Concentré de magie

Copyright Marie Kléber

Tu es là chaque jour, même quand tu n’es pas là. Et chaque jour je me remplis de toi.

Les minutes qui nous séparent nous rapprochent. Le temps qui nous semble long parfois entre deux rendez-vous nous file entre les doigts quand nous sommes ensemble.

Je n’écoute pas les battements de ton cœur, j’accorde ma respiration à la tienne, je saisis ce que je veux retenir du présent, ce présent qui tisse la toile de nos souvenirs à venir.

Je m’enivre de ta présence et de tes mots en ton absence. Je note tout ce qui me touche, je couche sur le papier les émotions, les ressentis, les frissons, ces sensations si singulières, nos expériences si particulières.

Tu es là, dans mes pensées, quand tu n’es pas là, quand les minutes de loin me paraissent interminables, quand j’ai envie d’un peau contre peau, de ce contact qui a le pouvoir d’insuffler une énergie neuve à mon corps et mes envies.

Tu inondes mes jours et mes nuits de sentiments qui gonflent mon cœur d’un amour, qui déborde. J’ai peur que ce soit trop parfois.

J’aimerais te respirer chaque seconde. Et pourtant je sais que c’est dans notre liberté d’être l’un sans l’autre que nous puisons l’essentiel de ce qui nous lie.

Un concentré de magie…

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Les promesses de sa peau

Crédit – Pixabay

Je fais courir mes doigts sur les promesses de sa peau. J’imprime sur l’écran de mes jours le dessin de ses contours, de mes nuits le dessein de ses envies.

Je fais courir mes doigts sur l’enchevêtrement des veines de l’écorce chaude. Son histoire personnelle demeure ce flou que je ne saurais toucher que du bout du cœur.

Je fais courir mes doigts sur l’intangible des sentiments, la pureté de l’instant, l’enthousiasme des retrouvailles, la richesse de ce bonheur que je garde comme un précieux enchantement.

Je fais courir mes doigts sur l’effleurement des impossibles, tenus à distance par la confiance constante, osée, libérée de la souffrance du manque.

Je fais courir mes doigts sur ce qui se dit, sur les silences qui comme l’or se gorgent d’essentiel.

Je fais courir mes doigts sur l’énergie de nos corps, composés, étreints, métamorphosés dans un accord que nous sommes seuls à créer.

Je fais courir mes doigts sur ce qu’il est, donne, transmets. Et mes doigts se souviennent. A quel point je l’aime.

Grandir avec lui

Copyright Marie Kléber

Le laisser être, petit homme (petite femme) en devenir, qui s’insurge contre un « non » qu’il considère inadapté à sa demande somme toute recevable, mais à laquelle du haut de nos idées de grands, nous refusons d’accéder.

Le laisser vivre et exprimer la joie, la colère, le chagrin, même si celui-ci nous parait vain. Qui sommes-nous pour juger de ce qu’il ressent, du haut de ses quelques printemps ?

Le laisser s’accorder au monde, sans lui imposer une manière d’être. En lui inculquant les règles du bien vivre ensemble et des valeurs qui nous sont chères. Sont-elles celles des autres ? Valent-elles plus ou moins ? Ou rien de tout cela. Tant qu’il est question d’être en accord avec soi.

Le laisser trouver sa place au sein d’un espace, d’un groupe. Ne pas le brusquer tout en l’invitant à dompter ses peurs. Ne pas lui refiler les nôtres. Essayer au moins.

Le laisser grandir, à son rythme, sans toujours vouloir qu’il soit en avance, qu’il saute une classe, qu’il soit plus intelligent, plus sûr, plus éveillé, plus manuel, plus créatif, plus aventurier, plus câlin, moins casse-cou que les autres.

Puis le regarder, poser les yeux même quand tout autour nous invite à courir. Lui donner l’essentiel. Ne pas le trahir. Lui donner des ailes pour qu’il puisse voyager dans ces nombreux pays que seuls les enfants savent imaginer. Attendre qu’il revienne pour sa dose d’amour quotidienne qui lui donnera les clés pour grandir serein.

L’écouter. Dans les rires du jour. Et le silence du soir. Dans ce qu’il dit et ce qu’il tait. Dans ses impressions et ses appréhensions. Dans ses victoires et ses échecs. Dans ses idéaux (en essayant de ne pas perdre les nôtres en chemin). Dans ses aspirations et ses craintes. Dans ses forces et ses faiblesses. Dans ce qu’il a de nous et ce qui n’est qu’à lui.

Lui laisser la place et prendre la nôtre. Dans un équilibre sans cesse renouvelable, un rythme modulable.

Faire de son mieux aussi et croire en soi surtout.

On y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se mentir, pas sur ça. On ne va pas dire qu’on n’y pense pas. On ne va pas faire semblant d’en avoir juste envie de temps en temps. Comme ça, en passant. Pas si souvent, alors qu’on y pense tout le temps. Ou presque.

On ne va pas se cacher derrière ce voile de pudeur qui une fois nos corps dénudés envoie valser tous les clichés, même nos peurs les plus tenaces – les miennes surtout.

On ne va peut-être pas se le dire là, comme ça, de but en blanc, au milieu de la foule. On n’a pas besoin de se le dire surtout parce que ça se voit et quand ça ne se voit pas ça se sent. Ou alors ça se serait triste.

Imagine si nous n’avions pas envie de nous retrouver si intimement, si mon « oui » était timide, si l’idée ne traversait même pas ton esprit…

Allez, on peut bien se le dire. Si nous partagions le même lit tous les soirs, nous ferions l’amour tous les jours.

Ça commence par…

Ça commence par une pensée, une envie. Ça commence par une impulsion. Et le reste suit.

Ça commence par le vent frais sur la peau nue.

Ça commence par un premier pas sur le bitume, une énergie qui vient de l’intérieur.

Ça commence par une foulée, légère, aérienne, poussée par une force invisible.

Dans cette première foulée, il y a encore quelques questions et incertitudes. Puis l’esprit lâche prise.  Se concentrer sur sa respiration devient une priorité, trouver son rythme, poser l’air. Autour le monde se décline en nuances de vert. Le soleil filtre à travers l’épais feuillage des arbres.

Dans les foulées suivantes, il y a le vide, l’espace, la nature imprégnée de nos pas, le silence à l’intérieur de nous.

Si dans la première foulée, rien n’est sûr, dans celles qui suivent, on se sent porté, vivant. Le parcours se dessine comme autant de pas osés dans une direction inconnue. Le corps se positionne dans un plaisir insoupçonné. On s’abandonne à l’instant qui nous délivre de tant de tourments. Le monde ne nous parait plus si hostile, la vie si compliquée.

Le rythme pris, plus rien ne semble pouvoir nous arrêter, tant que le corps dit « oui ». C’est une autre forme d’abandon, l’abandon à l’effort. Comme lorsque notre corps en épouse un autre, que l’amour infiltré dans un corps à corps passionné nous rend invincibles.

Tout commence par une intention. Le reste suit. La vie prend ses aises et toute sa place dans ces foulées matinales.

Ses mains, lui et tout le reste

J’aime ses mains. Je pourrais passer des heures à les regarder. A apprécier leur texture, leur puissance. A dessiner leurs traits, tendus, tendres. Je les regarde vivre, être, tenir, porter, accrocher les miennes, glisser sur ma peau, entre les fibres de mes jupes. Elles s’appliquent au plaisir et disent presque tout, presque plus que les mots, quand elles s’enroulent autour des miennes.

J’écris tout, je saisis chaque instant, je le grave sur le papier des jours, des nuits, je note l’essentiel, puis tous les détails dans le secret d’un jardin particulier. Le quotidien se pare de couleurs que je regarde danser devant mes yeux, sensible à la chance partagée, consciente que ce qui est, l’est dans une vérité que je ne redoute plus (autant).

J’ai encore parfois cette impression de vivre un rêve éveillé. Puis la réalité s’impose, à l’image du rêve que j’ai maintes fois dessiné, filant et défilant le ruban des images créées par mes pensées.

J’aime son sourire et sa manière de me faire rire, ses mots fétiches, le timbre de sa voix et l’éclat de son regard, la pudeur de ses sentiments, ses idées, tellement d’idées, les sujets qu’il aborde en sachant combien c’est dur pour moi d’en parler mais combien c’est important de sortir ce qui me tourmente, son écoute et son absence de jugement, enfin tout ce qui fait de lui la personne épatante qu’il est à mes yeux.

J’aime quand il est doux et quand il m’entraîne sur des chemins jamais empruntés. A ses côtés je me sens prête à essayer, oser davantage. A défier mes “jamais”, non sans peur, juste confiante, à dépasser les limites fixées dans d’autres espaces, par crainte d’appréhender ce qui se cache derrière le voile de la pudeur.

J’aimerais que cet amour là ne se termine jamais. J’ai tiré trop de plans sur la comète avant lui et les échecs qui ont suivi m’ont profondément affectée. Alors quand je laisse mon regard trainer sur la ligne horizontale de l’avenir au loin, je n’y cherche plus de certitudes, ni qu’un quelconque signe me rassure pour demain. Je savoure juste l’instantané, le seul temps qui compte se conjuguant au présent.

Du manque et du bonheur composé

Crédit Pixabay

J’ai appris le manque de lui, si petit, une étincelle de vie entre mes doigts. Construire ailleurs ce que je ne pouvais lui offrir ici et dans ce temps sans lui, savoir que c’était mieux comme ça.

J’ai appris le manque d’elles, dispersées aux quatre vents. Puis à contrôler l’envie irrésistible parfois de traverser la France juste pour se retrouver autour d’un thé fumant, refaire le monde les yeux dans les yeux, sans ce fil inconstant qui bannit les distances, ne remplace pas l’absence.

J’ai appris le manque de ceux qui sont partis, qui ont déserté mon univers pour d’autres terrains de jeu, terrestres ou célestes. J’ai appris l’éphémère dans la vie qui reprend ce que j’ai de plus cher.

J’apprends le manque de toi, toutes ces vies que tu vis dans lesquelles je ne suis pas, tous ces paysages qui s’enivrent de ta présence, toutes ces heures qui peu à peu te rapprochent de moi, de nous deux.

Dans le silence de cet espace, de ce manque impalpable, je fais corps avec le monde, je saisis l’essentiel de ce bonheur composé. Tout est dans les sentiments partagés.

S’autoriser à…

Credit Pixabay

On s’autorise aisément le droit de douter, avoir mal, avoir peur. On se donne le droit de la colère, de la frustration, du chagrin, du ressentiment.

On s’autorise rarement à être heureux (ou seulement quelques élus), sans condition. On s’autorise rarement à prendre le temps. On se donne le droit d’aimer, de prendre du plaisir à vivre, sous condition une fois encore. Ne surtout pas ressentir trop de joie à exister.

On s’autorise à envisager l’avenir, à ne pas faire le deuil du passé, à ressasser les mêmes blessures, histoire de s’assurer un lit confortable de souffrances à égrener comme autant de fondations de nos vies bancales.

On s’autorise rarement à être, vivre l’instant, à profiter de chaque minute, sans tirer de plan sur la comète. Juste prendre les choses comme elles se présentent – qui sait ce qui se passera demain!

On s’autorise tout un tas de choses néfastes pour notre bien-être.

Quand allons-nous nous autoriser à être heureux, nous donner le droit de vivre le cœur léger et l’esprit libre!

J’ai bien envie de commencer maintenant…

Quand tu n’es pas là

Crédit Pixabay

Quand tu n’es pas là, je trace les contours d’une hypothèse – si tu étais là. Je t’écris, je retiens l’essentiel, grave les instants dans la pierre du temps présent. Je savoure avec plus d’intensité le son de ta voix et j’imagine où tu es, ce que tu vis, les émotions qui te traversent, percent à travers tes envies. Le soleil me saoule de bonheur, la nuit m’attire contre elle, dans un frisson, et ma plume déverse sur le papier tout ce que je retiens le jour.

Et alors tu reviens.

Et j’en oublie les tourments, les cauchemars. J’oublie de te dire la peur que quelque chose te retienne loin de moi, cette peur que j’apprivoise à chaque fois que tu n’es pas là.

Ce qui était et ne sera plus

Les dimanches pluvieux sont l’occasion inespérée de faire du tri. Il restait un dossier qui avait échappé à la première grande vague du mois dernier, le dossier dans lequel je n’avais pas eu le cœur de me plonger, après avoir éliminé souvenirs, cartes, objets gardés “au cas où”, vieux carnets de listes de course, journaux intimes d’un temps révolu.

Un dossier aussi lourd que 5 ans de procédure.

Un dossier émotionnellement très chargé.

Un dossier qui n’avait cessé de gonfler depuis le premier rendez-vous chez un avocat en Décembre 2012.

J’étais une femme perdue, je vivais dans la peur au quotidien. Pour moi. Pour mon fils et mes proches. Je n’avais aucune certitude, plus aucune, aucun projet, aucune envie. Demander le divorce était toutefois une évidence qui s’est imposée rapidement. Je ne supportais plus l’idée d’être la femme de cet homme, de porter son nom. Mais c’est surtout pour mon fils que je l’ai fait, pour le protéger.

Trier, c’était remettre le nez dans ces longues années, ces fausses pistes, ces mails insensés, remplis de menaces, d’injonctions, ces demandes jamais honorées, ces tentatives de conciliation avortées, cette envie de ne pas passer pour la « salope » de l’histoire (puis ne plus rien en avoir à faire). Trier, c’était se souvenir, refaire le chemin en arrière, faire face à cet épouvantable gâchis, gâchis qui m’a toutefois donner la force de rebondir, reconstruire ma vie. Et cette fois ci sur des bases solides. Cela a pris du temps, le temps des fondations bien ancrées dans le terre, le temps de comprendre, d’intégrer ma part de responsabilité, d’accepter que la vérité ne serait jamais révélée.

Il est clair que je suis très différente de la femme que j’étais en 2012. Je me suis découverte des ressources insoupçonnées, qui m’ont permis de faire face dans des situations délicates. Moi qui m’était toujours aplatie, qui avait toujours cédé, pour ma paix et celle de mon enfant, j’ai posé les limites, j’ai commencé à me respecter, à dire « non », à imposer MA vision des choses. J’ai appris à faire fi des insultes et des menaces. Mon attitude peut paraitre froide et insensible pour certains. Dans ce cas précis, je me considère comme seule maîtresse de nos destins. Je ne ressens pour lui ni haine, ni colère, juste cette indifférence qui a été mon salut au creux d’un deuil que je croyais impossible à faire. Son sort m’importe peu, je sais qu’il ne sera jamais heureux, qu’il en voudra toujours à la terre entière. Il n’est pas rayé de nos vies, il en fait partie, juste ce qu’il faut. Toutefois la confiance est rompue et ne sera jamais restaurée.

Alors, j’ai trié, j’ai jeté, j’ai regardé ces 5 années s’envoler dans le broyeur à documents, j’ai regardé ces semaines d’angoisse profonde s’évanouir, ces dizaines de mails traduits, ces attestations attestant l’horreur être englouties. Il ne reste plus que le strict minimum, les papiers d’état civil attendant de retrouver leur nom d’origine, les certificats de mariage et les jugements qui mettent un point final à ce qui était et ne sera plus.

Pour mon plus grand bonheur!

Et vous, trier ça vous fait du bien, ça vous fait peur parfois? Si vous êtes divorcés, avez-vous tout conservé ou tout liquidé?