Posted in Carnets de route

Ce besoin viscéral de reconnaissance, une drogue comme une autre

Les drogues, on en entend assez parler pour savoir qu’elles sont nocives pour la santé du corps comme celle de l’esprit. Cannabis, tabac, alcool. Mais avant tout une drogue est quelque chose dont on ne peut pas, plus se passer, quelque chose qui nous obsède et qui nous fait du bien. Une drogue nous rend dépendant et nous enlève toute faculté de réflexion. Une drogue soulage notre besoin du moment, mais ne règle jamais le problème de fond.

Tout ça, c’est bien beau, mais vous devez bien vous demander où je veux en venir avec toutes ces considérations, aussi passionnantes les unes que les autres !

J’ai une révélation à vous faire, le genre de révélation qui donne une bonne claque dans la figure mais qui remet sur les rails.

J’ai commencé à bloger en 2010. A l’époque, j’écrivais en moyenne deux billets par semaine. Puis j’ai eu envie d’écrire plus et je me suis lancée à cœur perdue dans la blogosphère. De fil en aiguille, j’ai ouvert et fermé des tonnes de blogs, qui ne me correspondaient plus. J’ai conservé tous mes billets, comme des souvenirs de cette évolution intéressante.

Enfin récemment, je me suis surprise à regarder plus souvent mes statistiques, à guetter le commentaire sur un nouveau billet, à lire plus de blogs, à écrire même sur mes heures de travail, à penser au billet que j’allais écrire, au beau milieu de la nuit. Doucement, sans m’en rendre compte, je suis devenue dépendante de mon écran d’ordinateur. Mon blog (et les vôtres) sont devenus ma drogue. Même épuisée, à 11h du soir, je continuais à lire, à écrire, alors même que mon corps disait stop. Rien ne pouvait m’arrêter.

Et puis, hier, à l’heure du déjeuner, alors que je savourais des sushis sur un banc du parc à côté du bureau, j’ai compris ce besoin omniprésent dans ma vie. Cette dépendance est une fois de plus liée à un besoin viscéral de reconnaissance.

Il est plus facile de s’apprécier dans le regard de l’autre (ou de se détester aussi), que de faire un arrêt sur image et se regarder vraiment, s’étudier, prendre du temps pour se construire, s’aimer, se connaître.

Je n’ai jamais pris ce temps. Ma confiance en moi est au point zéro, au même point que la première fois que j’ai dû faire face aux railleries de mes camarades de classe. Niveau harcèlement et manipulation, j’en connais un rayon. Et au lieu de prendre le problème à bras le corps, j’ai toujours préféré fuir, en me disant « je serai plus forte la prochaine fois ». Sauf que ça ne marche pas comme ça.

Et qu’internet ne va pas faire le travail à ma place ni m’apporter cette confiance en moi, miraculeusement, après quelques billets griffonnés ici et là.

Il est donc temps de lever le pied. Il est temps pour moi, non pas d’abandonner ma passion de l’écriture au bord de la route, mais bien de continuer à m’adresser à vous aussi librement que possible, sans chercher ici et là une appréciation quelconque, mais bien pour le plaisir. Je ne dis pas que ça va être facile, mais je crois que c’est nécessaire.

Il est temps surtout de me pencher sur moi, de me reconstruire et de m’aimer telle que je suis, d’arrêter de vouloir à tous prix ressembler à tous ces gens que j’admire, sans bien entendu y arriver, d’arrêter de vouloir être quelqu’un d’autre, pour ne surtout pas avoir à me pencher sur mon cas.

Il y a du boulot sur la planche, mais ça vaut le coups de se lancer…

669041a5ed5395d309cec6e102b58e0d

Source Image

Posted in Emprise et Renaissance

Scénario d’un mariage catastrophe

Il fallait se marier. C’était devenu un sujet de dispute récurrent. Enfin les disputes nous ne connaissions pas vraiment. Ni les réconciliations sur l’oreiller. Moi je connaissais le silence. Voilà à quoi j’avais le droit, à chaque fois que j’opposais des arguments qui allaient à l’encontre des idées de Roger. Un silence qui ne m’offrait ni un bonjour ni un bonsoir, un silence que je croisais dans l’escalier et qui m’ignorais, un silence rempli de mépris, qui cessait quand enfin je prenais conscience de ma « méchanceté » et demandait pardon pour « des mots qui avaient dépassés ma pensée ».

Cette idée de mariage est venue sur la table un mois après notre rencontre. Et oui, se fréquenter, c’était mal. Et c’était mal vu. J’étais la femme de l’ombre. Autour de Roger, on ne prononçait jamais mon prénom, de peur d’offenser Dieu. Le mariage était la seule solution, qui pouvait mettre fin à une situation qui allait à l’encontre d’une morale religieuse, érigée en exemple. Mais qui n’empêchait pas Roger de fumer toutes sortes de substances illicites !

Le mariage revenait à toutes les sauces. Nous avions même finis par nous séparer, un soir de pluie, parce que je refusais catégoriquement ce harcèlement et n’étais surtout pas prête à faire le grand plongeon. Tout nous séparait Roger et moi. Pas la même éducation, pas la même langue, pas la même culture, pas la même religion et pas les mêmes idées sur pas mal de choses. Et oui, moi une femme qu’on lapide ou qu’on assassine parce qu’elle a trompé son mari, je trouve ça inadmissible. Et je pense que Saddam Hussein était bel et bien un tyran qui a détruit son peuple. No comment.

Donc nous nous sommes séparés. J’ai pleuré pendant deux jours et je me suis sentie revivre, comme une fleur au printemps. J’étais sauvée. J’étais bien. J’allais recommencer à vivre. Sauf que Roger, après m’avoir traitée de fille facile (je préfère restée correcte), est revenu à la charge. Et sa douceur, sa gentillesse ont eu raison de moi. J’ai replongé, comme toute conne qui se respecte !

Nous avons repris le cours de notre vie de couple à mi-temps. Roger n’a finalement reparlé de mariage que bien plus tard. Et nous avons fait les démarches nécessaires pour que son rêve devienne réalité. Quant à moi, j’avais déjà revêtu un costume qui ne m’appartenait pas et j’aurai tout donné pour avoir la paix.

En décembre 2010, les éléments se sont déchaînés. Je n’avais parlé de ce mariage à personne, ni ma famille, ni mes amis, ni ma psy. C’est te dire si j’étais heureuse et confiante ! On m’avait trouvé un témoin d’occasion, un type que je ne pouvais pas voir en peinture, mais qui était le meilleur ami de Roger. A 1 semaine du jour J, rien n’était prêt, Roger était en déplacement, je grelottait dans mon studio qui sentait le moisi et il neigeait !

Tout allait de travers et à la dernière minute, après une brève discussion avec Roger, qui bien sûr n’a pas compris mes inquiétudes, j’ai commis l’impardonnable (et oui, nous ne sommes pas tous formidables) et j’ai tout annulé.

Plus de mariage. Plus de fête à organiser. Des larmes. Du mépris. De la distance pour réfléchir. Dix jours de silence. Dix jours de silence et Noël entre les deux, ou il a fallu faire bonne figure. Dix jours de silence et l’envie irrésistible de disparaître de la surface de la terre. Personne à qui parler. Personne à qui se confier. Le silence et mes cris. Voilà, je devenais folle. Ma grand-mère avait raison, ma grand-mère qui me poussait souvent à bout avant de me lancer « mais tu es complètement folle ma pauvre fille ». C’était écrit.

Et puis comme toujours avec Roger, les choses se sont arrangées. Il m’a laissé une dernière chance. Nous avons recommencé les démarches de A à Z et dès que je me plaignais des papiers à remplir, des rendez-vous à déplacer, des jours à poser, il ne manquait pas de me rappeler que nous en étions bien là, à cause de moi.

Et puis le jour J est arrivé. Juillet 2011. Du 1er au 11 Juillet, je ne l’ai pas vu. Il ne rentrait que pour dormir. Il préparait la fête avec ses copains et je redoutais la rencontre avec mes parents. Quand j’osais évoquer mes craintes, j’avais toujours droit à la même réponse « je fais tout pour que tu aies une belle fête et c’est comme ça que tu me remercies ». No comment une fois de plus.

La veille de notre mariage, je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis sortie aux aurores. Je suis sortie courir. La ville était déserte. Je boxais l’air frais de ce début d’été avec mes petits poings de fille amoureuse d’un type qui ne la méritait pas. Je boxais l’air et je pleurais.

Quatre heures après, nous étions mariés pour le meilleur et le pire. J’ai eu la naïveté de croire que le pire était derrière moi, qu’au fond nous venions de gagner une bataille à deux. Je souriais aux anges. Le meilleur restait çà venir, forcément. Il me l’avait dit.

Quand les gens me disent « arrête de ressasser le passé et rappelle-toi les bons moments de ton histoire », j’ai envie de leur dire que j’aimerai bien, mais que cette foutue histoire de mariage a tout détruit avant même que nous ayons pu construire notre histoire. Les dés été pipés d’avance. J’ai été la seule à ne pas vouloir y croire. Mais je dois avouer que notre mariage était réussi, d’ailleurs c’est le seul souvenir heureux que j’ai et que je conserve sous cloche, comme un précieux trésor!

Un conseil : ne harcelez jamais quelqu’un qui ne veut pas vous épouser, là, de suite. Remballez votre orgueil et faites confiance à la vie. Ou bien cette personne est faite pour vous et n’est pas prête. Ou bien il y en a une autre qui vous attend ailleurs…

tumblr_m7fhahHChT1qmrsvbo1_400

Crédit Image – La Mariée en Colère Tumblr

Posted in Carnets de route

De l’ordre des choses

J’aime que tout soit ordonné, organisé.

J’aime que tout soit à sa place.

J’aime que tout soit trié, mis à jour.

J’aime dormir dans un espace serein et propre.

J’aime travaillé sur un bureau rangé, avec des dossiers bien archivés.

J’aime que la vaisselle soit faite avant d’aller me coucher.

J’aime que ma salle de bain respire.

******

Cela m’apporte une certaine sérénité.

Un intérieur net me permet d’avoir l’esprit clair.

Et de mieux gérer mes pensées.

De faire de la place dans ma tête pour l’essentiel.

IMGP6733

Posted in Emprise et Renaissance

Partager nos expériences, une façon d’aider les autres

En ce moment je rêve de douceur, car il y a beaucoup de choses qui me ramènent au passé. On voudrait que la page se tourne rapidement, mais chaque chose prend son temps. Il faut du temps pour faire le deuil, même si c’est ce que nous désirons le plus au monde.

Ces derniers jours, j’ai dû faire face à des souvenirs, qui se sont greffés ici et là dans mon quotidien. Il a suffit d’un geste, d’un mot, d’une recette de cuisine pour que tout refasse surface. Le bon et le mauvais. Et tout ce qui n’est plus.

Doucement j’arrive à mieux comprendre ce qui m’est arrivé, cette sensation d’être prisonnière de mon corps, prisonnière d’un modèle de pensée.

Doucement j’arrive à me pardonner. C’est la première étape. J’arrive à ne plus me détester, non pas d’être partie, mais d’avoir encaissé tant de choses, d’avoir accepté de m’humilier autant, d’avoir servi de serpillière à maintes reprises et d’avoir rampé à ses pieds pour m’excuser de tors qui n’étaient pas les miens.

C’est toujours une histoire compliquée à expliquer, à raconter. Pourtant je pense qu’il est essentiel d’essayer. Aujourd’hui, une personne que je connais bien est en train de vivre une relation similaire et elle est en train de se perdre corps et âme. L’emprise de l’autre est telle qu’elle est incapable de réfléchir, de penser par elle-même. Ses propos sont incohérents. Elle ne remarque pas le drame qui se joue sous ses yeux, la détruit et détruit ses parents, ses enfants.

Dans chaque situation décrite, c’est mon ombre que je distingue. L’emprise, telle que je l’ai vécue, a été instantanée. Un regard. Quand Roger m’a raccompagnée chez moi, ce soir-là, c’est la peur qui m’a envahie. Je savais que si je ne résistais pas, je serai perdue. Instinct. Intuition. Pressentiment. Appelez ça comme vous voudrez. Après 10 jours de harcèlement téléphonique, j’ai cédé. Je n’avais qu’une crainte c’est qu’il m’attende en bas de chez moi. J’avais peur de lui.

Et j’ai fini par épouser cet homme qui me faisait peur. Même moi, même aujourd’hui, j’ai du mal à y croire. Et pourtant le jour de mon mariage, tout le monde vous dira que je rayonnais de bonheur.

Aucun coup. Aucune marque. Aucune cicatrice. La blessure était à l’intérieur. Je ne savais pas que le silence pouvait faire autant de ravages.

669041a5ed5395d309cec6e102b58e0d

Posted in Carnets de route

Vivre autrement

Beaucoup de gens ont aujourd’hui compris qu’amasser des biens matériels n’était pas source de bonheur et que, pour être heureux, il fallait peut-être tout simplement essayer de repenser son style de vie et ses choix.

Ici et là, on trouve des idées de recyclage, de partage, d’échange, d’entraide. De plus en plus de personnes se mettent à la restauration de meubles ou à la cuisine écolo, arpentent les allées des vide-greniers ou louent leur garage le temps d’un weekend, prêtent leur machine à laver une fois par semaine.

Certains décident même de changer de vie, de se mettre au vert, de réaliser leur rêve professionnel ou de partir faire le tour du monde. Ils plaquent tout après avoir mûrement réfléchi leur projet ou décident du jour au lendemain de se donner une chance d’exister.

Derrière notre vie plan-plan, notre écran d’ordinateur, derrière nos plans d’épargne, bien calés dans une vie rangée, avec une maison à notre nom, deux voitures, trois enfants et des poissons rouges, on se demande comment les autres font pour un jour tout bousculer et vivre la vie qu’ils ont toujours voulue.

e48a3090492ac5b92d91af422fcbe280

C’est un défi de taille que nous ne nous sentons pas forcément prêts à relever. Qu’importe. Nous pouvons être heureux sans quitter notre travail, sans renoncer à notre confort matériel. Nous pouvons décider de passer plus de temps avec nos enfants, de partager plus de cafés gourmands avec nos copines, de passer plus souvent voire nos parents et grands-parents qui vieillissent. Nous pouvons opter pour des vacances solidaires ou nous engager dans une association, donner notre temps aux autres ou prendre du temps pour nous.

Vivre autrement n’implique pas de nous couper du monde ou de vivre en ermite, loin de là. Vivre autrement c’est accepter que la société change, que nous n’avons pas encore toutes les réponses mais que nous pouvons d’ores et déjà faire bouger les choses ou entamer notre quête pour une vie en adéquation avec nos valeurs et idéaux, une vie qui nous ressemble un peu plus.

Source Photo – The Simply Luxurious Life

Posted in Variations Littéraires

Dans les couloirs du RER

Je prends rarement le RER, je le trouve sale, poisseux et glauque. Mais ce matin, les mains rentrées dans les poches, j’ai engouffré mon corps dans les tréfonds de la vie souterraine, après avoir vu mon bus filer sous mes yeux.

Et j’ai eu un choc. J’ai regardé autour de moi. J’ai posé mon pied étranger sur la longue courbe noire de la station et je me suis sentie bien. Autour de moi, les murs se dressaient, colorés, vivants. Ici, on voyait des poissons volants et là, des formes géométriques, tandis que plus loin des graffitis se disputaient l’espace.

La cloche des vacances semblait avoir entraîné les parisiens loin de la cité glorieuse. Nous étions peu nombreux sur la plate forme. J’entendais clairement le « clic clac » des talons des femmes frappant le sol. J’aime ces longs couloirs déserts, cette neutralité presque surnaturelle. Ces espaces sombres ont une âme. On ne s’y sent jamais vraiment seuls.

Dans quelques jours, Paris se pressera de part et d’autre des portes de ce même RER. La station sera engloutie sous une marée humaine et j’apprécierais beaucoup moins de rejoindre ces sous-sols obscurs.

Toutes les bonnes choses ont une fin…

d7f552584a0b7cca8e19ee46f92d60fb

Source Image – Pinterest

Posted in Variations Littéraires

Regards Croisés

Elle s’est assise à côté de lui. Le bus est plein. La place semblait lui être destinée.

Elle s’affaire à lire les nouvelles de ses amies, le nez collé sur l’écran de son téléphone portable. Le monde autour n’existe pas. Elle s’engouffre dans le silence de ses pensées et rien ne pourrait l’en sortir.

Il remue sur son siège. Il n’a pas de téléphone entre les mains. Il regarde le monde autour, la manière dont chacun aborde le matin, le début d’un nouveau jour.

Elle se rend compte de son arrêt à la dernière minute. En se levant, elle fait tourner sa jupe. Ses cheveux blonds coulants sur ses épaules lui donnent l’allure d’une déesse.

Il la suit du regard. Il ne peut pas décoller ses yeux de son corps en mouvement. Le bus s’arrête au feu. Il guette son passage sur le trottoir. Il la regarde jusqu’à ce que son ombre s’évanouisse dans la rue.

Je le regarde et je me dis que c’est dommage. Ils se croisent tous les matins. Ils pourraient se rencontrer, se parler, échanger.

Au lieu de ça, elle s’enferme sans cesse dans sa bulle et il espère sans cesse un regard d’elle.

get-the-girls-on-bus

Source Image – Get The Girls

Posted in Carnets de route

Toi et moi. Enfin surtout moi…

Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai placé l’autre au cœur de ma vie. Je venais toujours après. Jusqu’au jour (assez récent) où j’ai pris conscience que ça ne collait pas. Ma vie ne peut pas se faire sans moi. Je dois donc me placer au centre de ma vie, m’aimer et me respecter pour en faire quelque chose de bien. L’autre a sa place aussi, mais je dois lui laisser son espace, un espace à lui. Je dois le laisser libre.

L’équilibre est fragile, je vous l’accorde. Ne pas mettre trop l’accent sur l’autre, au risque de perdre le fil de soi. Sans pour autant devenir égoïste et perdre le sens de l’autre.

J’en suis arrivée à la conclusion, qu’on ne vit pas pour l’autre. Notre vie nous appartient. Nous en sommes les seuls acteurs. L’autre, ami, compagnon, parent, vient en soutien. Il prodigue des conseils que nous décidons de suivre ou pas. Il est présent dans la peine, mais ne porte pas notre peine, ni n’a le pouvoir / le devoir de l’effacer, de la soulager. Il peut partager notre joie, si le cœur lui en dit. L’autre n’a pas à prendre notre place, à choisir pour nous, à vivre pour nous. Ce n’est juste ni pour lui, ni pour nous.

Nous ne pouvons pas vivre pleinement sans la présence de l’autre, mais encore plus important, nous ne pouvons pas prétendre être vivants, sans notre propre présence. Vivre par procuration n’est pas un modèle de vie sain.

J’ai souvent remarqué que nous accordions bien trop d’importance à l’autre, non dans son identité humaine, mais dans la façon dont nous lui prêtons un pouvoir qu’il n’a pas. Je l’ai déjà dit dans un précédent billet, nous ne pouvons pas faire le bonheur de l’autre. Ou alors nous décidons de vivre sa vie à travers notre vécu, nos yeux et nos idéaux. Nous nous identifions à lui et nous oublions sur le bord de la route notre vie, attendant peut-être qu’un autre fasse la même chose que nous, prendre en charge notre vie avec son vécu, ses valeurs et ses idées.

A force d’agir comme cela, nous entrons dans des relations biaisées, instables et floues. Nous ne savons plus où est notre place, ce que nous pouvons faire ou dire, où sont les limites de notre investissement, de notre amour ou amitié.

Et c’est extrêmement dommage. Car nous avons tant à apprendre les uns des autres et de si belles vies à offrir au monde…1a3763044be9705cc265db404d5c01ac Crédit Photo – Danielle Blessed Serendipity Blog

Posted in Emprise et Renaissance

La chance d’avoir le choix

Avant que ma vie ne vole en éclats, j’étais mariée. Je n’étais ni heureuse, ni malheureuse et je croyais dur comme fer à notre histoire, à ma nouvelle vie d’épouse et de mère en devenir.

Et puis l’ombre de l’Egypte s’est immiscée dans mon quotidien. Je m’y attendais mais j’avais toujours repoussé l’idée d’un éventuel départ. Je regardais quelques fois les locations sur Alexandrie ou au Caire, comme ça. Mais un voyage au pays m’avait fait prendre conscience que si nous partions, nous n’irions pas vivre dans une grande ville, mais un village de pêcheur, un peu oublié du monde et des dictatures. Ce n’était pas un village de carte postale. C’était un village d’aventuriers, un village sans trottoir, sans restaurant, sans magasin. Un village peuplé d’ordures, sans poubelle, avec des maisons aux murs décrépis et aux fenêtres fermant avec des bouts de cartons et des tissus colorés. Un village dans lequel il faisait bon passer quelques jours de vacances. Un village dans lequel les enfants couraient pieds nus entre les détritus.

En tant que femme, j’étais prête à faire tous les sacrifices pour le voir sourire, pour le savoir heureux.

En tant que mère, j’avais des responsabilités. Et la première selon moi était d’offrir à notre enfant la chance d’avoir le choix. En partant vivre dans ce village, je ne lui offrais pas cette chance. Il aurait fini par suivre les pas de son père, de son grand-père. Il aurait été à l’école jusqu’au mètre 50. Puis il aurait été assez baraqué pour partir en mer. Il n’aurait appris ni l’anglais, ni les mathématiques.

A l’époque je ne savais pas si j’attendais un garçon ou une fille. Si notre enfant avait été une fille, elle aurait attendu qu’un homme vienne frapper à notre porte, pour lui offrir peut-être la chance de partir du village, de vivre ailleurs et son cœur se serait brisé en deux à l’idée de me quitter, de perdre ses repères et de déserter les chemins de sa jeunesse.

Un avenir tracé sans encombre, sans dégât. On en avait parlé et bien sûr lui, l’homme que j’aimais, il ne comprenait pas. Ça voulait dire quoi « avoir le choix » ? Pour lui, ça ne voulait rien dire du tout. Ce qui comptait c’était la famille, la liberté, être en vie et voir un jour son fils naviguer ou sa fille se marier avec un homme bien et avoir beaucoup d’enfants. Sa façon de penser n’est pas mauvaise en soi. Elle lui appartient. Il la tient de son père, de sa mère. Elle lui correspond.

Je ne voyais juste pas les choses de la même façon. En un quart de secondes, j’ai pensé à ma grand-mère paternelle. Elle a grandi à une époque où on n’avait pas le choix. Elle a grandi dans un village de campagne. A neuf ans, elle gardait les vaches et s’occupait déjà de ses frères et sœurs. Elle sait lire et compter. Elle fait très bien à manger. Elle s’est mariée jeune à un homme de son village, un homme qui a travaillé dur, très dur jusqu’à la retraite et qui est mort un an après d’un cancer des poumons. Elle a eu 4 enfants. Elle a perdu une petite fille en bas âge. Elle a élevé deux de ses petits-enfants. Elle n’a jamais pris le train, ni l’avion. Elle voyage à travers son écran de télévision. Elle n’est jamais partie en vacances. Elle ne connaît que sa région et encore. Elle n’a pas eu la chance de choisir. Elle a 90 ans, 10 arrières petits-enfants et derrière son sourire édenté, elle continue de rêver à un avenir meilleur pour les siens.

SONY DSC

Mes parents n’ont pas fait d’études. Pour eux, c’était inimaginable de ne pas nous pousser à en faire. Et aujourd’hui, je les remercie. Mes études m’ont ouvert des portes, ont donné une certaine liberté à mon esprit. Je ne fais pas mes choix par devoir, je les fais parce qu’ils me conviennent, parce qu’ils sont en accord avec la personne que je suis.

Et je veux que mon enfant ait cette chance aussi. Peut-être qu’un jour, il voudra partir vivre en Egypte. Peut-être qu’il voudra partir y vivre. Peut-être au fond qu’il fera le même métier que son père. Mais ce sera son choix et pas celui d’un autre, pour lui.

Photo source – Pinterest

Posted in Tout un poème

J’ai envie de pluie

Vous qui aimez le soleil, qui êtes aux anges depuis que le beau temps vous offre la chance de porter des robes plus légères et vous accueille à bras ouvert entre midi et deux pour une pause douceur, vous allez me prendre pour une folle.

Et pourtant la pluie me manque bel et bien.

J’ai envie de sentir son odeur quand elle s’engouffre dans la terre.

J’ai envie d’entendre son bruit quand elle s’agite sur les carreaux de ma chambre.

J’ai envie de la toucher et d’être imbibée de sa fraîcheur.

J’ai envie de sauter dans les flaques qu’elle laisse ici et là, en souvenir de son passage.

J’ai envie d’ouvrir la bouche et de boire son eau claire.

J’ai envie de la regarder descendre du ciel, de m’inspirer de son silence.

La pluie a fait partie de ma vie pendant six années. J’ai appris à l’apprécier, à ne plus avoir peur d’être mouillée, à sortir sans parapluie.

J’ai envie de m’imprégner de sa force et de sa constance.

J’ai envie de la laisser glisser sur mon manteau et de la voir faire des sauts de puce sur l’asphalte gris.

J’ai envie de m’enivrer de sa présence, de son existence.

J’ai envie de la laisser inonder mon cœur de paix.

J’ai envie d’écouter son clapotis discret ou violent.

J’ai envie de pluie pour me sentir pleinement vivante.

0378b3b6d8bc1bd45dc08ba7473cb357Source Image – Pinterest

Posted in Variations Littéraires

Ode à l’authenticité

8f27162d1244f4036e8976a8b924bbd6

Ne calque pas tes pas sur ceux de ton voisin. Choisis ta voie, elle te guidera loin.
Ne pense pas forcément comme tout le monde. Fais-toi tes propres idées, d’un bout à l’autre, la terre est ronde.
Ne dis pas « j’en ai marre » ou « tant pis ». Lance-toi à cœur perdu dans tes rêves, relève des défis.
Ne t’apitoies pas sur ton sort, le sort n’apprécie pas tellement. Vis ta vie avec passion, la passion céleste des amants.
Ne te satisfais pas d’« à peu près » ou de « demain, peut-être ». Délecte-toi de pouvoir faire toujours plus, d’aller toujours plus loin et surtout de ne pas accorder trop de place au paraître
Ne construis pas de cases pour ranger les gens. Chaque être est unique, chaque parcours, un mélange de forces et de faiblesses, saisissant.
Ne laisse à personne la chance de te négliger, d’intégrer ton univers pour mieux te rabaisser. Nourris-toi d’amour-propre et de tendresse, regarde-toi dans le miroir et apprends à t’aimer.
Ne te compare pas aux autres filles de ton âge. Sois toi-même en toute circonstance, ne laisse pas la société te prendre en otage.

Sois authentique.
Ris fort.
Apprends à écouter.
Plonge les deux pieds dans les flaques pour éclabousser les préjugés.
Pare-toi de bijoux majestueux.
Parfume-toi le corps de musc ambré.
Lâche tes cheveux sur tes épaules nues.
Respire.

La vie t’appartient, ne la laisse pas filer, alors même que tu serais trop occupée à essayer d’être comme tout le monde, de rentrer dans des cases, d’adhérer à des idées, de suivre la voie tracée par les autres pour d’autres, trop occupée à avoir peur, à chercher la faille chez ton voisin.

La vie t’appartient. Saisis-la à pleines mains. Sois attentive, car un seul instant peut faire chavirer ton destin.

Posted in Carnets de route

La conspiration des chaussettes

Ce n’est plus un secret pour personne, dans toutes les maisons du monde, les chaussettes se font la malle en silence, entre nos chers petits pieds, le panier de linge sale, la machine à laver et le fil à linge. Ici et là, nous devons faire face à des lots de chaussettes « célibataires ».

Il y a les gentils qui ont de la peine et qui tentent tant bien que mal de remédier au sordide destin qui attend chaque chaussette solo, c’est-à-dire terminer sa vie dans un carton ou pire dans une poubelle crasseuse, en les associant avec d’autres chaussettes (les pois avec les fleurs, les rouge avec les bleu, les « snoopy » avec les « superman » et les rayées avec les unies).

Il y a les vaches qui ne cherchent même pas le pourquoi du comment et les rayent de leurs vies sans un dernier adieu.

Et puis il y a les gens comme moi qui se demandent comment c’est possible que non seulement une, mais plusieurs chaussettes disparaissent, entre les 4 murs de leurs deux pièces-cuisine.

J’ai retourné le problème dans tous les sens et j’en suis venue à la conclusion, que la vie des chaussettes n’est pas très marrante. Outre les soucis de transpiration, il y a le fait que nous maltraitons sérieusement nos chaussettes. Les enfants tirent dessus, bienheureux de montrer à leurs parents complétement abasourdis, qu’ils savent déjà se déshabiller seuls (ou presque). La plupart des hommes (ne faisons pas de généralité) les laissent traîner au bout du lit ou autour du panier de linge, où elles finissent couvertes de poussière. Les femmes les boudent ou les laissent mijoter dans leur jus, dans les baskets, en revenant de faire leur footing. Les grands-mères les pendent la tête en bas et les repassent, les reprisent, les plient, les déplient : un vrai désastre.

Donc les chaussettes ont décidé de prendre leur revanche. Et de disparaître, ni vues, ni connues de la circulation. Elles se font la belle, juste au bon moment, avant d’être transformées en essuie-tout. Elles se tirent en solo, car elles savent que si quelqu’un les trouve par paire, il va les prendre, les passer à la machine et les enfiler sans autre forme de procès. Et au fond celles qui restent ne rêvent que d’une chose, être déposées à plat sur une étagère, admirées comme un vieux souvenir et laissées tranquille, enfin…

Et vous, une autre théorie sur la disparition énigmatique des chaussettes (comme celle des petites cuillères d’ailleurs) ?

Posted in Carnets de route

Concours LCMK – Les gagnantes

Le grand jour de l’annonce des résultats est arrivé. J’ai été très heureuse de faire ce concours, car il m’a donné la chance de lire de beaux textes, vos textes.

Choisir a été un véritable challenge. J’ai lu et relu chacun de vos textes à voix basse, à voix haute. Je connais certaines phrases par cœur. Mais il a bien fallut se décider.

Donc, sans plus attendre, voilà les gagnantes dans chacune des catégories proposées:

  • Ecrivain en herbe. J’ai annoncé Linette !
  • Couleurs d’Orient. C’est le texte de Croche Pied qui remporte le prix!
  • Bien Etre au naturel. C’est Karine qui remporte le pari!

Merci à vous toutes de m’avoir épatée. Et d’avoir participé aussi.

Pour les gagnantes, envoyez moi votre adresse sur missk123@yahoo.com.

Et pour celles qui n’ont pas gagné, merci aussi de m’envoyer votre adresse, car j’ai une petite surprise pour vous!!!

Posted in Emprise et Renaissance

Mais tire toi, Bordel!

J’avoue le titre n’est pas très poétique. Mais c’est celui qui convient le mieux à mon article.

Quand on a vécu quelque chose de difficile, on a tendance à vouloir éviter aux autres de le vivre, on a tendance à vouloir les empêcher de commettre les mêmes erreurs. On voudrait pouvoir faire ce que les autres voulaient faire quand nous étions au plus mal: les aider à partir ENFIN.

Le problème c’est qu’on ne peut rien faire. La décision de quitter quelqu’un est très personnelle. Personne ne peut faire la démarche à notre place. Et pourtant on paierait cher pour ne pas voir quelqu’un se faire avoir de la même manière, s’enliser dans une histoire sordide.

J’ai mis 4 ans à réaliser que je m’enlisais. Et il m’a fallu plus de 14 mois pour ne plus me sentir coupable d’avoir rompu. Je me souviens de tout, de cette envie de décrocher le téléphone, de cette envie de tirer un trait sur le passé, de le prendre dans mes bras et de lui demander pardon. Je me souviens des milliers de larmes que j’ai versé pour lui et que j’ai retenu devant ses larmes. Je me souviens de tous ces gens qui me disaient: Résiste, ne décroche pas, n’appelle pas, n’écris pas.

Au début ça faisait mal, très mal. Et puis la douleur s’est atténué. J’ai accepté d’être la méchante à ses yeux. J’ai accepté le fait qu’il ne reconnaîtrait jamais ses erreurs, qu’il ne prendrait jamais ma peine en considération.

Je les voyais autour de moi tous ceux qui pensaient tout bas: Mais tire toi. Les conseils sont facile à donner quand on n’est pas dans la situation. Vu de l’extérieur, tout paraît plus limpide. On se donne facilement le droit de juger celui qui reste, celle qui replonge à chaque fois.

Je ne voulais pas voir que je dérivais. J’étais certaine qu’il m’aimait, à sa manière et très mal. Je n’avais pas compris que lui et moi, nous n’étions pas faits l’un pour l’autre, puisque nous souffrions atrocement l’un avec l’autre. Et quand on souffre trop en amour, c’est qu’il y a un problème dans les tuyaux.

Aujourd’hui, quand je vois quelqu’un souffrir, à deux pas de moi, j’aimerai pouvoir saisir la personne et l’emmener loin de tout ce qui lui fait mal. Et me fait mal, par la même occasion, car avec chaque histoire je revis un peu la mienne. Je me sens impuissante et fragile…

020137b0f7d71fcae95453348401ca73