Posted in Vie de Blogueuse

Si je n’avais pas peur…

Crédit Ornella Petit

Je crois que nous nous sommes tous posés cette question un jour: Que ferions nous si nous n’avions pas peur?

Je pense qu’il est important de rappeler que la peur n’a pas que des mauvais côtés. C’est une émotion de survie et une alerte face au danger. C’est quand la peur est omniprésente, qu’elle nous fragilise, qu’elle nous empêche d’avancer que cela devient problématique.

Des peurs nous en avons tous. Certaines que nous arrivons à dépasser, d’autres moins. Certaines un brin handicapantes et d’autres qui nous protègent. Certaines liées à des traumatismes passés, d’autres liées à notre caractère, notre mode de fonctionnement.

Qu’en est-il des miennes?

Si je n’avais pas peur – impossible – si j’arrivais à les dépasser plutôt, je pourrai conquérir le monde. Tout comme vous d’ailleurs.

Le regard de l’autre ne serait plus un frein à mon épanouissement. Je ne m’attacherai plus à un quelconque besoin de reconnaissance. Je lâcherai la culpabilité et je me féliciterai davantage. Je partirai en croisade – une croisade pacifique – pour défendre les causes qui me tiennent à cœur. Je parlerai de mes livres un peu partout. Je me mettrai en avant sans me sentir “pas vraiment à ma place”. Je partagerai plus sereinement mes écrits. Je m’affirmerai sans m’imposer. J’arrêterai sans cesse me justifier. Je me ferai confiance dans les différents actes de ma vie.

J’existerai pour qui je suis et non pour qui je pourrais être, en fonction des critères de chacun. Je dirai “non” plus souvent. Je me dirai “oui” aussi. Je laisserai le passé là où il est et je vivrai le présent avec une intensité déconcertante.

Je ne me sentirai plus mal à l’aise d’être qui je suis. J’arrêterai de vouloir être acceptée à tous prix. J’explorerai le monde, visible et invisible. Je me laisserai porter par mon intuition. Je resterai fidèle à mon cœur. Je ne manquerai jamais d’audace. Je m’aimerai entièrement avec ma lumière et mes zones d’ombres.

Je me rappellerai que je ne suis jamais seule. Je partagerai mes sentiments, sans toujours tout enrober. Je dirai aussi les choses qui ne me conviennent pas. J’arrêterai de me faire des nœuds à la tête pour ne pas blesser l’un ou l’autre.

Je serai une version authentique de moi-même.

Cet article a été écrit dans le cadre du carnaval d’article proposé par Emeline du blog “si j’osais“. Vous pourrez retrouver courant octobre toutes les participations sur son site.

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 27.09.2019

L’automne est arrivé et ma participation aux États d’Esprits  aussi. Avec une pensée encore et toujours pour les fondateurs de ce moment privilégié de la semaine.

Début [22h15]

Photo: La couverture de mon nouveau livre! (je vous en parle très vite…)

Fatigue : inexistante
Humeur : au top
Estomac: tajine, thé à la menthe
Esprit: heureux
Cond. phys. : kiné, marche et yoga
Projet/boulot: en mode formation au boulot et un livre de terminé, un en finition avant envoi
Culture:  Livres: terminé Un Secret de Philippe Grimbert, en cours Fugitive parce que reine – TV: Ghost

Penser à:  vous parler de mon livre
Avis perso (1): l’alcool ce n’est pas une obligation!!
Avis perso (2): un grand homme (!) il ne faut pas non plus exagérer.
Avis perso (3): 4 instituteurs en 4 semaines d’école, on ne bat pas de record mais presque!
Avis perso (4): je suis fière d’avoir réussi à poser mes limites et retrouvé de la sérénité

Message perso (1): j’ai été super heureuse de te voir mardi midi (2): tout ce travail sur soi, ce n’est que tu bon (3): c’est vrai que j’ai toujours un peu peur, même si je sais que ça n’arrivera pas Message perso (4): merci pour tes mots et ton écoute – précieux! Message perso (5): juste toi

Loulou: chante Jean Ferrat, adore les maths, me fait craquer (dans les 2 sens du terme!)
Amitiés : mail, cartes envoyées pour certaines, au téléphone aussi
Love : très occupé, trouve toujours du temps pour nous, a de bonnes idées
Sorties : marché, en amoureux
Essentiel: rester zen
Courses: des carnets + alimentaire
Envie de: penser un peu plus à moi
Zic: Ghost of course

Fin [22h34]

Merveilleux weekend à vous tous!

Posted in Atelier écriture

La vie devant nous

Ils parlaient tous de l’été indien, cet été qui n’en finit pas. Cet été sans grisaille qui repoussait les frontières de l’automne. On se retrouvait derrière l’école, le soir après les cours, le cœur et les mains liées à un potentiel futur. Sur le trajet du retour, nous explorions la nature, regardions le monde émerger d’une folie que nous trouvions tendre et que nous pensions éphémère. Mes cheveux en cascade et tes t-shirt originaux – celui avec l’éléphant dans l’arrosoir était à mourir de rire – s’harmonisaient bien. On se sentait forts, invulnérables. On s’imaginait des vies jusque tard, jusqu’à ce que le ciel se teinte d’orange, que la nuit s’installe. Et alors il nous fallait rentrer chez nous, retrouver le confort du foyer familial, les dîners sans originalité et les disputes presque prévisibles. Puis le soir, quand nous étions loin, que nos bras s’étreignaient sur une ligne imaginaire, dans un horizon saturé d’avions long-courriers, nous nous plaisions à retracer les contour de l’ancre qui maintenaient nos rêves à flot. Un jour, nous traverserions les océans du monde et nous gouterions aux joies des voyages interminables. Nous avions la vie devant nous.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: (arrosoir) – automne – trajet – ancre – retrouver – indien – cascade – orange – grisaille

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Couleurs de vie

Crédit Pixabay

Une heure accrochée
Décrochée au fil du temps
Qui tel un funambule joue
Avec nos sentiments

On se croyait invincible
Il y a une minute seulement
Et puis la course a reprit
Et filent nos tourments

De silences en cris
On se demande vraiment
Quand est-ce que nous trouverons
Enfin l’apaisement

Au détour d’une rue
A un inattendu croisement
Les mots se posent
Et s’évanouissent les manquements

Nous ne sommes plus le moins
Nous sommes tout simplement
Un mélange aérien
Un chaos permanent

Un sourire revient
Le cœur riche de tant
Et au creux de nos mains
De biens jolis fragments

Posted in Carnets de route

A force de “trop” et “pas assez”…

Crédit Pixabay

Filent les dizaines (d’années) de “trop” ou “pas assez”. Toujours quelque chose qui cloche. Les mots valorisants égrainés au fil des ans ne font pas le poids.
Les enfants scandent les “pas assez” dans la cour de l’école. Les instituteurs prennent le relais. Le primaire, le collège, le lycée, les premiers amours et les passions chaotiques, les amitiés décalées et tous les premiers pas incertains. Rien n’y échappe, l’école, le sport, la vie en société.
Les mots valorisants tentent une percée dans le vaste champ compact d’une personnalité en déséquilibre constant. Ils ne s’impriment pas comme les autres.

Et puis les “trop” ou “pas assez” deviennent le quotidien. Un quotidien de confiance éclatée. Pas un mot valorisant à l’horizon. On tente de garder le cap, de se les dire ces mots qui ont le pouvoir d’inverser la vapeur. Puis nous cédons. L’avalanche des mots durs nous engloutit.

Le pire c’est que ces mots s’incrustent. Il faut dire qu’on les entend depuis si longtemps… Ils deviennent notre réalité. On se demande si il y en a une autre. Et si tous les gens qui ont pour nous des remarques bienveillantes, nous accordent leur confiance et nous offrent leurs sentiments ne vont pas se rendre compte, un jour, que derrière l’image, nous ne sommes que du vide.

D’ailleurs on nous le dit encore de temps en temps. Juste des mots. Des mots d’enfants. Des mots comme avant. Comme au début de la chute. On a beau être grands, on est encore émotionnellement fragiles.

Mais vient un temps de reconstruction où il faut poser de nouvelles bases. On sait alors que tous ces “trop” ou “pas assez” ne nous définissent pas. Ils sont le produit d’une vision erronée, celle de personnes qui n’imaginent pas le mal que font les mots ou bien qui s’en foutent tout simplement – c’était juste dans l’air du temps!
Prendre la mesure de tous ces visages attentifs, de ces mains qui se tendent, de ces compliments (qu’on a encore un peu du mal à accueillir sans se dire que ce n’est pas justifié), de ces mots valorisants. Petit à petit détruire les murs, casser les cases, abattre les critiques à coup d’applaudissement. Saisir le beau du quotidien et envoyer valser le reste, tout ce qui nous a tenu trop longtemps éloigné de notre vérité.

A force d’être “trop” ou “pas assez”, on a oublié d’être, de s’aimer.

Posted in Carnets de route

Quand les personnes toxiques nous font grandir…

Crédit Pixabay

Les personnes toxiques ne sont pas forcément des pervers, manipulateurs, des horribles créatures. Les personnes toxiques sont parfois des personnes très serviables (trop), très gentilles (trop), très plein de choses… Dans tous les cas les personnes toxiques nous bouffent notre énergie et nous font nous sentir mal. Mais ce qui est vrai pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre. Certaines personnes novices pour nous ne le seront pas pour notre voisin!

Je pensais avoir fait le tour de la question. J’ai rencontré la personne toxique dans mon travail, dans mes relations amoureuses, dans ma famille. Et voilà qu’elle se repointe dans mon entourage proche!

Clairement toutes ces situations ont été, plus ou moins, compliquées à gérer.
Au niveau du travail, j’ai toujours réussi à m’affirmer car je n’y ai jamais mis d’affect. J’ai vite posé mes limites, vite cerné les personnalités de mes patrons. Et pris le large dès que je sentais que je ne pouvais plus encaisser.
Dans mon couple, ça a été plus compliqué. Les barrages ont vite cédé et je me suis retrouvée projetée dans une dimension en forme de toile d’araignée. Plus je me débattais, plus je sombrais. Ça a été un révélateur de tout ce que je fuyais. Sûrement ma plus grande “leçon”!
Au niveau familial, j’ai découvert la manœuvre sur le tard. Là aussi ça m’a demandé un gros travail sur moi. Que j’ai fini par faire. Non sans mal. On culpabilise beaucoup parfois, surtout quand il faut se sortir d’un schéma dans lequel on baigne depuis des années. Certaines vérités ont éclaté et ont mis à mal ma confiance. Mais j’avais déjà fait pas mal de chemin sur l’ancrage, l’estime, l’affirmation de soi. Pas tout le chemin…

La preuve, c’est que je me retrouve, une nouvelle fois, face à une personne nocive. Une personne qui me pompe toute mon énergie – la prise de conscience a été rapide cette fois. J’avais un pressentiment que quelque chose clochait. Une impression de malaise. Et c’est ce weekend, épuisée, que j’ai fait le lien. Ça a commencé par des choses simples, comme une invitation à déjeuner, puis une proposition d’aller chercher mon fils à l’école, puis un bain pour les enfants, puis un repas préparé, puis plein de pâtisseries pour le gouter. Puis une présence de plus en plus marquée le soir, le weekend. Puis des questions sur ma manière de vivre, sur mes relations. Puis carrément des avis non demandés, des “critiques”, une passion “dévorante” pour mon fils.
Bien sûr cette personne est très gentille. Mais elle n’a pas de limite. Elle donne, donne, donne, sans se préoccuper de moi, mes sentiments, mes envies, mes besoins. Elle les anticipe même! Elle prend une place auprès de mon fils qui n’est pas la sienne, qui n’est pas saine. Elle a besoin des autres alors que moi j’ai besoin de solitude. Elle est en demande – excessive – d’amour, rejette les “non” de mon fils pour un bisou / un câlin. Elle s’impose…
Clairement pour moi c’est trop. Donc il est temps de me positionner autrement, de dire les choses plus précisément, de m’affirmer complètement, de ne pas perdre de vue ce qui compte, pour moi. Car à force de faire passer mon fils avant, je me perds complètement et au quotidien je suis tellement épuisée que je n’arrive plus à faire la part des choses et à m’exprimer avec fluidité. Et ça je connais, c’est le signal d’alarme avant que la vie ne se transforme en enfer…

Et vous, avez-vous eu à faire à des personnes toxiques? Comment vous en êtes vous sortis? Des conseils à partager?

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 20.09.2019

Nous voilà déjà vendredi, je n’ai pas vu la semaine passer. Il est temps de poster ma participation aux États d’Esprits . Avec une pensée encore et toujours pour les fondateurs de ce moment privilégié de la semaine.

Début [19h35]

Photo: Restes d’été

Fatigue : un gros cauchemar, une petite nuit mais sinon ça roule
Humeur : au zénith
Estomac: libanais, tisane, salade de fruits, chocolat
Esprit: heureux
Cond. phys. : marche et kiné
Projet/boulot: en mode formation au boulot et formation projet pro
Culture:  Livres: terminé Nightfall de R B Wright – bêta-lecture – Caligula d’Albert Camus et débuté Un Secret de Philippe Grimbert – TV: Colombine et La grande librairie

Penser à:  avancer sur mes textes en cours / ne plus procrastiner surtout!
Avis perso (1): “non” ce n’est pas si compliqué à comprendre!
Avis perso (2): ne reprendre les gens que quand ça ne va pas et négliger de leur dire quand ils font du bon travail, c’est quoi ce type de management!
Avis perso (3): être parfait pour l’autre ce n’est pas être vu comme parfait par l’autre mais être la personne avec laquelle tout est fluide, léger, sensationnel.

Message perso (1): je t’attends mardi midi – hâte d’entendre tes nouvelles! (2): j’écris tout (ou presque) parce que je veux retenir tout (ou presque), parce que tout (ou presque) me fait trembler et qu’il n’y a que les mots qui peuvent apaiser ce mouvement là!  Message perso (3): merci. pour tout! Message perso (4): j’ai des nouveaux textes sur Short Edition

Loulou: in love!
Amitiés : mail, cartes envoyées pour certaines, au téléphone aussi
Love : sensuel, attentif, ultra-chargé et pourtant très présent, parfait (pour moi) !
Sorties : yoga avec loulou, piscine sûrement
Essentiel: être vivant
Courses: produits de beauté + marché
Envie de: d’autres moments comme hier soir
Zic: Johnny…

Fin [19h57]

Très bon weekend à tous et à toutes. Et bonnes journées du patrimoine aussi!

Posted in Atelier écriture

Le choix des mots

Je regarde les mots. Que vais-je pouvoir créer avec tout ça ?

Vais-je faire revivre les jours au goût amer, comme c’est souvent de mise. Comme si le malheur méritait qu’on s’y attarde encore un peu. Les jours de café noir, l’incompréhension à son paroxysme. Les jours tristes, les maux violents. La douleur sourde des tourments. Le venin des champignons malsains. Le corps qui se soumet à un pouvoir qui le contraint. La peur, les tripes en vrac. L’hypersensible au seuil de la folie.

Ou vais-je faire ce que personne n’ose, parler de l’étincelle. Celle qui d’un regard a fait sortir de terre un chant incroyable, une mélodie savoureuse. Le tourbillon époustouflant des sentiments qui s’éveillent. L’improbable connexion des êtres qui sans le savoir se trouvent, là, à l’orée du bois, près de la rivière où l’on boit, l’eau qu’on dit bienfaitrice. L’âme du monde à portée de main. Et le cœur qui renaît.

Je regarde les mots. Quelle facette de l’histoire vais-je choisir de conter ?

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: incompréhension – champignon – étincelle – tourbillon – rivière – facette – amer – renaître

Posted in Carnets de route

L’histoire de la petite robe noire

Elle est simple, pratique. Elle se porte avec tout. Du noir, du blanc, du coloré. On l’accessoirise à l’infini. Elle se porte avec des talons, des ballerines, des baskets, un foulard, un chemisier, bras nus ou avec une veste. Elle est classe ou décontractée. Légèrement décolletée. On la met pour sortir le soir avec un collier de perle ou le weekend avec une veste en jean. Elle accompagne nos soirées romantiques et les sorties au parc.

Elle est classe et rock, classique et charmante. Elle ne se donne pas des airs. Elle est tout en simplicité. Elle s’emporte en vacances, se glisse dans une valise, s’invite pour une soirée chic. Elle est intemporelle. Elle traverse les âges et les époques. Elle conte des histoires. Par centaines.

Elle a de l’audace et des allures de grande dame.

Elle se fait rare pourtant. Elle n’est jamais comme on l’attend. On cherche un peu partout et tout nous parait fade. La petite robe noire reste introuvable. Elle se pare de froufrous ou de fermetures sur les côtés. Elle n’est pas comme on l’imaginait. Alors on la laisse.

Puis un jour, sans qu’on la cherche, on la trouve. Là, sur un portant. Elle nous attend. Elle est sobre et déjà on sait. Elle est celle dont on rêvait. La petite robe noire de tant de possibles…

Elle vous dit quelque chose cette robe là? Il y a t-il un accessoire de mode dont vous ne pouvez pas vous passer?

Posted in Variations Littéraires

Des mots pour dénoncer les abus

Crédit Pixabay

Ça commence par un coup.
Pas franc.
Une faille. Un interstice dans lequel l’autre se fraie un passage.
Quelque chose qui nous bouscule. Dans un regard. Une histoire.
On croit pouvoir tenir le monde trop grand. Entre nos bras.
Sauver l’humanité.
Rien ne fait sens en nous. Sauf peut-être ça.
Alors on se laisse aller à croire.
A quelque chose qui ressemble vaguement à de l’amour.

De mots en maux.
De fissures en blessures.

L’autre investit notre univers.
Nous ordonne de nous taire.
Sans rien dire.
C’est peut-être le pire.
On se fond dans un moule préparé.
On se glisse dans une parenthèse.
On offre tout pour quelques grammes de tendresse.
Qui n’est qu’une fade copie de l’amour.

De mots en maux.
De blessures en morsures.

L’argent coule.
De nous à l’autre.
Il ne demande pas.
Il ne fait que dire le manque.
Il le répète. Il le scande.
L’argent passe d’une main à une autre.
A force de l’entendre dire et redire.
Ce qu’il n’a pas.
Ce qu’il voudrait avoir.
Ce qu’on pourrait lui donner.
Si on voulait vraiment l’aider.
Si ce qu’on ressent est vraiment de l’amour.

De mots en maux.
De morsures en brulures.

On ne compte plus.
De centaines en milliers.
Pour quelques sourires.
Une trahison de plus.
Quelques mots d’amour.
Qui ne guérissent plus.

Il faudrait dire non.
Le chaos est trop obscur.
On soupire, on se perd.
Les minutes solitaires.
A ne plus savoir qui l’on est.
Ce que l’on doit faire.
Pour s’extraire de cet absurde.

Jusqu’au maux mis en mots
Pour dénoncer l’abus.
Au nom de tous ceux qui ont un jour croisé un regard.
Se sont laissés emporter par des promesses dérisoires.
Des mots doux pour commettre le pire.
En tout impunité.
Puis partir.
Sans laisser de traces.
Sinon celle des blessures.
Comme des fissures…

Posted in Variations Littéraires

De la félicité

Crédit Pixabay

Un cœur dessiné sur le bitume. Bleu sur gris. Le ciel balaie les infortunes. Les passants le traversent sans le voir. Et ceux qui le tracent du bout des cils y voient comme un signe.

Un sourire arraché à un visage. Sourire triste qui déploie ses ailes. Le temps s’en mêle et les souvenirs pleuvent sur le visage qui prend des couleurs. Un arc-en-ciel inonde le ciel.

Une main attachée à une étreinte. La force d’un toucher, le contact des paumes, les lignes entremêlées. A la croisée des chemins, les destins tissent des histoires sur l’inconnu.

Un regard volé. Dans la cohue du dernier train. Derniers repères envolés. On ose, un pas. Le risque de l’incertain a un goût d’enfance. L’innocence en moins.

Il faudrait l’éternité pour conter le monde. Sa beauté. Ses aspérités. Ses traits tracés sur le calendrier de l’intemporalité. L’éphémère. Les murmures. Les instantanés qui nous surprennent et nous laissent riches d’une félicité à fleur de cœur.

Posted in Carnets de route

Une maman fragile

Credit Pixabay

J’épingle les maux au cahier des charges de la vie de famille. Je passe du rire aux larmes, j’oublie les cris puis la colère revient. Je fuis les nuits, leur lot de cauchemars. Je perds le fil du beau.

J’aspire à davantage…
De temps que je suis seule à pouvoir m’offrir.

Je m’oublie. Je passe après le repas, le brossage des dents, l’histoire, le dernier rappel, les câlins. Je passe après la tournée officielle des machines, de la vaisselle, du ménage. Parfois ça laisser un goût amer. Et puis ça s’en va.
Au réveil, la joie me cueille au saut du lit. Un peu avant le retour des “non” qui ne cessent de s’accumuler. Mes limites semblent contestables. Elles sont sans cesse contestées. Les négociations sont interminables et me laissent vidée derrière la grille de l’école. Un sourire aux lèvres. Je m’accroche aux rires pour ne pas perdre le fil.

Et quand on me propose de l’aide j’ai du mal à lâcher prise. Comme si j’avais peur de quelque chose. Que l’on me vole encore un peu de lui. Comme si j’avais peur de le perdre, qu’avec d’autres il trouve plus de sérénité et de confiance qu’avec moi. Quelle étrangeté que ce sentiment là!
J’ai l’impression de disparaitre derrière ces autres, derrière ces mains tendues. Je perds de ma consistance. Mes failles m’apparaissent en gros plan. Je me sens vulnérable, indécise. J’accepte, le cœur partagé. Je sais qu’il appartient au monde et que le monde l’attend, que le garder trop proche serait ne pas véritablement l’aimer.

C’est comme si la blessure des premiers mois s’ouvrait à nouveau, ce temps que je croyais guérit, ces mois à ne le voir que 48h par semaine. Essayer de l’aimer au milieu du chaos. Dans l’imprécis. Le voir s’attacher à d’autres et m’éviter. Un réflex. Si compréhensible. Quand mon corps tout entier respirait l’angoisse de ne pas savoir faire, ni dire.

Je cherche le juste milieu dans un espace riche de contrastes. Tant de données m’échappent. Je suis comme un funambule au dessus d’un brasier. En perpétuelle quête d’équilibre. Quand je crois y être arrivée, une marche disparait et c’est le vide. A apprivoiser. Sans certitude.

Je manque de légèreté. Je suis une maman fragile.

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 13.09.2019

Vendredi est enfin arrivé, place aux États d’Esprits . Avec une pensée encore et toujours pour les fondateurs de ce moment privilégié de la semaine.

Début [19h35]

Fatigue : de bonnes nuits malgré les cauchemars
Humeur : excellente
Estomac: aubergines farcies, riz, tisane
Esprit: enthousiaste
Cond. phys. : marche et kiné
Projet/boulot: après une semaine d’une lenteur exceptionnelle, de bonnes nouvelles qui vont améliorer l’état de mes journées…
Culture:  terminé l’intérêt de l’enfant de Ian Mc Ewan – débuté Nightfall de R B Wright – Dirty Dancing (forcément!) – bêta-lecture

Penser à: prendre du recul par rapport au voisinage
Avis perso (1): le rythme des enfants pendant la semaine est à prendre au sérieux…
Avis perso (2): ouvrir une école et ne pas prévoir de budget pour les enfants et les enseignants, c’est limite quand même
Avis perso (3): Balkany enfin…

Message perso (1): merci de m’écouter, de lire entre les lignes, de trouver du temps…Message perso (2): bien sûr que j’ai envie de te voir!!! Message perso (3): cartes en cours de rédaction

Loulou: s’est tartiné les cheveux d’huile de jojoba, apprend à gérer ses émotions (vives), a reprit le foot et retrouvé ses anciens copains
Amitiés : mail, cartes
Love : épatant!
Sorties : avec ma soeur et son fils, avec loulou, en amoureux
Essentiel: respirer et lui apprendre à respirer
Courses: produits de beauté
Envie de: intimité
Zic: Forcément…

Fin [20h10]

Très bon weekend à tous – sous le soleil il parait! Prenez soin de vous!

Posted in Atelier écriture

Chacun son ailleurs

La photo faisait la Une de tous les journaux. Les kiosques ne désemplissaient pas. Tout le monde se ruait sur l’horreur, pour avoir la primeur des images les plus folles. Pascal, bien à l’abri derrière ses volets roulants, regardait la scène avec émotion. Il ne comprenait pas l’engouement matinal des gens pour ce genre de fait divers, gens qui à cette heure, la plupart du temps, ronflaient comme des bienheureux dans leur lit, tressant dans leur sommeil des rêves artificiels.

Il sentit une révolte sourde le gagner, celle qui arrivait sans y être invitée. L’humain lui semblait parfois insensé. Il savait déjà qu’il n’allumerait pas sa télévision aujourd’hui, qu’il resterait peut-être même bien au chaud chez lui, pour ne pas avoir à entendre au coin des rues les conversations sur la tragédie de la nuit.

Il quitta sa fenêtre et se dirigea vers sa chaine stéréo, prit un CD au hasard, choisit le mode “aléatoire“, s’offrant ainsi le luxe de la surprise. Les premières notes de la 9e symphonie de Beethoven résonnèrent dans le petit appartement. Et il s’envola…

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: kiosque – matinal – révolte – tresser – émotion – aléatoire

Posted in Variations Littéraires

Ces sourires qui cachent des maux

Credit Pixabay

Elle respire. Partout.
Ses mots. Vite. Beaucoup. Comme pour cacher quelque chose.
Elle s’endort avec le “non” des verbes. Ceux qui voilent les ténèbres.
Rien n’y fait. La blessure est. Qu’on ouvre les yeux ou qu’on les ferme.

Elle dit, au loin, dans un sourire, la survie et le bruit de l’enfance. Sans âme. La tête qui se balance. Dans le vide. Une éternité à se demander ce que signifie le verbe “vivre”. Le silence telle une arme qui nie les faits. Le silence comme un couperet.
La sévérité du père.
Le déni de la mère.
Elle se dit. Dans l’amour, le partage.
Un besoin. Viscéral.
Une reconnaissance. Vitale.

Les murmures ne sont jamais loin. Une main qui glisse. Et l’enfance qui s’abîme.
Ne rien dire.
S’habituer aux vagues, au déséquilibre.
Retenir son souffle devant la main.
Un vertige.
Prier quelque saint, quelque part entre hier et demain.

La souffrance comme un virus attaque l’intérieur. Sans trace visible.
Elle pose les bases du sacrifice.
Ses yeux noirs dessinent des rêves. Un idéal. Un monde sans dédain, ni bataille. Une terre sans manque, sans vérité uniforme. Un chemin pour chacun. La bienveillance, une norme. L’élégance, un parfum.

Elle respire. Partout.
Elle se perd. Dans la stratosphère des non-dits.
L’implacable vérité reste une trahison.
Elle espère la nuit, pour tuer l’agonie.
Ses angoisses, sous l’édredon, comme un tapis.

Derrière son sourire, tant de questions.
Tant de don.
Tant de cœur et si peu de raison.
Elle danse le monde.
Pour oublier.
La main qui glisse sur l’enfance.
Et piétine la confiance.
A vie…