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Bonjour Mademoiselle!

Il me regarde. Avec insistance. Ou je rêve.

Ne pas le regarder. Surtout ne pas le regarder. Poser mes yeux ailleurs. Regarder le bitume, ses pieds, ses chaussures. C’est bien ça les chaussures, ça ne dit rien les chaussures, c’est neutre. Ce n’est pas comme si c’était une des premières choses qui attirait mon attention. Ce n’est pas comme si j’avais même un dossier dans mon ordinateur contenant un nombre incalculable de pieds pris en photo.

Ne surtout pas passer la barre des hanches. La ceinture, passe encore, même si je n’ai pas d’affection particulière pour les ceintures. Isa me dirait que certains hommes en font une utilisation très intéressante. Je ne veux pas savoir. Isa a des idées bizarres. Quoi que sous la ceinture. Oh non, je ne peux pas penser à ça, on ne pense pas à ça. Maman me regarderait d’un air sévère si elle savait que je pose mes yeux à cet endroit-là.

Surtout penser à rester de marbre s’il m’adresse la parole.

  • Bonjour Mademoiselle!

Respirer. Garder le contrôle. Maman m’a toujours dit de ne pas parler à des inconnus.

Le timbre de sa voix me touche en plein corps, rien que ça. Dans le « mademoiselle », il y a une telle sensualité, je vais faillir. C’est fou comme une voix peut être à ce point envoutante. Raison de plus pour garder la tête froide. Sinon c’est fichu.

Ne pas le regarder. Ne pas croiser ses yeux. Ne pas effleurer ses mains du regard. Les mains ça dit tellement de choses. Je pourrai même me mettre à les imaginer sur moi, courir, caresser ma peau,
Maman dirait…

Je suis folle à lier. Un mec me plaît et je pense à ma mère.

  • Bonjour Mademoiselle!

Risquer un bonjour. Il faudrait que je puisse passer la barre de la ceinture. Si j’essaye, qu’est-ce que je risque ? Si je vais plus loin dans la découverte, qu’est-ce qui m’attend derrière ?  Si ce type ne me plaisait pas, j’oserai un bonjour. Maman me dirait de passer mon chemin. C’est effrayant, je pense encore à ma mère. Qu’est-ce qui cloque chez moi ?

Rester de marbre. C’est plus sûr. Si je pose les yeux sur lui, je sais. C’est foutu. Je vais le détailler de la tête aux pieds avec l’envie qu’il me possède des pieds à la tête. Je sens déjà ses bras me plaquer, sa langue écarter les lèvres de ma bouche, sa bouche s’approcher de mes seins, chauds, nus sous ma robe. Si je le regarde plus que quelques secondes, mon corps n’y tiendra plus et l’envie au creux de mes reins sera si forte qu’il me faudra m’éclipser, pour laisser mes mains faire exploser le plaisir.

J’ai une envie irrésistible de lever les yeux, de croiser les siens, que son « bonjour mademoiselle » soit suivi d’un où, quand, comment. Je me livrerai sans un mot. Si je le regarde, je vais céder à l’impulsion première, je vais l’attirer dans mon univers. Jusqu’à la délivrance, il m’y conduira j’en suis sûre. Il pourra m’ordonner, me lier, me délier. Je m’en remettrai à lui corps et âme. Je me donnerai, féline, câline, voluptueuse jusqu’au bout des ongles.

Est-ce que c’est ce que je veux ?

Bien sûr que oui. Je n’en peux plus de me faire toute cette discussion dans ma tête. Je passerai bien la quatrième vitesse sans tarder. Je suis à deux doigts de lui dire ouvertement, en me mordillant la lèvre, en me tortillant, qu’il me plait et que je n’aspire qu’à une chose, sentir son souffle dans mon cou, son corps collé au mien, sa chaleur envahir chaque pore de mon territoire. Je bouillonne intérieurement. Mon intimité n’est plus que liquide. Je me sens à la limite de l’implosion.

Mais je m’emballe. Si ça se trouve il veut juste me poser une question…

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Les États d’Esprit du Vendredi 27.07.2018

C’est vendredi, le vendredi qui annonce le début des vacances! Et l’heure de participer aux états d’esprit, initiative  de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [17h50]

Fatigue : due à la chaleur principalement
Humeur : ensoleillée
Estomac: tisane, salade de fruit et flan libanais
Esprit: léger
Cond. phys. : footing, yoga
Boulot : entendre “merci, vous avez fait du bon travail” c’est vraiment agréable!
Culture: Nina et moi de Leti
Penser à : profiter de chaque instant!
Avis perso : oser, quand c’est partagé, c’est encore plus délicieux.
Message perso: (1) on croise les doigts pour la réponse à l’entretien (2) bonnes vacances! (3) j’ai noté pour l’autoroute, je suis partante! (4) j’aimerai qu’un jour tu sois avec moi dans un endroit qui compte pour moi
Loulou: adore le poney, patauge même la où il n’a pas pied, attend le facteur (et sa maman!)
Amitiés : ce weekend, la semaine prochaine
Love : épatant, touchant, à l’écoute, séduisant, un puits sans fond d’idées diverses et variées (qui me plaisent!)
Sorties : anniversaire, journées plage avec les loulous
Essentiel: dire les choses, les sentiments, ne rien s’interdire
Courses: un pique-nique pour le car
Envie de: plage, glaces, soirées à papoter, footing, câlins baveux, parties de foot, équitation
Photo: bord de mer

Zic: C’est sensuel – parfait pour l’été! Même si je devrais me contenter de fantasmer!

Fin [18h10]

Je pars ce soir en vacances. Comme vous le savez si vous me suivez depuis quelques années, je suis rarement connectée en congés. Je passerai peut-être un peu, à moins que je ne me mette d’arrache-pied à mes projets d’écriture. J’en ai pas mal sur le feu! Bonnes vacances à ceux qui en ont. Et bon weekend aux autres.

PS – Vous êtes les Lecteurs les plus Formidables!

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Trois mots en suspens

Les avoir sur le bout de la langue. Les ressentir au fond des tripes. Les savoir par coeur parce que c’est le coeur qui parle.

Et ne pas pouvoir les dire. Les sentir incapables de franchir l’espace, aussi infime soit il.

Je déteste ce moment là où je repars avec eux. J’ai les larmes au bord des yeux. Du trop plein de ce qui reste en suspens et qu’une fois de plus je n’ai pu exprimer verbalement.

 

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Le premier pas

Chaque histoire s’écrit au fil des pas posés, des chemins empruntés. Un frôlement et c’est parfois un monde entier qui chavire.

Si je ne retenais qu’un instant, alors ce serait celui-là, celui de ses doigts qui se posent sur mon épaule. Je ne sais pas s’il en existe un plus chargé d’émotions diverses et variées que ce geste-là, celui qui défie tout ce que l’on croit savoir sur tout, cet effleurement qu’on croit avoir rêvé, qu’on aimerait pouvoir tenir entre nos mains pour s’assurer de sa consistance, qui crée un bouillonnement qu’on ne sait comment apaiser.

A l’heure où l’on s’interroge sur ce premier pas osé vers l’inconnu, sur l’utilité de laisser planer un quelconque mystère sur soi, de ne pas tout dévoiler au premier rendez-vous, je me demande si j’aurai au ce courage-là, si lui ne l’avait pas eu. Est-ce que j’aurai été terrorisée par une potentielle réponse négative ? Est-ce que je l’aurai laissé partir plutôt que de prendre le risque d’un refus ? Est-ce qu’il y avait dans son attitude quelque chose qui aurait pu me renseigner sur ce qu’il ressentait ? Est-ce que j’ai moi-même laissé transparaître quelque chose, qui lui a donné l’audace de ce geste loin d’être banal ?

Avec mon éducation du paraître, plutôt que de l’être, mes expériences pas franchement réussies, mon manque de confiance proche du néant (je me soigne!), cette croyance qu’exprimer ce qu’on ressent c’est courir le risque de faire fuir l’autre, je n’étais pas particulièrement bien armée pour le premier pas.

Pourtant c’est celui qui marque le début de toute histoire à créer, relation à construire. S’il n’est pas posé, l’histoire n’existe pas, elle s’étouffe dans un à peu près qui au fil du temps nous prive de son essence.

Peut-être que j’aurai osé. Parce qu’on ne vit qu’une fois. Mais je n’aurai pas pu photographier cet instant, le geste, les émotions, les sensations, la naissance de cet amour qui me transporte, me révèle, me touche intensément, investit mon être, qui me donne l’énergie et l’envie de croquer la vie à pleines dents.

Et vous, le premier pas, ça vous dit quoi, ça vous fait quoi?

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Sommes-nous tous des exhibitionnistes (refoulés) ?

“Exhibitionniste”, c’est typiquement le genre de mot qui fait peur. Il fait tout de suite pervers !

Et pour cause, peut-être que toi aussi il te renvoie à des souvenirs pas franchement agréables de l’enfance, typiquement le mec louche avec son long manteau qui au détour d’un chemin, à la sortie de l’école, dans un jardin public, dans le métro, au supermarché sort tout son attirail, fier et excité, un véritable ovni pour toi qui ne sais ni où te mettre, ni qui appeler à la rescousse. Pas étonnant qu’à l’âge de ta première expérience sexuelle, tu enclenches le frein à main, rien qu’à l’idée que ce truc horrible pénètre ton intimité, tu préfères t’abstenir.
C’est un peu comme la première fois qu’on te montre en cours de biologie la vidéo d’un accouchement. Ça a de quoi refroidir tes ardeurs illico presto !

Si tu es venu lire cet article pour avoir des réponses, passe ton chemin, je n’ai que des questions à partager avec toi !

D’abord l’exhibitionnisme, c’est quoi ?
Le Larousse dit qu’au sens propre, c’est « l’obsession qui pousse certains sujets à exhiber leurs organes génitaux ».
Et au sens figuré « le fait d’afficher sans retenue ses sentiments, sa vie privée, ce qu’on devrait cacher ».

Dans le premier cas, c’est assez précis, on en a parlé plus haut. Mais si c’est entre adultes consentants, est-ce que ça rentre dans cette catégorie ? Une obsession, c’est comme une addiction, tu ne peux pas t’en empêcher. Mais si c’est juste une fois de temps en temps, comme un surplus d’adrénaline, une envie de casser les codes, un fantasme à réaliser ?

Dans le deuxième cas, « sans retenue » ça reste assez vaste. Peut-on parler d’exhibitionnisme quand:

Un couple s’embrasse en public ?
Une personne se promène nue dans son appartement, les volets ouverts ?
Deux personnes font l’amour dans la nature, dans une voiture, dans le hall d’un immeuble ?
Un mec fait une déclaration enflammée à la fille qui lui plait en grimpant sur un monument public (ou l’inverse) ?
Une mère donne le sein à son enfant (on dirait que ça choque de plus en plus de personnes) ?
Une femme est seins-nus sur la plage (n’oublions pas qu’à une époque c’était à la mode et que personne n’y trouvait rien à redire) ?
Un homme glisse ses mains sous la jupe de sa partenaire (accessoirement lui enlève sa culotte par exemple – il parait que ça arrive même à des filles bien ! et que c’est même fait par des types bien! Je reste dubitative…) en pleine rue?
Une personne publie des photos / récits intimes sur la toile ?

Est-ce qu’une tenue transparente est considérée comme une atteinte à la pudeur?
Faut-il aller dans des clubs privés pour s’adonner en toute liberté à un plaisir simple sans crainte de choquer? Ou sans se sentir « hors norme » ?

Sommes-nous des exhibitionnistes quand nous partageons nos vies sur nos blogs respectifs, parfois nos sentiments, nos pratiques / préférences / expériences sexuelles, nos secrets de famille, nos opinions politiques ou religieuses, nos accouchements, nos problèmes, nos expériences douloureuses / malheureuses ? Quand nous parlons de nos conjoints, de nos enfants, de nos parents, que nous publions des photos d’eux ? Quand nous passons au crible nos ressentis ? Quand nous décortiquons les méandres de nos existences ?

Et si nous le sommes, est-ce si important, est-ce si difficile à assumer, à partir du moment où notre liberté ne porte pas atteinte à autrui? Après tout personne n’est obligé de lire ou de regarder, d’adhérer à nos choix…

Est-ce une question que vous vous êtes déjà posée ?
Vous sentez-vous à la limite quand vous vous exposez sur la toile ?
Est-ce que le terme vous indispose ? Ou bien vous assumez entièrement?

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Oui mais toi, tu as de la chance!

 

Crédit Pixabay

Je crois que si il y a une phrase que j’ai entendu un nombre incalculable de fois dans ma vie c’est bien celle là!

Oui mais toi t’as de la chance, tes parents ils t’aiment – c’est normalement, quand tout va bien, le lot de beaucoup de personnes. Surtout à l’heure où la majorité des enfants sont désirés. Alors peut-être que les mots n’ont jamais été dits, peut-être que les actes n’étaient pas à la hauteur des mots. Tous les parents n’ont pas les clés pour aimer bien.

Oui mais toi t’as de la chance, t’es grande – ça n’a pas été tous les jours une cure de jouvence croyez-moi! Et puis bon on ne choisit pas, on nait comme ça. On ne peut pas y faire grand chose, à part s’accepter.

Oui mais toi t’as de la chance, tu gagnes bien ta vie – est-ce que c’est de la chance ou le résultat de mes choix? Je l’ai mal gagnée aussi. J’ai fait des boulots pas sensationnels aussi. Accessoirement j’ai aussi fait des études. Et je n’ai que rarement décliné un poste parce que ça ne me plaisait pas. J’ai été élevée comme ça!

Oui mais toi t’as de la chance, tu t’entends bien avec ton patron – il faut dire que je fais tout pour. Ce n’était pas gagné d’avance…

Oui mais toi t’as de la chance, tu n’as pas vécu de gros drames – C’est quoi un gros drame? Est-ce que le chômage, le deuil, la maladie ça rentre dans la case? Ou alors il faut avoir échappé de près à la mort pour faire partie des rares élus (dans ce cas j’ai échappé la mort à 3 semaines, ça compte?)

Oui mais toi t’as de la chance, il ne te battait pas – quelle veinarde je fais! C’est vrai faut pas déconner quand même et s’estimer heureuse d’avoir échappé aux coups…

Oui mais toi t’as de la chance, t’as eu tes parents quand t’étais au plus bas – là c’est clair j’ai de la chance d’avoir des parents comme les miens. Ils sont parents avant tout. C’est pas non plus pour ça que ça a été facile tous les jours. On a été plus souvent au bord de l’implosion qu’au summum du bonheur. Et puis comme tous le monde on a eu nos quart d’heures de profonde incompréhension.

Oui mais toi t’as de la chance, tu as eu une grossesse sans problème – sans majeur problème physique, oui. Pour le reste, tu repasseras. Parce que j’en ai quand même bien chié moralement et émotionnellement pendant 9 mois.

Oui mais toi t’as de la chance, tu es partie avant d’avoir ton enfant – je l’ai payé aussi cher que celles et ceux qui partent après.

Oui mais toi t’as de la chance, tu as rencontré quelqu’un de bien  – encore heureux! J’avais donné dans le cas social! Plus sérieusement, on a juste saisi une opportunité. On a pris un risque, en acceptant de laisser le passé derrière nous, sans savoir ce que ça allait donner. La réalité nous a donné raison. Ça en valait la peine!

Oui mais toi t’as de la chance, tu réalises tes rêves – comme pour tous ceux qui réalisent leurs rêves, je m’en donne les moyens. Tout ne me tombe pas du ciel.

Donc non je n’ai pas plus de chance que les autres. Pas moins, non plus. J’ai toujours cru en la vie, alors peut-être qu’elle est là ma chance, dans mon caractère, ma personnalité, dans ma façon de regarder le monde. Le jour où j’ai compris que j’étais créatrice de mon bonheur, j’ai mis les bouchées doubles, prête à saisir les opportunités qui se présentaient. Ma vie au jour le jour est le fruit de mes choix. Certains m’ont conduit sur des sentiers mal fréquentés, d’autres des chemins de traverse, et certains des allées pavées de fleurs de mille et une couleurs.

Si la chance existe, alors je crois qu’elle sourit à ceux qui croient en elle!

Posted in Humeurs d'Auteur

Écrire du triste, ras le bol !

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Venant de moi, cette phrase me choquerait presque. Je ne suis pas très roman à l’eau de rose ou feel-good, je préfère souvent la réalité brute à toute forme d’artifice. Et pourtant j’arrive à saturation des drames.

En courant il y a quelques semaines, j’ai eu une idée. Et comme toute idée qui se respecte chez moi, j’ai fait ni une ni deux, je me suis mise à écrire, toute guillerette à l’idée d’avoir enfin un sujet intéressant sur lequel travailler. J’étais plutôt satisfaite de moi quand tout à coup, en relisant les 20 pages écrites, je me suis sentie mal. Toute cette tristesse, ces destins tragiques, j’en ai marre. J’ai l’impression de régler des comptes avec une histoire qui n’est pas la mienne.

Encore un texte qui va finir sa vie dans le dossier «  projets avortés » de mon ordinateur. Ne vous inquiétez pas, il a de la compagnie ! Tout un tas de débuts de romans, nouvelles aussi lourds les uns que les autres, qui parlent de vies brisées, de destins saccagés, que des mots qui mis bout à bout tentent d’appréhender l’humain, dans sa complexité et ses paradoxes, dans la souffrance et la violence. Comme si la vie ce n’était que ça !

Est-ce que je suis capable d’écrire autre chose que ce ramassis d’horreurs ? Est-ce que je peux prétendre moi aussi à quelques idées légères sans être insipides, à quelque texte passionné sans être pétri de chaos ?

Je pourrais passer des heures à me demander pourquoi j’en reviens toujours à ça. Mais ça ne servirait à rien. Et puis au bout du compte des heures, j’en arriverai à une conclusion qui ne refléterait absolument pas la réalité. Mieux vaut accepter qu’écrire, c’est aussi se planter parfois.

Je crois qu’il est préférable dans un cas comme celui-là, de faire une pause, de regarder le monde, de respirer la vie. Et peut-être qu’au milieu de tout ça, il y a une belle histoire qui attend d’être contée. On verra !

Et vous, comment écrivez-vous? Arrivez-vous à parler de choses légères? Ou bien vous sentez-vous attiré par l’absurde, la tragédie? 

Posted in Tout un poème

Je fantasme…

Crédit Pixabay

Je fantasme sur les lignes de fuite, les tours d’horizon, l’étendue de son être. Sur le tracé parfait des veines de ses mains, sur ses mains au repos que je dévore du regard.

Je fantasme sur ses manches relevées, sur ses bras forts et puissants, sécurisants, alignés, trajectoire soulignée.

Je fantasme sur les boutons de sa chemise, le sort que je leur réserve. Chacun ouvre la voie au plaisir qui prend ses aises.

Je fantasme sur les traits, les perles de sueur, la cambrure de son cou, l’eau qui coule sur sa peau imprégnée du désir de me fondre en lui.

Je fantasme sur le parfum de son épiderme, la sensualité de sa démarche, sur ce sourire dans lequel je lis ce que je dois savoir.

Je fantasme sur tout ce que je pourrais dessiner sur son corps, les yeux fermés, les mains liées, mon corps offert au souffle sensible de ses baisers.

Je fantasme sur tout ce qu’il pourrait donner, faire, s’il avait mon feu vert.

Je fantasme sur les mots que je défie du regard, qui marquent l’impact et qui dans sa bouche deviennent d’éventuels sillages à tracer, chemins à emprunter.

Je fantasme sur l’intensité de son envie, qui prendra la mienne par surprise, à laquelle je céderai sans me prêter au jeu indécent d’un éventuel “peut-être”, quand mon corps tout entier n’aspire qu’à s’abandonner.

Je fantasme sur lui.

Jour et nuit.

 

Posted in O bonheur des sens

Jour et Nuit

C’est souvent là, sur l’écran de la nuit que se jouent les heures les plus cruelles. A l’heure où le corps au repos s’expose aux fantaisies les plus sensuelles.

Elle scrute le jour qui disparait derrière l’horizon, la boule de feu qui s’enfonce dans la terre. Elle compte les secondes avant la chute fatale, dans un dédale d’envies qu’elle-même ne saurait définir et qui la lient à tant de fantasmes inassouvis.

Les mots se cognent et des images naissent, un chaos vertigineux qui épouse l’attente impatiente d’un corps à corps soumis à l’impulsion des sens. Au tempo de ses doigts qui pianotent des sensations sur sa peau parcourue de frissons.

Elle s’offrirait alors à tout, indépendamment des mots qui parfois la tracassent. Elle se donnerait à toutes les propositions même les plus indécentes. Pourvu que ce soit lui qui mène la danse.

Le noir la libère de ce qui régit sa vie. Comme si le soir tout était permis. Comme si la lumière lui volait ses tendres folies.

Qu’est-ce qui sépare le jour de la nuit?

Posted in Emprise et Renaissance

Je ne serai jamais seule

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus. Ma vie n’a plus d’heures. Elle a une consistance étrange. Elle se justifie de tout et se perd en tout. Ma vie est suspendue à un fil d’incertitudes, de doutes, de chemins à prendre, de craintes à apaiser, de silences à maîtriser. Ma vie est un chaos dans lequel je me fais l’impression d’être un fantôme. Je ne maîtrise plus rien. Ma vie est vide de rires et pleine d’angoisses profondes, qui enflent la nuit, qui font trembler mes jours.

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus. Je suis seule chez moi. Et j’ai peur. Mon corps n’est que frissons, un terrain de jeu sur lequel dansent les ombres de cette relation qui a débuté depuis 14 mois et qui me pompe toute mon énergie, ne me nourrit que d’injonctions à rester fidèle à une image née de l’imagination d’un homme pétrit de certitudes.

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus. Je n’en peux plus. Le silence pèse lourd, le sien. Qu’ai-je dit ? Qu’ai-je fait ? Ou pas ? Les jours se suivent et le silence prend tout, toute la place. Le silence est la violence que je redoute. Le silence saccage mes forces, il annihile mes pensées. Maintenant que j’ai laissé cet homme entrer dans ma vie, il a tout pouvoir sur moi. Il sait ce qu’il peut se permettre. Je le laisse faire ça. J’obtempère. Sans savoir pourquoi. Ou plutôt en sachant que si je ne le fais pas, la punition sera cruelle. J’adhère à ça.

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus. Il faut que ça se termine. Il faut que j’en finisse avec ça. Il faut que ça s’arrête. Tout est mort en moi. Je pense aux autres, ceux que j’aime, mais rien ne me retient à eux. Je me dirige alors comme un automate vers la porte, je l’ouvre, je regarde le balcon, les arbres, le ciel. C’est aujourd’hui ou jamais. Je me sens bien tout d’un coup, savoir que mon calvaire va s’arrêter me soulage. Je passe une jambe au-dessus de la balustrade…

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus.

Quelque chose vient de se passer. Un quart de secondes. J’ai toujours une jambe dans le vide. Autour de moi, rien, comme si le temps marquait une pause. Juste un souffle. Pas celui du vent dans les feuilles. Un souffle inconnu qui me retient de passer l’autre jambe. Une intuition comme un murmure qui me dit que je ne suis pas seule, que si je saute je ne serais pas seule, que si je ne saute pas je ne serais pas seule non plus.

Il est deux heures, peut-être quatre, peut être sept. Je ne sais plus. Ça n’a pas d’importance. Je suis en pleurs au milieu de mon salon, en vie. Je ne serais plus jamais seule.

Ce texte (autobiographique) a été inspiré par les articles de Rozie et Léonie, que vous pourrez retrouver en cliquant sur leurs prénoms.

Posted in Carnets de route

Et si…

Et si…

On se baladait dans Paris. Juste comme ça, pour le plaisir. Le plaisir de vagabonder, de découvrir, de partager.

Et si…

On ouvrait les yeux sur tous ceux qui composent la ville, décomposent le temps d’un instant où sur pause on se concentre sur la vérité des choses.

On regardait la vie battre.

On s’arrêtait pour contempler ce qui se joue autour de nous, l’écho en nous.

Et si…

On prenait le temps. De poser nos yeux sur l’inconnu. De contempler ce qui s’offre à nous.

On s’asseyait là, au milieu de la foule, entre les cris de joie des enfants et le silence apaisant des vieillards et qu’on se saoulait de bonheur.

Et si…

On comprenait qu’il n’y à rien à faire.

Sinon à être.

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 20.07.2018

Bien contente d’être à vendredi, cette semaine m’a paru interminable, et qui dit vendredi dit partages des états d’esprit, initiative  de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [14h22]

Fatigue : chronique cette semaine
Humeur : comme tous les mois à la même période
Estomac: pâtes, sauté de veau, salade de fruit
Esprit: solitaire
Cond. phys. : zéro au compteur – si vélo et foot avec loulou le weekend dernier
Boulot : vivement les vacances!
Culture:  Le sabre d’Allah de Gilbert Sinoué – Nina et moi commandé!
Penser à : me reposer
Avis perso : l’arnica ça fait vraiment des merveilles
Message perso: (1) 5 jours je trouve ça long, qu’est-ce que ça va être 3 semaines (2) vivement dimanche midi, on a plein de choses à se raconter (3) courage pour ces trois jours de folie aiguë (4) merci pour votre soutien et vos mots d’encouragement
Loulou: chante, danse, fait du poney, ramasse des fraises, mange des glaces
Amitiés : dimanche, fin de semaine prochaine
Love : surprenant, loin, beaucoup plus calé sur les décalages horaires que moi!
Sorties : diner en famille, cours de photo, déjeuner avec une amie, soirée entre voisines
Essentiel: oser
Courses: un autre maillot (puisque j’ai oublié de ramener le mien le weekend dernier…) – ça me donnera l’occasion d’essayer un 2 pièces et de travailler mon rapport à mon corps (j’ai du boulot!) – des tongs
Envie de: choses que je ne peux pas avoir pour le moment…
Photo: des cœurs dans les rues de Paris!

Zic: A venir…
Fin [14h48]
Bonne fin de journée et très bon weekend à tous.
Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Une sombre histoire de devoir conjugal

Crédit Pixabay

Un corps recroquevillé,
La clé dans la serrure, une porte qui claque,
Bruit assourdissant de ce qui se trame,
L’autre corps se glisse et se colle,
Les peaux se frôlent dans la fraîcheur d’une énième nuit morcelée.
Avoir envie là, maintenant.
Toujours. Forcément
L’autre corps attend sa dose journalière,
Se laisser prendre maladroitement,
Consentir
Au risque de…

Lire la suite sur Short Edition où mon poème participe au Grand Prix du Court – Automne 2018. Ce poème fait partie d’un recueil non édité (Copyright 2017).

 

Posted in Carnets de route

Ne plus se cacher ou Oser s’affirmer

Je débute cet article avec l’envie du point final, ou plutôt d’arriver au point final, sans me laisser submerger par des « et si » sans fondement qui viendraient remettre en question ma décision.

Si vous vous souvenez bien, mon mot de l’année était « oser ». Dans ce « oser » pour moi il y avait surtout du oser être soi, oser s’affirmer, oser essayer de nouvelles choses, oser sortir de sa zone de confort, oser dire oui, oser dire non. Donc un travail personnel, qui je dois l’avouer n’est pas toujours de tout repos.

Suite à beaucoup de discussions, certaines que j’ai prises très à cœur et qui m’ont fait réfléchir, tout en m’ayant profondément marquée, à la lecture d’articles arrivés un peu comme par magie pour apaiser certaines interrogations et suite à la découverte de la plume de Françoise Rey, j’ai créé il y a peu, dans l’anonymat le plus total, un blog dans lequel j’ai choisi de laisser libre court à une plume plus libérée – « uncensored » comme diraient les anglais.

Je vous avais fait part il y a quelque temps d’une envie un peu soudaine de m’essayer à la littérature dite « érotique » – vous le savez, les étiquettes et moi, nous ne sommes pas vraiment amies. Je n’ai jamais souhaité me couler dans un style particulier, mes écrits sont plutôt variés et me permettent de m’exprimer plus ou moins librement sur ce qui me touche. Toutefois de là à exposer au grand jour une écriture crue, sans fard, pétrie d’incertitudes, de là à me livrer corps et âme si l’on peut dire, à faire fi de tous les tabous liés à une littérature assez mal perçue et souvent considéré comme bas de gamme, il y avait bien plus qu’un pas à faire. Il s’agissait d’un vrai plongeon. Dans l’inconnu, l’inconnu des mots, l’inconnu des situations, l’inconnu des fantasmes, l’inconnu du regard de l’autre, l’inconnu de ce que l’on ose ou que l’on retient, l’inconnu de ses propres zones d’ombre qu’on camoufle si bien (même si certains ne sont pas dupes).

Je pouvais très bien continuer dans mon coin à écrire, sans faire de vague, ça je maitrise après tout. Et puis je me suis dit qu’à 37 ans, bientôt 38, c’était un peu dommage de me cacher comme une enfant ou une criminelle et triste de ne pas assumer cette part de moi, même si elle contraste avec celle que je montre la plupart du temps, et que certains d’entre vous connaissent, soit dans la vie de tous les jours, soit à travers mes textes.

Le but de cette démarche est profondément personnel avant tout. Ne me demandez pas comment je vais gérer un autre blog – le but n’étant ni de choquer ni d’imposer mon choix, partager mes textes et réflexions à part me parait plus correct et respectueux de mon lectorat. Parce qu’autant être franche jusqu’au bout, ma plume plus libérée ne fait pas dans la dentelle (quoi que) et je ne compte pas me censurer non plus. Pour ça aussi j’ai donné.

Sentez-vous libre d’approuver ou pas, de lire ou de ne pas lire mes textes. Sachez que je respecterais votre choix comme je sais que vous respecterez le mien.

Je tenais juste à partager ce cheminement avec vous. Je me souviens qu’à la suite de la sortie de mon premier recueil de poésie, j’avais reçu de jolis « merci » pour avoir passé le cap de l’édition et ainsi encouragé d’autres à le faire. D’autres l’ont fait. D’autres ont été inspiré par mon histoire. Et au-delà de tous les efforts, doutes, remises en question sur le chemin, je peux dire que c’est mon plus beau cadeau.

Un jour peut-être, vous aurez vous aussi l’envie de partager anonymement ou pas vos textes « érotiques », vos photos, réflexions. Si c’est le cas faites-moi signe, je serais très heureuse de vous laisser la parole, dans un espace libre de tout jugement et d’à-priori (qui sont beaucoup moins inoffensifs qu’on peut le penser).

Posted in Carnets de route

Aucune certitude

Il y a ceux pour qui s’engager, c’est se marier.
Certains pour qui l’engagement, c’est avoir un enfant.
D’autres qui verront plus de valeur à l’achat d’un bien immobilier ensemble.
Il y a les “un peu fous” qui fantasment sur un compte commun. Il en faut pour tous les goûts!
Il y ceux pour qui les présentations officielles aux parents, aux enfants, aux amis tiennent lieu de preuve qu’il ou elle tient à la relation, assume ce “nous”.

En amour, il n’y a aucune certitude.

On voit des couples se séparer tous les jours, des couples mariés, des couples avec des enfants, des couples officiellement présentés, des couples heureux propriétaires d’une résidence principale.
On voit des couples se promettre une présence pour le meilleur et le pire, larguer les amarres au milieu du pire comme du meilleur.
Parfois l’amour du début ne résiste pas au temps, à l’évolution de chacun. Parfois l’amour partagé ne résiste pas à la désapprobation des familles, au rejet des enfants.
Parfois il n’y a ni bébé, ni mariage, ni maison, ni présentations et ça tient. Parfois il y a tous ces ingrédients et ça ne tient pas.
Parfois il y a une vie en commun. Parfois il n’y a que des instants volés au temps.
Il y a des doubles vies qui durent et d’autres qui détruisent tout sur leur passage.
Il y a des mariages que l’on pensait avortés qui renaissent de leurs cendres et des couples qui ne passent pas les noces de coton.
Il y a des mariages de raison qui fonctionnent à merveille, des couples sur lesquels on ne pariait rien qui nous surprennent, d’autres qu’on pensait bien engagés et qui se traînent.
Il y a des mariages pour des papiers chargés d’amour. Et des mariages d’amour qui se délitent au détour d’un papier.
Il y a des amours clandestins qui s’éteignent au cimetière.
Il y a des couples qui vivent ensemble, heureux du premier au dernier jour, d’autres que le quotidien finit par saouler. Des couples libres qui survivent à tout ce que d’autres n’auraient pu imaginer.
Il y a des couples qui restent ensemble pour tout un tas de raisons. Et d’autres qui se séparent pour les mêmes raisons.

Non il n’y a aucune certitude. Ni aucune règle d’ailleurs. Il n’y a rien que nous puissions faire pour que l’amour dure éternellement. Il n’y a aucune promesse qui puisse contrer l’incertitude durablement. Et s’il n’y a qu’une vérité, c’est celle de l’amour au présent.