Ce besoin viscéral de reconnaissance, une drogue comme une autre

Les drogues, on en entend assez parler pour savoir qu’elles sont nocives pour la santé du corps comme celle de l’esprit. Cannabis, tabac, alcool. Mais avant tout une drogue est quelque chose dont on ne peut pas, plus se passer, quelque chose qui nous obsède et qui nous fait du bien. Une drogue nous rend dépendant et nous enlève toute faculté de réflexion. Une drogue soulage notre besoin du moment, mais ne règle jamais le problème de fond.

Tout ça, c’est bien beau, mais vous devez bien vous demander où je veux en venir avec toutes ces considérations, aussi passionnantes les unes que les autres !

J’ai une révélation à vous faire, le genre de révélation qui donne une bonne claque dans la figure mais qui remet sur les rails.

J’ai commencé à bloger en 2010. A l’époque, j’écrivais en moyenne deux billets par semaine. Puis j’ai eu envie d’écrire plus et je me suis lancée à cœur perdue dans la blogosphère. De fil en aiguille, j’ai ouvert et fermé des tonnes de blogs, qui ne me correspondaient plus. J’ai conservé tous mes billets, comme des souvenirs de cette évolution intéressante.

Enfin récemment, je me suis surprise à regarder plus souvent mes statistiques, à guetter le commentaire sur un nouveau billet, à lire plus de blogs, à écrire même sur mes heures de travail, à penser au billet que j’allais écrire, au beau milieu de la nuit. Doucement, sans m’en rendre compte, je suis devenue dépendante de mon écran d’ordinateur. Mon blog (et les vôtres) sont devenus ma drogue. Même épuisée, à 11h du soir, je continuais à lire, à écrire, alors même que mon corps disait stop. Rien ne pouvait m’arrêter.

Et puis, hier, à l’heure du déjeuner, alors que je savourais des sushis sur un banc du parc à côté du bureau, j’ai compris ce besoin omniprésent dans ma vie. Cette dépendance est une fois de plus liée à un besoin viscéral de reconnaissance.

Il est plus facile de s’apprécier dans le regard de l’autre (ou de se détester aussi), que de faire un arrêt sur image et se regarder vraiment, s’étudier, prendre du temps pour se construire, s’aimer, se connaître.

Je n’ai jamais pris ce temps. Ma confiance en moi est au point zéro, au même point que la première fois que j’ai dû faire face aux railleries de mes camarades de classe. Niveau harcèlement et manipulation, j’en connais un rayon. Et au lieu de prendre le problème à bras le corps, j’ai toujours préféré fuir, en me disant « je serai plus forte la prochaine fois ». Sauf que ça ne marche pas comme ça.

Et qu’internet ne va pas faire le travail à ma place ni m’apporter cette confiance en moi, miraculeusement, après quelques billets griffonnés ici et là.

Il est donc temps de lever le pied. Il est temps pour moi, non pas d’abandonner ma passion de l’écriture au bord de la route, mais bien de continuer à m’adresser à vous aussi librement que possible, sans chercher ici et là une appréciation quelconque, mais bien pour le plaisir. Je ne dis pas que ça va être facile, mais je crois que c’est nécessaire.

Il est temps surtout de me pencher sur moi, de me reconstruire et de m’aimer telle que je suis, d’arrêter de vouloir à tous prix ressembler à tous ces gens que j’admire, sans bien entendu y arriver, d’arrêter de vouloir être quelqu’un d’autre, pour ne surtout pas avoir à me pencher sur mon cas.

Il y a du boulot sur la planche, mais ça vaut le coups de se lancer…

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Scénario d’un mariage catastrophe

Il fallait se marier. C’était devenu un sujet de dispute récurrent. Enfin les disputes nous ne connaissions pas vraiment. Ni les réconciliations sur l’oreiller. Moi je connaissais le silence. Voilà à quoi j’avais le droit, à chaque fois que j’opposais des arguments qui allaient à l’encontre des idées de Roger. Un silence qui ne m’offrait ni un bonjour ni un bonsoir, un silence que je croisais dans l’escalier et qui m’ignorais, un silence rempli de mépris, qui cessait quand enfin je prenais conscience de ma « méchanceté » et demandait pardon pour « des mots qui avaient dépassés ma pensée ».

Cette idée de mariage est venue sur la table un mois après notre rencontre. Et oui, se fréquenter, c’était mal. Et c’était mal vu. J’étais la femme de l’ombre. Autour de Roger, on ne prononçait jamais mon prénom, de peur d’offenser Dieu. Le mariage était la seule solution, qui pouvait mettre fin à une situation qui allait à l’encontre d’une morale religieuse, érigée en exemple. Mais qui n’empêchait pas Roger de fumer toutes sortes de substances illicites !

Le mariage revenait à toutes les sauces. Nous avions même finis par nous séparer, un soir de pluie, parce que je refusais catégoriquement ce harcèlement et n’étais surtout pas prête à faire le grand plongeon. Tout nous séparait Roger et moi. Pas la même éducation, pas la même langue, pas la même culture, pas la même religion et pas les mêmes idées sur pas mal de choses. Et oui, moi une femme qu’on lapide ou qu’on assassine parce qu’elle a trompé son mari, je trouve ça inadmissible. Et je pense que Saddam Hussein était bel et bien un tyran qui a détruit son peuple. No comment.

Donc nous nous sommes séparés. J’ai pleuré pendant deux jours et je me suis sentie revivre, comme une fleur au printemps. J’étais sauvée. J’étais bien. J’allais recommencer à vivre. Sauf que Roger, après m’avoir traitée de fille facile (je préfère restée correcte), est revenu à la charge. Et sa douceur, sa gentillesse ont eu raison de moi. J’ai replongé, comme toute conne qui se respecte !

Nous avons repris le cours de notre vie de couple à mi-temps. Roger n’a finalement reparlé de mariage que bien plus tard. Et nous avons fait les démarches nécessaires pour que son rêve devienne réalité. Quant à moi, j’avais déjà revêtu un costume qui ne m’appartenait pas et j’aurai tout donné pour avoir la paix.

En décembre 2010, les éléments se sont déchaînés. Je n’avais parlé de ce mariage à personne, ni ma famille, ni mes amis, ni ma psy. C’est te dire si j’étais heureuse et confiante ! On m’avait trouvé un témoin d’occasion, un type que je ne pouvais pas voir en peinture, mais qui était le meilleur ami de Roger. A 1 semaine du jour J, rien n’était prêt, Roger était en déplacement, je grelottait dans mon studio qui sentait le moisi et il neigeait !

Tout allait de travers et à la dernière minute, après une brève discussion avec Roger, qui bien sûr n’a pas compris mes inquiétudes, j’ai commis l’impardonnable (et oui, nous ne sommes pas tous formidables) et j’ai tout annulé.

Plus de mariage. Plus de fête à organiser. Des larmes. Du mépris. De la distance pour réfléchir. Dix jours de silence. Dix jours de silence et Noël entre les deux, ou il a fallu faire bonne figure. Dix jours de silence et l’envie irrésistible de disparaître de la surface de la terre. Personne à qui parler. Personne à qui se confier. Le silence et mes cris. Voilà, je devenais folle. Ma grand-mère avait raison, ma grand-mère qui me poussait souvent à bout avant de me lancer « mais tu es complètement folle ma pauvre fille ». C’était écrit.

Et puis comme toujours avec Roger, les choses se sont arrangées. Il m’a laissé une dernière chance. Nous avons recommencé les démarches de A à Z et dès que je me plaignais des papiers à remplir, des rendez-vous à déplacer, des jours à poser, il ne manquait pas de me rappeler que nous en étions bien là, à cause de moi.

Et puis le jour J est arrivé. Juillet 2011. Du 1er au 11 Juillet, je ne l’ai pas vu. Il ne rentrait que pour dormir. Il préparait la fête avec ses copains et je redoutais la rencontre avec mes parents. Quand j’osais évoquer mes craintes, j’avais toujours droit à la même réponse « je fais tout pour que tu aies une belle fête et c’est comme ça que tu me remercies ». No comment une fois de plus.

La veille de notre mariage, je n’ai pas dormi de la nuit. Je suis sortie aux aurores. Je suis sortie courir. La ville était déserte. Je boxais l’air frais de ce début d’été avec mes petits poings de fille amoureuse d’un type qui ne la méritait pas. Je boxais l’air et je pleurais.

Quatre heures après, nous étions mariés pour le meilleur et le pire. J’ai eu la naïveté de croire que le pire était derrière moi, qu’au fond nous venions de gagner une bataille à deux. Je souriais aux anges. Le meilleur restait çà venir, forcément. Il me l’avait dit.

Quand les gens me disent « arrête de ressasser le passé et rappelle-toi les bons moments de ton histoire », j’ai envie de leur dire que j’aimerai bien, mais que cette foutue histoire de mariage a tout détruit avant même que nous ayons pu construire notre histoire. Les dés été pipés d’avance. J’ai été la seule à ne pas vouloir y croire. Mais je dois avouer que notre mariage était réussi, d’ailleurs c’est le seul souvenir heureux que j’ai et que je conserve sous cloche, comme un précieux trésor!

Un conseil : ne harcelez jamais quelqu’un qui ne veut pas vous épouser, là, de suite. Remballez votre orgueil et faites confiance à la vie. Ou bien cette personne est faite pour vous et n’est pas prête. Ou bien il y en a une autre qui vous attend ailleurs…

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Crédit Image – La Mariée en Colère Tumblr

De l’ordre des choses

J’aime que tout soit ordonné, organisé.

J’aime que tout soit à sa place.

J’aime que tout soit trié, mis à jour.

J’aime dormir dans un espace serein et propre.

J’aime travaillé sur un bureau rangé, avec des dossiers bien archivés.

J’aime que la vaisselle soit faite avant d’aller me coucher.

J’aime que ma salle de bain respire.

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Cela m’apporte une certaine sérénité.

Un intérieur net me permet d’avoir l’esprit clair.

Et de mieux gérer mes pensées.

De faire de la place dans ma tête pour l’essentiel.

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Partager nos expériences, une façon d’aider les autres

En ce moment je rêve de douceur, car il y a beaucoup de choses qui me ramènent au passé. On voudrait que la page se tourne rapidement, mais chaque chose prend son temps. Il faut du temps pour faire le deuil, même si c’est ce que nous désirons le plus au monde.

Ces derniers jours, j’ai dû faire face à des souvenirs, qui se sont greffés ici et là dans mon quotidien. Il a suffit d’un geste, d’un mot, d’une recette de cuisine pour que tout refasse surface. Le bon et le mauvais. Et tout ce qui n’est plus.

Doucement j’arrive à mieux comprendre ce qui m’est arrivé, cette sensation d’être prisonnière de mon corps, prisonnière d’un modèle de pensée.

Doucement j’arrive à me pardonner. C’est la première étape. J’arrive à ne plus me détester, non pas d’être partie, mais d’avoir encaissé tant de choses, d’avoir accepté de m’humilier autant, d’avoir servi de serpillière à maintes reprises et d’avoir rampé à ses pieds pour m’excuser de tors qui n’étaient pas les miens.

C’est toujours une histoire compliquée à expliquer, à raconter. Pourtant je pense qu’il est essentiel d’essayer. Aujourd’hui, une personne que je connais bien est en train de vivre une relation similaire et elle est en train de se perdre corps et âme. L’emprise de l’autre est telle qu’elle est incapable de réfléchir, de penser par elle-même. Ses propos sont incohérents. Elle ne remarque pas le drame qui se joue sous ses yeux, la détruit et détruit ses parents, ses enfants.

Dans chaque situation décrite, c’est mon ombre que je distingue. L’emprise, telle que je l’ai vécue, a été instantanée. Un regard. Quand Roger m’a raccompagnée chez moi, ce soir-là, c’est la peur qui m’a envahie. Je savais que si je ne résistais pas, je serai perdue. Instinct. Intuition. Pressentiment. Appelez ça comme vous voudrez. Après 10 jours de harcèlement téléphonique, j’ai cédé. Je n’avais qu’une crainte c’est qu’il m’attende en bas de chez moi. J’avais peur de lui.

Et j’ai fini par épouser cet homme qui me faisait peur. Même moi, même aujourd’hui, j’ai du mal à y croire. Et pourtant le jour de mon mariage, tout le monde vous dira que je rayonnais de bonheur.

Aucun coup. Aucune marque. Aucune cicatrice. La blessure était à l’intérieur. Je ne savais pas que le silence pouvait faire autant de ravages.

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Vivre autrement

Beaucoup de gens ont aujourd’hui compris qu’amasser des biens matériels n’était pas source de bonheur et que, pour être heureux, il fallait peut-être tout simplement essayer de repenser son style de vie et ses choix.

Ici et là, on trouve des idées de recyclage, de partage, d’échange, d’entraide. De plus en plus de personnes se mettent à la restauration de meubles ou à la cuisine écolo, arpentent les allées des vide-greniers ou louent leur garage le temps d’un weekend, prêtent leur machine à laver une fois par semaine.

Certains décident même de changer de vie, de se mettre au vert, de réaliser leur rêve professionnel ou de partir faire le tour du monde. Ils plaquent tout après avoir mûrement réfléchi leur projet ou décident du jour au lendemain de se donner une chance d’exister.

Derrière notre vie plan-plan, notre écran d’ordinateur, derrière nos plans d’épargne, bien calés dans une vie rangée, avec une maison à notre nom, deux voitures, trois enfants et des poissons rouges, on se demande comment les autres font pour un jour tout bousculer et vivre la vie qu’ils ont toujours voulue.

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C’est un défi de taille que nous ne nous sentons pas forcément prêts à relever. Qu’importe. Nous pouvons être heureux sans quitter notre travail, sans renoncer à notre confort matériel. Nous pouvons décider de passer plus de temps avec nos enfants, de partager plus de cafés gourmands avec nos copines, de passer plus souvent voire nos parents et grands-parents qui vieillissent. Nous pouvons opter pour des vacances solidaires ou nous engager dans une association, donner notre temps aux autres ou prendre du temps pour nous.

Vivre autrement n’implique pas de nous couper du monde ou de vivre en ermite, loin de là. Vivre autrement c’est accepter que la société change, que nous n’avons pas encore toutes les réponses mais que nous pouvons d’ores et déjà faire bouger les choses ou entamer notre quête pour une vie en adéquation avec nos valeurs et idéaux, une vie qui nous ressemble un peu plus.

Source Photo – The Simply Luxurious Life

Dans les couloirs du RER

Je prends rarement le RER, je le trouve sale, poisseux et glauque. Mais ce matin, les mains rentrées dans les poches, j’ai engouffré mon corps dans les tréfonds de la vie souterraine, après avoir vu mon bus filer sous mes yeux.

Et j’ai eu un choc. J’ai regardé autour de moi. J’ai posé mon pied étranger sur la longue courbe noire de la station et je me suis sentie bien. Autour de moi, les murs se dressaient, colorés, vivants. Ici, on voyait des poissons volants et là, des formes géométriques, tandis que plus loin des graffitis se disputaient l’espace.

La cloche des vacances semblait avoir entraîné les parisiens loin de la cité glorieuse. Nous étions peu nombreux sur la plate forme. J’entendais clairement le « clic clac » des talons des femmes frappant le sol. J’aime ces longs couloirs déserts, cette neutralité presque surnaturelle. Ces espaces sombres ont une âme. On ne s’y sent jamais vraiment seuls.

Dans quelques jours, Paris se pressera de part et d’autre des portes de ce même RER. La station sera engloutie sous une marée humaine et j’apprécierais beaucoup moins de rejoindre ces sous-sols obscurs.

Toutes les bonnes choses ont une fin…

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Source Image – Pinterest

Happinez, un magazine qui ne laisse pas indifférent!

J’ai découvert ce magazine, en lisant un article de Fleur de Menthe. Quand j’ai vu le premier numéro chez mon marchand de journaux, je n’ai pas hésité une seconde à l’acheter.

Ce magazine est une mine d’or du bien-être au quotidien, avec des articles qui touchent tant le corps, le cœur que l’âme.

Rien que le fait de regarder les images vous transporte dans un autre univers et procure sérénité et harmonie.

Ce magazine est difficile à décrire. Il se vit. Alors si vous ne connaissez pas encore, n’hésitez plus une seconde… A consommer sans modération!

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Regards Croisés

Elle s’est assise à côté de lui. Le bus est plein. La place semblait lui être destinée.

Elle s’affaire à lire les nouvelles de ses amies, le nez collé sur l’écran de son téléphone portable. Le monde autour n’existe pas. Elle s’engouffre dans le silence de ses pensées et rien ne pourrait l’en sortir.

Il remue sur son siège. Il n’a pas de téléphone entre les mains. Il regarde le monde autour, la manière dont chacun aborde le matin, le début d’un nouveau jour.

Elle se rend compte de son arrêt à la dernière minute. En se levant, elle fait tourner sa jupe. Ses cheveux blonds coulants sur ses épaules lui donnent l’allure d’une déesse.

Il la suit du regard. Il ne peut pas décoller ses yeux de son corps en mouvement. Le bus s’arrête au feu. Il guette son passage sur le trottoir. Il la regarde jusqu’à ce que son ombre s’évanouisse dans la rue.

Je le regarde et je me dis que c’est dommage. Ils se croisent tous les matins. Ils pourraient se rencontrer, se parler, échanger.

Au lieu de ça, elle s’enferme sans cesse dans sa bulle et il espère sans cesse un regard d’elle.

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Source Image – Get The Girls

Toi et moi. Enfin surtout moi…

Pendant une bonne partie de ma vie, j’ai placé l’autre au cœur de ma vie. Je venais toujours après. Jusqu’au jour (assez récent) où j’ai pris conscience que ça ne collait pas. Ma vie ne peut pas se faire sans moi. Je dois donc me placer au centre de ma vie, m’aimer et me respecter pour en faire quelque chose de bien. L’autre a sa place aussi, mais je dois lui laisser son espace, un espace à lui. Je dois le laisser libre.

L’équilibre est fragile, je vous l’accorde. Ne pas mettre trop l’accent sur l’autre, au risque de perdre le fil de soi. Sans pour autant devenir égoïste et perdre le sens de l’autre.

J’en suis arrivée à la conclusion, qu’on ne vit pas pour l’autre. Notre vie nous appartient. Nous en sommes les seuls acteurs. L’autre, ami, compagnon, parent, vient en soutien. Il prodigue des conseils que nous décidons de suivre ou pas. Il est présent dans la peine, mais ne porte pas notre peine, ni n’a le pouvoir / le devoir de l’effacer, de la soulager. Il peut partager notre joie, si le cœur lui en dit. L’autre n’a pas à prendre notre place, à choisir pour nous, à vivre pour nous. Ce n’est juste ni pour lui, ni pour nous.

Nous ne pouvons pas vivre pleinement sans la présence de l’autre, mais encore plus important, nous ne pouvons pas prétendre être vivants, sans notre propre présence. Vivre par procuration n’est pas un modèle de vie sain.

J’ai souvent remarqué que nous accordions bien trop d’importance à l’autre, non dans son identité humaine, mais dans la façon dont nous lui prêtons un pouvoir qu’il n’a pas. Je l’ai déjà dit dans un précédent billet, nous ne pouvons pas faire le bonheur de l’autre. Ou alors nous décidons de vivre sa vie à travers notre vécu, nos yeux et nos idéaux. Nous nous identifions à lui et nous oublions sur le bord de la route notre vie, attendant peut-être qu’un autre fasse la même chose que nous, prendre en charge notre vie avec son vécu, ses valeurs et ses idées.

A force d’agir comme cela, nous entrons dans des relations biaisées, instables et floues. Nous ne savons plus où est notre place, ce que nous pouvons faire ou dire, où sont les limites de notre investissement, de notre amour ou amitié.

Et c’est extrêmement dommage. Car nous avons tant à apprendre les uns des autres et de si belles vies à offrir au monde…1a3763044be9705cc265db404d5c01ac Crédit Photo – Danielle Blessed Serendipity Blog