Sur le chemin…

© Marie Kléber

Il fait doux sur le chemin et vogue un air de vacances entre les brins d’herbe. Les rues ne mènent pas à la mer, pourtant on pourrait le croire. Les maisons vibrent de rires et de discussions autour d’une table posée dehors. On imagine des enfants courir à perdre haleine. Et se chamailler.

C’est un chemin comme ceux de l’enfance, dans lequel s’immiscent quelques souvenirs. On s’attend presque à entendre des voix, à cueillir une main. A voir un visage se dessiner dans la poésie du jour qui tombe.

Au bout du chemin, la gare et une place, comme celle d’un village. Il ne manque que le carillon d’un clocher pour être comme à la campagne. Les bruits de la ville se font sourds, le chaos nous semble bien loin. Les verres s’entrechoquent et les derniers badauds s’attardent en terrasse. Encore quelques minutes entre amis pour refaire le monde et rêver.

© Marie Kléber

On savoure les fleurs et les feuilles, le ciel encore bleu et la lune en croissant. Le temps stoppe sa course dans ce dédale d’odeurs et de sons estivaux. On se sent léger comme le vent qui caresse notre peau.

Le charme opère…

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Aimer, c’est quoi?

Crédit Pixabay

Au beau milieu de mes cartons et des meubles à démonter, je me suis d’un coup demandé si je savais vraiment aimer. Et là, toi qui me lit, tu dois te dire que la chaleur me tape clairement sur la caboche (ne t’inquiètes pas, je me fais la même réflexion – j’ai de ces idées!)

Alors du coup je t’explique. Jusqu’à très récemment, mes histoires d’amour et certaines de mes relations amicales trouvaient leur fondement dans le fait de sauver l’autre. J’étais comme un poisson dans son bocal, les deux nageoires dans mon élément. Sauf que, on en conviendra tous, l’amour c’est pas vraiment ça. Mais moi, je ne connaissais que cette forme là. Rendre les autres heureux, c’était dans ma programmation initiale. Je m’étais souvent retrouvée dans des situations aussi abracadabrantesques les unes que les autres, avec mon profil “Mère Theresa” sans la carrure ni la foi.

Un jour (Eurêka te voilà!)  j’ai compris que ce don total de moi-même, ne me faisait aucun bien et ne changeait rien pour les autres non plus. Qu’on le sache, le bonheur est affaire personnelle. Et sauver l’autre, une idée saugrenue et clairement pas une base saine pour une relation durable.

Du coup, j’ai fait ce que toute personne censée devrait faire, je me suis lancée dans un grand nettoyage de printemps. Et je me suis enfin regardée dans le miroir. Ça parait tout simple comme démarche mais c’est pas si évident. Surtout quand tu as passé le plus clair de ta vie à tenter d’échapper à toi même et que “les autres avant tout” c’était ton mantra!

Aujourd’hui donc, puis que c’est d’aujourd’hui dont je parle, et bien je n’ai plus de repères. Les autres étaient mauvais, certes, et je suis bien contente de les avoir lâchés. Mais sans repère c’est un plus compliqué de se situer. J’ai plus de questions que de réponses.

C’est quoi aimer? C’est comment? C’est instinctif? Ça s’explique ou ça se vit juste? Peut-être qu’aimer c’est juste aimer. Peut-être que je me fais des nœuds à la tête (sûrement même mais bon moi sans nœuds à la tête ça ne serait pas vraiment moi!) 

Est-ce qu’il y a des grilles pour savoir si on aime bien – ou trop – ou pas assez – ou mal? Est-ce que ça se voit qu’on aime? Est-ce que ça se sent? Est-ce que ça se dit, un peu, souvent? Et quand ça se dit, est-ce que ça dit vraiment tout?

Vous en pensez quoi vous? Vous vous êtes déjà posé ce genre de questions? Ou ça vous parait complètement tordu (vous avez le droit – après relecture de l’article je me dis que c’est très tordu!)?

Nos choix de vie

Crédit Pixabay

Les gens poseront toujours des questions, pas toujours innocentes, pour savoir.
Où? Quand? Avec qui? Comment?

Ils donneront leur avis sur des situations qui ne les regardent pas. Ils feront des remarques plus ou moins agréables. Ils se poseront en détenteur de vérités absolues. Ils se prêteront au jeu de paris insensés. Qui leur donneront l’illusion d’en découvrir un peu plus sur ta vie intime.

Parce que c’est bien de cela dont il s’agit, de ce qui se passe derrière la porte de chez toi.
Avec qui tu vis? Ou tu ne vis pas? Et pourquoi?
Quand est-ce que ça devient officiel tout ça?
Et tes enfants, ils en pensent quoi?

Ils creuseront, tenteront de percer tes secrets. Ils voudront saisir tes choix et comme ils ne les comprendront pas, ils choisiront de te dire ce que eux, ils feraient à ta place. Juste un conseil, avisé bien entendu.

***

Elles ne demandent rien. Elles n’osent pas. Elles ont un peu peur de ce que sera demain. Elles gardent en elles tant d’histoires d’avant. Qui se sont éteintes comme les lumières à la fin du spectacle. Elles se demandent si on ira loin, si même on ira quelque part. Ou si ça se terminera comme toutes les autres fois. Comme si notre vie privée était l’affaire de tous.

Ça rassurerait tout le monde si…

Nos choix étaient différents. Nos envies plus communes.
Chacun pouvait enfin mettre un visage sur…
Tout pouvait rentrer dans des cases bien construites. Si on pouvait se laisser aller. Ce serait tellement plus apaisant que toutes ces hypothèses alambiquées.

***

Tout le monde y va de son couplet, sur le pourquoi du comment des choses. Sur l’enfant. Sur l’homme. Sur deux mondes parallèles qui ne se rencontrent pas, sur des unités séparées qui ne rentrent pas en collision. Sur la vie à deux. Sur l’engagement. Sur les valeurs des uns, des autres. Les questions reviennent et on finit par ne plus y répondre que vaguement, conscients des limites de chacun. On ne cherche pas à être compris. Juste à vivre bien.

Même si parfois on aimerait…
D’autres scénarios, des imprévus, des surprises, ne pas tout devoir calculer (ou presque).

Nos choix sont tous assortis de compromis. Certains trouveront les nôtres impossibles. Il en sera peut-être de même pour nous et des leurs, nous nous garderons bien de le leur dire – qui sommes nous pour juger leurs choix de vie?

 

 

C’est troublant…

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C’est troublant.

Ta manière d’être. Que ce soit toi qui donnes autant. Je ne suis pas habituée à cela.

Donner, fut ma survie pendant longtemps. Une façon de vivre à côté de la vie, de ne pas penser à soi. Ne jamais penser à soi. C’est bien ce qu’on nous enseigne, petits. Penser à l’autre. J’y ai tellement pensé que je me suis oubliée. J’ai donné aussi sans savoir ce que cela voulait dire. J’ai tout donné en me niant complètement, en classant besoins, envies dans un coin. Je n’avais pas le temps pour moi. Et puis l’autre comptait plus. L’autre, ce tout.

Toi, tu le fais sans t’oublier, sans te nier, sans t’interdire d’exister. Comme si tu avais compris les codes. Mais est-ce que tu reçois autant?

C’est troublant.

Cette ode vibrante au plaisir. Qui émane de toi. Le mien semble ta priorité. Je ne suis pas plus habituée à cela.

Il a été toujours été question des autres. Avant. Des besoins des autres. Des envies des autres. J’ai tu les miennes. C’est peut-être pour cela que je ne sais plus dire, aujourd’hui. Mon plaisir, cet accessoire. Juste solitaire. C’est peut-être pour cela qu’il me dérange encore parfois. Quel est la place du tien? Existe t-il en tant que tel? Ou bien ne vibres-tu qu’à travers le mien?

Tu vois c’est troublant. C’est plein de questions en suspend. Ce n’est pas de la peur, c’est juste cette impression de tout reprendre depuis le début, de découvrir une nouvelle réalité. C’est conquérir une autre dimension de l’être. Partir sur des chemins, sans tout comprendre, on se laissant guider. C’est être avec toi, aimer avec toi, grandir avec toi. C’est troublant et c’est exquis!