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Dans la malle aux souvenirs

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J’ai reconnu le pont. Il y avait d’autres endroits de cette ville, d’autres rues, d’autres espaces dans lesquels nous avions vécu des choses, jolies, moins jolies. Mais c’est le pont qui a retenu mon attention.

Je n’ai pas pu arrêter la vague de souvenirs.
Un soir d’été. Nous traversions ce pont, la ville, pour rentrer après un dîner. Je souriais sûrement comme je souris souvent et j’ai dit “bonjour” aux clochards sur le bord, juste à l’entrée du pont. Rien que du naturel. Qui t’a paru déplacé. Un peu trop naïf, complètement inapproprié. Je ne me suis pas laissée abattre. Tu avais des “et si” plein la bouche. Tu voyais du danger quand je voyais l’humanité.
On a disserté sur ce “bonjour” un peu. Et puis on est passé à autre chose. Parce que je ne voulais pas te voir rentrer dans un mutisme duquel je ne pourrais pas te tirer. Auquel tu ne pouvais rien je crois. Pas quand on ne se voyait que deux jours par mois.

Je me suis endormie dans tes bras en pensant que tu ne me comprenais pas, que ce n’était pas grave. Pas assez. Pour quelques heures de plein contre des jours d’attente. Pour un réveil aux aurores le lundi matin et le ventre en vrac. Pour un dernier baiser sur le quai devant un TGV bondé qui à mesure qu’il filait nous éloignait l’un de l’autre. Pas assez pour qu’on se dispute alors que chaque minute était comptée, dans une construction dont les bases friables ne nous apparaissaient pas encore comme telles.

Est-ce qu’on était trop jeunes pour s’accepter avec nos différences.Tu n’as pas compris mes envies et je n’ai saisi compris les tiennes. Tu n’as pas accueilli mon insouciance et j’ai eu du mal avec cette façon que tu avais de t’absenter de nous. Peut-être que tu avais perdu la tienne au milieu des accrocs de la vie – déjà. J’ai détesté Goldorak (je ne faisais pas toujours le poids). Et tous ces moments où tu étais là sans être là.

Et puis tu n’as plus été là. Un silence, un de plus au bout du fil. Trois ans envolés sur un calendrier hivernal bien triste. Noël a eu un goût amer cette année là. Le pont et tous nos déséquilibres. Même les bons souvenirs se sont pris le mur. Il a fallut du temps pour digérer. Au lieu de faire face j’ai voulu tout enfouir dans la terre. Pas de larme, pas d’émotion. Ne pas tomber, ne pas faillir. Ne surtout pas montrer au monde que j’avais fait un pari et que je l’avais perdu. J’ai continué à t’aimer longtemps, à m’accrocher à ton souvenir, à coups de “pourquoi”. J’aurai aimé des mots, que tu me dises en face, que la fin soit actée.

Mais bon l’amour tout le monde le sait ça arrive comme ça, on ne sait pas comment. Et puis ça part peut-être aussi comme ça. Je ne sais toujours pas.

Est-ce que ça s’envole sans qu’on s’en aperçoive? Est-ce que c’est comme le vent? Est-ce que c’est juste des bulles de savons dans l’air qu’on admire avant qu’elles n’éclatent, nous laissant sur le côté avec juste des étincelles qui finissent par nous brûler?

Tout ça à partir d’un pont vu dans un film. Je ferme la malle aux souvenirs. Ils sont bien où ils sont.

La tentation de l’infidélité

Il y a toujours une phrase quelque part qui me fait m’interroger!

En ce moment beaucoup de personnes autour de moi changent de lieu de vie, de boulot et beaucoup de familles se trouvent séparées – souvent par choix – le père ou la mère s’installant dans un endroit et le reste de la famille dans un autre. Clairement, ce n’est pas le choix que je ferais, pour l’unité / la cohésion familiale principalement.

En en parlant avec une amie, la première chose qui lui est venue à l’esprit était plutôt liée couple et fidélité. Et là je me suis souvenue de ce que j’ai entendu plus ou moins toute mon enfance, comme quoi un couple ça devrait être tout le temps ensemble et que les velléités de certains / certaines de “vivre leur vie”, c’est à dire de se faire des soirées entre copines, des virées entre copains, des soirées en solo, c’était faire courir un risque – un gros risque – à son couple.

Je trouve çà assez angoissant comme idée. Toute personne extérieure serait donc une tentation. Sympa pour les sentiments, qui ne seraient eux que du vent. Loin de moi l’idée que ça ne puisse pas arriver, mais est-ce que ça ne peut pas arriver tous les jours, tout le temps? Est-ce que regarder un homme, une femme dans la rue c’est déjà de l’infidélité? Est-ce qu’il faut vivre cloitrée chez soi pour ne pas être exposé? Est-ce qu’avoir de bonnes relations avec des collègues de bureau, pratiquer un sport, participer à des cours de dessin, c’est se mettre en danger? Est-ce que si ça arrive, si le couple se sépare, si l’infidélité est avérée, on ne pourra s’en prendre qu’à soi? Voilà le prix à payer pour avoir cru qu’on était libre de tout faire, tout vivre…

La confiance est une valeur phare du couple. Sans cette confiance, le quotidien doit être un véritable calvaire. Les jaloux en savent quelque chose!

Quant à la confiance trahie, chacun réagira différemment. Il n’y a pas une seule vérité en ce monde.

Votre avis m’intéresse? Est-ce que c’est quelque chose qui vous ferait peur aussi? Ou bien vous n’y auriez même pas pensé?

La dernière ombre au tableau

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J’ai souvent parlé – beaucoup moins en ce moment c’est vrai parce que j’en ai assez parlé et que je ne ressens ni l’envie, ni le besoin de le faire davantage – de l’emprise, de ses effets et des cicatrices qu’elle laisse.

On me demande souvent si je changerai quoi que ce soit à ce que j’ai vécu. Clairement, non. J’ai la certitude qu’il me fallait passer par ça pour me trouver. J’ai appris énormément de choses sur moi, sur mes relations aux autres, sur la peur, sur ma capacité de résilience, sur l’importance de me prendre en compte dans mes décisions. Cela a changé mon regard sur la vie aussi.

Bien sûr cela a pris du temps pour que je me reconnecte à mes émotions, sensations, à mon corps. Pour que j’apprenne à m’aimer, à me regarder avec bienveillance, me respecter. Bien sûr ce chemin je ne l’ai pas fait seule de A à Z, j’ai été accueillie, épaulée, écoutée, conseillée, aimée. Et je le suis encore. Toutefois cette victoire reste la mienne!

Enfin, je me s’en suis sortie.  Alors cette ombre au tableau, c’est quoi?

Il faut savoir que quand tu es dans une relation toxique, tout ce que tu dis ou fais est passé au crible de l’appréciation de l’autre. La météo peut changer du tout au tout en un quart de seconde. Te laissant complètement désorienté. Marcher sur des œufs devient ton mode de fonctionnement. Tout ou presque a le pouvoir de te valoir une “punition”. Au quotidien, tu finis par craindre toute interaction, tout changement de programme ou d’humeur. Tu ne vis plus en quelque sorte, tu survis et quand ça craque, tu mendies un pardon, en prenant toute la faute sur tes épaules. Pour avoir la paix, tu es prêt à tout!

Je vous rassure aujourd’hui tout va bien. Je suis pleinement heureuse dans ma vie sentimentale. Le seul “mais” vient de moi et de ma façon d’appréhender les choses. Je crains toujours qu’un mot, une phrase, un acte ne viennent remettre en question les sentiments de l’autre. J’ai moi même conscience que c’est complètement insensé (comme beaucoup de peurs le sont). Je me raisonne mais ce sentiment revient de temps à autre. Je ne lutte pas contre, j’essaie de comprendre pourquoi je n’arrive pas à m’en détacher. Il y a une explication quelque part, je trouverais la clé, elle m’ouvrira les portes de lendemains où il ne restera que le meilleur à vivre…

Ça vous parle? Vivez-vous encore avec des cicatrices qui se rappellent à vous de temps en temps? Comment avez-vous guéri de vos heures noires?

“On pourra partager ça aussi !”

Partager ?

Quel est ce mot barbare ?

Moi, on ne m’a jamais proposé de partager. Alors du coup, je suis émue. Et quand je suis émue je dis plein de choses sans intérêt, histoire de meubler l’espace pour que mon cœur puisse retrouver son rythme normal.

J’ai 38 ans dans quelques semaines et j’ai l’impression de découvrir la vie, les relations humaines. Avant « partager » c’était puéril (qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ce mot !) et puis partager quoi ?

Nos gouts. Ah oui, mais tu sais moi lire, écrire, ce n’est pas trop mon truc. Et puis t’écris quoi ? Enfin je te pose la question comme ça. Je ne te lirai pas. T’écris sur ça, si on veut, c’est loin d’être passionnant quand même…

Nos idées. Pour quoi faire ? A mon avis on n’a pas les mêmes. Enrichissant ? Je ne crois pas. Moi je sais que mes idées elles tiennent la route et que ce sont les meilleures.

Nos envies. Tu sais de quoi j’ai envie là, de mâter un bon film à la télé. Ça te tente ?

Et puis on pourrait aller se balader, faire des voyages,  visiter des expos, se faire un weekend au bord de la mer, aller à un concert. On pourrait partager autre chose qu’un repas, un ciné, un énième navet à la télé. Qu’est-ce que t’en dit ?

Je trouve qu’on partage déjà plein de choses ?

Ah oui !

C’est toi, t’es jamais contente de rien.

C’est juste que j’aimerai faire autre chose que regarder Albator le weekend ou visionner pour la cinquième fois Rocky. En plus il fait super beau dehors !

Trop chaud !

Sinon tu pourrais venir me voir à une répétition de danse. Ou on pourrait essayer un truc un peu loufoque, genre une nuit dans une roulotte.

C’est ça tes idées ! Déjà la danse j’aime pas. La roulotte, t’as piqué ça où? C’est grotesque!

On pourrait aller courir ensemble alors. Courir ça te plait ?

On n’ira plus courir ensemble…T’aura fait trois tours, je terminerai le premier complètement essoufflée. On se sera vus sur 300m et encore je suis gentille. En plus tu m’auras dit un truc genre je ne fais pas d’effort, je ne suis pas très rapide. Enfin on aura essayé…

On se rendra à l’évidence que partager, comme on l’entend, c’est pour les autres. Nous on se limitera à partager une literie, une douche, une cuisine et de temps en temps une table au restaurant ou deux fauteuils dans une salle obscure. Pour le reste, il faudra faire preuve de compréhension. Et intégrer qu’un petit plaisir doit se faire rare pour être délicieux.

Donc partager je ne sais pas vraiment ce que c’est. Je me suis même longtemps demandé qui pourrait s’intéresser à moi, puisque mes idées, mes goûts, mes envies semblaient sans intérêt.

Alors ça me touche. Et du coup je me dis que je suis un tant soit peu intéressante au final. Ça me touche vraiment et je vais mettre encore un peu de temps à oser…