Tag: De la vie

Dans la malle aux souvenirs

Crédit Pixabay

J’ai reconnu le pont. Il y avait d’autres endroits de cette ville, d’autres rues, d’autres espaces dans lesquels nous avions vécu des choses, jolies, moins jolies. Mais c’est le pont qui a retenu mon attention.

Je n’ai pas pu arrêter la vague de souvenirs.
Un soir d’été. Nous traversions ce pont, la ville, pour rentrer après un dîner. Je souriais sûrement comme je souris souvent et j’ai dit “bonjour” aux clochards sur le bord, juste à l’entrée du pont. Rien que du naturel. Qui t’a paru déplacé. Un peu trop naïf, complètement inapproprié. Je ne me suis pas laissée abattre. Tu avais des “et si” plein la bouche. Tu voyais du danger quand je voyais l’humanité.
On a disserté sur ce “bonjour” un peu. Et puis on est passé à autre chose. Parce que je ne voulais pas te voir rentrer dans un mutisme duquel je ne pourrais pas te tirer. Auquel tu ne pouvais rien je crois. Pas quand on ne se voyait que deux jours par mois.

Je me suis endormie dans tes bras en pensant que tu ne me comprenais pas, que ce n’était pas grave. Pas assez. Pour quelques heures de plein contre des jours d’attente. Pour un réveil aux aurores le lundi matin et le ventre en vrac. Pour un dernier baiser sur le quai devant un TGV bondé qui à mesure qu’il filait nous éloignait l’un de l’autre. Pas assez pour qu’on se dispute alors que chaque minute était comptée, dans une construction dont les bases friables ne nous apparaissaient pas encore comme telles.

Est-ce qu’on était trop jeunes pour s’accepter avec nos différences.Tu n’as pas compris mes envies et je n’ai saisi compris les tiennes. Tu n’as pas accueilli mon insouciance et j’ai eu du mal avec cette façon que tu avais de t’absenter de nous. Peut-être que tu avais perdu la tienne au milieu des accrocs de la vie – déjà. J’ai détesté Goldorak (je ne faisais pas toujours le poids). Et tous ces moments où tu étais là sans être là.

Et puis tu n’as plus été là. Un silence, un de plus au bout du fil. Trois ans envolés sur un calendrier hivernal bien triste. Noël a eu un goût amer cette année là. Le pont et tous nos déséquilibres. Même les bons souvenirs se sont pris le mur. Il a fallut du temps pour digérer. Au lieu de faire face j’ai voulu tout enfouir dans la terre. Pas de larme, pas d’émotion. Ne pas tomber, ne pas faillir. Ne surtout pas montrer au monde que j’avais fait un pari et que je l’avais perdu. J’ai continué à t’aimer longtemps, à m’accrocher à ton souvenir, à coups de “pourquoi”. J’aurai aimé des mots, que tu me dises en face, que la fin soit actée.

Mais bon l’amour tout le monde le sait ça arrive comme ça, on ne sait pas comment. Et puis ça part peut-être aussi comme ça. Je ne sais toujours pas.

Est-ce que ça s’envole sans qu’on s’en aperçoive? Est-ce que c’est comme le vent? Est-ce que c’est juste des bulles de savons dans l’air qu’on admire avant qu’elles n’éclatent, nous laissant sur le côté avec juste des étincelles qui finissent par nous brûler?

Tout ça à partir d’un pont vu dans un film. Je ferme la malle aux souvenirs. Ils sont bien où ils sont.

Advertisements

Dans ce monde de “tabous”, vive les personnes qui osent!

Crédit Pixabay

Tabou

Rien que ce mot me file des sueurs froides!
Je le déteste tout simplement. Parce qu’il enferme et qu’il laisse un bon nombre de personnes sur le carreau. Il rend “anormal” ce qui est “naturel” et appose le filtre “coupable” à tout action ou comportement qui ne rentre pas dans la case “bien”.

Lisez les journaux, passez sur les réseaux sociaux, écoutez la radio. Tout est tabou. Le deuil périnatal c’est tabou, les règles c’est tabou, le corps c’est tabou, le plaisir c’est tabou, la mort c’est tabou, l’érotisme c’est tabou, l’homosexualité – la bisexualité (enfin la sexualité en général) c’est tabou, les mutilations c’est tabou, le viol c’est tabou, la maladie c’est tabou, la violence conjugale envers les hommes c’est tabou, la masturbation c’est tabou, la différence c’est tabou, l’endométriose c’est tabou, la représentation du sexe féminin c’est tabou, l’argent c’est tabou, la religion c’est tabou, la dépression c’est tabou, l’euthanasie c’est tabou, Alzheimer c’est tabou, la spiritualité c’est tabou, l’infidélité c’est tabou, la misère c’est tabou, la nudité c’est tabou, l’immigration c’est tabou, le handicap c’est tabou…je vous laisse avec ça, il y a tellement de tabous qu’il est impossible de tous les énumérer. Vous en aurez bien d’autres à ajouter.

Mieux vaudrait le secret, le silence à la parole libre? Mieux vaudrait le mensonge à la vérité? Mieux vaudrait fermer les yeux face à des choses indignes de notre humanité?
Et nous nous prenons pour une société évoluée!

On ne veut pas choquer alors on pose des barrières et des codes, histoire de se protéger. Mais se protéger de quoi? De la vie, des choix de chacun, de la différence, des questions sans réponse? D’une réalité qu’on ne veut pas regarder en face? De la vie dans tout ce qu’elle a beau et parfois de moins beau à nous offrir? De nous-mêmes, de ce qui fait notre identité, ce qui fait notre singularité?

A l’origine, en ethnologie, un tabou est un acte interdit parce que touchant au sacré, et dont la transgression est susceptible d’entraîner un châtiment surnaturel. Aujourd’hui cela désigne un sujet dont on ne doit pas parler, par crainte ou par pudeur.

Le problème c’est qu’on ne peut plus parler de rien. On se limite, on se censure. On garde tout pour soi. Et quand on s’expose, c’est pour se prendre le jugement des soit-disant “bien pensants” en pleine figure. Où est passé le débat d’idées? Où est passé l’échange?

Je regarde parfois cette société avec énormément de points d’interrogation. Et puis il y a un article, ou deux, une personne qui ose, qui vient lever le voile sur un de ces tabous, qui dit qu’il est temps d’ouvrir le débat, qu’il est temps de poser les mots, là où il n’y avait que du vide, un pas posé vers moins de préjugés, plus de liberté. Et je ne peux qu’encourager cette ouverture, ce don gratuit, cette audace. Je ne peux que souhaiter que d’autres osent, que les choses bougent, que la parole se libère…

Cet article m’a été inspiré par les articles de Ninoute  et Sophie.

Les États d’Esprit du Vendredi 11.10.2019

J’ai zappé la semaine dernière pour cause de fatigue mais je reviens cette semaine avec plaisir. Avec une pensée encore et toujours pour les fondateurs de ce moment privilégié de la semaine.

Début [18h45]

Photo: Octobre rose

Fatigue : pas tant que ça
Humeur : excellente
Estomac: libanais, tisane, fruits
Esprit: heureux
Cond. phys. : kiné, abdos, yoga
Projet/boulot: un manuscrit envoyé aux maisons d’édition, un en cours de relecture finale, un livre sorti et un manuscrit en cours de réécriture après retour de bêta lectrice.
Culture:  Livres: terminé Fugitive parce que reine – En cours: Amours sorcières de Tahar Ben Jelloul TV: un téléfilm sur Alzheimer et un autre sur la pornographie et les jeunes

Penser à:  préparer les vacances de loulou
Avis perso (1): constat glaçant de l’impact de la pornographie sur les enfants et les adolescents
Avis perso (2): mettons fin au tabou sur la sexualité et parlons avec nos enfants. Avant qu’il ne soit trop tard.
Avis perso (3): idem parler menstruations et cycles à ses enfants c’est quand même mieux que de leur mentir
Avis perso (4): il est temps de se détacher des angoisses des autres, de couper le cordon…

Message perso (1): bravo d’avoir osé ce premier pas et bravo pour ton projet aussi (2) tu fais de très belles choses (3) merci de toujours trouver du temps au milieu de semaines très chargées (4) merci pour ton écoute aussi (5) ils ont de la chance tes enfants (même si c’est normal, c’est pas courant)

Loulou: chante Jean Ferrat, fait du yoga avec moi, presse son jus d’orange tout seul, s’endort un peu mieux
Amitiés : mail, cartes envoyées, colis aussi, au téléphone
Love : Love
Sorties : match de volley d’une amie et chez mémé
Essentiel: s’aimer et se le dire (ou l’écrire)
Courses: cadeau pour le départ d’une collègue
Envie de: écrire encore et encore…
Zic: Demis Roussos (j’avoue j’adore!)

Fin [19h10]

Sur ce bon weekend à tous et à toutes. Prenez soin de vous et profitez de cette belle saison qu’est l’automne!

Nouveau livre, Fragments d’âme et Octobre rose

Copyright Marie Kléber

Je le dis souvent mais tenir son livre entre ses mains, c’est un grand moment. Je ne m’en lasse pas. Il y a beaucoup de moi dans mes écrits. Pas toujours. Mais dans celui-là, si.

Je l’ai imaginé il y a longtemps ce petit livre aux allures de grand. Je lui ai cherché un nom. Je l’ai imaginé différent, avec des photos, mais le prix de fabrication dépassait un peu mes prévisions. Alors je suis restée sur les mots.

Ici, je ne raconte pas une histoire, je ne fais pas de vers, je vous livre juste des pensées glanées pendant mes moments de méditation ou de pause. Que ce soit dehors, au grand jour ou face à la nuit qui tombe. Des pensées qui viennent comme ça, comme un absolu que je ne peux toucher du doigt.

Des fragments de moi. Des questions que je me pose et que je vous pose. Des interrogations face à la vie. Quelques idées que je tiens pour des vérités. Et puis de la beauté aussi, des instants de vie qui m’ont marquée. Des fragments d’âme comme une invitation…

Ce nouveau livre, je l’avais prévu pour la fin de l’été, un cadeau de rentrée puis d’autres projets sont venus retarder sa sortie. Octobre a pointé le bout de son nez et je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour, cette année, marquer le coup d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation et de soutien au cancer du sein. Donc pour chaque livre acheté (soit en me contactant par mail – soit en achetant le livre directement sur le site The Book Edition), 1€ sera reversé à l’association Vivre comme Avant (dont je vous parlerais prochainement).

Je vous laisse avec cet extrait:

Tout est dans la présence de l’autre à soi
De soi à l’autre
Dans l’être
Ici et maintenant