Ces moments là

Ils arrivent. Puis repartent. Dans le même flottement – un temps que je ne saisis pas, ne maîtrise pas.

Ils s’invitent par surprise les moments de flou et mon équilibre vacille comme la flamme de la bougie malmenée par un souffle.

Ils s’installent. Je regarde le monde tourner et je m’en sens loin. Pas absente. Juste sur une longueur d’ondes distincte. Je laisse faire. Ça passera.

Ils disent quelque chose que je ne comprends pas toujours. Il me faut le recul pour mettre des mots. Ou peut-être que les mots viendront d’eux-même.

Et tout rentrera dans l’ordre. Je retrouverai la confiance, l’assurance que tout est parfait.

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La dernière ombre au tableau

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J’ai souvent parlé – beaucoup moins en ce moment c’est vrai parce que j’en ai assez parlé et que je ne ressens ni l’envie, ni le besoin de le faire davantage – de l’emprise, de ses effets et des cicatrices qu’elle laisse.

On me demande souvent si je changerai quoi que ce soit à ce que j’ai vécu. Clairement, non. J’ai la certitude qu’il me fallait passer par ça pour me trouver. J’ai appris énormément de choses sur moi, sur mes relations aux autres, sur la peur, sur ma capacité de résilience, sur l’importance de me prendre en compte dans mes décisions. Cela a changé mon regard sur la vie aussi.

Bien sûr cela a pris du temps pour que je me reconnecte à mes émotions, sensations, à mon corps. Pour que j’apprenne à m’aimer, à me regarder avec bienveillance, me respecter. Bien sûr ce chemin je ne l’ai pas fait seule de A à Z, j’ai été accueillie, épaulée, écoutée, conseillée, aimée. Et je le suis encore. Toutefois cette victoire reste la mienne!

Enfin, je me s’en suis sortie.  Alors cette ombre au tableau, c’est quoi?

Il faut savoir que quand tu es dans une relation toxique, tout ce que tu dis ou fais est passé au crible de l’appréciation de l’autre. La météo peut changer du tout au tout en un quart de seconde. Te laissant complètement désorienté. Marcher sur des œufs devient ton mode de fonctionnement. Tout ou presque a le pouvoir de te valoir une “punition”. Au quotidien, tu finis par craindre toute interaction, tout changement de programme ou d’humeur. Tu ne vis plus en quelque sorte, tu survis et quand ça craque, tu mendies un pardon, en prenant toute la faute sur tes épaules. Pour avoir la paix, tu es prêt à tout!

Je vous rassure aujourd’hui tout va bien. Je suis pleinement heureuse dans ma vie sentimentale. Le seul “mais” vient de moi et de ma façon d’appréhender les choses. Je crains toujours qu’un mot, une phrase, un acte ne viennent remettre en question les sentiments de l’autre. J’ai moi même conscience que c’est complètement insensé (comme beaucoup de peurs le sont). Je me raisonne mais ce sentiment revient de temps à autre. Je ne lutte pas contre, j’essaie de comprendre pourquoi je n’arrive pas à m’en détacher. Il y a une explication quelque part, je trouverais la clé, elle m’ouvrira les portes de lendemains où il ne restera que le meilleur à vivre…

Ça vous parle? Vivez-vous encore avec des cicatrices qui se rappellent à vous de temps en temps? Comment avez-vous guéri de vos heures noires?

La maternité, ma plus belle claque!

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Je vous passerai les détails de ma grossesse sordide (vous l’avez déjà lu et si vous ne l’avez pas lu, ce n’est pas un problème pour la suite), le retour en France, les tremblements, les larmes, la peur attachée à chaque millimètre de ma peau.

Je me demande souvent si j’ai choisi d’avoir un enfant ou si cela s’est juste imposé à moi. Ça coulait de source je crois. Nous n’en avions pas parlé – pourquoi nous aurions parlé de cela puisque nous ne parlions de rien?

Le jour de l’accouchement, j’ai réellement pris conscience qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible. J’ai pensé aussi que je tenais dans mes bras la vie et la mort et ça m’a fichu un coup. Encore très fragile, mais en sécurité, j’ai doucement pris la mesure de mon nouveau statut de maman. Nos débuts difficiles ont laissé place à des heures plus légères, puis des jours plus doux.

J’ai longtemps gardé beaucoup de colère en moi et elle explosait toujours avec une vivacité qui me laissait désemparée, seule, en larmes, face à mon enfant, que j’aimais pourtant et à qui je voulais donner le meilleur. C’était terrifiant. Je me sentais terriblement coupable.

C’est une des rares personnes qui me met si souvent face à mes limites, qui m’oblige à regarder mes peurs et à les dépasser. Mon fils me renvoie une image pas toujours agréable de moi-même. Si je me regarde dans le miroir, je saisis parfois un reflet bien amoché. Je sens alors qu’il est grand temps de rétablir l’équilibre de notre embarcation. Mon fils m’aide à grandir, à creuser encore et encore pour déterrer le beau et laisser filer le reste. Ce n’est pas une cure de jouvence, il y a des jours où je me sens en dessous de tout. Et puis, comme c’est dans ma nature, je reprends espoir, je me fais confiance pour aller de l’avant, lâcher la culpabilité et donner le meilleur de moi-même pour la suite.

Je ne changerai rien à rien, même si parfois la charge me parait lourde à porter seule, même si parfois je me sens démunie devant mes tentatives avortées, de ne plus crier, de ne plus être agacée pour un rien, même si parfois je me voudrais plus maîtresse de moi-même, plus capable de faire attention à mes besoins aussi.

J’ai longtemps pensé que je devais être irréprochable. Aujourd’hui, j’apprends à accepter mes erreurs, je les partage avec lui, je suis honnête quant à mes manquements et mes peurs. Se dire les choses, je crois que c’est essentiel. Le bon, comme le moins bon. Et puis construire à partir de là. A partir de ce qu’on est et de ce qu’on tend à devenir. Pas à pas.

Quand le bonheur fait peur!

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J’ai bien conscience que bonheur et peur ne sont pas forcément des mots qu’on voit ensemble généralement. Toutefois, je peux vous dire, d’expérience, que parfois le bonheur fait peur. Oui, surtout quand on n’y a pas été habitué, quand on nous a rabâché que le bonheur c’était une illusion ou que si il existait, c’était pour les autres, quand on a grandit avec l’idée que le bonheur ça se mérite!

Je me souviens…

Pendant les premières semaines que la vie m’offrait avec lui, la peur ne m’a pas quittée. Ou alors juste quelques heures volées. Le combat était acharné. J’ai bien faillit dire « stop », tout arrêter. J’ai été tentée des dizaines de fois, peut-être plus. Partir sans se retourner. Et chaque fois, je me disais qu’il serait vain de fuir, que cette chance, il fallait la saisir et laisser le passé derrière. Plus facile à dire qu’à faire.

J’avais l’impression d’être détentrice d’un trésor trop volumineux pour moi. Je ne savais pas quoi en faire, ni comment me placer par rapport à lui. Cette configuration nouvelle pour moi me laissait chancelante, incertaine.

Si le bonheur se méritait, c’est qu’il fallait donner quelque chose en échange. Qu’est-ce que j’avais à donner? A part des doutes, mes démons, des angoisses bien ancrées, un besoin omniprésent d’être rassurée. A part la crainte que le premier souffle du vent d’automne l’emporte loin de moi. Justement parce que mes mains étaient vides et que mes cauchemars étaient denses.

Qui refuse le bonheur quand il se présente ?

Les personnes qui ne se sentent pas à la hauteur, qui pensent qu’on les aime sans les connaître et qu’une fois qu’on les connait on ne les aime plus. Les personnes qui manquent de confiance, qui ne s’aiment pas.

Le bonheur est troublant quand on l’appréhende pour la première fois. Il est tellement loin de tout ce qu’on a connu, tellement loin de ce qu’on a appris. Alors on déconstruit pour reconstruire. On lâche pour avancer. On le regarde en face et on ose un “oui”. Croire au bonheur c’est avoir foi en la vie. Et cela vaut pour toutes les rencontres, pour tous les chemins. Cela vaut pour l’amour comme l’amitié. Le bonheur ne connait qu’une réalité, celle qu’on veut bien lui donner.

Et vous le bonheur? Inné ou acquis? En avez-vous eu peur un jour? Pensez-vous que c’est une fantaisie, un droit?

Le rêve du silence

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Bip. Bip. Bip. Ce n’est pas le réveil, juste une énième notification sur ton téléphone. Une fois, deux fois, dix fois, cinquante fois dans la journée, le Bip Bip Bip résonne.Tu as reçu un message. XYZ a aimé ton commentaire. XYZ a répondu à ton commentaire. AZE a partagé ta publication. Tu as quatre messages non-lus sur Facebook. Deux personnes te demandent comme amis. Rejoins le groupe de ZER pour partager tes bonheurs de la semaine…

OTY a publié une photo. OTY a publié une photo. OTY a publié une photo…

Les mails se suivent et se ressemblent. Newsletter mensuelle, hebdomadaire, quotidienne. Chacune son créneau horaire. Chacune son message, chacune son offre. Des inconnus qui tout au long de la journée te disent “je peux changer ta vie” – “sois fière de toi, tu es belle” – “tu as toi aussi essayé le flux instinctif, dis-moi tout” – “l’offre que je te propose est révolutionnaire” – “je peux t’aider à devenir une femme épanouie” – “la couleur de ta semaine est…” – “j’ai développé le programme fait pour toi” – “tu n’as rien à faire, juste à être” – “la peur est en toi, il est temps de la regarder en face” – “tu peux gagner beaucoup d’argent, il suffit de le vouloir” – “retrouve confiance en quinze jours” – “si j’ai réussi, tu peux y arriver, dis-moi tout…”

Les minutes sont devenues des heures et les heures ont filé. Sans moi. J’étais là sans être là. Pas dans l’instant en tous cas. J’étais entre la newsletter qui me proposait un programme révolutionnaire pour entrer en contact avec mes guides spirituels et une story Instagram qui me parlait féminisme et beauté de la nature – maintenant il ne suffisait plus de la vivre, il fallait la partager avec la terre entière pour qu’elle existe. J’étais dans un fil quasi ininterrompu d’informations qui ne me parlaient pas mais que je faisais défiler par habitude. J’étais dans le 25e message envoyé sur le groupe Whats’app des parents de l’école qui dissertaient sur la tenue appropriée pour le prochain cours de tennis. J’errais entre le partage de l’une, de l’autre, entre un “peut-être” et un “peut-être pas”, entre “tiens j’achèterais bien ce bouquin” et “ou pourquoi pas cette huile de massage”. J’écoutais des étrangers parler de leur routine beauté et de leurs fringues achetées en vide-grenier. J’étais dans l’apparence, dans l’appartenance à un truc vide de sens pour moi. Certainement pas dans le plaisir du soleil sur mon visage, pas dans le souvenir de la douceur de sa peau.

Beaucoup de bruit. Trop de bruit. Trop de bip. Trop d’informations. Trop de propositions. Le vacarme, le chaos et la perte d’équilibre.

Trop.

D’un coup j’avais besoin de silence, de me reconnecter à moi, de revenir à l’intérieur, de lâcher toutes ces newsletters qui au lieu de m’apporter un peu de bien-être me filaient le tournis. De partir loin des notifications, de cette pression de chaque instant. Que je m’imposais en tant que spectatrice, en tant qu’actrice. Quelle était devenue la valeur de mon partage? Qu’est-ce que je cherchais, qu’est-ce que je fuyais dans cette course à la “proposition qui va changer votre vie”?

Trop de bruit. Stop. J’arrête tout. J’arrête cette machine infernale, cette recherche de likes à tout va, ces chiffres qui ne veulent rien dire. Je mets le frein à main avant que le bruit ne devienne trop assourdissant, avant que je m’y habitue surtout, avant que je ne me rende plus compte de rien.

Le silence. Oui le silence. L’apaisement. Le calme. Les rayons du soleil. La caresse du vent. Les rires des enfants. La vie, sans téléphone. Penser à lui. Penser à toutes ces histoires qui n’attendent que moi pour voir le jour. Photographier le monde, juste pour le plaisir de ce temps là. Le regarder vivre. Être là, dans chaque instant. Et savourer le silence. Surtout savourer le silence. Vivre.

 

La puissance d’un regard

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On dit souvent de l’autre qu’il est notre meilleur miroir! Et oui, l’autre nous renvoie à nous même. Et si tout commence par soi, l’autre est aussi un accompagnant, un guide sur notre chemin.

On dit souvent que les défauts de l’autre nous renvoient à nos propres limitations. Et n’est-ce pas la meilleure façon de savoir quel(s) point(s) nous devons travailler, pour évoluer?

L’autre, qui nous fait face, peut en effet nous mettre face à nos faiblesses. Toutefois n’oublions pas qu’il peut aussi révéler nos forces. Dans un monde où nous sommes davantage tentés de regarder ce qu’il faut changer en nous, apprenons aussi à voir ce qui est beau à l’intérieur. Misons sur les personnes qui nous valorisent, dont l’énergie communicative nous porte haut.

Il n’y aura sûrement jamais de plus beau cadeau que ce qu’il m’offre au quotidien. Moi qui ai tant été blessée par l’amour, je découvre ce qu’un simple regard peut bouleverser et faire émerger. Je découvre la puissance de la confiance, de la communication, de l’échange. Sa proximité me donne le courage de faire face à mes démons, mes peurs. A aucun moment je ne me sens jugée. Je sais que je peux être moi, avec mes différentes facettes, mes hauts et mes bas. Ce que je vois dans le miroir, c’est une femme belle et forte, une femme qui se réveille d’un long sommeil, qui ose, qui a envie, oui une femme pleine d’envies.

Je vous souhaite de rencontrer ce regard une fois dans votre vie, ce regard qui viendra bousculer vos habitudes, qui vous donnera de croire en vous, un peu plus fort chaque jour, ce regard comme un miroir qui vous renvoie une image pure de qui vous êtes, l’image de la personne que vous avez délaissé un peu trop longtemps ou de celle que vous n’arrivez pas à assumer d’être.

Et vous, quel regard a bouleversé votre vie dans un sens positif?
Vous souhaitez vous reconnecter à votre féminité, vos désirs, à votre corps, vos sensations, découvrez mon dernier recueil l’appel des sens.

Entre elle et moi

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Nous nous livrons depuis des années un combat sans merci. Au fil des jours et des nuits. Au gré des songes et des cauchemars.

Il y a celle qui dit :

Vibre, aime, rayonne, donne, offre, rêve, ai confiance, prend ton envol, vole

Et celle qui dit :

Rentre dans les cases, ne fais pas de vague, reste discrète, sois polie, sois sage, ne rêve pas trop

Il y a celle qui dit :

Fais des erreurs, tombe, pleure, relève-toi, prends les chemins de traverse, apprends, tente, essaye, défie la peur

Et celle qui dit :

Reste en terrain connu, ne dévie pas trop du chemin tracé, laisse les autres oser

Il y a celle qui dit :

Sois toi-même

Et celle qui dit :

Sois comme les autres

Il y a peut-être celle des idées des autres pour / sur elle et celle qui sait, à l’écoute de ce qui vit en elle. Il y a sûrement celle qui parait et celle qui est.

Il y a surtout un fossé qui grandit entre les deux au fil des jours. Et doucement une qui prend sa place, remerciant l’autre d’avoir été là, le temps de construire, le temps d’apprendre sa valeur, le temps de se révéler.

Le combat est un corps à corps intense, un combat d’idées et de pensées, de cicatrices à panser, de blessures à dépasser. Une histoire qui s’écrit pour gagner en vérité…

Un réveillon en solo!

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Après dix jours bien loin d’ici, je reviens doucement.

En cette dernière journée de l’année 2018, je voulais vous parler réveillon.

Depuis quelques années (ça n’a pas toujours été le cas), je choisis de passer le réveillon seule. Loin d’être une punition, c’est un moment sacré et utile pour moi, un temps pour faire une pause, pour revivre les moments clés de l’année passée et ouvrir les bras à celle qui arrive. Beaucoup diront que le passage du 31.12 au 01.01 est plus symbolique qu’autre chose, on peut faire des bilans à tout instant, le 19 juillet à 14h33 par exemple !

Tout d’abord le symbolique ça me parle, donc autant en profiter. Et puis, ce moment particulier je le choisis. Je ne clame pas haut et fort mon envie, mais je l’affirme, je m’affirme. Ce n’est en aucun cas un choix « contre » quiconque mais bien un choix « pour » moi. J’ai l’impression que mes proches commencent à s’y faire, qu’ils ne voient plus cette idée comme un rejet.

Dans mon quotidien, la solitude est une denrée rare. Et pourtant la solitude j’en ai besoin, pour me ressourcer, pour reprendre des forces, pour faire le plein de ce qui me permettra ensuite d’être pleinement avec les autres, aux autres.

Ce soir n’échappera pas à la règle. Cette année je m’offre une séance de réflexologie avant une soirée d’introspection, de lâcher prise, d’accueil, de méditation, de temps pour moi. Ce soir je n’attendrais pas minuit pour souhaiter la bonne année à ceux qui me sont chers, il y aura la journée de demain pour le faire. J’aurais le temps, je le prendrais. Je choisirais là encore de passer deux heures – voir plus – à écrire mes cartes de nouvelle année, avec des mots choisis précisément pour chacun, au lieu de répondre à un SMS global, que je trouverais, comme chaque année, dépourvu d’âme !

Chacun sa perception d’une fin et d’un début.

Pour ma part, je préfère le calme et le silence à un réveillon en fanfare. Toutefois je comprends parfaitement qu’on ait envie de faire la fête (je ne suis jamais contre une bonne soirée joyeuse et conviviale – sauf le 31 !). Comme je le dis souvent, du moment qu’on est en accord avec ses choix, c’est tout ce qui compte.

Et chez vous le réveillon ressemblera à quoi ? Différent des autres années ? Une envie particulière ? Comment vivez-vous ce moment de l’année ?

2018 ou l’année de l’audace!

La semaine prochaine sera la dernière semaine de l’année 2018. Et donc une semaine de vacances et de déconnexion  – de temps en temps cela fait du bien !

Donc il est grand temps, non de faire un bilan, mais de faire un point quant au mot de l’année. Si vous vous souvenez, si vous ne vous souvenez pas, c’est ICI, le mot choisi pour 2018 était OSER.

Je ne savais pas vraiment à quoi je m’engageais avec ce mot. Comme tous ceux que je choisis (ou bien ce sont eux qui me choisissent), ils arrivent souvent en fin d’année, comme par magie.

En 2018 j’ai osé plein de choses, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, tant dans mes passions que dans mes actions.

J’ai osé dire, poser mes sentiments. Ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Et quand je n’ai pas pu les dire ouvertement, je les ai écrits.

J’ai osé dire OUI au bonheur, ne plus le voir comme quelque chose de trop grand pour moi, ne plus penser que je ne le méritais pas.

J’ai osé dépasser mes idées reçues, les clichés que je tenais pour acquis. J’ai levé un des  voiles qui me tenait éloignée de ma vraie nature.

J’ai osé m’affirmer, en tant que femme, en tant  que « fille de… »

J’ai osé me lancer dans l’écriture érotique et comme le disait une amie dans un mail, même si le public n’est pas au rendez-vous, tu te fais plaisir, tu découvres, tu grandis ! Il n’y a que ça de vrai.

J’ai osé la sensualité, la gourmandise, l’intimité et une sexualité épanouie.

J’ai osé partager mes doutes, mes moments de faiblesse, mes peurs, dire ce que j’avais sur le cœur. En choisissant à qui me confier. Ça a changé beaucoup de choses.

J’ai osé la confiance. En l’autre. En mon fils. En moi, c’est en cours…

J’ai osé créer, tester des formations.

J’ai osé partager mes barrières, mes freins, mes pensées limitantes.

J’ai osé me lancer dans un coaching professionnel.

J’ai osé poser mes limites, dire « non », faire entendre ce « non ».

J’ai osé aimer. Aimer avec toute la passion qui m’anime.

En 2018 je me suis rapprochée de moi-même, me suis libérée de certaines chaines, j’ai fais face à mes démons. J’ai osé prendre ma place, un peu plus. En cette fin d’année, je me sens davantage en phase avec la personne que je suis. Et ce qui me paraissait inconcevable l’année dernière est presque devenu naturel aujourd’hui !

Dites-moi – à quoi ressemble t-elle votre année 2018 ?

Reconnaissance – Appartenance et Écriture – Où j’en suis?

J’ai souvent écrit sur la reconnaissance ici – sur le besoin d’être vu et reconnu pour ce que l’on fait – est. Nous en sommes tous plus ou moins loin sur ce chemin.

Reconnaissance
Appartenance

Appartenir à un groupe, une forme de pensée, un acte de résistance, une entité, un projet. Faire corps avec une idée partagée. M’ouvrir à l’autre et me sentir tenue par lui. J’aimerai avancer en cordée, me sentir accompagnée, par d’autres âmes que des anges et des morts, dont tous ignorent la présence. Solitaire, je me sens parfois en décalage, perdue face à la tâche qui m’incombe. Le chemin me semble raide et mal entretenu.
Je me perds à vouloir être une autre.

Il n’est jamais aisé de savoir ce que nous valons, de déclarer haut et fort nos compétences, nos chances. Pourtant je sais qu’écrire est en moi comme une respiration profonde, mon essence, un état d’être, un état d’esprit, le cœur de mon moi profond.

J’écris au petit matin quand le monde entier dort, que le bleu nuit s’estompe. Alors mes pensées m’entrainent dans un voyage aérien. J’écris le soir, quand le silence règne dans la maison, quand le bleu de la nuit vire au noir, que seules les lumières derrière les fenêtres permettent de distinguer le cœur du monde qui bat. J’écris les mots doux d’enfant, les rires, le loufoque, les aléas, la passion, la fièvre, la sensualité, le chagrin et le sang, la souffrance et l’errance, la mort et la naissance, l’angoisse et l’enchantement. Les émotions. Les sensations. Les sentiments. Les injonctions. La fuite et les contretemps, les secrets enfouis et les non-dits. Les dentelles, la soie, les alcôves du plaisir. L’enfance et sa tendresse, les bulles et les paillettes. On ne qualifie pas mon style. Je ne lui donne pas de définition, ni de limites. Il ne rentre dans aucune case. Il n’y a pas de fil conducteur. Je n’écris pas des histoires. Je pose juste des mots.

Je suis tantôt poète, tantôt fragile, comme la petite fille au fond de la classe, silencieuse, qui regarde, attentive, ne bronche pas, emmagasine des tonnes d’informations, certaines sortiront du lot, le reste s’en ira, la vie est bien faite pour cela.

Je suis tantôt poète, tantôt rebelle, comme la femme fière qui se dresse, le corps droit, la tête haute, prête pour la lutte, quoi qu’il lui en coûte.

Je suis tantôt écrivain de l’âme, tantôt du corps. Je dessine le cœur et je brode autour. Je suis l’amoureuse transie et la femme fatale. Je suis la nomade et la sorcière. Je suis la femme mutante et le Phoenix triomphant. Je suis tantôt guerrière et tantôt ange. Mes mots s’imprègnent de mes vies. Je suis un curieux mélange. Quand j’écris, je suis. Pleinement à moi. Pleinement aux autres. Pleinement à l’amour.

Je sais les mots mais je ne sais pas me montrer. Je sais écrire mais je ne sais pas m’affirmer. Je sais m’exprimer mais je ne sais pas parler de moi. Je suis terrorisée à l’idée d’être sur le devant de la scène, exposée, vulnérable, nue. Alors mes mots me paraissent vains, mes idées incertaines. Quand je tente, quand je sors de ma zone de confort, parce que ce sont les échanges aussi qui me nourrissent, j’ai l’impression de me travestir, de ne plus être fidèle à ce en quoi je crois. Alors je donne, je laisse ici et là des traces de moi, sur des bancs, dans des jardins, le hall des immeubles, une salle de cinéma. Je suis en libre-service un peu partout où me portent mes pas.

Il a fallu faire face à de nombreuses voies sans issue ces derniers temps. Je dois avouer que l’échec cuisant suite à la sortie de mon dernier livre m’a pas mal affectée. C’est comme tout il faut digérer et rebondir. Rien de bien sorcier. Toutefois c’est important de le souligner. J’aimerai me poser moins de questions, attendre moins de reconnaissance, pouvoir me satisfaire de ce que j’ai, pouvoir m’apprécier telle que je suis, sans cette recherche d’approbation dans le regard de l’autre. Qui au fond me fait perdre mes repères et m’éloigne de ma vérité.

Et vous, la reconnaissance, le sentiment d’appartenance, c’est quelque chose qui vous parle? Comment?