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Nouveau livre, Fragments d’âme et Octobre rose

Copyright Marie Kléber

Je le dis souvent mais tenir son livre entre ses mains, c’est un grand moment. Je ne m’en lasse pas. Il y a beaucoup de moi dans mes écrits. Pas toujours. Mais dans celui-là, si.

Je l’ai imaginé il y a longtemps ce petit livre aux allures de grand. Je lui ai cherché un nom. Je l’ai imaginé différent, avec des photos, mais le prix de fabrication dépassait un peu mes prévisions. Alors je suis restée sur les mots.

Ici, je ne raconte pas une histoire, je ne fais pas de vers, je vous livre juste des pensées glanées pendant mes moments de méditation ou de pause. Que ce soit dehors, au grand jour ou face à la nuit qui tombe. Des pensées qui viennent comme ça, comme un absolu que je ne peux toucher du doigt.

Des fragments de moi. Des questions que je me pose et que je vous pose. Des interrogations face à la vie. Quelques idées que je tiens pour des vérités. Et puis de la beauté aussi, des instants de vie qui m’ont marquée. Des fragments d’âme comme une invitation…

Ce nouveau livre, je l’avais prévu pour la fin de l’été, un cadeau de rentrée puis d’autres projets sont venus retarder sa sortie. Octobre a pointé le bout de son nez et je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour, cette année, marquer le coup d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation et de soutien au cancer du sein. Donc pour chaque livre acheté (soit en me contactant par mail – soit en achetant le livre directement sur le site The Book Edition), 1€ sera reversé à l’association Vivre comme Avant (dont je vous parlerais prochainement).

Je vous laisse avec cet extrait:

Tout est dans la présence de l’autre à soi
De soi à l’autre
Dans l’être
Ici et maintenant

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Entre l’enfant que j’étais et l’enfant qu’il est

Crédit Marie Kléber

Je suis une enfant sage, qui ne fait pas de vague. Je n’exprimerai mes émotions que tard, plus tard. Et mal, très mal. Je ne sais pas dire.
Je vis dans une bulle, celle qui me protège d’un monde que je ne comprends pas. Je parle seule et dans la cour je ne suis qu’avec ceux qu’on met de côté – déjà.

Je suis une enfant sage. Des crises qui se comptent sur les doigts d’une seule main. Je me mets à l’écart. Je suis de la famille, tout en étant d’ailleurs.
J’ai frôlé la mort et peut-être que c’est pour ça que mes parents me protègent tant, qu’ils ne me comprennent pas. Pourtant ils sont là, bien présents, ils m’aiment et je le sens. Ils font face aux regards et aux jugements. Ils me défendent à tout instant.

Je suis une enfant sage. Je vis dans un monde que personne ne connait. Je m’invente des voyages, des amis. Ça ne fait pas de mal. Ça inquiète un peu les grands.
J’ai à peine 4 ans, à l’école, je ne parle pas mais je dors beaucoup. Les psychologues disent que tout va bien. Plus tard ils diront que je fuyais la réalité. Que c’était ma manière à moi de me protéger.

Je suis une enfant sage. Je ne bronche pas. Je ne pleure pas. Je ne conteste rien. Je ne crie pas. Je joue dans ma tête. C’est très bien comme ça.
Le monde autour tourne et je l’oublie. A l’intérieur de moi, c’est le chaos, de plus en plus. La mer est seule à m’apaiser. J’ai la nostalgie du temps passé.

Je suis une enfant révoltée. Personne ne le sait. Personne ne s’en doute. Jusqu’au jour où…

***

Il est un bébé sage. Il sourit. Il illumine ma vie quand tout en moi n’est que mort. Il est le rayon de soleil qui vient redonner vie à la fleur flétrie.
Il est un bébé joyeux. Il me donne envie de me battre. Il est la douceur après l’horreur. Le regarder apaise mes peurs, ma colère, mon impuissance à lui offrir plus.

Il est un enfant rêveur, riche d’idéaux. Il aime la vie. Il aime le monde. Il aime ces atmosphères qui font battre le cœur un peu plus vite. Il fait battre le mien entre deux crises. Il me fait chavirer de bonheur avant de me plonger dans un océan de culpabilité.

Il est un enfant qui s’affirme. Il crie. Il teste les limites. Il négocie tout et c’est épuisant. Il est aussi très câlin et une phrase de lui a le pouvoir de me remettre sur les rails.

Il est un enfant que j’ai du mal à apaiser. Il est un concentré d’émotions vives. Il se fâche vite et puis oublie aussi vite. Ange et démon en quelques secondes top chrono. Il cherche en moi la sécurité. Que je ne peux pas toujours lui offrir. A être rassuré sur le fait que je ne vais pas partir.

Il questionne tout ou presque. Il m’offre de me remettre en question régulièrement, de tester de nouvelles idées, de prendre les choses avec plus de légèreté. Il est à un souffle de moi. Un souffle bien fragile parfois.

Il est si différent de l’enfant que j’étais…

La vie devant nous

Ils parlaient tous de l’été indien, cet été qui n’en finit pas. Cet été sans grisaille qui repoussait les frontières de l’automne. On se retrouvait derrière l’école, le soir après les cours, le cœur et les mains liées à un potentiel futur. Sur le trajet du retour, nous explorions la nature, regardions le monde émerger d’une folie que nous trouvions tendre et que nous pensions éphémère. Mes cheveux en cascade et tes t-shirt originaux – celui avec l’éléphant dans l’arrosoir était à mourir de rire – s’harmonisaient bien. On se sentait forts, invulnérables. On s’imaginait des vies jusque tard, jusqu’à ce que le ciel se teinte d’orange, que la nuit s’installe. Et alors il nous fallait rentrer chez nous, retrouver le confort du foyer familial, les dîners sans originalité et les disputes presque prévisibles. Puis le soir, quand nous étions loin, que nos bras s’étreignaient sur une ligne imaginaire, dans un horizon saturé d’avions long-courriers, nous nous plaisions à retracer les contour de l’ancre qui maintenaient nos rêves à flot. Un jour, nous traverserions les océans du monde et nous gouterions aux joies des voyages interminables. Nous avions la vie devant nous.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: (arrosoir) – automne – trajet – ancre – retrouver – indien – cascade – orange – grisaille

Couleurs de vie

Crédit Pixabay

Une heure accrochée
Décrochée au fil du temps
Qui tel un funambule joue
Avec nos sentiments

On se croyait invincible
Il y a une minute seulement
Et puis la course a reprit
Et filent nos tourments

De silences en cris
On se demande vraiment
Quand est-ce que nous trouverons
Enfin l’apaisement

Au détour d’une rue
A un inattendu croisement
Les mots se posent
Et s’évanouissent les manquements

Nous ne sommes plus le moins
Nous sommes tout simplement
Un mélange aérien
Un chaos permanent

Un sourire revient
Le cœur riche de tant
Et au creux de nos mains
De biens jolis fragments