Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #4

Il y a toutes ces vies que l’on crée. Des vies souvent tragiques. Des larmes. Des sanglots. Des drames humains considérables. Des déceptions. Des chagrins. On égrène notre chapelet de douleurs refoulées, de destins chamboulés.

Et si pour une fois on changeait de cadre. Et si pour une fois on dessinait un personnage nouveau, bucolique, éprit de liberté, qui ferait sourire les anges. Si on essayait rien qu’une fois d’écrire sur le bonheur, pour voir. Si pour une fois on ne se laissait pas aller à parler des atrocités quotidiennes, de la banalité de nos existences. Si on prenait nos pinceaux pour colorier le monde avec des couleurs phosphorescentes, pour faire sauter les sentiments dans des flaques d’eau. Une fresque vivante pour faire taire les murs gris de Paris. Et si on osait pour une fois.

Trop souvent on recule le moment de passer à l’action. Ce n’est jamais le bon. On rêve d’écrire, d’en faire notre métier et on ne tente rien. On attend d’être prêt. On attend un déblocage quelconque. On continue de rêver, les yeux rivés sur l’horizon. Les cahiers s’entassent. Les heures d’écriture s’enchaînent. Le miracle tant attendu ne se produit pas. On attend le déclic, celui qui se laisse désirer. Le rêve s’effrite.

Au fur et à mesure des lignes, notre écriture mûrit. Notre vocabulaire s’étoffe. Notre inspiration ne nous lâche pas d’une semelle. Et une petite voix dans notre tête nous murmure « fonce, vas-y, tu peux le faire. Tu attends quoi au juste pour te lancer ? »

On attend d’avoir le cran, d’oser enfin. On attend que la peur nous quitte ou ne nous fasse plus douter de nous-même. On attend que nos doutes fassent moins de bruit. On attend avec brio. On attend avec excellence. On devient maître de cette attente qui nous dépossède doucement de ce qui fait notre force.

A force d’attendre on perd le goût, on doute davantage, on recule, on perd nos moyens. L’attente n’est productive que quand on sait y mettre un terme, quand on arrive enfin à dire stop.

 

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Underground Blues

Le temps s’arrête

Pause

Attente imparfaite

Le regard se pose

Sur les rails déserts

Les stations se suivent

Sans se ressembler

Elles défilent

Un peu d’aujourd’hui, un brin de passé

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Un instant le monde

Arrête de tourner

Jusqu’au prochain métro

Pour une dernière virée

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“The last train is nearly due,
The underground is closing soon,..”

(“A Poem On The Underground Wall” – Simon & Garfunkel)

Le plaisir d’écrire à la main

Retrouver le plaisir d’écrire. A la main. Sur un cahier ligné.

Retrouver le plaisir du stylo courant sur le papier. Notes égrenées au fil de l’inspiration. Se donner le temps de trouver les bons mots, ceux qui sonnent juste, ceux qui s’accordent, ceux qui forment de belles images. La magie opère sous nos yeux.

Quelques ratures, égratignures. Quelques allers-retours pour un nouveau tempo. Changement de direction soudain. On efface d’un geste de la main. Mais tout reste intact sous les dizaines de traits incertains. On peut retrouver la pensée initiale, bien à l’abri sous nos corrections d’appoint.

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Des mots dans tous les sens. D’un point à un autre, refaire le fil du récit. Chercher. Réfléchir. Avoir l’idée. Revenir en arrière. Essayer. Tenter. Se donner une chance de ne pas tout réussir d’un coup.

Retrouver le plaisir de ma main tenant un crayon et celui de mon esprit prenant le temps de construire ma prose, pour faire naître un récit, un poème, une délicate attention.

Le plaisir de griffonner, de décorer de mille pensées les pages blanches. Plaisir en permanence insatisfait. Retrouver le chemin des premiers essais, des gribouillis créateurs. L’essence de ma passion.

Source Image – Samanthamarswriter Blog

Et faire briller la lumière

Quand les temps sont troubles, que la vie s’effrite, qu’elle se gorge d’angoisse, de nuits sans sommeil, de matins fiévreux, d’agonie, de corps brisés. Quand les villes deviennent des fantômes en papier mâché. Quand la peur s’immisce dans nos cœurs fragiles, tout vacille, le fil de la vie tissé par les années se distend, nos projets fichent le camp, nos âmes se sentent vides.

La colère s’empare de nous, nous bouscule, nous donne des ordres. Et face à la folie humaine, les cieux s’embrasent. Le monde n’a plus de couleur. Le monde n’est que douleur.

Sentiment d’impuissance. Notre vision des choses devient terne. La lumière se brise sur les ténèbres. Tout est noir. La violence telle la gangrène s’empare de nous et ronge l’intérieur de nos êtres, accablés, perdus, paralysés, obnubilés, terrassés, terrorisés.

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Certains disent qu’il n’existe qu’un remède pour faire sombrer les ténèbres. L’Amour. J’ajouterais la Lumière. Qu’il est simple d’en offrir à ceux qui souffrent, ceux qui pansent leurs plaies, ceux qui regardent la vie les quitter. Qu’il est simple de prier pour les victimes de ces actes odieux.

Et si nous envoyions de l’amour à leurs bourreaux, à ceux qui font régner terreur et chaos. Et si nos prières allaient aux assassins de nos libertés, à ceux qui pillent notre vérité. Et si nous tentions de laisser de côté la colère, qui nous inonde et nous mange à petit feu pour laisser à la lumière la force de toucher le cœur de ceux qui ont perdu contact avec la réalité.

Juste une fois pour voir. Juste faire briller la Lumière un peu plus fort. Juste envoyer l’Amour plus loin encore. En silence. Chacun à sa manière. Essayer puis se taire. Laisser le silence faire le reste. Et l’Amour briller plus fort et la Lumière faire des étincelles sous la voûte étoilée du ciel.

Crédit Image – Le Jardin de l’Il d’Elle Tumblr

L’autre, mon meilleur miroir

On entend souvent dire, et plus le temps passe plus je suis d’accord avec cette idée, que le comportement des autres nous renvoie à nos propres forces et faiblesses. Chaque personne serait dans notre vie pour nous apprendre quelque chose sur nous-mêmes. Le quotidien serait donc un magnifique terrain d’apprentissage en vue d’une meilleure connaissance de soi.

Nous sommes nombreux à porter un jugement sur l’autre, notre parent, un ami, nos collègues, les gens que nous croisons, des inconnus parfois. Et si chaque jugement émis nous renvoyait à un problème à l’intérieur de nous ? Y avez-vous déjà pensé ?

Prenons la violence en exemple. C’est quelque chose que nous sommes nombreux à exécrer. Pourtant la violence est humaine. Elle est en chacun de nous, que nous le voulions ou pas, à différents degrés bien évidemment. Le regard que nous portons sur la violence d’autrui nous évite de regarder celle qui existe au fond de nous. En portant notre attention sur l’extérieur, nous nous dispensons d’une analyse approfondie de nous-mêmes. Il en va de même avec la colère, l’injustice, le manque de tolérance. Nous sommes les premiers à ne pas comprendre ces comportements. Et s’il y avait un peu de tout ça en nous ? Difficile à admettre, j’en conviens…

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Je vous parlais mercredi du crêpage de chignon de deux de mes collègues. Avec le recul, je me suis attachée à chaque personne de l’équipe dont je fais partie. Et je me suis rendue compte que je retrouvais un peu de moi dans chacun et chacune d’entre elles :

  • Un soupçon de victimisation.
  • Un petit côté commère (c’est si simple de se moquer – pas intelligent pour deux sous mais drôle parfois – surtout vis-à-vis des gens bêtes et méchants).
  • Une âme de suiveuse encore parfois (quand cela semble plus simple de faire partie du groupe que d’être isolée).
  • Un problème d’affirmation de soi (je tape rarement du poing sur la table pour dire «c’est comme ça et pas autrement»).
  • Quelques restes de l’école et du harcèlement dont j’ai fait l’objet pendant 3 ans.

J’ai pris conscience, pleinement conscience, c’est-à-dire que j’en suis convaincue et que je ne fais plus rien dans ce sens (ça m’a pris pas mal de temps entre la compréhension, l’acceptation et la mise en pratique) que nul ne peut changer l’autre. Le changement vient de nous. Je n’ai donc aucune velléité de faire revenir mes collègues sur le droit chemin. Mais je sais que je peux et dois encore travailler sur moi.

Et vous, que voyiez-vous dans l’autre ? Ou comment voyiez-vous l’autre ?

Crédit Image – Folie Supreme Tumblr

O bonheur du crêpage de chignon !

Je te situe la scène. Mardi matin, tu te lèves du bon pied pour te rendre au travail, le sourire aux lèvres. Souviens-toi, tu aimes, que dis-je, tu adores ton travail. Et tes collègues, tous plus charmants les uns que les autres. Aujourd’hui on ne parlera pas de ton patron. Il fait beau, les mouches pètent (de joie !) Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Puis PATATRAC.

La jolie coquille de ta journée de rêve se fendille. Tu as à peine un pied dans ton sublime espace de travail – si tu connais toi aussi la magie des open-space, tu comprendras de quoi je veux parler – quand tu entends Lucette lancer :

  • Elle ma saoule l’autre (comprend sa collègue de travail), elle fait toujours tout de travers. J’en ai ras le bol de la supporter. D’habitude je me la ferme (pas souvent quand même) mais là elle va m’entendre.

L’autre, à qui on va donner un joli prénom aussi, histoire de ne pas faire de jalouse, Yvette, n’est pas encore arrivée. Et là, t’as presque envie de prier pour qu’elle soit terrassée par une fièvre sans précédent, qu’elle ne puisse pas quitter son lit de la journée, de la semaine.

Puis PATATRAC again.

Yvette se pointe, sourire aux lèvres, comme toi ce matin (sourire un peu fané à force d’entendre la même rengaine depuis, depuis quand déjà ?). Mais oui souviens-toi, il fait beau et les mouches pètent (plus pour longtemps). Elle allume son ordinateur, en chantonnant.

Et BOUM.

Le mail de Lucette l’attaque de plein fouet (non mais un mail quelle idée ! Surtout quand on travaille à moins de 3 mètres et qu’à côté de l’open-space, on trouve des bureaux (fermés), prêts à être utiliser pour une petite mise au point.) Beaucoup plus sympa d’en faire profiter tout le monde ! (bien que je ne partage pas cet avis)

Yvette réplique forcément. Et tout valse. Même les vieux potins refont surface. On en a plein les oreilles. Et trop peu de temps pour respirer entre les allers-retours serrés. Chacune s’en donne à cœur joie. Jusqu’à l’épuisement. Yvette ne reconnaitra jamais ses erreurs. Lucette n’avouera jamais qu’elle  y a été un peu fort (après tout c’est l’autre qui a commencé – on reste à jamais de grands enfants! )

Match Nul. Incompatibilité de personnalités.

Qui a raison, qui a tort. Aucune idée.

Mais je pense quand même qu’il y a une manière de dire les choses. Faire passer un message, c’est toujours délicat. Toutefois, quand c’est fait dans les règles de l’art, ça a le mérite de faire la part des choses, de remettre chacun sur la voie et de résoudre les conflits, avant que le point de non retour ne soit atteint. Il faut bien sûr que l’autre accepte de discuter du problème.

Pour nous, c’est loin d’être gagné. En ce moment, tout le monde reprend des forces jusqu’à la prochaine mise à mort. Lucette n’en est pas à ses débuts (elle a déjà réussi à rallier pas mal de bonnes âmes à sa cause, des mecs surtout). A moins, qu’Yvette, convaincue d’être victime de harcèlement moral, ne lance les dés dans une autre direction. 

Réflexions d’un jeune écrivain en herbe #3

Nous possédons tous un stock plus ou moins effrayant des textes inachevés. Ils attendent patiemment leur tour, que nous les sortions des boites, carnets, dossiers ou tiroirs dans lesquels nous les avons rangés, en attendant que l’inspiration revienne. Nous passons. Nous les sortons, les relisons. Avant de les refermer, abattus à l’idée de devoir les retravailler, décortiquer leurs faiblesses, déceler les failles qui les rendent si banales.

Nous reculons, en pensant qu’il sera toujours temps d’y revenir. Nous attendons d’être prêts. Nous attendons parce que cela semble plus simple que de relever nos manches et nous mettre au travail. Et parce que nous avons terriblement peur, il faut bien se l’avouer, d’un résultat médiocre, qui nous replongera c’est certain dans un énième coma littéraire.

Nous écrivons souvent sur des sujets que nous maîtrisons. Nous parlons de ce qui nous fait mal, ou peur, de ce qui nous trouble, nous oppresse. Nous mettons des mots bout à bout pour parler de nos choix, de nos doutes, de nos drames, de nos histoires, pour nous en libérer. Chaque mot apparait comme un clin d’œil à un passé que nous souhaitons oublier. D’autres idées viennent chatouiller les extrémités de nos doigts. Elles ne font pas le poids face à l’écrasante solidité de tous nos échecs, de nos ratés.

Faut-il en passer par là pour enfin pouvoir se plonger dans une histoire inventée, dans un drame dont nous ne serions pas les héros ?

A suivre lundi prochain…

Des mots, des cases et nos vies

Je ne comptais pas faire d’article aujourd’hui car en ce moment le travail manque moins, ce qui n’est pas pour me gêner. Mais j’ai voulu réagir à un commentaire reçu sur mon billet d’hier (commentaire très pertinent au demeurant), que je vous remercie d’avoir lu et commenté avec justesse et beaucoup de bienveillance. J’ai conscience d’avoir réveillé mémoires et souvenirs douloureux chez certaines. Mais d’une certaine façon je suis satisfaite d’avoir osé l’écrire, enfin.

La société aime les définitions. La violence conjugale, c’est « ça ». La maltraitance infantile, c’est « ça ». Le viol, c’est « ça ». Le harcèlement scolaire, c’est « ça », le deuil, c’est « ça ». Et j’en passe…

La question se pose quand on regarde nos parcours de vie, nos chemins de traverse, nos combats, nos angoisses, nos vies perturbées, parfois bousillées, écartelées. Que se passe-t-il quand les évènements de notre quotidien ne rentrent pas dans les cases, dans les définitions bien huilées du monde contemporain ?

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  • Est-ce qu’il y a maltraitance infantile quand un parent dénigre au quotidien son enfant, quand il l’humilie ? Ou bien faut-il qu’il y est des coups, des privations pour que la maltraitance soit observée et prise en compte ?
  • Est-ce qu’il y a violence / viol au sein du couple quand un conjoint reste silencieux des jours entiers, quand il quitte le domicile en pleine nuit, quand il rentre au matin et colle son corps contre celui de son épouse endormie et qu’il satisfait un besoin immédiat, sans lui demander son avis ? Ou bien faut-il des menaces, des insultes, des coups, des intimidations, des pressions, l’envie de nuire, de faire mal, pour que cela soit considéré comme un acte violent en soi ?
  • Est-ce qu’il y a harcèlement quand un enfant est la risée de la classe, quand on se moque de lui dans la cour de récréation, quand on lui déchire ses vêtements ? Ou bien faut-il qu’il soit tapé, tabassé, insulté sur Internet, racketté pour qu’on prenne en compte le danger ?
  • Est-ce qu’on doit faire une différence entre le deuil d’un enfant né et le deuil d’un enfant à naître ?

A partir du moment où le rapport de force est inégal, à partir du moment où un « non » est transformé en « oui » par je ne sais quel miracle, à partir du moment où une personne souffre, a mal, se perd, je considère que les cases n’existent plus, les définitions non plus. La vie prend le relais.

Je crois que nous devons arrêter de nous demander si nous sommes des statistiques, si notre situation nous place sous telle ou telle catégorie, sous peine de ne nous retrouver dans aucune. Nos vies et nos épreuves sont variées. Aucune ne ressemble à une autre. Aucune personne ne gère ses émotions, les épreuves de la même façon. Oui, il faut des lignes directrices pour nous aider à nous orienter. Mais arrêtons d’essayer de coller à une définition, qui au mieux nous donnera juste des mots pour faire face à nos maux et au pire nous confrontera au vide, au néant d’une situation que nous ne maîtrisons plus depuis longtemps, sans clés pour mettre un terme à notre lente, mais certaine, descente aux enfers.

Une sombre histoire de devoir conjugal

Parfois elle souhaite en parler. Parfois pas.

Parfois elle ressent le besoin de partager ce moment, ces quelques minutes si douloureuses, cette lente agonie de la confiance qui se délite.

Parfois seulement.

Parfois elle se demande à quoi elle ressemblerait en face d’un homme, sans ses vêtements, pour cacher son corps.

Parfois elle craint cette intimité. Pourrait-elle encore se dénuder sans se sentir coupable ?

Parfois des flashs. Parfois elle s’en veut d’être descendue si bas.

Parfois elle a besoin de le crier. Et puis elle se tait. Ca cicatrice doucement à l’intérieur.

On dit que ces choses-là, ça relève du privé. On n’en parle qu’entre quatre murs. On n’ose pas, souvent.

Parfois elle a mal à ce corps qui réclame un peu de douceur, de tendresse, des marques d’attention.

Parfois elle a juste envie d’oublier. Elle désire rayer l’odeur de sa peau sur la sienne, le poids de son corps sur le sien.

Parfois elle se demande si c’est elle, le problème.

Au fond, ce n’est rien qu’une banale histoire de devoir conjugal.

Son absence de tact, son désir presque animal lui soulèvent le cœur.

Parfois elle se souvient. Puis oublie.

Elle se dit qu’avec beaucoup d’amour, elle viendra à bout de cette phobie.

Parfois elle pense à avant, avant lui, à sa liberté, à son corps libre osant dépasser les clichés.

Parfois elle se revoie avant tout ça. Qu’est-ce qui a cloché pour qu’en si peu de temps elle ait autant honte d’elle-même ?

Souvent elle n’y fait pas attention.

Mais quand elle pense à l’amour, au plaisir, au désir, à l’extase, elle se demande à quoi ça ressemble déjà, qu’est-ce que ça fait d’être aimée sans jugement, sans mensonge, sans ébats dégradants, sans envies là, maintenant, sans ménagement.

Parfois, elle pense aux autres. Comment font-ils ?

Parfois, elle se demande comment elle s’y est prise pour tout accepter, comment elle a accepté d’être à ce point utilisée ?

Parfois elle a envie d’en parler. Puis elle se tait. Elle ne sait pas par où commencer, comment le dire, sans choquer, comment écrire leurs corps enchaînés et son corps désarticulé.

Puis elle arrête d’y penser. Aller de l’avant. S’aimer.

S’en vouloir, lui en vouloir, n’y changera rien.

S’affranchir du néant. Enfin.

Elle le sait désormais.

L’avenir ne ressemblera pas au passé.

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Ceci est ma participation à l’Atelier des Jolies Plumes de Célie et Fabienne. Le thème de mars était Trahison.

Crédit Image – Eeuphoriaa Tumblr