Posted in O bonheur des sens, Variations Littéraires

On y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se mentir, pas sur ça. On ne va pas dire qu’on n’y pense pas. On ne va pas faire semblant d’en avoir juste envie de temps en temps. Comme ça, en passant. Pas si souvent, alors qu’on y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se cacher derrière ce voile de pudeur qui une fois nos corps dénudés envoie valser tous les clichés, même nos peurs les plus tenaces – les miennes surtout.

On ne va peut-être pas se le dire là, comme ça, de but en blanc, au milieu de la foule. On n’a pas besoin de se le dire surtout parce que ça se voit et quand ça ne se voit pas ça se sent. Ou alors ça se serait triste.

Imagine si nous n’avions pas envie de nous retrouver si intimement, si mon « oui » était timide, si l’idée ne traversait même pas ton esprit…

Allez, on peut bien se le dire. Si nous partagions le même lit tous les soirs, nous ferions l’amour tous les jours.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Ça commence par…

Ça commence par une pensée, une envie. Ça commence par une impulsion. Et le reste suit.

Ça commence par le vent frais sur la peau nue.

Ça commence par un premier pas sur le bitume, une énergie qui vient de l’intérieur.

Ça commence par une foulée, légère, aérienne, poussée par une force invisible.

Dans cette première foulée, il y a encore quelques questions et incertitudes. Puis l’esprit lâche prise.  Se concentrer sur sa respiration devient une priorité, trouver son rythme, poser l’air. Autour le monde se décline en nuances de vert. Le soleil filtre à travers l’épais feuillage des arbres.

Dans les foulées suivantes, il y a le vide, l’espace, la nature imprégnée de nos pas, le silence à l’intérieur de nous.

Si dans la première foulée, rien n’est sûr, dans celles qui suivent, on se sent porté, vivant. Le parcours se dessine comme autant de pas osés dans une direction inconnue. Le corps se positionne dans un plaisir insoupçonné. On s’abandonne à l’instant qui nous délivre de tant de tourments. Le monde ne nous parait plus si hostile, la vie si compliquée.

Le rythme pris, plus rien ne semble pouvoir nous arrêter, tant que le corps dit « oui ». C’est une autre forme d’abandon, l’abandon à l’effort. Comme lorsque notre corps en épouse un autre, que l’amour infiltré dans un corps à corps passionné nous rend invincibles.

Tout commence par une intention. Le reste suit. La vie prend ses aises et toute sa place dans ces foulées matinales.

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Ces mensonges avec lesquels il nous faut composer

Il y a parfois des choses qu’on préférerait ne pas savoir, des petits (ou grands) secrets qu’on découvre au détour d’une conversation, d’un échange de mails, au hasard d’un changement.

Il y a parfois des mots qui disent tout et rien en même temps, des regards qui se croisent, entendus et qui laissent les interlocuteurs dépassés, mal à l’aise.

Il y a parfois des silences posés sur des situations, des non-dits acceptés.

Il y a parfois des insinuations saisies en plein vol, qui viennent chambouler l’état des choses.

Il y a parfois des vérités trahies par un geste, un téléphone laissé en évidence, un coup de fil inattendu.

Il y a parfois des mensonges de rien du tout, certains dont on ne se remet pas, d’autres avec lesquels il nous faut composer, comme si de rien n’était, parce que c’est mieux comme ça!

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De l’art de bien faire les choses

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Grand-mère disait qu’il fallait faire les choses bien. Que les belles choses c’est ce qui rend le monde plus beau. Grand-mère aimait faire les choses bien. Elle y passait du temps et y mettait beaucoup d’amour.

Grand-mère connaissait beaucoup de ces choses qui aujourd’hui ne parlent plus trop aux gens. Elle savait le cœur, l’intérieur des âmes. D’un regard elle embrassait l’espace, elle voyait à travers les vies et les visages. Grand-mère savait les plantes, les fleurs, les herbes, leurs noms barbares. Elle les récitait le soir comme une ode à la vie, une mélodie, un poème que j’écoutais en m’endormant, la tête bien calée contre son cœur, entre ses bras.

Grand-mère était belle. Encore plus belle quand elle occupait son temps à faire de belles choses.

Depuis qu’elle n’est plus là, je prends plaisir à retrouver toutes les jolies choses que ses mains ont créé.

Grand-mère avait raison. Il faut faire les choses bien. Et y mettre beaucoup d’amour surtout.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier 305 de Bric A Book

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Ma chérie, tu sais, les hommes…

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Quand une mère parle à sa fille, ça ressemble toujours plus ou moins à ça : un cœur à cœur sans pitié pour celui / ceux qui partage(nt) sa / leurs / notre vie(s).

Les clichés se succèdent dans un rythme frénétique. Chacune y va de son souvenir, de son anecdote plus ou moins légère. La réalité se fige dans cet élan qui dit tout ce que personne ne veut entendre.

La vie de couple est alors passée au crible de toutes les faiblesses des hommes, de tous leurs défauts qui, il parait, prennent de l’ampleur avec le temps. La mère tente de rassurer la fille en lui disant qu’à son époque, c’était pire, on en parlait pas, on ne faisait que subir. Puis elle lui rappelle que le couple ce n’est pas un chemin de roses: « avec ton père tu sais… ». La fille ne sait pas et ne souhaite pas savoir. Elle a juste besoin qu’on compatisse à son coup de blues passager. Hier, ils se sont disputés et dits des choses qui ont du mal à passer.

Une autre vague de clichés s’abat, envoyant valser les belles idées des féministes engagées. La fille voudrait la clé pour que son mariage soit une réussite. La mère lui dit d’être compréhensive, les hommes ne changent pas, ne se remettent pas en question. Ils sont certains d’avoir raison. Au lieu de se braquer, il faut les écouter, faire des compromis, des choix aussi. La fille, un brin rebelle, ne veut dépendre de personne, surtout pas d’un homme. C’est pourtant bien ça que sa mère lui a appris. Elle est complètement paumée.

La mère aussi. Elle s’emmêle les pinceaux dans ses clichés. Elle sait que partir au moindre petit couac n’est pas la solution. Et en même temps elle aurait apprécié avoir cette opportunité. Au final elle est restée pour tout un tas de raisons, mais surtout parce qu’une vie de couple, c’est compliqué – sa mère et sa grand-mère le lui avait si bien expliqué que c’est gravé dans son ADN. Elle dit à sa fille de s’accrocher, avec beaucoup d’amour ça peut marcher. Il lui en reste assez à elle pour s’imaginer finir ses jours avec celui qui depuis plus de 40 ans partage sa vie, malgré les bas et les mille et une envies qui lui ont traversé l’esprit de se barrer à l’autre bout du monde.

La fille se demande comment les hommes et les femmes font pour vivre ensemble sans se déchirer. Est-ce qu’elle a fait le bon choix ? Est-ce que l’amour suffira ? Est-ce que les hommes sont vraiment des lâches, des égoïstes, qui ne pensent qu’à leur boulot, leur voiture, des insensibles sans cœur, des briseurs de rêves, des brutes épaisses et sans une once de tact, infidèles par dessus le marché? Mais surtout est-ce qu’elle aura le courage de sa mère pour réussir sa vie de famille ?

Quand une fille parle à sa mère, ça ressemble toujours plus ou moins à ça : un cœur à cœur lourd de questions et un cœur qui a besoin d’être rassuré.  

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Parlons fantasmes!

Quand on parle fantasmes,  on entre dans un univers où codes, limites, barrières, peurs s’écroulent.  On est dans l’imaginaire et dans l’imaginaire tout est possible.

Entre les « on-dit », les « non-dits », les tabous, des expériences plus ou moins agréables, pour ne pas dire déstabilisantes, la sexualité est devenue un sujet délicat à évoquer. Dans le couple ou en dehors du couple. Ok, il y a certaines personnes très à l’aise, les veinardes!

Quand il est question des miens, je détourne assez facilement la conversation. Au-delà du fait que ce soit très intime, ça renvoie, je trouve,  à une sexualité sans fard, sans artifice. J’irais même au-delà, sans sentiment particulier. Nos fantasmes n’existent pas forcément à l’intérieur d’une relation, ils existent juste en tant que tels, à l’état brut. Ils renvoient à des images, des projections de soi, de l’autre. D’ailleurs nous n’avons pas besoin d’être deux pour en avoir.

Au sein d’un couple, quelques soient les choix de ce couple d’ailleurs, les sentiments, la confiance, l’écoute, le respect, le dialogue, l’amour, les envies communes, le plaisir créent une harmonie, une vibration particulière. La sexualité prend une autre dimension.

Je pense que si certains fantasmes sont réalisables, d’autres relèvent plus du domaine du jeu. Ils existent dans un espace, une réalité qui est complètement déconnectée de nous-mêmes (prenons un exemple commun à beaucoup de femmes – faire l’amour avec une star de cinéma !).

Comme je le disais, dans nos fantasmes il n’y a pas vraiment de limite (prenons cette fois-ci l’exemple du viol). Si dans nos scénarios les plus torrides, ce fantasme active notre libido, fait monter notre désir, il est clair qu’une fois revenues les pieds sur terre, un viol reste un cauchemar que nous ne souhaiterions jamais vivre.

Nos fantasmes sont amenés à évoluer avec le temps, au fil de nos expériences et de nos rencontres. Nos limites aussi. Avec un partenaire, telle ou telle chose sera envisageable, avec un autre, ce n’est même pas la peine d’y penser. Un fantasme réalisé pourra nous plaire un temps et puis on se lassera. Un autre ne sera jamais réalisé parce que nous souhaitons que cela reste du rêve, comme quelque chose d’inaccessible (mais qui de temps en temps nous fait du bien). Un fantasme, une fois énoncé, pourra se cogner aux “barrières” de l’esprit – je pense à la soumission par exemple – si le mot même ne vous fait pas sursauter, c’est que vous êtes plus avancés que moi sur le sujet! Il y aussi les fantasmes de l’autre qui ne collent peut-être pas avec les nôtres et vice-versa (pour ma part, l’échangisme par exemple est hors de question!).

Assumer ses fantasmes reviendrait donc à assumer sa sexualité, son imagination (débordante parfois), son potentiel érotique, sa sensualité.  Au-delà de ça, assumer LA sexualité comme une des pierres fondatrices de nos existences et de nos relations, un cocktail d’émotions, de pulsions, de sensations. Accepter notre sexualité c’est accepter notre part d’animalité, de violence. C’est un merveilleux outil de connaissance et de dépassement de soi. Encore faut-il être prêt à laisser nos peurs de côté et à lâcher prise…

Il est clair que parler de fantasmes, des siens, de ceux de l’autre permet d’établir une certaine complicité au sein du couple. Après tout, ce n’est pas parce que vous allez dire qu’un plan à trois vous tente que demain votre partenaire va inviter son meilleur pote ou sa copine pour que votre fantasme devienne réalité !

Encore une fois, la réalisation (ou non) d’un fantasme au sein du couple devra rester un choix à deux. Un fantasme ne devrait jamais être imposé, un « non » respecté.

Ça méritait bien un article en effet!

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Quand il est temps de lâcher la main au passé

S’attacher au passé, c’est une façon de refuser les cadeaux du présent.

Je crois que je m’y suis assez attachée. Quand on a souffert on connaît le goût du douloureux. Et pourtant l’abandonner c’est presque comme renier une histoire, des faits, des maux.

Le présent me comble. A beaucoup de niveaux. Et cette sérénité, ce bonheur, je ne souhaite pas les laisser filer.

Je me rends compte que mes blocages ne sont que des peurs que je refuse de lâcher. Au départ ces peurs me protégeaient, comme une alerte face à un potentiel danger. Mais surtout elles témoignaient d’un vécu qui me donnait une légitimité. Ça paraît fou. Et pourtant si on retourne 15 ans en arrière, ce combat je l’ai voulu, souhaité. J’étais de celles qui pensait que pour être reconnue, appréciée, il me fallait lutter pour ou contre quelque chose. Je ne savais pas comment les choses se manifesteraient mais cela était devenu une évidence. Mes pensées de l’époque ont créé ma réalité des années après. Et j’ai eu de quoi me battre. Au delà de mes espérances!

J’avais l’impression que mon existence n’en valait pas la peine. En tant que moi je n’étais rien. En tant que victime, je devenais quelqu’un. Je suis devenue ce que je rêvais d’être.

Puis j’ai choisi de m’en sortir.

Et de vivre.

Et d’être heureuse.

J’ai surtout appris qu’en tant que personne j’avais de la valeur.

Il est temps, je crois, de lâcher le passé, en le remerciant de ce qu’il m’a apporté, pour pouvoir pleinement savourer le présent! Et ses merveilles!

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Et si tu manquais juste d’imagination!

Crédit Pixabay

Rien de tel qu’une conversation matinale avec chéri pour l’inspiration d’un nouvel article!

Vu l’état avancé de ma nouvelle, plus de 30 pages au compteur, c’est un exploit (dont je suis assez fière d’ailleurs), je commence à élaborer le scénario du dénouement. Toute idée est la bienvenue, même si chaque nouvelle idée perturbe un peu mon plan de départ et m’oblige à identifier si je souhaite ou non la garder.

Il est clair que nous mettons un peu, voir beaucoup parfois, de nous dans nos textes, en fonction du thème et du style. Cela peut être un souvenir, une phrase entendue, juste un mot, une situation. A partir de là nous brodons. Et créons un univers qui pour le coup n’a pas ou peu de connexion avec nous, notre vie. Nos personnages finissent par vivre la leur, indépendamment de nos idées, principes, idéaux, valeurs. On finit même par se demander qui écrit!

J’ai noté en vous lisant que beaucoup de lecteurs apprécient qu’une histoire colle avec la réalité. Pour ma part, ce n’est pas un critère de sélection. D’ailleurs je crois ne pas en avoir de précis. Si j’aime, j’aime. C’est une des raisons pour lesquelles je suis incapable bien souvent d’écrire des critiques littéraires. Si le récit m’emballe, les incohérences (il y en a parfois) glissent sur moi. Par contre si je n’accroche pas, là je suis incorrigible.

Comment alors créer / décrire une réalité quand l’expérience de cette réalité nous fait défaut?

Notre imagination a le pouvoir de nous entrainer sur des sentiers jamais parcourus (je sais de quoi je parle). Une fois lancée, elle se sent libre de tout tenter, de tout donner. Nous ne nous posons pas la question de savoir si cela colle, dans un premier temps du moins, nous avançons avec elle. Advienne que pourra!

Vous qui écrivez, qui travestissez la réalité, la vôtre, la nôtre, que faites-vous quand vous souhaitez relater une situation mais que l’expérience de celle-ci vous est parfaitement inconnue?

Vous vous documentez sur le sujet?

Vous interrogez des personnes à même de vous éclairer?

Ou vous faites confiance à votre imaginaire débordant, votre intuition, qui même sans avoir toutes les clés pour mener à bien le récit en question, saura vous guider – et tant pis si l’exactitude n’est pas au rendez-vous, après tout lire c’est aussi l’occasion de rêver, de se laisser emporter loin de la réalité?

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Au bout du fil…

Crédit Pixabay

Le fil file sur la toile et défilent mes pensées les plus intimes. Le fil tisse le présent, déconstruit le passé, défile les tourments et file le temps sur l’ardoise des années.

Sur un fil glissent les secrets qu’on maudit, la toile opaque de tous les interdits tissés au fil du temps passé. Je défile un à un les maux dits, les mots tus, les maux qui à l’infini se croisent dans l’absolu.

Et sur un fil, en équilibre, filent mes pas, incertains parfois, fragiles, puis plus osés au fil du temps. Et défilent les peurs, le risque que le fil se brise, que le néant m’engloutisse, que le chaos ressurgisse, là où la sérénité a creusé son lit.

Au bout du fil, se trouve l’énigme, la mystérieuse, l’inaccessible. Elle se faufile au fil des choix, tisse sa toile au creux de nos bras, elle attend l’absolution. Que les nœuds se dénouent, que les verrous sautent, que le voile tombe, que la nuit s’efface pour que le jour prenne vie.

Et que s’embrassent à l’infini les fils de nos vies…

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Vide-Grenier

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Crédit Pixabay

Je me demande bien ce que je fiche là. Encore une brocante! Étienne en raffole. Depuis sa découverte l’année dernière lors de notre périple en Provence, il ne cesse de noter celles à venir, dans notre région et ailleurs. Quelle plaie!

Aujourd’hui, il m’y a trainée de force – le mot n’est pas faible! Il m’a juré qu’il s’agissait d’une occasion inespérée de  trouver notre bonheur pour la décoration de notre nouveau salon.

Voilà déjà une heure que nous vagabondons dans les allées, qu’il s’arrête à tous les stands, sans exception. J’aurais pu l’attendre à la buvette avec un bon bouquin. Je préfère garder un œil sur lui. Je dois dire, qu’à défaut d’être intéressante, la balade m’offre de bons fous rires. On trouve de tout, surtout des choses immondes et inutiles, des vieux vêtements à moitié mités, des chaussures sans lacet, des bouquins sans intérêt sur le jardinage dans les années 20 ou encore la bible de la bonne ménagère, des chaises percées, des ustensiles de cuisine d’avant-guerre, valises de régiment,…

Attendez, Étienne a l’air d’avoir repéré quelque chose. Je m’approche. Quelle horreur! Un tapis en crin de cheval. Mais comment peut-il trouver ça beau? Je me demande si je n’ai pas fait la connerie de ma vie en l’épousant  – je vous l’accorde c’est un peu tard pour s’en rendre compte.

Au stand suivant, c’est la cour des miracles, des bibelots à n’en plus finir. Tout est tâché, ébréché, les lampes pointent vers le bas, épuisées, les nounours sont défraichis. Je dois rêver! Il faut que je garde les idées claires et rattrape Étienne avant qu’il ne s’entiche d’une énième absurdité.

Oh là là il prend à gauche, il se dirige vers le cul de sac. Quatre stands perdus au milieu de nulle part. Si on trouve chaussure à notre pied, on sera sûrement leur seule vente de la journée. Avec un emplacement pareil, faire fortune doit être le cadet de leur souci. La vieille dans son transat a tout compris. Voilà qu’Étienne se tourne vers moi pour me montrer sa trouvaille: un clown en papier mâché, le genre de truc qu’un môme réalise pour la fête des mères à l’école primaire. Ce mec a vraiment un problème de goût! Ça ne s’arrange pas avec les année!

Tout d’un coup, il me tend un paquet, un cadeau. Je m’attends au pire. Un vase en forme d’écrevisse! Je souris, dis merci. Pour l’intention uniquement. Et l’originalité aussi, tant qu’on y est. Si ça continue comme ça, l’année prochaine, c’est moi qui me colle aux vides-greniers, j’aurais de quoi faire. Et je ne me sentirais même pas hors-jeu!

Texte écrit dans le cadre d’un atelier d’écriture – Mai 2017 – Thème: Vide-Grenier

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Dis moi, tu as envie de quoi?

En discutant récemment avec plusieurs personnes, je me suis rendue compte que j’étais incapable de répondre à la question “tu as envie de quoi?”.

Est-ce que je n’ai pas d’envies?

Si j’en ai, bien sûr. Des envies toutes simples, superficielles, qui si elles ne sont pas satisfaites, ne nuiront pas à mon bonheur. Si on me pose la question, là maintenant, je dirais que j’ai bien envie de rentrer chez moi un soir, mettre les pieds sous la table et ne pas avoir à faire la vaisselle en prime! Pas le summum de l’originalité!

Est-ce que je me suis déjà posé la question de mes envies?

Ou est-ce que je me suis trop occupé des envies des autres – par envie de plaire aux autres – en m’oubliant dans l’équation?

Est-ce que j’ai appris à répondre seule à cette question, à satisfaire seule mes envies? Et du coup je me trouve à court quand quelqu’un pose la question?

J’ai des envies communes à beaucoup de personnes: avoir davantage confiance en moi, aimer mon corps avec ses “défauts”, lâcher prise Et puis des envies qui s’accordent plutôt avec mes rêves, comme m’acheter un objectif, prendre des cours de photographie, écrire un nouveau livre, passer une nuit dans les arbres, m’acheter une jolie robe pour sortir…

Une unique envie sort du lot: passer du temps avec les gens que j’aime. Que ce soit se poser au soleil, se balader ou partager un repas sur une aire de pique-nique. Toutes les idées me vont – c’est peut-être pour ça que je ne suis pas force de proposition. Du temps de qualité, des échanges, du partage, je suis comblée. Je ne dirais pas que je me satisfais de peu, même si c’est ce à quoi j’ai été habituée, mais tout ou presque me plait tant que je suis en bonne compagnie!

Au final, les personnes qui s’intéressent vraiment à moi, me regardent être, vivre, finissent par savoir. A ma place. J’aimerais pouvoir les guider, mais je me sens assez désarmée face à cette question à laquelle je n’ai bien souvent aucune réponse sur le moment.

Est-ce que vous avez des envies? Est-ce que vous savez les exprimer? Ou est-ce qu’elles sont enfouies? Ou bien vous êtes comme moi, un peu perdu quand on vous le demande ?

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Les États d’Esprit du Vendredi 18.05.2018

Une semaine sans jour férié, c’est presque bizarre! C’est parti pour le rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [21:45]

Fatigue : j”écris beaucoup et je me couche tard (c’est pour la bonne cause!)

Humeur : bonheur!
Estomac: poisson, semoule, chocolat (test du gâteau en cours)
Esprit: se pose moins de questions
Cond. phys. : un peu de marche
Boulot : tous les dossiers sont ultra-urgents…
Culture:  L’homme qui voyait à travers les visages
Penser à : terminer ma nouvelle avant de commencer un autre projet
Avis perso : c’est en apprenant à son enfant à gérer la peur qu’on prend conscience que la nôtre n’a aucun fondement
Message perso: (1) tu as un goût certain pour les jolies choses (2) si vous souhaitez commandé mon dernier livre, les frais de port sont offerts en mai! (3) j’ai toujours du mal avec les mots mais je suis peut-être prête à lire un article sur le sujet
Loulou : s’essaye à la roulade avant, a des nouvelles chaussures, adore les chatouilles dans le cou
Amitiés : mails envoyés, coups de fil passés
Love : attentionné, j’aime le voir, passer du temps avec lui
Sorties : pique-nique en famille, entre amis, journée off en amoureux
Essentiel: rester calme et respirer (face à un loulou qui hurle c’est beaucoup plus productif que de crier)
Courses: de quoi faire une pizza, fêtes…
Envie de: lâcher prise sur le contrôle
Photo: souvenirs de vacances
Zic:
Fin [22:09]
Bonne soirée et bon weekend!
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Entre le corps et l’esprit: histoire d’un combat sans merci

Entre le corps et l’esprit, autant qu’entre le cœur et la raison, il y a un monde. Un monde qui vibre au rythme de nos limitations, de la confiance que nous accordons, que nous nous accordons, de la liberté dont nous souhaitons jouir, du lâcher prise, de principes et valeurs héritées, de nos limites (évolutives, plus ou moins protectrices), du dépassement de soi. L’échantillon est vaste.

L’esprit résonne. Le corps ressent. Les deux ne s’accordent pas toujours. On peut dire que dans mon cas, c’est tout l’un ou tout l’autre. Entre mon corps et moi, je pourrais tout autant dire entre la sexualité et moi, c’est une histoire compliquée.

D’abord il y a eu la découverte du plaisir. Qui s’est cognée contre toutes les idées arrêtées de la morale religieuse – la lutte infinie entre le bien et le mal. Puis la rencontre avec l’autre et la crainte d’être utilisée. Puis la peur de ne pas être “dans la norme”, d’avoir des envies inavouables,  des pensées malsaines et tout le florilège d’un univers dont on parle peu finalement, ce qui laisse la place, surtout quand on a une imagination débordante, à tout type de manifestations erronées.

Si pour certains la sexualité est une donnée inhérente au couple sans être essentielle, il est évident que pour moi c’est une des bases fondatrices. Une sexualité épanouie est une force pour le couple et dans la vie.

L’absence de confiance, de respect m’a fait tomber dans la dépendance. J’ai laissé mon corps être abusé, je n’ai saisi aucun message d’alerte. Je pensais qu’en me pliant aux injections quelque chose allait naître, quelque chose qui me remplirait. Mais rien de bon ne nait quand le consentement est forcé, quand l’acte sexuel répond à une menace.

On pouvait donc penser – enfin je pensais – que dans une relation saine, le passé serait évincé au profit de ce nouvel état des choses, que le corps reprendrait sa place, ses droits. Mais mon corps je l’avais tellement délaissé (détesté aussi) que mon esprit à profité de cette faiblesse et repris les commandes.

Affronter ma part d’ombre, partager le plus intime, me laisser aller à des confidences jusqu’alors gardées secrètes par peur sûrement du regard de l’autre sur des envies que je n’assumais pas, mon corps le réclamait et ma tête m’intimait l’ordre de ne pas prendre de risque: pourquoi vouloir tenter le diable quand les basiques tiennent la route. Se perdre, j’en avais testé le goût, il ne restait que l’amertume.

C’est là qu’un nouveau combat à commencé – si auparavant dans mes relations amoureuses c’était plutôt cœur contre raison, là la question ne s’est même pas posée – une lutte sans merci qui m’a poussée dans mes retranchements, m’a tourmentée au delà du raisonnable. Et le pire c’est que je me suis imposée tout cela toute seule.
La peur de l’inconnu s’est muée en ombre folle. Mon corps s’est révolté mais il ne faisait pas le poids. Les voyants de l’esprit indiquaient “attention danger” en lettres capitales. A bien y réfléchir le danger n’était qu’une vue de l’esprit. Où il y avait confiance, écoute, respect, communication, transparence, tous les ingrédients pour que mon corps enfin se laisse aller, prenne le plaisir qui lui revient de plein droit, j’ai posé un voile pour ne surtout pas envisager ce qui arriverait si je lui laissais le champ libre. Il est pourtant depuis quelques années mon meilleur conseiller.

L’esprit a sa place malgré tout. Il pose les limites. Il dit stop quand le corps serait prêt à plus sans encore savoir que ça pourrait lui être dommageable. Le corps à besoin d’expérimenter pour savoir, l’esprit analyse davantage et connaît aussi nos failles. Il a les données pour savoir jusqu’où il nous est possible d’aller. Il sert de régulateur à nos pulsions – envies. L’écouter n’est pas négligeable. De là à ne jurer que par lui il y a de la marge. Je me suis rendue compte qu’il avait surtout un train de retard. Le danger était présent il y a 9 ans. Aujourd’hui il est un leurre auquel je m’attache parce que le danger s’est déjà matérialisé une fois et que la peur à pris la place. C’est ce que je ne pardonne pas, ce qu’il a fait de mon corps, de ma sexualité – une offense –  ce qu’il m’a volé, ce qu’il a détruit à coups de menaces et de silences qui me font encore craindre qu’un geste, un mot, une idée  déclenchent une avalanche de souvenirs, fassent ressurgir des traumatismes – ceux sur lesquels je travaille au quotidien pour reconstruire mon identité de femme – peut-on un jour pardonner cette violence là?

Pourtant la configuration est différente, les sentiments, la personne, le cadre, la complicité, la connexion des corps – enfin tout. Il n’y a même pas de comparaison possible. J’ai même envie de dire que la relation actuelle épanouie et épanouissante est le terrain favorable pour tester, expérimenter, avancer à deux en confiance sur les chemins moins fréquentés. Le voile posé n’a pas été suffisant. J’ai eu maintes fois envie de le lever, jamais le cran. Et pourtant dans cette histoire j’ai une personne  qui veut bien le lever avec moi.

Est-ce que j’arriverais seulement à l’avouer, me l’avouer un jour? Est-ce que j’arriverais à trouver l’équilibre parfait pour moi? 

Posted in Carnets de route

Ses mains, lui et tout le reste

J’aime ses mains. Je pourrais passer des heures à les regarder. A apprécier leur texture, leur puissance. A dessiner leurs traits, tendus, tendres. Je les regarde vivre, être, tenir, porter, accrocher les miennes, glisser sur ma peau, entre les fibres de mes jupes. Elles s’appliquent au plaisir et disent presque tout, presque plus que les mots, quand elles s’enroulent autour des miennes.

J’écris tout, je saisis chaque instant, je le grave sur le papier des jours, des nuits, je note l’essentiel, puis tous les détails dans le secret d’un jardin particulier. Le quotidien se pare de couleurs que je regarde danser devant mes yeux, sensible à la chance partagée, consciente que ce qui est, l’est dans une vérité que je ne redoute plus (autant).

J’ai encore parfois cette impression de vivre un rêve éveillé. Puis la réalité s’impose, à l’image du rêve que j’ai maintes fois dessiné, filant et défilant le ruban des images créées par mes pensées.

J’aime son sourire et sa manière de me faire rire, ses mots fétiches, le timbre de sa voix et l’éclat de son regard, la pudeur de ses sentiments, ses idées, tellement d’idées, les sujets qu’il aborde en sachant combien c’est dur pour moi d’en parler mais combien c’est important de sortir ce qui me tourmente, son écoute et son absence de jugement, enfin tout ce qui fait de lui la personne épatante qu’il est à mes yeux.

J’aime quand il est doux et quand il m’entraîne sur des chemins jamais empruntés. A ses côtés je me sens prête à essayer, oser davantage. A défier mes “jamais”, non sans peur, juste confiante, à dépasser les limites fixées dans d’autres espaces, par crainte d’appréhender ce qui se cache derrière le voile de la pudeur.

J’aimerais que cet amour là ne se termine jamais. J’ai tiré trop de plans sur la comète avant lui et les échecs qui ont suivi m’ont profondément affectée. Alors quand je laisse mon regard trainer sur la ligne horizontale de l’avenir au loin, je n’y cherche plus de certitudes, ni qu’un quelconque signe me rassure pour demain. Je savoure juste l’instantané, le seul temps qui compte se conjuguant au présent.

Posted in Extraits Livres Publiés, Tout un poème

Fanatique

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Regarde-moi droit dans les yeux
Mon cœur se meurt sans un aveu
Je tremble de tous mes membres
Mes pieds ancrés en ta dangereuse réalité
Mes amours se noient
Mes passions prennent froid
Quand tes armes font la loi

Regarde-moi tomber
Effleurer le vide
Me fondre dans l’abime
Ta trahison comme un feu
Consume mes souvenirs heureux

Je me sens mourir
Sans plaisir
Dans un battement de cils

Regarde-moi m’éteindre lentement
A la faveur de ta démence
Dernier témoin tragique
De ton parcours de fanatique

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Extrait de mon recueil de poésie Ils avaient un prénom (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition) – Tous les bénéfices sont reversés à l’association IMAD pour la Jeunesse et la Paix.

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