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Au cœur de moi

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Parfois je ne sais pas, je ne saisis pas. Le trait d’humour, la parole légère. Parfois je surfe dessus et parfois ça vient, une fois de plus, appuyer là où ça fait mal. Comme si il y avait encore des choses à sortir, encore des blessures mal guéries, des cicatrices trop fraiches qu’un simple effleurement réveille.

Parfois la vie des autres, leurs choix, leurs projets, leurs envies me renvoient à mes propres peurs, pas celles que je connais, celles que je cache bien profondément, que j’oublie, auxquelles je ne veux pas penser parce que ça me donne le vertige. Et dans la conversation je dérive vers ce qui ne fut pas, ce que je n’ai pas connu, ce que j’ai évité, ces pas que je n’oserais peut-être jamais, ces sentiments qui ne resteront vivants que dans le présent, sans lendemain.

Parfois je me perds encore dans mes contradictions, dans ce que j’ai et ce que je voudrais avoir, ce que je ne m’autorise pas à demander, à être peut-être bien.

Parfois ça fait encore un peu mal et alors je sais que je viens de passer un cap et qu’un autre m’attend. Un virage qui chaque fois me demande d’aller encore plus loin, à l’intérieur de moi, pour faire tomber les barrières, regarder en face les limites que je m’impose, mes angoisses pour les dépasser.
Tout est mouvement. Les cycles se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est en construction sans cesse. Tout est redéfinition de mes priorités, de mon équilibre à chaque instant.

Chez vous, comment ça se passe? Comment gérez-vous vos peurs, vos contradictions? Vos blessures appartiennent elles au passé ou se rappellent elles encore à vous de temps en temps?

Dans ma calebasse!

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Dans ma tête, ça bouillonne. Sans cesse. C’est la grande foire du mois, pas une minute de répit. Les idées se bousculent et me bousculent parfois. C’est sans fin. Ça vient, ça part, ça s’installe pour quelques minutes ou ça prend ses aises.

Dans ma tête, on ne s’ennuie pas. Il y a toujours quelque chose à faire, une pensée qui se balade, un sujet qui m’interpelle, une phrase qui fait naitre une ribambelle de questions.

C’est loin d’être un grand bazar, puisque je m’y retrouve assez pour mener une vie normale. Mais j’avoue que ça a prit du temps. A une époque, j’étais sous l’eau, incapable de gérer ce flux continu d’informations. Depuis, j’ai appris à me poser, à noter, à méditer aussi. Une pause salutaire sans parasite. Lire, cuisiner, découper, coller, peindre, jouer, rire… Juste être là dans ce que je fais.

Avant la nouvelle vague. J’écris beaucoup justement parce qu’une fois posées je peux classer les pensées. Je mets de l’ordre, je tri, je lâche ce que je juge sans intérêt et je me concentre sur ce qui mérite une attention particulière.

J’ai lutté contre mon caractère et je me suis fait du mal. Aujourd’hui je suis dans l’accueil de ce petit vacarme intérieur. Je travaille sur moi, je cherche à comprendre plein de choses. Je suis curieuse du fonctionnement de l’humain. Je crois que c’est ça mon moteur, la passion de l’autre et de nos manières d’interagir, d’être, de vivre. Je me libère en continue d’attaches, de limites. L’autre étant mon meilleur miroir, j’apprends de lui aussi.

Je sais toutefois m’émerveiller, profiter de l’instant, le saisir aussi, le respirer, l’intérioriser.

Et puis ça repart. Mais quand on a réussit à reprendre sa respiration ça va beaucoup mieux!

Et vous, ça fonctionne comment dans la vôtre?

Ps: Merci Marie pour ton commentaire à l’origine de ce billet.

Pourquoi je n’arrive pas encore à faire la paix avec mon éducation

Helena@ Pixabay

Je me pose pas mal de questions en matière d’éducation en ce moment et voilà que ce matin, au réveil, j’ai réalisé que j’étais toujours en phase de guérison par rapport à mon enfance.

Et pourtant j’ai eu une enfance de rêve! J’ai eu des câlins, des “je t’aime”. On m’a consacré du temps, on m’a donné de l’attention. J’ai été désirée, aimée, choyée. Même adorée, par mes grands parents maternels.
J’ai été l’enfant parfaite – calme, sage, qui dormait bien, mangeait bien – pour mes parents.Je garde des souvenirs merveilleux de ma petite enfance.

Ma sœur est arrivée et on peut dire qu’elle a mis les pieds dans le plat direct. Nous n’avons pas vécu les choses de la même manière.
Elle a fait sa crise d’adolescence à trois ans!
Moi, j’ai pris la douleur de l’enfance maltraitée de ma mère en pleine figure. Elle ne me l’a pas demandé mais avec ma sensibilité et mon niveau d’empathie, je me suis sentie pleinement impliquée dans cette quête. Inconsciemment, elle a répondu à mes attentes en nous demandant d’être des petites filles modèles, de ne pas faire de vague. Tout ce qui était hors du cadre était comme un coup de poignard, qui venait mettre à mal les efforts qu’elle faisait pour sortir la tête de l’eau.

Je crois que mes parents n’ont jamais saisi que nos éventuelles crises, nos mécontentements, nos erreurs, nos errements n’étaient pas des actes contre eux, mais juste notre manière d’être, d’appréhender le monde à notre façon.
Plus tard mes choix amoureux, mes envies d’ailleurs furent considérés comme un rejet et non comme des expériences de vie.
Et puis mon mariage, ma séparation, les heures noires furent des grandes déceptions pour eux et une occasion supplémentaire pour ma mère de culpabiliser davantage, de ne pas avoir été à la hauteur de sa tâche, de ne pas avoir su faire, avec moi surtout. Alors même que personne n’est vraiment responsable. C’est arrivé. Et c’est passé.

Nous avons vécu en tant que famille et jamais en tant qu’individus. Nous avons vécu comme les membres d’un seul corps. Nous n’avons jamais vraiment expérimenté la plénitude parce qu’il y avait toujours quelqu’un qui souffrait dans ce quatuor, parfois très oppressant.

Quand mes parents me voient, ils voient l’erreur, l’échec, le combat, le mien, le leur. Ils me regardent avec mon fils et cela leur fait mal. Une fois de plus ce n’est pas mon histoire ni mes sentiments. Oui mais, c’est ma famille…
Et au quotidien, ils sont là, prennent soin de mon fils, prennent part à sa vie. Ils sont présents, aidants, attentifs.

Trop sûrement et c’est ce qui me gêne pour faire la paix. Parce que je les retrouve avec lui comme ils étaient avec moi. Ils me voient comme une chose fragile à protéger et lui en veulent parfois de m’énerver, de ne pas prendre soin de moi. Ce n’est pas son rôle. Et puis je n’ai pas besoin d’être protégée. Je me sens bien dans mes baskets et j’ai l’impression qu’ils mettent un voile sur mon bonheur, comme si ça n’existait pas, comme si je n’existais pas en tant que co-créatrice de ma vie, de ma famille, de ma paix.

J’ai conscience aujourd’hui qu’ils ont fait leur maximum eux aussi, avec les données qu’ils avaient dans les mains. Ils m’ont donnée énormément.J’ai juste fais le tri entre ce que je voulais garder et ce que je laissais derrière. Je ne suis responsable ni de leur bonheur ni de leur détresse. Je ne suis pas responsable de la manière dont ils me voient, dont ils envisagent ma vie.

Je crains juste parfois qu’ils rendent mon enfant responsable de ces maux qui les agitent, responsable de moi, de mes coups de blues passagers. Mon fils est un individu avec son caractère propre, un être qui ne fait pas les choses contre moi mais qui, comme nous tous, se construit au fil des jours. Il n’est pas parfait et je n’attends pas qu’il le soit. Je souhaite juste l’accompagner sur le chemin pour faire de lui un adulte à l’aise et heureux.
Je n’aimerai pas qu’il soit atteint par cette manière de penser, qu’il mette autant de temps que moi à guérir, qu’il devienne quelqu’un d’autre pour faire plaisir, qu’il signe des accords qui ne le regardent absolument pas.

Se détacher des pensées des autres – tout un programme!

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J’essaie, pas à pas, de me détacher des pensées et peurs exprimées des autres. Ce n’est pas toujours évident. Mais pour mener une vie sereine, ça devient nécessaire.

Les autres ne projettent sur nous que leurs angoisses et craintes. Parfois leur envie, leur jalousie. Ils n’en ont pas toujours conscience. Si je ne peux pas changer ces données, je peux modifier la façon dont je les accueille. Ou bien elles glissent sur moi et terminent leur course dans la grande poubelle des choses à oublier. Ou bien elles intègrent mon univers à mes risques et périls.

J’ai longtemps opté pour la deuxième option, sans m’en rendre compte. Aujourd’hui, j’évolue, je prends conscience de certains mécanismes, j’ai envie d’autre chose et de ne plus laisser les autres diriger ma vie, mes envies, mes choix.

Tout le monde se fera toujours une idée sur la vie des uns et des autres. J’essaie – je n’y arrive pas toujours – de ne pas tomber dans ce travers, d’être davantage dans l’écoute que dans le jugement ou l’idéalisation.

Tout le monde a une idée, claire et précise de la manière dont ma vie devrait être pour être acceptable / belle selon leurs critères. J’ai passé beaucoup de temps et dépenser beaucoup d’énergie ces dernières années à justifier mes choix, mes amours, mes erreurs. A me justifier d’être celle que je suis. A tenter d’expliquer que je n’étais pas mon passé et que ce n’est pas parce que j’avais pris un moment chemin que je devais le payer pour le restant de mes jours.
Je dois bien l’avouer j’ai trop souvent laissé les mots des autres me blesser, me faire tomber, me déstabiliser. Ils ont dirigé ma vie sans que je puisse arrêter la vague et j’ai souvent coulé, bataillant certes pour refaire surface, mais sans succès. Les mots me plaquaient au sol et je ne pouvais plus riposter. Les autres étaient devenus maîtres à bord. J’avais perdu ma capacité à gérer.

J’arrive à un moment de mon existence où j’ai envie d’être heureuse, pas selon la vision du monde qui m’entoure, mais selon ce que cela signifie pour moi. Et de vivre ce bonheur avec les difficultés de tout quotidien et les coups de blues passagers. Je suis la seule à pouvoir m’offrir cela. Les autres peuvent y contribuer certes. Certains le font. Mais je ne veux plus que mon bonheur dépende des autres. J’en prends la responsabilité, je choisis de lâcher-prise sur les avis qui circulent, sur les questions que je trouve à côté de la plaque. Je vais sûrement ramer un peu mais les bases sont posées.
Êtes vous très influencés par les pensées, avis, questions des autres? Ou bien ça vous passe complètement au-dessus de la tête? Comment gérer vous cela quotidiennement?