Entre elle et moi

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Nous nous livrons depuis des années un combat sans merci. Au fil des jours et des nuits. Au gré des songes et des cauchemars.

Il y a celle qui dit :

Vibre, aime, rayonne, donne, offre, rêve, ai confiance, prend ton envol, vole

Et celle qui dit :

Rentre dans les cases, ne fais pas de vague, reste discrète, sois polie, sois sage, ne rêve pas trop

Il y a celle qui dit :

Fais des erreurs, tombe, pleure, relève-toi, prends les chemins de traverse, apprends, tente, essaye, défie la peur

Et celle qui dit :

Reste en terrain connu, ne dévie pas trop du chemin tracé, laisse les autres oser

Il y a celle qui dit :

Sois toi-même

Et celle qui dit :

Sois comme les autres

Il y a peut-être celle des idées des autres pour / sur elle et celle qui sait, à l’écoute de ce qui vit en elle. Il y a sûrement celle qui parait et celle qui est.

Il y a surtout un fossé qui grandit entre les deux au fil des jours. Et doucement une qui prend sa place, remerciant l’autre d’avoir été là, le temps de construire, le temps d’apprendre sa valeur, le temps de se révéler.

Le combat est un corps à corps intense, un combat d’idées et de pensées, de cicatrices à panser, de blessures à dépasser. Une histoire qui s’écrit pour gagner en vérité…

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Un réveillon en solo!

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Après dix jours bien loin d’ici, je reviens doucement.

En cette dernière journée de l’année 2018, je voulais vous parler réveillon.

Depuis quelques années (ça n’a pas toujours été le cas), je choisis de passer le réveillon seule. Loin d’être une punition, c’est un moment sacré et utile pour moi, un temps pour faire une pause, pour revivre les moments clés de l’année passée et ouvrir les bras à celle qui arrive. Beaucoup diront que le passage du 31.12 au 01.01 est plus symbolique qu’autre chose, on peut faire des bilans à tout instant, le 19 juillet à 14h33 par exemple !

Tout d’abord le symbolique ça me parle, donc autant en profiter. Et puis, ce moment particulier je le choisis. Je ne clame pas haut et fort mon envie, mais je l’affirme, je m’affirme. Ce n’est en aucun cas un choix « contre » quiconque mais bien un choix « pour » moi. J’ai l’impression que mes proches commencent à s’y faire, qu’ils ne voient plus cette idée comme un rejet.

Dans mon quotidien, la solitude est une denrée rare. Et pourtant la solitude j’en ai besoin, pour me ressourcer, pour reprendre des forces, pour faire le plein de ce qui me permettra ensuite d’être pleinement avec les autres, aux autres.

Ce soir n’échappera pas à la règle. Cette année je m’offre une séance de réflexologie avant une soirée d’introspection, de lâcher prise, d’accueil, de méditation, de temps pour moi. Ce soir je n’attendrais pas minuit pour souhaiter la bonne année à ceux qui me sont chers, il y aura la journée de demain pour le faire. J’aurais le temps, je le prendrais. Je choisirais là encore de passer deux heures – voir plus – à écrire mes cartes de nouvelle année, avec des mots choisis précisément pour chacun, au lieu de répondre à un SMS global, que je trouverais, comme chaque année, dépourvu d’âme !

Chacun sa perception d’une fin et d’un début.

Pour ma part, je préfère le calme et le silence à un réveillon en fanfare. Toutefois je comprends parfaitement qu’on ait envie de faire la fête (je ne suis jamais contre une bonne soirée joyeuse et conviviale – sauf le 31 !). Comme je le dis souvent, du moment qu’on est en accord avec ses choix, c’est tout ce qui compte.

Et chez vous le réveillon ressemblera à quoi ? Différent des autres années ? Une envie particulière ? Comment vivez-vous ce moment de l’année ?

2018 ou l’année de l’audace!

La semaine prochaine sera la dernière semaine de l’année 2018. Et donc une semaine de vacances et de déconnexion  – de temps en temps cela fait du bien !

Donc il est grand temps, non de faire un bilan, mais de faire un point quant au mot de l’année. Si vous vous souvenez, si vous ne vous souvenez pas, c’est ICI, le mot choisi pour 2018 était OSER.

Je ne savais pas vraiment à quoi je m’engageais avec ce mot. Comme tous ceux que je choisis (ou bien ce sont eux qui me choisissent), ils arrivent souvent en fin d’année, comme par magie.

En 2018 j’ai osé plein de choses, tant dans ma vie personnelle que professionnelle, tant dans mes passions que dans mes actions.

J’ai osé dire, poser mes sentiments. Ce n’était pas une partie gagnée d’avance. Et quand je n’ai pas pu les dire ouvertement, je les ai écrits.

J’ai osé dire OUI au bonheur, ne plus le voir comme quelque chose de trop grand pour moi, ne plus penser que je ne le méritais pas.

J’ai osé dépasser mes idées reçues, les clichés que je tenais pour acquis. J’ai levé un des  voiles qui me tenait éloignée de ma vraie nature.

J’ai osé m’affirmer, en tant que femme, en tant  que « fille de… »

J’ai osé me lancer dans l’écriture érotique et comme le disait une amie dans un mail, même si le public n’est pas au rendez-vous, tu te fais plaisir, tu découvres, tu grandis ! Il n’y a que ça de vrai.

J’ai osé la sensualité, la gourmandise, l’intimité et une sexualité épanouie.

J’ai osé partager mes doutes, mes moments de faiblesse, mes peurs, dire ce que j’avais sur le cœur. En choisissant à qui me confier. Ça a changé beaucoup de choses.

J’ai osé la confiance. En l’autre. En mon fils. En moi, c’est en cours…

J’ai osé créer, tester des formations.

J’ai osé partager mes barrières, mes freins, mes pensées limitantes.

J’ai osé me lancer dans un coaching professionnel.

J’ai osé poser mes limites, dire « non », faire entendre ce « non ».

J’ai osé aimer. Aimer avec toute la passion qui m’anime.

En 2018 je me suis rapprochée de moi-même, me suis libérée de certaines chaines, j’ai fais face à mes démons. J’ai osé prendre ma place, un peu plus. En cette fin d’année, je me sens davantage en phase avec la personne que je suis. Et ce qui me paraissait inconcevable l’année dernière est presque devenu naturel aujourd’hui !

Dites-moi – à quoi ressemble t-elle votre année 2018 ?

Reconnaissance – Appartenance et Écriture – Où j’en suis?

J’ai souvent écrit sur la reconnaissance ici – sur le besoin d’être vu et reconnu pour ce que l’on fait – est. Nous en sommes tous plus ou moins loin sur ce chemin.

Reconnaissance
Appartenance

Appartenir à un groupe, une forme de pensée, un acte de résistance, une entité, un projet. Faire corps avec une idée partagée. M’ouvrir à l’autre et me sentir tenue par lui. J’aimerai avancer en cordée, me sentir accompagnée, par d’autres âmes que des anges et des morts, dont tous ignorent la présence. Solitaire, je me sens parfois en décalage, perdue face à la tâche qui m’incombe. Le chemin me semble raide et mal entretenu.
Je me perds à vouloir être une autre.

Il n’est jamais aisé de savoir ce que nous valons, de déclarer haut et fort nos compétences, nos chances. Pourtant je sais qu’écrire est en moi comme une respiration profonde, mon essence, un état d’être, un état d’esprit, le cœur de mon moi profond.

J’écris au petit matin quand le monde entier dort, que le bleu nuit s’estompe. Alors mes pensées m’entrainent dans un voyage aérien. J’écris le soir, quand le silence règne dans la maison, quand le bleu de la nuit vire au noir, que seules les lumières derrière les fenêtres permettent de distinguer le cœur du monde qui bat. J’écris les mots doux d’enfant, les rires, le loufoque, les aléas, la passion, la fièvre, la sensualité, le chagrin et le sang, la souffrance et l’errance, la mort et la naissance, l’angoisse et l’enchantement. Les émotions. Les sensations. Les sentiments. Les injonctions. La fuite et les contretemps, les secrets enfouis et les non-dits. Les dentelles, la soie, les alcôves du plaisir. L’enfance et sa tendresse, les bulles et les paillettes. On ne qualifie pas mon style. Je ne lui donne pas de définition, ni de limites. Il ne rentre dans aucune case. Il n’y a pas de fil conducteur. Je n’écris pas des histoires. Je pose juste des mots.

Je suis tantôt poète, tantôt fragile, comme la petite fille au fond de la classe, silencieuse, qui regarde, attentive, ne bronche pas, emmagasine des tonnes d’informations, certaines sortiront du lot, le reste s’en ira, la vie est bien faite pour cela.

Je suis tantôt poète, tantôt rebelle, comme la femme fière qui se dresse, le corps droit, la tête haute, prête pour la lutte, quoi qu’il lui en coûte.

Je suis tantôt écrivain de l’âme, tantôt du corps. Je dessine le cœur et je brode autour. Je suis l’amoureuse transie et la femme fatale. Je suis la nomade et la sorcière. Je suis la femme mutante et le Phoenix triomphant. Je suis tantôt guerrière et tantôt ange. Mes mots s’imprègnent de mes vies. Je suis un curieux mélange. Quand j’écris, je suis. Pleinement à moi. Pleinement aux autres. Pleinement à l’amour.

Je sais les mots mais je ne sais pas me montrer. Je sais écrire mais je ne sais pas m’affirmer. Je sais m’exprimer mais je ne sais pas parler de moi. Je suis terrorisée à l’idée d’être sur le devant de la scène, exposée, vulnérable, nue. Alors mes mots me paraissent vains, mes idées incertaines. Quand je tente, quand je sors de ma zone de confort, parce que ce sont les échanges aussi qui me nourrissent, j’ai l’impression de me travestir, de ne plus être fidèle à ce en quoi je crois. Alors je donne, je laisse ici et là des traces de moi, sur des bancs, dans des jardins, le hall des immeubles, une salle de cinéma. Je suis en libre-service un peu partout où me portent mes pas.

Il a fallu faire face à de nombreuses voies sans issue ces derniers temps. Je dois avouer que l’échec cuisant suite à la sortie de mon dernier livre m’a pas mal affectée. C’est comme tout il faut digérer et rebondir. Rien de bien sorcier. Toutefois c’est important de le souligner. J’aimerai me poser moins de questions, attendre moins de reconnaissance, pouvoir me satisfaire de ce que j’ai, pouvoir m’apprécier telle que je suis, sans cette recherche d’approbation dans le regard de l’autre. Qui au fond me fait perdre mes repères et m’éloigne de ma vérité.

Et vous, la reconnaissance, le sentiment d’appartenance, c’est quelque chose qui vous parle? Comment?

A fleur de peau (ou chronique d’une sensibilité exacerbée)

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Sensible.

Le mot qui me résume parfaitement. A l’époque on ne parlait pas encore d’hypersensibilité et puis même, je ne me suis pas toujours reconnue dans la définition. Elle évolue elle aussi bien entendu.

Pour me décrire, on utilisait plutôt “sensibilité exacerbée” et j’ai grandi en pensant que ce trait de caractère était un défaut qu’il fallait à tout prix gommer de la carte de mon ciel.

Trop.

Trop sensible. Trop empathique. A fleur de peau, je le suis depuis le premier pas posé dans le monde. Pour me protéger, je me suis longtemps effacée. Le monde ne voulait pas d’une petite fille qui parle seule, qui voit des anges et qui ressent tout.

Trop.

Elle dit quoi ma sensibilité?

Elle dit voir au delà du visible, à l’intérieur des êtres. Elle dit le trop plein, dans le chagrin comme dans la joie. Je prends tout de plein fouet, le bon comme le mauvais. Je connais l’extase et les ténèbres. Je peux passer du rire aux larmes en un temps record!

A force d’essayer de l’enrayer et de ne pas y arriver, j’ai pris le parti de la laisser être. Non sans difficultés. L’écriture m’a offert ce sas de liberté pour qu’elle s’exprime. Parfois encore elle me fait toucher le fond, sans raison. Juste un mot, un souvenir, juste un regard, une histoire. Et je flanche d’un coup. Je sens tout. Je sens la douleur à l’intérieur. A une fréquence souvent incohérente avec ce que je vis. Je peux donc être profondément heureuse et éprouver de la peine, du chagrin, de la colère! Ma sensibilité m’offre aussi les meilleurs moments de ma vie. Le bonheur est un feu d’artifice de sensations. Mon cœur déborde d’amour. Et là même les mots se défilent. Il n’y a rien à dire.

J’ai par moments une confiance inébranlable en moi, en la vie. Et par moments je me sentirai prête à partir, à déserter la vie. C’est insensé et terrifiant. C’est chaotique et fragile. Je suis fragile. Et cette fragilité est aussi une porte ouverte sur quelque chose de plus grand, quelque chose qui me dépasse et que je touche du doigt quand enfin je prends le temps de laisser ma sensibilité être, sans la qualifier, sans la quantifier, sans la juger.

Je suis sensible aux bruits trop forts, aux cris, à la foule, aux images violentes. Je suis sensible aux odeurs, aux descriptions médicales un peu trop détaillées. Je suis sensible au toucher. Juste un frôlement peut me faire chavirer. Je suis sensible à ce que je vois, la beauté comme la noirceur. Je suis sensible aux matières que je porte. Je suis sensible aux saisons, aux solstices, aux cycles de la lune, aux mouvements de planètes, aux dates anniversaires. Je suis émerveillée comme terrassée par un rien. Je me pose des tonnes de questions sur l’être, le devenir, la  vie des âmes, la mort.

Face au vécu d’un moment intense, il me faudra du temps pour me poser, pour l’intégrer, pour en parler peut-être (comment l’autre peut-il le savoir, ça c’est une autre question  car ce qui sera ordinaire pour quelqu’un  pourra être extraordinaire pour moi). Ou alors il faudra un papier et des mots pour en venir à bout. Ma vie ne sera plus la même après cela.

Je ne dirai pas que c’est quelque chose de facile à vivre au quotidien. Pendant longtemps j’ai porté le poids du monde sur mes épaules, j’ai tout fait pour rendre les gens heureux, au détriment de mon propre bonheur. Sur cet aspect là, j’ai énormément travaillé pour mener une vie plus équilibrée. J’ai pleinement conscience qu’il peut être difficile de vivre avec moi, de me comprendre. Pourtant aujourd’hui j’accueille ma sensibilité comme une chance. Elle fait de moi la femme que je suis, en connexion avec le monde. Même si j’ai souvent l’impression d’avancer dans la vie, comme sur un fil tendu au dessus du vide.

Et vous sensibles, hypersensibles, comment le vivez-vous au quotidien? Si vous avez des sensibles, hypersensibles dans votre entourage, comment vivez-vous avec eux?

 

 

 

 

Chaque matin de lui

Copyright Marie Kléber

Chaque matin, au réveil, je le regarde, se réveiller.

Comme un cadeau. Un cadeau que je redécouvre chaque matin. Un peu différent de la veille.

Je pose mes yeux sur lui. Je prends ce temps, avant que tout ne tourne trop vite.

Un jour de plus. Voilà ce qu’il gagne.

Et chaque jour compte à le regarder grandir.

Être au monde. Petit être que je tenais il y a six ans à peine contre mon cœur cabossé.

Ses mimiques et la façon dont il a de dire « je comprends rien » avec le sourire.

Ses chansons phares, ses rythmes fous.

Ses prises de position. Bien senties.

Même si parfois je sors de mes gonds, je n’arrive pas à gérer mes frustrations, même si parfois je perds le contrôle, si j’aimerai qu’il soit plus ci ou ça, comme ci ou comme ça, parce que ce serait plus simple…

J’admire cette capacité qu’il a à s’affirmer.

Et je ne peux que lui souhaiter de ne jamais être, juste pour me faire plaisir.

De suivre sa voie, celle qui le fera vibrer, celle qu’il aura choisie.

Je ne suis là que pour l’accompagner, le guider.

Je suis ses racines, jusqu’à ce qu’il ai des ailes pour s’envoler.

La première fois…

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Est-ce que j’y croyais davantage ? Est-ce que j’avais davantage confiance ? Est-ce que je me sentais plus légitime ?

Le premier recueil, je m’en souviens. Je me souviens des heures à l’écrire et des heures à le peaufiner. J’imaginais déjà comment j’allais le présenter. Et l’enthousiasme de mes lecteurs a rencontré mes espérances les plus folles. En moins d’une semaine les ventes décollaient !

Force est de constater que tout s’est émoussé au fil des années (les meilleurs sont restés!). Je ne jette la pierre à personne, tout le monde a sa vie et se priorités. Je me pose des questions – c’est ce qui me fait avancer. Je me demande quelle est ma part de responsabilité dans cela ? Je me demande à quel moment j’ai changé de cap ?

Je suis comme beaucoup d’auteurs, j’ai envoyé mes manuscrits à des maisons d’édition, j’ai reçu des lettres de refus, j’ai reçu des lettres standards et d’autres plus riches qui me disaient que mon style était plat et sans intérêt, que du revu et corrigé, pas assez de profondeur… J’ai revu, relu des textes, je les ai modifiés en espérant qu’ils seraient plus adaptés. Non. Le manque de reconnaissance du travail réalisé, c’est sûrement le plus dur à encaisser. Surtout venant de personnes dont c’est le métier. J’ai rebondis.

Puis je me suis tournée vers le plus simple – a-priori – parce que l’autoédition c’est loin d’être simple. Je me suis lancée dans le grand bain de tous les postulants au « succès ». J’ai lâché les maisons d’édition, incertaine, pour quelque chose d’aussi incertain. J’ai tenté le site auteur et j’ai dépensé plus d’argent que je n’en ai gagné. Pour au final faire marche arrière – on apprend toujours de ses erreurs.

Je n’ai pas l’âme d’une conquérante dans ce domaine. Je ne crois pas assez en moi pour défendre bec et ongle mes livres, mes mots. Je compte sur les autres pour le faire, je vous l’accorde ce n’est pas très mature comme comportement. Je suis incapable d’aller démarcher des librairies, présenter mon travail, essuyer des refus – il y en a toujours. Je suis toute en paradoxe, préférant le vide à l’audace, préférant déposer mes livres sur des bancs, dans des rames de métro plutôt que d’aller défendre mon “talent” auprès de professionnels. Et après j’ai le culot de me plaindre!

C’est vrai je n’écris pas pour la gloire. J’écris pour partager, pour créer un lien. J’écris pour le plaisir et j’espère être lue – il faut bien l’avouer. J’ai encore de grandes envies, de beaux rêves. J’ai encore des milliers de choses à écrire. Mais je sais que tant que je n’aurai pas confiance, tout ça ne sera que du vent, un souffle fragile au creux d’un matin chagrin…

Ps – Je me pose des questions & Tout va bien

La valse agitée de mes émotions

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Histoire de ne perdre personne en cours de route et que personne ne se tire en courant en pensant que je suis complètement barrée, je vais tenter tant que faire se peut de rester sobre dans cet article.

D’abord la mélancolie…

Pour celles et ceux qui connaissent, qui la côtoient, la voient rappliquer illico presto après chaque moment de pur bonheur, ce sera facile à comprendre. Pour les autres, imaginez une vague qui arrive à l’improviste, charriant un condensé de vos plus précieux souvenirs et de vos plus grandes angoisses. Vous vous retrouvez alors seul, avec votre lot d’émotions à fleur de peau. Et vous tentez de maintenir le cap devant la mer enragée, prête à vous engloutir.

La mélancolie, chez moi, n’arrive jamais seule, elle est souvent accompagnée des deux grandes forces qui gèrent le monde, la vie, la mort. La mélancolie rappelle que le temps d’avant n’est plus et ne sera plus jamais. Pour autant que nous en ayant pleinement profité, nous pourrons revivre le temps de quelques instants ces moments de félicité. Tout en sachant que le passé n’est plus que points de suspension dans un no man’s land dépassé. Et que bien souvent plus personne n’y pense, à part nous!

Avec le temps, j’ai appris, non pas à gérer, mais à accepter ces vagues qui m’assaillent sans que je ne puisse ni les anticiper ni les contrer. Fut un temps, j’allais contre elles et le résultat était rarement positif. Désormais, je les laisse venir, je leur donne une place, puis je les laisse me dire ce qu’il faut que je retienne et ce que je laisse partir. La mort n’est pas quelque chose qui me fait peur en soi. Je sais qu’elle est là, en moi. Elle est mon rappel, ma boussole. Pas seulement la mort physique d’ailleurs.

Dans ces moments de profond déséquilibre, je vois la vie sous un prisme différent. Je la vois en format RAW, comme un corps sans la peau. Je la vois dans sa vérité, dans ses possibles. Je la vois dans tout ce que le monde pourrait être et faire, dans tout ce que je pourrais être et faire. Je la vois dépourvue de tous ces oripeaux qui en font un terrain de jeu souvent dangereux. Je la vois dans sa vérité. Mais cela ne dure que le temps de me dire qu’il est peut-être temps de vivre justement, vivre avant que quelque chose de dur, de douloureux, de grave ne me fasse oser davantage, ne me fasse lâcher mes peurs, ma colère pour aller vers ce en quoi je crois, ce qui est fait pour moi.

La réalité, ma réalité alors me rattrape et la mélancolie se carapate, en me laissant un goût acre au creux du cœur. Car une fois de plus je n’aurai pas saisi ma chance, je retournerai à mes démons, à mes doutes, à des pas cadencés, habitués, je retomberai dans mes chers travers. Et tous mes rêves d’autre chose s’envoleront dans le vaste univers. Jusqu’au prochain raz de marée…

Dites-moi, ça vous arrive à vous aussi ces moments là? Vous les gérez comment? A moins que vos creux de vague ressemblent à autre chose. Dites-moi!

Apprendre à Être

Dire ce qu’il faut dire. Être d’accord.

Sourire.

Ne pas faire de vagues.

Plaire.

Donner surtout. Parce que c’est bien. Ça fait bien.

Se taire aussi.

Ne pas demander non plus. Ce sont les faibles qui demandent.

Encaisser avant tout. Sans se plaindre c’est encore mieux.

Porter un masque. Souvent.

Faire comme si. Faire semblant.

Savoir écouter.

Et puis ne pas faire étalage de sa vie.

Rester à la surface des choses.

Ne pas exposer ses sentiments. 

Garde ses émotions sous cloche.

Être pudique surtout. Même envers et contre tout.

Je dois avouer que tout ça je l’ai fait. J’ai été cette personne lisse ou j’ai essayé de l’être pendant de nombreuses années. Je me suis recroquevillée sur moi-même et j’ai laissé la place aux autres.

La pudeur c’est un truc qui me dépasse aujourd’hui. En fait je trouve que c’est l’excuse par excellence qui nous sépare les uns des autres.

Ça sert à quoi de faire semblant ? Ça sert à quoi de jouer un rôle ? Ça sert à quoi de filtrer ? Ça sert à quoi de se soumettre à une norme, une idée, un style de pensées qui ne nous convient pas / plus ? Ça sert à quoi d’arrondir sans cesse les angles ? Ça sert à quoi de ne pas montrer, de ne pas dire ? Ça sert à quoi de se cacher?

J’ai l’impression que ça sert à s’excuser d’être vivant.

Je n’ai plus envie de me planquer derrière une montagne de non-dits, derrière un masque qui ne sert qu’à faire de moi une personne que je ne suis pas. Je n’ai plus envie d’être cette fille sur qui tout le monde peut déverser son trop plein. Accepter chacun tel qu’il est, tenter de ne pas juger ne fait pas de moi une poubelle géante pour que chacun puisse y jeter son mal être et sa mauvaise humeur.

Plus le temps passe et plus j’ai envie d’être fidèle à qui je suis. Tout au fond de moi. Retrouver mon essence dans le sens même de la vie qui vibre et m’enivre. Qui m’aime me suive!

Tu n’es pas parfait, tu es toi!

Tu n’es pas parfait. D’ailleurs, si tu l’étais ce serait fade. Tu n’aurais pas ce grain de folie qui me fait chavirer.

Tu as tes forces et tes faiblesses, tes failles, tes peurs. Comme moi.

Tu connais des heures de bonheur intense et des chagrins dont il faut faire le deuil.

Tu n’es pas extraordinaire, comme ces super-héros qui fleurissent sur nos écrans. Tu es toi et c’est l’essentiel, sûrement le cadeau le plus précieux que tu puisses te faire. Me faire.

Tu as ton passé et chaque expérience qui a façonné la personne que tu es.

Tu as tes limites sans porter de jugement sur autrui.

Tu as des envies. Qui s’accordent aux miennes et la patience de me laisser les apprivoiser. Et quand elles ne s’accordent pas, tu le respectes.

Tu as des idées, le mérite d’essayer, d’oser tout en étant capable de te raviser si le résultat n’est pas celui escompté.

Tu es plein d’émotions et tu les laisses s’exprimer. C’est toujours touchant de te voir ému. Dans ton sourire, dans un regard, dans ces étreintes qui nous enveloppent. Je le prends comme une chance.

Tu ne t’arrêtes jamais ou rarement. Et pourtant dans ces instants que nous partageons tu apprends à prendre le temps.

Tu donnes sans compter. Mon plaisir est ta priorité, mon corps, un instrument avec lequel tu joues avec brio. Tu me regardes. Vraiment.

Tu fais parfois deux choses en même temps. Ce n’est pas aisé de te suivre!

Tu me lis des heures, mes mots, mes maux, mes doutes, mes peurs. Tu me rassures. Tu me comprends. Tu m’écoutes. Tu m’invites à me confier même quand c’est dur, même quand j’ai mal, même quand ça remue des choses à l’intérieur de moi, que je suis au bord des larmes.

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous sommes d’accord sur le principal. Le reste nous aide à grandir, évoluer, nous construire.

Tu as ma confiance. Et mon amour.

Et tout ce qu’il y a autour.