Posted in Emprise et Renaissance

Comme un couple sur deux a Paris, je divorce !

Je sais ce n’est pas glorieux mais c’est la vie. On ne rencontre pas toutes l’homme fait pour nous. Enfin moi je rencontre surtout tous les hommes pas du tout fait pour moi. Je fonce droit dans le mur alors même que tous les feux clignotent « rouge » !

Au cours des 4 dernières années, je suis passée maîtresse dans l’art de me faire du mal.

Alors quand la barque prend l’eau de tous les cotés, il faut agir. Il faut aussi essayer de ne pas couler au fond de la mer. Mais comme toute championne qui se respecte, je n’ai pas fais les choses a moitié. Je me suis presque enfoncée dans les sables mouvants.  Je me suis retrouvée dans un endroit tout sale et qui pue. Et pour refaire surface il a fallu que je patauge (a ce point la je n’avais même plus de force pour nager), a contre-courant forcement, dans des vagues avec un requin à mes trousses.

Pinterest Blog 1 (2)

Enfin comme je vous écris, c’est que je m’en suis sortie, non sans mal. Enfin je fais encore de jolis cauchemars qui me font redouter la nuit qui tombe et l’heure fatidique du coucher. Si je m’écoutais je me gaverais de séries débiles a longueur de soirées.  J’ai plutôt choisi de me défouler sur le chèvre chaud et les bonbons haribo ! Chacun son style.

Mon avocat trouve que ma vie est romanesque, passionnante. Une vraie héroïne de roman ! Je n’aurais pas tout perdu. D’ailleurs si quelqu’un est intéressé par mon histoire, je suis ouverte a toute proposition (décente bien sur). A défaut d’écrire, je pourrais peut-être servir de personnage.

Parce qu’au prix que me coute mon avocat, mes rêves d’année sabbatique et de break écrivain sont relégués au grenier pour un contrat durée indéterminée.

 

Posted in Variations Littéraires

La journée de la poisse

Ça commence par la biscotte qui se fend en mille morceaux au deuxième coup de couteau. Le beurre fait des bulles jaunes dans ta tasse de thé. Tu détestes ça.

Tu files à la douche, l’eau est froide. Tu fais bouillir de l’eau dans ta casserole, et comme toute blonde qui se respecte, tu oublies qu’elle est très chaude et tu te brûles le cuir chevelu en une seconde. De douleur, tu lâches la casserole dans le lavabo, qui sursaute effrayé. Tu pourras t’asseoir sur ta caution, il est complètement fissuré.

La radio n’annonce de la pluie qu’en fin de journée. Mais comme les types de la météo se trompent sans cesse, tu arrives trempée chez ton kiné. Il est seulement neuf heures.

Bien sûr pile poil ce jour là, une andouille a décidé de traverser au rouge sur la ligne de tramway et de ce fait a paralysé tout le réseau. Tu te tapes donc le chemin du retour à pinces. Tu en profites pour passer à la sécu, histoire de savoir où en est ton dossier. Tu tombes bien sûr sur le seul abruti du service qui te demande une énième fois ton RIB. Tu aurais pu lui faire la peau sur le parking, mais tu préfères rester aimable. On ne gagne jamais rien à être désagréable.

Tu rentres chez toi manger un morceau. Sur la porte d’entrée de l’immeuble il y a une note qui dit que l’électricité sera coupée de midi à quatorze heures. Tu rebrousses chemin, il paraît qu’ils font de très bonnes quiches au coin de la rue. Quand tu arrives il ne reste plus que des sandwiches. Force est de constater que ce matin tu aurais vraiment mieux fait de rester au lit.

Ton rendez-vous chez le gynéco tu l’aurais bien annulé, mais tu te souviens qu’il faut compter en moyenne deux mois pour un rendez-vous. Bon gré mal gré tu ouvres ton agenda pour vérifier l’heure et tu t’aperçois que tu t’es plantée, il ne te reste plus que dix minutes pour t’y rendre. Bien sûr tu arrives en retard, le cheveu en bataille, haletante. La secrétaire te regarde dans sale œil, elle allait juste composer ton numéro de téléphone. Tu inventes une excuse bidon qu’elle n’entend pas, elle a déjà les yeux rivés sur son ordinateur et c’est en décrochant le combiné qu’elle te demande de patienter.

Pinterest Blog 1 (1)

Trente minutes, une heure, une heure et quinze minutes. Toujours rien et la salle d’attente ne désemplit pas. La secrétaire se pointe, appelle ton nom et t’enguirlande bien comme il faut devant tout le monde – il semblerait que tu te sois trompée de salle d’attente. Tu retournes dans la bonne salle d’attente. Tu attends encore un peu. Puis le gynéco vient enfin te chercher. Quand il te demande dans quelle clinique tu as accouché, tu te poses la question de savoir s’il a bien toute sa tête. C’est lui qui a suivi ta grossesse.

Il t’expédie en quelques minutes et demande à sa secrétaire de te préparer tes papiers.

Tu sors, le soleil brille. Les types de la météo t’ont bien eu. Tu montes dans le bus qui doit te ramener chez toi, enfin. L’immeuble est dans le noir. Tu en déduis que l’électricité n’est toujours pas opérationnelle.

Tu trouves un morceau de bougie dans un tiroir, ça fera l’affaire. Tu te mets en pyjama après avoir avalé sans réel plaisir des carottes râpées sans vinaigrette. Tu attends patiemment les douze coups de minuit pour enfin pouvoir respirer, sans te demander ce qui va encore pouvoir te tomber sur le coin du nez.