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Sensibilisation Violences Conjugales #6

La fin d’une relation, quelle qu’elle soit, implique un deuil. Et comme tout être humain normalement constitué, on en vient à bout, chacun à sa manière, chacun à son rythme. Dans un couple où la violence prédomine, le deuil se fait mais il est bien différent. Et je crois qu’il est plus que temps qu’on arrête de nous seriner à longueur de journée, que ce n’est qu’une question de volonté.

A votre avis, quelle est véritablement la part de liberté d’une personne, quand son être a été sous emprise pendant 6 mois, 2 ans, 10 ans, 25 ans?

Le cerveau d’une victime de violence est conditionné. La séparation n’agit pas comme une baguette magique et ne lui rend donc pas toutes ses facultés d’analyse et de raisonnement du jour au lendemain. Elle était en sursis pendant sa relation et elle l’est tout autant après. La violence a laissé des traces, certes invisibles, des traumatismes avec lesquels elle doit composer, tout en tentant de reprendre le contrôle de sa vie.

Son deuil, comme tous les deuils, sera fait de hauts et de bas, de beaucoup de bas parce que dans l’élan de son départ, elle n’a pas pensé à un éventuel jugement, une confrontation, aux dossiers sans fin qu’il faudra remplir pour dénoncer le mal qui lui a été fait, aux efforts qu’il faudra qu’elle déploie pour assumer le quotidien avec un esprit embrouillé qui est capable de lui murmurer que c’est peut-être elle qui a tout inventé. Elle n’a pas pensé que peut-être sa parole et ses droits seraient remis en question, qu’il lui faudrait revoir son agresseur, faire face à son excès de gentillesse ou à sa fureur. Et heureusement, sinon elle n’aurait pas fait ce pas libérateur.

Arrêtons de lui dire qu’il est temps de passer à autre chose, que son conjoint ne mérite pas qu’elle en bave autant, qu’il faut regarder le bon côté des choses. Elle ne rêve que de ça. Mais sa réalité est bien plus floue et complexe, tiraillée entre colère, tristesse, culpabilité, pitié (et l’autre ne va pas lésiner sur cet aspect là, c’est son arme la plus redoutable), envers l’autre et pire envers elle.

Face à un tel traumatisme, seule une aide psychologique lui permettra de refaire surface. Mais une écoute attentive peut être aussi très efficace, si elle n’est conditionnée par aucun jugement, ni limitée par aucun cliché. Etre écouté c’est aussi être entendu dans sa souffrance à l’instant T. Et ce n’est pas négligeable pour une personne qui a été beaucoup dévalorisée, dénigrée et mise de côté.

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Sensibilisation Violences Conjugales #5

Au chapitre des violences, on en distingue plusieurs: la violence physique (la plus visible), la violence économique, sexuelle, morale, psychologique, dans certains cas la violence religieuse…

Les coups font mal, les mots font mal et le silence tout autant. Quand je parle de silence, je ne parle pas des quelques minutes ou parfois quelques heures pendant lesquelles deux personnes en conflit ne se parlent pas et boudent dans leur coin, ni du silence consenti entre deux conjoints qui ne souhaitent plus communiquer, ni du silence comme moyen de se protéger face à des personnalités toxiques et dangereuses (cette forme de silence est celle qui est préconisée aux individus qui fuient une relation d’emprise, de violence)

Je parle du silence qui s’impose pour une raison obscure, le silence comme punition parce qu’on a un peu trop souri au voisin de palier ou demander de baisser le son de la télévision au mauvais moment ou oublié de changer les draps, le silence méprisant qui écarte, met de côté, va jusqu’à nier l’existence, la réalité d’une personne.

Je parle du silence qui dure au-delà de quelques heures, qui peut atteindre des jours voir des semaines.

Je parle du silence qui renvoi une personne à l’état d’objet et encore un objet on en prendrait un peu plus soin, un silence oppressant qui vient grignoter tout ce qu’il peut rester d’humanité dans un corps, un silence qui porte atteinte à la dignité.

Je parle du silence qui creuse le lit de la peur à l’intérieur, peur du bruit dans la serrure, peur d’un regard, peur de l’assiette qui tombe par terre, peur de la nuit et des corps qui se rapprochent.

Je parle du silence comme un mur – les mots flottent et se cognent, les maux grandissent. Un silence comme un coup de poing à chaque tentative de dialogue. Un silence qui amplifie une crise.

Je parle d’un silence froid, inquiétant, que rient ne semble pouvoir briser, le silence qui quitte la pièce dans laquelle vous êtes, qui vous ignore dans la rue, qui refuse tout contact, qui prend ce qu’il a à prendre, qui vous tue à petit feu, sans que personne ne se rende compte de rien.

Le silence est un fléau, une violence sourde et muette, qui abîme l’intérieur des êtres et les pousse au bord de l’abîme.

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Sensibilisation Violences Conjugales #4

Encore un cliché à déconstruire qui voudrait que la victime soit responsable, qu’elle soit la cause de la violence. La culpabilité des victimes de violence est grande et à de nombreuses reprises, la personne se dit que “si” oui si elle n’avait pas dit telle ou telle chose, si elle n’avait pas oublié le beurre, si elle n’avait pas parlé au voisin de palier, si elle avait fait comme si de rien n’était…

Alors finalement les bourreaux ne seraient que des victimes et aux victimes d’endosser le costume de ceux qui dans le silence anéantissent leurs rêves et leurs vies. N’échangeons pas les rôles, s’il vous plait.

Il y a les “si” des autres, ceux qui ne savent pas, qui n’imaginent pas, qui se disent finalement que la violence c’est pas plus grave que ça. Puis il y a les “si” de celles et ceux qui voudraient comprendre pourquoi. Pourquoi encore les mots, pourquoi encore les coups, pourquoi encore le mépris, pourquoi encore les menaces et les cris. Pourquoi les “putain mais combien de fois il faudra que je te le dise” ou “la prochaine fois je te brise.”

Et puis il y a tous les gourous du bien être, les psychologues amateurs, les lecteurs avides de bouquins de développement personnel qui te prouvent par A + B que quelque part tu l’as cherché, que tu as ta part de responsabilité dans cette dérive, que c’est peut-être même ta plus grande chance finalement. Que c’est à toi de chercher, de mettre le doigt sur le pourquoi de cette emprise, de sortir de ta case de victime, de sauveur, de bourreau, de quitter le triangle dramatique pour retrouver ton empreinte, ton estime. Il n’y a pas que du faux dans toutes ces théories, mais le processus de guérison ne peut pas se faire quand la personne est sous emprise, quand elle a les deux pieds dans une réalité qui la dépasse.

Aller dire à une victime qu’elle est responsable de sa situation, c’est ajouter une dose de violence à la violence qu’elle vit au quotidien. C’est lui porter un coup fatal. C’est anéantir sa voix. C’est se faire complice. La victime a besoin d’être écoutée, entendue, elle a besoin de pouvoir se confier sans qu’on lui serve ce charabia qui ne fait aucun sens pour elle ou qui la conforte dans l’idée que c’est elle la coupable dans cette histoire. Elle va repartir avec ses “si” sans se rendre compte qu’au final toutes ses remises en question ne changeront rien car il y aura toujours un petit truc qui déclenchera à nouveau la violence. C’est un cercle vicieux infernal!

Je crois qu’il faut arrêter aussi de trouver des excuses à celles et ceux qui harcèlent, menacent, frappent, détruisent l’autre à petit feu. Il faut que la société, la justice fasse son travail, de protéger les victimes et de condamner leurs bourreaux.

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Sensibilisation Violences Conjugales #3

N’as tu jamais entendu cette phrase “ils/elles menacent mais ne passent pas à l’acte”. Un cliché de plus! Si c’était vrai, ça se saurait, nous ne serions pas les spectateurs horrifiés de féminicides (et homicides) dont le chiffre ne cesse de nous filer des sueurs froides.

Je pense que les gens qui disent ça ne se sont jamais non plus retrouvés dans des situations si dangereuses qu’en un quart de seconde tu vois ta vie défiler et tu t’attends à ce que l’autre te bousille, au sens littéral du terme.

Une menace est une réalité. Que ce soit une menace de mort, une menace de te priver de quelque chose, de détruire ta vie, de te prendre tes enfants et j’en passe. Oui je sais au commissariat de police, on te rit souvent au nez, c’est presque toi qui passe pour la folle de service. “Et puis, c’est vrai quoi, sur le coup de la colère, on dit des trucs un peu barrés. Mais il faut pas s’inquiéter ma petite dame, ça va aller. Allez voir un psy ça vous aidera à mieux comprendre votre conjoint, regardez il a l’air complètement perdu sans vous.”

Sauf que non, ça ne va pas. La menace, je le répète, est une réalité qui doit être prise en compte. Il faut écouter les femmes et les hommes qui la subissent et doivent vivre jour après jour avec ce risque au dessus de leur tête, quand ils sont chez eux, au bureau, quand ils sont dans la rue, quand ils déposent leurs enfants à l’école, quand ils se croient protégés et qu’ils ne le sont pas.

Ces mots jugés soi-disant sans importance conduisent des hommes et des femmes au suicide et tuent physiquement, moralement, psychologiquement des milliers d’individus chaque année, en toute impunité.

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Sensibilisation Violences Conjugales #2

On entend souvent la phrase “A la première claque, il faut partir”. Si c’était aussi simple ça se saurait!

Qui a réellement envie de se prendre des coups? Personne.

Le premier acte de violence physique n’arrive pas par hasard. Le terrain a été préparé pour qu’il passe presque comme une lettre à la poste. Sinon bien sûr, il n’y aurait pas de victimes de violence.

Parfois la violence physique arrive assez rapidement dans la relation et parfois elle met plusieurs années. La personne face à la violence n’a souvent pas de clé, elle est sous emprise, elle est fatiguée, elle vit sous tension la majeur partie du temps. Elle est en sursis et elle tente, à bout de souffle, de maintenir sa vie à flot.

Imaginez un instant vivre dans une peur constante, le jour, la nuit, faire attention à tout, dans les moindres détails, à vos mots, vos gestes, vos silences, vos mimiques. Imaginez et vous aurez déjà une toute petite idée de ce que peut vivre une victime de violence conjugale…

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La fin de la lignée

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Serai-je enfin tombée de mon piédestal, celui sur lequel on m’a posée bien avant ma naissance, sans raison aucune, juste parce que j’étais la première?

Portée aux nues par mes grands-parents, comme un trophée, j’allais et venais, toute incartade sanctionnée en douceur, toute rébellion passée sous silence. Mon grand-père a aimé ce qu’il n’a trouvé en personne d’autre, englué dans un mariage désastreux, dans une paternité dressée sur la violence. Ma grand-mère m’a aimée pour blesser ma mère, elle a fait de moi l’héritière de sa lignée chaotique et de son présent torturé.

Dans tout ce que j’ai entrepris, qui a fait flanché l’ordre préétabli, j’ai cru réussir à sortir de cet emprisonnement. En vain. Rien ne semblait pouvoir venir à bout de cet amour malsain, dont j’ai eu la primeur.

Au creux des vertiges qui m’ont tenue éloignée des miens, elle n’a eu de cesse que de prendre mon parti, créant des vagues gigantesques et semant le doute dans le cœur des uns et des autres. Quand tous me demandaient de freiner, elle m’encourageait à accélérer. Quand je pleurais, elle leur faisait porter le poids d’un hypothétique drame. Je l’ai cru sincère avant de la vomir par tous les pores de ma peau de chagrin – celui d’avoir adoré un mensonge et de m’être perdue dans les toiles de ses sempiternelles injonctions, dans le labyrinthe nauséabond de ce qu’elle ose nommer générosité. Alors qu’elle n’a eu de cesse que de blesser ceux qui pour elle avaient des sentiments honnêtes.

Il aura suffit d’une réponse maladroite, d’une opposition sur une question simple, pour que je regagne la terre ferme, le clan de ceux qui ne méritent pas un regard. Les mots ont fusé comme de la lave. Je sais qu’elle est désormais à deux doigts de ne plus vouloir me voir, pour un simple différent électoral. Mais à la fin de sa vie de misère orchestrée, a t-elle encore le choix?

Quarante et un ans pour redevenir ce que j’ai toujours été, avant qu’on ne décide de me manipuler comme une vulgaire poupée. Avec pour seul objectif: détruire.

Le jeu enfin s’arrête ici.

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Sensibilisation Violences Conjugales #1

Je parle avec des gens et je me rends compte que beaucoup ont encore énormément de préjugés sur les violences. Pourquoi se focaliser sur les violences conjugales?

1- Parce qu’elles sont pernicieuses, elles de déroulent au sein du foyer (territoire jugé intime) et elles sont aussi souvent invisibles à l’œil nu.

2- Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur & que mes amies qui travaillent auprès des victimes m’encouragent à le faire.

3- Parce qu’elles touchent les femmes, les hommes et les enfants (et qu’on les oublie souvent)

4- Parce que nous en sommes déjà à 24 victimes de féminicides depuis de début de l’année.

5- Parce que nous sommes tous concernés et que le silence fait plus de dégâts qu’on ne peut le penser.

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Se rassurer en chemin

Ca évolue en toile de fond. Je lui dis que ce n’est qu’un point noir, un tout petit point, petit pois. Je lui dis pour le rassurer, essayer au moins, pour me rassurer aussi. De tout ce que j’ai vécu, c’est peut-être cette étape là la plus difficile, entendre sa souffrance, sa colère, écouter ses peurs et ne rien pouvoir y faire. Juste être là et accueillir. Juste être là et tenter à ma manière de l’apaiser. Savoir que je ne peux rien panser ni réparer.

Un petit point, de loin, pendant 6 ans. Et qui revient, qui réclame son dû, ses droits, enfin ce qu’il pense être à lui. Les années passent vite mais elles restent nombreuses, je les compte presque pour me rassurer encore un peu – je ne fais que ça, comme une amie bienveillante, une épaule qui pourrait porter mon fardeau sur une partie du chemin. Je ne fais que respirer au présent pour chasser le “et si” qui s’insinue.

Si il faut repartir au combat, j’irai bien sûr, je serai la première à défendre ses intérêts, dans les tribunaux et les cabinets d’avocat, je lâcherai la vérité sans état d’âme. Je serai celle qui ne néglige rien et qui résiste à toutes ces belles paroles qui se distillent comme un venin. Je serai dans le franc et le sans fard.

Je tente de ne pas y penser, de laisser le temps faire et défaire les pensées qui bloquent parfois encore ma respiration, je tente d’être dans le présent, ce temps là nous appartient pleinement. Et dans ce temps il n’est pas, juste un point noir quelque part. Un point comme ce qu’il est, une particule de rien.

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Pas de l’amour

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Ce n’était pas de l’amour.

Non ce n’était pas de l’amour, à aucun moment. C’était une histoire, une relation, quelque chose de ce goût là. Mais pas de l’amour.

Ce n’était même pas du mauvais amour, de celui qui ne sait pas, pas dire, pas s’exprimer, de celui qui se planque derrière des émotions compliquées à gérer.

C’était un deal, une prise de pouvoir, un compte a régler avec l’injustice du monde, l’achat d’une liberté, une revanche sur le passé.

Et même après un mariage, un bébé. C’était pour faire comme les autres. Pour pouvoir dire MA femme, MON enfant. Pour pouvoir coller au modèle, pour plaire à Dieu, aux lois d’une religion, aux codes d’un pays. Pour dire “maintenant tu ne peux plus partir”.

C’était une histoire de papiers, qu’on le veuille ou non, une histoire comme un cliché de plus, un cliché qui s’incruste et vient piller ce qu’il reste de possibles. Un fait divers qu’on lit par habitude et devant lequel on se dit “je le savais!”

Une histoire comme tant d’autres, avortée avant d’avoir commencée, une histoire de mots balancés, très vite, trop vite, comme une menace, un silence de plomb avant le massacre.

C’est toujours difficile à croire, à comprendre. Comme ces parents qui n’aiment pas leurs enfants, comme ces frères et sœurs qui se détestent, comme ces épouses et ces maris qui tuent, comme la folie qui enchaine.

Ce n’était pas de la haine non plus, je ne sais pas ce que c’était au final. C’était une manière de faire, de vivre, une façon de racheter ses fautes, une illusion, un mirage. Une idée un peu particulière du couple. Sans partage, sans échange, sans sentiment, sans envie.

Ce n’était rien d’autre qu’une relation sans âme, pour se fondre dans le monde, faire et être comme les autres. Rien qu’un désir de gamin, enfant roi, qui veut donc qui a.

Ce n’était pas de l’amour.

Et c’est ce qui nous a sauvé.

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Sortir la Colère

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J’ai tourné un peu autour du sujet, j’ai trouvé plein de prétextes. J’avais l’impression que j’avais tout dit, tout écrit. Et puis j’ai craché la peur. Je ne m’en cache pas. Et puis j’ai dit la colère. Finalement, c’est encore là, bien caché, ça existe encore.

En le disant j’ai même compris que ce serait toujours là, quelque part. Les souvenirs s’atténuent, la colère s’apaise, la peur ne me paralyse plus. Ca reviendra par vague, par moments, comme un rappel de ce que j’ai vécu, de ce que j’ai dépassé, de ce que j’ai trouvé de force en moi, de ce qu’il y a de faiblesse aussi.

J’ai posé les mots, les mots qu’hier je retenais prisonniers, comme pour exorciser la douleur, pour raser de la surface de la terre ces quelques années de violence. J’ai cru encore être sous cette emprise féroce, mais non, c’est juste un costume que je porte parfois, celui de cette petite femme fragile, abasourdie par le chaos, déracinée, dont le cœur a explosé en mille morceaux, que son corps ne porte plus.

J’ai lâché la colère et j’ai admis qu’il n’y aurait peut-être pas de pardon. Elle m’a dit que ce n’était pas nécessaire et j’ai laisser les conseils des autres s’évanouir dans l’air. J’ai fini par pardonner d’autres situations, alors peut-être que le temps. Ou pas. J’ai d’autres choses à construire.

J’ai dit l’intérieur de moi, plus facilement qu’hier et c’est déjà un grand pas. C’est un peu l’histoire de ma vie, m’estimer, m’affirmer, m’exprimer. Je vais laisser la colère sortir, pas à pas. A mon rythme. Je vais l’accepter aussi, ce n’est pas toujours facile! Je vais l’accueillir comme il se doit, elle a tous les droits d’être là.

Un chantier qui se termine. Le prochain je le pressens mais je le laisse en jachère. J’ai besoin de repos, un peu moins de questions, un peu plus de souffle, comme à la fin d’une course. Il sera toujours temps de s’y coller un jour. Un jour…

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Couple: Attention Danger!

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Ecrire sur le sujet, j’avais donné. Je m’étais même dit que je pouvais tourner la page, de toute façon si les expériences des uns servaient aux autres, ça se saurait et le monde serait plus beau et moins cruel que ce qu’il est. Toutefois je ne peux pas oublier que l’expérience d’une femme est ce qui m’a en partie sauver la vie. Alors, que faire?

En en discutant avec ma sophrologue lors de notre dernière séance, je me suis rendue compte que de toute manière, que je le veuille ou non, cette expérience (comme les autres d’ailleurs) faisait partie intégrante de ma vie, que je pouvais la reléguer au fond d’un placard si je le souhaitais en me disant que je l’avais dépassée, qu’elle resterait ce qu’elle est et qu’elle pourrait potentiellement se rappeler à moi de temps en temps.

Alors, voilà, j’écrirai encore, de temps en temps, sur le sujet. Parce qu’il est d’actualité, parce que j’en ai marre de voir qu’on ne parle que de violence physique, alors que la violence revêt plein d’autres formes, parce que quand j’écoute les gens parler, il arrive que beaucoup de feux rouges s’allument et que si tout le monde se tait, la violence continuera à faire des victimes.

En écrivant mes états d’esprit ce matin, je me suis demandé à quoi ils auraient ressemblé si je les avais écris il y a 10 ans. Et bien, à peu près à ceux d’aujourd’hui ou de la semaine dernière. Parce qu’à l’époque quand je parlais de ma vie de couple, j’occultais complètement le moche. C’était une manière de me protéger. Si j’avais ouvert les vannes j’aurai perdu pied. J’avais besoin d’afficher un bonheur sans nuage pour survivre à mon quotidien. Mais attention, tout n’était pas noir et c’est bien pour cette raison que j’arrivais à me persuader que ce qui n’allait pas ne faisait pas le poids avec ce qui allait! Un bon dîner et j’oubliais les heures d’angoisse, un café pris en terrasse et j’occultais le silence glaçant des 7 derniers jours, un restaurant et je mettais sous le tapis les humiliations régulières.

Et puis je lui trouvais des excuses, une enfance difficile, une intégration compliquée, l’éloignement de sa famille, de sa culture. Parce qu’il en avait chié, il avait le droit de me pourrir la vie. La solution de facilité! Sauf que rien, absolument rien, ne légitime la violence, qu’elle soit dans les mots, les gestes, les menaces, la domination. Arrêtons un instant d’essayer de comprendre les bourreaux et intéressons nous pour de vrai aux victimes.

Alors mes états d’esprit auraient été plutôt positifs, ils auraient été le reflet d’une réalité rêvée, pour ne pas tomber, d’une réalité maquillée, pour que personne ne sache. Si quelqu’un avait su, quels auraient été mes choix? Partir, je n’en avais pas le courage. Pas encore. Alors qui aurait compris? Qui aurait compris que je reste dans une relation destructrice qui me bouffait mon énergie et ma santé psychique? Qui aurait permis que cette mascarade continue? Qui serait resté à mes côtés?

Tout le monde ou presque avait des doutes, mais je donnais si bien le change que c’était difficile de voir au delà de la façade tranquille et souriante que j’affichais en toute circonstance à l’extérieur. Les larmes, les cris, ce n’était que chez moi, la porte fermée à clé, quand je savais qu’il n’était pas là. Je n’ai jamais parlé de lui en négatif. Il faut dire qu’au début c’était presque un dieu pour moi. A cette époque, je ne voyais pas le toxique, je pensais que ses sautes d’humeur, ses mots blessants, ses attitudes déplaisantes étaient liées à une très grande sensibilité. La belle affaire! A cette époque, j’étais dans la remise en question permanente. Je me disais que c’était à moi de changer, que c’était moi qui voyait le mal partout, qu’il fallait juste le comprendre, que la vie à deux c’était des hauts et des bas et que tout allait bien, donc. Je ne voulais pas voir que j’avais changé (et pas en bien), je ne voulais pas voir que j’étais malheureuse. J’étais dans le déni total. Je dérivais sans m’en apercevoir.

Alors bien sûr aujourd’hui c’est plus facile pour moi de voir les signaux d’alarme. Ce qui ne veut pas dire que je puisse faire quoi que ce soit ou que je sois à l’abri. Par contre je peux écrire, je peux dire et je peux alerter. Après, chacun son histoire, chacun son chemin et sa façon de le mener.

J’ai appris de cette expérience que le couple n’est pas tyran, il n’est pas toxique, il n’est pas là pour nous challenger sans cesse, il n’est pas conflit permanent. Il n’a pas vocation à nous montrer nos ombres, nos failles 365 jours par an. Le couple n’est pas la domination d’une personne sur une autre ni la soumission d’une personne a une autre. Le couple est complémentaire et si il nous apporte plus de larmes, de peur que de rires et de confiance, alors la question “à quoi bon vraiment le vivre” se pose?

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Nouveau Livre

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J’ai longtemps pensé qu’un évènement viendrait clore une séquence de vie, qu’il suffisait d’attendre. Comme on attend le départ d’un train, une semaine de vacances ou un quelconque déclic – le bon moment en quelque sorte!

Un départ, un divorce, une rencontre, un ou plusieurs déménagements plus tard. Et des centaines de mots mis bout à bout pour exorciser une tranche de vie. Je peux attendre encore longtemps. Parce que finalement n’est-ce pas moi qui suis aux commandes? N’est-ce pas à moi que revient le droit, le choix?

J’ai disséquer le passé, j’ai tout écrit, tout vidé et fut un temps c’était nécessaire, voir vital. Il fallait venir à bout de la colère, de la peur, du déni, de la honte, du chagrin, de la souffrance, des masques portés, des blessures. Que reste t-il de tout ça aujourd’hui?

Des cicatrices. Que le temps, la poésie, l’amour ont apaisé. Je pense aujourd’hui que nos expériences de vie sont ce qu’elles sont, elles ne servent rien en particulier, aucun dessein, aucun but précis. Pourquoi toujours vouloir chercher un sens? Pourquoi toujours vouloir que ça puisse servir aux autres?

Est-ce qu’elles nous rendent plus forts? Ca reste à prouver! Elles nous changent inévitablement. Cette parenthèse me donne d’être plus bienveillante, d’être davantage dans l’acceptation de l’autre, plus dans l’écoute et moins dans le jugement. J’y serai peut-être arrivée d’une autre manière!

J’ai perdu énormément de temps à vouloir pardonner, à tenter de porter un regard “positif” sur notre histoire. J’ai voulu être une fille bien. Quelle connerie!

Je n’ai pas de recette miracle à partager, je ne sais pas comment j’en suis arrivée là où j’en suis aujourd’hui. J’ai juste fait un pas après l’autre. Je me suis souvent perdue en cours de route. J’ai cherché dans la vie des autres des réponses à mes manques. J’ai voulu être différente. Je n’ai pas de conseils, d’avis, de solutions, d’idées sur la question. Je pense que je pourrais écrire encore et encore et encore sur le sujet, il y aura toujours quelque chose à dire, une ligne de plus à écrire. Sur hier et sur aujourd’hui. Il y aura toujours lui, son fantôme ou sa présence.

Mais je peux choisir de dire aurevoir. Je me sens appelée à vivre. Et la vie autour de moi, elle n’attend que ça, que je pose le point final. Au bout d’un moment on ne fait que disserter sur du vent, c’est lassant et le vent s’en moque! Je sais que certains, certaines aimeraient que j’en sorte encore des mots pour raconter tout cela. Je n’en ai plus envie. J’ai envie de soleil et de joie, de jouir de la vie, celle à laquelle je me suis accrochée finalement, de profiter des chances qui s’offrent à moi, de ne plus regarder une situation à la lumière de ce qui ne fut pas de l’amour. Je ne veux plus comparer ni tenter de convaincre qui que ce soit non plus.

Je suis riche de ce que je suis, de ce que je sais et de ce qui est là, à portée de regard et de cœur. Je ferme la porte. J’ouvre un nouveau livre…

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Quand notre corps nous parle

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Octobre 2012
Fin de journée au bureau. Une douleur fulgurante me terrasse.
Je pense au bébé bien niché dans mon ventre. J’ai peur un peu puis je me souviens, ça arrive parfois ces douleurs inconnues qui me cisaillent les entrailles.
Ça passe. Comme tout. Puis ça revient. Une fois, deux fois, dix fois.
Mon corps pèse lourd et mon visage pâlit d’heure en heure.
Mon patron commande un taxi, je quitte le bureau avant la sortie. Direction la maison.

Je n’aime pas rentrer plus tôt à la maison quand il est là. Je n’aime plus quand il est là.
Mais aujourd’hui pas le choix, il faut que je me couche, que je me repose. La douleur est telle que tenir sur mes deux jambes est impossible.
A peine arrivée je m’écroule sur mon lit, incapable de faire un pas, de dire un mot.
Un peu de nuit. Juste un peu.
Il est déjà là à me demander ce que je fais là, pourquoi je ne lui parle même pas. Je n’en ai pas la force.
Il est déjà là à me dire « repose toi » avant de filer dans le salon. Il ne fait pas attention au bruit qu’il fait en partant.

Deux heures plus tard, aucune amélioration. Un coup de fil et un rendez-vous en urgence chez mon généraliste.
Un taxi aussi. Il ne m’accompagne pas.
Je ne lui en veux même pas. J’attends qu’on me dise que tout va bien, que mon enfant n’est pas en danger.

A l’examen tout va bien.
La douleur ne se dit pas. Elle reste tapie dans son coin.
Je ne sais pas ce qu’il y a. Mon corps ne répond plus.
Il faudra quatre appels incessants pour qu’il décroche et me demande si c’est vraiment important.
Je l’attends dans le froid de la rue, corps battu par la pluie d’automne, pas vraiment là. Heureusement, sinon ce que je vis me paraitrait complètement incohérent, impensable.

Aux urgences on attend encore et je me rends compte à quel point il est inadapté à la vie, à ma vie.
Je lui trouve des excuses pourtant. Beaucoup. Beaucoup trop. Dans cet hôpital, j’aimerai presque que l’on me garde, une nuit au moins, une nuit pour échapper à ma vie.
Pour ne pas avoir à rentrer avec lui, pas ce soir.
Une nuit pour dormir vraiment, plus que quelques heures tourmentées par ses mouvements, les bruits de son cœur contre les draps froissés.

Une inflammation. Douloureux mais pas grave.
Il faudra revenir le lendemain pour une échographie afin d’être certain que le bébé se porte bien.
Je repars avec lui, faible encore pour quelques jours.
A la maison je m’allonge, à 22h30 je n’ai plus le courage de rien. Il me dit quand même « il y a quoi pour le diner ? »
Puis accepte de se coller aux fourneaux, à condition que demain je reprenne le chemin de la cuisine, après tout, les médecins l’ont dit, ce n’est rien. C’est juste histoire de se faire remarquer !

Pourquoi ce récit ?
Pour dire que notre corps nous parle. Et qu’il crie aussi parfois.
Ça commence petit et ça peut virer au pire.
Nous ne sommes pas toujours prêts à entendre. Parce que psychologiquement c’est trop compliqué.
Alors notre inconscient fait barrière et on tient, parfois des dizaines d’année. Et un jour ça craque.
Tout ce qu’on a encaissé se brise et nous sommes à terre.
Ne jamais sous-estimer les alertes du corps. Ne jamais se dire «c’est rien ». Toujours se rappeler que c’est un appel à l’aide.
Si celui-ci est entendu, nous pourrons nous en sortir sans trop de dégâts.
Si nous préférons éviter d’y faire face, les conséquences peuvent être catastrophiques.

J’avançais depuis des mois en pilote automatique. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je valais.
Je n’avais plus de repères. Je n’avais plus d’énergie. Je n’avais plus de vie.
Je n’ai pas compris sur le moment mais j’ai senti qu’il se passait quelque chose et que si je ne faisais rien, j’allais basculer de l’autre côté.
J’avais devant moi assez de modèles pour savoir ce que ça pouvait donner.
C’était dément, fracassant, déroutant, cinglant…
C’était déjà le début d’autre chose.

Ce récit pour vous dire que votre corps est votre allié, non votre ennemi.
Prenez en compte ce qu’il vous dit.
Ne négligez pas les signes qu’il vous envoie.
Ne dites plus « c’est rien » même si c’est douloureux de regarder en face une histoire qui vous échappe.

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Chemin de guérison – Fin

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Reste t’il vraiment des choses à écrire sur cette histoire? Au fond, est-elle le début ou la fin? Qu’a t’elle pris, qu’a t’elle rendu?

Je voulais mais je crois désormais que ce qui n’a pas été écrit ne le sera pas, jamais. Il ne restera que les images et les émotions, cette sensation qui ne se décrit pas. Au fond qui a besoin de savoir tout ça?

Je crois que j’ai longtemps voulu qu’on reconnaisse ce que j’avais vécu, pour ne pas avoir encore et encore à me justifier. Qu’on me reconnaissance surtout, pour que je ne sois plus cette petite chose fragile qui se cogne partout, qui se blesse pour avoir la sensation fugace d’être encore en vie.

Je n’ai rien à prouver non plus. Je sais ce que j’ai vécu, peu importe les mots qu’on pose sur les évènements. Je dois aussi accepter que certaines personnes ne comprendront jamais totalement ces années d’errance. Il en va ainsi de la vie et de ses tourments.

A force d’attendre de l’extérieur ce qu’on est seul à pouvoir se donner, on finit par se perdre, une fois de plus. On ne fait peut-être que ça d’ailleurs, se perdre pour un jour peut-être se découvrir vraiment!

2010 aura été. Et ce qui s’est passé demeurera, non pour me retenir, mais pour me montrer ce que j’ai enduré, surmonter. Peut-être qu’elle est là, la clé de la libération. Que le monde sache n’y changera rien si moi-même je ne suis pas prête à lâcher prise.

Je garde les mots qui viendront. Au fond, ils ne regardent que moi.

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Chemin de guérison #4

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On entend souvent “le passé c’est le passé, on ne peut pas le changer, mieux vaut aller de l’avant”. Je crois que toutes les personnes qui sont en vie aujourd’hui et qui ont vécu l’emprise, sous toutes ses formes, vont de l’avant. Si elles évoquent encore le passé, c’est pour mieux le conquérir, l’intégrer. Elles ont juste parfois besoin qu’on les écoute, rien de moins, rien de plus.

Je vous glisse ici, pour celles et ceux que ça intéresse, la conférence de Anne Laure Buffet sur le sujet. Elle explique très bien ce qu’est l’emprise et ses conséquences sur la vie des personnes concernées.

Le texte ci-dessous a été écrit en ce sens, pour montrer la complexité de ce type de relation. C’est toujours beau d’entendre les autres dire “si tu n’étais pas heureuse, il fallait partir” ou “pourquoi tu n’es pas partie à ce moment là, tu voyais bien qu’il y avait quelque chose qui clochait? “ou pire “tout est une question de choix!” Si c’était si facile il n’y aurait pas autant de drames.

Ce texte parle d’un instant, seulement, le jour où mon ex-mari m’a obligé à téléphoner à mes parents pour leur annoncer notre mariage imminent, en sachant très bien qu’ils étaient contre et que cette annonce ne serait pas reçue avec enthousiasme. Nous avions déjà derrière nous deux années de maux dont une pendant laquelle nous ne nous étions pas parlés.

***

Il y avait entre nous
Le téléphone posé
Sur la table basse
Présence silencieuse
Sourire macabre

Un appel imposé pour poser le cadre
T’imposer en maitre du jeu
J’avais tiré les mauvaises cartes
Foutu hasard !

Un coup de fil comme un coup de poing
Je retardais l’instant
Je ne maitrisais rien
Annoncer un mariage imminent
Auquel j’avais cédé
Pour un peu de paix
Dans un quotidien désarticulé

Sortir des mots
Auxquels on croit
Sans y croire vraiment
Mentir sur commande
Je savais faire ça

Faire semblant
Masque porté comme une protection
Sourire transporté comme une seconde maison
Puis déposé en rentrant
Mes larmes bruyantes sur la moquette
Esquisse d’un tourment
Impossible à apaiser

Dire et
Ecouter les bruits de l’annonce
Se fracasser contre les tempes
Sentir la peau se fissurer
Les poumons manquer d’air
Devant ton visage satisfait

«Tu vois que tu pouvais ! »
« Je suis fier de toi, mais c’est dommage qu’il ait fallut en arriver là ! »
« Allez viens, on va célébrer ça ! »

Un pardon de plus
Un pardon naturellement posé
Sans arrière-pensée

Et l’attente de la chute
D’un regard posé sur l’abîme
D’une main qui sentirait la blessure secrète
Suinter sous l’armure

Mais il n’y avait personne pour voir ça
Personne pour savoir

Elle devait être faite d’acier
J’ai tout encaisser
La peur, l’angoisse
Cette impression de sombrer dans une folie sans nom

L’amour meurtri
L’amitié menacée
L’inconditionnel fissuré

Ne perdre personne en chemin
Dans cette course insensée
A ton bonheur

Dans ce compte à rebours
Pour une union
A laquelle je me sentais partagée
Partie-prenante et étrangère
Dans tes filets j’étais tombée
Et je ne pouvais m’y soustraite

Pas de déclaration romantique
Juste un
« Pour 200€ je trouverais quelqu’un qui voudra bien, mais
C’est toi que je veux »

Des menaces à n’en plus finir
Un harcèlement de chaque instant
Le jour
La nuit

Pour un « oui » plein de tourments
Pour un « non » j’avais déjà tant pris
Que je n’aurais pas pu m’en sortir vivante

Blesser ceux que j’aime
Sans intention
Me perdre
En circonvolutions
Tenter de maintenir un cap artificiel
Oasis fantasmé
Modeste illusion
Une image bien polie
Pour survivre à la tentation
De dire « oui » à la nuit…

***

J’ai écrit ce matin, un matin à l’allure printanière. Retrouver l’envie de toi, du plaisir au goût d’éternité.

J’ai écrit ce matin, juste après ton départ, après les maux dits maladroitement et le divin mêlé.

J’ai écrit ce matin, pour retenir, ni toi, ni moi, pour me souvenir de ce que nous sommes ensemble, même dans le désordre, au gré des jours d’absence parfois longs puis ta présence, le parfum acidulé de ce temps dans tes bras.

J’ai écrit ce matin, comme poussée par une force, celle qui bat en toi et qui est venue me cueillir sur le chemin des doutes, puis réveiller mon désir, me laissant libre de larmes et ivre de l’union.

J’ai écrit ce matin, après ton départ, avec ton odeur, avec ta peau encore contre la mienne, dans un rêve qui s’éloignait et qui pourtant n’est jamais bien loin, pour peu que je tende la main.

J’ai écrit ce matin, parce que tout ce que je vis depuis bientôt 4 ans c’est comme une découverte, c’est comme les premiers pas d’un enfant, c’est quelque chose d’inattendu, de magique, quelque chose qui me laisse le coeur au bord d’un vide qui ne me fait pas peur.

J’ai écrit ce matin, pas pour laisser une trace, peut-être juste pour me rappeler que c’est bien vivant!