Sur le chemin…

© Marie Kléber

Il fait doux sur le chemin et vogue un air de vacances entre les brins d’herbe. Les rues ne mènent pas à la mer, pourtant on pourrait le croire. Les maisons vibrent de rires et de discussions autour d’une table posée dehors. On imagine des enfants courir à perdre haleine. Et se chamailler.

C’est un chemin comme ceux de l’enfance, dans lequel s’immiscent quelques souvenirs. On s’attend presque à entendre des voix, à cueillir une main. A voir un visage se dessiner dans la poésie du jour qui tombe.

Au bout du chemin, la gare et une place, comme celle d’un village. Il ne manque que le carillon d’un clocher pour être comme à la campagne. Les bruits de la ville se font sourds, le chaos nous semble bien loin. Les verres s’entrechoquent et les derniers badauds s’attardent en terrasse. Encore quelques minutes entre amis pour refaire le monde et rêver.

© Marie Kléber

On savoure les fleurs et les feuilles, le ciel encore bleu et la lune en croissant. Le temps stoppe sa course dans ce dédale d’odeurs et de sons estivaux. On se sent léger comme le vent qui caresse notre peau.

Le charme opère…

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Sexe, Religion, Mort & Rock’n’roll

Copyright © Ornella Petit

Rock’n’roll c’est pour le style. Quoi que je me souviens d’une collègue qui me disait tout le temps, j’aime ton côté Rock décalé, avec ton blouson en cuir et ton foulard en soie!

Pour détendre l’atmosphère. Vous avez vu le titre, vous avez ouvert une fenêtre. En vous attendant à quoi? Est-ce que ces mots vous ont inspirés, attirés, faits peur?

Ces trois mots me résument assez bien. Il faut très bien me connaître pour le savoir ou alors avoir une intuition et/ou une sensibilité très développées.

Je me suis souvent demandé quel était le point commun de ces trois thèmes majeurs de mon existence. Et hier soir j’ai eu une révélation! Ce qui m’attire c’est le mystère, le sacré, l’énigmatique, les origines, la fin, l’au-delà, le sublime…

Tout (ou presque) de ce qui n’a pas de consistance physique, qui ne peut être touché qu’en se détachant de la matière. D’où mon manque d’ancrage flagrant parfois. Et mon attrait pour la poésie qui permet de soulager mes vertiges, de partager ce qui ne se dit pas toujours avec aisance.

En y réfléchissant, je me suis aussi rendue compte que ces trois sujets étaient  “tabou” dans notre société actuelle. Encore. On n’en parle pas. Et si on en parle, on le fait à demi mots. On les survole comme si on pouvait les éviter. Alors même qu’ils sont l’essence de ce que nous sommes. Certains diront “non” pour Religion. Quand je parle Religion, j’entends Histoire, Spiritualité, Art, Civilisations, Identité, Dialogue.

Quand je parle Mort, je pense Vie, Fin, Début, Existence, Complétude, Cycle.

Quand je parle Sexe, je dis Fusion, Abandon, Absolu, Nature, Vérité, Volupté, Sensualité, Sacré, Divin.

Je ne sais pas vivre les choses à moitié. Je suis davantage dans la passion que la raison. Je ne saisis pas tout, loin de là, mais je continue à chercher et à me découvrir.

Il y a eu une / des époques pendant lesquelles j’ai passé plus de temps à me sentir coupable de mes centres d’intérêt qu’à vivre selon mes aspirations. C’est vrai aujourd’hui ce qui a le vent en poupe c’est le Féminisme, l’Écologie, les Médecines Douces, le Feel Good…

Toutefois aujourd’hui, j’apprends à accueillir toutes les facettes de ma personnalité. Et si cela peut en choquer certains, c’est peut-être qu’il y a matière à aller plus loin…

Et vous, qu’est-ce qui vous passionne? Qu’est-ce qui vous attire – vous motive? Quel est ce sujet sur lequel vous pourriez échanger pendant des heures?

 

Nouveau départ

Copyright MK

La nouvelle est arrivée un soir de Novembre. Un coup de fil. Tout simple. C’est à lui que je l’ai dis en premier, parce que je savais qu’il comprendrait. Mais qu’il n’en ferait pas tout un flan non plus. La propriétaire reprenait son appartement.

J’ai encaissé et puis je n’y ai plus pensé pendant cinq mois. J’avais le temps et je voulais que loulou termine son année scolaire dans son école actuelle. J’ai mis de côté toutes les remarques inappropriées et je m’en suis tenue à mon intuition de mère – la seule qui vaille en la matière.

En mai, j’ai commencé les recherches, les visites, les dossiers, grandement assistée par mon père. Il fallait bien ça. Après quelques déconvenues, nous avons trouvé notre bonheur, pas très loin de Paris, à dix minutes de train, dans un quartier inconnu jusqu’alors.

Juin a été compliqué, frustrant par moments, épuisant aussi au milieu des cartons, de la chaleur et d’un blues que je n’avais pas anticipé. Il a fallu gérer la fin de l’année scolaire, les craintes des uns et des autres, les problèmes de communication, les tensions familiales, la fatigue. Dans les moments de doutes intenses, il était là, si compréhensif et raisonnable à la fois. Sa façon d’être m’apaise. Et j’ai puisé dans cet apaisement les ressources dont j’avais besoin pour tenir la cadence. Et ne pas m’écrouler avant la fin.

Loulou a été un assistant en or. Il a fait les cartons, démonté les meubles avec moi, accueilli mes plats – pas originaux pour deux sous – avec le sourire. Il a agrémenté un quotidien pesant de rires. Et j’ai réussi à lâcher prise, un peu. Par moments.

J’ai vendu, donné, fait un grand tri afin de n’emmener que le nécessaire. Je me suis quand même demandé comment j’avais pu revenir en France avec une valise pour seul bagage et emmagasiné autant en 7 ans. Sept ans quand même et six ans dans cet appartement, trouvé par relation, au milieu d’un chaos indescriptible.

En rendant les clés hier, je me suis souvenue de ces années. Des matins de détresse. Des soirées à tenter de rassembler les morceaux de ma vie. Des trois années que nous avons passé à 4 dans ces 40m2. Des mots durs et des disputes. Des départs et des silences. De la culpabilité et du sourire de loulou qui a souvent fait flancher mon coeur de maman dépassée. Des peurs très crues. Des échanges dangereux. Des remises en question constantes. Et puis une nouvelle vie à deux. Trouver ses marques, se sentir à côté de la plaque si souvent. Essayer, se planter et repartir. Hurler aussi. Se taper la tête contre les murs pour que tout s’arrête. Ne plus penser. Mourir un peu plus chaque jour.

Et puis les jours heureux aussi, les matins câlins, Renaud en boucle, les pancakes du samedi matin, nos soirées télé du samedi soir, les douceurs sucrées des voisins, les fêtes d’anniversaire, les cadeaux sous le sapin, les bêtises et les rires, les mots qu’on ne se dit pas souvent mais dont la force nous transporte. Le chemin de l’école et nos baisers papillons. L’amour qui s’invite et les sentiments qu’on n’évite pas. La confiance et se sentir invincibles. Les journées jeux en famille. Le plaisir et se blottir enfin contre un corps ami qui ne prend rien et donne tout. Son sourire au coin de la rue et tout le mauvais qui se dissipe d’un coup. La tendresse et se sentir vivant jour après jour.

Je ne laisse rien de moi derrière. Juste peut-être les heures noires qui furent les nôtres. Oui je les laisse en ces lieux. Je n’emporte avec moi que le meilleur. C’est à partir de cela que je veux bâtir demain.

Nous sommes dans notre nouveau chez nous depuis samedi. Nous prenons nos marques. Loulou aura eu le temps de se faire à son nouvel environnement avant les grandes vacances. Quant à moi il me tarde de découvrir notre environnement. Et d’aménager mon intérieur, d’y inviter les gens que j’aime. La tension baisse et je me sens plus légère…

Aimer, c’est quoi?

Crédit Pixabay

Au beau milieu de mes cartons et des meubles à démonter, je me suis d’un coup demandé si je savais vraiment aimer. Et là, toi qui me lit, tu dois te dire que la chaleur me tape clairement sur la caboche (ne t’inquiètes pas, je me fais la même réflexion – j’ai de ces idées!)

Alors du coup je t’explique. Jusqu’à très récemment, mes histoires d’amour et certaines de mes relations amicales trouvaient leur fondement dans le fait de sauver l’autre. J’étais comme un poisson dans son bocal, les deux nageoires dans mon élément. Sauf que, on en conviendra tous, l’amour c’est pas vraiment ça. Mais moi, je ne connaissais que cette forme là. Rendre les autres heureux, c’était dans ma programmation initiale. Je m’étais souvent retrouvée dans des situations aussi abracadabrantesques les unes que les autres, avec mon profil “Mère Theresa” sans la carrure ni la foi.

Un jour (Eurêka te voilà!)  j’ai compris que ce don total de moi-même, ne me faisait aucun bien et ne changeait rien pour les autres non plus. Qu’on le sache, le bonheur est affaire personnelle. Et sauver l’autre, une idée saugrenue et clairement pas une base saine pour une relation durable.

Du coup, j’ai fait ce que toute personne censée devrait faire, je me suis lancée dans un grand nettoyage de printemps. Et je me suis enfin regardée dans le miroir. Ça parait tout simple comme démarche mais c’est pas si évident. Surtout quand tu as passé le plus clair de ta vie à tenter d’échapper à toi même et que “les autres avant tout” c’était ton mantra!

Aujourd’hui donc, puis que c’est d’aujourd’hui dont je parle, et bien je n’ai plus de repères. Les autres étaient mauvais, certes, et je suis bien contente de les avoir lâchés. Mais sans repère c’est un plus compliqué de se situer. J’ai plus de questions que de réponses.

C’est quoi aimer? C’est comment? C’est instinctif? Ça s’explique ou ça se vit juste? Peut-être qu’aimer c’est juste aimer. Peut-être que je me fais des nœuds à la tête (sûrement même mais bon moi sans nœuds à la tête ça ne serait pas vraiment moi!) 

Est-ce qu’il y a des grilles pour savoir si on aime bien – ou trop – ou pas assez – ou mal? Est-ce que ça se voit qu’on aime? Est-ce que ça se sent? Est-ce que ça se dit, un peu, souvent? Et quand ça se dit, est-ce que ça dit vraiment tout?

Vous en pensez quoi vous? Vous vous êtes déjà posé ce genre de questions? Ou ça vous parait complètement tordu (vous avez le droit – après relecture de l’article je me dis que c’est très tordu!)?