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Pauvre(s) Petit(s) Chou(x) ou quand la société débloque…

Merci de noter que cet article est à prendre au second degré…

En ce moment, à part vivre dans une grotte au fin fond des Cévennes, et encore, on ne peut pas passer à côté de tous les drames qui touchent les femmes de ce monde, et de notre belle France en particulier.

Et les hommes aussi.

Ceux qui résistent bien entendu, qui se sentent complètement démoralisés face à cette vague infernale de violence et qui malheureusement sont catalogués illico presto comme des machos, manipulateurs, fous, pervers, violents. Il ne fait pas bon être un homme en 2018 !

Et ceux qui sont les victimes de la folie des femmes, du monde, des autres hommes (qui ne sont pas solidaires pour deux sous). Entendez les mecs qui violent, tuent, harcèlent, menacent, battent, insultent…pleurent sur leur triste sort.

C’est bien connu les femmes sont des affabulatrices tyranniques. Elles attirent les hommes dans leurs filets pour mieux les détruire. Elles inventent des histoires complètement insensées pour les faire trébucher et tomber. Ce sont des bourreaux au cœur de pierre, des hystériques, d’irréductibles menteuses.

Et la société gobe ça. La société inverse les rôles. Elle donne du crédit aux dires de ceux qui impunément violent les lois les plus élémentaires du code pénal, et quand elle ne leur en donne pas, elle minimise le vécu des celles qui vivent l’enfer. Le monde marche donc sur la tête. Peut-être que nous devrions tous aller nous réfugier dans les Cévennes. Au moins là-bas nous pourrions peut-être retrouver le sens des choses…

Parlons expérience, avant d’aller nous enterrer pour respirer l’air pur de la nature. Un petit coup d’œil en arrière, et je retrouver Roger, en larmes. Et oui chers lecteurs, Roger m’aimait (pour les non-initiés, Roger, c’est mon ex). Il était même prêt à se tuer pour moi. Pourquoi la séparation, pourquoi la rupture, nous étions heureux après tout. Oui à partir du moment où je fermais ma gueule, nous étions heureux. En surface. Qui aurait eu l’idée d’aller creuser un peu. Chaque couple est différent, il ne faut pas juger et bla bla bla…

Il ne voulait que mon bonheur c’est pour ça qu’il faisait la gueule pendant des jours, qu’il me bousculait de temps en temps, pour me remettre dans le droit chemin. Parfois il me parlait mal, mais c’est toujours moi qui avais commencé. Œil pour œil, dent pour dent. Parfois il pleurait parce que c’est moi qui étais injuste, je faisais des choses qui le mettaient mal à l’aise, je ne le respectais pas assez. Quel sacerdoce pour lui ! Moi je me demande sincèrement pourquoi il voulait à tous prix me garder. Les menaces. Quelles menaces ? Jamais il n’aurait faut ça, j’étais comme sa chaire. Les cris. Quels cris ? Oui il avait peut-être parlé un peu fort, ça va, faut pas exagérer. Le harcèlement. Quel harcèlement ? Tout de suite les grands mots.

Il ne fallait pas trop lui en vouloir, il était malheureux. La chute était rude pour lui. Pauvre petit chou ! Pour le reste, voilà, chaque couple trouve son équilibre. Il y a plus grave. Et puis vous étiez d’accord, consentante. Ok il en a un peu profité. Il n’y a pas mort d’homme, ni de femme. Allez soyez indulgente, comprenez le…

Voilà où nous en sommes rendus. A devoir comprendre l’inacceptable.

Les vraies victimes ne seraient donc pas celles que l’on croit. Les femmes aux vies démantelées, brisées, bien amochées (je ne parle même pas des enfants) ne seraient pas tant à plaindre que ça au final. Allez, les filles, demain ça ira mieux ! Buvez une bonne dose de positivisme, ajoutez-y quelques gouttes de gratitude, parsemez votre boisson de pépites de « nos pensées créent notre réalité » et vous aurez le cocktail de choc pour vous en sortir, comme des grandes, sans l’aide de personne !

Et puis oubliez bien vite ces vilaines mésaventures. Le reste de la terre est déjà passé à autre chose.

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Et si je vous disais…

Vous pensiez sincèrement que j’allais vous abandonner plus d’une semaine, à votre triste sort, vous demandant bien ce qui avait pu se passer dans ma vie pour que je prenne le large et imaginant les scénarios les plus délirants possibles pour mettre des mots et/ou des images sur mon absence.

Impossible.

Déjà parce tous ces scénarios tirés par les cheveux auraient pu vous faire perdre votre propre équilibre ! Merci du cadeau…

Parce que vous me manquiez au bout d’à peine 24h. Est-ce que c’est bon signe ? Je ne sais pas.

Parce que nous avons plein de choses à nous dire. Et que chaque message reçu m’a touché en plein cœur.

Et mon cœur était un peu à l’agonie la semaine dernière. Rien de grave, juste un trop plein. Un gros rhume, la fatigue, les allusions diverses et variées de certains sur le sexe des anges, la lune, les travaux entrepris qui n’avancent pas (sans rire j’ai 3 livres en cours d’écriture et pas un de prêt à vous confier!).

Il faut savoir que dès que quelque chose me turlupine, mon corps réagit au quart de tour et mon côté Calimero prend le dessus. Ajouter à cela les blagues lourdes de mon patron, la pluie en continue, une légère indigestion. La vie, quoi ! Sauf que moi la semaine dernière la vie je l’aurais bien laissée couler, en prenant un aller simple pour les Iles Marquises !

Je vous rassure la semaine s’est achevée dans la douceur. Je peux même dire que la douceur m’a sorti de ma léthargie et de mes larmes qui coulaient pour un rien, alors que je me répétais sans me laisser “j’en ai marre d’être forte!”. Chacun ses travers…

Une conversation, des mots et conseils échangés, des câlins et deux bonnes nuits de sommeil m’ont remise d’aplomb.

Après tout, que chacun continue à croire ce qu’il veut, à s’interroger sur le sexe des anges. C’est une activité comme une autre. Je passe mon tour.

Et je vous dis à très vite !

Posted in Variations Littéraires

Sunday Evening Mood

Photo – Copyright Marie Kléber

When night comes and darkness settles down, I love to open my curtains and look outside as the sky is turning another kind of blue. There are spots of lights here and there. Behind the windows, I can imagine what others are doing. I can create stories from nothing.

In a couple of minutes, I’ll light a candle. I’ll put on a CD, something smooth and jazzy. I’ll close my eyes and let the music dive me in some kind of bubble-dream.

Outside blue is becoming black. I can see the shadows of the trees at the end of the courtyard.

I hear A. playing with his cars, making up stories. There is a lovely smell coming out of the kitchen. The dinner will be served shortly.

Till then, I will enjoy the minutes I have with Ray Charles. I’ll listen to his loving words. And I’ll think to myself that this is the perfect sunday evening!

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Un carré de terre sous le ciel bleu

[:fr]

Marie se demandait bien où elle avait pu ranger son carnet, celui qui lui servait à consigner toutes les informations que sa mémoire laissait filer, sans même qu’elle s’en rende compte. Le temps avait fait son œuvre. Emmanuel reposait désormais sous un carré de terre, bien à l’abri des intempéries. Elle passait le voir une à deux fois par semaine, égrenait la palette de leurs souvenirs communs, histoires rocambolesques ou simples bonheurs. Sasha vivait loin, lui téléphonait souvent, passait la voir avec ses enfants aux occasions, celles qui venaient ajouter des pépites de couleurs à son quotidien ordinaire.

Marie savait que ses jours étaient comptés. Elle préparait son départ, classait ses papiers, mettait de l’ordre dans ses dessous, ses vêtements, ses bibelots. Pour que cela soit moins difficile pour sa fille. Elle connaissait le chagrin de ces départs qu’on n’anticipe jamais et qui pourtant font partie de la vie. D’ici peu, sous un carré de ciel bleu, Sasha dirait adieu à son enfance.

Ceci est ma  2e participation au rendez-vous A vos Claviers proposé par Estelle du Blog L’atelier sous les feuilles. (j’ai été inspirée!). Il fallait produire un texte à partir des  mots suivants: Dessous, Palette, Carnets, Bleu, Marie, Emmanuel, Sasha.[:]

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Sur ses paupières

[:fr]

  • Marie, tu me prêtes ta palette de fard à paupière ?
  • Tu n’en portes jamais d’habitude.
  • A circonstance exceptionnelle, maquillage exceptionnel !
  • Tu as un rendez-vous Sasha?
  • Presque…
  • Allez dis-moi tout.
  • Attends, aide-moi d’abord à trouver la bonne couleur. Qu’est-ce que tu penses du violet ?
  • Très bien, en accord avec tes dessous. La classe !
  • Nous n’en sommes pas là !
  • Je ne voulais pas te choquer Sasha. Tu ne me dis rien, je tente de deviner. Alors ce rendez-vous ?
  • Je ne sais pas.
  • Tu ne sais pas quoi Sasha?
  • Si je peux t’en parler.
  • Je suis une tombe tu le sais. Est-ce que j’ai déjà trahi un de tes secrets ?
  • Non. Mais là, si ça se sait je suis bonne pour un mot dans mon carnet de correspondance. Et tu connais mes parents.
  • C’est quoi le lien avec ton rendez-vous ?
  • J’en pince pour Emmanuel.
  • Emmanuel qui?
  • Notre prof de sport.
  • Ah j’adore ! Un conseil, choisi le bleu !

Ceci est ma  participation au rendez-vous A vos Claviers proposé par Estelle du Blog L’atelier sous les feuilles. Il fallait produire un texte à partir des  mots suivants: Dessous, Palette, Carnets, Bleu, Marie, Emmanuel, Sasha.
[:]

Posted in Variations Littéraires

Apprécier

[:fr]

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Apprécier ce qui se donne. Dans l’instant. Accepter ce qui se présente.

Apprécier la vie, sa routine parfois simple et apaisante, son chaos, les jours qui filent et défilent le ruban des souvenirs à venir.

Apprécier l’espace, nos chances, les opportunités que la vie nous offre. Les saisir.

Apprécier le silence aussi, tout ce qui bat, ce qui compose l’être, soi. Savoir se taire.

Apprécier ce qui est donné. Garder l’essentiel, l’essence de ce qui est.

Crédit Photo – Pixabay

[:en]

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Apprécier ce qui se donne. Dans l’instant. Accepter ce qui se présente.

Apprécier la vie, sa routine parfois simple et apaisante, son chaos, les jours qui filent et défilent le ruban des souvenirs à venir.

Apprécier l’espace, nos chances, les opportunités que la vie nous offre. Les saisir.

Apprécier le silence aussi, tout ce qui bat, ce qui compose l’être, soi. Savoir se taire.

Apprécier ce qui est donné. Garder l’essentiel, l’essence de ce qui est.

Crédit Photo – Pixabay

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Posted in Carnets de route

Qui suis-je si…?

Une de mes amies me disait l’autre jour « merci pour tes textes, j’aime bien quand tu parles d’amour».

Quand le bonheur est là, beaucoup le gardent pour eux, comme une parenthèse.
Après avoir écrit les maux, les larmes, les drames, j’écris aujourd’hui l’amour, la vie, la douceur retrouvée.
Écrire est ma manière d’être au monde. Partager ce que je vis, ce que je ressens est une évidence. Dans la peine comme dans la joie.
On parle plus facilement de nos chagrins que de nos instants de félicitée.  Pourquoi?

Le bonheur n’est pas une denrée rare accessible à une poignée d’élus. C’est la somme de toutes ces petites choses du quotidien, ces émotions intenses, ces rencontres magiques, ces rêves qui prennent vie, ces peurs que l’on dépasse, ces “je t’aime” que l’on murmure, ces larmes que l’on verse pour se libérer, ces maux que l’on pose puis que l’on lâche, ces victoires que l’on oublie de célébrer, ces blessures dont on fait le deuil, cette confiance qui se tisse au fil des partages…

Toutefois, est-ce que je n’en dis pas trop ?  Un vieil adage me rappelle  « pour vivre heureux, vivons cachés ». Est-ce qu’en l’exposant à la face du monde je mets mon bonheur en danger, je « nous » mets en danger ? Est-ce que je ne devrais pas le garder précieusement pour moi, le regarder s’épanouir dans le silence de nos regards uniquement ?

Suis-je impudique en me dévoilant ici ainsi ?

Je me pose ces questions et à l’intérieur de moi, je sens comme des secousses. Qu’advient-il de mes mots si je ne peux pas les partager ? Qu’advient-il de mes textes si ma plume est jugée, cataloguée parce que mes mots dérangent, indignent, blessent ?

Qui suis-je alors si je me censure, si je reste en retrait, si je demeure dans l’ombre, celle dans laquelle j’ai longtemps puisé mes forces par crainte du regard d’autrui ? Qui suis-je si je me limite, si je m’interdis, si je reste dans ma zone de confort, si je n’envoie pas valser tous ces beaux principes qui ne me conviennent plus ? Qui sommes-nous si pour faire plaisir au monde, nous nous enfermons dans une routine qui ne nous convient pas, si nous cachons nos sentiments, si nous ne parlons que de ce qui est “politiquement correct, socialement acceptable”?

Alors ce n’est pas seulement le bonheur qu’il faut garder sous silence, c’est l’étincelle à l’intérieur de nous qu’il faut éteindre?

Je ne le ferais pas.

Posted in Emprise et Renaissance

Plus jamais

 

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Âmes sensibles s’abstenir…

Il rentre. Tard. Tôt. Les heures ne comptent plus. Elle entend la clé dans la serrure. Elle se prépare mentalement. A le sentir. A respirer son haleine rance. L’odeur de la cigarette mêlée à l’humidité ambiante lui donne la nausée. Elle attend, inquiète, non, terrifiée. Qu’il se pointe, se déshabille. Elle entend le bruit des boutons de son jean qui sautent l’un après l’autre, son caleçon glisser le long de ses jambes, son t-shirt s’échouer sur la moquette. Juste quelques secondes de sursis avant qu’il ne se glisse nu dans le lit. Son corps chaud contre sa peau froide. Un électrochoc.

Ils ne feront pas l’amour. Ils ne savent pas. Il ne sait pas. Ni don ni partage. Ni orgasme ni jouissance. C’est mécanique. La mécanique du quotidien. Les mêmes gestes, la même cadence, la même pulsion animale. Un scénario bien huilé dont il maîtrise l’exécution à la perfection. C’est lui qui mène la danse. Il n’y a pas soumission non plus, aucun accord tacite entre eux.
On se place dans un autre registre. La possession. La prise de pouvoir sur l’autre. Un seul plaisir prime. Le sien. C’est un acte unilatéral auquel l’autre doit se plier au risque de…

Il occupe d’un coup l’espace. Elle est cette petite chose apeurée quand il est là. Elle a toujours peur de dire, faire quelque chose qui va déclencher la guerre. Froide. Il y a une violence sourde en lui, qui plane sur le vide qu’est devenue sa vie.

Coincée entre le bord du lit et son corps, elle n’a aucun moyen de se soustraire à ce qui va suivre. Il essaye d’être tendre, elle perd le fil.

Et si?

Et si cette fois c’était différent? Et si ça ressemblait à quelque chose? Et si ils pouvaient se réconcilier là, entre ces draps ?

Il est maintenant contre elle. Elle fait semblant de dormir. C’est tellement moche tout ça. Lui. Eux. Elle. Il est 2h10, 3h25 ou 4h45. Les jours se suivent. Les heures ne se ressemblent pas. Au fil des nuits elle n’est plus qu’un corps qui se livre, qui adhère à une mise à mort. La sienne. Avec cet espoir insensé qu’il daigne à nouveau la regarder, lui adresser la parole.

Ils ne s’embrasseront pas. Ils ne se regarderont pas. Le silence qui les entoure est glacial. Elle donne du sien. Elle se force un peu, espère pouvoir créer un lien. Elle crie un peu, histoire de…

Il finit par s’effondrer sur elle. Un poids mort sur son corps à l’agonie. Il se lève sans un mot, sans un regard. C’est mieux comme ça. Son regard chargé de mépris ne ferait que l’enfoncer davantage. Parfois elle a le courage de marcher jusqu’à la salle de bains. Parfois pas. Elle se recroqueville sur elle-même, prie pour qu’il végète jusqu’au matin devant la télévision. Pas deux fois la même nuit.

Ça dure 1 jour, 2 jours, 4 jours. Puis ça passe. La lune de miel efface en surface les blessures. La plaie pourrit à l’intérieur. Elle refuse juste de voir. Trop dur. Ce sont les seuls moments partagés alors elle s’y attache. Maigre espoir vital. Elle ne peut pas s’effondrer, autour il n’y a plus personne, la solitude se fait plus intense, l’angoisse monte d’un cran à chaque coup de gueule trop imposant. Alors elle sourit et elle continue à faire semblant d’être heureuse.

C’est une prise d’otage. Sans témoin. Sans coup. Sans traces. C’est ce que ça ne sera jamais plus.

Je dédie ce texte à toutes les femmes victimes de violence conjugale. A toutes celles qui sont parties. A toutes celles qui luttent.

Posted in Variations Littéraires

L’écho de ton souvenir

Je ne t’ai pas porté. Dans mon ventre. Je ne t’ai pas aimé dès le commencement.

Tu as été une lumière sur mon chemin. Avant d’être un souvenir qui me rattrape de temps en temps.

Je me souviens toujours de tes rires à travers ces portes verrouillées. Du gris de la salle d’attente. J’en tremble encore.

Je me souviens de ton petit corps, abandonné au milieu de cette pièce où d’autres rires se mêlaient au chagrin de se dire qu’un jour la vie s’arrêterait de battre, à force de combats que personne ne mènerait.

Est-ce que j’ai fait le deuil de toi, toi que je n’ai porté que dans une église pour ton baptême? Ton corps d’enfant de 4 ans était déjà lourd de tous ces manques dont on ne guérit pas.

Je me souviens de ton petit corps désarticulé. Et des années passées sans se voir. J’en ai voulu à la terre entière. Je leur en ai voulu de n’avoir jamais répondu à mes lettres, de m’avoir laissé dans ce brouillard, ce vide de toi. Pourtant c’est moi qui n’est pas eu le courage, qui n’ai pas forcé les barrières. C’est moi qui me suis tue. J’ai fait porter aux autres le poids de mes faiblesses.

Quand tu es parti, je n’ai pu qu’envoyer une carte. Je ne pouvais pas voir se dessiner sous mes yeux le chagrin de celle qui t’a porté, qui t’a aimé et qui n’a pas réussi à accepter la charge de l’histoire. C’était trop. J’ai eu tort de lui en vouloir. Ça n’a rien changé.

J’avais des idéaux d’enfants. Elle avait sa vie, avec son lot de drames, son passé, ses rêves qui avaient volé en éclat, le deuil d’une vie qu’elle n’avait pas choisie.

Je ne t’ai pas porté. Dans mon ventre. Je ne t’ai pas aimé dès le commencement.

Et pourtant, chaque fois que je pense à toi, je me souviens à quel point la vie est éphémère, qu’il faut la chérir et s’aimer surtout. Pardon pour ce que j’ai laissé passer en pensant que plus tard on aurait le temps. On ne l’a pas eu. Tu es parti avant. Mes prières ont été exaucées. Avant que je n’ai pu te dire à quel point tu as bouleversé ma vie, à quel point ton souvenir m’a donné le courage d’affronter le pire.

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L’écho de ton souvenir

Je ne t’ai pas porté. Dans mon ventre. Je ne t’ai pas aimé dès le commencement.

Tu as été une lumière sur mon chemin. Avant d’être un souvenir qui me rattrape de temps en temps.

Je me souviens toujours de tes rires à travers ces portes verrouillées. Du gris de la salle d’attente. J’en tremble encore.

Je me souviens de ton petit corps, abandonné au milieu de cette pièce où d’autres rires se mêlaient au chagrin de se dire qu’un jour la vie s’arrêterait de battre, à force de combats que personne ne mènerait.

Est-ce que j’ai fait le deuil de toi, toi que je n’ai porté que dans une église pour ton baptême? Ton corps d’enfant de 4 ans était déjà lourd de tous ces manques dont on ne guérit pas.

Je me souviens de ton petit corps désarticulé. Et des années passées sans se voir. J’en ai voulu à la terre entière. Je leur en ai voulu de n’avoir jamais répondu à mes lettres, de m’avoir laissé dans ce brouillard, ce vide de toi. Pourtant c’est moi qui n’est pas eu le courage, qui n’ai pas forcé les barrières. C’est moi qui me suis tue. J’ai fait porter aux autres le poids de mes faiblesses.

Quand tu es parti, je n’ai pu qu’envoyer une carte. Je ne pouvais pas voir se dessiner sous mes yeux le chagrin de celle qui t’a porté, qui t’a aimé et qui n’a pas réussi à accepter la charge de l’histoire. C’était trop. J’ai eu tort de lui en vouloir. Ça n’a rien changé.

J’avais des idéaux d’enfants. Elle avait sa vie, avec son lot de drames, son passé, ses rêves qui avaient volé en éclat, le deuil d’une vie qu’elle n’avait pas choisie.

Je ne t’ai pas porté. Dans mon ventre. Je ne t’ai pas aimé dès le commencement.

Et pourtant, chaque fois que je pense à toi, je me souviens à quel point la vie est éphémère, qu’il faut la chérir et s’aimer surtout. Pardon pour ce que j’ai laissé passer en pensant que plus tard on aurait le temps. On ne l’a pas eu. Tu es parti avant. Mes prières ont été exaucées. Avant que je n’ai pu te dire à quel point tu as bouleversé ma vie, à quel point ton souvenir m’a donné le courage d’affronter le pire.

Posted in Carnets de route

35 secondes

[:fr]

Il m’avait donné rendez-vous en plein Paris, pas de risque, surtout en plein été, il y aurait du monde. Pas de photo. Juste un prénom. Le risque, quel risque? Au pire, il ne me plairait pas.

Ami ou Amant?

Il m’avait dit 35 secondes. Voilà ce que ça vaut. En 35 secondes, tu sauras.

Je suis rentrée me changer. Mettre toutes les chances de mon côté? Non. Juste être à l’aise. J’étais moi, ça suffisait. Je m’étais trop souvent transformée par le passé. A prendre ou à laisser. Il avait le choix lui aussi.

Un musée, les risques étaient mesurés. On passerait forcément une bonne soirée, même si on avait rien à se dire.

Est-ce que ça a pris 35 secondes? Je ne sais plus. Au milieu des plus belles pièces du répertoire National, j’étais attentive à chacun de ses mots, chacun de ses gestes. Des goûts communs, c’était un bon début…

Quand il a évoqué l’étranger, je me suis dit “c’est bien ma veine, décidément même les types bien sont hors de portée”. Pas grave. Je passais une bonne soirée. J’étais bien. Ça ne m’était pas arrivé depuis des années.

Un dîner plus tard…

Paris by Night en deux roues…

Il n’était plus question que d’évidence et de confiance.

Je pouvais me planter. Çà m’était déjà arrivé. Pourtant aucun voyant “prudence” n’était allumé. J’ai pris le risque d’y croire…

35 secondes mon amour…

Et toi, à quel moment tu as su?

[:en]

Il m’avait donné rendez-vous en plein Paris, pas de risque, surtout en plein été, il y aurait du monde. Pas de photo. Juste un prénom. Le risque, quel risque? Au pire, il ne me plairait pas.

Ami ou Amant?

Il m’avait dit 35 secondes. Voilà ce que ça vaut. En 35 secondes, tu sauras.

Je suis rentrée me changer. Mettre toutes les chances de mon côté? Non. Juste être à l’aise. J’étais moi, ça suffisait. Je m’étais trop souvent transformée par le passé. A prendre ou à laisser. Il avait le choix lui aussi.

Un musée, les risques étaient mesurés. On passerait forcément une bonne soirée, même si on avait rien à se dire.

Est-ce que ça a pris 35 secondes? Je ne sais plus. Au milieu des plus belles pièces du répertoire National, j’étais attentive à chacun de ses mots, chacun de ses gestes. Des goûts communs, c’était un bon début…

Quand il a évoqué l’étranger, je me suis dit “c’est bien ma veine, décidément même les types bien sont hors de portée”. Pas grave. Je passais une bonne soirée. J’étais bien. Ça ne m’était pas arrivé depuis des années.

Un dîner plus tard…

Paris by Night en deux roues…

Il n’était plus question que d’évidence et de confiance.

Je pouvais me planter. Çà m’était déjà arrivé. Pourtant aucun voyant “prudence” n’était allumé. J’ai pris le risque d’y croire…

35 secondes mon amour…

Et toi, à quel moment tu as su?

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Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 19.01.2018

On est vendredi, je réalise. J’ai passé cette semaine dans un brouillard étrange, le brouillard qui s’installe 1 fois tous les mois pendant quelques jours – je ne m’y habitue toujours pas ! Assez parlé, il est l’heure de rejoindre les états d’esprit du vendredi, LE rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [13:28]

Fatigue : de circonstance

Humeur : beau fixe
Estomac: soupe, crevettes, litchi
Esprit: je ne dis pas merci aux mauvais rêves de la nuit
Cond. phys. : yoga
Boulot : nouvelles idées à mettre en place
Culture: Un Carnet Rouge de Tatiana de Rosnay (un peu déçue) – Et je danse aussi en cours…
Penser à : faire le point sur mes projets littéraires, arrêter de procrastiner
Avis perso : je crois que j’ai assez partagé mes idées cette semaine…
Message perso: (1) la prochaine fois que tu viens sur Paris, on essaye de se voir (2) je rêve d’une journée, d’une nuit avec toi sans réveil le matin, sans obligation à gérer… (3) merci
Loulou : écoute Renaud, s’ennuie à l’école (ça commence bien!), veut des bonbons Cars, prolonge les câlins du matin et du soir (pour notre plus grand bonheur)
Amitiés : rien de neuf sous le soleil
Love : nous consacre du temps (et c’est précieux), me fait rire (c’est précieux aussi…)
Sorties : demain pour des courses et dimanche
Essentiel: se dire quand ça va bien, quand ça ne vas pas, quand on est heureux ou pas – Se parler quoi…
Courses: en ligne
Envie de: manger de la glace au chocolat avec les doigts
Photo:
Zic: Renaud justement (j’en ai tellement marre de l’entendre que je la partage!)
Fin [13:55]
Posted in Tout un poème

L’été avec toi

[:fr]

J’aimerais retrouver
La liberté de l’été
L’aisance avec laquelle
Nous pouvions contempler
La magie de ces instants
Ensemble
A s’apprivoiser

J’aimerais retrouver le temps
De partager plus
Que ces quelques heures
Volées aux jours qui passent
Au milieu du rythme trépident
De nos vies

Avoir le temps de te regarder
De te déshabiller du regard
Sentir la chaleur de tes doigts
Sur ma peau
En plein jour
Face au soleil couchant

Ne plus tenir ta main
Au creux des jours de pluie
Exposer mes sentiments
A la lueur de l’étincelle
De nos regards croisés

Notre premier hiver
Se pare de grisaille
La fraîcheur enveloppe
Mon coeur
De “je t’aime” que le matin
Emporte dans un sourire
Vers ton coeur…

[:]

Posted in Carnets de route

Quand les mots se défilent…

Je me retrouve souvent là, à cet endroit, où tant de mots ne suffisent pas à dire ce que je ressens. Moi qui pourtant les manie avec aisance la plupart du temps, ils m’abandonnent lâchement juste au moment où j’aurais le plus besoin d’eux. Je me dis dans un regard, un demi-souffle, un murmure.

Quand je regarde mon fils vivre, quand à la fin d’une journée, je pose sur lui mes yeux, quand je capte un morceau de son âme et que je respire sa présence. L’amour inonde l’espace et je reste muette face à cet état de grâce.

Quand je saisis un morceau d’avenir, quand quelque chose se dessine dans le lointain, qu’une certitude s’accroche, qu’une évidence s’attarde. La paix s’installe juste quelques minutes que je ne peux décrire.

Quand je vois sa silhouette se dessiner au bout de la rue, tout ce que je voudrais lui dire  à cet instant s’évapore dans le ciel du matin. Il ne saura pas mon cœur qui bat plus vite, les rêves bercés par sa présence, cette envie de lui qui me tire de mon sommeil. Il devra se contenter d’un sourire, qui je l’espère dit l’essentiel.

De quelle manière résonne en l’autre ce que l’on ne dit pas ?

De quelle manière résonne en moi ce que l’autre ne dit pas?

Si seulement les mots ne se défilaient pas! Si seulement…