Sur la place

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La sirène sonne. La caserne s’organise vite. Chacun a rejoint son poste en quelques secondes chronomètre en main. Rapide et efficace. Autour le monde semble tourner normalement. Pourtant à quelques kilomètres, c’est la folie. Les flammes attaquent, elles détruisent. Tout s’enflamme en quelques secondes à peine. La fumée s’étale, s’élève dans le ciel. Les corps se protègent, se jettent hors du brasier. Une mort plus aérienne.

Sur la place, l’arbre se tient, frêle, branches nues dans la fraîcheur de ce matin d’hiver. Il se souvient…

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Un parfum clandestin

Une odeur se diffuse sur les ondes. Je la suis du bout du nez. Je ferme les yeux de peur de me trouver face à un fantôme. Un parfum familier qui me tourmente, qui m’obsède. L’odeur est insoutenable. Les souvenirs s’en mêlent. Je n’aime pas ça.

Le parfum sature l’air, me coince vivante entre hier et avant-hier. Les autres avaient meilleur goût. Leur parfum se diffuse et m’enveloppe d’une douceur incertaine. Le sien me tient prisonnière, chatouille mes narines jusqu’à la nausée. Je bloque ma respiration. L’odeur encombre les alentours. Je me retourne, prête à voir son visage près du mien. Rien. D’autres visages, d’autres vies. Rien qu’un mirage engourdi. Le parfum ne se fatigue pas. Ils en usent et en abusent. Trop fort. Trop tendu. Il dessine des ombres à l’aube de mes paupières. Ce parfum m’entraine à des années lumières. J’aimerai leur dire que je suffoque.  Entêtant. Ereintant.

J’en veux un peu à Pacco Rabane.

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Crédit – Whitenoten Tumblr

Son parfum s’accroche. Je décroche. Trop de chagrin. Déjà avec lui, j’avais du mal. Maintenant que je ne l’aime plus, c’est insupportable. Cette odeur me tient à l’écart. Il faudrait leur dire de changer de parfum, d’en choisir un plus léger, plus aérien. Pour au moins m’éviter de manquer d’air, d’arrêter de respirer le temps que le choc s’estompe, que je retrouve mes esprits.

Je préfère encore Armani.

Existe-t-il des parfums qui vous font fuir? Même sans souvenirs amers? Même après le deuil d’une histoire qui a pris fin? Juste une odeur que vous ne pouvez plus supporter?

J’ai lu « un tout petit rien » de Camille Anseaume et j’ai été subjuguée

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Subjuguée c’est le mot. Ce livre m’a émue, m’a rappelé quelques souvenirs pas toujours heureux, m’a fait sourire, rire même (pas facile sur un sujet aussi délicat), m’a envoûtée, transportée, rassurée.

Au départ une histoire simple. Une jeune femme apprend qu’elle est enceinte, son amant ne veut pas de l’enfant et contre tout attente, elle décide de le garder. C’est toutes les questions que l’on se pose avant de prendre cette décision et toutes celles que l’on se pose après, tous les doutes auxquels il faut faire face, toutes les angoisses qu’il faut dépasser, tous les regards désapprobateurs avec lesquels il faut composer, qui font de ce livre une merveille, un compte-rendu poignant de cette aventure qu’est la grossesse, l’attente d’un enfant.

Camille Anseaulme nous invite à partager son quotidien, sans jamais tomber dans le dramatique, le pathétique. On prend vite fait et cause pour elle, qui tangue, dérive, s’effondre, redémarre, consciente que la vie ne sera pas un long fleuve tranquille mais qu’elle se donne les moyens au jour le jour d’en faire quelque chose de bien. On s’identifie à son malaise, son mal-être, ses rêves, ses envies, ce deuil qu’il faut faire de la famille « parfaite ».

Le style est très différent de ce qu’on a l’habitude de lire. Il y a peu de dialogue dans son récit. Mais le rythme est là. Et une fois arrivés à la fin, on a presque envie de se replonger dans le début, de retrouver la justesse de sa plume pour parler de la plus extraordinaire des expériences de la vie d’une femme.

Je vous le conseille vivement et si vous voulez en savoir plus sur Camille Anseaume, allez vite découvrir son blog Café de Filles

Irlandaise de coeur

Si j’ai les deux pieds bien ancrés dans le sol français, j’ai le cœur en Irlande. Est-ce la saison qui me remplit de nostalgie ? Est-ce le souvenir de ce dernier automne passé sur la terre de ce pays qui au fil des ans était presque devenu le mien? Est-ce les mots que je lâchais sur le papier pour évoquer ces souvenirs chers à mon cœur, alors que deux petits pieds dessinaient quelques bosses sous mon ventre ?

Quand je repense à Dublin, aux vertes vallées, aux matins frais et à cette sensation de liberté qui m’habitait, mon cœur fait quelques bonds dans ma poitrine. Je revois mes pas sur le bitume, mon visage offert au vent froid, mon appartement avec vue sur le soleil qui se lève sur les toits de la ville, encore endormie. Je connaissais chaque endroit, chaque petite rue. Je flânais souvent dans de nouveaux quartiers, appareil photo autour du cou, pour glaner des scènes de la vie quotidienne. J’aimais m’arrêter dans Temple Bar pour écouter la musique qui se déversait sur le pavé devant les pubs. Ou bien devant un groupe, quelques artistes, qui nous faisaient presque danser sur place et avaient le don de nous faire oublier nos mains glacées et nos lèvres gercées. Je me souviens des doux souvenirs, de nos soirées dans les bars à parler à de parfaits inconnus, que nous croisions à nouveau quelques semaines plus tard, à la même table, même sensation de déjà-vu. Et nos danses endiablées sur des musiques que nous connaissions par cœur. Nos fous rires mémorables au bord de la Liffey. Et tous ces coins un peu plus loin, près de la mer. Des randonnées décousues mais qui nous faisaient découvrir des paysages splendides, parfois improbables. Je revois tous ces endroits où nous nous arrêtions pour prendre un café, et un scone aussi, un carrot-cake parfois, et pour refaire le monde.

06f6a5f88b3788ac6bd04bc1c90955af_resizedCredit Image – Wee Go

Dublin, que j’ai laissé par un matin de novembre, le corps en vrac et des larmes plein les yeux. Dublin que je ne revois pas souvent. Plus d’un an maintenant que je n’ai pas foulé son sol, que je n’ai pas retrouvé la chaleur du foyer qui a accompagné mes premiers pas, que je n’ai pas embrassé mes amies, mes princesses qui ont bien grandi. Un an que je n’ai pas déambulé dans ces quartiers que j’aimais, repris mes habitudes le temps de quelques jours, pour calmer les battements de mon cœur.

Il me tarde d’y retourner, de respirer l’air empreint de pluie qui ne ressemble à aucun autre. Il me tarde de retrouver l’accent, de me créer de nouveaux souvenirs dans ce pays qui a su calmer mes doutes et me libérer de bien des questions existentielles.

Et vous, un pays que vous aimez, qui vous renverse, qui vous transporte ?

Sur le même sujet:

Dublin mon amour – Skinny Love

Interview sur C’est Parti Mon Kiki!

Et puis mon coeur va à l’Irlande – Lexie Swing

Sauter le pas #7 (Il est arrivé!)

Quand j’ai commencé cette série d’articles, mon projet n’était qu’un rêve, un rêve que j’avais envie de réaliser, mais sans bien savoir comment m’y prendre.

Puis j’ai fini par réunir quelques poèmes, en créer d’autres, trouver une ligne directrice. Et avoir un recueil. Il a ensuite fallut trouver un titre, un titre qui sonnait bien pour le message que je voulais faire passer. Car ce recueil est surtout né d’une envie de partage. Ecrire pour moi, c’est partager ce que j’apprends, ce que je comprends, ce que je ressens, partager la vie, l’amour de la vie.

J’ai fini par trouver un titre. Puis il a fallu lire, relire le tapuscrit. Corriger. Demander de l’aide pour repérer les fautes restantes. J’ai lu, relu mes mots des centaines de fois, notant des coquilles à chaque relecture, me demandant même si un jour mon document serait vierge de toute erreur.

Enfin il a été prêt. Et là, d’autres considérations sont entrées en ligne de compte. Devais-je passer par Amazon ? Ou rester sur ma première idée The Book Edition ? Je me suis posée pas mal de questions, pour finir par revenir à mon choix de base. A l’avenir, je verrais. Pour moi, il devenait presque urgent de me lancer. Car j’avoue que devant la dernière ligne droite, j’ai pas mal hésité.

Et puis en quelques clics, le temps de trouver une photo pour ma couverture, d’écrire quelques mots au verso, et après quelques heures d’attente pour sa validation, j’ai vu mon livre apparaître sur mon écran. Le rêve devenu réalité !

Le fait d’avoir partagé toutes ces étapes avec vous m’a beaucoup aidé à aller au bout, à oser me lancer. MILLE MERCI.

Je suis donc heureuse et honorée de vous présenter :

Acheter L'essence de l'être

Ps – J’ai choisi un prix (6.50€) que je pense correct, car c’est un petit livre d’à peine 60 pages. A s’offrir ou à offrir donc. Sans modération !

Ps 2 – J’entame une nouvelle phase dans ce projet, la phase de promotion. J’y connais peu de choses mais j’ai envie d’apprendre. Alors restez connectés. Je reviens d’ici la semaine prochaine avec quelques surprises !

De la douceur de vivre et des jolies choses

Il y a quelques semaines je découvrais le blog de Mylène et son invitation aux défis zen. Son blog aux couleurs douces et sa voix claire et apaisante m’ont donné envie d’en savoir davantage. Et je me suis lancée dans l’aventure, un carnet,un crayon et moi en guise d’unique bagage.

J’ai pris le train en cours de route mais j’ai eu envie de me concentrer sur le premier défi avant d’en entamer un quelconque sur les douze que Mylène avait déjà traité.

Les questions tournaient autour de notre quotidien, de nos relations, de notre confiance, de notre positivité, de notre épanouissement. Prendre quelques instants pour réfléchir à moi, à ma vie m’ont été très bénéfiques. J’ai surtout remarqué que je m’étais totalement détachée de la souffrance comme mode de vie, de survie. Pendant longtemps souffrir me donnait une raison d’exister. J’avais la fausse impression de contrôler les choses de cette manière. Ne plus souffrir, c’était presque accepter de ne servir à rien, de n’être rien. Sans combat à mener, mon existence me paraissait vide, fade et sans âme.

Aujourd’hui vivre me suffit. Je ne cherche pas de raison particulière à mon existence. Je me pose moins de questions. Je me sens blessée un peu parfois, à fleur de peau. Mais rien à voir avec la souffrance comme moteur pour avancer. Qu’il est doux de vivre et d’aimer la vie, de l’aimer profondément, sincèrement, sans essayer de la transformer, d’aimer la vie dans toute sa complexité et sa beauté, dans toute son innocence et sa dureté parfois aussi.

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Idéaliste, oui. Optimiste, assez. Insouciante, un peu moins qu’avant. Rêveuse, sans hésiter. Passionnée, de plus en plus. Rebelle, dans l’âme. Croqueuse, de mots. Amoureuse de la vie et du monde qui tourne et m’entoure.

J’ai appris à saisir la beauté de la vie là où elle se trouvait. Parfois c’est compliqué, il faut chercher davantage, creuser. Mais dans chaque instant, même le plus noir, le plus abject, même le plus déroutant, je crois qu’il y a une goutte d’amour qui n’attend que nous pour éclore, pour faire vibrer le monde. A nous de la trouver et de la partager.

Et vous, la vie, l’amour, ça vous dit quoi ?

Farandole de mots – Mots Eparpillés Oct 2015

C’est le retour du rendez-vous interblogeurs “Mots Eparpillés – Saison 2”.

Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres & Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.

***

Les mots s’évadent par la fenêtre et viennent se perdre sur nos trottoirs. Je passe devant celui-là régulièrement et je retrouve par hasard, comme tombé du toit d’en face, quelques lettres qui se croisent pour former de jolis mots. d’amour, de souhaits divers. Mots qui scintillent même sous la pluie. Chacun sa craie, chacun ses couleurs. Chacun son idée du bonheur. Chacun ses envies de graver dans le gris des mots qui marquent, qui donnent envie d’aller au-delà des aprioris. Je contemple ces mots quand je passe. Je ne m’attarde pas toujours. Mais il y en a toujours un qui s’attache. Je pense à tous ces artistes qui embellissent mes journées, à tous ces poètes qui me font tourner la tête.

Une farandole de mots sur le trottoir, remplit d’espoir.

Oct-2015

Les mots que je préfère

Je pourrais vous parler des mots qui représentent les valeurs qui sont les miennes ou bien celles que je défends : bienveillance, justice, respect, tolérance, liberté, générosité, altruisme, espérance, compassion, partage, amour, amitié. Ou bien les mots qui m’apaisent : paix, sérénité, calme, foi, prière, pensée, être. Ou encore les mots qui me donnent des ailes : rêver, vibrer, oser, avancer, grandir, espérer.

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