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Dentelle de mots

Crédit Pixabay

Danse des sens
Elaboration des mouvements
Nappe d’eau claire
Translucide sur la peau
Eveille les contours de
La hanche jusqu’aux
Lèvres en
Eclats de diamant

Poésie extraite de mon nouveau recueil de poésie à paraitre en septembre. Je vous en dis plus très très vite!

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Sensibilisation Violences Conjugales #7

L’emprise isole, c’est un constat frappant. Elle isole pendant la relation, après la relation. L’emprise est un véritable lavage de cerveau en bonne et due forme. La victime met du temps à se rendre compte que ce qu’elle vit n’est pas normal. Pendant ce temps, le travail de sape opère, jusqu’à la laisser dans un état flou, asphyxiant.

Elle est alors incapable de déterminer le vrai du faux. Ceux qui disent qu’il faudrait justement en parler ne comprennent pas qu’elle se trouve dans une incapacité à savoir où elle en est, ce qui vient d’elle ou de l’autre. Elle se demande chaque jour si ce n’est pas elle qui est folle, si elle n’a pas simplement tout inventé, si ce n’est pas l’autre qui voit juste, si ce n’est pas l’autre qui est dans le vrai.

Si elle en parle, on lui répond de manière rationnelle. Sauf qu’il n’y a plus rien de rationnel dans sa vie. Elle est privée de sa capacité à réfléchir, à faire des choix, à décider ce qui est bon pour elle ou ne l’est pas.

Si elle raconte ce qu’elle vit, elle sait déjà ce qu’elle va entendre, des mots qui ne font aucun sens. Normal, la personne à qui elle parle ne sait rien de ce qu’est l’emprise ou elle en a une idée assez générale. Elle n’imagine pas une seconde ce que peut vivre la victime au jour le jour. Elle est dans le factuel et dans le factuel quand on vit de la violence, on sauve sa peau.

Ce que l’autre ne comprend pas c’est que la victime sauve sa peau tous les jours. Tous les jours, elle déploie une énergie hors du commun pour faire face à ce qui la bousille. C’est devenu instinctif, elle ne pense pas, elle sait.

C’est bien normal que les personnes, n’ayant jamais eu à faire à l’emprise, ne comprennent pas ce mécanisme. Et heureusement d’une certaine manière. Si on pouvait rentrer dans la tête de ces manipulateurs, on deviendrait fou. C’est bien pour ça qu’il y a des professionnels formés sur ce sujet et de plus en plus car la menace est grande. On le voit dans l’embrigadement religieux, dans les sectes, dans le harcèlement au travail, le couple, la famille…

La solitude vaut pendant la relation et après la relation. L’emprise peut perdurer longtemps après la rupture que la relation ai duré 3 mois, 3 ans, 30 ans. Pendant ce laps de temps le bourreau a investit le cerveau de sa victime, il a joué avec tout ce qu’il avait sous la main, il a fait d’elle une marionnette. Reprendre son pouvoir ne se fait pas du jour au lendemain, d’autant plus que le bourreau ne va pas lâcher si facilement sa proie. Il y tient, c’est elle qui le nourrit et qui lui donne de la consistance. Sans elle, il n’est rien!

Une fois la personne sortie de la relation toxique, elle va se confier davantage, essayer de partager des bribes de son vécu pour mieux avancer. Elle a besoin d’être entendue dans sa souffrance, d’être soutenue dans ses démarches, d’être accompagnée dans son processus de deuil et de reconstruction. Elle a besoin d’être confortée dans sa décision, qui sera sans cesse remise en question.

Et bien souvent elle entendra les mêmes commentaires, des paroles vides de sens. Celles de personnes qui croient pourtant l’aider, de personnes qui souvent l’aiment et veulent le meilleur pour elle, de personnes qui ne comprennent ni ses rechutes ni ses appels au secours, des personnes qui croient juste de la secouer, de la bousculer pour qu’elle réagisse.

Alors, elle remarquera qu’elle est fondamentalement seule face à une montagne à gravir. Dans beaucoup de cas, elle fera marche arrière, elle repartira avec son agresseur, au moins avec lui elle sait pourquoi elle souffre et puis après tout ce n’était pas si terrible! Moins compliqué que ce sevrage déroutant en tous cas. Dans d’autres cas, elle se fera aider, et c’est sûrement ce qui la sauvera!

La solitude demeurera comme sa plus grande fragilité et sa plus grande force. Après la colère contre le jugement, les avis des autres, elle intégrera que dans cette histoire qui est la sienne, elle seule a les clés. Après tout que les autres comprennent ou pas, peu importe, elle tient le plus beau entre ses mains: elle est vivante! Et c’est à elle seule qu’elle le doit!

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Ce que j’ai appris de l’amour…

J’ai toujours aimé passionnément, sans filtre, un peu trop parfois. J’ai toujours cherché l’amour de l’autre dans chacun de mes faits et gestes, un amour rassurant et je l’ai rarement trouvé. J’ai finalement souvent été dans des relations déséquilibrées, moi avec mon besoin omniprésent de reconnaissance et l’autre avec son incapacité à m’apporter ce dont j’avais besoin. Là où j’avais besoin de mots, j’ai dû faire face au silence et ne sont restés que les maux de relations avortées. Responsabilité partagée.

Le réaliser à ouvert une brèche. Est-ce que c’était ça l’amour, une incompréhension réciproque? Est-ce que c’était moi qui était trop, qui demandait quelque chose d’inaccessible? Est-ce qu’il existait autre chose, une compréhension, une acceptation ou bien mes amours étaient-ils tous voués à l’échec?

Alors que ma passion débordait, les questions des autres me heurtaient. Il leur fallait une justification à des relations sentimentales qui semblaient ne pas me convenir, qui m’empêchaient, me faisaient faire du sur-place, qui tôt ou tard prendraient fin – c’était presque écrit!

Les questions des autres, pas sournoises, juste curieuses, me déstabilisent encore. Je n’ai pas toujours les mots mais plus je sais ce que je ressens, plus je comprends mes peurs et mes envies, plus je sais y répondre. Pas toujours. Parce qu’il reste des points d’interrogation sur lesquels je ne suis pas encore prête à me poser, des réalités que je cherche à nuancer.

Après la passion des premiers mois, de la première année, j’ai toujours surnagé pour maintenir le cap. Si il n’y avait plus cette envie irrésistible d’être à deux, plus cette étincelle de désir, si il n’y avait plus cette sensation de flottement, plus cette envie de se plaire, plus cette sensation du temps qui se suspend, alors que restait-il? Bien souvent rien, parce que les sentiments, loin de ne pas peser lourd, ne faisaient pas le poids face à ce qui les faisaient trembler.

Ce poids je l’ai très fortement ressenti depuis le Covid, j’ai eu des pulsions d’abandon, j’ai remis en question mes choix, je me suis sentie fragile très souvent, malhabile avec mes sentiments, j’ai senti que quelque chose avait comme disparu. Mais ce n’était pas l’étincelle, c’était les démons d’avant, ceux des relations qui n’avaient pas tenues, c’était cette pensée que si l’autre ne comprenait pas entre les lignes, si ses choix ne m’incluaient pas à 100%, alors il fallait se retirer de la partie.

En 18 mois, j’ai oscillé fortement, les vagues m’ont rarement autant secouée. Dans ce flot ininterrompu de sensations désagréables, de tensions impalpables, de prises de conscience anesthésiantes, j’ai essayé de rester attentive à ce petit havre de paix que nous avions construit, intouchable, presque irréel, et pourtant là, dans des instants aussi éphémères qu’éternels.

Finalement, il n’y a aucune loi qui dit ce qu’est l’amour ou ce que l’amour n’est pas. Il faut peut-être juste être prêt à faire face à ce qui nous bouscule, un peu, beaucoup, sans toutefois perdre de vue de quoi nous sommes faits.

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Bribes d’été – Fin Juillet 2022

L’été se poursuit…

Credit @mariekleber37

Après la chaleur du Sud, la fraicheur de Dublin. Un weekend dans ce pays “cher à mon coeur” m’a offert une pause amicale salutaire. C’est toujours un peu comme retrouver ses racines. Ce qui me trouble à chaque fois, c’est que ce pays n’a rien perdu de son charme. Seuls les souvenirs heureux demeurent pour moi. Les mauvais n’ont pas entaché mon amour pour l’Irlande, ses habitants, sa culture, ils se sont perdus dans le néant tout simplement.

On dit souvent combien il est essentiel de profiter de l’instant présent. On peut dire que ce voyage m’a offert d’être pleinement dans chaque instant partagé avec mes amies. Le bonheur de se revoir, de partager quelques épisodes marquants de nos derniers mois, les projets qui nous tiennent chaud.

L’énergie époustouflante de l’une, les émotions toujours aussi vivantes de l’autre, la chaleur d’un foyer, des retrouvailles qui laissent de côté les heures plus douloureuses de la vie, des sourires et des embrassades à faire taire tous les chagrins, des maux sur les heures de silence. Et le plaisir toujours aussi intact, la joie furieuse de savoir, de voir que nos liens sont pour toujours forts et solides.

Credit @mariekleber37

Retrouvés la pluie, les collines au loin, les maisons de briques, les porridges du matin, une langue si familière, un accent si particulier, les bus à deux étages, les scones de chez Avoca, le thé Lyons, Bushy Park et Dawson Street, la musique dans les rues de la ville, le canal, les 4 saisons en une journée, le bord de mer, mes quartiers préférés, une atmosphère, les “bonjour” sans “ca va” fuyants, les cafés de quartier, la frénésie des sorties du weekend, les files de taxi sans fin, les chocolats chauds très chocolatés, les longues balades de bon matin, les maisons élégantes qui font rêver, les découvertes ou redécouvertes…

Credit @mariekleber37

Quand je suis partie pour l’Irlande il y a 16 ans, je ne pensais pas que ce pays deviendrait un autre “chez moi”, que j’y serai accueillie avec autant d’enthousiasme et de sincérité. Quand j’ai quitté l’Irlande il y a 10 ans, je savais que j’y laissais un peu de mon cœur…

Credit @mariekleber37

Plus que quelques jours de travail et je prends la direction du bord de mer pour deux semaines de vacances avec Loulou. J’espère que votre été se passe bien et que vous profitez de ce temps de pause pour vous ressourcer, de la manière qui vous convient!

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Un nouveau chemin…

Photo by Nout Gons on Pexels.com

“Les personnes hypersensibles ont cette faculté de ressentir tout intensément, parce que leur forte réactivité aux stimuli fait d’elles, des personnes bien plus sensibles que d’autres. Les moments de joie, de colère et de peur sont vécus avec une puissance extrême tandis que leur quotidien est rythmé par une appétence pour l’analyse et l’introspection, une certaine introversion et une forte intuitivité. Chez les hypersensibles, les relations interpersonnelles sont ainsi vécues dans toutes leurs nuances et leur complexité, alors que leur aisance à lire entre les lignes n’est pas toujours facile à vivre et à comprendre pour leur entourage.” La Clinique E-Santé

Tout est dit, tout est là. Quand on ne comprend pas mes hauts, mes bas, sachez que je n’y peux pas grand chose, c’est juste ma marque de fabrique comme celle d’1 personne sur 5 dans le monde. Etre à fleur de peau, c’est un quotidien dans lequel je me trouve autant que je me perds!

Accepter son hypersensibilité est le premier pas. Pas évident dans un monde qui ne met pas particulièrement la sensibilité en valeur. Entre les “trop” et les “pas assez”, l’équilibre est précaire. Comme je l’écrivais récemment, j’ai longtemps refusé mon hypersensibilité. Les vagues me fatiguaient, les vivre et en faire. Je voyais bien que mes proches ne comprenaient pas, mon mode de fonctionnement, ma façon d’être, mes remises en question permanentes, mon besoin de solitude, mes peurs XXL.

L’hypersensibilité est toutefois ce qui me permet de rentrer en contact avec le monde, d’écrire, de ressentir des choses incroyables. C’est ce qui m’a aussi détruit dans mes relations aux autres. L’hypersensible étant souvent très empathique, il attire très facilement les relations toxiques, celles qui lui bouffent toute son énergie et le vide du peu de confiance qu’il possède. La preuve en est pour moi: le harcèlement à l’école, la violence conjugale et familiale.

L’accepter et mettre de la conscience sur ce qui fait mal, ce qui empêche, ce qui blesse. Accueillir tout le bon aussi, tout ce qui permet de vivre les choses à 100%, de comprendre les autres, de lire entre les lignes, de ressentir, de vibrer, d’aimer.

Je me rends compte que c’est un nouveau chemin qui débute, je ne souhaite plus me mentir, me trouver d’autres excuses ou encore me cacher. Mais plutôt accepter toutes ces nuances de moi et tant pis si ça ne plait pas, tant pis si parfois c’est encore compliqué et que je ne me comprends pas toujours!

Pas à pas, je souhaite faire de cet aspect de ma personnalité une force et non plus quelque chose qui me tire vers le bas. C’est peut-être bien en acceptant ce que nous sommes que nous nous offrons toutes les chances de vivre ce qu’il y a à vivre.

Quel aspect de votre personnalité avez-vous du mal à accueillir, accepter? Est-ce un handicap ou arrivez-vous à en tirer le meilleur?

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Les âmes de l’aurore

Le ciel

Et ses nuages en forme d’histoires
Destins charriés par les âmes
Dont les yeux côtoient les étoiles

A l’heure où le monde s’endort
Elles ne font qu’un avec la mélancolie
Cette passion douce dont tant se méfient

Elles errent entre deux émotions
Chapardent des sourires aux luminaires
Et se blottissent dans l’atmosphère

Habitat cocon pour ces
Âmes nimbées d’aurore
A fleur de corps

Au petit jour, on les voit se hâter
Sur l’asphalte des rues
A tout jamais perdues

Dans la foule des pas, pressés
Jungle d’habitude
Habitée de solitude

Elles se laissent aller à inventer
Un monde aux accents argentés…

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Bribes d’été – Juillet 2022

Les vacances ont débuté le 9 juillet avec un départ – direction le Gard. Loulou était fiévreux mais heureux de partir retrouver ses copains. Et moi de revoir mon amie, celle qui envers et contre tout a une foi inébranlable en moi! Et l’inverse est vrai aussi. Je connais sur le bout des doigts toutes les forces qu’elle ne voit pas. Niveau confiance en nous-mêmes, nous affleurons le zéro pointé. Heureusement, nous savons nous dire les choses et nous remotiver quand le temps est à l’orage!

Une semaine entre piscine, farniente, discussions spirituelles, lectures, plats sains, jeux et rires, parsemés de quelques batailles perdues d’avance avec des enfants à la pointe de leur art en matière d’opposition! Cinq jours, trop peu. L’année prochaine, nous remettons le couvert, en espérant que les enfants seront sortis de cette phase qui semble s’éterniser depuis qu’ils ont l’âge de parler!

Malgré trois jours de fièvre, des maux de tête, de gorge et une petite myosite pour couronner le tout (sinon c’est beaucoup moins drôle, surtout dans un tout petit village perdu au milieu de nulle part, sans médecin et sans pharmacie et avec une amie coincée du dos qui ne pouvait pas prendre le volant) – loulou a profité de son séjour et compte déjà les semaines avant le prochain rendez-vous!

Nous sommes ensuite partis terminer notre première semaine de vacances près de Toulon, où une chaleur écrasante a accueilli nos corps reposés. Quelques heures et nous barbotions dans une belle eau bleue, masque et tuba en main! Je retrouvais mon filleul, après quatre ans d’absence – que de changements! Et une amie aussi! Pour loulou c’était une première et je crois que ça sera la dernière aussi. Autant il adore bouger et faire plein d’activités, autant il est attaché à son petit rythme, ses grasses matinées et supporte mal les heures de voiture et la foule – un peu comme moi quoi!

Un beau feu d’artifice, une journée à l’île des Embiez, une glace sur le port et une plage au sable “or” plus tard, nous reprenions le train pour Marseille, puis Paris, avec son lot de péripéties (retard de train, bagage oublié, évacuation et service de déminage – c’est ce qui met du piquant!) et un quotient fatigue élevé. Mais les retrouvailles en valaient la peine, ayant pris le parti avant de partir, de laisser mes propres jugements à la maison et d’accueillir ce qui viendrait, même si ça ne collait pas à mes opinions. C’est bien ça aussi l’amitié, accueillir l’autre dans tout ce qu’il est!

Retour à Paris pour moi et vacances sur la côte ouest pour Loulou, avant nos retrouvailles dans deux petites semaines. A suivre…

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Moi et mes blessures

Quelles failles reste t-il à éclaircir? Quels maux méritent encore une aide?

Des thérapies j’en ai fait, à des moments où la vie ne me laissait plus le choix. J’ai appris, grandis, compris. Mais j’ai la sensation de revenir sans cesse à la case départ, celle des blessures qui s’attachent.

Je sais que tout dépend de moi, mais est-ce seulement une question de volonté? Est-ce que je n’essaie pas assez? Est-ce que mes travers sont plus profonds que toutes mes tentatives de guérison? Est-ce qu’une fois de plus je me cache à moi-même la vérité?

Les mots m’agressent comme les moqueries à sept ans dans la cour de récréation, comme les menaces à trente ans. Quelque chose vient appuyer sur une plaie qui ne cicatrise pas. Et que je traine en pensant l’avoir apaisée.

A cet instant de ma vie où je voudrai tourner la page du passé, où le moche me donne la nausée, quelque chose me retient, quelque chose me défend de fermer la porte. Je redeviens enfant face aux critiques, aux moqueries (même gentilles), au verbe haut, aux mots faciles qui me rendent fragile. Je me désagrège au lieu de m’affirmer. Je perds mes moyens quand ailleurs je tente de tout contrôler. Pour me rassurer.

Que reste t-il à dégager des combles? Les mots seront-ils suffisants? Combien faut-il encore de temps, de voix pour que la vie devienne plus douce?

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Le prix fort

Hier, on nommait cela courage. Aujourd’hui, j’en paie le prix. Sûrement moins élevé que si j’étais restée. Mais alors, à quoi tout cela a t’il servi? Puisque quoiqu’il advienne il sera toujours en manque de cet autre, de ce père qu’il n’a pas.

Je l’ai porté dans la détresse, j’ai voulu le donner parce que je ne me sentais pas capable de l’aimer, de l’élever. Puis je lui ai donné naissance, en priant fort, très fort pour ne pas manquer à ma tâche, pour ne pas laisser la colère, ma colère prendre le dessus, pour être là.

Mais j’ai été là, dans tant de déchirures. Je ne pourrais jamais le dire sans m’effondrer alors je ne le dis pas, je fuis ce que j’ai été, la mère et ses cris, la mère et sa douleur, la mère et sa folie.

Il ne laisse rien passer, enfant réservé en société, il déverse tout derrière la porte, il se cogne contre mon désarroi et mes failles, je me cogne contre son chagrin qui se dit en mots qui frappent fort, en opposition perpétuelle.

Il y a des jours où je ne sais plus comment l’aimer, en posant quelles limites, en lâchant quelles résistances. Je suis face à une équation qui me tiraille. Je me sens vide, vidée, à cran, à bout. Aucune solution ne semble tenir plus de quelques heures, quelques jours. J’en viens, une fois de plus, à redouter ce temps seule avec lui.

Et lui, il dit son mal, son mal être, sa colère envers moi à défaut d’avoir un papa. Je l’aurais privé de ça. On dit que nos expériences nous construisent, elles ont aussi malheureusement le pouvoir de détruire.

Quelques fois, j’ai envie qu’il soit grand déjà, qu’il soit loin, pour ne pas avoir cette impression quasi systématique de tout rater. A fleur de peau, c’est à moi qu’il en veut alors que c’est l’autre le fautif. Une injustice de plus.

Qu’aucun thérapeute ne peut guérir. De toute façon il ne veut pas. L’amour encore une fois a ses limites, il ne fait pas le poids face au vide, à l’absence, face à ce manque dans lequel il se construit et tente par tous moyens d’exister, jusqu’à se faire, nous faire du mal, jusqu’à ajouter des blessures, à amplifier les ruptures.

C’est toujours douloureux et provoquant, toujours terriblement angoissant. Et ça fait se balancer mes larmes au creux des yeux, faute de mieux. Avant de repartir comme un soldat au combat, prête à tout pour trouver la clé d’un avenir plus serein. Jusqu’à quand aurais-je cette énergie là?

Posted in Carnets de route

Je ne comprends pas le monde, alors…

Photo by Suzy Hazelwood on Pexels.com

Je le laisse là où il est, là où il en est, je le laisse avec ses maux, avec ses égos qui grèvent la surface du quotidien, je le laisse avec ses sourires qui sonnent faux, ses manies qui m’agacent, ses bruits qui me tracassent, je le laisse avec ses décisions de taire ce qui est important, de faire comme si de rien n’était, avec ses lois qui trahissent la mémoire.

Je me catapulte dans un autre espace, je me laisse porter par une magie qui défie les âges, surprendre par la beauté instantanée, je me laisse aller à rêver d’un autre monde, plus juste et moins diabolique, un monde sans hiérarchie, sans salaires inconfortables, sans émoluments considérables, sans ce regard méprisant de ceux qui se croient plus “grands”.

Je pars en voyage dans les livres, les époques, dans les pays, les destins, je m’offre du bon temps dans des territoires inconnus, je glane ici et là des idées douces et complètement folles. J’imagine tant de possibles, qui dans la sphère du monde tel qu’il est, se désagrègent sans que je puisse les retenir.

Je me vautre dans le luxe des soirs de solitude, dans la fragrance d’un parfum qui m’inonde de souvenirs, dans le frisson d’un rire qui fait des ricochets sur les murs de la maison, dans la caresse d’une étreinte qui sublime mes doutes et se décline en audaces.

Je le laisse avec ses silences et ses gourous, ses manques d’empathie, son écoute approximative, ses tentatives d’usurpation, ses fausses approbations, avec son lot de limites et de fichus au revoir qui me mettent le cœur en vrac, avec sa drôle de façon de prendre soin de l’humain.

Je pars en vacances, au soleil, je pars loin de ce que je ne comprends pas. Je pars sans ces bagages qui se font parfois trop lourds pour une seule âme. Je pars pour le bruit cristallin de l’eau de la rivière, un petit coin pour refaire ce monde qui me malmène et dans lequel je peine parfois à trouver mes repères.

Je vous souhaite de trouver ces espaces où vous ressourcer et je vous dis à très vite!

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Atelier d’écriture #19

Léa le regarde entrer dans l’eau. Il dit qu’il sait, où se trouve la source, qu’il l’a rêvée à demi dans l’obscurité de ses songes. Elle le laisse faire, le laisse s’approprier l’espace, un souffle d’air chaud à portée de regard. L’eau, là où il se trouve, se charge d’éléments indistincts qui forment comme un nuage de poussière. Il ne semble pas le remarquer, alors qu’elle ne voit que ça, cette vague opaque qui s’accumule et gâche le paysage. Elle appelle son nom mais rien ne sort, tout est froissé autour d’elle, d’eux. Elle sent déjà qu’il lui échappe…

Retrouvez ici les textes de cet atelier: Chez Josée, Chez Isabelle-Marie

***

Je vais mettre l’atelier en pause le temps de l’été, car je suis peu présente ici, occupée voir très occupée ailleurs. Je vous souhaite de belles et douces vacances! Et vous dis à très bientôt!

Posted in Tout un poème, Variations Littéraires

Nos “paraître”

Des lignes comme des histoires
Qui racontent ce que l’on cache
Que l’on croit pouvoir
Dissimuler sans faire de tâche

Des sourires comme des masques
Portés à bras le corps, à coup de cœurs
Froissés par la pudeur
Qui recèlent des rides flasques

Des mots, pressés, pressants
Des actes moqueurs, manquants
Des gestes faux semblant

Des déhanchés comme des combats
Un port de tête, des ronds de jambes
Paraitre ce que l’on n’est pas
Qui se ressemble s’assemble

Et qui ne comprend pas reste là à regarder
Tous ces êtres sans substance
Qui cherchent à s’imposer
Tout en perdant de leur essence

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Vendredi 01.07.2022

Credit @mariekleber37

Le début d’un nouveau mois et une nouvelle participation aux états d’esprit, avec une pensée chaleureuse toujours pour les deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Photo: fleurie c’est de saison!
Fatigue: des nuits de plus de 8h donc tout va bien
Humeur: légère
Estomac: taboulé, cake salé, pâtisseries et thé
Esprit: tourné vers l’essentiel

Cond. phys / Bien être. : yoga matinal et danse dans mon salon

Projets: il faudrait s’y remettre sérieusement! En attendant vous pouvez lire et voter pour mon poème en compétition sur Short Edition pour le Prix Eté 2022!

Culture: Boomerang à la télé, courses de caisses à savon avec Loulou, Escadrille 80 de Roald Dahl avec loulou et L’exilée de Pearl Buck
Penser à: préparer les vacances

Les jolis moments: du soleil, plusieurs déjeuners à deux, une soirée en solo, des jolies cartes, les fleurs du parc

Message perso: (1) Joyeux Anniversaire, une nouvelle fois! (2) Tu es dans mes pensées (3) Je surveille ma boite aux lettres! (4) Plus que 7 jours…

Avis perso: J’avais laissé cette catégorie de côté mais les nouvelles dramatiques en provenance des Etats-Unis m’obligent d’une certaine façon. J’ai évité les médias cette semaine, laissé la colère au loin. Ce recul catastrophique me sidère. Je suis en état de choc je crois. Et je tremble pour toutes les femmes dont les droits sont une fois de plus mis à mal.

Loulou: un peu rebelle en ce moment, fan de foot toujours, écoute du rap (qui ne me plait pas trop mais bon…), câlin tout de même, un peu perdu je crois dans sa peau de petit-grand!
Amitiés : mail, messages et samedi prochain en vrai de vrai
Love : c’est son anniversaire aujourd’hui! ❤❤

Sorties : cadeaux d’anniversaire, préparation des vacances
Essentiel: dire “je t’aime” (il y a plein de façons)
Courses: vacances et cadeaux
Envie de: douceur, la caresse du vent sur ma peau, du souffle de sa bouche sur ma bouche, d’interminables soirées à refaire le monde, de poésie encore et encore
Zic: Walk the moon (rien que le nom ça fait rêver! )

Posted in Sensibilisation Violences Conjugales

Sensibilisation Violences Conjugales #6

La fin d’une relation, quelle qu’elle soit, implique un deuil. Et comme tout être humain normalement constitué, on en vient à bout, chacun à sa manière, chacun à son rythme. Dans un couple où la violence prédomine, le deuil se fait mais il est bien différent. Et je crois qu’il est plus que temps qu’on arrête de nous seriner à longueur de journée, que ce n’est qu’une question de volonté.

A votre avis, quelle est véritablement la part de liberté d’une personne, quand son être a été sous emprise pendant 6 mois, 2 ans, 10 ans, 25 ans?

Le cerveau d’une victime de violence est conditionné. La séparation n’agit pas comme une baguette magique et ne lui rend donc pas toutes ses facultés d’analyse et de raisonnement du jour au lendemain. Elle était en sursis pendant sa relation et elle l’est tout autant après. La violence a laissé des traces, certes invisibles, des traumatismes avec lesquels elle doit composer, tout en tentant de reprendre le contrôle de sa vie.

Son deuil, comme tous les deuils, sera fait de hauts et de bas, de beaucoup de bas parce que dans l’élan de son départ, elle n’a pas pensé à un éventuel jugement, une confrontation, aux dossiers sans fin qu’il faudra remplir pour dénoncer le mal qui lui a été fait, aux efforts qu’il faudra qu’elle déploie pour assumer le quotidien avec un esprit embrouillé qui est capable de lui murmurer que c’est peut-être elle qui a tout inventé. Elle n’a pas pensé que peut-être sa parole et ses droits seraient remis en question, qu’il lui faudrait revoir son agresseur, faire face à son excès de gentillesse ou à sa fureur. Et heureusement, sinon elle n’aurait pas fait ce pas libérateur.

Arrêtons de lui dire qu’il est temps de passer à autre chose, que son conjoint ne mérite pas qu’elle en bave autant, qu’il faut regarder le bon côté des choses. Elle ne rêve que de ça. Mais sa réalité est bien plus floue et complexe, tiraillée entre colère, tristesse, culpabilité, pitié (et l’autre ne va pas lésiner sur cet aspect là, c’est son arme la plus redoutable), envers l’autre et pire envers elle.

Face à un tel traumatisme, seule une aide psychologique lui permettra de refaire surface. Mais une écoute attentive peut être aussi très efficace, si elle n’est conditionnée par aucun jugement, ni limitée par aucun cliché. Etre écouté c’est aussi être entendu dans sa souffrance à l’instant T. Et ce n’est pas négligeable pour une personne qui a été beaucoup dévalorisée, dénigrée et mise de côté.

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Les livres d’avril 2022

Je maintiens mon retard mais j’ai des circonstances atténuantes! En avril, il y a eu les vacances scolaires donc un peu plus de temps pour lire le soir et donc pas mal de lectures à vous partager avec de vrais coups de coeur!

J’ai commencé le mois avec L’allée du Sycomore de John Grisham. Ou quand un propriétaire blanc donne tout son héritage à sa femme de ménage noire. Je vous laisse imaginer le tableau! S’ensuit une bataille judiciaire sans précédent. J’ai aimé le style, découvrir une facette de l’histoire des Etats-Unis. J’ai trouvé le final un peu optimiste mais j’ai dévoré le roman jusqu’aux dernières lignes. Et puis un peu de positif ne fait pas de mal!

J’ai poursuivi mon voyage avec Ne lâche pas ma main de Michel Bussi, direction l’Ile de la Réunion. Une femme disparue, un père en cavale, une vengeance qui sommeille. Le suspens était au rendez-vous. Là aussi ça finit bien! Un moment de lecture agréable.

J’ai ensuite ressorti de ma bibliothèque un livre qui pour moi fait partie de mon top 10 – I shall not hate de Izzeldin Abuelaish. Un véritable chant d’espérance et un plaidoyer humain pour la paix entre les peuples. Ce roman est autobiographique, il faut avoir le coeur bien accroché pour le lire. Mais il en vaut la peine!

J’ai poursuivi dans les sujets lourds (il y a des phases où je peux me le permettre) avec une nouvelle relecture – Les Hirondelles de Kaboul de Yasmina Khadra. Mais là l’espoir s’est perdu au milieu de la folie des hommes. Trois destins Afghans assassinés par un pouvoir gangréné et une religion malmenée.

Puis j’ai voyagé dans le monde d’une Famille Parfaite de Lisa Gardner. Quand une famille sans histoire disparait, ça a de quoi éveiller les soupçons! Un autre roman qui tient en haleine même si j’ai trouvé que l’histoire se trainait un peu – style ou traduction – je ne saurai dire. Pas très convaincue par la fin non plus. Voilà, ça se lit, mais il est de suite reparti dans la boite à livres où je l’avais trouvé.

J’ai achevé mon mois sur l’Ile de Ré, avec une lecture toute légère – Nos enfants si gâtés de Madeleine Chapsal. Autant vous dire que je l’ai savourée… L’été, la famille, les adolescents qui s’essaient maladroitement au jeu de la vie. Et leurs parents qui les regardent un peu perdus, qui tentent de les comprendre et qui se laissent aller à les laisser gagner en liberté le temps de quelques allers-retours à la plage. Une chronique rafraichissante, un avant goût de vacances!

Au plaisir de découvrir vos lectures préférées… Je vous dis à très vite pour le récap de Mai, lui aussi très varié!