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L’écriture, cet acte thérapeutique!

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Nous n’écrirons pas tous des chefs d’œuvre, nous ne serons pas tous publiés, nos mots ne trôneront pas tous sur l’étagère d’une librairie ou d’une bibliothèque. Mais nous pouvons tous mettre un mot après l’autre, laissez nos cœurs se libérer sur le papier, laisser les mots nous guérir. En profondeur.

Nous n’avons alors pas besoin d’un plan précis, il nous suffit juste d’oser, d’oser nous lancer pour évacuer ce qui nous touche, ce qui nous fait faillir, ce qui nous empêche d’avancer, d’exister. Ça pourra prendre différents formes. Il n’y pas de modèle, pas de cadre à respecter, ce sera spontané.

Parfois nos souvenirs sont trop lourds à porter, nos émotions trop fortes à supporter. Parfois nous ne savons plus où nous en sommes. Certains choix parfois sont nécessaires. Et notre esprit se perd entre doutes, envies, contradictions, interrogations. Où en sommes nous? Qui sommes nous?

L’écrit nous offre de lâcher prise, de tout lâcher. Nous n’avons plus à paraitre, à donner le change. Nous n’avons plus à faire attention à nos mots, nos pensées pour ne pas blesser l’autre. Là dans cet instant. Les mots nous invitent au partage de ce qui ne peut être dit de vive voix, ce que nous n’arrivons pas à articuler.

Vous ne savez pas par où commencer?
Rien de plus simple, un crayon, du papier et quelques minutes de calme. Allez-y. Laissez les mots couler. Peut-être que ça restera superficiel, peut-être que vous accoucherez d’un texte auquel vous n’avez pas pensé. Peut-être que ça viendra réveiller autre chose en vous. Et il faudra laisser couler l’encre encore un peu.

Écrire les souvenirs m’a permis de les digérer, de comprendre, de pardonner, d’avancer.
Écrire le présent me permet de mieux accepter mes émotions, de les accueillir puis de les laisser partir.
Écrire les maux pour mieux vivre.
Écrire le beau aussi, la joie intense, les sourires sublimes.
Écrire ce qui me tord les boyaux, ce que je tente de retenir mais qui finit par peser trop lourd.
Écrire la joie et le chagrin.
Écrire ce qui nous chamboule, ce qui nous fascine, ce qui nous fracture.
Écrire pour choisir.
Écrire face à toutes ces montagnes qui nous semblent impossibles à gravir, l’avenir qui nous impossible à construire.
Écrire tout ce qui nous échappe…

Et vous, l’écriture thérapeutique ça vous parle? Vous pratiquez?

Rétrospective 2010-2019

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Ce que j’aime (depuis dix ans) dans le fait de tenir un blog orienté “humeurs” c’est de voir au travers des articles mon évolution personnelle. Je tiens un journal en dehors mais ce dernier est devenu plus créatif au fil des ans. J’y mets moins de mots, plus de collages, de dessins, de pensées en passant.

Il s’est passé énormément de choses au cours de ces dix dernières années, tellement que je me demande parfois comment tout s’est mis en place!

2010, c’est l’année de création de mon premier blog, pour partager mon expérience Irlandaise. C’est aussi celle du début de la descente aux enfers, l’année de la rupture avec ma famille, des heures d’attente et de silence, l’année où j’ai eu envie de me foutre en l’air (ce n’était pourtant que le début!)

2011, la descente continue. Les moments de bonheur se comptent sur les doigts d’une seule main. On reprend le contact avec ma famille, l’équilibre est ultra fragile. C’est l’année de mon mariage et de la mort de mon filleul. Je coule, j’ai envie que quelqu’un le voit mais je suis incapable de le dire.

2012, la descente continue encore et encore. Il y a une lueur à l’horizon le jour où je découvre que j’attends un enfant. Le silence se fait de plus en plus pesant, j’ai l’impression d’être l’ombre de moi-même. Je marche sur des œufs en permanence. Puis un soir je quitte tout. Retour en France, le corps, le cœur cassé, le mental martyrisé, mais vivante.

2013, je donne naissance à mon fils, dans la joie et les larmes. Je suis terrifiée, je vis dans la peur et sa présence m’apaise au fil des jours. Je ne vais pas mourir. Je vais me reconstruire, reprendre tout depuis le début, de toute façon il ne me reste pas grand chose. Je trouve un travail un Paris, je pars en le laissant la semaine chez mes parents. C’est un déchirement autant qu’un apaisement. Je crée mon Blog L’atmosphérique.

2014, mon fils et mes parents me rejoignent sur Paris. On commence une cohabitation à 4 dans 40m2. Le divorce est engagé, mon fils voit son père tous les quinze jours dans un centre médiatisé et nous avons entamé une médiation. Je fais face avec le cœur en vrille. Les menaces sont monnaie courante. Je résiste tant bien que mal, je replonge parfois et c’est très déstabilisant. Je commence un nouveau boulot.

2015, il n’y a plus de visites mais le divorce me prend beaucoup d’énergie. La cohabitation familiale est délicate. Je sombre souvent. J’ai l’impression de me prendre des claques à chaque pas en avant. Mes parents commencent à parler de séparation. Je me sens comme une enfant face à deux parents qui se déchirent. Mon fils grandit bien mais je suis toujours pleine de peurs quant à ma responsabilité et mon engagement.
J’autoédite mon premier recueil de poèmes et je reçois des retours très touchants qui me motivent.

2016, on vit enfin tous les deux, mes parents ont acheté sur Paris. Je respire. Même si j’ai des gros moments de blues. Je suis à bout et ma colère peut exploser à tout moment. Je cogne dans les murs et je m’en veux terriblement d’offrir ce spectacle à mon fils. Ma psy dit que j’avance, qu’il faut être patiente. Le divorce est enfin prononcé, quatre ans après la séparation. La reconnaissance de ces 4 années de violences psychologiques n’a pas l’effet escompté. Je suis toujours profondément meurtrie.

2017, la lumière revient doucement, la douceur de vivre à la maison. On trouve un équilibre familial. Loulou rentre à l’école. Je m’inscris sur un site de rencontres, qui sait, je me sens prête à rencontrer du monde. Aout marque un tournant, ma vie sentimentale prend des couleurs. Je vis sur un nuage et je me dis qu’au fond j’ai le droit moi aussi au bonheur. Je l’écris d’ailleurs. Même si énormément de blessures refont surface.

2018, j’ai l’impression de n’être que mes blessures, que ma peur, que mon corps abîmé, que mon passé. Et pourtant, il est là, il m’écoute, il m’aide à reconquérir cette part de moi que je croyais à tout jamais perdue. J’ose davantage. Je me sens encore “pas assez” trop souvent, je ne sais pas si ça va durer mais je vis chaque instant, je savoure l’amour. J’ai l’impression de revenir à la vie, à la joie.

2019, c’est l’heure des grands changements! Je m’ennuie au boulot et je débute un coaching pour faire le point. Je prends la décision de changer d’orientation professionnelle. Je déménage. Loulou rentre en CP. Une amie nous quitte, à 33 ans, c’est un choc duquel je me relève difficilement. 2019 c’est aussi l’année des mariages et de l’amitié. Je guéris encore et toujours, je prends confiance, l’amour me transporte toujours autant – dans son regard, j’existe!

Et nous voilà en 2020! J’aime la rondeur de cette année que je pense riche de promesses, de projets, de guérison, de douceur, d’envies à deux, de communication positive en famille, d’affirmation de soi, de confiance, de création. Je suis prête à la vivre pleinement. Et vous, ces dix dernières années, ça donne quoi?

Au cœur du traumatisme

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10h00:

Je me dis souvent que je ne veux plus parler du passé. Et il revient sur le devant de la scène. Comme ce matin, dans le claquement brutal de la porte d’entrée, une expression dans le regard, des mots qui me percutent de plein fouet. Et alors revient cette sensation, si familière, si ancrée et que je tente par tous moyens d’accueillir et de laisser passer, cette sensation de n’être “rien”.

C’est une attitude, une façon de dire, un rictus. C’est comme une claque qui arrive de nulle part et qui me terrasse.

On dit que le traumatisme est digéré quand plus rien ne vient le réveiller. Le mien est donc encore bien vivant. J’ai beau travailler dessus, j’ai beau gagner en confiance, il y a encore une faille, une cicatrice qui s’ouvre à chaque fois.

Avec certaines personnes, ça passe vite, parce qu’il n’y a pas d’affect ou bien parce que je n’ai pas l’impression d’avoir quoi que ce soit à prouver. Mais dans le regard de mon fils, je vois le mépris de son père. C’est terrifiant. Je prends énormément sur moi pour faire face quand ma première réaction serait de tout laisser là, de partir loin. Je ne le peux pas, alors j’encaisse en tremblant, je crie intérieurement. Avant je tapais dans tout ce qui passait, pour que la douleur cesse. On peut au moins dire que je progresse.

C’est assez déstabilisant comme situation. Bien sûr que cela n’a rien à voir avec mon fils et tout avec moi. C’est à moi de faire la part des choses, de poser mes limites. J’ai l’impression d’être dans une impasse. Chaque jour je me félicite d’avoir tenu, d’avoir réussi à maintenir une harmonie fragile. Et le jour d’après je m’écroule, j’ai l’impression que l’histoire s’écrit encore et toujours de la même façon et que je n’arrive pas à y mettre un terme.

Bien sûr que je suis épatante, la plus merveilleuse des mamans, le meilleur exemple pour mon enfant – c’est vous qui allez me dire ça et ce matin ça sonnera très faux – mais dans les mots et le regard de mon fils ce matin je n’ai vu qu’une colère immense, un mépris que je ne sais pas gérer.

Je ne veux plus être une victime. Alors j’écris, je décortique, j’essaie de comprendre, de trouver des pistes. Je m’escrime à vouloir sortir de cette situation de crise. Je ne veux pas m’avouer vaincue. Cela n’en reste pas moins très compliqué à vivre ai quotidien. Alors je laisse les larmes couler sur les maux. Et j’essaie au fil de la journée de déblayer le terrain pour aborder la soirée le plus sereinement possible.

Moi qui suis plutôt du côté de la vie, dans ces moments là le néant me rattrape et je donnerais tout pour que cesse cette douleur, pour que se ferme la blessure, pour que je puisse respirer sans me sentir prise dans un étau, prisonnière d’un chaos que je ne sais maitriser.

16h30:

J’ai souvent été de celles qui disaient “il ne faut pas hésiter à se faire aider”. Je crois que le temps est venu de regarder les choses telles qu’elles sont: ma difficulté à trouver ma place dans ma vie de mère et ma place d’adulte dans ma lignée familiale. Il est temps de faire face et d’oser demander de l’aide pour une vie plus saine et sereine.

Par delà les masques qui nous protègent…

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On s’adapte tous, au quotidien, aux situations de vie, aux rencontres, en fonction de nos obligations, de nos contraintes. Parfois on en a conscience et tant mieux. Parfois non et c’est bien là qu’est le souci. On ne sait plus quand on porte ou non un masque. On est tellement adapté qu’on oublie qui l’on est.

J’ai longtemps été dans l’adaptation constante, ne montrant ma vérité qu’à un ensemble très restreint de personnes. Et encore, j’avais plus l’impression de me rebeller contre l’autre établi qu’être vraiment moi. J’ai longtemps été incapable d’exprimer mes envies, de faire des choix, préférant laisser l’autre décider à ma place. J’ai longtemps porté un masque sans m’en rendre compte.
Et quand il a fallut répondre aux questions “qui suis-je? Qu’est-ce qui me motive? Quels sont mes désirs?” je me suis retrouvée face à une montagne à gravir. Il fallait creuser loin pour revenir à mes origines, débroussailler un terrain miné.

On ne va pas dire que je suis sortie d’affaire, loin de là. Mais j’ai davantage conscience des situations dans lesquelles je fais attention, dans lesquelles je marche sur des œufs ou j’adapte mon comportement. Je pense être plus naturelle, plus spontanée, moins dans le contrôle qu’avant.

Même si le gros travail vient de soi, il faut aussi prendre en compte les personnes autour. Certaines nous mettent à l’aise, d’autres pas. Certaines nous acceptent tels que nous sommes, d’autres ont plus de mal. Certaines sont elles-mêmes mal à l’aise et sur la défensive.

Être avec l’autre, sans fard, sans masque, c’est très certainement ce qu’il y a de plus beau, ce à quoi nous aspirons tous, sans pour autant pouvoir le vivre pleinement. Et quand on y est, quand on ne le touche plus seulement du bout des cils comme un rêve inaccessible, alors il y a comme de la magie dans l’air, une porte qui s’ouvre, l’océan à portée de voix, la vérité nue qui nous attire entre ses bras.