Le temps de l’amour

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Le réveil a sonné. Une musique douce comme le flot d’amour qui passe entre nos peaux ivres de plaisir. Je me tiens tout contre la tienne, sa chaleur inonde chaque parcelle de la mienne. Je respire tout ce que tu es, dans cet instant. J’inhale la clarté des sentiments, la fraicheur de ton sourire, la volupté de nos accords, la naissance du jour dans tes bras. Délicieux. Je retiens les secondes avant de m’aventurer hors du lit, loin de l’onctuosité de ton étreinte. Passionnée, rassurante, magique.

Les premières heures de nous l’étaient. Magiques. Celles d’aujourd’hui le sont tout autant. Elles ont des reflets d’or qui font battre mon cœur, si vite, font vibrer mon corps, si intensément. Je n’en reviens toujours pas de tout ce que tu donnes jour après jour, de toute l’attention dont tu fais preuve, de la façon dont tu accueilles tout ce que je suis, sans souhaiter changer quoi que ce soit, de ta capacité à m’accompagner au delà de mes peurs, mêmes les plus tenaces.

Je me sens tellement vivante avec toi. Je découvre tout. Comme au premier matin de la vie. J’apprends l’amour au jour le jour. Le partage. L’écoute. Pouvoir tout se dire. Sans aucune certitude que celle des choix posés, des minutes incendiaires suspendues au chaos de nos sens épousés.

Merci mon Amour pour ce temps, à nul autre pareil (Merci pour le titre aussi!). Le temps d’avant s’évanouit. J’oublie. Et je m’enroule dans le merveilleux, je me drape de “je t’aime”. Je savoure l’excellence de nous…

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N’attendons jamais qu’il soit trop tard…

L’annonce a fait trembler les murs. Les fondations que l’on croyait solides se sont effondrées. Parfois la vie dure plus de quatre-vingt-dix années. Parfois elle s’achève à la manière d’un éclair, d’une ampoule qui éclate. Le cœur arrête de battre.

Certains ont besoin de temps pour poser les mots. Ce sont les mots qui me délivrent du risque de me briser. Si je les laisse filer, alors la nuit s’installe, le chaos menace.

Au bout du fil, le chagrin est palpable, il coule sur l’enfance. Les souvenirs égrainent des images, d’une petite fille aux cheveux longs, un sourire espiègle, des épisodes de vie, nos rires. Et puis le tumulte des larmes qui cognent contre les parois du jour naissant. L’enfance s’est évanouit, son cœur s’est rompu. La jeune femme dort, paisible, dans un présent où elle n’est plus.

Au bout du fil, le néant, le vide incommensurable de ceux qui perdent un enfant. Une sœur, une femme, une maman. Une amie. D’aujourd’hui ou d’hier. Tant de questions, tant d’incompréhension. Le silence face au pire, à la fin abrupte d’une vie. Sans retour en arrière possible. Tout ce qui n’aura pas été fait, tout ce qui n’aura pas été dit. Tous ces mots d’amour en suspend dans un ciel aux allures d’apocalypse. Trop tard.

N’attendez jamais qu’il soit trop tard. Dites, dites vous tout. Écrivez les mots. Dansez les, chantez les si c’est plus facile pour vous. Pardonnez et ne remettez pas à plus tard. Oubliez ce qui n’a pas d’importance. Entourez vous de ceux qui comptent, respirez-les. Posez des actes, exprimez vos sentiments. N’attendez plus qu’il soit trop tard…

Notre Dame panse ses plaies et le Monde se meurt…

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Elle se tient, là, dans le noir, à l’abri de trop de regards. Un périmètre de sécurité l’encadre. Affaiblie, certes, mais debout. Entourée de tant de prières et d’amour. On dirait qu’elle se tait pour panser ses plaies.

J’ai regardé comme beaucoup le journal de vingt heures ce soir là. Et je me suis sentie insensible au possible, à des années lumières de ce que tous exprimaient, de peine, de chagrin. Tout est éphémère, c’est peut-être la seule certitude que je détiens dans cette vie.

En la voyant, hier, j’ai mieux compris ma réaction. Notre Dame, consumée par le feu ne mourrait pas sous nos yeux. Elle se faisait dévorée par les flammes certes mais elle restait solide, ancrée. Elle verrait demain, différente. Elle renaitrait de ses cendres. Parce que le monde est ainsi fait que le matériel se refait, qu’on reconstruit. Même sur rien. Elle serait le symbole d’une nouvelle ère, riche de son passé, pleine de son avenir.

Alors que la vie de l’homme, détruite, devient poussière. Personne ne peut redonner vie à la mort. La mort est la fin et le début d’autre chose. C’est avant tout le vide, dans cette vie au moins. Personne ne viendra redonner le souffle à celui qui n’en a plus. Personne ne pourra apaiser la peine de ceux qui reste. Il n’y a pas de commission d’état, de lever de bouclier pour le commun des mortels.  Juste le néant qui suit l’agonie. On ne répare pas les morts à coups de millions d’euros.

Alors non, je ne suis pas insensible. Je suis heureuse que le monde se mobilise pour redonner vie à Notre Dame. J’aimerai juste qu’il se mobilise avec autant de vivacité et d’authenticité pour tous les drames qui touchent chaque jour des êtres vivants dans toute la planète, qu’ils défendent les droits des hommes comme ils défendent ceux de la nature, de l’environnement, des animaux, qu’ils se dressent contre le totalitarisme, l’abject, la folie.

Sans les hommes, le monde n’existe plus…

Duel

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La flamme de la bougie vacillait dans l’obscurité de la chambre sommairement meublée. Le combat était sur le point de commencer. Les corps se faisaient face, contemplant le mystère de toute éternité qui vibrait comme les cordes de l’arc, bandé à l’extrême.
L’atmosphère tendue ne laissait place à aucune improvisation. Il fallait viser juste. Ou l’élan serait brisé, les fragilités exposées aux rapaces. Qui les decortiqueraient jusqu’à ce qu’il ne reste que des lambeaux de chaire meurtrie sur le lit aux draps blancs.

L’heure n’était plus à la contemplation de ces forces sourdes. Point de générosité dans ce duel à mains nues. Se souvenir de l’essentiel et se jeter confiant dans l’arène, certain de remporter la victoire. Forcer les barrages. Faire face aux soubresauts violents. Défier les ténèbres.

Il en allait de la vie de l’enfant…

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: flamme – briser – fragilité – contempler – combat – essentiel – générosité

Par amour pour toi

Je serai parti en croisade pour toi. J’aurai gravi les monts d’ici et d’ailleurs. J’aurai mendié aux cieux, aux étoiles et à tous les poissons de la mer quelque recette magique pour que tu daignes poser les yeux sur moi. Je serai allé voir ce savant fou qui vit dans les Montagnes du Nord et de son Almanach j’aurai tiré le savoir, celui de l’amour au premier regard. J’aurai suivi le rythme des lunes et des saisons avec l’intime conviction  de pouvoir un jour te prendre par la main pour, ensemble, admirer le soleil couchant embrasser les flots moqueurs. Je me serai fier à mon instinct pour débusquer la cachette secrète de tes rêves accidentés. Et je les aurai fait revivre avec pour seule arme, la palette variée de mes sentiments inavoués.

Je te vois, tu prends des notes au loin, là-bas, dans une réalité qui ne m’appartient pas. La mienne est pleine de toi. La tienne est vide de moi.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots récoltés étaient: croisade – instinct – almanach – réalité – rythme – poisson – (note) – convictions

Bordel Chagrin

Voix 1

Nous faisons un sacré boucan. Tout le monde nous regarde. Les enfants surtout. Il faut dire qu’ils s’en donnent à cœur joie. Sauter, monter sur les sièges, se bousculer, parler fort, se trainer par terre. C’est grotesque. Dans la rame, pas bondée, juste bien remplie, je scrute les regards, de travers. Paupières qui se lèvent et s’écroulent, souffles fatigués, soupirs exaspérés.
Beaucoup de grimaces semblent dire « quel sorte de père êtes-vous, pour les laisser agir ainsi ? »
Comment leur donner tort. A leur place, je fulminerais. Je ne me gênerais pour partager mon point de vue sur ce comportement inacceptable. Le respect bordel !
Quel père je peux bien être d’ailleurs. Qu’importe. Je m’en fous bien de ce que pensent les autres. Surtout aujourd’hui. Surtout à ce moment-là. Je regarde mes mômes – vivants. Je les vois rire, chanter à tue-tête. Je les remercierais presque de tout ce chaos. Vital.

Voix 2

Putain ! Ce mec et ses gosses m’exaspèrent. J’en peux plus de les voir sauter à droite, à gauche. Ils sont deux et foutent un souk d’enfer dans la rame surpeuplée. Les autres voyageurs semblent complètement déboussolés devant ce manque cruel de savoir vivre et de civisme. Impossible de se concentrer sur un bouquin, impossible de finir une conversation. Les cris couvrent même Led Zeppelin dans mes oreilles – un comble ! Je me demande qui va sortir de ses gonds le premier.
Le père sourit bêtement à sa progéniture, comme si il avait pondu les septième et huitième merveilles du Monde. Il doit être Miro pour ne pas réagir ou complètement désabusé. C’est peut-être ça le pire.

Voix 1

Le grand échalas avec ses écouteurs sur les oreilles est à deux doigts de me foutre son poing dans la tronche, ça se sent. Je passe de mes mômes à la limite de la décence au jeune à la limite de l’implosion. Qui va craquer le premier ?

Voix 2

Je craque. Je dis enfin tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis le début du voyage. Je prends sur moi pour ne pas hurler, inutile d’en rajouter niveau décibel. Le père est complètement à l’ouest. Il me regarde l’air hagard. Quel con !

Voix 1

Le type n’en peut plus. Il me lance mes quatre vérités, sans peser ses mots. Incapable. Les mômes, de futurs inadaptés. On emmerde tout le monde. Pas besoin de me faire un dessin. Il y aussi quelques grammes de mépris dans sa tirade. Je ne peux même pas lui en vouloir. En temps normal, mes mômes sont calmes. Le respect c’est une valeur phare chez nous.

Voix 2

Toute la rame me toise désormais, presque gênée. Les mômes se sont arrêtés de brailler. Ils se tiennent derrière le père, soudés. Les autres sont bien contents de ne pas l’avoir ramené au final. Le père me sourit comme pour me dire « t’inquiète vieux, j’aurai fait comme toi dans la même situation ». Par contre, j’échangerai pour rien au monde ma place contre la sienne.

Voix 1

Je l’ai scié. Sur place. Il me regarde incertain. Quoi dire ? Quoi faire ? C’est pas de sa faute. Il ne pouvait pas savoir. Il retourne s’asseoir avec Led Zeppelin. J’aurais pu lui dire que j’aimais bien. Peut-être même que j’aurai dû lui demander de partager ses écouteurs. Juste pour passer mon chagrin, ne plus entendre celui de mes mômes marteler le sol du métro aérien.

Voix  2

« Ils viennent de perdre leur mère »
J’ai encore du mal à m’en remettre. De cette annonce. La belle claque!
J’aurai presque envie qu’ils fassent encore plus de bruit. Celui de la vie. Pour que je n’entende pas mon cœur se faire la malle.

Ce texte est inspiré d’une discussion que nous avons eu hier soir sur le thème de la communication…

 

Contempler le Monde

Crédit Ornella Petit

A la question: “tu as envie de quoi?” ou ” qu’est-ce qui te ferait plaisir?”, elle n’avait jamais su quoi répondre. Non pas qu’elle ne sache pas. Si elle avait dit, s’asseoir et regarder le monde, qu’auraient-ils pensé? D’elle et de ses idées. Un peu puéril tout ça!

Elle l’avait dit. Plein de fois en fait. Oui être là, juste là, avec toi et contempler le monde, le refaire peut-être. Juste savourer cet instant là qui ne ressemblerait à aucun autre. Et si un autre venait, il serait différent. Il n’y aurait jamais les mêmes personnes, ni le même chant d’oiseaux. Les fleurs siffleraient une autre mélodie sous un ciel, pas le même que le jour d’avant, pas le même que la minute d’après. Un instant au carrefour de mille vies, destins croisés et humeurs froissées. Juste regarder les étoiles ou la mer. Ou les toits à l’endroit, à l’envers. Faire et défaire le fil du temps sur lequel dansent les hémisphères.

Elle avait dit, avec toi le monde prend des couleurs que je ne lui connaissais pas. Il vibre d’une passion que je ne devinais pas. Il bat entre nous, comme nos cœurs dans nos poitrines. On n’est pas bien là à savourer cet instant éphémère, qui n’existe que pour nous.

Elle avait proposé de s’asseoir sur le toit du monde et de ne rien faire. Juste se tenir la main. Juste se dire du bout des yeux, dans le tremblement des paupières, dans les paumes fusionnées. Être tout simplement. Elle voulait elle aussi les grands espaces et les sensations exquises. Elle voulait les expériences insensées et les joies sublimes, comme les autres. Elle savait toutefois que rien ne remplacerait cet instant du monde, avec lui, elle contre lui et lui contre elle. Peu de mots et plein d’émotions.

Le monde leur était étranger. Alors ils avaient ri. Beaucoup. Ils s’étaient moqués. De sa candeur et de ses idées qu’ils qualifiaient d’enfantines. Ils avaient attendu une autre réponse qui n’était pas venue. Elle s’était sentie toute petite avec ses envies, toute fragile avec ses kilos d’amour en trop. Pas adaptée. Pas rassurée.

A la question: “tu as envie de quoi?” ou ” qu’est-ce qui te ferait plaisir?”, elle ne répondait plus. Il faudrait deviner désormais. Il faudrait vouloir la connaître pour la comprendre. Et ne pas juste prendre ce qui plaisait, comme on fait son marché. Il faudrait la respecter pour l’apprivoiser.

Et marcher avec elle, le visage tourné vers le monde…

La maternité, ma plus belle claque!

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Je vous passerai les détails de ma grossesse sordide (vous l’avez déjà lu et si vous ne l’avez pas lu, ce n’est pas un problème pour la suite), le retour en France, les tremblements, les larmes, la peur attachée à chaque millimètre de ma peau.

Je me demande souvent si j’ai choisi d’avoir un enfant ou si cela s’est juste imposé à moi. Ça coulait de source je crois. Nous n’en avions pas parlé – pourquoi nous aurions parlé de cela puisque nous ne parlions de rien?

Le jour de l’accouchement, j’ai réellement pris conscience qu’il n’y avait plus de retour en arrière possible. J’ai pensé aussi que je tenais dans mes bras la vie et la mort et ça m’a fichu un coup. Encore très fragile, mais en sécurité, j’ai doucement pris la mesure de mon nouveau statut de maman. Nos débuts difficiles ont laissé place à des heures plus légères, puis des jours plus doux.

J’ai longtemps gardé beaucoup de colère en moi et elle explosait toujours avec une vivacité qui me laissait désemparée, seule, en larmes, face à mon enfant, que j’aimais pourtant et à qui je voulais donner le meilleur. C’était terrifiant. Je me sentais terriblement coupable.

C’est une des rares personnes qui me met si souvent face à mes limites, qui m’oblige à regarder mes peurs et à les dépasser. Mon fils me renvoie une image pas toujours agréable de moi-même. Si je me regarde dans le miroir, je saisis parfois un reflet bien amoché. Je sens alors qu’il est grand temps de rétablir l’équilibre de notre embarcation. Mon fils m’aide à grandir, à creuser encore et encore pour déterrer le beau et laisser filer le reste. Ce n’est pas une cure de jouvence, il y a des jours où je me sens en dessous de tout. Et puis, comme c’est dans ma nature, je reprends espoir, je me fais confiance pour aller de l’avant, lâcher la culpabilité et donner le meilleur de moi-même pour la suite.

Je ne changerai rien à rien, même si parfois la charge me parait lourde à porter seule, même si parfois je me sens démunie devant mes tentatives avortées, de ne plus crier, de ne plus être agacée pour un rien, même si parfois je me voudrais plus maîtresse de moi-même, plus capable de faire attention à mes besoins aussi.

J’ai longtemps pensé que je devais être irréprochable. Aujourd’hui, j’apprends à accepter mes erreurs, je les partage avec lui, je suis honnête quant à mes manquements et mes peurs. Se dire les choses, je crois que c’est essentiel. Le bon, comme le moins bon. Et puis construire à partir de là. A partir de ce qu’on est et de ce qu’on tend à devenir. Pas à pas.

Ce petit rien

Copyright @Ornella Petit

Je le saisis parfois
Une conscience que je ne garde pas longtemps
Ça vient et ça file
C’est suspendu dans le vide
La conscience que tout n’est rien
Que ce rien non palpable est tout
Ça paraît tordu pourtant c’est simple
Si simple
Que ça en est déroutant
Alors l’esprit reprend les commandes
Et tout retrouve sa place
Tout redevient comme avant
Avant la conscience
De n’avoir rien à prouver
Rien à gagner
Rien d’autre à être que ce que l’on est
Mais le sait on?
Qui l’on est

Quand je les vois cherchant ici et là
Reconnaissance, gloire, regards admiratifs
Quand j’entends leurs peurs intérieures
Quand je saisis leur vulnérabilité derrière la façade de certitudes qu’ils affichent pour faire face au monde
La conscience revient me rappeler que nous finirons tous de la même manière
Poussière…
Poussière de terre ou d’étoile

Alors que restera t-il de nous?
Des hommes – des femmes qui avons réussi
Qui avons été les premiers
Qui avons voulu gagner
Mais gagner quoi?
Il ne restera rien des prix – des économies – des possessions
Même les souvenirs qui nous auront tenu chaud ne seront plus
Il restera un peu de nous pour les autres. Puis cela aussi disparaîtra
Nous disparaitrons…

Alors je tremble de ne pouvoir garder cette conscience plus longtemps
La vie me rattrape
Je respire mal
Je ne sais plus
Je me sens coupée du monde
Et pourtant j’entends le monde qui m’appelle
Alors je reviens au connu
A tout ce que je ne saisis pas toujours
Je reviens aux rires, aux larmes
A la peine, à la joie, à l’incertitude
A l’espérance, à moi, à l’autre
A l’équilibre à préserver
Entre ce que je sais et ce que je ne sais pas encore

J’essaie de prendre davantage la mesure du temps
Avant que le temps ne vient toucher ma bulle d’argent
Et la faire éclater

Tu me manques

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Tu me manques
Le son de ta voix
Le bruit de tes pas
Le vert de tes yeux
Tout ce qui fait toi

Tu me manques
Le matin
A quelques minutes de moi
Le soir
À quelques vols de là

Tu me manques
Une heure
Deux heures
Des jours
Toujours

Tu me manques déjà
A deux doigts
D’un baiser
Les secondes envolées
Au coin du boulevard

Je pourrais écrire
Les frissons
Les dentelles
Les regards
La liberté
Mettre d’autres mots
Sur ces états d’être
Sans toi

Y mettre les formes
Mais rien ne dirait vraiment
Le manque brut
Le manque dense
Des heures sans toi