Lettre à Roger (1)

Cher Roger

Je ne sais pas très bien comment débuter cette lettre. Par le commencement. Ou par aujourd’hui. Par ce que j’étais, ce que je suis devenue. Par nous deux, par moi, par lui, par ce que tu as représenté ou ce que tu n’es plus.

Laisse-moi d’abord te dire que j’écris notre histoire. Pas la tienne, même si je sais que c’est ton rêve, qu’on parle de toi, de la personne formidable que tu es. Je parle de moi, de toi, de manipulation et de dépendance. Je ne suis pas certaine que les personnes qui liront mon livre (et j’espère qu’elles seront nombreuses) te trouvent aussi génial que ça. Parce que la réalité c’est que tu ne l’es pas !

Tu as raison, je ne t’ai pas aimé. C’est pire, je t’ai adoré. Je t’ai placé sur un piédestal. J’ai fait de toi un demi-dieu. J’avais tellement peu confiance en moi (tu vois je reconnais mes torts dans cette affaire)  que j’ai cru que tu étais tout et que je n’étais rien. Je t’ai affublé de super pouvoirs. Grâce à toi j’allais enfin devenir vraie. Tu es devenu mon héros. Pire, ma drogue. Sans toi, je ne pouvais plus, ni respirer, ni exister.

Une fois la dépendance installée, tu n’as eu de cesse que de me modeler à ton image, nier mon identité, mes idées et j’en passe. Toi, tu dis m’avoir aimée. Je rigole. Tu ne m’as pas adorée non plus. Tu as juste aimé l’image que tu avais de moi et tu n’as eu de cesse que de me façonner pour que je rentre impeccablement dans tes cases. Tu m’as considérée comme ta propriété, ta chose. Soit je rentrais dans le moule, soit je subissais tes sarcasmes, ton mépris, tes silences.

Rappelles toi quand tu me croisais dans l’escalier et que tu m’ignorais, parce que j’avais eu le malheur de rentrer avec 10 minutes de retard ou bien je n’étais pas d’accord avec toi ou que j’avais oublié de te dire d’acheter des tomates (l’épicier était au pied de l’immeuble). Je te disais bonjour (c’est la moindre des choses) et toi, grand seigneur tu ne daignais même pas tourner la tête. Tu partais, fier. Tu valais mieux que ça, mieux que moi. Il fallait que je rampe, que je m’excuse de « je ne sais quoi » pour que tu m’adresses à nouveau la parole. Et la vie reprenait, comme si de rien n’était !

C’est fou ce que j’ai comme choses à te dire. Je croyais tout avoir réglé. Et bien, non ! Ca résiste à l’intérieur. Pourtant j’en ai remporté des victoires depuis que je te connais : j’ai réussi à te quitter (ça c’est sûrement la plus belle), mes mots m’ont aidé à me détacher de toi, à ne plus céder à tes manigances, tes mensonges (je crois que tu détiens la palme du plus grand magouilleur de tous les temps, tu crois tellement à tes mensonges qu’il t’est bien impossible de les distinguer de la réalité – mais je peux te les dire, tu t’emmêles souvent les pinceaux et après tu te demandes pourquoi je n’ai pas envie de te croire !!), ils m’ont libérée, ils m’ont rendu à la vie. J’ai donné naissance à l’escargot (je l’ai gardé, un miracle !) et entre lui et moi une belle complicité s’est créée (c’était loin d’être gagné). J’ai réussi à te dire NON. Sans culpabiliser. J’ai réussi à me pardonner mon départ et une partie de notre histoire. Te pardonner, là, c’est une autre histoire. Ca viendrait quand j’en aurais finis de travailler sur moi. Certainement.

A suivre…

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Scènes de rues (& réflexions sur la vie)

Vous le savez déjà, j’aime flâner dans les rues de Paris. Je n’aime pas la foule, mais j’aime le monde, regarder les gens vivre. Alors de temps en temps, je pars à la découverte, mon appareil photo autour du cou. Je respire Paris.

Dimanche, sous le soleil, je suis allée me dégourdir les jambes autour de la Dame de Fer. Je n’aime pas particulièrement photographier les monuments, mais pour la Tour Eiffel, je fais une exception!

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Je peux vous dire que l’automne s’installe doucement, sans faire de bruit. Et que les feuilles se parent de belles couleurs. Ma saison préférée me dit d’être patiente, de lui faire confiance. Tout arrive à qui sait se poser les bonnes questions et travailler sur soi.

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Je vous laisse avec quelques scènes de rue, dont je raffole. Je contemple le monde. Je tente d’imaginer la vie de chacun. Je crée des histoires à partir de rien. Je m’expose ici, si facilement. Mais dans le face à face avec l’inconnu, je perds mes moyens, j’ai peur du jugement. Je me livre de travers et si l’autre devine le chamboulement à l’intérieur de moi, je dérive.

Qui me dit que derrière ces visages, derrière le sourire de ceux que je croise, nous ne partageons pas les mêmes tourments? Ca me rassure de le penser. La vie est remplie de failles, de cicatrices, de chagrins. Et peuplée de beauté, de vérité, de joie, d’amour, de lumière. Je crois qu’être heureux c’est savoir accepter la vie dans son ensemble, accepter de ne pas tout contrôler, accepter sa colère comme sa joie, rire les jours de pluie et pleurer les jours de soleil. Il n’y a pas de règle

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La femme en moi

J’avais tout perdu. J’avais tout à reconquérir. Tout à apprendre.

J’ai retrouvé le chemin vers moi. Doucement.

J’ai repris des forces. Négligeant certains aspects de ma vie.

J’ai appris à être mère. Douloureusement.

Je tente jour après jour de me pardonner, de lui pardonner, de passer à autre chose.

J’avance. Je recule. Je me perds. Je culpabilise. Je sors la tête de l’eau. Je repars. Je suis une maman épanouie, une femme qui se cherche.

Je n’ai plus confiance. En moi. En l’autre.

J’apprends à m’aimer. Délicatement. A mon rythme.

Mon corps de femme est amputé. Il se cache derrière des robes amples, des pantalons larges, des t-shirts sans forme.

Mon corps a mal. Il se souvient: la honte, le dégoût, la peur.

La nudité m’angoisse.

Pourtant aujourd’hui je me sens prête à ouvrir à nouveau mon cœur.

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Pour cela, il faut que je laisse tomber l’armure, que je me fasse confiance, que j’arrête de me protéger, que je me laisse une chance, que j’accepte mon corps, ma féminité, que j’accepte qu’une autre personne prenne soin de moi, s’intéresse à moi, m’aime pour ce que je suis, que je me pardonne (à défaut d’arriver à lui pardonner cela en particulier) . Le travail semble interminable.

Et pourtant chaque jour qui passe, je construis. Sur des bases solides. Mon. Notre avenir.

Ma manière d’être au monde

J’écris la vie. Pour oublier la peur. J’écris le jour, la lumière pour oublier la nuit. J’écris les belles images pour oublier la brûlure de celles qui hantent mes cauchemars.

Je dis le beau pour oublier ce qui me fait trembler.  Je dis la paix pour oublier le froid des armes, le silence qui suit la menace.

Je cherche au fond de chaque âme un semblant de moi,comme pour me rassurer.  Je cherche l’amour sans accepter d’en recevoir.

Je place des barrières entre le monde et moi pour me protéger de sa folie, pour qu’il ne vienne pas mettre à mal mes idéaux, ma foi en la vie.

Je pense à ce qu’il y a eu avant lui, ce qu’il a détruit. Je pense à mon corps qu’il a consommé, à mon cœur qu’il a piétiné.

J’écris l’oubli en regardant mes cicatrices que je garde sous scellé.  J’écris les pas que j’ose dans le vide sans mentionner les larmes qui suivent, qui me font douter.

J’écris, ma manière d’être au monde. Chacun ses failles, ses blessures à digérer.

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Les états d’esprit du vendredi 26.08.2016

Les vacances furent bonnes, généreuses. On reprend le collier tout en douceur et on retrouve avec plaisir le rendez-vous « les états d’esprit » avec Zenopia et The Postman. Pour participer c’est simple: copier le formulaire – noter l’heure de début et de fin – laisser un commentaire sur leurs blogs respectifs pour la mise à jour des participations et le tour est joué. C’est parti:

Vendredi [14h37]

Fatigue : légère (je reviens de vacances quand même !)

Humeur : au beau fixe

Estomac : bien rempli

Cond. phys. : difficile de faire du sport sous 35°

Esprit : dans le brouillard

Boulot : reprise calme

Culture : partition amoureuse de Tatiana de Rosnay

Penser à : réserver une soirée en solo pour aller voir le nouveau Bridget Jones (Sortie le 05.10)

Avis perso : c’est dur de trouver sa voie – ou d’écouter son cœur – ou de savoir où aller et d’être patient et de lâcher prise.

Loulou : profite de ses derniers jours à la mer, aime les cartes postales, refuse de dire bonjour, n’aime pas me partager (ça promet !)

Msg perso : (1) je suis heureuse de vous retrouver (2) je porte un cœur sur mon cœur (Merci pour ce beau collier)

Amitiés : préparent la rentrée ou leurs vacances

Love: tourner la page

Sorties : ce soir et dimanche

Divers : pas mal de recettes à tester ce weekend

Courses: le marché demain matin – faire le plein de fruits et de légumes

Envie de : fraicheur…

‘zic : France Gall en ce moment

Vendredi [14h51]

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Le doux goût des vacances

Laisser passer le temps et les heures, sans regard sur la montre, déposée sur la table de chevet.

Laisser les heures défiler, sans n’en retenir aucune, les remplir de vie, de jeux, de rires, d’échanges, de câlins, de parties de foot pieds nus dans le jardin.

Prendre le vélo et partir à la redécouverte des routes si souvent empruntées, seule ou à plusieurs, encore pleines de nos rêves d’adolescentes, de nos palabres entre deux fous rires.

Hisser petit loup derrière soi et s’évader au rythme de mélodies qui se chantent à deux.

Longer la mer, la regarder aller et venir, sentir les embruns nous fouetter le visage, par temps de grand vent et son odeur nous chatouiller les narines, écouter sans se lasser les vagues caresser le sable fin.

Regarder petit loup s’amuser avec un rien, des jeux dénichés au grenier, des poupées bien habillées, ramasser des coquillages, tremper ses petits pieds dans l’eau, avoir peur, puis s’avancer davantage, foncer dans mes bras et déposer au cœur de mon cou des baisers gorgés d’eau salée.

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Partager des moments en famille, déjeuners qui s’éternisent, dîners pris au grand air, les yeux tournés vers la mer.

Echanger avec des amis, retrouver cousins et cousines autour d’un pique-nique sur la plage, regarder nos enfants s’essayer à la vie, se regarder de loin, avant de jouer ensemble à construire des châteaux, des barrages.

Marcher pieds nus sur l’herbe fraîche ou sur le tapis ensoleillé. Eviter le sable en fin de journée, brûlant.

Etendre le linge au fond du jardin, un instant volé au tumulte de la maison, qui grouille de monde, d’envies, de doutes, de déceptions aussi parfois. Moment solitaire rempli de chansons inventées, de prières livrées au vent, de remerciements.

Partir à l’aventure, prendre un car, un train, découvrir un autre univers, revoir des amis chers, partager un bon repas, regarder petit loup se sentir plus à l’aise et apprécier ces moments passés ensemble loin de tout ce qui parfois bloque notre respiration, la joie qui vibre à l’intérieur de nous.

Contempler la nature, belle, resplendissante.

Passer au cimetière déposer une fleur, à l’église allumer un cierge, au marché pour retrouver le goût de la brioche bien dorée de notre enfance.

Revoir des visages, échanger des nouvelles, évoquer « avant » les yeux pétillants, se souvenir, créer de nouvelles images pour demain, se sentir bien, en harmonie.

Souffler. Et vivre.

De moi à toi

Je les ai posés, là, sur le papier, ces mots brûlants, gardés en moi depuis longtemps. Je les ai laissés filer entre mes doigts, consciente de l’impact qu’ils pouvaient avoir, une fois la touche « envoyer » frappée du poids de tous mes sentiments libérés.

J’ai remonté le fil du temps, des souvenirs épars. J’ai été frappée par la jeunesse de nos visages, par la bienveillance d’un regard, par cette idée d’être bien, d’être moi, avec toi, dans les couloirs du métro parisien. Parenthèse enchantée dans ma vie solitaire. Frappée par nos choix, inadaptés parfois. Frappée par tout ce qu’on refuse de voir, l’évidence qu’on écarte, par peur de se faire du mal. Frappée par ces chemins que l’on emprunte, certains d’arriver à mener notre barque sans blesser les autres. Frappée par l’échec qui s’infiltre et brise les maigres espoirs qui nous font tenir.

Je me suis souvenue d’une première lettre, écrite, le cœur en transit, gardée sur un disque dur, dans un dossier maintes fois ouvert et refermé, pensant que mes sentiments finiraient par faire moins de bruit. Ne pas te voir pour ne pas raviver la flamme.

J’ai osé, cet été, te dire tout ça. Tout en sachant que tu as ta vie, ta famille. Et que je n’ai aucun droit d’envoyer valser tout ce en quoi tu crois.

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Me libérer de tout, d’un coup. Ouvrir les vannes pour me donner une chance de dissiper ce malaise qui me saisit chaque fois qu’au cours d’une conversation, on évoque ton nom ou bien ce sourire de circonstance que j’arbore pour me donner de la contenance, pour que personne ne voit le chamboulement à l’intérieur de moi.

Couper les liens qui m’attachent à un avenir imaginaire. Et en quelques lignes nous rendre notre liberté.