Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #8

Quel ennui! Et ce vent qui n’en finit plus! Et ce temps qui s’allonge sans aucune perspective d’occupation. Et dire qu’hier encore on se plaignait de l’entendre chanter, de sa voix mal assurée, en baladant son panier plein à craquer de bodies de toutes les couleurs. Et dire que nous la trouvions trop délicate quand elle nous prenait par la taille pour faire tenir sa ribambelle de coton. Nourrice nous avait prévenues: attention les filles, l’heure va bientôt sonner où vous ne servirez plus que pour les jeans usés et les t-shirt aux tâches de gras impossibles à faire partir! Beaucoup moins agréable. D’ailleurs, depuis, on a remarqué qu’elle chantait moins, que son panier semblait peser un peu lourd certains jours. Elle finissait par nous attraper vivement, même pas un regard. Mais c’était encore mieux que ce vide.

On s’interroge entre nous, on ne sait pas vraiment ce qui nous attend. C’est pas dans ses habitudes de nous laisser là sur le fil, de ne même pas nous rentrer pour la nuit. Il se passe quelque chose. On a voulu envoyer une des nôtres en reconnaissance, de l’autre côté du jardin. Elle s’est défait la hanche à mi-chemin. Pas de bol! Depuis on attend…

***

Elles se la coulent douce les ménagères! Hier elles faisaient la tronche devant les bodies, et les voilà qui regrettent. Tant mieux pour elles. C’est pour ça que je les malmène un peu, que je souffle pour ne plus entendre le tintamarre de leurs voix.

Elles n’ont rien compris à l’histoire. Ca me ferait presque pitié, mais je ne me laisse pas aller à ce genre d’émotions inconséquentes. Elles l’ont bien mérité cette inactivité. Et la perspective d’un changement de programme s’éloigne à vue d’œil. Si elles ne savent pas, moi je suis au parfum de ce qui se trame de l’autre côté du jardin. Je vais, je viens, personne ne s’occupe de moi, sauf pour pester quand je me défoule et que ça gâche les photos de mariage!

Elles peuvent toujours courir pour que je les mette au courant. Fallait pas qu’elles cancanent et qu’elles disent du mal…

En attendant, retrouvez les participations ici: Chez Sandra, Chez Isabelle-Marie, Chez Marinade d’Histoires, Chez Josée, Chez Mijo

***

Pour la semaine prochaine, une nouvelle idée, une nouvelle invitation à laisser s’exprimer votre inspiration / imagination – rendez-vous au pays des odeurs du jardin. Invitez tous vos sens et faites nous découvrir cette ou ces odeurs qui vous subjuguent, vous entêtent ou celles que vous fuyez!

Posted in Variations Littéraires

Pour Paulette…

Photo by Pixabay on Pexels.com

Un pseudo, Petitgris
Paulette pour les intimes
Un pas au sommet de l’abîme
Et te voilà nouvelle étoile dans la nuit

Pour moi tu n’avais pas d’âge
Des paroles d’une sagesse infinie
Lectrice fidèle au cœur de l’orage
Virtuelle et véritable amie

Un mot toujours pour faire sourire
Calmer les cœurs tourmentés
Tout plein de souvenirs
D’articles en cartes envoyées

Quelques larmes se sont échappées
A l’annonce de ton départ
Sur la pointe des pieds
Tu as quitté la gare

Sur ton blog les mots tissent une histoire
Les messages saluent ta générosité
Si tu n’avais pas vécu si loin, j’aurai aimé te saluer
Te dire merci et au revoir

J’ai une pensée particulière
Pour l’Hom, Junior et Isabelle
Pour Fantaisy
Et tes fleurs chéries, aussi

Repose en paix Paulette
Que ce voyage soit merveilleusement ensoleillé
Là-haut, ils ne vont pas s’ennuyer
Avec une personne aussi chouette !

Un peu de légèreté pour terminer en beauté…

Ce poème a été écrit suite au départ de Paulette qui tenait le blog “les voyages et moi” . Une amitié virtuelle, réelle de plusieurs années. Elle a été de tous les coups durs et de tous les moments de joie pure. Elle est partie soudainement dimanche. Ses mots vont me manquer, elle savait toujours si bien les trouver.

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Entre mémoire et oubli

C’est ici que je reprends des forces, dans les allées, entre les feuilles, les fleurs, la roche et le marbre. Ici, que je couche mes pensées, mes ombres et que je dépose les armes. C’est ici, dans ce temps suspendu, entre mémoire et oubli…

…que je glane des pépites de vie.

Il y en a tant entre ces rangées, tant d’histoires classées, tant de rêves qui se sont tus, tant de chemins tracés, perdus. Oui, c’est bien là, que je reprends des forces, que je me laisse emporter par toutes ces vies que je touche de loin…

…et que le stylo ou mes pensées font revivre au gré des souvenirs qui viennent, comme dans un tourbillon, qui déciment les frontières, abattent les préjugés. Dans la mort nous reprenons nos habits de lumière.

C’est ici que tout se mélange et que je retrouve comme qui dirait mes racines. Tout me parait alors possible. Les limites s’évanouissent et ne demeure que la vie comme un battement de coeur, comme la première aube du monde.

Photos Crédit@mariekleber37

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Les livres de février 2022

Mieux vaut tard que jamais! Depuis l’arrêt des réseaux, j’ai retrouvé des plages entières de lecture – longue durée. Je n’ai pas une liste de livres achetés et non lus longue comme le bras, tout simplement parce que je n’ai pas de place et en plus parce que ça crée une angoisse chez moi, dont je n’ai absolument pas besoin! C’est parti…

J’ai commencé le mois avec une lecture conseillée par ma libraire – Ordinaire d’Audrey Najar. La vie d’un immeuble et de ses propriétaires, leurs habitudes, leurs secrets, leurs potins, les blessures que l’on garde et qui finissent par prendre toute la place. L’arrivée d’un couple avec enfant va faire trembler les fondations de cet équilibre fragile. Un roman fluide et poignant sur nos dérives personnelles et sur ce que le mal que l’on garde crée à notre insu.

J’ai poursuivi avec Marie d’en haut d’Agnès Ledig, roman trouvé dans une boite à livres. Un récit plutôt facile à lire et plein de bons sentiments, sur la rencontre de destins abîmés par la vie et sur la vie qui reprend des couleurs. J’ai eu du mal avec le début et puis je me suis attachée aux personnages. Quelques grammes de douceur dans ce monde…

Puis je suis passée faire un tour chez mes parents et j’ai embarqué deux livres sur des sujets plutôt sérieux.

Le premier La Familia Grande de Camille Kouchner. Un livre qui secoue et fait trembler la liberté des grands de ce monde. Un récit comme un coup de poing qui vient mettre à jour une vérité terrible – l’abus sexuel. Un récit qui parle de ceux qui choisissent le mensonge pour survivre et se protéger, et de la vérité qui éclate enfin. Les années 70 où la révolution sexuelle – elle n’a pas eu que des bons côtés, elle a aussi généré beaucoup d’abus, en faisant des enfants des proies faciles, au nom d’une certaine liberté.

Le deuxième Le Consentement de Vanessa Springora. Ce livre est d’utilité publique et il est également très très bien écrit. La question qui m’a suivie longtemps après l’avoir terminé: Comment a-t-on (la société de l’époque) pu accepter ça?

J’ai terminé le mois sur une note plus légère en lisant Frangines d’Adèle Bréau. Un bon moment sous le soleil de la Provence. Un roman qui nous plonge dans la vie de trois soeurs, avec là encore ses hauts, ses bas et ce socle de base, qui même si il tangue parfois, est fait d’amour pur!

Connaissez-vous certains de ces livres? En avez-vous à me conseiller?

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #7

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de tout un tas d’artistes sur le retour, qui se prenaient pour des demi-dieux. Ils pensaient, à tort, détenir la palme de la créativité alors même que la seule chose qu’ils faisaient était de tracer des lignes sur une page blanche. Des lignes de couleur, certes, mais tout de même.
Tous les matins je me coltinais la revue de presse, les interviews des quinquas bohème, les joutes verbales sans fin de ces énergumènes sans le sou, pour qui l’art ne rentrait dans aucune case, faisant d’eux des êtres supérieurs.

J’avais décroché ce boulot, pour arrondir mes fins de mois, à la suite du vernissage du copain d’un copain d’un copain. Quand on rame, on part à la pêche !
La fête battait son plein et je notais sur un carnet ce que m’inspiraient les œuvres impudiques et quelque peu torturées, quand une grande frite s’était pointée devant moi, sourire aux lèvres en me demandant si j’étais la journaliste dédiée à cette « exposition fa-sci-nante ! »
J’avais été tentée de dire que je trouvais le tout absurde et sans intérêt, pire encore complètement grotesque mais je ne savais pas qui était cette nana, j’avais donc joué la carte de la fille hyper sensible à la singularité de ces œuvres, usant et abusant de superlatifs, ne trouvant pas de mots assez forts pour décrire ses émotions face à cette imagination éblouissante.

Un vendredi soir sur la terre et un lundi matin en enfer. J’avais signé les yeux fermés après quelques shots de tequila, histoire de tenir le coup face à l’hystérie de celle qui avait fait de moi sa nouvelle égérie.
Depuis et en attendant de trouver mieux, je compte les jours en traçant des lignes sur le calendrier art déco – cadeau de la direction – accroché au mur de mon bureau, coincé entre des caisses de peinture et des kilos de pinceaux, prêts à me faire la peau !

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle Marie, Chez Marinade d’histoires, Chez Sweet Things, Chez Mijo, Chez Sandra

***

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte sous deux angles différents – c‘est un exercice que j’aime beaucoup – à partir de la photo suivante: une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge! Amusez-vous bien!

Photo by Karolina Grabowska on Pexels.com
Posted in Carnets de route

Dis, on s’ennuie?

Photo by KoolShooters on Pexels.com

Il s’ennuie, un peu, souvent, il le dit et je lui répète que c’est bon pour sa santé, pour son esprit, sa créativité, que l’ennui est cette formidable clé qui ouvre des espaces inconnus.

Ennuie toi, un peu, souvent, profites-en! Oui le silence, le vide, l’absence, autant de moments suspendus dans lesquels on se sent mal mais qui sont à même de nous offrir le meilleur. Je lui répète qu’il faut de l’ennui pour faire de grandes et belles choses, que l’omniprésence du bruit est un fléau qui empêche le corps, l’esprit, qui vient brider l’empire de nos pensées et ses possibles.

Un bon ennui est constructeur. Mais nous, adultes, ne sommes nous pas les premiers à refuser l’ennui, à le combler vite fait, bien fait? Ne sommes nous pas ceux qui dégainons notre portable dès qu’il faut patienter, dès qu’une seconde s’infiltre dans l’organisation quasi-millimétrée de notre journée?

Sommes-nous les mieux placés pour conseiller nos enfants, leur inculquer la valeur de ce que nous ne prenons plus le temps de faire, trop occupés à tenter de combler ce qui nous nous angoisse, le rien? Savons-nous seulement faire sans, sans nos réseaux, sans internet, sans sauter à la moindre occasion sur ce petit objet connecté qui nous relie à tout instant au reste du monde? Savons-nous être seul(s) et apprécier?

Suite à la remarque de mon fils sur mon utilisation, somme toute modérée, de mon téléphone, j’ai reconsidéré ma propre “vision” du temps de l’ennui. Et je me suis rendue compte que je n’en profitais pas assez, que j’avais tendance à moins buller, à chercher l’inspiration un peu partout, sans finalement la laisser venir à moi, à être dans un besoin d’information, permanent, qui me desservait.

Loin des écrans et des réseaux, loin de ce plein qui empêche d’apprécier le rien, loin du vacarme, je suis mes propres conseils sur la valeur inestimable de l’ennui, je redessine les contours du temps, je découvre leur élasticité, leur potentiel et je me laisse aller au plaisir de rêver à travers la fenêtre grande ouverte…

Quel est votre rapport à l’ennui? Vous vous laissez le temps de vous ennuyer? Ou vous pensez au contraire que l’ennui est une perte de temps?

Posted in Carnets de route

Quand tu es loin

Photo by Austin Zhang on Pexels.com

Je n’aime pas quand tu pars, quand les kilomètres qui nous séparent se comptent en milliers, quand je sais que je n’entendrai pas le son de ta voix avant longtemps, quand l’océan avale tes pas et amplifie mes peurs.

Oui, elles sont là, là dans le vide de l’absence, dans les airs qui jalonnent ton parcours, dans ce peut-être un peu brusque qui m’étreint, dans ce que pourrait être la vie sans toi.

Je compte les heures presque ou je n’y pense pas, je me barricade, je vis en apnée, je me divertis, j’écris pour tenir à distance tout ce que je ne peux maitriser, tout ce qui ne dépend pas de moi. J’ai le cœur à rire, mon meilleur antidote face à cette attente de ton sourire dans l’embrasure de la porte.

Je compte les points de suspension dans l’air et je ne laisse pas de place aux émotions. Pas pour le moment, pas pour ce temps. Elles peuvent vivre sans mon implication pleine et entière. Alors elles passeront et bientôt tu reviendras…

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Ces temps-ci

Photo by Jess Bailey Designs on Pexels.com

Dans le silence, je brode les maux du temps, les questionnements. Je mixe les tons, j’ajoute la douceur et la générosité qui tranche. Je garde ce qui déroute et ce qui tremble aussi, qui réveille, ce qui vient me cueillir dans l’émotion, qui me chavire un instant et l’instant suivant qui me donne des ailes.

Un peu loin d’ici et des écrans, je tricote l’espérance avec des fils de couleurs, je pose les mots du pire et les sourires qui doucement se dévoilent. Je suis dans l’entre deux entre ce qui se joue dans le monde et ce que je peux en faire, à mon niveau.

Je vis le présent, je prends le temps au rythme des battements de cœur qui me lient au cœur des autres. Et au corps, d’un commun accord. Je laisse un peu les points d’interrogation tracer leur route, me montrer d’autres chemins, des hypothèses potentielles. Je déshabille mes certitudes, mes positions un peu stagnantes, mes scénarios maintes fois joués.

Il existe tant de possibles qui se faufilent et que je devine, dans la plus pure simplicité.

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #6

“Le début de l’absence est comme la fin de la vie”. Madame Violette l’avait écrit en gros sur le tableau noir, en claironnant “Vous avez 3 heures!” Le choc.

Je ne voyais que le mot absence, la sienne. Depuis, depuis quand déjà?

Elle était riche de convictions, je n’avais aucun avis sur les choses. Elle était mère de cinq enfants, le seul que j’aurai pu avoir s’était éclipsé avant les 9 mois réglementaires. Elle connaissait l’amour avec un grand A, je n’avais fait que l’effleurer. Ses projets menés à terme narguaient les prémices des miens. Elle allait à la messe le samedi soir et le dimanche, nous nous retrouvions, bombes de peinture à la main, trois heures rien que pour nous, loin de nos univers respectifs, loin de tout ce qui faisait un monde à mille vitesses.

Je ne voyais que le mot fin, comme un mauvais clin d’œil. J’avais taggué le French en rose. Elle avait ajouté le Kiss. Ca avait de la gueule notre association. La dernière. Le dimanche suivant j’ai attendu en vain. Et puis j’ai essayé les mails, les appels. Rien. J’ai continué à y croire quand tout me poussait à abandonner. Puis un matin, j’ai vu son nom. Accident de la route. Voilà ça s’était fait comme ça, tout simplement. Je n’en avais rien su car je n’avais aucune place dans sa vie, ou alors de loin.

La cloche a retenti me sortant de mes souvenirs. Trois heures déjà que j’étais partie. J’ai rendu copie blanche, presque rassurée. Cette page vierge de mots parlait d’elle même.

Retrouvez toutes les participations ici: Chez Isabelle Marie, Chez Sandra, Chez Marinade d’histoires, Chez Josée, Chez Mijo, Chez Sweet Things

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte qui commencera par la phrase suivante: “J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de…”

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 12.03.2022

Credit@mariekleber37

La semaine a filé comme une comète! Me voilà avec vous ici aujourd’hui pour partager mes états d’esprit, avec une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Début [08:14]

Photo: Street Art

Fatigue: je fais de bonnes nuits dont au beau fixe
Humeur: généreuse
Estomac: thé en attendant le réveil de loulou
Esprit: tourmenté par ce qui se passe en Ukraine et serein pour le reste
Cond. phys / Bien être. : yoga principalement

Projets: travailler ma mémoire en apprenant des poèmes, quelques idées d’écriture à mettre en forme
Culture: Madame Doubtfire avec loulou, Wreath of deception de Mary Ellen Hugues et dans En Voiture Simone de Aurélie Valognes – besoin de légèreté en ce moment!

Penser à: le cadeau d’anniversaire pour mon père et le dossier pour la mise à jour du livret de famille…
Les jolis moments: mes amies le temps d’un weekend, déjeuners entre collègues, le soleil, faire des sudoku et des scoubidous avec Loulou
Message perso: (1) Merci pour ton mail, j’y réponds vite! (2) Très belles photos! (3) Solidarité! (4) J’ai déserté Insta mais tu es dans mes pensées toujours.

Loulou: a repris le chemin de l’école avec le sourire, fait des sudoku, se crée ses propres matchs de foot, lit Boule et Bill dans son lit

Amitiés : mails, appels, soutien en pensées
Love : photographe, voyageur, attentif et présent toujours

Sorties : celle du mois sur laquelle on ne s’étend pas et musée demain
Essentiel: Solidarité
Courses: marché essentiellement
Envie de: continuer à profiter de la vie, sans pression. Les semaines de travail chargées et l’arrêt des réseaux m’aident à ne plus réfléchir à tout et à rien et à me concentrer sur l’essentiel!

Zic: David Bowie

Posted in Tout un poème

Hier Encore…

Photo by Kostiantyn Stupak on Pexels.com

Sur le chemin de l’école
Hier encore tu riais
Aux terrasses des cafés
Hier encore tu espérais

Puis ton monde s’est embrasé
Et la peur s’est insinuée
Le pire est arrivé

Aujourd’hui j’espère avec toi
Je prie dans le silence de la nuit
Quand les bombes frappent ton pays
Et te laissent plein d’effroi

Ton monde c’est le mien
Même si je te parle de très loin
Je rêve du jour prochain

Où dans ton pays résonneront
Les chants de paix
Les rires des enfants
Sur le chemin de l’école

Poème écrit dans le cadre de la proposition Hors Les Murs (pour l’Ukraine)

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’Ecriture #5 (Petit Changement)

A chaque nouveau dossier, l’euphorie pointe. Manon sait pourquoi elle a choisi ce métier. A l’heure des lait-menthe et des cassettes audio, elle avait déjà ce sens de l’autre, cette envie de casser les codes, elle prônait la Justice comme valeur absolue. Elle avait prêté serment avec fierté. La photo de ce jour mythique trône dans son bureau parqueté, aux murs blanc immaculé. Un endroit paisible pour accueillir les confidences de celles et ceux qui remettent leur vie en question et se lancent dans une aventure dont les tenants et aboutissants sont incertains.

Les jours où elle n’est pas en audience, elle s’installe devant sa table en verre et regarde par la fenêtre, Paris, sa ville, ses boulevards, son trafic, ses gens qui passent, qui s’aiment un peu, beaucoup, ses idées qui volent et s’écrasent parfois avec fracas sur le bitume, avant de reprendre leur ascension et leur liberté. Le plan est simple : respiration, hydratation avant d’accueillir le prochain client.
Chacun arrive avec ses maux et ses besoins, autant d’appels au secours qu’elle tente d’écouter avec professionnalisme. Elle note les grandes lignes au milieu des bribes de vie chargées d’émotions. On le sait bien une version des faits est toujours empreinte d’une certaine couleur en fonction de la personne qui la partage et de son état d’esprit.

Elle récupère ensuite les pièces, les justificatifs, sort quelques instants, la salle de reprographie au bout du couloir est devenu son sas privilégié de filtration des informations récupérées, qu’il va falloir trier. Afin d’apporter une aide constructive et préparer un dossier en béton pour la suite des festivités.
De retour dans son bureau, elle fait un bilan au client, lui donne les points clés de la procédure qui va suivre. Elle sent son regard qui retient une fontaine de larmes, qui explosera une fois les mains serrées sur le pas de la porte.

A la fin de chaque rendez-vous, elle prend quelques minutes pour elle, histoire de faire le vide. Ses pensées l’entrainent sans cesse entre les bras d’Yves, loin du tumulte, sa présence est rassurante. Elle se laisse aller au dernier souvenir de leurs corps emmêlés dans un lit anonyme, qui tel un nuage moelleux lui offre un répit salutaire.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Sandra, Chez Mijo, Chez Josée, Chez Marinade d’Histoires

Bravo à toutes! L’exercice n’était pas simple et vous avez fait des merveilles! Comme quoi un peu de piment pour révéler le meilleur de soi.

***

Pour la semaine prochaine, place à la photo, il semble que certains préfèrent! Mais avec une contrainte (sinon ça ne serait pas drôle), votre texte devra inclure la citation suivante: Le début de l’absence est comme la fin de la vie.” ( Félix Lope De Vega ).

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Vendredi 04.03.2022

Crédit Photo @mariekleber37

Et oui déjà un mois sans états d’esprit! Février file toujours un peu vite. Me voilà avec vous ici aujourd’hui, une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman), et c’est parti!

Début [14:45]

Photo: Père Lachaise

Fatigue: plutôt reposée
Humeur: Guerre et Paix
Estomac: pâtes au pesto, thé menthe
Esprit: de plus en plus léger, heureux
Cond. phys / Bien être. : défi yoga 30J avec Adrienne (Merci Isa) et marche dans Paris

Projets: j’ai finalisé mes deux albums photos pour 2020 et 2021 – prochain projet l’album des 3 ans de loulou (oui je sais j’ai du retard mais je vais le rattraper)
Culture: La Grande Familia de Camille Kouchner, Le Consentement de Vanessa Springora, Frangines de Adèle Bréau – Maison de Retraite au ciné et Jusqu’à la Garde en DVD (saisissant)

Penser à: arrêter de me justifier pour tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense!
Les jolis moments: du temps à deux, mes albums photos, écrire, faire du vide, le soleil, de nouveaux livres
Message perso: (1) Merci (2) Tu mérites la médaille d’or ma belle! (3) Vivement ce soir! (4) Bon cours!

Loulou: termine ses vacances, champion de poney, adore faire des exercices de maths, en a ras le bol du journal de 20H!

Amitiés : messages et en vrai, ce soir sur le quai de la gare!
Love : présent, attentif, disponible, aimant, riche d’idées en tous genres…

Sorties : entre copines!
Essentiel: Exprimer ce qu’on ressent, le bon et le moins bon
Courses: marché essentiellement
Envie de: douceur, poésie, câlins, fous-rires

Zic: Ben Mazué

Début [15:05]

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture 2022 #4

Louis vient de se disputer avec Maxime et il attend, que la colère se calme, que son cœur cesse de battre comme un train lancé à toute vitesse. Maxime raconte vraiment n’importe quoi. Cette fille aux cheveux longs au bras de son père, que du pipeau. D’abord son père il n’aime pas les cheveux longs. Il trouve ça banal, il le répète à maman quand elle veut changer de coiffure, quand le carré l’ennuie. Il confie à Léa qu’elle est bien plus jolie avec ses cheveux courts qu’avec de longues mèches sans charme. Maxime dit tout ce qui lui passe par la tête de toute façon et maman dit qu’il ne faut pas trop lui en vouloir, que sa mère est fragile. Tu parles, c’est trop facile. Et puis c’est pas de sa faute à lui. Maxime est jaloux c’est tout. Alors il a imaginé cette histoire stupide, il lui a même dit qu’elle était jolie, la jeune fille, qu’elle souriait et qu’on aurait dit qu’elle avait des paillettes dans les yeux. Et que son papa il avait l’air heureux.

Louis se penche et regarde son reflet dans la flaque. Maxime a du confondre. Ca arrive à tout le monde. Il a peut-être voulu lui faire du mal, histoire de se dire qu’il n’était pas seul à souffrir. Pari raté. Louis se concentre sur le reflet net. Il veut oublier les mots de Maxime mais ce n’est pas si facile. Puis il se souvient que papa, maman, Léa et lui c’est pour la vie!

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle Marie, Chez Captaine Demoral, Chez Josée, Chez Sweet Things, Celui qui faisait des sauts chez Sandra et Le texte de Marie LC (ci-dessous envoyé par mail):

Pendant qu’il attendait patiemment le bus, le jeune Edouard contemplait ses chaussures aux lacets bien blancs, encore presque neuves.

Il les aimait bien ces chaussures quoique côté couleur il aurait préféré du bleu. Elles existaient en bleu et même en vert et en jaune mais en bleu il n’y avait plus sa pointure et il n’était pas emballé par le vert ou le jaune. Alors il avait choisi cette couleur Bordeau, dont les lacets clairs se voyaient comme le nez au milieu de la figure. Edouard aimait bien que les lacets soient de la même teinte que les chaussures en général mais il s’était dit qu’il pourrait toujours les changer une fois à la maison.

A son arrivée chez lui, son premier geste fut d’aller chercher la boîte aux réserves de semelles et lacets et malheureusement, il n’y vit aucun lacet de couleur Bordeau. Il y avait des noirs, des marrons et même des bleu marine mais c’est tout et il se voyait mal arborer des lacets de couleur noire, marron  ou marine sur ses chaussures Bordeau. Alors il se dit qu’il allait s’habituer.

Mais ça faisait à présent plusieurs semaines qu’il mettait ces chaussures et il ne se faisait pas à ces lacets blancs. Aussi se mit-il à tanner sa mère pour qu’elle l’emmène dans les magasins de chaussures voir s’il était possible de trouver des lacets Bordeau. Mais ils firent chou blanc, aucun lacet de cette couleur nulle part.

Alors, un soir que tout le monde dans la maison était occupé soit devant la télé, soit avec un bouquin, il décida de teindre lui-même ces fichus lacets. Il s’introduit discrètement dans la cuisine, y prit un bol et y versa un verre de vin rouge dont son père disait qu’il était fabuleux. Et emporta le tout dans sa chambre et y laissa tremper les lacets toute la nuit. Hélas, au matin, les lacets étaient vaguement rosés mais pas du tout Bordeau aussi, ce jour-là, il mit d’autres chaussures pour aller à l’école et laissa encore tremper les lacets dans le vin. Quand il rentra de l’école, aucun changement alors il prit son courage à deux mains et appela sa mère pour lui montrer le résultat de son travail.

Personne ne le gronda et durant quelques jours il mit d’autres chaussures pour laisser aux lacets le temps de sécher et à lui le temps de réfléchir au moyen de les teinter à son goût. Jamais il ne trouva de solution aussi opta t’il au final pour une paire de lacets noirs, plus discrets selon lui que ces blancs immaculés avant teinture improvisée.

« On n’obtient pas toujours ce qu’on veut lui dit sa mère et parfois il faut se contenter. ». Ce qui ne consola pas Edouard.

Marie LC, 24 février 2022

Et celui de MIJO ici:

Dès la sortie de l’école, le jeudi il ne traînait pas pour ranger ses affaires dans Son cartable. Une vieille sacoche de postier comme celle de « facteur cheval » – disait sa grand-mère. Dès le « au revoir » de la maîtresse nous nous faufilions rapidement entre les petits groupes de parents qui bavardaient, se racontant les progrès de leur enfant. Déjà grand pour ses huit ans, il détestait ces moments, surtout quand les mamili et les papili déposaient plus de bave sur vos joues qu’un bisou. Nous avions mieux à faire.
Nous arpentions vite sur le trottoir, sans nous laisser distraire par les odeurs de la boulangerie. Et pourtant les gourmandises ne manquaient pas dans la vitrine.
── Dis-donc Gaston où cours -tu ainsi ? Ce n’est pas le moment de flâner, la Berthe t’attend pour rentrer les vaches et couper l’herbe des lapins.

« Oh mince, je l’avais oublié ce filou d’Albert. Toujours là où il ne faut pas ! Ferait mieux d’s’occuper de distribuer le courrier. »
── Juste un petit détour, je n’en ai pas pour longtemps, m’ssieur Albert.
Nous ne stoppions pas notre déambulation entre les étals du fromager, du maraîcher et de la fleuriste. L’objectif était la boutique du coiffeur, juste après celle où nous aurions aimé faire une halte, le cordonnier.
─ Dis -donc parle pour toi Godillot gauche ! Moi je suis très bien comme je suis. Je ne cherche pas à tout pris à rajeunir. J’ai quelques éraflures, et alors, ce sont mes cicatrices de crapahutage ?
─ Moi je suis d’une lignée de noble cuir. Chez nous on aime le cirage à reluire. Notre fierté est d’avoir les coutures impeccables et les ferrets des lacets irréprochables. Talon et bout se doivent d’être ôtés de toute traces de boue ou de poussière.
─ Mais quelle vie aseptisée tu veux. Laisse donc place à l’aventure, aux incursions hors des sentiers battus. Chez nous les Godillots de droite, nous vivons notre vie
pleinement hors d’une boite à chaussures.
A cet instant, une impulsion de Gaston, nous ramena à ce qui nous préoccupait tous les jeudis. Encore une fois, il la mangeait du regard. Camouflé par le tronc d’un platane, il l’observait à la dérobée. C’est vrai qu’elle était belle. De longs cheveux auburn, des yeux azur, rehaussés de longs cils, et un maquillage toujours discret. Aujourd’hui il était heureux, le coiffeur lui remonta les cheveux en chignon, ce qui dégagea sa nuque, révélant son port de tête princier. C’est vrai qu’elle avait l’allure d’une reine, dans son tailleur en pied de poule de couleur rose pâle. Ses gants assortis, comme ses escarpins complétés sa tenue. Elle avait un mini sac noir. Si petit qu’on se demandât bien ce qu’elle pouvait avoir dedans de plus que son porte-monnaie. Nous attendions sans broncher, nous préparant à la salve de coups de pieds qui allait suivre. Chaque fois que cette reine sortait du salon, un monsieur élégant venait la chercher dans une automobile rutilante. Sur le siège arrière, un autre enfant, attendait en mangeant un cornet de pop-corn.
« Je le déteste. Pourquoi l’a -t-elle gardé lui et pas moi ? »
Dès que la voiture s’en allait, nous étions soumises à une course effrénée sur un chemin rocailleux, un raccourci, pour rattraper le retard et rentrer les vaches avant la nuit pour la traite du matin. Nous subissions les assauts non seulement des cailloux, mais également des souches de bois sur lesquelles il passait son chagrin à grands coups de pieds. Nous redoutions, le sentier derrière l’étable, car il traversait la voie de chemin de fer. Les rails nous sciaient la cuirasse, lorsqu’il s’acharnait à nous frapper contre cette ferraille. Impuissantes, nous assumions notre rôle de chaussures protectrice de pieds toute en faisant preuve d’une parfaite abnégation. Cet enfant avait tant besoin d’amour!

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Pour la semaine prochaine, si ça vous dit, on repart sur une liste de mots – ils devront être utilisés dans votre texte dans l’ordre suivant: euphorie, menthe, cassette, plan, hydratation, secours, reprographie, filtration, fontaine, nuage. Au plaisir!!