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Les États d’Esprit du Vendredi 20.12.2019

@Marie Kléber

Vendredi déjà et les vacances pour moi!  Ce mois de décembre a été assez particulier et je suis contente de pouvoir souffler un peu. Place aux états d’esprits, avec comme toujours une pensée – ambiance Noël –  pour les fondateurs de ce moment particulier de la semaine.

Début [16h30]

Photo:

Fatigue :  entre le bruit des voisins, la coupure de chauffage et la fatigue de fin d’année, je rêve de faire le plein de sommeil!
Humeur : joyeuse
Estomac: libanais, thé
Esprit: heureux
Cond. phys. : abdos, marche à pied
Projet/Boulot: quasi terminé la relecture de mon recueil de nouvelles (et 1 projet de plus terminé!)
Culture: Arlo et La Veuve de Saint Pierre (livre)

Penser à:  respirer profondément
Avis perso (1): ne plus croire au Père Noël à 6 ans, je trouve que c’est un peu tristounet!
Avis perso (2): les cadeaux à faire cette année, ça a été plutôt fluide et agréable.
Avis perso (3): j’adore (!) les hommes qui se plaignent constamment de leur(s) épouses…
Avis perso (4): partir en vacances en ce disant que tous les ingrédients sont présents pour que ces fêtes se passent “mal” c’est hyper enthousiasmant!!

Message perso (1): bon voyage et belles vacances! (2) prends du temps pour te retrouver et savoir ce qui fait sens pour toi (3) tu as bien raison de croire encore au Père Noël! (4) merci pour ces beaux présents qui enchantent mon quotidien (5) non ce n’est pas de l’amour, c’est du vide – je pense a toi (6) Joyeux Noël et Belle Fêtes de fin d’année!

Loulou: en vacances, passe du rire au cris, est content de ne pas avoir eu psy hier soir, adore le calcul mental
Amitiés : rdv planifiés, messages, mails
Love : en vacances aussi (donc loin de moi…), ma plus belle rencontre, touchant, à l’écoute, sait donner de son corps pour la bonne cause!
Sorties : vacances…
Essentiel: respirer
Courses: des bricoles
Envie de: que tout se passe bien pendant ces fêtes familiales
Zic: Nina Simone

Fin [16h50]

Les congés sont synonymes de pause, il n’y aura dont pas d’articles la semaine prochaine. Profitez de vos proches pendant ces fêtes! Amusez vous et soyez heureux! Le monde a besoin de davantage de rires et de joie, d’un peu de douce folie!

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Quel sale caractère!

« Quel fichu caractère ! »

Et voilà, c’est reparti ! Tout ça pour un petit « non », tout riquiqui, une petite prise de position sans importance. Quelle plaie, ma mère !

Je ne la comprends pas. Toujours à plat, jamais capable de lâcher prise. Pourtant je donne de moi, je fais tout mon possible mais au lieu de me remercier, elle hausse le ton et me répète quinze fois les mêmes choses. Je me demande parfois si elle ne me prend pas pour une pauvre cloche, sourdingue par-dessus le marché.

M’enguirlander c’est encore ce qu’elle fait de mieux.  Le sapin, à côté, souffre de jalousie. Il me toise, l’air de rien, mais je sais qu’il m’en veut. C’est vrai que cette année il fait un peu pitié, ma mère n’avait sûrement plus de jus pour le décorer dans les règles de l’art. Le pauvre !

A force de faire gaffe à tout, je me demande si elle ne va pas nous faire un burnout, on sera bien avancé. C’est son histoire de « flou » qui m’a mis la puce à l’oreille. Elle dit qu’elle y voit plus rien, qu’elle se sent perdue, qu’elle n’a pas les clés. Tant qu’elle ne perd pas celle de la maison, je me dis qu’on s’en sort pas trop mal.

Je suis d’accord, le portrait est pas top. Mais bon quand je suis en colère, je lui lance tout ce que j’ai sous la main. Je la déteste et je rêve d’une autre maison avec une maman qui arrête de me dire ce que je dois faire et comment me comporter, comme si je savais pas, comme si il fallait m’éduquer. Non mais, elle croit quoi ? Qu’elle sait mieux que moi ?

Quand la colère retombe, enfin, je dois reconnaître que sa tendresse m’entraine sur des chemins, qui d’un coup, me font redevenir l’enfant que j’étais il y a quelques minutes à peine. Entre ses bras, là, dans cet instant, je suis bien.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots étaient: flou – caractère – tendresse – burn out – lâcher – cloche – enguirlander

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Au cœur du traumatisme

Crédit Pixabay

10h00:

Je me dis souvent que je ne veux plus parler du passé. Et il revient sur le devant de la scène. Comme ce matin, dans le claquement brutal de la porte d’entrée, une expression dans le regard, des mots qui me percutent de plein fouet. Et alors revient cette sensation, si familière, si ancrée et que je tente par tous moyens d’accueillir et de laisser passer, cette sensation de n’être “rien”.

C’est une attitude, une façon de dire, un rictus. C’est comme une claque qui arrive de nulle part et qui me terrasse.

On dit que le traumatisme est digéré quand plus rien ne vient le réveiller. Le mien est donc encore bien vivant. J’ai beau travailler dessus, j’ai beau gagner en confiance, il y a encore une faille, une cicatrice qui s’ouvre à chaque fois.

Avec certaines personnes, ça passe vite, parce qu’il n’y a pas d’affect ou bien parce que je n’ai pas l’impression d’avoir quoi que ce soit à prouver. Mais dans le regard de mon fils, je vois le mépris de son père. C’est terrifiant. Je prends énormément sur moi pour faire face quand ma première réaction serait de tout laisser là, de partir loin. Je ne le peux pas, alors j’encaisse en tremblant, je crie intérieurement. Avant je tapais dans tout ce qui passait, pour que la douleur cesse. On peut au moins dire que je progresse.

C’est assez déstabilisant comme situation. Bien sûr que cela n’a rien à voir avec mon fils et tout avec moi. C’est à moi de faire la part des choses, de poser mes limites. J’ai l’impression d’être dans une impasse. Chaque jour je me félicite d’avoir tenu, d’avoir réussi à maintenir une harmonie fragile. Et le jour d’après je m’écroule, j’ai l’impression que l’histoire s’écrit encore et toujours de la même façon et que je n’arrive pas à y mettre un terme.

Bien sûr que je suis épatante, la plus merveilleuse des mamans, le meilleur exemple pour mon enfant – c’est vous qui allez me dire ça et ce matin ça sonnera très faux – mais dans les mots et le regard de mon fils ce matin je n’ai vu qu’une colère immense, un mépris que je ne sais pas gérer.

Je ne veux plus être une victime. Alors j’écris, je décortique, j’essaie de comprendre, de trouver des pistes. Je m’escrime à vouloir sortir de cette situation de crise. Je ne veux pas m’avouer vaincue. Cela n’en reste pas moins très compliqué à vivre ai quotidien. Alors je laisse les larmes couler sur les maux. Et j’essaie au fil de la journée de déblayer le terrain pour aborder la soirée le plus sereinement possible.

Moi qui suis plutôt du côté de la vie, dans ces moments là le néant me rattrape et je donnerais tout pour que cesse cette douleur, pour que se ferme la blessure, pour que je puisse respirer sans me sentir prise dans un étau, prisonnière d’un chaos que je ne sais maitriser.

16h30:

J’ai souvent été de celles qui disaient “il ne faut pas hésiter à se faire aider”. Je crois que le temps est venu de regarder les choses telles qu’elles sont: ma difficulté à trouver ma place dans ma vie de mère et ma place d’adulte dans ma lignée familiale. Il est temps de faire face et d’oser demander de l’aide pour une vie plus saine et sereine.

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L’arme la plus puissante…

Crédit Pixabay

Elle disait toujours “tu peux l’emmener, elle ne ressent rien”.
Elle ne verra pas les ombres et elle n’entendra pas les soupirs. Elle ne verra pas la mort dans les murs ni les vertiges entre les parois de verre. Elle ne saisira pas le trouble au moment de poser son pied sur le seuil. Elle ne devinera pas les maux derrière le béton ravagé.
Elle ne se sentira pas défaillir au contact du passé. Elle ne fondra pas en larmes devant cet espace désertique. Elle ne verra pas devant ses yeux les images de ceux qui ne sont plus, de ces enfants au ventre vide, aux corps abîmés, aux visages ravagés. Elle ne tombera pas en lambeaux devant toi.
Alors que toi tu prendras la bourrasque de plein fouet, une vague de souvenirs comme une claque magistrale. Et tu te sentiras faillir. Elle sera là.

Elle dirait plus tard “tu peux l’emmener, elle ressent tout mais elle sait se protéger”
Elle sait les ombres qui dansent dans le chaos des murs abandonnés. Et les soupirs de ceux qui furent martyrisés. Elle sait la mort entre les feuilles mortes et le silence qui pèse sur les maux.
Elle sait les détails du passé, l’odeur du mal, le gout de sang dans les entrailles de la terre.
Elle sait les enfants qu’on enferme, qu’on abandonne, qu’on assassine.
Elle sait le vent qui réveille les blessures que tu tais.
Elle te verra trembler puis faillir, elle repoussera les démons du passé d’un regard déterminé. Elle sera là.

Elle dira. Un jour
La seule force pour repousser les ténèbres.
C’est l’amour.

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Par delà les masques qui nous protègent…

Crédit Pixabay

On s’adapte tous, au quotidien, aux situations de vie, aux rencontres, en fonction de nos obligations, de nos contraintes. Parfois on en a conscience et tant mieux. Parfois non et c’est bien là qu’est le souci. On ne sait plus quand on porte ou non un masque. On est tellement adapté qu’on oublie qui l’on est.

J’ai longtemps été dans l’adaptation constante, ne montrant ma vérité qu’à un ensemble très restreint de personnes. Et encore, j’avais plus l’impression de me rebeller contre l’autre établi qu’être vraiment moi. J’ai longtemps été incapable d’exprimer mes envies, de faire des choix, préférant laisser l’autre décider à ma place. J’ai longtemps porté un masque sans m’en rendre compte.
Et quand il a fallut répondre aux questions “qui suis-je? Qu’est-ce qui me motive? Quels sont mes désirs?” je me suis retrouvée face à une montagne à gravir. Il fallait creuser loin pour revenir à mes origines, débroussailler un terrain miné.

On ne va pas dire que je suis sortie d’affaire, loin de là. Mais j’ai davantage conscience des situations dans lesquelles je fais attention, dans lesquelles je marche sur des œufs ou j’adapte mon comportement. Je pense être plus naturelle, plus spontanée, moins dans le contrôle qu’avant.

Même si le gros travail vient de soi, il faut aussi prendre en compte les personnes autour. Certaines nous mettent à l’aise, d’autres pas. Certaines nous acceptent tels que nous sommes, d’autres ont plus de mal. Certaines sont elles-mêmes mal à l’aise et sur la défensive.

Être avec l’autre, sans fard, sans masque, c’est très certainement ce qu’il y a de plus beau, ce à quoi nous aspirons tous, sans pour autant pouvoir le vivre pleinement. Et quand on y est, quand on ne le touche plus seulement du bout des cils comme un rêve inaccessible, alors il y a comme de la magie dans l’air, une porte qui s’ouvre, l’océan à portée de voix, la vérité nue qui nous attire entre ses bras.

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Nous deux

Crédit Pixabay

Pousse la porte et rejoins moi. Au pays de nos souvenirs. Ceux qui nous tiennent chaud et ceux un peu froids, avec lesquels on tente de guérir.
On a tellement entendu le pire qu’on s’est dit que nous c’était le paradis. On n’a pas su voir que notre enfance aussi était pleine de blessures et de non dits.

Je ne savais pas, entre ta place et la mienne. Moi, la première l’adorée. Toi, la deuxième, celle qui n’existe que dans le sillage de l’autre, celle qu’on voit à peine, celle qui ne trouve pas sa place.

Nous n’étions pas proches, enfants. Nous étions deux produits façonnés pour répondre aux besoins de sécurité d’une mère qui en manquait terriblement. Pour contrer le mal il fallait le mieux. Nous n’étions pas à l’aise dans nos vêtements toujours impeccables, dans nos caractères presque parfaits.
Nous nous sommes protégées, chacune à notre façon, pour avancer.

Puis nous nous sommes retrouvées. Quelque part. Cela a pris du temps, le temps des maux, le temps de trouver notre tempo, le temps de reprendre contact avec la vie.
Le temps de pouvoir dire nos souvenirs, commun. Le temps de ceux qui ont joué avec nos vies comme si nous n’étions que des poupées, sans émotion, sans ressenti.

Un temps de constat pour prendre la mesure, d’où l’on vient. Où l’on va. Comprendre que notre bonheur ne sera jamais assez, toujours accompagné des pires scénarios face à l’avenir. Alors mieux vaut le préserver.

Avant nous étions seules avec nos valises, bien lourdes parfois à porter. On se sentait bien seules avec toutes ces images atroces, dites et redites, sans cesse répétées.
Aujourd’hui, nous avons pu parler. Nous sommes deux. Deux face à ce qui nous dépassera toujours. Deux face à l’inexorable poids d’un passé qui ne nous appartient pas. Deux pour pouvoir dire quand ça ne va pas, quand tout casse et qu’on se sent perdu, au bord du vide. Deux pour faire revivre la joie, qui est bien là, quelque part, qui vient ponctuer le chaos, cette joie qui rend à l’enfance ses lettres de noblesse. Il y en avait avant, c’est peut-être pour ça qu’on n’a pas compris…

Nous sortirons grandies de ce tour de force, lâchant au passage tout ce qui ne nous sert pas, tout ce qui n’est pas nous mais que nous avons gardé pour répondre aux attentes, pour être aimées, tout ce que nous ne voulons pas pour aujourd’hui, dans nos vies de femmes, de mères. Pour que l’avenir soit plus radieux. Loin des traumatismes maternels, que nous ne pourrons jamais apaiser. On a beau le savoir, ce n’est pas toujours aisé de vivre avec.

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Les États d’Esprit du Vendredi 13.12.2019

Vendredi est arrivé, Noël se rapproche, les congés aussi, “ouf” parce que ça commence à tirer un peu. Je profite encore du calme de la fin de journée pour poster mes états d’esprit, avec comme toujours une pensée particulière pour les fondateurs de ce moment particulier de la semaine.

Début [16h40]

Photo: Noël!

Fatigue :  petite nuit de sommeil – demain il n’y paraitra plus
Humeur : souriante
Estomac: libanais, thé menthe
Esprit: en mode “acceptation”
Cond. phys. : abdos, marche à pied
Projet: je bouquine, j’ai testé l’interprétation des rêves – pas concluant pour la personne: est-ce ma technique ou l’attitude du sujet?
Culture: La légende de Zorro et Maman j’ai raté l’avion – Beaubourg en Nocturne

Penser à:  m’accepter (avec mes forces aussi!)
Avis perso (1): Les critiques et avis des autres ne nous regardent pas – ce sont leurs peurs, pas les nôtres
Avis perso (2): être si réfractaire au télé travail c’est insensé en 2019!

Avis perso (3): je me filerais des claques à encore penser que je ne suis pas assez…

Message perso (1): la pluie n’a pas entaché cette délicieuse soirée à deux (2) je ne pourrais pas m’en passer! (3) dommage qu’ils aient volé du si bon matériel! (4) alors ce déménagement, tu t’en sors?

Loulou: les montagnes russes (et dire que je déteste la fête foraine!)
Amitiés : cartes, mails
Love : plein d’idées, lui-même, attentif, m’aide à m’assumer et à m’affirmer, à l’écoute de mes envies, sait détendre l’atmosphère
Sorties : rien de rien (merci la grève, on va pouvoir se la couler douce ce weekend)
Essentiel: penser à soi
Courses: food only
Envie de: ne rien faire
Zic: I kissed a girl – Katty Perry

Fin [16h55]

Très bon weekend, profitez de la chaleur de votre “chez vous” si il pleut et finissez calmement vos courses de Noël, avec le sourire!

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Ça se passe de commentaires!

Ça se passe de commentaires
Cette liste de travers
Ces mots parachutés
Sur le pavé mouillé

Des ombres humaines déambulent
Quand les influenceurs véhiculent
Des idées toutes faites
Dans nos jolies petites têtes

Ça se passe de commentaires
Ces certitudes à l’envers
Que les exploiteurs sont les sages
Les exploités, ça dégage

L’insipide café du lundi matin
Nous prend gentiment par la main
Un modèle de plus à honorer
Une énième obligation à respecter

Dans la bousculade des jours d’affluence
On oublie la douce harmonie des dimanches
Ces jours de folie singulière
Dans lesquels, joyeusement, on se perd

Ça se passe de commentaires
Le bonheur que l’on serre
Comme des saltimbanques épris de liberté
On ne les laissera pas nous modeler!

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots imposés étaient: influenceur – modeler – insipide – saltimbanque – ombre – harmonie – bousculade – mouiller – se perdre – exploiteur – certitude – folie

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Regards d’enfance

@ Robert Doisneau

Papa disait toujours que maman ne savait pas choisir, qu’il ne fallait surtout pas la laisser seule dans un magasin, sous peine de voir le compte en banque s’affoler. Et maman disait que dans le vie choisir c’est compliqué.

D’ailleurs, elle ne savait pas faire. Ni pour les bagages ni pour nous. Elle emmenait toujours la maison en vacances, les pulls d’hiver même en plein été. Papa avait beau lui dire que ça ne servait à rien et que ça ne rentrerait pas dans le coffre de la voiture, elle faisait comme bon lui semblait. C’est à dire n’importe quoi. Et nous suivions, dociles petits soldats.
Lisa était trop petite. Albert et moi bien assez grands pour saisir certaines réalités

Maman ne nous avait pas choisi. Pas plus qu’elle avait choisi sa vie avec papa. Elle ne prononçait pas son prénom, jamais. Elle faisait tout, maman, sans rien demander, si ce n’est le silence. Elle disait qu’elle ne savait pas comment faire avec nous, avec les pleurs de Lisa et nos bêtises farfelues. Elle souriait, voilà et ça passait.
Maman nous aimait, à sa façon, avec ses deux mains gauches et son cœur pas très causant. Sa beauté faisait le reste.
Les autres mamans, ça vous enveloppait de câlins, ça vous bavait des bisous sur les joues devant l’école, ça vous garnissait votre cartable de mots doux, de biscuits “fait maison”.
La nôtre, elle nous disait au revoir sur le trottoir d’en face. On ne savait pas trop ce qu’elle faisait maman de ses journées. Le soir venu, le diner reposait sur la table du salon, on mangeait bien, sauf Lisa qui n’aimait rien et ça gâchait le sourire de maman. Et ça embêtait bien papa. Quand ils avaient le dos tourné, Albert était de tournée de restes, histoire de sauver la soirée. Lisa pleurait quand même. On n’y comprenait rien.

Maman s’est envolée un soir d’été, à la veille des grandes vacances. On avait déjà mis les valises dans le coffre. Toujours trop petit. Elle a dit “pas de bisou ce soir, vous êtes grands maintenant”. On avait pas l’impression de l’être mais bon, c’était maman, alors on a pris chacun la main de Lisa et on la lui a tenu jusqu’à ce qu’elle s’endorme. Maman a du partir à ce moment là. On entendait la pluie dans la cour, comme si le ciel pleurait pour nous.
La maman qu’on n’avait pas eu. Ou celle qui était passée comme une étoile filante, sans jamais savoir où se poser. On a laissé sa valise au pied de l’escalier et avec papa on a filé vers la mer, vers le sud, vers la vie sans choix compliqué.

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Les jours de…

Crédit Pixabay

Il y a des jours où quoiqu’on écrive c’est d’une tristesse sans nom. Comme si on avait un trop plein, comme si on saturait de partout.
Une nausée bien installée. Qui n’en finit pas. On ne sait plus par quel bout prendre les mots. Du coup on note, on efface, on rature et puis on déchire. Par ras le bol.
Au départ on partait d’une idée lumineuse et puis à force de maux égarés un peu partout, on se retrouve à ressasser le passé. Mauvais choix.
Le mieux encore est de lâcher prise, de se foutre la paix, de laisser les pensées glisser et se perdre dans l’air. Les retenir ne feraient qu’alourdir notre esprit.
Oublions ce qui nous contraint, ce qui nous fait chavirer.
Et revenons à des rivages plus sereins, à des vérités plus lumineuses.

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J’ai rêvé de ce Noël…

J’ai rêvé de ce Noël  sans cadeau et de ce cadeau précieux, celui d’être en vie, celui d’être ensemble. Ou alors juste pour les petits, juste pour leurs yeux qui pétillent sans en faire des tonnes. Certains ont déjà tant.

J’ai rêvé de ce Noël. Résister à l’avalanche de présents. Qui dureront le temps d’un déjeuner de soleil. Si vous avez un jour tout perdu ou tout laisser derrière vous, vous savez combien le matériel est éphémère.

J’ai rêvé de ce Noël, cette communion, que tout l’argent des uns puisse garantir aux autres un peu plus de légèreté, un peu plus que le quotidien.

Noël me fait cet effet là depuis quelques années, ce trop qui sans cesse me bouscule. Je perds pied à chaque fois devant cette course aux cadeaux, cette frénésie d’achat(s). La magie cède la place à la conscience que pour certains, la magie est un espoir vain. J’ai mal au cœur. Je suis fatiguée de l’opulence.

Certains diront que donner ne change rien, que c’est à ceux qui ont le pouvoir, d’œuvrer. Et s’ils ne le font pas, devons-nous cautionner? Devons-nous fermer les yeux? Devons-nous regarder la misère creuser son lit en restant indifférents?
Et si chacun faisait un peu, donnait un peu? Et si chacun faisait un pas vers l’autre?
Et si tout commençait par nous?

Mon mal être certain. Je ne veux pas le voir. Je le combats et pourtant la fatigue me rattrape. Lasse, je fais comme tout le monde, je ne lutte pas, je m’assieds sur mes rêves. Au pied du sapin il y aura des cadeaux. Certains plairont, d’autres moins.
Et dire qu’il y en a tant qui n’auront rien. Pas même et surtout, la chance d’être ensemble, un repas sain, une nuit à l’abri, un peu de paix au creux du chaos quotidien.
Et dire que Noël célèbre la venue d’un saint qui nous invite à nous dépouiller, à tendre la main…

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Écouter l’autre, oui mais l’écouter vraiment

Crédit Pixabay

Il y aura toujours pire, il y aura toujours mieux. Selon nos propres critères. Aucune situation n’est idéale. Aucune souffrance n’est moins importante qu’une autre. Puisque tout part de nous, de notre ressenti. Ce qui est banal pour moi sera terrible pour quelqu’un d’autre. Et ce qui est dramatique pour quelqu’un passera peut-être comme une lettre à la poste pour moi.

C’est pourquoi quand quelqu’un nous parle, évitons de lui sortir des banalités comme “oui mais toi tu as de la chance” ou “tu es dans une position plus confortable que la mienne”. Quand qu’une personne nous parle, elle a besoin d’écoute tout simplement, pas de savoir que la vie de l’autre est plus compliquée que la sienne – il y a fort à parier qu’elle le sait déjà. Elle a juste besoin de vider son sac, de dire ce qui pèse, ce qu’elle supporte mal, ce qui la touche, ce qui la fait vaciller.

Dans mon quotidien de maman solo, j’entends souvent “tu as de la chance tu as tes parents”, “tu as de la chance tu n’en as qu’un” ou encore “oui mais toi tu gagnes bien ta vie”. Donc en gros “ferme là”.
Comme si moi je disais à un autre parent “oui mais toi tu t’entends bien avec la mère/le père de tes enfants”, “oui mais toi tu as un weekend, voir une semaine de libre et tu peux te reposer un peu” ou encore “oui mais toi tu as tout une tribu autour de toi”.

Qu’est-ce que j’en sais après tout si c’est une chance pour cette personne de si bien s’entendre avec son ex, d’avoir une semaine sans ses enfants, d’en avoir plusieurs parce que, à ce qu’il parait, ils peuvent jouer ensemble!

J’ai certes plus de billes que d’autres, mais pas toutes. Et personne ne les a toutes d’ailleurs. Notre seul point commun, c’est d’élever seul(e)s nos enfants et rien que ça, ça devrait nous unir, non, au lieu de nous séparer, comme si il y avait un podium, une première place pour celle ou celui qui en souffre le plus.

Je l’ai déjà dit ici et je ne m’en cache pas, la maternité est ma plus grand joie et ma plus grande souffrance. Je n’ai pas besoin d’entendre que j’ai de la chance à tout bout de champ. Primo, parce que je le sais et secundo parce que ça ne fait pas tout. Comme tous les parents qui élèvent leurs enfants seuls, une fois la porte fermée, je n’ai pas de relais, je gère tout en essayant de garder le sourire, je me sens seule, nulle face à moi même, je craque, je fais le zouave, je tente de mettre de l’ambiance avec pour seule arme un lecteur de CD!

Quand je lâche les vannes, ce n’est pas pour entendre que j’ai de la chance. Ce n’est pas pour entendre que des femmes vivent avec un salaire deux fois moins important que le mien ou galèrent avec un ex qui leur bouffe toute leur énergie. Si je lâche les vannes c’est parce que j’ai besoin d’une oreille attentive, quelqu’un qui va me dire “je te comprends” même si ça dépasse son stade de compréhension, quelqu’un qui va me dire “je sais que c’est dur”. Ou même qui va juste écouter, rien que ça. Juste être là. Parce qu’à cet instant là je n’ai pas besoin de solution, pas besoin d’avis, pas besoin qu’on me dise qu’il faut être fort ou qu’il faut penser qu’il y a pire. Je le sais, je ne vis pas sur ma planète, je vois la misère, je vois les drames, je vois le chaos, je vois les gens qui luttent, je vois ceux qui se battent. Je vois tout ça, je sais. Mais ça ne change rien à ce que je ressens à l’instant où je déverse mes maux sur la toile du monde.

Allez, promettez moi une chose, la prochaine fois que quelqu’un vous livrera ce qui le trouble, ne pensez pas à vous, ne pensez pas que son chagrin, comparé au votre, comparé au reste, ne vaut rien. Ouvrez votre cœur, vos oreilles et ainsi dites lui que vous êtes là, attentif et qu’auprès de vous, juste le temps d’une confidence, il ne lui arrivera rien!

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Les États d’Esprit du Vendredi 06.12.2019

Et voilà décembre est arrivé! Déjà! Je profite du calme du bureau en ce deuxième jour de grève (et donc de Home Office pour beaucoup) pour poster mes états d’esprit, avec comme toujours une pensée particulière pour les fondateurs de ce moment particulier de la semaine.

Début [17h30]

Photo: matinale

Fatigue :  celle de la semaine du mois qui met chaos (mais aucune douleur cette fois-ci!)
Humeur : très bonne
Estomac: sandwich saumon, compote, chocolat, thé menthe
Esprit: amoureux
Cond. phys. : abdos, marche à pied
Projet: mon texte Fantoche en finale sur Short Edition
Culture: Thursdays’ Child de Nicci French – Les jolis garçons de Delphine de Vigan (si vous avez compris quelque chose à ce bouquin, dites le moi!)

Penser à:  Noël et avancer mes cadeaux
Avis perso (1): la grève c’est pas si mal, ça permet de marcher et de profiter de la fraicheur du matin
Avis perso (2): il y a des gens avec qui on échange et d’autres avec lesquels on ne fait qu’être là et écouter

Message perso (1): divin! (2) je pense que ça se passe de commentaire! (3) merci de toujours trouver le temps (4) tu n’es pas obligé de répondre à toutes mes questions… (5) merci pour votre fidélité

Loulou: joue aux dames, adore lire, gère de mieux en mieux ses frustrations, s’habille seul
Amitiés : des pensées particulières
Love : passionné, passionnant, tendre, formidable, attentif, présent
Sorties : plateau de foot demain (avec les grèves ça va être extra!) et sortie en amoureux la semaine prochaine
Essentiel: dire les choses, savourer le silence aussi
Courses: food et cadeaux!!
Envie de: m’enivrer…
Zic: La chanson du moment de loulou!

Fin [18h00]

Profitez pleinement de votre weekend! A la semaine prochaine!

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Le vide après le plein

Je n’aime pas.
Le vide après le plein.
La bouteille de vin à demi entamée sur la table endimanchée
Les miettes des brioches du petit déjeuner
Qui restent là quand tout le monde est parti
Quand il ne reste que moi
Et le silence après le souvenir de ces instants bénis

Je n’aime pas
Explorer puis devoir attendre
La prochaine fois pour gouter ta peau
Nos sens en émois
La découverte de nos corps
Et le jour qui m’étreint loin de toi

Je n’aime pas
Ces questions que je pose
Comme des points de suspension dans l’air
Parler surtout pour que rien ne s’oxyde
Parler par anticipation du vide

Je n’aime pas
Les dernières minutes qui ne durent pas assez
Le claquement qui résonne pour nous dire d’abréger
Et déjà les soubresauts de mon cœur

J’irais acheter du chocolat pour compenser
Un canard qui parlera de l’attente
Comme d’une madeleine à savourer

Je n’aime pas
Savoir que non loin du Finistère
L’amitié pleure l’enfant qui ne viendra pas

Dans la chaleur de tes bras
Je me suis laissée guider vers l’extase
J’ai oublié le monde et ses drames
Le plein avant le vide
C’est comme ça

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: Finistère (facultatif, en principe pas de nom propre) – canard – oxyder – bouteille – claquement – brioches – souvenir – explorer – découverte. J’étais partie sur un texte moins personnel puis j’ai changé de cap en cours de route.

 

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Au cœur de moi

Crédit Pixabay

Parfois je ne sais pas, je ne saisis pas. Le trait d’humour, la parole légère. Parfois je surfe dessus et parfois ça vient, une fois de plus, appuyer là où ça fait mal. Comme si il y avait encore des choses à sortir, encore des blessures mal guéries, des cicatrices trop fraiches qu’un simple effleurement réveille.

Parfois la vie des autres, leurs choix, leurs projets, leurs envies me renvoient à mes propres peurs, pas celles que je connais, celles que je cache bien profondément, que j’oublie, auxquelles je ne veux pas penser parce que ça me donne le vertige. Et dans la conversation je dérive vers ce qui ne fut pas, ce que je n’ai pas connu, ce que j’ai évité, ces pas que je n’oserais peut-être jamais, ces sentiments qui ne resteront vivants que dans le présent, sans lendemain.

Parfois je me perds encore dans mes contradictions, dans ce que j’ai et ce que je voudrais avoir, ce que je ne m’autorise pas à demander, à être peut-être bien.

Parfois ça fait encore un peu mal et alors je sais que je viens de passer un cap et qu’un autre m’attend. Un virage qui chaque fois me demande d’aller encore plus loin, à l’intérieur de moi, pour faire tomber les barrières, regarder en face les limites que je m’impose, mes angoisses pour les dépasser.
Tout est mouvement. Les cycles se suivent et ne se ressemblent pas. Tout est en construction sans cesse. Tout est redéfinition de mes priorités, de mon équilibre à chaque instant.

Chez vous, comment ça se passe? Comment gérez-vous vos peurs, vos contradictions? Vos blessures appartiennent elles au passé ou se rappellent elles encore à vous de temps en temps?