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Nouveau livre, Fragments d’âme et Octobre rose

Copyright Marie Kléber

Je le dis souvent mais tenir son livre entre ses mains, c’est un grand moment. Je ne m’en lasse pas. Il y a beaucoup de moi dans mes écrits. Pas toujours. Mais dans celui-là, si.

Je l’ai imaginé il y a longtemps ce petit livre aux allures de grand. Je lui ai cherché un nom. Je l’ai imaginé différent, avec des photos, mais le prix de fabrication dépassait un peu mes prévisions. Alors je suis restée sur les mots.

Ici, je ne raconte pas une histoire, je ne fais pas de vers, je vous livre juste des pensées glanées pendant mes moments de méditation ou de pause. Que ce soit dehors, au grand jour ou face à la nuit qui tombe. Des pensées qui viennent comme ça, comme un absolu que je ne peux toucher du doigt.

Des fragments de moi. Des questions que je me pose et que je vous pose. Des interrogations face à la vie. Quelques idées que je tiens pour des vérités. Et puis de la beauté aussi, des instants de vie qui m’ont marquée. Des fragments d’âme comme une invitation…

Ce nouveau livre, je l’avais prévu pour la fin de l’été, un cadeau de rentrée puis d’autres projets sont venus retarder sa sortie. Octobre a pointé le bout de son nez et je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour, cette année, marquer le coup d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation et de soutien au cancer du sein. Donc pour chaque livre acheté (soit en me contactant par mail – soit en achetant le livre directement sur le site The Book Edition), 1€ sera reversé à l’association Vivre comme Avant (dont je vous parlerais prochainement).

Je vous laisse avec cet extrait:

Tout est dans la présence de l’autre à soi
De soi à l’autre
Dans l’être
Ici et maintenant

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Cet impact (de la violence) que j’ai sous-estimé

Source La vie (La puissance de l’emprise psychologique)

Je n’ai jamais vraiment “nommé” ce que j’ai vécu pendant 7 ans. Le mot “violence” est venu tardivement. Et même, j’ai toujours eu du mal avec lui. J’ai toujours minimisé les impacts de ce que j’avais vécu. Comme si, seule la violence physique était recevable, seules les victimes de coups étaient légitimes dans leur combat pour renaître.

A la réponse “pourquoi es-tu partie?”, j’ai souvent répondu un truc un peu alambiqué. Comme si avouer la violence psychologique c’était courir le risque de paraitre ridicule. Du coup, peu ont réellement saisi de quoi il s’agissait. Je me suis souvent retrouvée seule face à moi-même, avec beaucoup de doutes et de culpabilité.

La violence a continué après mon départ et il m’a fallut un temps certain pour me soustraire à l’emprise – de celui que je voyais comme mon unique salut. C’est très paradoxal comme expérience. On fuit et en même temps on recherche comme une absolution. On se demande si vraiment ça a existé, si ce n’est pas nous qui avons tout inventé. On évolue dans un espace sans filet de sécurité.

Il m’a fallut une énergie incroyable pour nous protéger, me libérer de ce chaos nauséabond, cette main mise infernale sur ma vie, mes choix. Et après ce grand bond en avant , j’ai cru que ça allait rouler. Que ce n’était qu’une question de volonté. Qu’après la peur, j’allais enfin m’en affranchir une fois pour toutes.

J’ai sous-estimé la puissance de cette violence. Qui m’a fait perdre tous mes repères. Et le peu de confiance que j’avais. Qui a brisé mes fondations. J’ai sous-estimé son impact.

Avec le recul, je prends conscience qu’il reste encore des murs à abattre, des schémas à déconstruire, une confiance, elle, à reconstruire. Il reste des évidences à intégrer, cette idée de “ne pas être assez” à lâcher. Pour embrasser le présent avec plus de sérénité.

Entre l’enfant que j’étais et l’enfant qu’il est

Crédit Marie Kléber

Je suis une enfant sage, qui ne fait pas de vague. Je n’exprimerai mes émotions que tard, plus tard. Et mal, très mal. Je ne sais pas dire.
Je vis dans une bulle, celle qui me protège d’un monde que je ne comprends pas. Je parle seule et dans la cour je ne suis qu’avec ceux qu’on met de côté – déjà.

Je suis une enfant sage. Des crises qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Je me mets à l’écart. Je suis de la famille, tout en étant d’ailleurs.
J’ai frôlé la mort et peut-être que c’est pour ça que mes parents me protègent tant, qu’ils ne me comprennent pas. Pourtant ils sont là, bien présents, ils m’aiment et je le sens. Ils font face aux regards et aux jugements. Ils me défendent à tout instant.

Je suis une enfant sage. Je vis dans un monde que personne ne connait. Je m’invente des voyages, des amis. Ça ne fait pas de mal. Ça inquiète un peu les grands.
J’ai à peine 4 ans, à l’école, je ne parle pas mais je dors beaucoup. Les psychologues disent que tout va bien. Plus tard ils diront que je fuyais la réalité. Que c’était ma manière à moi de me protéger.

Je suis une enfant sage. Je ne bronche pas. Je ne pleure pas. Je ne conteste rien. Je ne crie pas. Je joue dans ma tête. C’est très bien comme ça.
Le monde autour tourne et je l’oublie. A l’intérieur de moi, c’est le chaos, de plus en plus. La mer est seule à m’apaiser. J’ai la nostalgie du temps passé.

Je suis une enfant révoltée. Personne ne le sait. Personne ne s’en doute. Jusqu’au jour où…

***

Il est un bébé sage. Il sourit. Il illumine ma vie quand tout en moi n’est que mort. Il est le rayon de soleil qui vient redonner vie à la fleur flétrie.
Il est un bébé joyeux. Il me donne envie de me battre. Il est la douceur après l’horreur. Le regarder apaise mes peurs, ma colère, mon impuissance à lui offrir plus.

Il est un enfant rêveur, riche d’idéaux. Il aime la vie. Il aime le monde. Il aime ces atmosphères qui font battre le cœur un peu plus vite. Il fait battre le mien entre deux crises. Il me fait chavirer de bonheur avant de me plonger dans un océan de culpabilité.

Il est un enfant qui s’affirme. Il crie. Il teste les limites. Il négocie tout et c’est épuisant. Il est aussi très câlin et une phrase de lui a le pouvoir de me remettre sur les rails.

Il est un enfant que j’ai du mal à apaiser. Il est un concentré d’émotions vives. Il se fâche vite et puis oublie aussi vite. Ange et démon en quelques secondes top chrono. Il cherche en moi la sécurité. Que je ne peux pas toujours lui offrir. A être rassuré sur le fait que je ne vais pas partir.

Il questionne tout ou presque. Il m’offre de me remettre en question régulièrement, de tester de nouvelles idées, de prendre les choses avec plus de légèreté. Il est à un souffle de moi. Un souffle bien fragile parfois.

Il est si différent de l’enfant que j’étais…

Si je n’avais pas peur…

Crédit Ornella Petit

Je crois que nous nous sommes tous posés cette question un jour: Que ferions nous si nous n’avions pas peur?

Je pense qu’il est important de rappeler que la peur n’a pas que des mauvais côtés. C’est une émotion de survie et une alerte face au danger. C’est quand la peur est omniprésente, qu’elle nous fragilise, qu’elle nous empêche d’avancer que cela devient problématique.

Des peurs nous en avons tous. Certaines que nous arrivons à dépasser, d’autres moins. Certaines un brin handicapantes et d’autres qui nous protègent. Certaines liées à des traumatismes passés, d’autres liées à notre caractère, notre mode de fonctionnement.

Qu’en est-il des miennes?

Si je n’avais pas peur – impossible – si j’arrivais à les dépasser plutôt, je pourrai conquérir le monde. Tout comme vous d’ailleurs.

Le regard de l’autre ne serait plus un frein à mon épanouissement. Je ne m’attacherai plus à un quelconque besoin de reconnaissance. Je lâcherai la culpabilité et je me féliciterai davantage. Je partirai en croisade – une croisade pacifique – pour défendre les causes qui me tiennent à cœur. Je parlerai de mes livres un peu partout. Je me mettrai en avant sans me sentir “pas vraiment à ma place”. Je partagerai plus sereinement mes écrits. Je m’affirmerai sans m’imposer. J’arrêterai sans cesse me justifier. Je me ferai confiance dans les différents actes de ma vie.

J’existerai pour qui je suis et non pour qui je pourrais être, en fonction des critères de chacun. Je dirai “non” plus souvent. Je me dirai “oui” aussi. Je laisserai le passé là où il est et je vivrai le présent avec une intensité déconcertante.

Je ne me sentirai plus mal à l’aise d’être qui je suis. J’arrêterai de vouloir être acceptée à tous prix. J’explorerai le monde, visible et invisible. Je me laisserai porter par mon intuition. Je resterai fidèle à mon cœur. Je ne manquerai jamais d’audace. Je m’aimerai entièrement avec ma lumière et mes zones d’ombres.

Je me rappellerai que je ne suis jamais seule. Je partagerai mes sentiments, sans toujours tout enrober. Je dirai aussi les choses qui ne me conviennent pas. J’arrêterai de me faire des nœuds à la tête pour ne pas blesser l’un ou l’autre.

Je serai une version authentique de moi-même.

Cet article a été écrit dans le cadre du carnaval d’article proposé par Emeline du blog “si j’osais“. Vous pourrez retrouver courant octobre toutes les participations sur son site.