apprend, on comprend. On grandit vite et on se prend de belles claques aussi. Certaines conversations nous emmènent un peu loin, on décroche et puis on s’accroche. Ce n’est que le début de l’aventure. C’est une coupure franche avec le monde du dehors, celui dont la carte du monde nous parait si souvent étrangère, voire inaccessible.

On construit, on déconstruit les grandes théories et on passe à la pratique. Et là on se sent d’un coup tout petit face à celles et ceux qui partagent des bribes de vie. On doit écouter c’est vrai alors on écoute. Et on doit tirer le fil aussi de ces confessions, emprunter un chemin. Au fil des expériences on va acquérir plus de confiance, mais les histoires seront souvent les mêmes, des histoires compliquées, des douleurs qui ressortent sans y avoir été invitées.

On se sentira un peu petit avec notre maigre bagage, nos outils fragiles pour faire face à cette souffrance qui oscille entre espérance et désespoir. On se demandera, quand même, souvent, un peu plus qu’avant si ce n’est un peu léger tout ça, si cette onde de bienveillance ça ne fait pas trop de dégâts, si notre diplôme on ne l’achète pas!

Et puis on se sentira en marge une fois de plus, dans cet espace où on pensait avoir trouvé quelque chose de différent, de plus cohérent. On essaiera un peu d’en parler mais on sentira vite que ça ne sert à rien – tout le monde est emballé.

On justifiera cela ainsi – une question de carrure, de pointure. Ou d’équilibre personnel. Pourtant du travail on en a fait, on en a démêlé des pelotes de laine. C’est difficile à accepter quand personne d’autre ne remet en question un enseignement, une façon de faire.

Je pense avec le recul que ça n’était juste pas fait pour moi, je ne me suis pas retrouvée dans cet endroit, dans cet enseignement. Les avis sont élogieux et les praticiens nombreux, un gage de sécurité et de sérieux – sûrement. Je suis repartie avec un regard sur le monde plus ouvert et flexible, avec quelques clés et une solide amitié. Je tourne aujourd’hui une page, il m’aura fallu un an pour faire ce choix – libérateur!

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Overdose – Bis

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En Septembre l’année dernière j’exprimais déjà mon ras le bol sur le sujet, ICI.

Et je dois dire que depuis j’oscille entre « ça me fait du bien » et « ça m’exaspère ». Oui je n’en peux plus de toutes ces questions – pas les simples type « qui suis-je, où vais-je ? » – mais bien celles qui me demandent si « je sais dire non » ou « quelles sont mes masques, mes scénarios de vie, mes croyances limitantes », celles qui me demandent sans cesse d’aller creuser, d’aller piocher dans mes expériences, confronter mes peurs, nourrir mon enfant intérieur, identifier mes blessures, libérer mes émotions, nommer mes besoins, changer mes pensées.

Je n’en peux plus des injonctions de ce monde, de la colère des uns, de la folie des autres, des mots acerbes lus, entendus. Ni d’un côté, ni de l’autre, je ne me retrouve que dans cette appréciation de la beauté, dans cette illumination naïve, dans ce courant loin de tout qui s’exclue sans le vouloir, juste pour s’épargner le malaise qui inexorablement pointe son nez.

L’overdose, une fois de plus, overdose de bons sentiments dilués sous couvert d’une spiritualité sacrée, bons sentiments qui ne sont que des mirages auxquels nous tentons de nous accrocher pour suivre la foule qui scande avec foi son adhésion à la vie.
Quelle vie ?
Nous n’en avons sûrement pas la même définition.

Je suis peut-être bien arrivée au bout de cette quête qui m’a promis monts et merveilles et qui me semble bien fade à l’heure actuelle. Je suis peut-être même revenue là où j’étais il y a longtemps, avant de vouloir comprendre pourquoi j’étais là, pourquoi j’étais moi en quelque sorte. Il faut parfois des chemins de traverses pour saisir son essentiel.
Je crois que le mien est loin de tout ce qui se fait aujourd’hui. Il est peut-être même à contre-courant mais qu’importe puisque je n’ai jamais vraiment été dans le courant. Ce besoin d’appartenance c’est quand on a 15 ans. A 41, il est temps pour moi d’accepter de ne pas adhérer.
Ça ne change pas la donne mais ça a certainement le pouvoir de modifier ma façon d’être au Monde…

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Ma plus grande peur

J’ai l’impression de le dire, le sentiment d’oser. Plus souvent, plus spontanément. Moi aussi j’ai mes peurs, sous le voile déposées, protégées. Des peurs sans grand fondement et puis d’autres.

J’aime les gens qui disent ne pas avoir de peurs, je souris. C’est tellement évident ce qui se cache derrière cette certitude. Mais je sais que faire face à ses peurs n’est pas chose aisée, qu’il faut côtoyer l’ombre au plus profond.

Oui je suis attirée par la mort, parce qu’elle fait partie intégrante de la vie, elle me fascine, elle est mystérieuse alors elle m’appelle à entrer en contact avec elle. La mort est le plus grand tremblement de l’être humain, même si nous tentons de nous rassurer en n’y prêtant pas trop attention.

Je sais que je vais perdre les gens que j’aime. Un jour. Un par un. Ma peur n’est pas liée à l’absence mais bien à cet aurevoir qui ne pourra pas toujours se faire, ce départ inattendu qui me cueillera une fois de plus au saut du lit, avec la sonnerie stridente d’un téléphone. Sans avoir pu dire un mot. Voilà ma peur, voilà ce que je tente de dompter pour ne pas l’imposer aux autres.

Alors j’essaie, de plus en plus, de dire ces mots, ceux qui brûlent les lèvres, ceux que l’on ose pas toujours ou pour lesquels on se dit que le moment n’est pas opportun. Combien sont-ils à confier “si seulement j’avais su.” J’ai manqué des départs, mes mots sont restés en suspens. Je me suis fait des promesses de ne pas laisser le temps s’échapper à nouveau.

Et vous, votre plus grand peur c’est quoi?

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Vague à l’âme

Il y a parfois, en moi, en chacun de nous, ces petits vagues à l’âme, cette mélancolie douce qu’on colle dans la case “tristesse”, comme pour se dire qu’on sait ce que c’est et que ce n’est pas nous. Surtout pas. Comme si il fallait être d’une façon, sans y déroger, toujours au contrôle alors que la vie prend des allures de course de vitesse et que nous ne sommes pas forcément prêts à tenir sur la distance.

Comme si il fallait pouvoir dire “moi je suis ça” alors même qu’on est plus, qu’on est tout et son contraire, qu’on ne sait pas toujours d’ailleurs qui l’on est à chaque instant. Se nommer sans cesse pour éviter le vide. Il faut dire qu’il n’est guère facile d’accès, qu’il laisse un petit goût amer en bouche, qu’on ne sait trop comment apprécier.

La tristesse n’est pas ce fléau, cette faille qu’il faudrait pouvoir colmater à tout prix. Elle peut être ce qui nous relie aux autres. Elle peut aller avec la joie. Elle peut être amie des jours heureux. Aussi. Mais on la traite comme si, comme si elle s’échappait du monde, comme si il ne fallait pas, surtout pas, la laisser entrer.

Alors on la classe et on dit des autres qu’ils ne sont pas, qu’ils n’appartiennent pas, qu’ils ne doivent pas, qu’ils devraient faire, être. Enfin qu’ils ne sont pas de ceux qui eux embrassent le monde. Alors même que les gens mélancoliques sont peut-être ceux qui sont pleinement à la vie, dans tout ce qu’elle a de beau et de chaotique.

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Sur la déchirure…

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Sur la déchirure – cette faille sismique qui me dit que tout ce qui est aujourd’hui ne sera peut-être pas demain, que rien sur terre ne nous appartient, que ceux qui sont là ne font que passer, qu’un jour il faudra les laisser partir vers des horizons que je n’ose imaginer – sur la déchirure, j’écris le nom des rêves et sur le lit des jours, je passe et trace du bout des doigts nos histoires.

Sur la déchirure, je dessine l’amour, ses rires et l’incertain. Je l’ai su dès que son petit corps a été posé contre le mien, dès que son cri a percé le silence de la nuit, dès que son souffle s’est détaché du mien. Il n’était déjà plus de moi, je l’offrais au Monde et je le regardais partir, le cœur bouleversé.

Je brode des cœurs à l’infini, comme un défi au temps qui passe. Je m’enivre de la chaleur de sa présence, là, maintenant. Ensemble, nous n’avons pas d’âge et il n’y a pas de demain. Contre lui, j’oublie la fissure ou je la transforme, je laisse la lumière passer entre les interstices des points de suspension. J’ai retrouvé son cœur au bord du précipice, là où seule j’avais laissé le malaise me torturer. Comme si ce qui adviendra s’était déjà produit, comme si la mort l’avait déjà pris.

De confidences en aveux, nous construisons un espace sacré de liberté. Les mots se disent et les maux se taisent. Rien ne nous gardera vivants, alors savourons intensément.

Sur la déchirure, la flamme ouvre une brèche, celle dans laquelle je me glisse, pour vivre aux cotés de ceux qui, jour après jour, me rappellent la beauté et la force de l’amour. Alors je sais que ma présence est requise, présence attentive pour honorer et sublimer la vie.

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Un “oui” sans retenue

Je marchais sous le ciel bleu du jour et mes pensées m’emmenaient vers toi. Tu es là, tu as toujours été là. Je me suis éloignée, prise dans les filets du passé. Typiquement moi. J’ai négligé mes besoins et retardé le moment de les partager, par crainte du déjà vu. Et si ce qui a été pouvait être à nouveau?

Non, nous ne partons pas tous avec les mêmes bagages. Dans les miens se côtoient le silence, les conflits, la violence, l’absence. Et si peu de partage. J’en ai déduis que je n’étais pas intéressante.

Alors pourquoi avec toi ça serait différent? Voilà ce que je me suis racontée. Une histoire abracadabrantesque qui donnait raison au passé. Inconsciemment, sûrement la solution de facilité.

Et puis, face au risque d’une déviation, d’un abandon, j’ai choisi de changer de direction. Au pire, c’était fini, mieux valait le savoir. Au mieux, je me donnais la chance d’un nouveau départ.

Parce qu’au fond, tout au fond, derrière la peur et les doutes, derrière mes blessures et tout ce que je tiens à distance, derrière les cicatrices et les manques, il y avait ce qu’il y a toujours eu, mes sentiments, intacts. Ces sentiments qu’hier encore je tentais d’ignorer, planquée sous une chappe de silence, ces sentiments étouffés pour qu’ils ne viennent pas troubler la suite de l’histoire. Celle du flashback. Celle de ce mois de janvier il y a 18 ans.

Finalement peut-être que je suis “aimable”, que les autres n’étaient que des abrutis finis, des indécis, des récalcitrants. Ou bien tu es un peu fou. Je ne veux pas savoir. Je veux juste profiter, savourer ce temps qu’il nous est donné de vivre. Et ne plus comparer aujourd’hui à hier, juste regarder le bonheur dans les yeux et le suivre dans un “oui” sans retenue.

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Ma sensibilité +++

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Il faut savoir que je déteste le terme Hypersensible.
Hyper ça me fait penser aux Hypermarchés, ces magasins à taille inhumaine.
D’ailleurs Hyper ça exprime l’excès, le trop. Et moi, le trop, je l’ai tellement entendu que ça ne passe plus.
Trop sensible
Trop gentille
Trop timide
Trop réservée
Trop idéaliste
Trop rêveuse
Trop calme
Trop susceptible

Je pense que vous avez compris !
Je lui préfère Supersensible. Comme Superhéros. C’est quand même plus vendeur et ça fait moins penser à quelque chose de pas « normal », pas dans l’ordre des choses. Comme si il y avait un ordre des choses, mais bon là on part sur une autre discussion et ce n’est pas le but de cet article !

Sur le sujet, vous pouvez aller lire l’excellent article de Nina ICI. Il y a autant de supersensibles qu’il y a de couleurs dans l’univers !

La super émotivité : les montagnes russes en quelque sorte. C’est sûrement le plus dur pour moi à accueillir et à vivre. Je peux passer du rire aux larmes en 30 secondes chrono, je vis un mix d’émotions variées en peu de temps. Je suis à fleur de peau sans cesse, même si ça ne se voit pas le plus souvent. Je suis un peu comme le temps Irlandais !

La super empathie : c’est le plus difficile à expliquer, je crois que mes écrits parlent pour moi. Je ressens ce que les autres vivent, comme si je le vivais moi-même. Pendant des années ça a été extrêmement douloureux, je portais une souffrance qui n’était pas la mienne, pour rien. Et puis les mots sont arrivés et ils m’ont permis de libérer ces ressentis intérieurs.

La super sensibilité au bruit : je déteste les « tic-tac » , les portes qui claquent, les chamailleries d’enfants, les chats qui miaulent pendant des heures, les gens qui mâchouillent – je peux chercher pendant 1h la source d’un bruit qui me gêne – j’entends le chant des oiseaux même au milieu des travaux…

La super sensibilité au toucher : je fuis tout type d’étiquette sur les vêtements, les matières qui me dérangent – un frôlement et tous mes sens sont en éveil – je sursaute si on me touche par surprise – les chatouilles me font bondir – je suis très très tactile…

Et dans le désordre : j’ai les centres commerciaux en horreur, la foule, la chaleur, au bout d’un moment je vacille – je ne peux pas entendre parler d’une opération au risque de faire un malaise – je n’ai donc jamais participer de A à Z à un cours de biologie – je ne supporte pas les parfumeries, toutes ces odeurs me donnent la nausée, je pleure facilement même pour rien, les aurevoirs me submergent, j’ai besoin de temps sans bruit et sans lumière pour me ressourcer…

Pendant longtemps je n’ai pas saisi l’ampleur de ma sensibilité, tout simplement parce que je me suis toujours adaptée à mon environnement. Je savais que j’étais sensible mais pas plus que ça. On va dire que je passais plus souvent pour l’empêcheuse de tourner en rond, la susceptible, l’enfant difficile à cerner, à comprendre.
Il faut savoir que chez les supersensibles, le besoin d’être aimé et apprécié est quelque chose de fondamental. Donc autant se fondre dans la masse plutôt que d’assumer son « étrangeté » dans une société qui aime que les choses soient le plus lisse possible.

Entre le « trop » ou « pas assez », pas toujours aisé de trouver sa place, son équilibre.
Pourtant acceptons le, nous sommes tous spéciaux, uniques, particuliers. A nous de transformer ce que les autres voient parfois, souvent, comme un handicap, une faiblesse. A nous d’apprendre à nous aimer pour en tirer le meilleur.
Ma sensibilité est ce qui me permet d’entrer en contact avec le monde et pour moi c’est un des plus beaux cadeaux ! (même si parfois encore j’aimerai l’être moins!)

Réédition d’un article écrit en 2021

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Entre-Deux

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Il se passe quelque chose, quelque chose qui n’est pas visible à l’oeil nu. Quelque chose qui couve depuis des mois et que je ne sais nommer. Et si j’essaie, alors je sens que quelque chose se brise.

Peut-être qu’il faut que les choses se cassent pour pouvoir les reconstruire, qu’elles deviennent des miettes, qu’elles partent avec les larmes. Comme un deuil.

Il se passe, la vie avec son lot d’émotions, celles que nous ne pouvons pas coller dans des cases, qui n’appartiennent à aucun système qui déraille et que nous pourrions remettre en marche avec un plan bien conçu, une solution bien travaillée.

Il se passe ce qui dormait et ce qui a été réveillé, ce qui couvait dans un lieu secret. Depuis toujours. Mais que les sentiments avaient jusqu’alors tenu à distance. Un petit caillou, même pas de quoi trébucher, juste une gêne, devenue quelque chose de plus grand, qui prend la place et menace l’équilibre.

Si je le nomme, je le garde près de moi. Comme pour me protéger de ce que le monde ignore. Je l’écris dans toutes les dimensions, dans ce que j’en sais et ce que j’ignore encore. Dans des mots qu’il faudra poser ailleurs que sur un carnet. Pour se donner la chance d’un nouveau départ, quel qu’il soit.

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Tout ce qu’elle est

Derrière ses révoltes, ses éclats, ses failles. Derrière le voile de ses pensées, de son passé. Derrière l’épouse, l’amie, la mère, il y a cet être à part. Je le vois dans son regard, dans ce qu’elle transpire quand en résonnance avec le monde, elle respire.

Quand elle pose son regard plein de points en suspension sur l’univers en contrebas, qui se contredit sans cesse. Et dans son souffle de fée un peu malmenée par la vie, quelque chose nait comme une prière dans un langage que seule, elle, connait.

Un langage qui la relie au vivant, à l’espace entre la nuit et la jour, au silence.

C’est une fille du silence, oui, celui des gorges et des profondeurs de la terre, des déesses qui à mains nues remuent les tourments pour que germent les plantes guérisseuses. Et dont le sang devient noir lorsque la lune éclabousse le ciel de sa clarté fantasmagorique.

C’est une fille des mots, dont la confiance se tait devant les assauts du vent. Et dont les maux tremblent d’incompréhension. Existe t-il quelque part un sens, une raison?

C’est une fille des mystères, ceux qui attendent patiemment d’être approchés, percés. Et ceux qui dans le calme de l’ennui se taisent pour ne pas froisser ses ailes d’ange affamé de vérité.

Si seulement elle savait tout ce qu’elle est…

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Journée Internationale de la mémoire transgenre

Un témoignage que je vous recommande, merci à Amélie. Pour moi c’est ce type de partage qui peut amener l’ouverture d’esprit et de coeur sur ces sujets de société.

Ailleurs et plus tard j’écrirai une histoire de genre. Ici et aujourd’hui je souhaite simplement apporter mon soutien à ce jour qui me tient particulièrement à coeur. Depuis 1999 aux États-Unis et 2003 en France, le 20 novembre est la journée du souvenir trans, adaptation française du  Transgender Day of Remembrance (TDoR), instauré en mémoire […]

Isolé.e dans un corps presqu’île … — Les Mots d’Amélie
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Dans quelle société vivons-nous?

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Je suis tombée par hasard ce matin sur un article concernant le projet de loi sur l’interdiction des « thérapies de conversion ».

Et je suis allée creuser bien entendu. Parce qu’en ce moment le « genre » est au cœur du débat. On se demande même si il n’a pas pris le pas sur le féminisme. Les thérapies de conversion sont un ensemble de pratiques qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle d’une personne. D’abord nées aux Etats-Unis à la fin des années 1970, elles se sont peu à peu répandues en Europe. Elles visent à « guérir » les personnes homosexuelles, bisexuelles ou lesbiennes en les « convertissant » à l’hétérosexualité.

Je ne vais pas débattre sur ce sujet ( je tente de moins en moins avec le temps d’avoir un avis tranché sur les problématiques de société) mais pour moi ça va de soi que ce type de thérapie ne devrait pas exister. Tout simplement parce que l’idée même de la conversion en général me dérange. Par contre sachez que personne ne débat sur ce sujet, les gens s’invectivent, s’envoient des horreurs, jugent à l’emporte-pièce, se vantent d’être tolérants tout en participant à des lynchages collectifs et chasses aux sorcières sur les réseaux. 

Si tu n’es pas LGBT+ friendly par les temps qui courent, tu es homo/cis/transphobe ou autre chose et là ça me pose problème. Où est le respect dans tout ça ? On ne peut pas demander à tout le monde d’être ouvert à tout. Nous venons tous avec notre expérience de vie, nos croyances, nos idéaux, nos valeurs et nous avons tous le droit de penser différemment. Où est le respect quand partager son opinion relève d’un acte de bravoure ?

Au cours de mes années de droit, on  m’a enseigné, que chacun avait le droit d’avoir une voix et que chacun avait le droit de l’exprimer, on m’a appris l’esprit critique, de ne pas prendre tout pour acquis. Nous sommes dans un pays où nous pouvons le faire. Même si beaucoup de personnes pensent le contraire. Je conseillerais fortement à ces gens-là d’aller faire un tour dans les pays où les gens vivent cachés parce qu’ils ont osé poser des mots sur l’inacceptable ou défendre des idées contraires aux idéaux nationaux

Afin de me faire un avis, je me documente, je regarde des reportages, j’essaie de comprendre, d’envisager le sujet sous le prisme de mes valeurs. J’adhère rarement à une idée parce qu’elle est en vogue. Je trouve ça triste finalement.

Pour autant, j’évite de donner mon opinion sur pas mal de sujets parce que les réactions vives qui viennent vous piétiner, très peu pour moi. Mais comme ici c’est mon blog, je vais quand même dire – un peu – ce que je pense.

On a commencé par l’écriture inclusive, pour faire changer les mentalités sur l’égalité homme/femme par le langage. Du coup on se retrouve avec des règles compliquées, des marques orthographiques et syntaxiques de plus en plus complexes. Il y a toujours autant de femmes mutilées à travers le monde ! L’écriture inclusive ne les a pas encore sauvées !

Très récemment le pronom « iel »  a fait son entrée dans le Petit Robert. Une condensation de « il et elle » pour désigner une personne qui ne se définit ni comme une femme, ni comme un homme, ni comme un il ni comme un elle. J’en viens à ma demander si il et elle ne finiront pas par disparaitre et par la même occasion, l’homme, la femme seront bientôt tous des mutants sans sexe ! Mais jusqu’à preuve du contraire, il faut toujours un spermatozoïde et une ovule pour féconder un bébé !

Pour terminer je vous laisse avec les nouveaux termes qui définissent votre genre. Ca me laisse perplexe…

Bisexuel – Se dit d’une personne attirée affectivement et/ou sexuellement par des personnes des deux sexes et/ou des deux genres.

Cisgenre – Se dit d’une personne dont l’identité de genre (masculin ou féminin) correspond au sexe avec lequel elle est née. C’est le contraire d’une personne transgenre.

Genderfluid – Se dit d’une personne dont le genre oscille entre la masculinité et la féminité.

Non-binaire – Se dit d’une personne dont l’identité de genre ne correspond ni aux normes du masculin ni à celles du féminin. Cette personne peut se sentir entre les deux, aucun des deux ou encore un mélange des deux.

Pansexuel – Souvent synonyme de “bisexualité” et issu du préfixe grec “pan” (tout), la “pansexualité” renvoie à l’attirance (affective et/ou sexuelle) envers une personne, quelles que soient ses caractéristiques de genre, de sexe ou de sexualité.

Trans – Terme générique pour désigner des personnes pour lesquelles l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance (on préfèrera le terme transgenre à celui, jugé très stigmatisant, de “transsexuel“).

Dans cette quête d’identité pour beaucoup, sincèrement je ne sais pas comment les gens s’y retrouvent. Il y a certes une légitimité à demander les mêmes droits pour tous, cependant l’égalité pure et dure est une utopie puisque la différence fait partie de la vie…