Challenge Ecriture #34- 20.10.2020

Le temps passé n’est que la suite logique de nos choix de vie. Il ne nous reste que cela, la saveur d’étreintes furtives dans un monde qui se noie. Une parenthèse comme une bulle de savon échappée d’un souffle enfantin. Un peu de magie au creux de l’incertain. Et le soleil qui vient comme un manteau nous envelopper de sa clarté. Sa vibration est telle qu’on oublie tout ce qui, quelques heures auparavant, faisait trembler nos cœurs, pesait sur nos esprits. Toutes les questions sans réponse. Tous les maux de l’absence, enfin dissipés dans une présence rassurante.

Attendons-nous autre chose? Ou sommes-nous en phase avec tantôt ce peu tantôt ce plein?

Que dirait le soleil?

Merci à Josée pour sa participation! Et toutes mes excuses pour la semaine dernière, je passais mes examens! Je continue ce challenge jusqu’à la fin de l’année, si le cœur vous en dit de participer! Ce sera avec plaisir!

Pour la semaine prochaine (#35), petite mise en scène inspirée par une blogueuse: vous refaites la décoration de votre cuisine, vous enlevez le papier peint et découvrez sur le mur l’inscription “bande de trouillards!”. Ecrivez un texte à partir de cette situation ou incorporez cette situation dans votre texte. A vos plumes!

Ce temps particulier

Photo by Craig Adderley on Pexels.com

Un temps d’attente, à ne pas trop savoir, à ne pas trop prévoir. A laisser passer aussi, les doutes et les questions. Quand c’est possible. Quand une pensée ne vient pas faire bouger le château de cartes en équilibre.

Un temps entre deux, deux chemins, deux histoires. On peut toujours bifurquer, rien n’est écrit d’avance, tout est à réinventer au gré de nos pas sur la route.

Un temps fait de choix, même quand nous n’en faisons pas, nous décidons, inconsciemment. De nous laisser porter par le courant. Advienne que pourra dans cette grande incertitude qu’est demain.

Un temps comme l’enfant qui régresse, temps plus ou moins long des bases à redéfinir ou bien à consolider. Pour pouvoir se lancer. Ou pas.

Un temps de travers, pour regarder en soi, tout en regardant devant. Ce qu’on est prêt à lâcher, ce qui nous tient chaud et qu’on voudrait pourtant pouvoir quitter. Quelque part souffle un parfum de liberté, mais saurons-nous seulement essayer d’y goûter?

Qu’est-ce que ça vaut de ne rien risquer? A qui devons-nous quelque chose? Peut-être que demain, le temps se sera éteint. Alors que garderons-nous des possibles que nous avons laissé s’éteindre, par manque de courage, par peur de faire face aux regards familiers?

Quelque part une note du temps suspendu aux chants des oiseaux dans la fraîcheur d’un matin d’automne. Quelques traces d’esquisses de rêves, un bonheur touché du doigt, l’éphémère toujours comme si tout se résumait à ça: ce qu’il est essentiel de vivre, d’aimer sans attente.

Challenge Ecriture #33- 06.10.2020

Peins moi le monde
Rêves d’azur
Sur le gris des murs

Peins moi le monde
Ses grands espaces
Et le macadam pétri d’audace

Peins moi le monde
Sors les couleurs
De l’intérieur

Peins moi le monde
Ses idées folles
En farandole

Peins moi le monde
La terre féconde
Sous l’asphalte qui gronde

Merci à Josée qui reste fidèle à ce rendez-vous. Vous trouverez sa participation ICI

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Pour la semaine prochaine (#challenge 34) j’ai bien envie de tester un exercice d’écriture spontanée ou intuitive – peu importe le mot qu’on utilise. Le principe est très simple: vous prenez une grande respiration et vous vous lancez. Vous écrivez des mots, des phrases, tout ce qui vous vient, sans réfléchir, ni à la cohérence, ni à la syntaxe. Ça doit vraiment être quelque chose de fluide ! Ne cherchez pas non plus à ce que ça fasse sens. Allez y au feeling! Ça vous tente? 

Hâte de vous lire…

Loin du monde

Photo by Simon Migaj on Pexels.com

Je reste loin des informations, des réseaux souvent aussi. Je me tiens loin du bruit de toutes ces voix qui se révoltent, de tous ceux qui ajoutent leur chaos au chaos ambiant.

Je reste loin des mots qui viennent faire chavirer la barque de l’équilibre. Je ne suis pas de celles qui brandissent des étendards, qui luttent et sans cesse médisent sur le pouvoir. J’ai mes idées, elles n’engagent que moi.

Je me tiens loin de toutes ces vérités qu’on scande à longueur de journée, de tous ces mots qui viennent raviver la flamme de la haine. J’essaie de faire fi des nouvelles injonctions pour soi-disant un monde plus beau.

Il y en a qui pensent qu’il faut la guerre. La guerre, je crois, elle est déjà là à l’intérieur de nous. Elle est dans l’affrontement de notre ombre et de notre lumière. Et si il y a un combat à mener, il est pour moi intérieur pour commencer.

Si nous réussissons alors cet exploit d’assumer nos zones d’ombres et d’embrasser notre lumière, nous pourrons peut-être regarder le monde sous un nouveau jour, les yeux rivés sur les richesses à déterrer plutôt que sur la pourriture à enterrer.

Quel est votre regard? Etes vous de ceux qui luttent en dehors ou en dedans? Dans quoi dépensez-vous votre énergie inutilement?

Comment te dire?

@Marie Kléber

Comment? Oui comment te dire? Je me sens bien seule avec les mots qui ne viennent pas. Mais il y a t’il seulement des mots pour te parler de ça.

Comment te dire que le poulain que tu as vu il y a un mois à peine, qui tenait tout juste sur ses pattes, à l’abri près de sa mère, vient de mourir?

La mort, tu sais, on en parle. Il n’y a rien de tabou. C’est juste la vie qui part ailleurs, qui va tenir compagnie aux nuages et fricoter avec les étoiles.

Non, là c’est autre chose. Comment te dire que le poulain au nom si rigolo a été torturé, avant d’être sauvagement tué?

Comment te dire la violence des hommes, sans y ajouter la notre? Comment te dire l’horreur tout en restant loin de la haine?

Quels mots trouvés pour t’apaiser devant l’inacceptable?

Je te regarde avec tes idéaux et  j’espère que tu les garderas longtemps, comme un bouclier face à la barbarie, que rien ni personne ne pourra t’ôter ta joie de vivre et que face à l’innommable tu garderas la foi en quelque chose de plus grand que tout ce qui te dépasse.

Challenge Ecriture #32- 29.09.2020

Il fallait agir aujourd’hui. Luc le savait. Pas de retour en arrière possible, pas maintenant. Il avait eu tout le loisir d’étudier les habitudes de la maison et savait à la seconde près quel était le meilleur moment pour agir.

Il avait mis son mental sur off, après des semaines de réflexion et de planification. Le temps de penser était derrière lui et il savait que la moindre épine dans son raisonnement pouvait mettre à mal toute l’opération.

Le matin même il avait été acheter une brouette, une pioche et une pelle. “Tout le matériel nécessaire pour un beau cadavre!”, c’est ce que sa voisine lui avait dit à son retour. Ils s’entendaient assez bien pour qu’elle se permette ce genre d’humour.

Il ne restait plus qu’à attendre la nuit, assez noire sans être obscure. Et les dernières lumières en espérant qu’il ne prendrait l’envie à personne de prolonger la lecture d’un bon bouquin.

Il n’en était plus à quelques heures près. Il alla chercher le sac et se glissa dans le jardin, par la porte du fond. Célia lui avait donné la clé, sans hésiter. Son air angélique avait le pouvoir d’endormir même les plus sceptiques.

L’opération en elle-même était rapide, la terre, il maîtrisait.  C’était de nettoyer ensuite qui demandait application et précision. Il devait laisser place nette pour que personne ne se doute de rien.

Quand Célia ouvrirait les yeux au petit matin, elle croirait d’abord à un rêve. Et puis son sourire viendrait illuminer son beau visage. Elle n’aurait plus qu’à dire “oui”!

Retrouvez les participations ici: Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un texte optimiste à partir de cette photo de street art (Copyright Seth).

Je sais…

Credit Kaboompics

Je ne dis pas la vie comme un fouillis, je l’écris juste pour ce quel est, ce grand manège des émotions, des instants, des ressentis, des sentiments. Je sais savourer tout ce qu’elle a de magique. Si et seulement si je prends le temps d’être connectée à ce qui fait sens pour moi. Ce “pour moi” n’appartient à personne d’autre. Il est ma marque de fabrique.

Je sais ma chance d’être merveilleusement entourée, aimée, accompagnée. Je ressens à plein volume cette allégresse des jours heureux quand je suis en paix avec moi-même, quand je lâche les masques dont je parlais hier.

J’ai compris récemment que c’est dans la spontanéité que je suis la plus authentique. A trop me poser de questions, j’en oublie ce qui compte pour moi. Et pourtant je suis seule aux commandes du navire.

Je sais le beau dans l’ordinaire, la chaleur d’une présence dans les jours d’absence, l’amour que l’on ne contient pas et qui vient faire céder les digues, le merveilleux d’un sourire, la légèreté d’une caresse, la force d’un “merci” . Je sais où je suis bien et où je dois encore œuvrer pour que cesse ce sentiment de valoir moins, de ne pas être assez.

Ma vie d’aujourd’hui a des couleurs extraordinaires et les jours gris ne les rendent pas moins éclatantes. J’apprends à vivre avec qui je suis et à m’aimer dans mes forces comme dans mes failles, à accepter ma vulnérabilité comme une chance d’entrer en contact avec le monde.

Je sais surtout qu’au fond de moi, comme au fond de vous, se cache une richesse qui lentement se dévoile. Pour peu qu’on se laisse le temps de tracer son chemin.

Pensées automnales

Crédit Kaboompics

L’automne est arrivé au milieu de jours ensoleillées. Une saison que j’apprécie et pourtant chaque année il y a comme un vent de mélancolie qui vient me titiller. Tout est trop d’un coup. Trop de choses à penser. Trop de projets. Trop de besoins. Et des doutes encore. Que j’essaie de tenir à distance pour qu’ils ne viennent pas gâcher les jolies heures.

Un mouvement, qui sans cesse me bouscule et m’apaise. Des vagues émotionnelles que j’accueille de mieux en mieux. Certains promettent ici et là la clé pour en venir à bout. Je reste sceptique. Je n’en suis pas à ma première tentative!

Je cherche encore et toujours, à grandir, à évoluer, à déterrer les démons qui sans cesse me poussent sur le côté. J’avance, c’est certain, parfois vite et parfois pas. Parfois j’ai cette impression de revenir au point de départ. Comme si tout ce que j’avais essayé avait échoué. Et alors je me sens perdue, avant de retrouver l’énergie de repartir. Peut-être plus lentement cette fois, en m’écoutant davantage aussi. Il y en a qui se vantent d’avoir la solution à mes plus profondes incompréhensions.

Quand je les écoute, je perds le fil et la raison. Revenir à soi n’est pas toujours aisé dans un monde qui favorise, sans le vouloir sûrement, la culpabilité.

Le meilleur de moi ne se révèle que dans l’intimité. Ailleurs, je me cache, je me voile la face, je donne le change, j’essaie d’exister, j’attends – je le sais – une certaine reconnaissance. Je tire souvent un trait sur ma singularité. Au travail j’ai perdu l’entrain. Je suis un pantin qui suit le mouvement. A la maison, je me surprends encore à me justifier, à lâcher une colère sur laquelle les mots glissent. On dit que derrière la colère il y a une tristesse refoulée. Je ne l’identifie toujours pas.

C’est en écrivant que je suis authentique. Je crois que ma vérité, elle est dans ce que je pose et dépose, ici et là. Le reste, c’est du bricolage, pour que tout tienne debout. Peut-être un peu moins avec le temps. Il faut lui reconnaître l’avantage de nous faire parfois avancer à notre insu. Ce qu’on croyait, alors, impossible, devient envisageable. Il se pourrait que demain, nous devenions plus sages…

 

 

 

 

 

Challenge Ecriture #31 – 22.09.2020

C’est une envie indocile qui m’envahit soudain, alors que le dernier train m’emmène loin de toi. L’automne est arrivé, entre deux solstices, sans que nous y prenions garde. Je regarde la pluie tomber sur les vitres, les gouttes couler le long de la paroi de verre et des images apparaissent, arabesques éphémères de ce temps de nous.

Nulle certitude et pourtant tant de paix. A nous savoir vivants, ensemble, sur un chemin inconnu. La pluie continue d’inonder les pavés, je ferme les yeux, je pars en voyage. Des cornes de gazelle m’attendent à la maison. Avec un thé chaud, je les dégusterais, en écrivant quelques lignes qui parleront de tout ce que je ne peux te dire.

Le manque de toi se fait toujours très dense sur le chemin du retour. J’aimerais être magicienne pour suspendre les heures, alors nous aurions un semblant d’éternité à apprivoiser. Le train vient de s’arrêter, la pluie aussi et c’est sous un ciel de carte postale que je rejoins la maison. Un joli clin d’œil pour qui sait saisir la magie du quotidien!

Retrouvez ici les autres participations: Chez Marie, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, l’idée m’a été murmurée par un participant! Voilà les éléments de votre prochain texte: une pioche, une pelle, une brouette! Hâte de vous lire.

HP, PN, Hyper, what else?

Crédit Pixabay

C’est un peu un gros cri du cœur mais je dois dire que tous les raccourcis me font cet effet là!

Tous les enfants qui captent vite ne sont pas à Haut Potentiel. Tous les mecs sans tact que vous aurez pu rencontrer ne sont pas des Pervers Narcissiques. Et toutes les nanas qui ressentent des choses ne sont pas Hyper Sensibles!

J’écoute tout ça et ça me file le tournis. Je trouve même que c’est épuisant à la longue. Si on insiste encore un peu, je pense qu’on peut dire que tous les enfants d’aujourd’hui sont surdoués, que tous les hommes sont des pervers et que tous les femmes ont une sensibilité exacerbée qui fait d’elles des personnes ultra connectées et au dessus du lot (tant qu’on y est!)

Voilà où nous mènent tous ces raccourcis.

Un enfant est vif de nature, il s’intéresse généralement à beaucoup de choses. Bien sûr qu’il y a des enfants différents, avec des particularités mais dès qu’un enfant ne se comporte pas exactement comme un autre, est-ce que ça veut forcément dire qu’il faut le coller dans une case et lui mettre une jolie étiquette – étiquette qui le fait passer pour ce qu’il n’est pas – sur la tête?

Tous les hommes ne sont pas des pervers narcissiques. Il y en a qui sont justes narcissiques, c’est une personnalité comme une autre, ni mieux, ni moins bien. Il y a des femmes aussi. Et des pervers dépendants, des pervers anxieux, des pervers phobiques. Et puis il y a plein de personnes avec plein d’autres problèmes.

Je crois pouvoir que l’hypersensible c’est ce que je préfère! Sensible ça n’existe plus dans le langage commun. Si, pour les hommes, un peu, mais bon déjà ça fait un peu tâche. Aujourd’hui tu es soit hypersensible soit rien. Et puis tu es Hyper Conscient aussi et Hyper Émotif, Hyper Actif.  En fait tu n’es plus toi. Tu es toi *100, *1000. Pas étonnant que tu pètes un câble à un moment donné. Ça doit pas être facile de vivre Hyper Connecté à tout, tout le temps!

Je n’aime pas tous ces termes plein de sous-entendus mais en plus je trouve que c’est un très bon moyen de dire, soit je suis hors-norme (vous ne pouvez pas me comprendre!), soit de se décharger du poids de notre responsabilité personnelle (c’est pas ma faute!)

Je ne dis pas que les pervers narcissiques n’existent pas, que certaines personnes ne sont pas hypersensibles ni qu’il n’existe pas d’enfants à haut potentiel, je dis juste que nous ne sommes pas tous concernés et qu’il est important de s’en souvenir, pour ne pas tomber dans des généralités qui ne servent à rien, sinon à nous faire vivre dans une autre réalité.

Et vous il y a des mots comme ça qui vous agacent?