Notre plus tendre combat

Je la regarde avancer, frêle mais si souriante, fragile et forte à la fois. La première fois justement, elle avait été obligée de prendre un taxi. Il pleuvait beaucoup trop dehors. Quand elle est descendue, qu’elle a déposé son bébé dans son landau, j’ai cru qu’elle était arrivée chez elle. Mais quand je l’ai vu marcher en direction du centre, j’ai compris qu’elle allait au même endroit que moi, qu’elle accompagnait son petit homme pour une visite de deux heures. On aurait dit qu’elle avait peur. Elle regardait partout, par crainte de le croiser sûrement. Et puis il est arrivé par derrière, l’air de rien, il a voulu lui parler, mais elle a tourné la tête. Il a insisté et la porte s’est ouverte. Elle s’est engouffrée à l’intérieur, où je l’ai retrouvée quelques instants après, reprenant quelques couleurs. Ici, elle et son bébé sont en sécurité.

Depuis nous nous voyons tous les quinze jours. Elle arrive avant lui. Et quand elle a récupéré son bien le plus précieux, elle se dépêche de partir. Au centre, ils attendent toujours quelques minutes avant de faire sortir le parent visiteur. C’est une bonne chose.

Au fil du temps, j’en ai vu passer des visages, des rêves engloutis, des idéaux massacrés. Il ne faudrait désigner aucun coupable, mais quand les langues se délient, l’angoisse prend le dessus, le passé fait son nid dans un présent dissolu.

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J’étais comme elle au début, tétanisée. Il fallait garder le sourire, pour rassurer l’enfant, qui tremblant, ne voulait lâcher ma main. Le sien n’a que 7 mois. L’autre a 3 ans et voit désormais son papa un weekend sur deux. Une autre m’a confié un jour que l’homme épousé l’avait battue pour qu’elle avorte et aujourd’hui venait quémander son dû de père, aux yeux de la loi. Parfois ce sont des mères qui ne voient leurs enfants que quatre heures par mois. J’ai mal au cœur pour elles, mais je ne connais pas l’histoire qui les amène tous là. J’ai tendance à plus juger les hommes, qui arrivent les bras chargés de cadeaux, mais n’ont jamais la moindre attention délicate envers la mère de leur enfant, qui la jugent même trop souvent, pas à la hauteur, pas assez bien encore une fois.

Quand je vois le papa de ce petit bonhomme de 7 mois, je ne comprends pas pourquoi elle, pourquoi lui. Ils ne se ressemblent pas. C’est sûrement ce que les gens ressentent quand ils nous voient tous les deux, lui absent, fier trop souvent, sûr de sa bonne-foi, de ses droits, mais incapable de faire un pas vers son fils sans rejeter la faute sur moi. Ou peut-être que c’est une fâcheuse histoire de papiers, une histoire bâclée, qui garantit à l’un des deux la liberté et enferme l’autre dans une vie sans âme.

Il y en a toujours un pour dire qu’il est temps de penser à nos enfants, de dépasser nos différents, de faire un pas vers l’autre. J’ai parfois envie de leur répondre que si nous sommes là, deux samedis par mois, c’est que nos enfants passent avant le reste, que leur bonheur n’en a que faire de nos histoires de grands, que leur équilibre, leur vie est au centre de nos intérêts. Peut-être qu’au fond, il ne s’agit là que de notre plus réel et tendre combat.

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Est-ce que je vous ai déjà dis que j’aimais Paris!

J’aime Paris. Sa foule. Ses trottoirs encombrés. Ses ruelles désertées.

J’aime Paris, le matin au réveil, quand les premiers passants flânent, quand les cafés ouvrent tout juste leurs portes, accueillant avec le sourire les buveurs de café ou de chocolat au lait.

J’aime Paris, la nuit, Paris qui ne dort presque jamais, Paris qui offre ses monuments illuminés aux touristes et aux habitués, toujours passionnés.

J’aime Paris, ses secrets, ses nouveautés, ses illusions, ses soupirs, ses souvenirs, ses amoureux transis, ses baisers, son audace, ses mélodrames aussi.

J’aime Paris, son cœur qui vibre, qui vit, sa beauté singulière, sa vérité nue, son atmosphère tantôt surchargée, tantôt apaisante.

J’aime déambuler dans les rues de Paris, sans savoir où je vais, tournant à droite, à gauche, découvrant des coins charmants, d’autres plus inquiétants, mais n’abandonnant jamais ma marche, certaine de faire d’autres découvertes intéressantes, enrichissantes.

Place aux photos, celles de ma dernière promenade dans Paris, appareil-photo en bandoulière et les yeux grands-ouverts, le cœur en alerte…

PicMonkey Collage CrémieuxTout d’abord, la rue Crémieux et ses maisons de toutes les couleurs, qui donnent envie de prendre un bain de soleil, de voir le printemps arrivé pour revenir et s’asseoir à même le trottoir, en sirotant une grenadine.

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C’est quoi au juste le harcèlement ? – Mon histoire

Le dictionnaire définit le harcèlement comme étant un enchaînement d’agissements hostiles dont la répétition affaiblit psychologiquement l’individu qui en est la victime.

J’écris cet article pour partager mon expérience du harcèlement. Merci de bien vouloir noter avant de lire ces lignes, que je ne cherche ni à me plaindre, ni à me faire plaindre, ni à ce qu’on me dise qu’il est grand temps pour moi de tourner la page. Je l’ai tournée, c’est bien pour ça que je peux en parler aujourd’hui, dans les faits, sans états d’âme.

Mon mariage est le fruit d’un harcèlement qui aura duré près de deux ans. J’ai rencontré Roger en mars 2009. Il m’a parlé de mariage 1 mois après notre rencontre. Une évocation comme ça, pour justifier le fait qu’il ne pouvait pas être vu en ma compagnie, s’il croisait des amis. Le sujet du mariage est revenu sur le tapis 1 mois après. Cette fois-ci, c’était pour une histoire de religion.

J’ai dit ce que j’en pensais. J’avais des idées bien arrêtées à l’époque sur le mariage et il s’agissait pour moi d’un engagement important et sérieux, qui demandait un minimum de préparation et qui impliquait que les deux personnes se connaissent bien et sachent à quoi elles s’engageaient. J’avais osé aller à l’encontre des idées de Roger. C’est à partir de là que tout s’est compliqué.

Il a d’abord joué le jeu de la victime. J’étais son bourreau, incapable de voir combien il m’aimait et combien pour lui c’était important de se marier, de légaliser une union qui allait à l’encontre de ce que sa religion lui disait de faire.

Un mois après cette première « dispute », Roger voulait que j’emménage avec lui et qu’on se marie. Ce n’était plus une demande, c’était une décision, à laquelle je n’avais pas pris part.

Devant mon refus, il a commencé son numéro de jongleur professionnel, alternant silence et gentillesse, attention et indifférence. Si bien qu’en aout 2009, à peine 6 mois après notre rencontre, je ne savais plus où j’en étais. Il avait trouvé la faille. L’idée même de pouvoir lui faire du mal par mes agissements et mon refus de l’épouser me retournaient le ventre.

J’étais prise au piège. Jour après jour, il a tissé sa toile autour de moi, pour m’empêcher de pouvoir réfléchir posément, pour annihiler mon esprit, amenuiser mon énergie. Tout ce que je disais se retournait contre moi. Tout ce que je ne disais pas était interprété de façon négative. Il avait toutes les clés en main pour me faire plier. J’étais devenu un pantin. Je ne me reconnaissais plus. Entre ses cris et ses excès de gentillesse, j’étais paumée.

Je n’arrivais ni à le détester ni à véritablement l’aimer. Il me disait être prêt à me laisser le temps de décider et me lançait des ultimatums une semaine après. Et surtout il n’écoutait jamais mes doutes, mes angoisses. Il ne voulait pas comprendre pourquoi je ne voulais pas encore me marier, pourquoi je ne me sentais pas prête. Il jouait avec mes sentiments, me prouvant toujours pas A + B que si je ne me mariais pas c’est que je ne l’aimais pas, alors même que lui m’aimait comme un fou.

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Et puis, un jour il est passé à la vitesse supérieure. Il a commencé à me menacer de me quitter, à me dire des choses et à les nier quand je lui rappelais ses dires. Il a commencé à utiliser mon corps comme sa propriété, m’accusant de ne chercher que ça, de n’être qu’une fille facile (par opposition avec une fille bien, qui elle aurait depuis longtemps choisi le mariage, pour ne pas vivre dans le péché), donc faite pour assouvir ses moindres désirs.

Quand je croyais qu’il lâchait prise, quand je respirais enfin, me disant que le plus dur était passé, j’étais certaine de me ramasser quelques jours après. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce en quoi je croyais. Je n’avais qu’une certitude, c’est que nos différences étaient trop grandes pour qu’un mariage produise du positif mais je ne savais pas comment me sortir de la situation dans laquelle j’étais. Plus d’une fois, j’avais voulu prendre mes distances, plus d’une fois il avait joué la carte du mauvais homme, qui n’attendait que moi pour que je le remette sur le droit chemin. Je croyais m’en sortir et je replongeais, tandis qu’il prenait un malin plaisir à me maintenir la tête hors de l’eau. Quand j’étouffais, il me prenait dans ses bras. Le lendemain, il m’ignorait.

Je devenais folle.

J’ai donc finis par dire oui, sans y croire une seconde. La lune de miel a duré quelques semaines. Et puis tout a recommencé de plus belle. Tout était prétexte à me rabaisser, à m’intimider, à minimiser mes désirs, à me négliger.

J’ai compris beaucoup plus tard qu’il s’agissait de harcèlement. J’ai compris quand je suis sortie de la dépendance affective dans laquelle je me trouvais, quand j’ai réussi à le quitter, à force de travail sur moi, quand j’ai commencé à me retrouver. Le harcèlement se fait en douce et assujetti une personne, avant que celle-ci ait pu comprendre ce qu’il lui arrivait. Je voulais écrire ces mots pour dire qu’au moindre doute, il ne faut pas hésiter à se faire aider. Il faut surtout arrêter de se dire « ce n’est pas grave », car en disant ça, on signe presque son arrêt de mort. Ce qu’on a laissé passer une fois, on laissera couler une seconde et on se perdra à la troisième tentative d’intimidation.

Parlons-en, témoignons, ne laissons pas le harcèlement gagner du terrain. Car c’est un mal qui ronge, qui affaiblit et laisse des cicatrices invisibles mais réelles dans l’esprit des hommes, des femmes et des enfants qui en sont les victimes. A vous la parole. Laissez les mots sortir si vous en avez besoin. Partagez vos expériences, vos maux, vos souffrances ou encore vos victoires…

Instantanés Singuliers # 2

Vous avez été très nombreux à répondre présents au premier RDV des Instantanés Singuliers. Je vous remercie et espère que le thème de cette semaine vous inspirera autant.

Les règles sont très simples. Vous avez jusqu’au 5 mars pour présenter votre/vos photo(s) (qui doit être personnelle), accompagnée ou non d’un texte, de quelques mots, d’une pensée.

Place au nouveau thème ! Je sais que vous l’attendez tous, c’est pourquoi je ne vais pas vous faire languir davantage. Je le mijote depuis quelques jours et bien entendu j’espère qu’il vous plaira.

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Je m’explique, car je sens déjà que certains se disent « je passe mon tour, ce n’est pas un thème pour moi ». Attendez quelques instants avant de partir vous dorer la pilule…

L’idée derrière ce thème, c’est pour vous de photographier la partie de votre corps que vous aimez le plus ou un détail de votre corps que vous souhaitez mettre en avant, un profil que vous trouvez attirant ou un accessoire qui vous met en valeur. Un peu de vous en quelque sorte, mais sans exposer ni votre corps entier, ni votre visage. Cela vous donnera également une bonne occasion de vous regarder avec indulgence !

A vos appareils photos. Chacun à votre manière, épatez-moi, comme vous savez si bien le faire !

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Qu’est-ce que j’y connais à l’amour ?

Pas l’amour de bazar, l’amour, le vrai, celui qui te renverse, te bouleverse et surtout te pousse en avant, t’aide à te sentir toi-même, te donne des ailes. L’amour, le vrai, celui qui partage, qui comprend, qui soulage, qui épaule, qui prend ta main, qui pardonne, qui encourage, l’amour généreux, transparent, tolérant et juste.

Mes histoires d’amour ont toutes été des désastres ambulants. Mais combien d’histoires d’amour ai-je vraiment connu ?

Si je cherche bien, une, une seule, une partagée. Parce que le reste, ça n’en valait pas la peine. Tu voudrais sûrement que je te dise que ma plus belle histoire c’est celle qui a vu naître un petit escargot le jour de la St Valentin il y a deux ans. Mais non. Une vraie histoire d’amour ne trouve pas ses racines dans le mensonge, ni dans la manipulation, le harcèlement.

Les premiers émois ont laissé un goût amer. J’ai été désirée à défaut d’avoir été aimée. Dans ma vie il y a deux types d’hommes, ceux qui disent « je t’aime » sans conviction et ceux qui ne disent rien par peur de dire « je t’aime ».

Suis-je la meilleure conseillère en matière d’amour. Ai-je assez de cartes en main pour donner mon avis. Ne serai-je pas plutôt de celles qui risquent de dire « casse-toi, il ne te mérite pas », blessant une âme en peine, sans le vouloir.

masaism.tumblr.com

masaism.tumblr.com

Revenons à l’unique histoire d’amour de ma vie. Elle n’a pas été de tout repos mais elle a eu le mérité d’être belle, de m’avoir laissée de beaux souvenirs, que j’aime évoquer encore aujourd’hui, par nostalgie sûrement. Elle m’a terrassée aussi. Sa rupture silencieuse m’a emportée loin de moi, de tout ce en quoi je croyais, de tout ce en quoi j’espérais. J’ai cru que je ne m’en remettrai jamais. Il faut dire que j’avais la certitude qu’il était l’homme de ma vie, je l’avais lu dans ses yeux, le soir où je l’avais rencontré.

J’ai griffonné des centaines de pages blanches, j’ai sorti mes tripes sur le papier, pour me libérer de l’angoisse et du chagrin qui avaient pris leur place à l’intérieur de mon corps, qui avaient liquidé toutes mes forces, tous mes espoirs. J’ai cru qu’il allait revenir sur sa décision, qu’il allait enfin me dire ces mots qui lui brûlaient la langue, qu’il allait sortir de sa coquille pour m’affronter, qu’il allait me dire en face, les yeux dans les yeux, qu’il ne m’aimait plus. Il ne l’a pas fait et j’ai vécu les années qui ont suivi avec un point d’interrogation en suspension au-dessus de mon cœur, point qui faisait fuir les soupirants d’un soir.

Je lui en ai voulu et le jour où j’ai appris qu’il avait refait sa vie, j’ai pleuré, j’ai tellement pleuré que mes yeux se sont fermés de fatigue. J’ai voulu lui écrire, sortir ma rage, ma colère, mon indignation. Et puis je n’ai jamais envoyé la lettre. Elle repose sur une clé USB, à l’abri du temps et de nos souvenirs douloureux.

Alors aujourd’hui, quand une amie vient me voir pour me demander conseil, j’aurai presque envie d’obtenir l’adresse de l’homme qui la fait tant souffrir. J’aimerai lui dire en face que ça ne sert à rien de cacher ses sentiments, qu’un jour on se marie avec un type ou une nana qui mérite mieux, ou qui ne nous mérite pas, qu’on passe sa vie à rechercher les bribes des souvenirs heureux, qu’on vit avec des regrets qui ne s’apaiseront jamais.

Ou alors, qu’il ne faut pas profiter de l’autre, lui faire perdre son temps, l’utiliser parce qu’on ne sait pas faire des choix, on ne sait pas dire stop et arrêter, tourner la page et rendre à l’autre sa liberté pour de bon.

Je n’y connais pas grand-chose à l’amour. Les hommes de ma vie ne m’ont pas aidés à y croire, pour moi surtout (pour les autres, c’est plus facile !). S’il n’y a qu’une chose qui vaille, c’est « écoute ton cœur », mais écoute le vraiment, car parfois se séparer est la plus belle chance de notre vie (et j’en connais un rayon sur le sujet !)

 

Instantanés Singuliers – La Couleur de vos ciels…

Pour cette première édition, vous avez été nombreux à répondre présent! Mille merci!

J’ai pris un peu de retard, que je rattrape doucement.

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Voici sans plus attendre la liste des participants…

Bloody Anna

Fedora

Petit Gris (Paulette)

Petite Yaye

Corinne

La Miss Tamara

Emilie

Sophia

Delphine

Dhelicat 

Bernard

Catwoman

Marie-France

Marie Bleu Lavande

Céline

Meghan

Nathalie (Ptite Fée)

Escapades Amoureuses

Miss Fujii

Onee

Linette

Bibliophile

Il n’a guère été aisé de choisir une photo parmi tous les beaux ciels que vous m’avez présentés. Mais bon c’est la règle du jeu, donc voici mon coup de coeur!

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Et ma photo:

Le ciel que je préfère c’est celui du matin, du jour qui se lève, chargé de promesses. Les couleurs sont toujours époustouflantes…

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RDV samedi pour le nouveau thème.

Timbuktu, le chef d’œuvre engagé d’Abderrahmane Sissako

Il y a des films qui nous font rire, d’autres qui nous troublent, certains qui nous éblouissent quand d’autres nous bousculent. Et puis il en existe qui nous font trembler, qui nous font vibrer ou qui nous donnent envie d’entrer en résistance.

Timbuktu, éblouissant de sagesse, de beauté, d’énergie, de poésie. Et en même temps si cruel et si poignant. Le désert s’étend sous nos yeux, dévoilant ses dunes de sable couleur or, que les hommes voudraient presque pouvoir dompter.

Face à la folie de ceux qui veulent imposer leur loi, se dressent les femmes, fières, fortes, à jamais insondables. Ce film rend hommage à leur détermination, leur refus de se voir imposer un mode de vie, une façon d’être, qui ne leur convient pas. Il rend aussi hommage à la famille, à l’importance du pardon, à l’amour qui ne se dit pas mais se découvre dans un regard, à l’harmonie possible entre les hommes.

Les chants s’élèvent comme autant de cris face à l’oppression, de ceux qui tirent, qui fouettent et lapident, qui jugent selon une loi que les croyants ne connaissent pas.

Timbuktu est un acte courageux dans un monde gangrené par l’extrémisme religieux. Dans le film, les djihadistes sont montrés comme des pantins, des hommes parfois trahis par leurs propres désirs. Si on ne doit pas sous-estimer leur poids ni leur danger, le film nous invite à ne pas baisser les bras face à eux, mais à rester droits et dignes.

Ce film va émue, m’a bouleversée et m’a ouvert les yeux sur ces actes que l’on pose, que l’on met bout à bout et qui constituent nos vies, éphémères et fragiles. C’est certainement la première fois que j’ai détourné mon regard, d’effroi devant ces horreurs perpétrées, me demandant même comment ces hommes osaient se présenter devant Dieu.

Si il n’y a qu’un Djihad à retenir, c’est bien celui que nous devons mener à l’intérieur de nous même, pour devenir meilleurs.

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L’avez-vous vu? Qu’en avez-vous pensé? Ce film a t-il changé votre regard sur le monde?

Swap “Fait Main” – Un succès!

Si vous vous souvenez bien, mi-décembre j’avais lancé l’idée d’un “swap fait main”. Tout s’est un peu bousculé entre fin 2014 et début 2015. Mais je n’ai pas laissé l’idée filer et elles ont aussi été nombreuses à répondre positivement à l’appel.

Les délais ont été allongés. Et si j’en crois tous les mails reçus, je peux dire que tous les colis sont partis et sont ou seront prochainement réceptionnés par les swappées/swappeuses!

J’ai reçu le mien il y a quelques semaines déjà et j’ai attendu un samedi matin pour découvrir les merveilles qu’il contenait. L’escargot a pris grand plaisir à déballer tous les trésors et été heureux de découvrir qu’il y avait un présent pour lui, un joli tigre, qu’il a cajolé, avant de le présenter au reste de la famille et de lui trouver une place de choix dans sa chambre.

J’ai pu ensuite me concentrer sur le reste. De jolies choses en crochet, une pochette, un sac et une boule décorative!

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Il y avait également une adorable carte et un CD avec tout plein de nouveautés pour moi et d’artistes que j’apprécie aussi.

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Le colis nous a touché. Il faut dire que nous avons été TRES gâtés. Et par qui? Par un Kiwi (Un Kiwi en Bretagne) que j’ai connu il y a longtemps quand elle était encore un poisson, heureuse propriétaire d’un congélateur, dans lequel on aimait se blottir pour papoter.

D’expérience en expérience, je trouve toujours autant de plaisir à faire et recevoir des swaps. C’est vraiment un bel échange.

Je me répète mais merci à toutes pour votre enthousiasme, votre générosité, vous qui n’aviez peut-être pas la fibre manuelle mais qui avez rempli votre mission avec le sourire. Et merci à Miss Kiwi, pour tous ces trésors qui font désormais partie de notre quotidien, et l’embellissent.

Le billet de Catwoman

Le Billet de Linette

Si nous avions été plus intelligents, tu aurais été plus heureux…

Avant de faire moi-même mon entrée fracassante dans la cour des postulantes au divorce, j’avais des idées toutes faites sur les couples, avec enfants, qui se séparaient. Le divorce pour moi ne devait en aucun cas remettre en cause les liens qui unissaient l’enfant avec l’un ou l’autre de ses parents. C’était une évidence. Pour divorcer, il fallait être intelligent et faire des compromis pour que son enfant ne souffre pas inutilement.

Oui mais…

Mes grandes illusions, sur la façon dont moi, l’époustouflante Marie Kléber, j’allais gérer les choses, se sont cognées la tête contre le mur menaçant qui s’est dressé devant moi, quand j’ai osé demander le divorce.

La guerre était déclarée. Et mon enfant était désormais au centre d’un conflit qui n’était pas le sien. J’avais beau l’aimer de toutes mes forces, il se trouvait en terrain miné, et je ne pouvais rien faire pour lever la menace imminente qui pesait sur lui.

J’ai compris qu’être intelligent ne changeait rien à la donne. L’essentiel était au fond d’être humain. Mais pour que ça fonctionne vraiment, il fallait que les deux mettent de côté leurs différents d’ex-couple et se concentrent sur l’enfant, unique héritier de la force de leur amour passé.

Oui mais…

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En grande naïve devant l’éternel que je suis, j’avais pensé que mes efforts suffiraient à entraîner l’ex à mes côtés, à lui faire changer d’avis sur pas mal de choses, pour le bien-être de notre enfant. Une fois de plus mes certitudes se sont fracassées contre le mur de silence et de mépris qu’il avait commencé à construire du temps de notre mariage. Pierre après pierre, il se coupait de moi, de nous, me reprochant de ne faire aucun pas vers lui.

A chaque bataille de gagnée, j’en perdais une autre. J’avançais pour mieux reculer, jusqu’au jour où j’ai avancé plus vite que lui, mettant un terme à la longue série de compromis, qui n’avait fait qu’emprisonner mon enfant dans un sas de non-dits.

J’ai compris qu’être humain ne suffisait pas quand l’autre ne lâche rien, quand il persiste dans sa folie, dans son envie de détruire. On ne change pas quelqu’un contre son gré, j’y croyais un peu sans en être totalement certaine. Je l’ai désormais intégré, accepté.

Comme on est deux dans un mariage, il faut être deux dans un divorce, pour que celui-ci ne se transforme pas en véritable guerre froide.

Si nous avions été plus intelligents, non, si nous nous étions vraiment aimé, si nous t’avions vraiment aimé, plus que tout, plus que nous et nos ego surdimensionnés, alors peut-être que nous t’aurions au moins épargné le sort de ces milliers d’enfants, dernière monnaie d’échange entre deux vies contrariées, entre son honneur sali et mon idéalisme amputé.