La première fois…

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Est-ce que j’y croyais davantage ? Est-ce que j’avais davantage confiance ? Est-ce que je me sentais plus légitime ?

Le premier recueil, je m’en souviens. Je me souviens des heures à l’écrire et des heures à le peaufiner. J’imaginais déjà comment j’allais le présenter. Et l’enthousiasme de mes lecteurs a rencontré mes espérances les plus folles. En moins d’une semaine les ventes décollaient !

Force est de constater que tout s’est émoussé au fil des années (les meilleurs sont restés!). Je ne jette la pierre à personne, tout le monde a sa vie et se priorités. Je me pose des questions – c’est ce qui me fait avancer. Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans cela ? Je me demande à quel moment j’ai changé de cap ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs, j’ai envoyé mes manuscrits à des maisons d’édition, j’ai reçu des lettres de refus, j’ai reçu des lettres standards et d’autres plus riches qui me disaient que mon style était plat et sans intérêt, que du revu et corrigé, pas assez de profondeur… J’ai revu, relu des textes, je les ai modifiés en espérant qu’ils seraient plus adaptés. Non. Le manque de reconnaissance du travail réalisé, c’est sûrement le plus dur à encaisser. Surtout venant de personnes dont c’est le métier. J’ai rebondis.

Puis je me suis tournée vers le plus simple – a-priori – parce que l’autoédition c’est loin d’être simple. Je me suis lancée dans le grand bain de tous les postulants au « succès ». J’ai lâché les maisons d’édition, incertaine, pour quelque chose d’aussi incertain. J’ai tenté le site auteur et j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné. Pour au final faire marche arrière – on apprend toujours de ses erreurs.

Je n’ai pas l’âme d’une conquérante dans ce domaine. Je ne crois pas assez en moi pour défendre bec et ongle mes livres, mes mots. Je compte sur les autres pour le faire, je vous l’accorde ce n’est pas très mature comme comportement. Je suis incapable d’aller démarcher des librairies, présenter mon travail, essuyer des refus – il y en a toujours. Je suis toute en paradoxe, préférant le vide à l’audace, préférant déposer mes livres sur des bancs, dans des rames de métro plutôt que d’aller défendre mon “talent” auprès de professionnels. Et après j’ai le culot de me plaindre!

C’est vrai je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour partager, pour créer un lien. J’écris pour le plaisir et j’espère être lue – il faut bien l’avouer. J’ai encore de grandes envies, de beaux rêves. J’ai encore des milliers de choses à écrire. Mais je sais que tant que je n’aurai pas confiance, tout ça ne sera que du vent, un souffle fragile au creux d’un matin chagrin…

Ps – Je me pose des questions & Tout va bien

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La valse agitée de mes émotions

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Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

Apprendre à Être

Dire ce qu’il faut dire. Être d’accord.

Sourire.

Ne pas faire de vagues.

Plaire.

Donner surtout. Parce que c’est bien. Ça fait bien.

Se taire aussi.

Ne pas demander non plus. Ce sont les faibles qui demandent.

Encaisser avant tout. Sans se plaindre c’est encore mieux.

Porter un masque. Souvent.

Faire comme si. Faire semblant.

Savoir écouter.

Et puis ne pas faire étalage de sa vie.

Rester à la surface des choses.

Ne pas exposer ses sentiments. 

Garde ses émotions sous cloche.

Être pudique surtout. Même envers et contre tout.

Je dois avouer que tout ça je l’ai fait. J’ai été cette personne lisse ou j’ai essayé de l’être pendant de nombreuses années. Je me suis recroquevillée sur moi-même et j’ai laissé la place aux autres.

La pudeur c’est un truc qui me dépasse aujourd’hui. En fait je trouve que c’est l’excuse par excellence qui nous sépare les uns des autres.

Ça sert à quoi de faire semblant ? Ça sert à quoi de jouer un rôle ? Ça sert à quoi de filtrer ? Ça sert à quoi de se soumettre à une norme, une idée, un style de pensées qui ne nous convient pas / plus ? Ça sert à quoi d’arrondir sans cesse les angles ? Ça sert à quoi de ne pas montrer, de ne pas dire ? Ça sert à quoi de se cacher?

J’ai l’impression que ça sert à s’excuser d’être vivant.

Je n’ai plus envie de me planquer derrière une montagne de non-dits, derrière un masque qui ne sert qu’à faire de moi une personne que je ne suis pas. Je n’ai plus envie d’être cette fille sur qui tout le monde peut déverser son trop plein. Accepter chacun tel qu’il est, tenter de ne pas juger ne fait pas de moi une poubelle géante pour que chacun puisse y jeter son mal être et sa mauvaise humeur.

Plus le temps passe et plus j’ai envie d’être fidèle à qui je suis. Tout au fond de moi. Retrouver mon essence dans le sens même de la vie qui vibre et m’enivre. Qui m’aime me suive!

Tu n’es pas parfait, tu es toi!

Tu n’es pas parfait. D’ailleurs, si tu l’étais ce serait fade. Tu n’aurais pas ce grain de folie qui me fait chavirer.

Tu as tes forces et tes faiblesses, tes failles, tes peurs. Comme moi.

Tu connais des heures de bonheur intense et des chagrins dont il faut faire le deuil.

Tu n’es pas extraordinaire, comme ces super-héros qui fleurissent sur nos écrans. Tu es toi et c’est l’essentiel, sûrement le cadeau le plus précieux que tu puisses te faire. Me faire.

Tu as ton passé et chaque expérience qui a façonné la personne que tu es.

Tu as tes limites sans porter de jugement sur autrui.

Tu as des envies. Qui s’accordent aux miennes et la patience de me laisser les apprivoiser. Et quand elles ne s’accordent pas, tu le respectes.

Tu as des idées, le mérite d’essayer, d’oser tout en étant capable de te raviser si le résultat n’est pas celui escompté.

Tu es plein d’émotions et tu les laisses s’exprimer. C’est toujours touchant de te voir ému. Dans ton sourire, dans un regard, dans ces étreintes qui nous enveloppent. Je le prends comme une chance.

Tu ne t’arrêtes jamais ou rarement. Et pourtant dans ces instants que nous partageons tu apprends à prendre le temps.

Tu donnes sans compter. Mon plaisir est ta priorité, mon corps, un instrument avec lequel tu joues avec brio. Tu me regardes. Vraiment.

Tu fais parfois deux choses en même temps. Ce n’est pas aisé de te suivre!

Tu me lis des heures, mes mots, mes maux, mes doutes, mes peurs. Tu me rassures. Tu me comprends. Tu m’écoutes. Tu m’invites à me confier même quand c’est dur, même quand j’ai mal, même quand ça remue des choses à l’intérieur de moi, que je suis au bord des larmes.

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous sommes d’accord sur le principal. Le reste nous aide à grandir, évoluer, nous construire.

Tu as ma confiance. Et mon amour.

Et tout ce qu’il y a autour.

Dans mon jardin secret…

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Je garde des mots, quelques instants que je grave sur des carnets, des feuilles blanches qui prennent la couleur que je veux bien leur donner. Je garde des souvenirs et des surprises. Je garde des émotions et les secrets des autres. Je garde des sourires et des coups de cœur. Je garde les idées qui fusent et se désagrègent presque aussi vite qu’elles sont nées. Je garde quelques blessures, des peurs inconséquentes. Je garde les premières lignes des histoires à écrire. Je garde des pardons, des titres de romans. Je garde les scénarios de mes cauchemars, les particularités de certains fantasmes. Je garde des envies à préciser. Et des bonheurs qui me réchauffent le cœur.

Je suis la seule à détenir la clé de cet espace personnel. Je l’ouvre au gré de mes envies, de mes affinités. Je lève certains voiles avec certaines personnes. Tout dépend du degré de confiance, de complicité, de ce que l’autre est prêt à écouter, accueillir. Partager ce qui nous touche est aussi un moyen de rentrer en contact avec l’autre et de grandir avec elle/lui. Encore une fois tout dépend de la personne en face, de son investissement dans la relation, de son ouverture d’esprit, de sa capacité d’écoute. Ce qui sera possible avec une personne ne le sera pas avec une autre. En amour comme en amitié, tout est question d’alchimie !

Ce que j’écris et ce que je ne dis pas

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Le commentaire est arrivé dans les indésirables. Et puis, mauvaise manipulation, il est parti dans le man’s land de la poubelle virtuelle (désolé!*). J’ai juste saisi les premières phrases et il ne serait donc pas facile de suivre mes états d’âme…

Peut-être. Je ne me suis pas toujours moi-même! C’est pour dire!

Cela m’a fait penser à mon manuscrit autobiographique et au retour d’une éditrice qui trouvait que je disais les choses à demi-mots et qu’ainsi il n’était pas facile de comprendre mon histoire, mes choix.

Encore une fois, peut-être. Toutefois, c’est ma façon d’écrire et d’être. Certains sauront lire entre les lignes, d’autres pas. Tout ne se dit pas à tous, tout ne s’écrit pas. L’intime se suggère peut-être. Ce n’est pas une question de pudeur. C’est juste ma manière de faire. Vu les retours que j’ai eu sur des billets très personnels, j’en déduis que les gens les ont compris.

Je me suis énormément épanchée ici à une époque. J’en avais besoin. J’ai toujours été soutenue. Est-ce que tous les gens qui me lisaient me comprenaient? Aucune idée. Je choisis de penser que ceux qui ne suivaient pas pouvaient, soit reprendre le fil en lisant mes premiers articles, soit passer leur chemin.

J’écris pour partager avant tout. Si je suis comprise, c’est encore mieux. Mais ce n’est pas le but premier. Parfois j’écris pour me libérer. Le retour des autres peut alors être enrichissant et m’aider à avancer.

Il est clair que je ne dis pas tout. Ce blog n’est pas un journal intime. Mes réflexions je les pose parfois ici, souvent ailleurs.

Pour ce qui est de mes états d’âme, comme je le disais dans un article précédent, ce n’est pas parce que je mène à l’heure actuelle une vie heureuse et épanouie, que je vis comme un petit oiseau sur la branche. Je me suis toujours posée beaucoup de questions, donc rien d’anormal. C’est ce qui me permet chaque jour de grandir, d’évoluer, de me rapprocher de qui je suis. Pour embrasser le monde.

Et vous, vous écrivez comment? Vous dites tout? Ou presque? Ou pas du tout?

Sois heureux et tais-toi! Ou pas!

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J’ai l’impression que quand on est bien dans sa vie, on a qu’un droit c’est de la fermer – Quand on va mal aussi, au bout d’un moment ça saoule les gens…Après tout, c’est vrai, quand on est heureux pourquoi on viendrait faire chier les autres avec notre monde de « bisounours » ! Sauf que le bonheur quand il est là, il ne fait pas non plus de notre quotidien un conte de fées sans faille. Un bonheur, comme une vie, ça se construit. N’en déplaise à certains, on n’a pas juste à claquer dans les doigts pour avoir ce qu’on souhaite.

J’ai passé 25 ans de ma vie à m’inventer une vie autre que celle que j’avais, parce que le bonheur ce n’était pas vendeur. Dans la vie il fallait lutter. Alors j’ai lutté. On peut même dire que souffrir est devenu un moteur. Et puis c’est bien, parce que les évènements se sont parfaitement enclenchés, je n’ai pas eu une minute de répit. Autour de moi, c’était même bien vu d’en baver. Plus c’était compliqué et plus tu pouvais être fier de toi pour t’en être sorti. Avec le recul c’est complètement insensé comme mode de fonctionnement. J’en ai aussi voulu à la terre entière. C’est pratique et déculpabilisant à souhait ! Tu n’es responsable de rien, tu as juste à te laisser porter par le chaos ambiant, à maintenir un tant soit peu la tête hors de l’eau. Et le tour est joué. En plus tu as plein de copains qui en bavent aussi et de gens qui se nourrissent de ton malheur. C’est clairement beaucoup plus vendeur que les bonnes nouvelles !

Alors aujourd’hui, je considère que ma sérénité, ma paix, mon équilibre, je les ai bien gagnés. Pour remonter la pente, j’ai dû prendre sur moi et rebâtir tout ou presque. Ce n’est pas pour autant que je ne suis pas à l’écoute d’autrui et que je ne peux pas comprendre certaines choses. Même si mes « conseils » sont teintés de mon expérience – nous en sommes tous là. Pour avoir moi-même touché le fond de la piscine, je sais l’énergie qu’il faut déployer pour remonter brasse après brasse, sans toujours se sentir ni soutenu ni encouragé. Des tasses j’en ai avalé. Des rechutes j’en ai connu. Qu’est-ce qui m’a fait tenir ?

Peut-être l’idée qu’il faut avancer tout simplement. Ou que mes efforts à terme porteraient leurs fruits. Bien sûr certains me diront que j’avais le meilleur moteur sous les yeux, mon enfant. Encore une chose qui fait que je devrai la boucler – parce que tant n’ont pas cette chance. Je devrai peut-être m’excuser d’exister aussi ! C’est vrai que ça m’a boosté. Ça m’a terrorisé aussi, bien des fois.

Nous avons tous notre lot de soucis, de doutes et de chagrins. Parfois c’est évident et parfois ça ne l’est pas. Nous avons tous notre conception de ce qu’est une vie réussie, équilibrée. Comme nous avons tous une idée du bonheur. Pour certains, il est à portée de main, c’est un état d’esprit, une manière d’être. Pour d’autres c’est une quête sans fin.

Je pourrai reculer, laisser les autres définir ce que je dois dire ou pas, partager ou pas. Sauf que j’ai trop fermé ma gueule par le passé. Personne n’est obligé ni de m’écouter, ni de me lire. Si on trouve que je vais trop loin, je suis capable de l’entendre. Je n’ai pas la science infuse ni le monopole du savoir. Je pense être ouverte à la discussion. J’ai depuis peu intégré qu’on pouvait ne pas être d’accord, sans que cela n’altère les sentiments.

Voilà, moi, je ne me tairai pas. Je continuerai à écrire ici le beau comme le moins beau, car comme je le disais en commentaire sur cet article – l’écriture est ma façon de faire entendre ma voix et celle des autres. C’est trop précieux pour que j’y renonce!

Pourquoi je ne me confie presque plus ?

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J’ai fait le constat récemment que je me confiais très peu à mes proches, mes amies. Est-ce un choix ?

Oui. Par rapport à ma famille. Un choix de protection. Tout en ayant pardonné beaucoup de choses, certains mots sont ancrés en moi à l’encre indélébile. Et je sais aussi que le risque du chaos n’est jamais loin. Maintenant que j’arrive à le tenir à distance, je ne souhaite pas qu’il réintègre mon quotidien.

Par rapport à mes amies, je ne sais pas. L’éloignement peut-être. Un coup de fil tous les six mois ne permet pas de dire ce que l’on a sur le cœur. Ou bien la peur d’être jugée. Oui je sais les amies ne sont pas là pour ça. Mais parfois les mots dépassent la pensée. Ils n’ont pas pour but de faire mal et pourtant leur impact est douloureux. Ça aussi je n’en veux plus.

Je me rends compte que je garde beaucoup pour moi. Cette année a été riche de belles choses et de gros moments de doute aussi. Je ne les ai partagés qu’avec lui. J’ai cette chance aujourd’hui.

Alors j’écris beaucoup. Ici et ailleurs. J’ai tu des choses par peur que les mots des autres ne viennent me chambouler davantage. J’ai préféré écouter ma voix, trouver du confort dans ma bulle. J’ai eu peur du rejet.

Est-ce un manque de confiance ? Peut-être. Avec le temps, j’ai encaissé beaucoup. J’ai gardé mes amitiés intactes le plus souvent, en taisant ce qui agitait mon cœur. Les conseils et avis à l’emporte-pièce, très peu pour moi. Même si l’intention est bonne. Je n’ai pas besoin que mes amies adhèrent à mes choix, ni qu’elles me disent que ce ne sont pas les bons.

Peut-être que c’est moi qui n’ai pas eu assez confiance en moi à un moment donné. Pourtant en amitié je crois me montrer telle que je suis, la plupart du temps. Mais pourrais-je tout dire ? Tout partager ? Je ne sais pas, encore une fois. Je suis partagée.

Je crois que je n’ai plus peur de perdre mes amies. Je me dis que la vie est ainsi faite que certaines personnes restent, d’autres partent. Je ne voudrai juste pas payer les pots cassés.

J’essaie souvent de me mettre à la place des autres. Et si c’est à moi que certains ne souhaitaient pas se confier. Je me rends compte là aussi que peu se confient, peu m’appellent moi aussi quand tout va de travers dans leur vie. Ou bien quand le bonheur inonde leurs jours.

Une remise en question est-elle nécessaire ? Ou bien c’est juste la vie qui est ainsi?

Sur le quai – Être un autre pour plaire ou être soi?

Le quai est pratiquement désert à cette heure. Le train est en gare, il partira dans quelques heures. Certains pourraient se dire : montera-t-elle ou pas ?

J’ai déjà fait mon choix. Je sais.

Une vague de mélancolie m’enveloppe. Je regarde mon corps, je regarde l’intérieur. Je prends conscience de tout ce que j’ai fait, donné, à quel point je me suis travestie pour être regardée, appréciée. Je me souviens à quel point j’ai peur, encore, de lâcher mes couches de protection, laisser un regard fendre l’armure, par crainte de ne plus être aimée.

Qui étais-je avant de devenir une autre ? Qu’est-ce qui me faisait vibrer, trembler ? Qui suis-je quand je ne me dis pas derrière un écran, sur le papier ?

Ce n’est pas que je n’ose pas.

C’est juste que j’ai de l’affection pour cette créature créée de toute pièce pour être acceptée. Je me demande quelle est la part de moi en elle et quelle est la part qui va s’évanouir quand le train va partir.

Le quai est un peu plus rempli. J’ai un pied dans le train, un sur le quai. Les au revoir sont pour bientôt. C’est vital et ça n’en reste pas moins douloureux. D’un côté il y a le connu, le prévisible, l’organisé, le contrôlé et tout ce que je mettrai en œuvre pour ne plus dévier du chemin tracé, quitte à me perdre encore une fois, quitte à rentrer dans un autre moule préfabriqué.

De l’autre, c’est l’équation à X inconnus. Pourtant, c’est là aussi que se trouve ma vérité…

Ces commentaires (qui nous veulent du bien)!

Je tiens un blog – enfin plusieurs blogs – depuis 10 ans, alors des commentaires j’en ai eu. Et sur des sujets variés.

Il y a les commentaires qui font sourire, ceux qui font du bien, ceux qui apaisent, ceux qui interpellent, les bienveillants, ceux remplis d’incompréhension, ceux qui consolent, ceux qui nous font violence, les irrespectueux, ceux qu’on choisit d’évincer, ceux qui nous accompagnent, ceux qui nous chamboulent pas mal.

Et au milieu de tout ça, il y a les commentaires qui nous font grandir. J’ai toujours écrit pour partager. Comme tout un chacun, c’est humain, j’ai cherché un temps la reconnaissance, celle qui faisait défaut à ma vie. Étant donné que j’ai commencé à bloguer au cœur de la tempête, ça n’a rien d’étonnant!

Les commentaires qui m’ont souvent le plus déstabilisé sont ceux qui mettaient le doigt sur quelque chose de douloureux. Sur le coup, j’étais plutôt dans la colère, l’envie de faire mal à mon tour – alors que dans bien des cas, l’intention de la personne derrière le commentaire n’était pas de me faire du mal, juste de partager son avis, son idée sur le sujet – en manquant parfois d’un minimum de tact !

J’ai pris à plusieurs reprises soit le parti de détruire ces commentaires que je jugeais inappropriés – avec le recul je me dis que c’était un peu puéril comme approche, sur le coup on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a – ou bien d’y répondre dans un article. J’ai pris parfois le parti d’en rire. Puis au fil du temps je me suis interrogée. Pourquoi est-ce que tel commentaire me blessait ?

Et c’est à partir de là que j’ai grandi, que j’ai appris sur moi, que je suis allée à l’intérieur pour déconstruire mes schémas, pour faire taire les fantômes. Parfois j’étais d’accord. Parfois je ne l’étais pas. J’ai appris que le désaccord pouvait aussi être source d’enrichissement. Au final ces commentaires furent les plus formateurs, les plus porteurs, les plus libérateurs. Le jour où j’ai intégré qu’ils n’étaient pas un rejet de moi-même, qu’ils ne remettaient pas en cause ma vérité, qu’ils étaient juste une vision différente de la vie, je les ai accueillis avec le cœur prêt à faire le travail sur moi-même nécessaire à toute évolution.

Aujourd’hui encore, certains mots me touchent profondément, au détour d’une conversation, d’un évènement, ils réveillent des blessures. Je m’en rends compte parce que mon corps réagit au quart de tour. Là je sais qu’il y a quelque chose à creuser, quelque chose que je n’arrive pas à dire ou à assumer. Ce fut le cas avec mon dernier article « et un jour devenir maman ».

Dans cette aventure, je ne remercierai jamais assez tous mes lecteurs d’hier et d’aujourd’hui. Ici, je me suis toujours livrée telle que j’étais, sans fard. J’ai écrit des articles légers et d’autres très noirs. Je me suis mise à nue. J’ai essayé tant que faire se peut d’être authentique. J’ai flirté avec le politiquement correct de temps à autres. Je me suis remise en question. J’ai accepté mes failles, mes limites. J’ai appris à dire « non ». J’ai appris à regarder le monde différemment, à l’accepter, à le respecter. En me retirant quand je l’ai jugé nécessaire. Pour mon bien (mouliner dans la purée c’est pas vraiment ma tasse de thé)!

Et vous les commentaires comment les gérez-vous ?  Ils vous aident à vous regarder sous un autre angle ? Ou bien vous vivez mal le désaccord, le “jugement” de certains ?