Challenge Ecriture 2020

Challenge Ecriture #27 (21.07.2020)

Il y a ceux qui se souviennent et ceux qui oublient. Ceux qui regardent les années passées de rire en rire. Et d’autres pris dans le tumulte des larmes qui perdent de vue la joie. Il y a les naissances et les hypothétiques prénoms. Et les morts, la fin, les trahisons, les secrets qu’on emporte comme autant de frissons.

Il y a ceux des jours francs et ceux des jours sans âme, qui le regard perdu, se demandent comment ou plutôt pourquoi tout s’est passé comme ça. Ils égrainent les départs comme d’autres célèbrent les victoires.

Derrière les regards, les vies et derrière les vies, les choix. Compréhensibles ou pas. Tant qu’on peut rester fidèle à soi. Doit-on vraiment quelque chose à quelqu’un ici-bas?

Une nouvelle vie, comme un émoi. Et la nuit au loin qui emporte les étoiles. Bris de glace sur les pavés. Il y a ceux qui retiennent leur souffle et ceux qui, quoi qu’il en coûte, continuent d’espérer.

Vous pourrez retrouver les participations ici: Cette année là chez Mébul et Chez Josée

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Les vacances approchent, je ne serai pas présente sur mon blog. Je reviendrai le 11 aout. D’ici là je vous laisse avec quelques idées/ pistes pour les semaines à venir, afin que vous puissiez continuer à vous faire plaisir. Je serai ravie de vous lire à mon retour!

  • Partez d’une couleur de votre choix et décrivez ce qu’elle vous inspire.
  • Fermez les yeux, respirez profondément et prenez la première image qui vous vient à l’esprit. Ecrivez un texte qui part de cette image ou qui l’intègre, de la manière qui vous convient.
  • “Affirmez-vous…pour mieux rentrer dans le moule!” Rédigez un texte en lien avec cette citation.
  • Prenez un livre au hasard, ouvrez le et écrivez la première phrase lue. Ce sera le début de votre texte.
  • Décrivez en détails un plat qui vous fait salivez. Utilisez vos 5 sens pour cet exercice et faites nous rêvez!
  • C’est l’été, on se dévoile, osez un texte qui change de ce que vous avez l’habitude d’écrire!

 

Carnets Intimes

Toi (et moi)

Crédit Pixabay

Chaque minute de chaque jour, mon coeur s’emballe et mon corps réclame ton corps. Chaque fois une redécouverte de toi, de nous. Le temps file vite, très, trop par moments. Mais nous savons profiter de ce que la vie nous offre.

Je l’écris depuis le début et j’aimerai l’écrire toujours. Je suis en état d’émerveillement permanent. A l’heure où tant de couples éclatent autour de moi, l’heure où l’amour s’éteint, comme la bougie se consume, je prends la mesure de ce que nous partageons, de cette énergie qui nous lie, de ce qui bouscule mes certitudes, nos habitudes, de ce qui nous nourrit jour après jour.

Quand j’écoute le coeur des autres pleurer, je saisis l’ampleur d’une vie sans cette flamme si vive et pourtant si fragile. Je sais qu’on en revient et pourtant, égoïstement, je me demande si j’en reviendrais.

Les jours sans toi sont plein de toi. Nos pensées se télescopent en plein vol. Les saisons s’habillent de nos mains qui se serrent et de nos pas qui s’accordent. Il n’y a pas de maux que tu ne puisses entendre, pas d’émotions que tu ne puisses accueillir, pas de peurs que tu ne puisses apaiser. Je peux être tout avec toi, oser tout. C’est comme si tu avais balisé le chemin pour que je puisse enfin exprimer tout ce que je garde en moi, sans me mettre en danger.

Tout en toi me fait vibrer à une fréquence inédite. Certains parieront sur la chance. Peut-être. D’autres voudront nos mettre dans des cases. Toutes faites. Ce qui compte c’est cette liberté qui nous va si bien, qui nous donne des ailes. C’est pouvoir tout se dire même quand ça fait un peu mal. C’est ne rien prévoir et vivre chaque instant comme en équilibre dans l’espace temps.

Je ne crois pas en ces promesses que l’on se fait, en ces projets qui portent un peu trop loin pour moi. Je crois à ce qu’on se donne, là, aujourd’hui, à ce que l’on construit au quotidien, à la force des sentiments qui nous lient, à cette impression furtive de saisir l’essence du sublime de la vie.

Pour hier, aujourd’hui et demain: Merci! Le reste nous appartient…

Carnets de route

Arrêtons de voir le mal (mâle) partout…

Crédit Pixabay

J’entends souvent des mamans qui s’offusquent des petits garçons qui regardent sous les jupes des filles.

Je ne vais pas partir dans un débat sur les grandes “causes” de l’instant, la composition du nouveau gouvernement, la lutte pour l’égalité des sexes ou la main mise de la société patriarcale sur la vie des femmes. 

Un petit garçon comme une petite fille, ça découvre sa sexualité, rien de plus naturel. Il n’y a pas de perversion dans ce geste, ce jeu comme il n’y en a pas quand à l’école maternelle les enfants regardent les parties génitales de leurs camarades ou se masturbent pendant la sieste. L’enfant, qu’on le veuille ou non, part très tôt à la découverte de ses zones érogènes, de son plaisir. Il est curieux du monde, des autres. Il s’interroge et pose plein de questions. Il s’apprend dans le modèle et la différence.

Bien sûr il faut apprendre aux enfants que certaines choses ne se font pas en public par exemple, que pour jouer à un “jeu” il faut que l’autre soit d’accord. Mais c’est valable pour tout. Et quand une situation ne nous parait pas juste, en tant que parents, en discuter, en parler tranquillement, sans faire peser sur l’enfant le poids de normes, de limites, de frustrations qui ne le concernent absolument pas.

Je crois aussi qu’il faut arrêter de voir l’homme comme un prédateur et la femme comme une victime. Il faut sortir des schémas, des idées toutes faites. Je suis toujours surprise quand j’entends, encore une fois, des mamans dire qu’elles préfèrent que leur fille fasse du judo plutôt que de la danse, parce que dans la société elles auront besoin de savoir se défendre. Surprise et choquée. Je sais que ça part d’un bon sentiment mais je ne suis pas certaine que le résultat soit celui escompté.

Dans nos combats, nous oublions souvent que nos enfants ne sont pas nous, qu’ils ne sont pas notre prolongement non plus, qu’ils ne sont pas là pour réaliser les rêves que nous n’avons pas mené à terme, qu’ils sont juste des enfants qui découvrent le monde, leur monde, intérieur, leur corps, le corps de l’autre, explorent l’inconnu. Et pour le petit garçon comme pour la petite fille, l’espace intime de l’autre reste et restera pendant longtemps un mystère à percer.

Je préfère sincèrement savoir qu’ils s’apprennent ensemble (à la condition bien entendu que le sujet soit libre) plutôt que de s’initier à la sexualité à travers des médiums qui ne seraient pas adaptés à leur âge!

Et vous, ça vous choque, ça vous fait sourire, vous interroger?

Carnets de route

Cette Tyrannie qui nous fait du mal

Ce weekend j’ai appris un nouveau mot: La Happycratie ou la Tyrannie du bonheur.

Et ça a fait écho immédiatement.
Pas besoin d’aller chercher bien loin. C’est la nouvelle injonction à la mode. Et si la quête du bonheur, du plaisir, de la joie est saine en soi, ne réduire nos vies qu’à cela me parait dangereux. D’ailleurs, le monde n’a jamais été aussi mal et vide de sens. Regardez autour de vous et dites moi combien vous voyez de gens vraiment bien dans leur peau et dans leurs pompes? Hors mise en avant de leur vie “parfaite” sur les réseaux sociaux.

Est-ce que les gens respirent vraiment la douceur de vivre? Est-ce que vous sentez les gens en phase avec leurs choix, leurs émotions, leur vie tout simplement?

Nous naissons tous avec une personnalité qui nous est propre, un environnement familial particulier, un arbre généalogique, un passif qui n’est pas le nôtre mais que nous portons quand même. Nous grandissons avec nos blessures, nos traumatismes, nos joies, nos peurs, nos réussites, nos goûts, nos valeurs, nos idéaux, nos programmes. Nous connaissons des hauts, des bas. Nous nous arrangeons chacun avec notre bagage. Nous sommes tous à différents instants de nos vies. Il n’y a pas un modèle, un moule. Ce qui est applicable à l’un ne le sera pas forcément à l’autre. Nous avons chacun notre propre carte du monde. Et celle ci n’est compréhensible par personne d’autre que nous.

Alors le bonheur là dedans, le bonheur tel un étendard, qu’il faut appliquer comme de l’Arnica sur une plaie. Dépasser ses blessures, prendre confiance en soi, aller de l’avant, faire le deuil, pardonner, vivre l’instant et j’en passe. Sur le papier c’est très joli. Et je suis la première à dire que c’est important, chaque jour faire un pas vers soi, vers un mieux-être qui nous correspond davantage.

Toutefois à l’excès cela met une pression sur les gens. On nous gave comme des oies. On nous dit de s’affranchir des “il faut” mais on nous en re-balance autant dans l’autre sens. Ce culte du bonheur c’est presque comme une secte. On saute à pieds joints dans “ce n’est qu’une question de volonté”! Et on entraîne les autres dans notre course un peu folle, qui au final ne fait que nous éloigner des problèmes, des difficultés sans les résoudre.

Oui, méditer ça fait du bien. Oui faire attention à ses pensées et ses paroles c’est important. Oui prendre soin de soi, de sa santé c’est essentiel. Oui les soins énergétiques, les fleurs de bach, l’aromathérapie, la lithothérapie, le yoga, lire, dessiner, marcher en pleine nature, rire, entre autres, ce sont des aides précieuses sur le chemin.

Des aides, pas une baguette magique. On devient boulimique, sans s’en rendre compte (et je parle en connaissance de cause). On absorbe tout ce qu’on peut en la matière. Mais ça n’apaise qu’en surface. On ne règle rien. On fuit plutôt, toujours un peu plus loin. On finit par avoir du mal à vivre les coups de blues, les moments d’angoisse. On finit seul avec ses émotions un peu trop lourdes à porter. En regardant autour, le mot “bonheur” clignote, on se demande pourquoi, nous, on n’y arrive pas. Alors pour certains ce sera juste un passage à vide avant de remonter à la surface, pour d’autres ce sera plus dramatique.

On n’échappe pas à ce qu’il faut régler. Alors oui, ça revient, un peu trop souvent parfois. Alors oui, il faut peut-être se faire aider pour mieux se comprendre, mieux s’accepter. Nos chemins de vie ne sont pas linéaires. C’est utopique de le croire. C’est dangereux de vouloir à tout prix rayer les difficultés, mettre un voile sur les épreuves. Le boomerang revient toujours.

Je veux me souvenir et je souhaiterai que vous vous en souveniez aussi, qu’on a le droit de ne pas être au top 365 jours par an, qu’on a le droit d’avoir mal, peur, d’être en colère, d’être nostalgique ou d’avoir envie de baisser les bras, qu’on a le droit de se sentir fragile dans le creux de la vague et fort une heure après, que nos parts d’ombres existent, même si elles ne sont pas accessibles facilement, que nos failles sont réelles, que nous pouvons connaître de grosses crises existentielles et toutefois être heureux, que seul le Sage est au-dessus de tout ça. Nous n’en sommes pas encore là!