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Un parfum clandestin

Une odeur se diffuse sur les ondes. Je la suis du bout du nez. Je ferme les yeux de peur de me trouver face à un fantôme. Un parfum familier qui me tourmente, qui m’obsède. L’odeur est insoutenable. Les souvenirs s’en mêlent. Je n’aime pas ça.

Le parfum sature l’air, me coince vivante entre hier et avant-hier. Les autres avaient meilleur goût. Leur parfum se diffuse et m’enveloppe d’une douceur incertaine. Le sien me tient prisonnière, chatouille mes narines jusqu’à la nausée. Je bloque ma respiration. L’odeur encombre les alentours. Je me retourne, prête à voir son visage près du mien. Rien. D’autres visages, d’autres vies. Rien qu’un mirage engourdi. Le parfum ne se fatigue pas. Ils en usent et en abusent. Trop fort. Trop tendu. Il dessine des ombres à l’aube de mes paupières. Ce parfum m’entraine à des années lumières. J’aimerai leur dire que je suffoque.  Entêtant. Ereintant.

J’en veux un peu à Pacco Rabane.

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Crédit – Whitenoten Tumblr

Son parfum s’accroche. Je décroche. Trop de chagrin. Déjà avec lui, j’avais du mal. Maintenant que je ne l’aime plus, c’est insupportable. Cette odeur me tient à l’écart. Il faudrait leur dire de changer de parfum, d’en choisir un plus léger, plus aérien. Pour au moins m’éviter de manquer d’air, d’arrêter de respirer le temps que le choc s’estompe, que je retrouve mes esprits.

Je préfère encore Armani.

Existe-t-il des parfums qui vous font fuir? Même sans souvenirs amers? Même après le deuil d’une histoire qui a pris fin? Juste une odeur que vous ne pouvez plus supporter?

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Irlandaise de coeur

Si j’ai les deux pieds bien ancrés dans le sol français, j’ai le cœur en Irlande. Est-ce la saison qui me remplit de nostalgie ? Est-ce le souvenir de ce dernier automne passé sur la terre de ce pays qui au fil des ans était presque devenu le mien? Est-ce les mots que je lâchais sur le papier pour évoquer ces souvenirs chers à mon cœur, alors que deux petits pieds dessinaient quelques bosses sous mon ventre ?

Quand je repense à Dublin, aux vertes vallées, aux matins frais et à cette sensation de liberté qui m’habitait, mon cœur fait quelques bonds dans ma poitrine. Je revois mes pas sur le bitume, mon visage offert au vent froid, mon appartement avec vue sur le soleil qui se lève sur les toits de la ville, encore endormie. Je connaissais chaque endroit, chaque petite rue. Je flânais souvent dans de nouveaux quartiers, appareil photo autour du cou, pour glaner des scènes de la vie quotidienne. J’aimais m’arrêter dans Temple Bar pour écouter la musique qui se déversait sur le pavé devant les pubs. Ou bien devant un groupe, quelques artistes, qui nous faisaient presque danser sur place et avaient le don de nous faire oublier nos mains glacées et nos lèvres gercées. Je me souviens des doux souvenirs, de nos soirées dans les bars à parler à de parfaits inconnus, que nous croisions à nouveau quelques semaines plus tard, à la même table, même sensation de déjà-vu. Et nos danses endiablées sur des musiques que nous connaissions par cœur. Nos fous rires mémorables au bord de la Liffey. Et tous ces coins un peu plus loin, près de la mer. Des randonnées décousues mais qui nous faisaient découvrir des paysages splendides, parfois improbables. Je revois tous ces endroits où nous nous arrêtions pour prendre un café, et un scone aussi, un carrot-cake parfois, et pour refaire le monde.

06f6a5f88b3788ac6bd04bc1c90955af_resizedCredit Image – Wee Go

Dublin, que j’ai laissé par un matin de novembre, le corps en vrac et des larmes plein les yeux. Dublin que je ne revois pas souvent. Plus d’un an maintenant que je n’ai pas foulé son sol, que je n’ai pas retrouvé la chaleur du foyer qui a accompagné mes premiers pas, que je n’ai pas embrassé mes amies, mes princesses qui ont bien grandi. Un an que je n’ai pas déambulé dans ces quartiers que j’aimais, repris mes habitudes le temps de quelques jours, pour calmer les battements de mon cœur.

Il me tarde d’y retourner, de respirer l’air empreint de pluie qui ne ressemble à aucun autre. Il me tarde de retrouver l’accent, de me créer de nouveaux souvenirs dans ce pays qui a su calmer mes doutes et me libérer de bien des questions existentielles.

Et vous, un pays que vous aimez, qui vous renverse, qui vous transporte ?

Sur le même sujet:

Dublin mon amour – Skinny Love

Interview sur C’est Parti Mon Kiki!

Et puis mon coeur va à l’Irlande – Lexie Swing

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Sauter le pas #7 (Il est arrivé!)

Quand j’ai commencé cette série d’articles, mon projet n’était qu’un rêve, un rêve que j’avais envie de réaliser, mais sans bien savoir comment m’y prendre.

Puis j’ai fini par réunir quelques poèmes, en créer d’autres, trouver une ligne directrice. Et avoir un recueil. Il a ensuite fallut trouver un titre, un titre qui sonnait bien pour le message que je voulais faire passer. Car ce recueil est surtout né d’une envie de partage. Ecrire pour moi, c’est partager ce que j’apprends, ce que je comprends, ce que je ressens, partager la vie, l’amour de la vie.

J’ai fini par trouver un titre. Puis il a fallu lire, relire le tapuscrit. Corriger. Demander de l’aide pour repérer les fautes restantes. J’ai lu, relu mes mots des centaines de fois, notant des coquilles à chaque relecture, me demandant même si un jour mon document serait vierge de toute erreur.

Enfin il a été prêt. Et là, d’autres considérations sont entrées en ligne de compte. Devais-je passer par Amazon ? Ou rester sur ma première idée The Book Edition ? Je me suis posée pas mal de questions, pour finir par revenir à mon choix de base. A l’avenir, je verrais. Pour moi, il devenait presque urgent de me lancer. Car j’avoue que devant la dernière ligne droite, j’ai pas mal hésité.

Et puis en quelques clics, le temps de trouver une photo pour ma couverture, d’écrire quelques mots au verso, et après quelques heures d’attente pour sa validation, j’ai vu mon livre apparaître sur mon écran. Le rêve devenu réalité !

Le fait d’avoir partagé toutes ces étapes avec vous m’a beaucoup aidé à aller au bout, à oser me lancer. MILLE MERCI.

Je suis donc heureuse et honorée de vous présenter : L’essence de l’être

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Ps – J’ai choisi un prix (6.50€) que je pense correct, car c’est un petit livre d’à peine 60 pages. A s’offrir ou à offrir donc. Sans modération !

Ps 2 – J’entame une nouvelle phase dans ce projet, la phase de promotion. J’y connais peu de choses mais j’ai envie d’apprendre. Alors restez connectés. Je reviens d’ici la semaine prochaine avec quelques surprises !

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De la douceur de vivre et des jolies choses

Il y a quelques semaines je découvrais le blog de Mylène et son invitation aux défis zen. Son blog aux couleurs douces et sa voix claire et apaisante m’ont donné envie d’en savoir davantage. Et je me suis lancée dans l’aventure, un carnet,un crayon et moi en guise d’unique bagage.

J’ai pris le train en cours de route mais j’ai eu envie de me concentrer sur le premier défi avant d’en entamer un quelconque sur les douze que Mylène avait déjà traité.

Les questions tournaient autour de notre quotidien, de nos relations, de notre confiance, de notre positivité, de notre épanouissement. Prendre quelques instants pour réfléchir à moi, à ma vie m’ont été très bénéfiques. J’ai surtout remarqué que je m’étais totalement détachée de la souffrance comme mode de vie, de survie. Pendant longtemps souffrir me donnait une raison d’exister. J’avais la fausse impression de contrôler les choses de cette manière. Ne plus souffrir, c’était presque accepter de ne servir à rien, de n’être rien. Sans combat à mener, mon existence me paraissait vide, fade et sans âme.

Aujourd’hui vivre me suffit. Je ne cherche pas de raison particulière à mon existence. Je me pose moins de questions. Je me sens blessée un peu parfois, à fleur de peau. Mais rien à voir avec la souffrance comme moteur pour avancer. Qu’il est doux de vivre et d’aimer la vie, de l’aimer profondément, sincèrement, sans essayer de la transformer, d’aimer la vie dans toute sa complexité et sa beauté, dans toute son innocence et sa dureté parfois aussi.

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Idéaliste, oui. Optimiste, assez. Insouciante, un peu moins qu’avant. Rêveuse, sans hésiter. Passionnée, de plus en plus. Rebelle, dans l’âme. Croqueuse, de mots. Amoureuse de la vie et du monde qui tourne et m’entoure.

J’ai appris à saisir la beauté de la vie là où elle se trouvait. Parfois c’est compliqué, il faut chercher davantage, creuser. Mais dans chaque instant, même le plus noir, le plus abject, même le plus déroutant, je crois qu’il y a une goutte d’amour qui n’attend que nous pour éclore, pour faire vibrer le monde. A nous de la trouver et de la partager.

Et vous, la vie, l’amour, ça vous dit quoi ?

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Farandole de mots – Mots Eparpillés Oct 2015

C’est le retour du rendez-vous interblogeurs “Mots Eparpillés – Saison 2”.

Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de  Margarida Llabres & Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist.

***

Les mots s’évadent par la fenêtre et viennent se perdre sur nos trottoirs. Je passe devant celui-là régulièrement et je retrouve par hasard, comme tombé du toit d’en face, quelques lettres qui se croisent pour former de jolis mots. d’amour, de souhaits divers. Mots qui scintillent même sous la pluie. Chacun sa craie, chacun ses couleurs. Chacun son idée du bonheur. Chacun ses envies de graver dans le gris des mots qui marquent, qui donnent envie d’aller au-delà des aprioris. Je contemple ces mots quand je passe. Je ne m’attarde pas toujours. Mais il y en a toujours un qui s’attache. Je pense à tous ces artistes qui embellissent mes journées, à tous ces poètes qui me font tourner la tête.

Une farandole de mots sur le trottoir, remplit d’espoir.

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Les mots que je préfère

Je pourrais vous parler des mots qui représentent les valeurs qui sont les miennes ou bien celles que je défends : bienveillance, justice, respect, tolérance, liberté, générosité, altruisme, espérance, compassion, partage, amour, amitié. Ou bien les mots qui m’apaisent : paix, sérénité, calme, foi, prière, pensée, être. Ou encore les mots qui me donnent des ailes : rêver, vibrer, oser, avancer, grandir, espérer.

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Etre comme…

Combien sommes-nous à vouloir « être comme » ?

Comme toi. Comme lui ou elle. Moins sensible. Plus extraverti(e). Moins bordélique. Plus drôle. Plus classe. Moins consciencieux (se). Je voudrai être fort(e), ne pas pleurer, ne pas rire quand il faut pleurer, ou pleurer quand tout le monde rit.

Combien sommes-nous à vouloir « être comme ». La vie des autres semble toujours plus agréable. Les autres nous paraissent toujours plus parfaits que nous, leurs défauts ne sont jamais les nôtres et leurs qualités font le contrepoids.

Mais à trop vouloir « être comme », on oublie d’être soi. On passe à côté de nos vies, en pensant que chez l’autre tout est plus simple. Pourtant si on interroge les autres, on est presque sûr d’entendre le même refrain. Moins extraverti(e). Plus serein(e). Moins altruiste. Plus volubile. Moins timide.

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On passe notre temps à nous comparer aux autres, à vouloir leur ressembler, en oubliant que d’autres cherchent, eux, à être comme nous sommes. Au fond, on n’est jamais content de ce qu’on est. Et on perd son temps à rêver d’être quelqu’un d’autre.

On voudrait que nos amis, nos amants, nos parents nous aiment tels que nous sommes, mais nous sommes incapables d’en faire de même envers nous-mêmes. A trop vouloir être un(e) autre, les autres finissent par ne plus savoir où donner de la tête. Et quand ils nous disent nous aimer tels que nous sommes, nous plongeons dans l’autocritique systématique, histoire de leur prouver qu’ils ont tort sur toute la ligne.

Quand on a compris ça, on a une chance de sortir du cercle vicieux. Au lieu de regarder les autres, on se penche sur soi, sur ce qu’on peut changer en soi, parce que tel trait de caractère ne nous convient plus, telles pensées ne sont plus en accord avec les personnes que nous devenons. On prend du temps pour soi, pour mieux se connaître, pour mieux s’accepter. Et on se rend compte aussi qu’il n’y a pas une norme, une façon d’être, que nous sommes tous différents et que c’est notre chance.

Arrêtons de vouloir ressembler aux autres et misons tout sur nous. Nous avons tout à y gagner. Et le reste du monde aussi. Le monde a besoin de personnes qui s’apprécient, qui s’aiment pour montrer l’exemple.

Et vous, comment vous aimez-vous ? 

Article écrit pour le Webzine So Busy Girls

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Envie de:

  • Partir sur une plage et seule face à la mer, crier, sortir tout ce que j’ai sur le cœur et que je n’arrive ni à mettre par écrit, ni à dire
  • Passer du temps chez moi, avec moi-même, faire ce que je veux quand je veux
  • Regarder mon petit escargot grandir sans me demander sans cesse « est-ce que je suis à la hauteur ? »
  • D’arrêter de me plaindre d’une situation familiale dans laquelle je suis et qui va encore perdurer quelques mois, mais que je n’ai pas le pouvoir de changer pour le moment
  • De ne plus me poser de questions sur tout, tout le temps
  • D’apprendre à être patiente, d’accepter le facteur temps
  • D’accepter mes parents comme ils sont, même quand tout en eux m’épuise, même quand on se dispute sur des questions d’éducation et que je dois me plier à leur manière de voir les choses
  • M’arrêter pour respirer, pour appliquer à moi-même les sages conseils que je donne aux autres
  • Rencontrer du monde, de faire entrer la vie dans le mien, sans que cela génère angoisse ou culpabilité
  • Prendre du temps pour réfléchir à ma vie, au sens que je veux lui donner, à ce qui me rend heureuse
  • Changer certaines choses en douceur
  • D’être plus légère, de me sentir moins petite, moins fragile, moins à fleur de peau sans cesse
  • Vivre intensément, avec bonheur et le cœur remplit d’amour

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My Little Box

J’ai envie de toutes ces choses et j’y travaille. Mais si certains jours le chemin me semble paisible et sûr, d’autres fois je perds le rythme, je m’épuise vite et j’ai des vertiges. L’ascension est longue, mais j’avance et j’y crois.

Posted in Tout un poème

Voyage au bout de Paris…

 De ligne en ligne

Les saisons défilent

Paris se pare de parfums sublimes

 ***

De rame en rame

Les esprits s’évadent

Paris dévoile ses états d’âme

De quai en quai

Les destins se croisent

Paris effraye, Paris est gai

 ***

Des centaines de stations

Argentine, Notre-Dame, Châtelet, Nation

Paris fait chavirer nos cœurs à l’unisson

Posted in Carnets de route

Accepter de ne pas tout contrôler & Lâcher-prise

Elle regarde par le balcon. Les arbres dehors frissonnent sous l’assaut du vent. L’automne s’installe, de plus en plus doucement au fil des ans, laissant le temps à chacun de s’habituer aux jours qui rétrécissent, à la fraîcheur qui cueille à vif au petit matin. Elle regarde les arbres perdre leurs feuilles. Dans quelques jours, on verra à travers, et elle n’aura plus à se pencher pour apercevoir un bout du soleil derrière la masse compacte verte. Quand elle surprend une feuille s’envoler, elle s’arrête un instant, contemple sa chute vertigineuse. La feuille semble paisible, comme si elle avait accepté depuis longtemps sa destinée.

Ce matin elle s’est encore brouillée avec Léon. Rien n’y fait. Elle n’arrive pas à passer outre son mauvais caractère, ses idées bien arrêtées sur tout. Elle est pourtant pleine de bonnes intentions le matin au réveil mais tout s’effondre rapidement. Léon ne semble pas comprendre pourquoi elle s’énerve de la sorte, pour un rien. Ils n’ont pas la même conception des choses, voilà tout. Il faudrait pouvoir faire avec, lâcher prise, regarder la situation de l’extérieur et ne pas prendre la mouche dès que Léon fait, maladroitement, une réflexion. Toutes les réflexions de Léon semblent remettre en cause ce qu’elle est, comment elle vit, comment elle pense. Et son manque de confiance n’arrange rien à la situation, elle en a pleinement conscience.

Elle doit bien l’avouer, ils sont tous les deux têtus. Et si elle abdique, très souvent, c’est pour avoir la paix. Tandis qu’à l’intérieur d’elle, ça bouillonne, elle est dans tous ses états et elle part souvent furieuse, laissant la porte claquer derrière elle, derrière Léon encore tout contrarié.

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En contemplant la nature ce matin, elle se dit qu’il y a certaines choses qu’il faut savoir accepter dans la vie, certaines situations que nous n’avons pas le pouvoir de changer. Si on ne les accepte pas, elles finissent par nous pourrir l’existence, pour rien. Elle se dit que Léon ne changera pas, pas pour elle en tous cas. Elle se dit que c’est à elle, de faire le chemin, pas pour lui, pour elle, pour son bien-être personnel au quotidien.

Elle comprend soudain qu’elle a le contrôle, que tout dépend de sa façon de percevoir les personnes, les expériences. C’est déjà plus rassurant que de se dire que rien ne changera car Léon semble avoir été créé pour lui pourrir l’existence et qu’elle n’a aucun pouvoir d’inverser la vapeur. Elle ne sait pas comment elle va s’y prendre, ni comment elle va arriver à dépasser tout ça, mais elle sait qu’il est temps d’essayer, temps de se lancer dans ce nouveau chantier.

Posted in Les Instantanés Singuliers

Les Instantanés Singuliers sont de retour! (#7)

Je ne savais pas sincèrement si j’allais continuer ce rendez-vous puis un beau matin, j’ai reçu un message de Miss Fujji, puis un d’Onee. Elles m’ont convaincue de ne pas abandonner ce projet.

Et me revoilà !

Je ne vais pas changer le fond du rendez-vous mais un peu la forme, pour que ce soit plus simple pour moi à gérer.

Désormais, je ferai un récapitulatif de vos Instantanés le 05 de chaque mois (avec ma photo coup de cœur) et je vous annoncerais le prochain thème dans le même billet. Vous aurez jusqu’au 25 du mois pour me proposer vos clichés. Je rappelle que c’est un rendez-vous “photo” avant tout, mais que votre (vos) photo(s) peut être accompagnée d’un texte, de quelques mots. A vous de choisir ce qui vous convient le mieux!

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Papa, Inch’Allah!

Si tu étais là, près de moi, je te dirais quoi?

Je te donnerais de nos nouvelles. Je te dirais que je grandis bien sans toi. Je te dirais sûrement que j’ai des tonnes de choses à te raconter mais que je ne sais pas par où commencer. Je te dirais que je suis heureux. Mais pas tous les jours. La vie ce n’est pas le monde des « Bisounours » papa. Je suis petit mais j’ai déjà compris ça. D’ailleurs des « Bisounours », tu ne sais pas à quoi ça ressemble, je ne sais pas pourquoi je te parle d’eux alors, peut-être parce que j’en ai retrouvé deux cet été dans le grenier. Maman m’a laissé les toucher. Ils étaient encore bien doux.

Je te dirais que maman me fait rire. Je crois qu’elle riait un peu avec toi aussi mais son rire s’est vite fané. Je ne sais pas pourquoi et si je te demandais, tu ne me le dirais sûrement pas. Est-ce que tu le sais vraiment ? Est-ce que tu la connais vraiment, ma maman ?

Maman me parle de toi, me montre des photos. Je sens bien qu’elle le fait pour moi, pour garder le contact. Mais qu’à chaque fois, un peu moins avec le temps, son cœur se serre à l’évocation d’un quelconque souvenir de votre passé commun. Elle me raconte des histoires de ton pays et de ta religion aussi. Si tu voyais ça, tu n’en reviendrais pas.

Et puis on chante beaucoup avec maman aussi. J’aime la voir heureuse. Quand j’étais dans son ventre, je sentais bien que quelque chose clochait. Mais elle s’accrochait. Et moi aussi. J’avais décidé de vivre.

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Au début je ne te voyais pas. Et puis j’ai commencé à te voir, quatre heures par mois. J’ai beaucoup pleuré au début. Et puis je me suis habitué à quitter la main de maman pour passer deux heures avec toi, deux samedis par mois. Quand je sortais de la visite, j’étais toujours barbouillé de chocolat et j’avais des paquets plein les bras. J’étais content de retrouver maman mais un peu triste de te voir partir loin, sans moi.

J’ai des copains et des copines à la crèche qui ont leur papa et leur maman. Alors parfois je ne comprends pas pourquoi pour moi ce n’est pas pareil. Maman me dit que c’est une histoire de grands, qu’en grandissant je comprendrais mieux. Je la crois. Elle me dit aussi qu’elle fait tout ça pour me protéger. De quoi ? C’est dur pour moi de me dire que toi, mon papa, tu pourrais faire quelque chose qui rendrait maman très malheureuse. Mais bon, les grands c’est compliqué. Moi, je préfère de loin, serrer mon doudou dans mes bras, quand j’en ai gros sur la patate, quand ça ne va pas.

Depuis le début de l’été, je ne te vois plus. Tu me téléphones tous les samedis et j’entends le son de ta voix. Mais je ne te parle pas. Et quand je te parle tu ne comprends pas. Ta langue et la mienne sont différentes. Ce n’est pas facile papa. Maman est de plus en plus à l’aise avec toi. Elle en a fait du chemin, tu sais. Elle t’en veut moins ou bien elle est passée à autre chose. Elle regarde vers l’avenir en ce moment et je peux te dire que je suis rassuré.

C’est bizarre papa, tu ne m’appelles jamais par mon prénom. Tu dis « habibi » à la place. Je ne comprends pas pourquoi. Mais une fois de plus, il doit s’agir d’affaires de grands. Je ne m’en mêle pas. L’autre jour je t’ai chanté une chanson, tu as eu l’air d’apprécier. Mais tu as dû dire de drôles de choses à maman après car en raccrochant elle n’était pas très contente. Tu as le don de la mettre en colère, plus que moi parfois. C’est étrange, tu n’es plus un petit garçon, papa.

Je pourrais t’en dire encore, te dire que Nana et tonton m’adorent, que Didi et Dada m’entourent de plein d’amour, que toutes les amies de maman sont mes tatas, que j’ai deux arrière-grands-mères complètement gaga ! Dans ma chambre, il y a un pêle-mêle de photos que maman a fait quand j’étais petit. Il y a une photo sur laquelle je ne reconnais personne. Maman me dit qu’il y a ta maman et d’autres « tatas », qu’un jour on ira là-bas elle et moi. Je crois que tu lui as déjà demandé de m’emmener pour les vacances et qu’elle ne veut pas. Elle ne cédera pas. Tu crois parfois qu’en étant gentil, elle va finir par dire oui. Moi, je peux te dire qu’elle est douce maman, mais qu’elle ne rigole pas. Quand elle dit « non », elle si tient. Même si après je me roule par terre et que je crie, que je tape. Rien n’y fait.

A la fin, je finis dans ses bras. Elle me dit qu’elle m’aime et que rien ne nous séparera. J’ai bien conscience d’avoir le droit à un traitement de faveur.

Voilà Papa. Tu connais un peu de ma vie, moi rien de la tienne. J’espère qu’un jour tu me la raconteras. Rien que la vérité, d’accord. Sinon je risque fort de t’en vouloir. Ce serait dommage.

Comme on dit chez toi papa, Inch’Allah !

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Au fait, pourquoi j’écris?

Voilà la question qui m’est venue quand j’ai reçu une réponse positive de la part d’une des Maisons d’édition à laquelle j’avais confié mon manuscrit de poésie. A l’envoi je n’avais pas réalisé qu’il s’agissait d’une maison qui publiait à compte d’auteur et qu’elle allait donc me proposer un contrat en échange d’une coquette somme d’argent, bien entendu.

Passé le cap de la surprise, de la joie, je me suis posée un moment pour réfléchir.

A la question posée par de nombreuses personnes, je réponds souvent que pour moi écrire c’est comme respirer. Mais je pourrai aussi dire que j’écris comme d’autres cuisinent ou cousent, peignent, sculptent, méditent…La liste est longue. J’aime bien manger et faire à manger mais je passe rarement des heures en cuisine, je tente rarement des recettes compliquées. J’aime coudre, mais pour mes proches, des amis, c’est joli et ça me détend beaucoup. J’aime la photo, accrocher des instants, saisir des opportunités, mais vous ne me verrez jamais prendre des tonnes de cours ou passer ma vie l’appareil accroché à mon cou.

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Alors qu’écrire c’est différent. Le monde m’inspire et je ressens sans cesse le besoin de faire parler ce monde. J’écris aussi pour moi. Je note dans un journal mes pensées, mes idées, la manière dont j’évolue, dont je grandis. J’aime aussi écrire pour les autres.

En fin de compte j’écris pour ça, pour créer un échange. Aider avec les mots, mes mots. Et transformer les maux, les miens et ceux des autres par la même occasion. Mes textes sont souvent empreints d’un peu de noir et de lumière. Parce que c’est mon expérience. Au bout du tunnel, la lumière. Et de plus en plus de lumière au milieu du tunnel. Et enfin un tunnel lumineux. On ne pourra jamais effacer le chagrin de la vie. Il en fait partie. Mais on peut apprendre à marcher dans le noir, en toute sérénité. D’ailleurs parfois on marche dans la lumière et dans notre cœur, c’est le noir le plus total.

Quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, comme beaucoup je répondais écrivain. Qu’est-ce qu’être écrivain réellement ? (vous le saurez à la sortie de mon essai sur le sujet !)

J’ai l’impression que je le suis déjà, ici. Un peu, du moins.

Et s’il est vrai que j’ai envie que mon message touche le plus grand nombre, je ne suis pas pour autant prête à tout accepter pour obtenir ce que beaucoup considère comme le St Graal – Etre publié par une maison d’édition !

Et vous, qu’est-ce qui vous motive dans l’écriture ? Ou bien dans la passion qui est la vôtre ?

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Vers une nouvelle vie…

La route s’étend à perte de vue. L’horizon au loin, le ciel sur l’horizon, la lune au creux du ciel. Et la nuit qui envahit la terre. Quelques lueurs dessinent des ombres. Des habitations inconnues. En s’approchant, on distingue des rires, des éclats de voix, à la lueur de bougies qui racontent une histoire.

Loin. Loin de tout ce qu’elle connait, de tout ce en quoi elle croit, Emma reprend goût à la vie, qui bat dans ses veines, qui glisse le long de son cou, qui s’attarde dans les vaisseaux qui mènent à son cœur, fragile. L’horloge du temps semble s’être arrêtée sur une heure précise, celle de la chute ou de la naissance à venir. Le tic-tac qui la faisait se cacher la tête sous l’oreiller n’est qu’un lointain souvenir.

Elle marche, sac sur le dos et dos en vrac. Elle marche, pieds nus sur l’asphalte, vers d’autres horizons, vers un ailleurs qu’elle espère meilleur. Chacun de ses pas l’éloigne de sa colère, de ses peurs, de son mal-être. Elle laisse derrière tout ce qui pèse trop lourd et ne sert à rien, les doutes, les angoisses. Son corps devient plus léger. Son esprit se vide au fur et à mesure et la sérénité gagne du terrain. Elle se sent pousser des ailes sur ce nouveau chemin.

Les bruits de la nuit ne l’effrayent plus autant. Elle a appris à composer avec eux, à prêter l’oreille, à rester silencieux, à anticiper le danger. Elle se souvient encore comment bloquer sa respiration quelques minutes. Puis Elle expire à pleins poumons, expulsant ses démons, prête à repartir.

Sur la route, elle s’attache à sa solitude. Elle se redécouvre, plus forte. L’écho de sa propre voix la rassure. Elle se souvient qu’hier sa voix lui filait des frissons. Emma détestait s’entendre, encore moins se regarder dans le miroir. Aujourd’hui elle se regarde de l’intérieur et arrive même à se trouver belle.

Au loin se dessine l’inconnu, l’étrange étranger. Emma marche vers lui le cœur léger, prête à s’offrir la vie dont elle a toujours rêvé.

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Ceci est ma participation à l’atelier des Jolies Plumes d’Octobre, dont le thème est :

« Nous emmenons vos héros tout au bord, seuls ou accompagnés, face à l’immensité des paysages tout devant et tout autour, face à l’étroitesse des sous-bois, face au vide, face aux plaines, face à leurs limites, face à leurs pensées. A quoi pensent vos héros au creux de ces chemins pris comme pour s’échapper ? Pourquoi ont-ils entrepris ce voyage ? Que ressentent-ils face à ces paysages lointains ? Joyeux, tourmentés, profonds, légers… » WILD

Pour participez à ces ateliers, écrivez à : latelierdesjoliesplumes@gmail.com. Célie et Fabienne se feront un plaisir de vous accueillir.

Les autres participants: Le Paradigm / Goldfish Gang / Miss G / Memories from anywhere /