Posted in Carnets de route

Pourquoi faudrait-il suivre le Mondial pour être quelqu’un de « cool » ?

En ce moment je suis en train de travailler sur toutes ces idées reçues qu’on a et qui nous empêchent d’être pleinement nous-mêmes. Moi aussi j’en ai. J’ai beau vouloir m’en détacher, certaines s’accrochent et me submergent, me faisant craindre des situations, alors même qu’il n’y a pas de crainte spéciale à avoir.

En ce moment, le foot est à l’honneur. Vous pouvez difficilement passez à travers les nouvelles de nos chers footballeurs (ni de leurs coupes de cheveux hideuses originales).

Au bureau, les plus passionnés ont lancé les paris. Un groupe s’est formé et tous les jours, on a un point sur l’avancée des résultats. Il va sans dire que moi, je ne suis pas le foot. C’est comme ça. Je n’aime pas particulièrement le sport à la télévision. Je ne suis pas une grande fan non plus. Je peux regarder mais je ne me coltinerais pas tous les matchs, sous prétexte que c’est « in » en période de coupe du monde, de se planter derrière son écran, d’avaler une bière en mangeant des pizzas surgelées et de hurler dès que la France marque un but.

57959bb7250dd13c40c4ced0da895962

Donc au bureau, je passe pour une fille pas « cool ». Et les railleries vont bon train. Elles ne sont pas méchantes, mais au bout d’un moment ça saoule. Parce que ne pas regarder le foot, ne fait pas de moi une conne.

Ca c’est comme quand je dis que je ne bois pas d’alcool. Dans ma jeunesse (mémé Marie bonjour !!), j’ai essayé comme tout un chacun, je me suis même forcée parfois, pour être comme tout le monde. Maintenant, j’assume. Je n’aime pas l’alcool et je n’en consomme pas. Ce n’est pas pour autant que je n’aime pas faire la fête. Ce n’est pas pour autant que je ne suis pas de bonne compagnie en soirée.

En résumé, qu’on arrête de nous coller des étiquettes toutes faites sur le visage, sous prétexte que telle ou telle chose est dans le vent, et que si nous allons contre le vent, et bien nous ne sommes pas très intéressants.

Au final, je n’ai rien contre les gens qui regardent le foot ou qui aiment prendre un apéritif. Il faut de tout pour faire un monde (au passage merci à tous ceux qui enrichissent les caisses de Pizza Hut, qui redonnent le moral aux français et font vivre l’économie !), du moment que chacun fait les choses par plaisir et ne se sent pas obligé de se comporter de telle ou telle manière, pour être accepté.

Posted in Emprise et Renaissance

J’ai testé pour vous – Les visites familiales médiatisées

Vous avez toutes plus ou moins suivies mes déboires en matière de divorce et droits de visite. Pour faire court, Tonio la Fouinette voit désormais son papa en centre médiatisé fermé, à raison de deux fois par mois, sur décision du Juge aux Affaires Familiales.

La première rencontre a eu lieu le 07 Juin. La première rencontre ne dure que 1h30. C’est une façon de préparer l’enfant et le parent visiteur pour la suite. Les autres rencontres durent 2h00.

C’est très simple. Je dépose mon petit loup avec Mister Lapin (son doudou) à 16h15 précises. J’ai eu le malheur d’arriver avec 3 minutes d’avance cette semaine et je me suis fait moucher. Lui et moi, nous attendons, avec d’autres parents et enfants (beaucoup plus de mamans que de papas d’ailleurs) dans une petite salle. Une fois que le parent visiteur est arrivé, la personne en charge des visites vient nous chercher et amène ma Fouinette à son papa.

Ma psy avait eu beau me rassurer, j’ai vraiment eu l’impression de déposer un colis. Et encore plus de revenir chercher un colis. Ces visites sont vraiment un moyen de rétablir ou d’établir (dans notre cas, puisqu’en 16 mois, Tonio la Fouinette n’avait vu son papa qu’une seule fois) le lien parent/enfant. Mais aucun rapport ne nous est fait à l’issu de la visite. On ne sait jamais si la rencontre s’est bien passée ou non.

La première fois, tout le monde était très sympathique. Tonio la Fouinette avait un peu pleuré mais sans plus. Quand j’étais venue le rechercher, une jeune femme m’avait aidée à caser tous les sacs apportés par Roger dans la poussette. Et mon petit homme avait le sourire aux lèvres. Il a scandé « daddy » pendant plus de 8 jours.

8e2029bf1513787a36b0d9e37d7121a7

Samedi, c’était déjà plus froid comme ambiance. La personne en charge (pas psychologue pour deux sous, même si ce mot est contenu dans son intitulé de poste !) était à peine aimable. En descendant Tonio la Fouinette de sa poussette, j’avais l’impression que chacun de mes gestes était analysé sous toutes les coutures. Tonio la Fouinette a beaucoup plus pleuré que la première fois, alors même que moi, j’étais beaucoup plus décontractée. La charmante psychologue m’a quand même demandé si Monsieur n’avait pas une tétine (il n’en a pas et je crois qu’il ne s’en porte pas plus mal. Et quand il pleure, et bien ou il suce son pouce, ou il mâchouille son lapin ou encore il se blottit dans mes bras pour un petit câlin).

Quand je suis revenue le chercher, j’ai bien attendu 18h15 pour me pointer devant la porte. Ce qui fait que j’ai eu la chance de l’entendre pleurer pendant 15 minutes. La charmante psychologue n’a pas manqué de me redemander « mais il n’a pas de tétine votre fils? ». J’en ai conclu qu’il avait dû pas mal pleurer. Je n’ai pas fait de commentaire et j’ai essayé tant bien que mal de caser tous les paquets apportés par Roger dans ma petite poussette, toute en tentant de calmer les sanglots de mon petit homme. Cette fois-ci, personne ne m’a aidée. Et je me suis retrouvée avec Tonio la Fouinette dans les bras, la poussette chargée à bloc dans une main, et un sac Franprix, contenant des Perruches dans une cage bleue (quelle idée, ces Perruches !!)

Les visites en centre médiatisé sont programmées pour un an, renouvelable sur demande des parents, sur avis des psychologues en charge ou sur désion du Juge. Pour le moment, nous avons un agenda jusqu’en mai 2015. Chaque chose en son temps.

Et vous (si vous êtes divorcés bien entendu, ou enfants de parents de divorcés), ça se passe ou ça se passait comment les visites ?

Crédit Photo – Pinterest Barbara Winkelhuyzen

Posted in Variations Littéraires

Soirée d’orage

Il y avait quelque chose dans l’air de cette soirée de juin, comme un doux souffle de jasmin. Il faisait bon et je remontais l’avenue le cœur léger. J’avais envie d’amour. J’avais envie de dîners aux chandelles sous un saule pleureur. J’avais envie que quelqu’un me prenne la main et m’entraîne dans une course folle à la recherche des souvenirs d’autrefois. J’avais envie de rêves, de lettres au tendre parfum de l’herbe après l’orage.

b2981e667b1d90fa331a294ffeafa2e5_resized

Je regardais les passants saisir le temps au vol, les amoureux s’aimer comme s’ils avaient encore vingt ans. J’attendais qu’un homme me dise des mots d’amour, me désire entre deux trains pour l’infini.

J’examinais le ciel, lourd d’un orage qui grondait. Il s’est abattu sur moi et j’ai laissé l’eau m’atteindre de plein fouet. Elle glissait légère sur mes cheveux, sur mes joues fardées, sur mes bras nus. Cela faisait du bien. Je me suis sentie vivante soudain. Bien vivante. Et je me suis laissée aller à vibrer au son du clapotis de la pluie sur les pavés.

Posted in Humeurs d'Auteur

J’écris comme je respire

Je fais le constat que j’écris beaucoup ici et ailleurs depuis quelques semaines. Je n’ai pas plus d’heures qu’avant. Mais je trouve le temps, voilà tout.

J’écris un peu avant ma journée de travail. Un peu à l’heure du déjeuner et le soir. J’écris parce qu’au fond j’aime profondément ça. Ce n’est pas une drogue, comme certains pourraient le penser. Ecrire fait partie de ma vie, comme manger, boire, dormir et respirer.

Je me suis mise assez tard à l’écriture. Je devais avoir 14 ou 15 ans. Ma mère s’est longtemps battue pour que je lise. Elle pensait que lire, c’était la liberté. Elle avait raison. Lire m’a ouvert des portes et le jour où j’ai voulu moi aussi raconter une histoire, où j’ai voulu faire vivre les mots qui passaient en coup de vent dans mon cerveau, je suis passée de l’autre côté, j’ai laissé mon stylo me guider.

Quand je remets le nez dans d’anciens textes, je ne suis jamais pleinement satisfaite de moi. Je voudrai en retravailler certains. Mais bien souvent, je les laisse comme ils sont. Car c’est aussi ça que j’aime quand je fais un voyage dans mes anciens carnets, me rendre compte du chemin parcouru, voir en quel sens j’ai évolué, comment mon écriture s’est transformée pour être plus simple, plus vraie aussi, moins conforme à un style particulier, plus libre.

J’ai toujours un carnet sur moi. J’y inscris des mots, des idées, des envies. Mes articles de blog quant à eux sont écrits d’une traite. Je reviens rarement dessus ou si c’est le cas, je les publie rarement. On pourrait penser que je passe des heures à blogger, alors même que tout est souvent emballé en 15 ou 20 minutes. L’inspiration est là et je tente de la capturer avant qu’elle ne disparaisse. Si je rate cette étape, tout s’envole en fumée. Et demain me ramène rarement les mêmes idées sous la même forme. Le charme est rompu en quelque sorte.

bcf67a7f25f5611c1830c0e08b5e6761

J’écris comme je respire. J’écris avec mes tripes. Je vais au plus profond de moi pour sortir le meilleur ou bien ce qui fait mal, ce qui m’empêche d’avancer sans trébucher. Les mots me fascinent et me transportent. Et quand mes mains sont fatiguées de taper, de tenir le stylo, je regarde en silence les mots danser sur vos écrans, sur le papier blanc de vos rêves en devenir.

Parlons de vous maintenant !

Dites-moi ce que l’écriture représente pour vous ?

Dites-moi comment vous écrivez vos articles, vos nouvelles?

Dites-moi ce que vous ressentez quand vous prenez la plume ?

Posted in Variations Littéraires

Un don hors du commun

Je regarde le ciel comme si il avait le pouvoir de me tomber sur la tête et de m’anéantir d’un coup.

Toute séparation est un deuil. Comment fait-on pour reprendre goût à la vie quand tout perd de sa saveur, quand chaque minute compte double, quand le visage tant aimé d’un être n’est plus qu’un vague souvenir sur une photo froissée, quand un parfum nous ramène inéluctablement vers le passé ?

Elles savaient. Elles avaient toutes aimé et perdu. Elles avaient toutes plongé la tête sous l’eau avant moi. Elles savaient toutes qu’on s’en sortait un jour, pas tout de suite, mais plus tard, évidemment, forcément. Elles disaient toutes les mêmes mots. Elles avaient toutes les mêmes gestes de réconfort greffés sur les paumes de leurs mains. Elles scandaient toutes les mêmes idées, comme dans ces films au générique final enrobé de sucre glace. Elles me parlaient des heures au téléphone. Elles m’obligeaient à me lever, à me laver, à sortir, à affronter le vent, la pluie, à faire face au soleil sans plisser les yeux, à esquisser un sourire devant un arc en ciel. Elles ne baissaient jamais les bras devant mon manque de volonté, devant les pizzas surgelées à moitié entamées qui s’entassaient sur le carrelage de ma cuisine, devant la pile de linge qui grandissait au fil des jours, devant les machines à laver que je lançais, juste pour le plaisir de voir le linge tourner, et que je ne vidais jamais. Elles continuaient à me rendre visite, même au beau milieu de la nuit, dès que j’appelais en fait ou que mon numéro apparaissait plus de cinq fois de suite sur leur écran poussiéreux. Elles m’emmenaient en vacances, me faisaient faire du vélo sur des routes de campagne désertes, me faisaient boire du vin cher, m’embarquaient à l’autre bout du monde, sur des chemins de grande randonnée. Elles me conduisaient au travail, prenaient mes rendez-vous chez l’esthéticienne. Elles me faisaient voir du pays. Elles allaient me chercher des livres à la librairie, des livres qui parlaient de toute forme de rédemption et d’amour simple aussi. Elles y croyaient, dur comme fer. Elles y croyaient et elles me poussaient à y croire. Elles me prenaient dans leurs bras, calmaient mes soubresauts d’enfant malade, séchaient mes larmes salées, me murmuraient des mots doux, ces mots qui aident à oublier.

Elles savaient que la roue tournerait. Elles savaient que la vie ne s’arrêtait pas avec un SMS, un adieu silencieux. Elles savaient que ça faisait mal, mais que la plaie ne resterait pas ouverture éternellement. Elles savaient qu’un matin peut tout changer, qu’on fait son deuil sans en avoir l’air. Elles savaient que le jour où je n’achèterai plus son parfum, où je ne m’enroulerai plus dans son sweat en laine, où j’arrêterai d’écouter en boucle la musique de notre rencontre, elles savaient que ce jour-là je quitterai mon déguisement de veuve noire pour toujours.

Elles avaient appris que la nuit ne dure jamais plus de quelques heures. Elles avaient un don hors du commun. Elles avaient réussi à faire renaître l’espoir au milieu des cendres de ma vie.

Posted in Carnets de route

Ma très chère « Estime de Moi »

acb8c098d054e2acbb735e8ad47b1755Toi et moi, nous nous sommes perdues de vue il y a pas mal de temps déjà. Je remonte le fil des années pour me retrouver en 1987. J’étais à mi-chemin du CE1, quand tout a commencé à aller de travers. Il faut dire que mes camarades de classe n’y sont pas allés de main morte. Ils ont fait de ma vie un enfer. En attendant moi je rêvais. Les critiques se sont multipliées, les allusions fâcheuses, le racket à la sortie de l’école. Ils ont même été jusqu’à me déchirer mes vêtements dans la cour de récré. J’étais la dernière personne à être choisie pour les sports d’équipe et c’est souvent la maîtresse qui tranchait. D’ailleurs la maîtresse, parlons d’elle un peu, surtout celle de CM1 qui a cru bon d’en remettre une couche :

« Si vous voulez comprendre le passif, regardez Marie » ou encore  « Il est moche votre dessin, vous croirez que votre mère va être heureuse en recevant ça ».

Toi, mon estime, tu t’es aplatie doucement, jusqu’à ne devenir qu’un vague souvenir. J’étais nulle. Et les autres étaient dix fois mieux que moi. D’ailleurs, depuis 1987, j’ai pris le parti de ne plus penser à moi, puisque je n’en valais pas la peine. Il n’a pas fallu longtemps pour que cette idée fasse son trou.

La vie a continué avec ses hauts et ses bas. Pendant des années je ne me suis sentie bien nulle part. J’avais toujours l’impression d’être moins bien que les autres, j’avais toujours l’impression qu’un jour les gens allaient comprendre que j’étais un peu folle sur les bords, que je n’étais pas si bien que ça et allaient fuir le navire.

La peur des autres. C’est un sentiment qui m’a bousillé mon existence. J’ai fait des pieds et des mains pour reconquérir cette part de moi-même qui tirait vers le bas. Je me suis forcée. J’ai avancée.

Et au moment où je sortais un peu la tête de l’eau, où je commençais à me regarder avec des yeux plus aimants, j’ai mordu à l’hameçon d’un marin-pêcheur qui m’en a fait voir de toutes les couleurs. Pour le coup, je t’ai complètement perdue de vue, chère estime. Je t’ai nié bêtement et simplement. Il n’y avait plus d’estime. Mais surtout il n’y avait plus de moi. J’avais la certitude que lui, il avait vu juste, que je ne valais pas grand-chose. Mais que lui, comme un ange descendu du ciel, il allait me sortir de là et me révéler à mon vrai-moi.

Forcément je me suis pris les pieds dans le tapis en beauté. Plus j’étais avec lui, moins j’étais moi. Je suis devenue une étrangère. Je me suis transformée, pas seulement pour lui plaire, mais pour aussi plaire à tous les schémas de vie que je m’étais créée. Je voulais être parfaite. Je ne voulais surtout pas que les gens puissent voir à travers moi et distinguer mes faiblesses, mes peurs, mes angoisses et mon incapacité à m’aimer et à être un peu fière de moi.

Mais la roue tourne. Toujours. J’ai laissé l’étrangère derrière moi, par un soir de novembre pluvieux. J’ai rebroussé chemin, avec une valise pour seul bagage. Je me suis écroulée, épuisée. J’ai constaté que l’estime de soi était un terme dont je ne connaissais même pas la définition.

Je me suis posée. Et je me suis posée des questions. Au fond les échecs et les épreuves ne sont que des opportunités déguisées. J’avais sûrement besoin de tout ça pour revenir à moi, pour enfin comprendre que j’étais importante, que j’avais de la valeur. Quelques fois il faut toucher le fond pour voir les choses telles qu’elles sont et pouvoir les changer. (En ce sens, lire l’article de Marie Bleu Lavande ICI)

Ma chère « estime de moi », il est donc grand temps que nous nous prenions la main, et entamions ce nouveau chapitre de notre histoire commune. Merci d’être encore là, de m’avoir pardonné mes manquements et mon indifférence. Je te le promets, je vais te garder bien précieusement, je n’accepterai plus que quelqu’un te fasse du mal, ni ne te bouscule ou ne t’oppresse. Nous allons nous aimer et être heureuses, ensemble, enfin. Suis en sûre, je vais m’en donner les moyens.

Crédit Pinterest

Posted in Carnets de route

Du nord au sud, laissons tomber les clichés

On a tendance à dire que les populations du Sud sont chaleureuses, accueillantes, ouvertes, disponibles. Le soleil aidant forcément.

Les populations du Sud mais pas que. J’ai vécu plus de six ans en Irlande et je peux vous dire que je n’ai jamais rencontré de personnes aussi soucieuses des autres et heureuses de vivre que là-bas. Et le soleil n’y est pour rien. Puisque la pluie tombe près de 360 jours par an, verdissant l’herbe et donnant un éclat singulier aux paysages de l’Ile.

L’Irlande n’a pas un passé évident à assumer. La famine et les conflits hantent son histoire. Mais chacun se presse le sourire aux lèvres au Pub du coin de la rue, pour partager une Guinness, à la fin d’une bonne journée de travail. Le dimanche, c’est en famille qu’on s’y rend, pour avaler un fish&chips, un stew et un cheesecake, en regardant un bon match de Rugby, prêt à payer un verre au premier inconnu qui passe. On l’inviterait même à venir partager notre repas du dimanche soir, pour peu qu’il ne soit pas trop pressé.

En Irlande, les gens se disent facilement bonjour. Les amis de leurs amis sont leurs amis. Vous êtes chez eux comme si vous étiez chez vous. Vous finissez souvent vos soirées chez de parfaits inconnus, qui vous dérouleraient presque le tapis rouge et trouvent votre accent « charming ».

Je crois que le soleil, la chaleur, la nuit qui tombe tard sont de fausses excuses. De part et d’autre du monde, certaines personnes ont la main sur le cœur alors que d’autres s’en fichent complètement. Il y a de tout partout. Nous ne sommes pas forcément fermés parce que nous vivons dans le « nord » et forcément aimables parce que nous sommes du « sud ».

La richesse de nos échanges dépend bien de l’amour et de la générosité qui vit en chacun de nous. Le reste appartient au monde des clichés, qui souvent sont bien décevants (pas toujours!!).

4e55da2efa736790e52580d330bded5e

Crédit Image – Pinterest

Posted in Carnets de route

Questions sans réponse

On se pose des questions, des tonnes de questions même. On s’en pose tellement qu’elles s’entrechoquent entre elles, qu’elles se font mal et qu’elles ne trouvent jamais réponse à leur pied.

Je me demande même comment notre esprit fait pour être en constante ébullition, comment on ne perd pas la boule à force d’aller à droite à gauche, à force de vouloir tout savoir, tout comprendre, à force de se demander ce que sera l’avenir et quelles leçons du passé nous n’avons pas encore retenues.

Les questions demeurent en état de latence dans notre cerveau. Elles semblent disparaître de notre champ d’action, un temps, puis reviennent en force. Les « pourquoi » se succèdent, comme ceux qui sortent de la bouche des enfants, qui commencent à se tourner vers le monde qui les entoure.

On passe en quelque sorte sa vie avec une tête qui ressemble à un vrai champ de bataille. On s’interroge. On se croit fou. On laisse tomber. On se dit que si on réfléchissait moins, on serait plus heureux. On envie les moins intelligents, ceux qui avancent le nez au vent, la tête bien en place.

On ne laisse aucun espace à notre cerveau pour intégrer les quelques indices que l’on reçoit. C’est comme quand on fait une prière, on voudrait tout obtenir sur le champ, sans effort de notre part. On n’est prêt que pour les miracles.

9fb9a6f94ae6ded7e66fdce7907c6410

Ce constat m’a laissé plus d’une fois sur ma faim. Et puis un jour, entre deux métros, je me suis rendue compte que c’était une grâce de ne pas avoir toutes les réponses à toutes les questions que je me posais. Si je les avais, à quoi me servirait donc la vie ?

Je ne les ai pas encore, j’ai donc toute la vie devant moi !

Crédit Image – Pinterest

Posted in Variations Littéraires

Un grain de sable dans les rouages

Elise marche dans la rue. Autour d’elle le monde vit. En elle, c’est la débâcle. A force de positiver, elle perd les pédales. Elise ne sait plus trop bien où elle en est. Elle ne sait plus vraiment où elle va non plus ou ce qu’elle veut.

Ce midi, elle hésite encore entre le restaurant chinois du coin de la rue ou le traiteur italien. Comme souvent, elle finira avec un plat tout près de chez Picard, devant son écran d’ordinateur. Elle déteste pourtant ça, manger à l’intérieur et surfer sur le net à la recherche d’un article de pensée positive, qui la remettra sur le bon rail, en attendant la prochaine déconvenue à laquelle elle devra faire face.

C’est éreintant comme vie. Elle en a bien conscience. Elle sait qu’elle n’est pas loin du burn-out, elle aussi.

Elle sait qu’elle devrait rentrer chez elle plus tôt, au lieu de faire des heures supplémentaires qui ne riment à rien. Elle sait que les dossiers qui s’entassent sur son bureau ne font que meubler l’espace. Elle n’a bien souvent pas envie de les gérer. Elle pourrait reprendre des études, partir à l’étranger. Elle pourrait demande un congé formation ou chercher un autre poste.

Elle s’ennuie au travail. Elle s’ennuie dans sa vie. Mais personne ne s’en doute. Elle connaît presque par cœur l’art de faire semblant. Elle se répète chaque matin devant le miroir de la salle de bain, la maxime de sa mère « il faut mieux faire envie qui pitié ». Elle a le sourire facile et toujours un mot agréable au bord des lèvres. Elle s’occupe de la vie des autres, pour ne pas avoir à regarder la sienne en face.

Un grain de sable dans les rouages. Voilà ce qu’il lui faudrait. Un grain de sable qui viendrait la bousculer, la faire changer de direction, la faire prendre conscience de la réalité et de sa chute lente mais certaine. Mais les grains de sable ne tombent pas du ciel. Ce serait trop facile de ne dépendre que d’un grain de sable. Au lieu de ça, elle ira marcher sur la plage, dans l’espoir que l’endroit favorise l’émergence d’un miracle.

2092100e96c673bb5f462b01d7d25329

Crédit Image – Simi

Posted in Carnets de route

Un peu de moi (en 22 questions)

Je vais vous faire une confidence, je ne suis pas loin de d’être une vedette! J’ai été taguée deux fois. Par deux filles formidables en plus (je ne dis pas ça à chaque fois!), qui m’encouragent, me soutiennent par beau temps et aussi en cas avéré de tempête.  

Pour vous le prouver, je vais vous mettre un lien vers un de leurs articles qui m’a profondément touchée et vous verrez par vous même.

Voilà les questions de Wondersissi, une princesse aux pouvoir magiques. Son article J’ai la peau qui marque ne peut que vous séduire.

1.Ta plus belle réussite? Oser écrire et me libérer.

2. Ton premier souvenir? A la clinique pour ma première opération des yeux. J’avais à peine 3 ans, j’avais un grillage devant les yeux et ma petite sœur venait de voir le jour à l’autre bout de la ville.

3. La chanson que tu ne peux écouter sans pleurer? “Puisque tu pars” de Jean-Jacques Goldman.

4. Ton plus grand moment de solitude? Un jour où je rentrais chez moi, sous la pluie, sans parapluie, avec mes courses sous le bras. Les paquets étaient en papier. Tout d’un coup, tout est tombé au milieu de la rue, poubelle, serviettes hygiéniques et balai brosse. Je chialais comme une madeleine !

5. Le juron que tu prononces le plus? Purée de merde (pas très chic mais très efficace)

6. Le dernier film que tu as vu?  L’Arnacoeur. C’est très certainement la 15e fois que je le regarde mais je ne me lasse pas.  

7. La première chose que tu fais en te levant le matin?  Je regarde mon petit homme dormir.

8. Ce qui te fait rire à coup sûr? L’humour de Jamel Debouze. Je le vois, je me marre !

9. Ton dernier fou rire? Mon père est très fort pour me faire rire, car il écoute d’une oreille et répond souvent à côté de la plaque. Mon dernier fou rire remonte à une semaine environ. Ma mère parlait potins et Reine d’Angleterre. Mon père a répondu : « Ah bon, parce que tu l’as eu au téléphone ? »

10. Rouge à lèvres ou mascara? Ni l’un ni l’autre

11. Un truc que tu as envie de nous dire sur toi? Je suis une fille comblée.

Et voici les questions de Béawriter, toute jeune écrivain,  qui sait trouver les bon mots pour les bons sujets. Je me retrouve beaucoup dans ses écrits, réalistes, doux et inspirés (inspirants aussi!) . Son dernier article Et Si… m’a fait réfléchir.

1. Quelle est la chose qui te booste/pousse à avancer au quotidien? L’envie de vivre et de réussir ma vie

2. Comment te vois-tu dans 15ans? Epanouie dans ma vie, dans mon travail, dans ma foi, écrivain, engagée dans une association et heureuse propriétaire d’un petit coin de paradis quelque part entre la France et le Maroc.

3. Quel est le rêve le plus humiliant que tu ai fait? Tu es vraiment sûre de vouloir savoir…

4. Quelle est la personne qui compte le plus pour toi dans ton entourage? Tonio la Fouinette. La chair de ma chair forcément…

5. As-tu une musique préférée en ce moment? Si oui, laquelle? J’écoute beaucoup les classiques, Jean Ferrat en particulier. « Restera-t-il un chant d’oiseau » ou encore « Federico García Lorca ».

6. Quelle est ta série number one? Fais pas ci, fais pas ça. D’ailleurs j’attends les prochains épisodes avec impatience…

7. Si tu devais décrire la vie en 3 mots, lesquels choisirais-tu? Belle, imprévisible, mystérieuse

8. As-tu des objectifs précis pour ton blog? Ecrire plus de choses positives, créer quelques projets, me l’approprier pleinement.

9. Quel est le dernier film que tu es allé voir au cinéma? Guillaume et les garçons à table (un bijou !).

10. Quelles grandes questions (toujours sans réponses) te poses-tu souvent? Existe-t-il pour chacun d’entre nous une âme sœur ?

Quand est-ce que les hommes comprendront que nous sommes tous liés les uns aux autres, que nous sommes tous frères ?

Sommes-nous à même de créer un monde dans lequel l’Homme sera au centre de toute chose, Dieu sera la référence centrale de nos vies ?

11. Qu’est-ce que tu aimes le plus faire l’été? Marcher pieds nus !!!!!!!! (Le scoop !)

Merci à vous les filles. Je ne tague personne en retour. Mais faites vous plaisir et répondez à quelques une des ces questions si le coeur vous en dit!

96628045_to_resize_150x3000

Posted in Carnets de route

En route pour le bonheur – Etre heureux, ça s’apprend !

Quand j’entends parler de bonheur, je ne pense pas à cet état de félicité permanent, à cet équilibre sans faille, à ce sourire que certains arborent 365 jours par an.

Pour moi, le bonheur, ou devrais-je dire la sensation d’être bien avec moi-même et avec le monde qui m’entoure, ne veut pas dire que tout va bien tous les jours. Le bonheur pour moi ce n’est pas positiver à outrance, ni refuser toute souffrance. Le bonheur, c’est être en phase avec la personne que je suis, en phase avec mes projets, c’est savoir intégrer mes souffrances et faiblesses, méditer dessus et les transformer. C’est pouvoir pleurer quand ça ne va pas, m’autoriser à m’arrêter un moment, à prendre mes distances. C’est aussi prendre la juste mesure de la vie et de toutes les petites choses qui s’offrent à moi, naturellement.

Le bonheur c’est pour moi un juste équilibre entre ma vie humaine et spirituelle, ma vie personnelle et professionnelle, entre mon corps, mon cœur, mon âme et mon esprit, entre mes choix, mes envies et mes limitations aussi.

Je pense que le bonheur est constitué d’une part d’inné. Certaines personnes y croient, d’autres pas. Certaines personnes ne semblent pas prêtes à être heureuses, pas tout de suite. Et d’acquis, il n’y a qu’à voir tous les manuels écrits et vendus à travers le monde. Nous sommes tous, de près ou de loin, attirés par cette envie d’une vie sereine et réussie.

Si vous me suivez depuis quelques temps déjà, vous vous souvenez peut-être que mon mot d’ordre pour 2014, c’est M’AIMER. Nous arrivons à une période charnière, le milieu d’année. Et le bilan est loin d’être celui que j’avais prévu. J’ai laissé les difficultés de la vie prendre le pas sur mon désir de travailler sur moi, travailler sur mon estime, sur mes envies, travailler sur les projets qui me tenaient à cœur. J’ai pris soin de moi de temps en temps seulement, jusqu’à finir par oublier que j’étais importante.

Il est temps de redresser la barre et de profiter de l’arrivée de l’été pour faire peau neuve, pour lire, travailler, continuer le chemin à peine entamé. Il est temps de passer à la vitesse supérieure, de faire en sorte que le bonheur ne soit plus seulement un terme qui fait illusion sur le papier, mais devienne un état d’esprit, une façon de penser, une manière de vivre.

Etre heureux ne s’apprend pas du jour au lendemain. Mais plus on le pratique, plus on a de chance de le connaître.

Je m’y mets sans tarder…Et vous ?

ad18e20ddfa58845f9870d2b570e5d39

Posted in Emprise et Renaissance

La guerre des avocats

J’aurai voulu, encore une fois, écrire un article plus pétillant. Surtout que j’avais de quoi être réjouie, après un si bon weekend, rempli de soleil et de sourires. Mais la réalité est ce qu’elle est. Et immanquablement, le jour de la reprise du travail et du retour à la vie « connectée », les petits couacs réapparaissent.

Je ne sais pas comment se passent les autres divorces. Ce que je sais, c’est que nous partons souvent la fleur au fusil, dans l’idée que tout se passe au mieux. Nous rêvons presque d’un divorce « comme dans les films ». Nous sommes prêts à tous les compromis possibles et inimaginables. Nous sommes quasiment sûrs que tout se passera bien. Ou du moins aussi bien que ce que nous espérons.

Et un matin, c’est la douche froide. On ne se parle plus. On échange des insultes par e-mail. On se cherche, on se fait mal, on se bouscule. On s’échange les enfants sur un pas de porte ou dans le sas de sécurité d’un point de rencontre médiatisé.

Tous les compromis que nous étions prêts à faire se sont fait la malle. Et devant notre mine déconfite, à force de ne plus dormir la nuit, de ressasser le passé, d’avancer en se cognant dans les portes, nos avocats prennent le relais.

Et la guerre est déclarée.

Sans enfant, j’aurai laissé passer je pense. Je ne cherche ni compensation, ni indemnités pour les dommages subies. Je n’ai pas d’idées de vengeance en tête.

Mais avec un enfant, je n’ai pas le choix. Il faut que je me batte. Il faut que je me batte contre un système en faveur des pères (ce sont souvent les plus mis de côté dans l’affaire, c’est vrai), contre un système qui t’aide un jour et te laisse patauger dans ta propre merdre le lendemain, contre des professionnels qui te disent « vous l’avez épousé, vous saviez à quoi vous vous attendiez ». Non, désolé, quand je me suis mariée, je pensais que c’était pour la vie, je ne me suis jamais dit qu’un jour, j’aurai peur que mon mari m’enlève mon enfant.

Il a pris un avocat. C’est mieux comme ça.

Je suis en phase d’acceptation de la situation, d’acceptation pleine et entière du désagrègement de mon couple et du fait qu’à partir d’aujourd’hui et pour longtemps encore, nous échangerons pour le bien être de notre enfant, que par avocat interposé.

La guerre est déclarée. Et elle va me coûter cher. Au fond la liberté et la paix ont un prix. C’est la vie !

avocat2

Posted in Emprise et Renaissance

Médiation, droit de visite et autres réjouissances

Pour une fois, j’ai agi comme une grande fille, j’ai accepté ma peine, au lieu de vous la balancer à la figure et j’ai traité le problème en prenant mon temps.

C’est donc pour ça que je peux vous en parler en toute sérénité maintenant (c’est cela oui !)

Après mon entretien de fin mai avec le psychologue clinicien, qui m’avait vendu son « rien de grave » avec le sourire, j’ai, sur ses « bons » conseils, contacté Roger (tiens, ça fait un bail que je ne vous en ai pas parlé). Je ne vous en ai pas parlé car nous n’avons eu aucune nouvelle pendant 10 semaines. Il a fait le mort, ne répondant à aucun des mails envoyés avec des nouvelles de l’escargot, ne prenant pas de nouvelles non plus.

Le mail était simple. Il parlait donc de ce « bon » conseil, la médiation. Bien sûr, j’aurai voulu rire au nez du psychologue clinicien quand il m’a parlé de ça. Mais je ne l’ai pas fait. Non mais, nous proposer une médiation à nous, c’est croire aux miracles ! Le temps d’écrire ce mail à Roger, j’ai pourtant voulu y croire à ce fameux miracle.

Pourquoi la médiation a peu de chance de fonctionner pour nous ? Parce que nous avons une idée complètement différente de ce qui s’est passé au moment de la séparation. Pour moi, les choses sont claires, j’ai quitté le domicile conjugal, après des mois de violence psychologique et pour protéger ma vie et celle de l’enfant que je portais. Pour lui, je l’ai abandonné à son triste sort et je lui ai en prime volé son enfant.

La réponse a été sans appel. En fait il n’y a pas eu de véritable réponse. Roger a juste insinué de A à Z que j’étais une mauvaise mère (toujours très agréables les mails de Roger).

Bon, j’ai rendez-vous demain avec la médiatrice pour comprendre comment ça fonctionne et voir ce que ça peut nous apporter. Je crois que déjà pouvoir communiquer ensemble, échanger serait un grand pas en avant. Mais je ne me berce pas d’illusions non plus.

Pour les droits de visite, ça commence samedi, à raison de 2 heures, 2 samedis par mois. Je peux vous dire que je n’en mène pas large. Mais je garde la patate pour mon petit escargot. Je lui parle tous les soirs de son papa, je lui montre sa photo (avec le sourire de circonstance). Je lui explique comment ça va se passer et je m’endors chaque soir en me disant J-x. J’ai quand même envoyé un mail à Roger pour préparer au mieux ce rendez-vous, en lui indiquant ce que je comptais mettre dans le sac à langer. Parce que lui aussi doit avoir son sac (histoire de le responsabiliser !) mais je ne sais pas comment il va faire pour savoir quoi pendre, quelles sont les bonnes tailles de couche, quelle est la bonne taille de vêtements, quelle eau choisir, ce qu’il prend pour le goûter…

Je me demande quand même comment va se comporter Roger. Va-t-il être tout sucre, tout miel (comme il sait bien le faire) ou méprisant. Va-t-il penser pouvoir m’amadouer ou va-t-il tout simplement m’ignorer (comme il sait si bien le faire aussi). Je suis dans le flou total. Car depuis son mail du 25 mai, c’est à nouveau silence radio.

se-changer-les-idees-apres-un-divorce

Posted in Variations Littéraires

Une tragédie Syrienne

Sous les ruines, l’enfer se devine mais ne s’imagine pas, de crainte de voir les fantômes revenir sur les lieux du drame. Dans les rues commerçantes ravagées, les rires des enfants divisent le silence de plomb qui s’est abattu sur la ville depuis le commencement des hostilités. D’un côté l’espoir et l’envie de reconstruire. De l’autre, la terreur ancrée dans les yeux des survivants, écartelés et divisés.

Les maisons ne tiennent debout, que par le biais de minuscules blocs de béton reliant le bas avec le haut, l’avant avec l’arrière. Ceux qui sont revenus, cherchent ici et là des restes du passé, des souvenirs éparpillés et à moitié bouffés par les rats, qui ont fait de ces décombres leur terrain de chasse privilégié.

La route principale est jonchée d’ordures. Les enfants y jouent pieds nus, insouciants, comme si la guerre ne pouvait les atteindre. Ils ne regardent pas en arrière. Ils ne regardent pas l’avenir. Ils sont figés dans le présent, comme des statues de glace.

Les adultes font des va et vient entre le monde qu’ils ont quitté et celui qui leur fait face. Il y a quelques années, ils étaient pauvres mais ne se plaignaient de rien. Ils allaient travailler, gagner ce qu’il fallait pour vivre, pour nourrir leur famille. Ils ne demandaient rien d’autre. Ils n’enviaient personne. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Ils se demandent comment ils vont tenir jusqu’au lendemain.

Ici et là, on croise des cadavres d’animaux, des restes de vaisselle ébréchée, portant les initiales d’une famille, dont il ne reste plus qu’un parent fatigué. Les carreaux des fenêtres ont été soufflés par les explosions à répétition. On les a remplacés par des bouts de tissus, des morceaux de cartons, récupérés au hasard.

Quand le soleil se couche, la ville se dresse dans le ciel noir, meurtrie, blessée dans sa dignité royale. De sa splendeur d’antan, il ne reste que des ruines grises, des maisons éventrées et offertes en pâture aux pillards de passage. Ses habitants ne sont plus que des ombres folles, qui se remémorent le passé et font fleurir la vie au milieu des décombres, pour ne pas sombrer ni mourir avant l’heure dite.

Au loin, les drapeaux du régime n’en ont que faire. Ils sont toujours debout. Ils sont le symbole d’une toute-puissance destructrice, qu’aucun pays ne se sent prêt à combattre. Il y a longtemps que la vie des Hommes ne fait plus le poids face au pouvoir et à l’argent.

 509899

Crédit Photo – Khalil Ashawi

Posted in Carnets de route

Voyage, voyage (en mode solo avec un aventurier) !

Le premier voyage en train avec Tonio la Fouinette a été correct. Il avait 7 mois. Il a gazouillé, embêté (juste un petit peu) la dame d’à côté qui avait un très bel ordinateur. Il a hurlé sur la table à langer. J’ai transpiré comme un bœuf de A à Z et j’ai remercié le ciel quand il a fini par s’assoupir dans mes bras 10 minutes avant d’arriver à bon port.

Le deuxième voyage a été un vrai fiasco. Et pourtant j’avais emmené grand-mère en renfort. Entre les sacs, la poussette de deux tonnes, le sac à langer et un bébé de 11 mois et 10 kg dans les bras, je ne savais plus où donner de la tête. J’ai cru qu’une fois assis, les choses allaient s’arranger. Mais non. Monsieur n’a eu de cesse que de vouloir le sandwich de la voisine, le magazine du voisin. Entre deux cris, il a esquissé quelques sourires. Et il a décidé de partir à l’aventure. Dans un train en marche, avec un enfant qui ne marche pas encore, je te laisse imaginer à quoi ça peut ressembler. Il a léché la vitre du TGV une bonne dizaine de fois, avant de décider de partir à la conquête du TGV. J’ai donc arpenté tout le train une bonne dizaine de fois, avec un bébé en pyjama qui gigote dans tous les sens. C’est très agréable.

Autant te dire que j’appréhendais beaucoup la troisième tentative. Mais là, je m’étais organisée.

Bebe-en-train_visuel_article

Le premier outil indispensable à la mère baroudeuse, c’est le sac à dos. Avec un sac à dos, tu as les mains libres et donc prêtes à rattraper tous les coups foireux qui se présentent immanquablement quand tu es l’heureuse maman d’un aventurier.

Le deuxième plus, non négligeable, c’est d’aller voir des amies qui ont-elles-mêmes un enfant en bas âge ou en ont eu un (et donc ont tout le matos nécessaire à disposition). Je vous rassure, je ne sélectionne pas mes amies en fonction de ces détails bassement matériels, mais j’avoue que ça simplifie drôlement le voyage (qui autrement ressemble à un véritable déménagement et déménager en train, en solo, ça relève d’un défi dont je ne me sens pas à la hauteur !)

Enfin, il faut apporter de quoi occuper la petite Fouinette pendant 2h et plus…

Vendredi dernier, nous sommes montés dans le train, pas très frais, après avoir marché 25 minutes pour prendre le bus et traversé tout Paris. La montée s’est faite en fanfare. Et à peine avions nous passé un bras dans le compartiment, que tous les yeux des voyageurs étaient braqués sur nous. Dans ces cas-là, il faut garder le sourire et tenter tant bien que mal de rassurer sa progéniture, qui hurle de plus belle devant le regard noir des passagers, qui pour la plupart avaient déjà les yeux rivés sur le film qui défilait sur leur écran d’ordinateur.

Une fois calmé, grâce au lapin magique (Mister Doudou mérite un article à part), nous avons pu commencer le voyage, qui s’est super bien passé, à ma grande surprise. Nous sommes restés vissés à notre siège et nous avons passé un bon moment tous les deux. Je crois que la Fouinette était complètement KO, tellement KO que dès qu’il a posé ses fesses dans la poussette, il a piqué du nez.

Le retour a été à l’image de l’aller. Mise à part que j’avais pour une fois fait une entorse au contrat et pris une place en première. Mise à part le fait qu’il faisait plus chaud qu’à l’aller et que nous collions de partout. Et mise à part qu’à force de boire, boire, boire beaucoup d’eau, la couche de Tonio la Fouinette n’a pas tenu le coup et j’ai soudain senti une chaleur chaude envahir mon popotin. J’ai cru (juste le temps de quelques secondes) que je m’étais fait pipi dessus (et j’ai maudis la rééducation périnéale qui ne m’avait donc été d’aucun secours), avant de me rendre compte que nous étions tous les deux trempés (j’ai poussé un gros ouf de soulagement, heureuse de voir que je n’étais pas en cause dans cette inondation).

Notre vie est pleine de rebondissements passionnants. Tout ça pour dire que petit à petit, je deviens une pro du voyage. J’attends même avec impatience le prochain…

Source photo – Infos Bébé