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Atelier d’écriture #23

L’impact avait été brutal. Comme tout ce qui touchait de près ou de loin à sa vie en général. La chance n’avait pas frappé à sa porte, un peu comme pour beaucoup de jeunes filles dans son pays. A la maison, personne pour se soucier de son sort, pas même sa mère qui semblait depuis longtemps avoir rendu les armes d’un combat qui la dépassait. On la disait paresseuse quand elle n’obéissait pas, quand elle rechignait à servir ses frères. On la disait fantasque, dans la lune, particulière en somme. Elle rêvait de prendre son envol, de partir explorer le monde, de traverser les hémisphères, porter des créoles héliotropes et des bas indigo, à la place de son foulard noir.
Foulard maudit. Une aliénation, une privation qui lui imposait d’être une fois de plus ce qu’on attendait d’elle.
Et puis il y avait un mouvement quelque part, une faible secousse, comme un tremblement qui ne voulait pas faire de dégâts. Il y avait eu des femmes et des hommes cette fois qui étaient sortis, qui avaient pris d’assaut la rue, sans faire de bruit au début. Des hommes, c’était surtout ça qui l’avait surprise, des hommes qui disaient non à ce satané fichu noir, à cette odieuse mascarade qu’était leur vie à tous, d’un ton affirmatif qui virait au vindicatif. Des alliés enfin qui lui offrait un sas dans lequel elle pouvait rêver d’un autre monde, parcourir les possibles d’un battement de cil.
Elle s’était faufilée dans la nuit, avant que l’aube ne vienne découvrir ses pas, avant que les regards ne se lèvent sur son imprudence. Les cheveux libres pour la première fois, volants au vent, tels des vagues brunes sur une mer tourmentée. Elle s’était glissée jusque dans la foule, inconnue et fiévreuse.
Puis le taxi, le choc et le noir, encore…

Retrouvez ici les participations de la semaine: Chez Josée, Chez Ghislaine, Chez Isabelle-Marie, Chez Jamadrou

Pour la semaine prochaine, je vous laisse écrire un texte à partir de la phrase ci-dessous (qui m’a fait sourire!) Au plaisir!

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Atelier d’écriture #22

Ca se glisse partout, ça esquisse plein de petits sourires, ici et là, du temps d’avant et d’aujourd’hui. C’est doux l’odeur de ta peau, de talc parsemée hier, de gel douche aromatisé quand sous la douche tu passes tel une fusée. Une odeur qui se pare des rêves de la nuit et des émotions du jour, toute en contrastes et en amour. C’est tendre le parfum qui se love sous mes narines dans un câlin. Tout me revient, premiers matins peau contre peau, premiers instincts. Cette odeur de toi ne se définit pas, elle est comme un baume qui me soutient, un sentiment qui me retient dans un monde d’effluves enchanteurs.

Découvrez ici les participations riches de senteurs: Chez Jamadrou, Chez Josée, Chez Isabelle-Marie, Chez François.

Pour la semaine prochaine, place aux mots, car je sais que certains participants les affectionnent particulièrement. Je vous invite à écrire un texte avec 5 mots commençants par “par” et les mots suivants: allié, hémisphère, impact, taxi, héliotrope, chance, envol, affirmatif, créole. Amusez-vous bien!

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Atelier d’écriture #21

On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train. C’est bien connu les rumeurs, ça part de rien et ça fait des ravages. C’est bien connu et pourtant on se laisse prendre, on se confie. Ce qui n’était qu’un petit mot au début devient un grand souffle et puis un énorme n’importe quoi. La rumeur enfle et comme la lave du volcan détruit tout sur son passage. La rumeur c’est comme un enfant en colère qui ne contient plus rien, une petite vision d’enfer sur terre. Et dans un village où les murs sont de papier, où les portes restent ouvertes, où les gens se croisent sur la place centrale, la rumeur n’a pas le temps de se poser, elle grandit sans y être invitée, elle se métamorphose en monstre aussi tôt qu’un passant a le dos tourné. Elle se gave de la crédulité des uns, déguste la culpabilité des autres et sans crier gare tue à bout portant. Mieux vaut ne jamais la laisser naitre!

Quelle reprise! Retrouvez vite toutes les participations: Chez Ghislaine, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée, Chez Sandra, Chez Jamadrou

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat.

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Atelier d’écriture #20

L’atelier reprend du service après une pause estivale qui a joué les prolongations. Je vous retrouve avec plaisir et vous propose, pour la semaine prochaine, d’écrire un texte à partir de la phrase d’introduction suivante: “On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train…”

J’espère que cela vous inspirera. En attendant, à vos plumes et vivement mercredi prochain!

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Atelier d’écriture #19

Léa le regarde entrer dans l’eau. Il dit qu’il sait, où se trouve la source, qu’il l’a rêvée à demi dans l’obscurité de ses songes. Elle le laisse faire, le laisse s’approprier l’espace, un souffle d’air chaud à portée de regard. L’eau, là où il se trouve, se charge d’éléments indistincts qui forment comme un nuage de poussière. Il ne semble pas le remarquer, alors qu’elle ne voit que ça, cette vague opaque qui s’accumule et gâche le paysage. Elle appelle son nom mais rien ne sort, tout est froissé autour d’elle, d’eux. Elle sent déjà qu’il lui échappe…

Retrouvez ici les textes de cet atelier: Chez Josée, Chez Isabelle-Marie

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Je vais mettre l’atelier en pause le temps de l’été, car je suis peu présente ici, occupée voir très occupée ailleurs. Je vous souhaite de belles et douces vacances! Et vous dis à très bientôt!

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Atelier d’écriture #18

“Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

Je me demande quand même comment nous en sommes arrivés là, à cette idée farfelue. Je fouille ma mémoire à la recherche de cette discussion que nous avons eu et qui revient sur la table ce soir. Un truc d’envies et de fantasmes. Est-ce que je m’attendais à ça? Pas le moins du monde. Je pensais que tu me sortirai un bon vieux cliché: l’ascenseur, la voiture, la forêt la nuit ou encore un lieu bondé en plein jour. Oui c’est ça, du classique, voir un truc un peu barré de soumission ou de te faire l’amour sans te toucher. Tu vois, j’avais déjà plein de scénarios en tête.

Et d’ailleurs où as-tu pu pêcher cette idée? J’aurai dû aller jeter un coup d’œil dans les magazines que tu ramènes toutes les semaines et qui me font l’effet d’être de la guimauve de bazar. Ils t’en vendent du rêve inaccessible devant lequel tu baves comme une adolescente transie.

Enfin, maintenant que j’y suis, plus le temps de maudire les journalistes ni de faire marche arrière. Chose promise, chose due, je ne suis pas du genre à renoncer. Alors comme je suis un amoureux aux petits soins, je vais te lécher un à un les doigts de pieds comme tu me l’as demandé avec un sourire espiègle. Mais sache que ce n’est vraiment pas ma tasse de thé!

Retrouver les textes ici: Chez Ghyslaine, Chez Josée, Chez Isabelle-Marie

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Merci de votre patience pour cet atelier. J’ai été prise par des affaires personnelles ces dernières semaines et je n’ai guère eu de temps pour cet espace. Je reprends mes bonnes habitudes tout doucement. Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de cette photo – Crédit Olivier Reynes

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Atelier d’écriture #17

Les souvenirs, un mot qui fait froid dans le dos pour tous ceux qui s’y perdent aisément. Alice est de ceux là. Elle compte les petits papiers de toutes les couleurs qui jonchent la table du salon, tous ces instants de vies vécus à deux dans un temps qu’elle ne connait plus. Lui, il va, il vient, il n’est plus d’ici. Il s’arrête parfois pour la regarder dormir et il s’en va serrer le corps d’une autre dans ses bras.

Sur un des papiers, un voyage en Grèce. Sa jupe longue contre sa peau nue, le soleil très chaud, la mer comme une nappe de soie autour de leurs corps jeunes et ce sourire qui chahutait ses plus intimes pensées.

Sur un papier vert, le premier plus, premier enfant. Le premier matin d’une vie à trois. Premiers pas d’une vie qui espère le meilleur. Deux regards fixés sur le merveilleux.

Un papier rose l’embarque dans un gîte du Sud, l’odeur de la Socca et le chant des cigales, les conversations interminables entre amies à refaire le monde, réinventer les sentiments.

Puis un jaune comme les tournesols du champ d’à côté, un rouge pour le vin des grandes occasions, un bleu comme le ciel au dessus des promesses, un blanc pour sa robe de tulle, un gris pour les jours de pluie passés sous la couette.

Des souvenirs, elle se dit, qu’elle devrait réécrire pour peut-être rattraper l’amour qui sauve les apparences mais qui fuit. Cette fuite là elle ne sait pas si elle y résistera.

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Marinade d’Histoires, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à commencer votre texte par la phrase suivante (tirée du livre: de Serge Joncour combien de fois je t’aime): “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

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Atelier d’écriture #16

Texte à venir sous peu

Retrouvez ici les participations: Le texte de Rizzi ci-dessous, Chez Sweet Things, Chez Mijo, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée

L’inaccessible étoile

Marion Blédine, perchée sur l’extrême bord d’une chaise transparente qu’elle imagine design, se demande ce qu’elle fait face à cette journaliste péremptoire aux talons et à la voix hauts perchés qui vient de la lancer, comme on dit dans le métier :

  • Chère Marion Blédine, nos auditeurs sont impatients de connaître les tenants et les aboutissants de votre singulière reconversion professionnelle. Racontez-nous votre parcours de vie !

Ça lui fait drôle à Marion de parler d’elle. Elle ne se rappelle pas que quelqu’un se soit jamais intéressé aux méandres de sa vie. Peut-être même pas elle-même. A la maison ça criait fort, crescendo. Parfois, la vaisselle des services des grands-mères volait haut, se heurtait fort et retombait mal. Dans l’acmé de la crise, les portes claquaient. Elle se rappelle que le pire c’était le silence d’après, dans lequel il fallait tenter de recommencer à vivre, en apnée d’abord, jusqu’au prochain tsunami. A l’école, à cause de son patronyme au goût de farine lactée et des rondeurs poupines qui ne la quittaient pas, on la surnommait la bouillie ou simplement la bou-bou.

Quand il avait fallu s’orienter professionnellement, Marion avait choisi gardienne de la paix parce qu’elle avait toujours cru dans la force des mots. Si on lui confiait la paix, elle s’engagerait à la garder farouchement. Ça c’était dans l’idée. Dans les faits, la paix n’était malheureusement pas au commissariat. Elle y a tout juste attrapé la stature hommasse que donnent l’uniforme et ses accessoires et l’esprit de corps. Les collègues sont devenus des copains, les copains des potes et le vidage des pintes de bière un sport collectif après le service. On l’appelait Bou-boule.

Après des heures et des heures de service, la retraite est arrivée avec l’envie de faire quelque chose de ses dix doigts. Elle a ouvert un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes. Ses clients sont paisibles, de vieilles personnes du quartier qui lui apportent des appareils de l’autre siècle frappés de mutisme. Marion opère à moteur ouvert, elle répare les engrenages défectueux. Ces machines, elle les bichonne, les pomponne, les dorlote et les rend en état de marche à leurs propriétaires ébahis. Avant de les laisser partir, Marion glisse une cassette dans la gorge de l’appareil, enfonce la touche noire du clavier et écoute la voix de Jacques Brel chanter sa quête de l’inaccessible étoile. Alors, c’est comme si elle devenait Don Quichotte de la Mancha. Ses clients l’appellent Marion.

Rizzie

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Mon texte arrivera plus tard dans la journée ou la semaine. En attendant vous avez un peu de lecture et je vous laisse avec les consignes pour le prochain atelier: écrire un texte à partir de la citation suivante “pour bien écrire, il faut savoir vivre et revivre ses souvenirs” Alain Mabanckou. Au plaisir!

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Atelier d’écritude #15

Je fais souvent la rencontre fortuite
D’une femme inconnue, que j’aime, qui n’est que fuite
Et qui n’est, chaque fois, que pur accident
Jamais au grand jamais, elle ne me comprend.

Mon esprit s’emballe et mon cœur transparent
Ne cesse d’être un problème
Pour elle seule, qui pour un idiot me prend
Elle seule ou tout son écosystème ?

Est-elle brune, blonde ou rousse ? J’essaie d’oublier
Son nom ? Je ne veux pas y penser
Comme ceux des autres qui m’ont laissé tomber

Sa dureté fait penser au regard des statues,
Et, pour sa voix, n’en parlons pas, elle à
L’inflexion scandaleuse de ceux que l’on nomme « parvenus »

L’exercice n’était pas simple mais il a été relevé avec brio! Retrouvez les participations ici – avec un nouveau participant à l’atelier: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée, Chez Mijo, Chez Marinade d’histoires, Chez tiniak

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème à partir des données suivantes: “Anciennement gardien de la paix, Marion Blédine a lancé un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes au rez-de-chaussée de son ancien bureau. Elle nous raconte sa reconversion.

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Atelier d’écriture #14

Vivian réfléchissait et plus il réfléchissait, plus le tintamarre dans sa tête prenait de l’ampleur. Un vrai orchestre avec trompette et cymbales. Il se demandait bien comment une idée aussi saugrenue avait fait son chemin dans sa calebasse. Le revoir, après tout ce temps, dix ans, invraisemblable ! A quoi ça pouvait ressembler des retrouvailles dans la même ville, au même endroit, avec les mêmes individus et entre temps, des souvenirs, des blessures, des départs, des remords ?
Retrouver son numéro, le composer, hésiter, résister, puis parler derrière le combiné. Il s’était esbaudi au timbre de sa voix, juste un peu. Quelques minutes et un rendez-vous pris : le café du boulevard, celui des grandes nouvelles, avec les lampes de toutes les couleurs, à 19h tapantes.

Vivian sentait ses jambes se dérober à mesure qu’il approchait de l’endroit. Le grand café avait perdu de sa superbe, les couleurs de leur splendeur d’antan. Il s’installa à une table, dans un coin, à l’abri des regards. Après tout, ce rendez-vous, loin d’être une sinécure, méritait un brin de discrétion. Au téléphone, esquivés les sujets nidoreux, mais ils demeuraient comme un fouillis disproportionné entre eux deux.

Il vit arriver Paul de loin. Aucun changement dans sa démarche, il parlait toujours avec les mains, invectivait les passants qui marchaient lentement sur le trottoir. Vivian se demanda, un court instant, si il ne fallait pas mieux payer le café et partir. Il avait pensé que Paul aurait pu changer, qu’il aurait pu développer des qualités empathiques ou enrichir son vocabulaire émotionnel. Mais de là où il regardait il voyait le même numéro se jouer à des années d’intervalles. Il le retrouvait tel qu’il l’avait quitté, devant le jardin et les roses trémières, le dernier des cuistres singeant ses mimiques et se moquant de ses manières, comme il disait.

Paul s’installa tout sourire en face de lui, mais avant qu’il ait eu le temps de prononcer une parole, Vivian sortit d’une traite : « maman va mourir et c’est toi qu’elle réclame », laissa le café sur la table avec un numéro, ivre de fureur mais satisfait du devoir accompli.

Un grand merci aux participant(e)s – retrouvez ici les textes: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Josée, Mijo

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Pour la semaine prochaine, je vous invite cette fois à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à votre guise les morceaux de phrases en gras (d’après une proposition de Josée):

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

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Atelier d’écriture #13

Une étoile sur un trottoir
Perdue sur l’asphalte brulant
D’une ville excentrique
Avec ses maisons extravagantes
Ses arbres difformes
Sa nature de gris marinés
Ses formes diverses et variées
Comme dans un rêve apocalyptique
Qui ne ferait que nous emmener
Vers une fin démesurée

Une étoile que j’ai cueillie
Sur l’asphalte humide
Pour la sauver d’un destin
Que je ne saurai vouloir pour mon prochain

Et elle et moi nous avons marché
Dans les herbes hautes
Jusqu’à ce sentier perdu
Jusqu’à ce territoire en friche
Cette terre battue par les vents
Et cet air dépourvu de vices

Là, elle s’est envolée pour rejoindre les siens
Et j’ai construit de mes deux mains
Le monde de demain

Retrouvez ici les participations: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, normalement plus personne ne sera en vacances (!), je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants: sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre. Merci et au plaisir de vous lire!

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Atelier d’écriture #12

“Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”, écrit à l’encre rouge sur la première page du dernier roman de Jean-Christophe Grangé, Lucie sursaute et se tourne de tous les côtés pour voir si quelqu’un l’observe. Autour d’elle, il y a du monde, tant mieux et le ciel est d’un bleu éclatant. Elle respire, certaine que rien ne peut lui arriver. Elle efface vite la terreur et relit la phrase, qui ne la laisse pas indifférente. Lucie ne rate aucune émission sur les psychopathes d’hier et d’aujourd’hui, quand elle part en vacances, elle s’assure toujours de rendre une petite visite aux Hôpitaux Psychiatriques ou asiles abandonnés. Elle est friande de tout ce qui a trait de près ou de loin aux tourments et tortures du psychisme humain.

De là, à partir elle même en quête d’indices plus précis, il n’y a qu’un pas. Mais se sent elle réellement prête à tenter le tout pour le tout, quitte à avoir son portrait en première page d’un énième fait divers dont elle serait la principale victime? Lucie prend le livre et va s’installer sur un blanc du parc, pas trop loin de l’effervescence, mais assez reculé quand même pour pouvoir réfléchir à tête reposée.

Sa fibre aventurière l’enjoint d’éclaircir le mystère, dès demain, même heure, même endroit. Sa raison, elle, lui coupe l’herbe sous les pieds – une idée dangereuse et qui ne la mènera qu’à sa perte. Qu’à cela ne tienne, Lucie se sent d’humeur à passer à l’action, après tout elle a une bonne connaissance de ce genre de terrain et il est grand temps que ses heures à dévorer des histoires sordides lui servent enfin à quelque chose.

Lucie passe une nuit difficile, dans ses rêves les mots dansent et son cœur s’impatiente. Elle voit sa vie défiler, ses premiers pas sur des petites intrigues des cours de récréation et son intuition maintes fois célébrée par petits et grands. Le doute n’a pas sa place et c’est pleine de frissons qu’elle se rend au parc le lendemain, son livre sous le bras, bien décidée à lever le voile sur le messager.

En s’approchant de la boite aux livres où se trouvait hier le roman, elle aperçoit une silhouette, qui furette avec énervement. Elle attend un peu en retrait que l’individu passe son chemin. Mais il reste, il se prend la tête dans les mains, sort des “putain” à tort larigot, invective les passants, cherche du regard les environs avant que ses yeux ne foudroient Lucie. Un regard noir, perçant, angoissant. Il fonce droit sur elle et lui arrache le livre des mains “espèce de sale voleuse, c’est le mien.” Lucie ne bouge pas, interloquée, contente de constater que la foule autour s’est arrêtée, non pour assister au spectacle mais pour intervenir si l’homme se met à la frapper.

Au loin, on entend des sirènes. Puis plus rien. Plus d’homme, plus de cris, juste les oiseaux qui pépient et une phrase qui arrive aux oreilles de Lucie “depuis le temps que je vous le disais que le vieux JC finirait en HP!”.

Retrouvez ici les jolies participations de: Sweet Things, Josée, Mijo, Isabelle Marie

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de la photo suivante. Hâte de vous lire! Belle semaine.

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Atelier d’écriture #11

“Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne”
Je le sens je le sais
Je retrouverai tes pas dans les pas de nos pères
La garnison de thym et les charpentes de lierre
J’entendrai le bruit cristallin de l’eau
Le chant sacré du petit ruisseau
En contrebas duquel nous nous régalions hier
Des mûres sauvages près des champs de bruyère
Je décèlerai un rire, un de ceux qui chavirent
Un regard au loin, le tempo d’un soupir

Et la terre se souviendra
Et la terre me soulèvera

J’irai haut dans le ciel rejoindre les oiseaux
Dévêtu de tous mes vieux oripeaux
Je serai nuage, voyage, vagabondage
Un autre moi, sans âge, plus sage

Retrouvez les participations ici – Un grand MERCI à tous: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Mijo, Chez Josée, Chez Marinade d’histoires

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Pour la semaine prochaine, on va partir de la situation suivante: votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante “Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”. A vous d’imaginer la suite…

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Atelier d’écriture #10

Texte à venir…

Toutes les autres participations à découvrir ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial. Au plaisir de vous lire!

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Atelier d’écriture #9

Lisa caresse du regard le jardin de son cœur

Les lilas blanc qui caracolent sur les allées
Les aubépines en fleurs tachetées
Les arbres aux branches qui s’entremêlent
Servant de parasols les jours de grand soleil
Les pâquerettes aux airs de fête
Les rosiers au parfum fruité
Sur l’herbe fraiche de rosée
Elle se pose nu-pieds
Humant les odeurs qui se dégagent
De la nature au petit jour
Un plaisir qu’elle s’offre sans détour
Sa plus belle invitation au voyage

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Sandra, Chez Mijo, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”. A Vos Plumes!