“50 Nuances de Mots”

Elle aurait pu écrire 100 ou 1000 nuances. Les mots se présentent à l’infini. A nos doigts de leur donner vie, de leur insuffler un souffle, de les projeter en avant, de les faire cohabiter parfaitement au gré des récits qui peuplent nos vies.

Aujourd’hui, je suis heureuse de vous présenter un nouveau blog coopératif, fruit de l’envie d’une jeune écrivain, dont la plume vous a peut-être déjà séduits d’ailleurs, ailleurs.

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Peux-tu te présenter en quelques lignes?

Je me surnomme Beawriter ou Juju pour les intimes. Je blogue depuis quelques années, par plaisir, par goût du partage et de l’écriture. J’aime parler de tout et de rien, m’exprimer sur des sujets du quotidien, sur ma vie entre autre, accompagnée de ses embûches et de ses nombreuses joies.

D’où t’es venue l’idée de créer ce blog coopératif autour des mots ?

J’y pensais depuis un bout de temps. L’idée m’est venue assez naturellement, au fil de mes rencontres dans la blogosphère, j’ai eu l’envie de pousser l’idée du partage par les mots un peu plus loin, et puis : plus on est de fous plus on rit ?!

Du projet à la réalisation, quelles ont été les étapes ?

J’avais dans l’idée d’attendre encore un peu avant de me lancer dans le projet, et puis je me suis finalement levée un beau matin en me disant que le moment était venu de mettre la main à la pâte. J’ai sans plus tarder cherché une plateforme et des personnes motivées pour écrire avec moi sur mon tout nouveau blog que j’ai intégralement créé dans la journée. Quand je suis décidée, ça ne traîne pas ! 😉

Que signifient les mots pour toi ?

Ils ont une grande importance dans ma vie, j’adore m’exprimer sur le papier. Au début, cela venait du fait que j’avais plus de mal avec l’oral. Aujourd’hui ce n’est plus tellement le cas, mais on peut dire que chercher les mots vrais, ceux qui frappent, ça me calme, ça m’aide à y voir plus clair. Les mots sont pour moi essentiels.

Comment vois-tu l’évolution de ce blog à court terme / ou plus long terme?

Je lui espère une belle évolution, remplie de belles rencontres et de mots! Je vais tout faire pour qu’il prenne vie et s’épanouisse au fil des articles. J’espère que nombreux seront les passages et les écrivains en herbe à apporter leur petite pierre à cet édifice en éternelle construction.

Quelles sensations / émotions te procure l’écriture ?

Une sensation de libération, de bien-être profond, ça apaise mes souffrances, mes incompréhensions, je me suis toujours exprimée plus aisément de cette façon. Quand j’écris, je peux passer du rire aux larmes et j’adore ça.

Comment sélectionnes-tu les personnes amenées à écrire pour « 50 nuances de mots » ?

C’est totalement libre, quiconque éprouve le désir de s’y mettre m’envoie un petit message à cette adresse : jrouvarel (at) gmail (point) com et m’envoie son premier article. C’est un blog avant tout fondé sur des participations volontaires et motivées.

Un mot pour tes futurs lecteurs / rédacteurs ?

Lâchez-vous, ce blog est fait pour ça, nous sommes les maîtres de nos mots et des émotions que nous transmettons. A plusieurs, on est plus forts, on a plus de poids et c’est aussi un moyen d’apporter une autre dimension à l’écriture, ce n’est pas qu’une passion individuelle, c’est aussi un moyen d’entraîner bien des échanges !

Et en ce qui concerne les lecteurs, si vous êtes curieux sur le monde qui vous entoure, si vous aimez lire, l’art, la musique, l’écriture… vous pourriez vous plaire par ici !

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Merci beaucoup Beawriter pour cette présentation qui donne vraiment envie de s’investir et de suivre ce projet plein d’enthousiasme et de fraîcheur.

Je vous invite à écrire si le coeur vous en dit. Ou bien à suivre cette aventure. Vous retrouverez “50 nuances de mots” sur:

Hellocoton – http://www.hellocoton.fr/mapage/50nuancesdemots

Le Blog – https://50nuancesdemots.wordpress.com/

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Elle avait un prénom

Elle avait un prénom, un joli prénom. Elle s’appelait Clémence, Elise, Mathilde. Elle était posée là, bien à l’abri. Elle nageait dans un bain de bonheur mêlé de craintes. Elle se cognait parfois aux parois souples du corps maternel. Elle se délectait des mets que celle-ci prenait le temps de cuisiner, sans trop de sel, ni de matière grasse. Elle faisait sa belle, de temps en temps, quand ses parents les yeux rivés sur un écran tentaient de deviner où se trouvait son nez ou ses petites fesses. Sa mère comptait les mois, suivant son développement sur la courbe de vie intra-utérine, ne saisissant que brièvement le miracle de la vie. .

Elle avait un prénom, qu’on tentait de garder secret. Certains savaient. Elle dormait le jour et bougeait beaucoup la nuit, dérangeant sa mère, déjà prise dans un cycle de sommeil un peu cabossé. Mais si heureuse à l’idée de sentir la vie bouger sous l’impact de ses mains, sous la pression des doigts d’un papa, à l’orée du bassin.

Elle avait un prénom. On la rêvait déjà. Une jolie petite fille. Un beau bébé à venir, l’annonce d’une très grande joie.

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L’échographie est là, posée sur la table du salon. On ne la regarde pas. Les mots du médecin font mal. Ils ne leur ressemblent pas. Il a peut-être fait une erreur, un mauvais diagnostic.

Elle avait un prénom. Mais elle ne vivra pas. Elle partira avant, dans les bras de la nuit. Comme un enfant fantôme, sans bruit.

Et l’amour qui les lie leur donnera tous les courages du monde. Car sans amour, comment vivre, après un chagrin comme celui-là.

 Je viens d’apprendre une bien triste nouvelle, touchant des amis à moi. Je pense à tous ceux qui vivent l’annonce d’une malformation, d’un handicap, à tous ceux qui savent que l’enfant n’est pas viable et qu’en le mettant au monde, il faudra lui dire adieu, à tous ceux qui perdent un enfant. Rien ne nous prépare à vivre ce chagrin, un chagrin dont on ne guérit pas.

Dans mes nuits

Il y en aurait des choses à dire sur mes nuits. Rêves ou cauchemars, je me souviens de tout. Parfois, il est doux de voir le matin arriver. Parfois mes nuits me poursuivent jusque tard dans la journée. Je crois que les rêves expliquent bien des choses et nous aident à évacuer, à nous construire.

Je pourrai vous dire que pendant des années j’ai rêvé de toilettes. Des toilettes toujours ouverts d’une manière ou d’une autre. Des toilettes aux vitres transparentes ou avec des ouvertures sur les côtés. Des toilettes publiques, communes. S’il y a bien un endroit où l’on aime être seul, c’est aux toilettes. Et bien dans mes nuits, je n’étais jamais seule et j’avais toujours peur d’aller aux toilettes.

Une nuit, nue sous un jet d’eau tiède, devant une salle comble, le rêve des toilettes s’est évanoui. J’étais libérée.

Puis est venu le temps des courses folles, poursuivie par des individus sombres. Toutes ces courses atroces se terminaient inéluctablement par un saut dans le vide, souvent une piscine sans eau à l’intérieur. Je me réveillais en pleine nuit, apeurée à l’idée de m’endormir à nouveau.

Il y a ensuite eu les nuits où je tentais coûte que coûte d’attraper un train, un avion. Je le ratais inéluctablement. Je trimballais alors mes bagages dans les rues désertes de villes fantômes. Au fur et à mesure, j’ai commencé à courir après des trains, des avions, que je savais perdus d’avance.

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Et puis celles, peuplées de sang, de courses contre la montre, d’enfant perdu ou volé, de peurs, d’angoisses, d’entrailles puantes.

Ensuite il y a eu les nuits d’insomnies.

Puis les rêves sont revenus, ceux au cours desquels je tentais tant bien que mal d’échapper à l’agresseur, celui-là même qui m’avait dit « je t’aime ». On dit que ce sont ces rêves qui aident à faire le deuil. J’y crois. En ce moment, je rêve de choses plus faciles.

Et dire que quand j’étais petite je rêvais de notes de musique qui dansaient dans des bulles de couleur…

Et toutes les nuits en plus…

Ceci est ma participation au défi d’Agoaye – 53 billets en 2015. Pour en savoir plus, c’est par Ici – http://www.agoaye.com/53-billets-en-2015-le-reve-de-cette-nuit/

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Instantanés Singuliers #5

Bonsoir à tous. Je ne vous ai pas oublié, qu’est-ce que vous croyiez!

Je reviens donc vers vous, comme prévu avec le nouveau thème de Juin.

Et vous avez jusqu’au 10 pour me proposer vos photos – ça vous laisse un peu plus de 15 jours (je pense en particulier aux retardataires, comme moi)

Cette fois-ci j’ai opté pour un thème plus passe-partout, histoire de ne pas vous décourager:

NATURELLEMENT VOTRE

Montrez moi ce que la nature vous inspire, comment vous vous sentez face à elle, ce qu’elle vous offre ou vous murmure. Ouvrez vos cœurs, vos yeux et une fois de plus faites moi voyager!

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Continuer à croire en l’Amour

Quand on a vécu une ou plusieurs histoires difficiles, on a du mal à se dire qu’un jour la bonne personne frappera à notre porte et que cette fois ci, ce sera parti pour le bonheur à deux. Les autres sont beaucoup plus optimistes que nous. Ils nous promettent que l’amour est là, à portée de main, qu’il se présentera quand on s’y attendra le moins. Ils y croient pour nous. Parce que nous, on a bel et bien fini de rêver.

Qui ne souhaite pas à l’autre d’un jour trouver cette personne spéciale. Tous ceux qui l’ont rencontré jurent que l’amour existe et qu’il dure. Comment ne pas en être certain, quand on voit nos amis, heureux en couple, traverser la vie avec allégresse, se soutenir dans les moments difficiles, et rire à l’unisson.

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Certains se disent que l’amour n’est pas fait pour tout le monde, que certains y ont droit alors que d’autres sont abonnés aux histoires qui prennent fin et qui laissent des souvenirs amers.

Et puis d’autres, comme moi, pensent que l’amour existe, qu’il emplit le monde, mais ils ont un peu peur de se dire que ça peut encore leur arriver, qu’ils peuvent encore ressentir les palpitations accélérées du début et l’émotion tout au long du chemin. Ils se demandent comment on le reconnaît, comment on sait que celui / celle qui se présente n’est pas un énième fiasco à venir. Ils se demandent comment on fait confiance à nouveau, quand on a été trahi.

Je crois que si il y a une chose à laquelle il ne faut pas renoncer, c’est bien l’amour. Car il est là au commencement et jusqu’à la fin du monde. L’amour unit et transporte, il fait grandir et rend vivant. Il est l’un des besoins fondamentaux de l’être humain.

Instantanés Singuliers #4 – Chats Insolites

Je dois vous avouer qu’après avoir proposé mon thème le 20 avril dernier, je me suis vraiment demandée si j’allais avoir des participations. Et j’ai donc été agréablement surprise quand les billets ont commencé à arriver et à se multiplier. Donc avant de faire un point, je voulais vous remercier pour votre fidélité et enthousiasme, qui font de ce rendez-vous un moment de pure bonheur pour moi.

Je dois aussi vous avouer que chacune de vos participations m’ont permis d’appréhender les chats de manière différente. Je crois que je les apprécie un peu plus maintenant, grâce à vous!

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Drôle de phénomène – Pour les Apéros Cosmiques d’Aileza

Dans une semaine jour pour jour c’est la deuxième édition de la série Apéro Cosmique, à l’initiative d’Aileza. Je ne sais pas vous mais moi, je suis partante, sans hésiter, d’autant que le soleil se fait timide en cette fin de journée, ça pourrait bien le motiver à revenir!

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Le thème du mois: “Quand l’amour rime avec humour…” Je vous avoue que j’ai mis du temps à trouver comment j’allais traiter ce thème, non que je ne pense pas qu’humour et amour font bon ménage, loin de là, d’ailleurs je dirai même qu’un homme qui me fait rire a beaucoup de chance de gagner mon coeur.

Enfin, assez parlé, let’s party!

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu montais là-haut

Sur la Tour Eiffel

Je te prendrai au mot

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu écrivais mon nom

Sur les bonbecs au caramel

Je te prendrai au mot

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu riais à perdre haleine

En plein coeur du métro

Je te prendrai au mot

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu m’offres de la dentelle

Et un beau kimono

Je te prendrai au mot

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu écrivais « je t’aime »

Sur un arc en ciel

Je te prendrai au mot

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais allez fait moi rire

Avec tes drôles de quiproquos

***

Tu me dis que tu m’aimes

Je n’en crois pas un mot

Mais si tu risquais tout ça pour moi

Toi et moi on le sait bien

Le ridicule ne tue pas

Je tomberai dans tes bras

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“La Reine Crucifiée” – Gilbert Sinoué

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Entre Gilbert Sinoué et moi, c’est une grande histoire d’amour qui a commencé avec le Cri des pierres et le Souffle de jasmin, où nous suivions la destinée de quatre familles – israélienne, palestinienne, irakienne, égyptienne, au gré des années tourmentées du Moyen Orient.

Mais il faut bien l’avouer mon coup de cœur va au roman Les Silences de Dieu, qui sur fond d’intrigue policière nous entraine dans les méandres des trois grandes religions monothéistes.

A la suite de ce livre que j’ai depuis relu deux ou trois fois, et sur avis d’une lectrice aussi passionnée que moi par cet auteur, je me suis plongée dans Le Livre de Spahir. Marie en parle très bien dans son article ICI.

A mon fils à l’aube du 3e millénaire m’a profondément touchée, alors même que j’étais moi-même en passe de donner naissance à un enfant.

C’est donc tout naturellement que j’ai cédé à la tentation de lire La Reine Crucifiée, un des livres qui était disponible à la bibliothèque du quartier. La Reine Crucifiée est une histoire d’amour sur fond cette fois ci de drame historique. Nous sommes en 1340, Don Pedro est appelé à succéder à son père à la tête du Portugal, il est sur le point d’épouser Dona Constanza, quand son regard croise celui d’Ines de Castro. Leur histoire d’amour est celle d’un amour avec un grand A et tout le talent de Gilbert Sinoué est de nous faire ressentir la force de cet amour, entre deux êtres qui n’ont pas le droit de s’aimer.

Ils se retrouvent contre leur gré au cœur d’une machination, qui n’a de cesse que de les broyer, au cœur d’un secret que chacun cherche à s’approprier. Seront-ils assez fort pour faire face aux complots ?

A vous de le découvrir. Je vous laisse tout de même avec ces quelques mots :

« Je vous ai aimée avant même de savoir que vous existiez. Je vous aime comme on aime le bonheur et l’espérance et le jour qui se lève et l’impatience de celui qui guette à l’horizon le retour de l’être aimé. Je vous aime comme le peuple aime le roi, comme le fracas des armes aime la paix. »

Mots Eparpillés – Mai 2015

Ce texte participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabrés( http://www.lesmotsdemarguerite.com/) et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.

La photo de ce mois-ci est la suivante:

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Je suis le vieux cireur

Celui qu’on ne remarque pas

On me trouve là-bas

Près de l’urinoir

Où des hommes en costume passent

Sans même m’apercevoir

Il arrive que parfois

L’un m’offre ses chaussures

Que je soigne comme un enfant

Prendrait soin de sa toute première voiture

 ***

Je suis le vieux cireur

Près des WC

Ces toilettes publiques

Où l’on n’fait que passer

L’odeur en rebute certains

Tandis que d’autres nez bouché

Et papier à la main

S’en vont braver les effluves

Que je respire à longueur de journée

***

Avant j’étais connu

Le meilleur cireur de mon quartier

Les hommes se bousculaient

Dès la porte d’entrée

Puis on m’a reclassé

Dans ce souterrain morne

Je suis le vieux cireur

Qui connait les secrets

De tous les vagabonds

Les touristes singuliers

Qui osent un pas vers moi

Je ne cire plus guère

Que quelques paires ici et là

Celles des hommes d’affaires

Qui ne me remarquent pas.