Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Pour toi

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Je ne sais pas toujours te dire. Je me cache souvent derrière mes peines, mes angoisses. Je déteste les silences et pourtant je les laisse parler pour moi. Je me dis que tu comprendras et si tu ne le fais pas, tu partiras. Et alors j’aurai eu tort de croire que l’amour a tous les pouvoirs. Ca viendra ouvrir la blessure une nouvelle fois, celle qui depuis le début joue avec moi, celle de la cour d’école, celle des bruits des vacances, celle des rires en cascade dans la classe, celle de la salade de tomate, celle des clins d’oeil en douce, celle des mots qui cognent et des murs qui cachent, celle qui menace de révéler au monde ce que je suis et ce que je ne suis pas.

Je ne m’excuse pas, ou peut-être que si, d’être comme je suis avec ma quantité de points d’interrogation, mon besoin d’être rassurée, de me sentir en sécurité, avec mes chocs et mes bleus à l’âme qui se font moins troublants mais qui restent comme autant de lames prêtes à danser sur ma peau nue, quand ma bulle se fendille, quand tes pas se font lointains.

Mes blessures ne disparaitront pas, j’ai cru à tort que je pouvais, par le seul pouvoir de ma pensée les reléguer dans un coin éloigné du temps. J’ai perdu de précieuses années à tenter de les étouffer. Je dois juste accepter qu’elles font partie de moi. Un peu comme la peur ou la nostalgie. Lutter contre ne fait que leur donner plus de force.

Je voudrais ne te dire que l’amour, ce qu’il creuse en moi, ce qu’il desserre de nœuds, ce qu’il insuffle de vie, ce qu’il m’offre de confiance, de joie. Je n’y arrive pas tout le temps. Alors je me replie comme pour étouffer mes maux. Je redeviens une enfant fragile qui dans le sommeil tente de se cacher, pour fuir la folie qui fait son lit dans le creux des jours.

J’écris, j’écris pour venir à bout de ce qui me retient, pour oublier les destins liés et le coeur trouble. J’écris pour me souvenir de la douceur de tes mains et la chaleur de ton sourire, pour ne pas oublier que c’est ce qui dans la balance pèse plus lourd que ce qui m’oppresse. J’écris pour comprendre pourquoi cette liesse puis pourquoi ce vide soudain.

J’écris pour les mots que je ne sais plus dire, pour ce qui reste un mystère, pour graver quelque part le bonheur, pour ne pas le laisser partir. J’écris pour garder de la substance quand tout s’évanouit. Et qu’il ne reste plus que des yeux humides pour dire les émotions, ma main qui cherche la tienne pour m’assurer que tout cela est bien réel.

Posted in Emprise et Renaissance

Sortir la Colère

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J’ai tourné un peu autour du sujet, j’ai trouvé plein de prétextes. J’avais l’impression que j’avais tout dit, tout écrit. Et puis j’ai craché la peur. Je ne m’en cache pas. Et puis j’ai dit la colère. Finalement, c’est encore là, bien caché, ça existe encore.

En le disant j’ai même compris que ce serait toujours là, quelque part. Les souvenirs s’atténuent, la colère s’apaise, la peur ne me paralyse plus. Ca reviendra par vague, par moments, comme un rappel de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dépassé, de ce que j’ai trouvé de force en moi, de ce qu’il y a de faiblesse aussi.

J’ai posé les mots, les mots qu’hier je retenais prisonniers, comme pour exorciser la douleur, pour raser de la surface de la terre ces quelques années de violence. J’ai cru encore être sous cette emprise féroce, mais non, c’est juste un costume que je porte parfois, celui de cette petite femme fragile, abasourdie par le chaos, déracinée, dont le cœur a explosé en mille morceaux, que son corps ne porte plus.

J’ai lâché la colère et j’ai admis qu’il n’y aurait peut-être pas de pardon. Elle m’a dit que ce n’était pas nécessaire et j’ai laisser les conseils des autres s’évanouir dans l’air. J’ai fini par pardonner d’autres situations, alors peut-être que le temps. Ou pas. J’ai d’autres choses à construire.

J’ai dit l’intérieur de moi, plus facilement qu’hier et c’est déjà un grand pas. C’est un peu l’histoire de ma vie, m’estimer, m’affirmer, m’exprimer. Je vais laisser la colère sortir, pas à pas. A mon rythme. Je vais l’accepter aussi, ce n’est pas toujours facile! Je vais l’accueillir comme il se doit, elle a tous les droits d’être là.

Un chantier qui se termine. Le prochain je le pressens mais je le laisse en jachère. J’ai besoin de repos, un peu moins de questions, un peu plus de souffle, comme à la fin d’une course. Il sera toujours temps de s’y coller un jour. Un jour…

Posted in Humeurs d'Auteur, Tout un poème

Le vent m’a soufflé…

Credit photo @mariekleber37

Les péniches d’un côté
Et les grands oiseaux blancs dans le ciel
Long-courriers solitaires attirant ton regard

Par un jour d’or
Aux rayons phosphorescents
Nous nous sommes retrouvés près de l’eau
Comme avant

Rien n’avait changé
Tout était à sa place
Comme si rien ne s’était passé
D’une pause à l’autre

J’avais la tête pleine d’idées nouvelles
L’envie surtout, l’impulsion des mots
Le désir des lettres qui sur la peau des jours
Chorégraphient un ballet

Je cherchais un titre qui parlerait
Des sentiments, leur mouvement imperceptible
Leurs émotions indescriptibles
Et de ces choses encore mystérieuses

Je flirtais avec le vent
Certaine qu’il me glisserait
Les premières notes
D’un nouvel essai

Et juste là où tu t’étais installé
Comme un clin d’œil à mes pensées
Un nom comme un poème
Sur la péniche d’à côté

Ce poème pour vous annoncer la sortie prochaine d’un nouveau recueil de poésie – Fin 2021 ou Début 2022. Son titre m’a été soufflé. Impossible donc d’y résister !

Posted in Carnets de route, Tout un poème, Variations Littéraires

Contrastes et Variations

Crédit Ornella Petit

Je suis le rouge
Le blanc nuptial
Le noir corsé

Le coton sobre
La soie raffinée
Les dentelles froissées

Je suis la colère
La rage ensanglantée
La joie ensoleillée

Les larmes d’ivresse
L’amour maternel
L’amie attentionnée

Je suis l’amante
Le frisson aérien
Le corps possédé

La puissance illimitée
La force tranquille
L’onde protectrice

Je suis l’arabesque
L’arc prêt à tirer
L’eau sur le bord de tes lèvres

Je suis la passion
Le stylo fou
Le regard doux posé sur tes rêves

La vie sublime
La mort inaccessible
Un sanglot dans la poitrine

Le tumulte des vagues
La cascade entre les rochers
Le rose aux joues, poudré

Je suis l’ombre et ses tourments
La violence tentatrice
L’âme du serpent

Invincible
Charmeuse
Rebelle

Fragile
Douce
Inconditionnelle

Je brave le jour
Pour affronter la nuit
J’embrasse la nuit
Pour adorer le jour

Je suis Eve
Et Venus
Lilith mise à nue
Déesse et Vierge

Contrastes cathartiques
Variations extatiques

Posted in Carnets de route

La liberté d’être soi

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You can’t blend in when you are born to stand out” – Wonder de RJ Palacio

Quand j’ai lu cette phrase elle m’a tout de suite plu!

La grosse claque émotionnelle de juin m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. J’ai ouvert les vannes et je crois que c’était nécessaire. Les questions que je me pose, les doutes que je peux avoir, résultent souvent de ma relation à moi-même. J’ai toujours eu et j’ai toujours du mal à me positionner entre ce qui est juste pour moi et ce qui est juste au niveau de la société., entre ce qui fait sens pour moi et ce qui est acceptable en société.

Aujourd’hui, les choses et les genres sont moins cloisonnés. Nous ne sommes plus contraints de vivre d’une certaine manière. Toutefois il y a toujours des codes, des règles, des cases, des choses jugées correctes et d’autres moins. Il y a une trame, plus ou moins flexible, en fonction de notre éducation et de nos valeurs. Il y a tout ce que nous connaissons et les chemins un peu plus à l’écart qui nous attirent mais sur lesquels nous n’osons pas toujours nous aventurer – sous prétexte que ça ne se fait pas!

Pourquoi?

Parce que cela, bien souvent, vient remettre en question l’ordre établi, la vision que les autres ont de nous, nos liens. Nos choix ne sont pas toujours bien vus, acceptés. Ils peuvent parfois profondément bousculer ceux que nous aimons. La liberté de penser, d’être, autant d’évidences qui, au cœur du quotidien, peuvent peser un peu lourd. Parce que tout un chacun juge aisément. Parce qu’il y a encore énormément de sujets tabous, de clichés, de visions moralisatrices.

J’ai beaucoup vécu dans ma tête, dans mes rêves, comme pour m’évader d’une réalité dans laquelle je ne trouvais pas mes marques. Déjà très jeune, je ne voulais pas des modèles qu’on me proposait, je n’avais pas les mêmes envies que beaucoup de mes amies. Je me suis sentie en marge très souvent et puis j’ai plus ou moins adhéré à un moule. J’ai trouvé que c’était plus simple d’appartenir que de me démarquer.

Aujourd’hui, ça devient plus difficile d’appartenir! Parce que ça ne me correspond pas. Et si je peux mentir aux autres, je ne peux plus me mentir à moi-même. La liberté est une audace que je veux pouvoir m’offrir. Même si je sais qu’il y aura encore ces moments où mes envies seront chahutées par mon mental et ses idées toutes faites, où je reculerais par crainte de décevoir celles et ceux qui comptent pour moi, par crainte de ne pas être comprise, acceptée.

Elles sont rares les personnes dans mon entourage qui me connaissent vraiment, avec qui je partage tout ce que je suis, sans crainte. Elles sont d’autant plus précieuses. Pour les autres, j’ai conscience qu’il y a peut-être des choses qui ne se disent pas. J’enlève pas à pas les masques qui ne me plaisent plus, je slalome entre les lignes, je teste ce qui peut être confié ou pas.

L’ouverture de l’esprit, du cœur c’est ce que j’expérimente un peu plus chaque jour. Je deviens celle que j’ai toujours été, cachée derrière des couches de protection et de contrôle. Il y a des sentiments qui offrent cette chance de s’affranchir de ce qui pèse, qui donnent des ailes, même si cette liberté peut faire peur, même si c’est à des années lumières de ce qu’on croyait envisageable.

Entre moi et moi, ce sera peut-être toujours un peu folklorique, douloureux. Mais quand je regarde le chemin parcouru je réalise que tous ces moments de profonde réflexion, introspection ont débouché sur un réalignement personnel essentiel et une relation aux autres plus vraie.

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La troisième voie

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Rester ou Partir

Tout est choix, c’est ce qu’on ne cesse de nous répéter. C’est ce qu’on ne cesse de nous proposer. Toujours un choix entre deux choses, deux situations, deux histoires. Choix de vie à peser pour que celui ci ne pèse pas. Pas trop lourd. Choix facile ou fragile. Tout dépend de tellement de choses.

Le bien, le mal. Le vrai, le faux. Le juste, l’injuste. Le froid, le chaud. Le rêve et la réalité. Un mode binaire engrammé dans nos gênes. Nous restons bien souvent attachés à une certaine vérité. Qui n’est en fin de compte que la nôtre.

Et si?

Si il existait une troisième voie? Et pas seulement une troisième d’ailleurs, mais une multitude de chemins. Et si il y avait autre chose, quelque chose que nous pourrions créer de nous-mêmes, entre partir ou rester. Même pas. Entre rien. Juste ouvrir une brèche, une porte et voir où cela nous mène.

Il est des situations dans lesquelles rester ou partir s’impose. Et puis d’autres dans lesquelles, si nous nous ouvrons à plus grand, à moins figé, si nous restons dans l’instant, alors au bout de nos émotions parfois violentes, au gré des mouvements et des cycles, il y a je pense une variété de possibles.

C’est cette voix que je choisis d’écouter, cette voie que je souhaite suivre, voie créative par excellence, qui me dit que je suis actrice de ma vie. Voie colorée et parfumée. Une voie qui voit au-delà des codes et des routes tracées. Une voie qui m’appelle à m’ouvrir aux opportunités, à ne pas rester prisonnière de ce qui se fait ou ne se fait pas.

Une voie qui me relie à l’énergie du vivant. Le chemin est inconnu, il se déroule sous mes pas, à mesure que j’avance. Il est aujourd’hui sans demain précis. Il est ce qui est juste pour moi.

Et vous, ça vous parle cette idée là?

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Fidèle

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Hier, j’étais belle. Magicienne, fée aux multiples pouvoirs. J’apaisais les cœurs esquintés. Souveraine de mes pensées les plus indiscrètes. Je savais donner, donner, donner. Si bien donner que j’y ai perdu ma sève.

Hier, j’étais amante. Etoile filante dans le ciel de tes nuits. Un morceau d’atmosphère en tenue de bal. Je m’enroulais sensuelle dans les plis de draps imaginaires. Tu épousais d’un regard les courbes de mon corps, blessé, aux cicatrices invisibles.

Hier, j’étais gardienne d’un secret, de ceux qui serrent un peu le cœur et font danser l’âme, qui se fiche bien du bien et du mal, qui a raison ou qui a tort.

J’ai existé. Dans le toucher de ta peau. Dans l’énergie de ton souffle. Dans la passion de ton étreinte. J’ai existé. Dans le vertige de tant de “il ne faut pas”. Dans la confiance de tout ce qui ne se dit pas.

Hier, j’étais femme aux milles voiles et fantaisies. De soie et de saphir. De lianes et d’or. J’étais le désir incarné, qui se consume en silence, par crainte de l’exubérance, à la limite de la folie. Tu m’as libérée de ce fardeau porté comme un sanctuaire à ne pas offenser.

J’ai existé. Dans tout ce qui a été donné. Généreusement. Et pourtant je me suis oubliée. J’ai oublié que j’avais ce pouvoir moi aussi de me ramener à la vie. Je n’ai jamais voulu que tu sois le pilier, le garant de ma sécurité intérieure, le gardien de mes rêves. Je ne veux pas que tu sois mon réconfort ou mon rempart. Comme une bouillotte les soirs de cafard.

J’ai oublié ma voix dans le tumulte des autres, dans tous ces yeux interrogateurs qui se demandaient pourquoi. Dans toutes ces vies bien mises qui ne comprennent pas. Moi, je veux vivre jusqu’à l’épuisement. Je ne veux plus entendre que je le mérite ou pas. Je veux retrouver le contact chaud de ta peau et la complicité, je veux me foutre du temps qui passe, amarrée à la saveur fou d’un instant avec toi. Le reste, ce sera pour une prochaine vie!

Nous ne pourrions pas vivre ensemble, nous le savons depuis le commencement. C’est sûrement pour cette raison que nos chemins se sont croisés, que nous avons fait ce choix, même inconsciemment. Parfois, je voudrai avoir les mêmes envies que les autres, pour ne plus me sentir si différente. Si souvent.

Reconquérir mon identité, ma place, dans cette vie. Une priorité. Celle que j’ai choisi d’honorer. Tout amour est une prise de risque. Peut-être que demain nous aurons pris d’autres chemins. Je ne veux pas que ce soit par défaut. Par dépit, parce que quelque part j’aurai, une fois de plus, laissé à d’autres, le pouvoir sur ma vie.

Oui je me suis manquée de respect bien souvent. Même avec toi. Pour quelques minutes, parce que je ne savais pas. Ou plus. Parce que j’avais peur. Parce que j’avais froid, j’avais perdu la conscience de qui j’étais.

Retrouver ma voix dans le chaos du quotidien, dans le manque fulgurant, dans l’inconfort. Laisser la peur filer. Reprendre ma plume pour exorciser les démons et faire vibrer la force de ce qui est. Ca ne durera peut-être pas. Je ne veux pas de liens, de ceux qui attachent. Je veux la liberté, tout en sachant qu’elle est parfois souffrance et chagrin, pour un cœur si peu habitué. L’avenir est à ciel ouvert, rien n’est écrit. L’avenir même en CDI a une part d’incertitude. Aucun engagement ne fait le poids.

Si j’en fais un, c’est celui de rester fidèle à moi même. Désormais.

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15 mois

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Qu’on se le dise, en toute franchise, ces 15 derniers mois n’ont pas été si simples que nous avons choisi de le penser. Par fierté personnelle. Par culpabilité. Comme si dire “c’est compliqué” faisait de nous des incapables, des inadaptés de la vie. Il y en a tellement d’autres qui vivent pire!

La grande phrase. La plus dangereuse aussi.

J’en tire du positif, beaucoup. Mais je ne peux plus faire l’impasse sur les heures de vide, les heures enchainées à un flot, un flux d’émotions tout aussi déstabilisantes les unes que les autres, à tenter de maintenir notre équilibre à flot. Si nous en sortons grandis, nous en sortons aussi un peu blessées. De ces blessures que je n’ai pas voulu voir, parce qu’il faudrait toujours ne retenir que le positif.

Cela me rappelle que durant 4 ans j’ai tenu plus ou moins le cap dans une relation destructrice, en m’accrochant à ces bouts de soleil. Bien dérisoires. Mais une fois de plus il y avait pire!

Ces mois nous ont éloignés, un peu esquintés, même si nous tenons à ne pas ressasser. Nous nous sommes à peine croisés. Juste de quoi appliquer un baume sur l’absence, histoire de combler un manque, de se réconforter. Quelque part, quelque chose a changé. Nous avons changé, c’est évident. Etre capable de poser son regard sur cette parenthèse un peu longue c’est peut-être bien se donner une chance de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

La solitude n’a pas été choisie, elle s’est imposée. Avec son lot d’hypothèses à tenter de percer. Il a fallu se réapproprier une réalité, notre identité. Un exercice de retour à soi, précieux, nécessaire. Qui permet aujourd’hui de poser les mots sur tous ces besoins qui n’ont pas été exprimés, exposés. Il y avait d’autres priorités. Etre là pour ceux qui comptent.

La vie reprend doucement et il faut en son temps reprendre le chemin de la vie. Celle de mars 2020 ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui. Petite vague de nostalgie. Elle aussi il faudrait lui lâcher la main. Pourquoi tout le monde se fait un devoir d’avoir une idée sur tout. Chacun sa vérité, sa voix dans ce tumulte, sa route.

Je ne veux plus faire comme si, comme si il fallait être bien, coute que coute. Je ne veux plus porter ces masques polis, si bien dessinés par tant d’années de “faire plaisir”. J’ai appris que fuir n’était pas la solution. Mieux vaut regarder l’orage et se souvenir de ce pouvoir entre nos mains, s’en remettre à la force de Vie.

Et vous cette période, vous en gardez quoi comme souvenir?

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Vague(s) E-maux-tionnelles

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Face à la vague vertigineuse
Les secrets explosent
Le cœur se pose
Sur une hypothèse scandaleuse

Face à la vague vertigineuse
Le corps implose
Le cœur se décompose
L’ombre joue les entremetteuses

Face à la vague vertigineuse
Les blessures s’exposent
Le cœur se livre en prose
La mort en intraveineuse

Des émotions
Comme des glaçons
Qui percutent la raison

Des traces
Comme des menaces
Qui perforent la glace

Autant de saisons
Vide, chute, abandon
Mourir à soi-même
Laisser passer la haine

Laisser aller la peine
Renaitre à soi-même
Vide, lumière, ascension
Retrouver la passion

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Pour lui plaire…

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Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.

Posted in Challenge Ecriture

Challenge Ecriture 17

Je suis rentrée, la tête comme une pastèque, le corps fatigué. Pourtant je ne t’ai vu que quelques minutes tout au plus.
On a du échanger quinze phrases. Rien de bien terrible, que de la mécanique. Celle de la victime que tu es et du bourreau que je suis. Tu veux me faire croire que tu as changé, quand tout en toi, respire le mensonge. Tu penses qu’avec quelques pirouettes monétaires tu vas nous faire rêver.
Mais ce n’est pas ça, ça c’est du bouillon habituel, des mots faute de mieux, des promesses abracadabrantesques. Un appartement, une école haut de gamme, pourquoi pas un haras, une oliveraie, tant qu’on y est !
Rien de trop beau soit disant ! Pour ton fils, tes entrailles ! Mais tu n’es même pas capable d’aligner trois mots dans sa langue et tu voudrais qu’on oublie tout, qu’on te déroule le tapis rouge, qu’on dise « amen » les yeux fermés.

C’est pas tant cet air hautain que tu prends pour me parler, ce sourire hypocrite, ce tintamarre obsédant qui m’a filé le tournis.
C’est ce foutu ballon du PSG. Ce trophée. Cet objet pourtant insignifiant qui te place du côté des gagnants. Alors que tu ne fais que te pavaner, imiter, mimétisme de pacotille.
Ce sont tous ces cadeaux sans âme que tu lui refiles, comme pour redorer ton image.
C’est le vide de ton personnage, ton identité translucide. Tu n’es que ça, du vide.

Ce n’est pas parce qu’il est un tout jeune arbuste, en quête de racines, que tu peux jouer avec lui. Ses bases il les a et elles ne viennent pas de toi.
Est-ce que je suis heureuse de ça ? Non. Pourtant aujourd’hui j’ai compris que tu n’avais rien à lui offrir. Parce que tu n’as rien. C’est triste à dire, je ne pensais jamais pouvoir le dire de quelqu’un.

Il te faudrait plus qu’une potion magique, plus qu’un filtre enchanté, plus que tout l’or du monde, il te faudrait plus de mille vies pour compenser l’absence, le mépris, ta suffisance. Ils peuvent tous dire ce qu’ils pensent, je sens, je sais, qu’autour de toi tout n’est que nuisance. Ta présence n’est pas une menace, juste une longue plainte dont l’écho nous frôle encore parfois.

Mais lui et moi nous savons de quoi nous somme faits. Ta loi ne fait pas le poids.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème dans lequel le dernier mot de chaque phrase devra être le premier mot de la phrase suivante. Hâte de voir ce que cela va donner! Au plaisir et amusez-vous bien!

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Je suis…

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Je suis le sang mêlé au souffre
La flèche qui transperce le cœur du guerrier
Je suis la haine au bord du gouffre
La déchéance, l’inhumanité

Je suis la bombe larguée
Au dessus d’une ville en pleurs
Je suis le silence terrifié
L’innommable et insondable peur

Je suis celui qui viole
Et celui qui pille
Je suis celle qui s’immole
Ces enfants qu’on assassine

Je suis les ténèbres capricieux
La mort qui crie
Je suis le caprice ténébreux
Le bourreau et ses furies

Je suis le vide et le plein
Sans arrêt en mouvement
Je suis le néant assassin
Le chaos entêtant

Si je ne suis que ça
Je disparais
Entité fragmentée
Je me dissous dans l’air

Je suis la résilience
Le sourire de l’enfance
Je suis le merveilleux en transe
L’ idéaliste espérance

Je suis la lumière dans la pénombre
L’or pur au pays des nombres
Je suis la voix derrière les ombres
L’amour qui devient onde

Je suis l’affirmation
L’émotionnel en action
Le corps livré à la passion
L’esprit de l’illumination

Je suis la confiance
L’être en pleine conscience
Le Divin sans obsolescence
Je suis l’ère de l’évanescence

***

Il est, selon moi, impossible de vivre sans toutes ces parts. Nous ne sommes jamais tous blancs ou tous noirs. Il y a en nous ce que nous aimons et détestons chez l’autre. Ce dernier agit comme un miroir, à nous d’avoir les yeux pour voir!

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Pensées et réflexions (philosophiques) du moment!

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Je vous l’ai souvent dit, je me pose et j’aime me poser des questions, c’est ce qui nourrit ma créativité et me permet aussi de m’ouvrir à d’autres façons de voir, de penser, de réfléchir.

En ce moment je me questionne sur la frénésie de partage qu’on trouve un peu partout sur les réseaux, sur ce qu’on dit du monde, son malaise, sans se rendre compte que nous sommes les premiers à l’entretenir. Je m’interroge sur toutes les cases, les normes que nous détestons, sur les raccourcis dont nous essayons de nous éloigner mais qui nous rattrapent, car peut-on réellement être hors du groupe, peut-on réellement tenir debout, seul?

Je m’interroge sur la solitude, trouver sa propre voix au milieu du tumulte, savoir ce qui nous fait vibrer et tenir le cap, ne plus chercher, ne plus courir après quelque chose, ne plus partager à l’excès, ne plus chercher à ce qu’on vienne nous dire que nos pensées sont justes, nos actes sensés. Juste être bien, là, dans le silence du jour qui décline, comme dans la chaos des jours de liesse. Accueillir et laisser passer. S’abandonner à la vie.

Je m’interroge sur les amalgames. Quand je vois des messages passer comparant la France à une dictature, je bouillonne de l’intérieur. Quand je vois les gens pleurnicher sur la restriction de nos libertés et fulminer contre le gouvernement qui ne chercherait au fond qu’à faire de nous de bons petits soldats! Nous oublions alors que beaucoup de peuples sont opprimés à travers le monde, nous oublions leur combat, chaque jour. Nous oublions ceux qui souffrent de cette situation, ceux pour qui cette crise aura été catastrophique, tant économiquement, que psychologiquement, alors que nous, nous avons tout ou presque, rien perdu, rien cédé, assez de temps entre nos mains pour dégueuler nos idées aussi violentes que celles contre lesquelles nous luttons.

Je m’interroge sur le deuil, ce chemin si long, si douloureux, si lumineux, une fois qu’on peut le regarder le cœur en paix. Je pense à la souffrance que nous essayons tous plus ou moins de tenir à distance, à ces coups que l’on prend, ces chemins qui dévient, ces explosions qui nous laissent sur le bord de la route, désorientés, sur les beaux discours qui découpent le deuil en phases, qui vantent les mérites d’un programme miracle. Mais combien investissent une autre relation, une autre histoire, en ayant guéri toutes leurs blessures? Ou plutôt combien se jettent à corps perdu dans quelque chose qui leur évitera de vivre, la plaie à vif? Combien évitent leur propre chagrin?

Je m’interroge sur le besoin de reconnaissance, d’appartenance, sur la liberté de penser et d’être, sur la solitude de penser et d’être (!), sur tout ce que l’on fuit et que l’on retrouve parce que fuir n’est jamais la solution. Je m’interroge sur la marginalité, l’identité, nos valeurs et la manière dont nous les vivons, sur le respect de nous-mêmes, sur notre liberté intérieure, sur ce qui tient et sur ce qui nous tient.

Je m’interroge sur l’évènement, un instant, une seconde parfois, qui change le cours de notre destin, sans que nous sachions pourquoi et qui nous laisse face à l’inconnu, ce champ des possibles, espéré et redouté. Je pense à toutes ces vies contenues dans une, à tous nos rêves, nos déceptions, nos souvenirs, à tous nos espoirs, toutes nos convictions, les rencontres qui ont changé le cours de nos existences, nos peurs trimballées d’années en années, nos bagages, nos engagements, tout ce que nous avons laissé, tout ce que nous avons essayé, tenté, osé. Je pense à tout ce qui nous froisse et nous rend plus forts, à nos fausses espérances et aux bruits des pas dans le noir, à ce qui compose et décompose nos routes, ce qui fait la beauté de cette expérience unique, que nous n’arrivons pas toujours à voir comme un éphémère qui prendra fin un soir.

Que garderons-nous de ce passage éclair? Que laisserons-nous comme empreinte sur cette terre?

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Le chemin des mots

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Comment j’ai pu oublier?

Le chemin des mots. Autre que celui qui se dessine ici, quand j’ai le temps, autre que celui qui crée quelque chose. Juste le chemin de ce qui est là à l’intérieur et qui attend de sortir.

Je dois le dire. J’avais oublié. Je n’écrivais plus que pour partager. Mon carnet était pourtant là, posé, à portée de main. Il ne servait plus que pour quelques moments clés, pleines ou nouvelles lunes, instants posés au coeur d’un déséquilibre constant.

Je tournais en rond autour des mots. Et voilà, je suis revenue à la feuille. J’ai repris le fil de mon regard intérieur. Je dépose chaque matin mes pensées sur le cahier ligné. Ca me fait du bien. Et les idées viennent. Pas des idées qu’il faudrait absolument saisir. Non, juste des idées qui passent et méritent d’être notées. Peut-être que plus tard, une histoire naîtra de ces lignes détricotées, peut-être pas.

Peu importe, j’ai retrouvé quelque chose que j’avais perdu. Parce que ça ne se fait pas ou plus. Parce qu’il y a déjà trop de choses à faire. Parce que la fatigue et le réveil qui sonne la fin d’une nuit trop courte. Parce que j’avais perdu de vue l’essentiel. Dans ma course effrénée à une quelconque reconnaissance de mes mots imprimés sur le papier.

Au lever du jour, désormais, il y a moi, l’encre, la feuille et le plein que ça crée en dedans.

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Une et Multiple

Source Kaboompics

Petite, quel métier voudrais tu faire quand tu seras grande?

La petite fille regarde le ciel, ses nuages qui flottent et lui racontent des histoires
Ou bien c’est elle qui leur raconte ce qu’elle voit quand ses yeux voyagent
Par delà les fenêtres de la classe

Il faut répondre quelque chose, vite
Oui mais quoi?
Tous les autres ont déjà dit
Elle n’est que silence
Quand la question revient, impatiente

Oui il faut trouver quelque chose
Quelque chose qui sonne juste et bien
Pour que les autres ne se moquent pas
Encore une fois

Créatrice, rêveuse, photographe, aventurière de l’imaginaire
Croqueuse de mots, alchimiste, gitane, poète
Danseuse, dessinatrice de l’âme

C’est beau
C’est trop
Tous les autres ont donné 1 métier
Tous les autres avaient 1 idée
Et elle, elle reste là avec un “je ne sais pas”
Sur le bord des lèvres
Au carrefour de tant de rêves

La petit fille a grandit mais toujours avec cette sensation de “trop”
Elle a cherché en vain, 1 idée, 1 vraie qui puisse exclure toutes les autres
Pour enfin être comme tout le monde

Avant de comprendre qu’elle n’était pas comme tout le monde
Et que personne ne l’était vraiment
Que chacun était quelqu’un de différent
Elle a accepté petit à petit qu’elle était
Une et multiple
Et qu’il n’y avait rien à changer
Juste à profiter de la vaste palette de ses passions
D’un jour ou de toujours!