Posted in Carnets de route, Tout un poème, Variations Littéraires

Vague(s) E-maux-tionnelles

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Face à la vague vertigineuse
Les secrets explosent
Le cœur se pose
Sur une hypothèse scandaleuse

Face à la vague vertigineuse
Le corps implose
Le cœur se décompose
L’ombre joue les entremetteuses

Face à la vague vertigineuse
Les blessures s’exposent
Le cœur se livre en prose
La mort en intraveineuse

Des émotions
Comme des glaçons
Qui percutent la raison

Des traces
Comme des menaces
Qui perforent la glace

Autant de saisons
Vide, chute, abandon
Mourir à soi-même
Laisser passer la haine

Laisser aller la peine
Renaitre à soi-même
Vide, lumière, ascension
Retrouver la passion

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Entre moi et moi

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Noel.
Et toutes les autres fois aussi. Les fois où on célèbre, où l’on se réjouit.
Les fêtes, les anniversaires.
Les sourires, les rires.
La complicité. Nos fragilités.
Les souvenirs égrenés à la faveur d’un rendez-vous improvisé.

Les grandes occasions.
Les tristes nouvelles.
Les naissances.
Les vacances.

Les bagages dans l’entrée.
La trépidante impatience des dernières heures à passer.
Le cœur plein des jours de liesse.
La route et l’expectative de l’arrivée.

Les résultats. Bons ou mauvais.
Le dernier jour de ceux qui partent.
Le premier jour de ceux qui débarquent.
Les fins de cycle et les débuts incertains.

Tous les premiers pas et les derniers.
Toutes les hypothèses à envisager.
Les derniers souffles et les premiers baisers.
Les au revoir soudains.
L’asphyxie du quotidien.
Les deuils sur le chemin.

Pour les retards.
Les nuits de brouillard.
Les insomnies parce que tu rentres tard.
Les grands départs.
L’angoisse de te savoir seul dans le vaste monde.
Nos confidences. Nos écarts.

Les angoisses et les doutes.
Les points d’interrogation sur la route.
Le confort d’un foyer.
Une certaine forme de sécurité.
Le souvenir d’une communion passée.
Même accidentée.
L’étreinte d’un regard en accéléré.

Avant la pluie.
Après l’orage.
Avant la nuit.

Je serai seule…

Etais-je seulement prête à vivre ça ?

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Challenge Ecriture #18

Qu’est-ce que cela ferait des projets ?

Projets de cœur, débattus au creux de la nuit, au dessin de l’aube.
Aube nouvelle, vierge de connaissance, de savoir.
Savoir que l’on se lèvera, un jour prochain, dans quelque habitude.
Habitude chérie, non de celle de la routine bien huilée, mais plutôt un temps comme un repère.
Repère, un phare, une lueur, une histoire.

Histoire de dire, histoire d’écrire une fin qui ressemblerait au début.
Débuts prometteurs, dans lesquels on oublie ce qui a le pouvoir de nous faire épouser une réalité que l’on tait, un secret.
Secret du cœur, corps en liesse, silence sur ce qui laisse des traces comme des éclats.

Eclats de vie qui doucement s’évaporent au gré d’un temps qui ne nous appartient pas.
Pas à pas, faire la lumière sur ce qui n’est pas, sur ce qui est juste.
Juste de quoi s’interroger sur les raisons d’une vie choisie, sans avenir, sans projet…

Retrouvez les autres participations ici: Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine (#19), je vous invite à faire une liste de 20 titres de chansons que vous aimez ou connaissez. Puis d’écrire un texte en intégrant ces titres! Bonne fête de la musique!

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Pour lui plaire…

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Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.

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Quand notre corps nous parle

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Octobre 2012
Fin de journée au bureau. Une douleur fulgurante me terrasse.
Je pense au bébé bien niché dans mon ventre. J’ai peur un peu puis je me souviens, ça arrive parfois ces douleurs inconnues qui me cisaillent les entrailles.
Ça passe. Comme tout. Puis ça revient. Une fois, deux fois, dix fois.
Mon corps pèse lourd et mon visage pâlit d’heure en heure.
Mon patron commande un taxi, je quitte le bureau avant la sortie. Direction la maison.

Je n’aime pas rentrer plus tôt à la maison quand il est là. Je n’aime plus quand il est là.
Mais aujourd’hui pas le choix, il faut que je me couche, que je me repose. La douleur est telle que tenir sur mes deux jambes est impossible.
A peine arrivée je m’écroule sur mon lit, incapable de faire un pas, de dire un mot.
Un peu de nuit. Juste un peu.
Il est déjà là à me demander ce que je fais là, pourquoi je ne lui parle même pas. Je n’en ai pas la force.
Il est déjà là à me dire « repose toi » avant de filer dans le salon. Il ne fait pas attention au bruit qu’il fait en partant.

Deux heures plus tard, aucune amélioration. Un coup de fil et un rendez-vous en urgence chez mon généraliste.
Un taxi aussi. Il ne m’accompagne pas.
Je ne lui en veux même pas. J’attends qu’on me dise que tout va bien, que mon enfant n’est pas en danger.

A l’examen tout va bien.
La douleur ne se dit pas. Elle reste tapie dans son coin.
Je ne sais pas ce qu’il y a. Mon corps ne répond plus.
Il faudra quatre appels incessants pour qu’il décroche et me demande si c’est vraiment important.
Je l’attends dans le froid de la rue, corps battu par la pluie d’automne, pas vraiment là. Heureusement, sinon ce que je vis me paraitrait complètement incohérent, impensable.

Aux urgences on attend encore et je me rends compte à quel point il est inadapté à la vie, à ma vie.
Je lui trouve des excuses pourtant. Beaucoup. Beaucoup trop. Dans cet hôpital, j’aimerai presque que l’on me garde, une nuit au moins, une nuit pour échapper à ma vie.
Pour ne pas avoir à rentrer avec lui, pas ce soir.
Une nuit pour dormir vraiment, plus que quelques heures tourmentées par ses mouvements, les bruits de son cœur contre les draps froissés.

Une inflammation. Douloureux mais pas grave.
Il faudra revenir le lendemain pour une échographie afin d’être certain que le bébé se porte bien.
Je repars avec lui, faible encore pour quelques jours.
A la maison je m’allonge, à 22h30 je n’ai plus le courage de rien. Il me dit quand même « il y a quoi pour le diner ? »
Puis accepte de se coller aux fourneaux, à condition que demain je reprenne le chemin de la cuisine, après tout, les médecins l’ont dit, ce n’est rien. C’est juste histoire de se faire remarquer !

Pourquoi ce récit ?
Pour dire que notre corps nous parle. Et qu’il crie aussi parfois.
Ça commence petit et ça peut virer au pire.
Nous ne sommes pas toujours prêts à entendre. Parce que psychologiquement c’est trop compliqué.
Alors notre inconscient fait barrière et on tient, parfois des dizaines d’année. Et un jour ça craque.
Tout ce qu’on a encaissé se brise et nous sommes à terre.
Ne jamais sous-estimer les alertes du corps. Ne jamais se dire «c’est rien ». Toujours se rappeler que c’est un appel à l’aide.
Si celui-ci est entendu, nous pourrons nous en sortir sans trop de dégâts.
Si nous préférons éviter d’y faire face, les conséquences peuvent être catastrophiques.

J’avançais depuis des mois en pilote automatique. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je valais.
Je n’avais plus de repères. Je n’avais plus d’énergie. Je n’avais plus de vie.
Je n’ai pas compris sur le moment mais j’ai senti qu’il se passait quelque chose et que si je ne faisais rien, j’allais basculer de l’autre côté.
J’avais devant moi assez de modèles pour savoir ce que ça pouvait donner.
C’était dément, fracassant, déroutant, cinglant…
C’était déjà le début d’autre chose.

Ce récit pour vous dire que votre corps est votre allié, non votre ennemi.
Prenez en compte ce qu’il vous dit.
Ne négligez pas les signes qu’il vous envoie.
Ne dites plus « c’est rien » même si c’est douloureux de regarder en face une histoire qui vous échappe.

Posted in Carnets de route

Retrouver Paris

Crédit Marie Kleber

Les jours prennent des couleurs, celles du temps mis sur pause et soudainement rendu à lui-même. Nous redécouvrons Paris au gré de balades, près, tout près des sentiers battus mais encore un peu déserts. Quand le monde s’arrache une table en terrasse, nous savourons le luxe d’une liberté retrouvée. Un brin d’insouciance vole dans l’air saturé de soleil.

Crédit Marie Kleber

Nous reprenons plaisir au connu, un plaisir contenu, mais tellement apprécié. Nous déambulons dans nos coins préférés, riches de souvenirs. La ville, qui hier encore nous paraissait menaçante, nous livre aujourd’hui ses merveilles et nos yeux ne cessent d’être éblouis par la beauté de la vie qui bat au cœur de la Capitale.

J’ai cru pouvoir partir plus loin, mais alors elle me manquerait comme la mer me manque. Ses quartiers, ses coins et recoins, son art, ses musées, ses vibrations, l’écho du jour qui se couche, ses murs peints et ses monuments majestueux, son histoire et ses rêves, tous ces chemins pris main dans la main avec l’envie de plus de découvertes, d’aventures fantastiques.

Crédit Marie Kleber

La vie, le bruit, ce tumulte qui parfois pourtant me dérange, je ne vivrais pas sans. Pas sans cette frénésie, cet appel sanguin, ce mélange de cultures et de saveurs, cet appel libre, cette impulsion impalpable.

Tout va trop vite, tout est trop plein, c’est ce que disent certains, ceux qui fuient la ville pour une maison à la campagne, avec un jardin. Nul ne nous demande d’adhérer à cette course folle, nous avons le pouvoir d’avancer à notre rythme, de profiter sans culpabilité, de danser selon le tempo qui nous sied. A nous de créer notre flow, unique et varié.

Crédit Marie Kleber

Quand le jour décline, Paris brille dans la nuit, m’offrant l’espace pour que je puisse retranscrire ce que je vis, ces rencontres sur un fil, ces liens invisibles, ces recréations magiques, cette énergie qui me guide sur une nouvelle toile attendant d’être travaillée!

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Challenge Ecriture 17

Je suis rentrée, la tête comme une pastèque, le corps fatigué. Pourtant je ne t’ai vu que quelques minutes tout au plus.
On a du échanger quinze phrases. Rien de bien terrible, que de la mécanique. Celle de la victime que tu es et du bourreau que je suis. Tu veux me faire croire que tu as changé, quand tout en toi, respire le mensonge. Tu penses qu’avec quelques pirouettes monétaires tu vas nous faire rêver.
Mais ce n’est pas ça, ça c’est du bouillon habituel, des mots faute de mieux, des promesses abracadabrantesques. Un appartement, une école haut de gamme, pourquoi pas un haras, une oliveraie, tant qu’on y est !
Rien de trop beau soit disant ! Pour ton fils, tes entrailles ! Mais tu n’es même pas capable d’aligner trois mots dans sa langue et tu voudrais qu’on oublie tout, qu’on te déroule le tapis rouge, qu’on dise « amen » les yeux fermés.

C’est pas tant cet air hautain que tu prends pour me parler, ce sourire hypocrite, ce tintamarre obsédant qui m’a filé le tournis.
C’est ce foutu ballon du PSG. Ce trophée. Cet objet pourtant insignifiant qui te place du côté des gagnants. Alors que tu ne fais que te pavaner, imiter, mimétisme de pacotille.
Ce sont tous ces cadeaux sans âme que tu lui refiles, comme pour redorer ton image.
C’est le vide de ton personnage, ton identité translucide. Tu n’es que ça, du vide.

Ce n’est pas parce qu’il est un tout jeune arbuste, en quête de racines, que tu peux jouer avec lui. Ses bases il les a et elles ne viennent pas de toi.
Est-ce que je suis heureuse de ça ? Non. Pourtant aujourd’hui j’ai compris que tu n’avais rien à lui offrir. Parce que tu n’as rien. C’est triste à dire, je ne pensais jamais pouvoir le dire de quelqu’un.

Il te faudrait plus qu’une potion magique, plus qu’un filtre enchanté, plus que tout l’or du monde, il te faudrait plus de mille vies pour compenser l’absence, le mépris, ta suffisance. Ils peuvent tous dire ce qu’ils pensent, je sens, je sais, qu’autour de toi tout n’est que nuisance. Ta présence n’est pas une menace, juste une longue plainte dont l’écho nous frôle encore parfois.

Mais lui et moi nous savons de quoi nous somme faits. Ta loi ne fait pas le poids.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème dans lequel le dernier mot de chaque phrase devra être le premier mot de la phrase suivante. Hâte de voir ce que cela va donner! Au plaisir et amusez-vous bien!

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 12.06.2021

Il n’y a pas à dire, le samedi c’est plus facile pour moi de rédiger mes états d’esprit. Le vendredi soir je manque cruellement d’énergie!! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et j’espère qu’ils se portent bien (Zenopia et The Postman).

Début [08:17]

Photo: Poète

Fatigue: en fin de semaine
Humeur: Très bonne
Estomac: en attente du petit déjeuner!
Esprit: apaisé et créatif
Cond. phys / Bien être. : yoga, sophrologie, cercle des Muses, rituel écriture du matin et auto-soins énergétiques. Tout ça est devenu si naturel!

Projet/Boulot: Je ne vois pas les semaines passer, les journées sont bien chargées. Nos nouveaux bureaux sont plutôt sympa, à suivre…/une autre journée de formation en soins énergétiques, je suis fan! / grâce à une amie, j’ai repris l’écriture de mon livre “chemin de guérison” – une évidence!

Culture:

LIVRES “Les enfants de la résistance” avec loulou, “Somewhere inside of happy” de Anna Mc Partlin, “La dernière marche” de Soeur Helen Prejean sur la peine de mort aux Etats Unis, un livre qui fait réfléchir

FILMS / DOCUMENTAIRES: Le fils du désert de John Ford (loulou est fan de John Wayne) et Le Tombeau des Lucioles (un magnifique dessin animé Japonais)

Penser à: m’écouter

Les jolis moments: déjeuner en terrasse, retrouver le plaisir de porter des robes longues, le cercle des Muses, journée formation en énergétique, du nouveau matériel créatif à tester…

Message perso: (1) Belle journée à tous! (2) Prends soin de toi (3) Tu es une belle personne! (4) j’aime beaucoup tes partages littéraires et cinématographiques!

Loulou: éleveur d’escargots, un brin exigeant parfois, esprit rieur, joueur d’échecs et prévoit même des tournois pour cet été(!), voit son papa aujourd’hui et n’est pas super enthousiaste, mais pas terrifié non plus

Amitiés : plus que quelques semaines avant de se voir en chair et en os
Love : occupé, vacciné, attentif, de mariage ce weekend!

Sorties : librairie, marché, visite familiale, pique-nique demain
Essentiel: accepter ce qui ne peut être changé
Courses: marché et cadeaux pour les anniversaires qui arrivent…
Envie de: pouvoir passer le relais de temps en temps (bientôt deux anniversaires pour loulou le même weekend – à moi la belle vie!)

Zic: Basi Bulat – Heart of my own

Fin [08:49]

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Se croiser

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Se croiser.

C’est ce que l’on fait si bien tous les jours. Dans nos quotidiens plus ou moins bien organisés. Dans nos cohabitations plus ou moins bien installées, dans nos vies plus ou moins harmonieuses, dans nos relations plus ou moins stables. C’est presque aussi automatique que le “ça va?” de circonstance, qui n’attend aucune réponse.

Se croiser, c’est juste partager un temps un périmètre commun, c’est un “bonjour” d’habitude, que ce soit la cuisine, l’escalier, le trottoir, un quai de gare, un bureau. Rien que du superficiel, rien qui ne nous tienne vraiment debout.

D’ailleurs se croiser c’est rapide et quand ça ne l’est pas, c’est sans âme. C’est histoire de dire que…On se connait, on se fréquente, on partage un morceau d’existence aussi infime soit-il. C’est rassurant finalement.

On peut aussi croiser son reflet dans le miroir, juste un millimètre de nous-mêmes. Pas de quoi en faire tout un plat. S’arrêter, prendre le temps, c’est déjà le début d’un engagement. C’est moins rassurant que l’éphémère.

J’ai croisé beaucoup de gens, j’ai aimé beaucoup de gens que je n’ai fais que croiser. Pourtant je crois en la sincérité des rencontres qui voient au delà des apparences, je fonds pour un échange coeur à coeur, je veux plus d’humanité dans les rapports humains, plus de profondeur.

Je ne voudrais pas qu’un jour nous ne fassions plus que ça, nous croiser, parce qu’alors nous aurions perdu quelque chose, peut-être bien pour toujours. Nous aurions perdu l’essence, l’essentiel. Nous serions alors deux étrangers comme ceux que nous croisons tous les jours et que nous avons l’impression de connaitre, alors même que nous restons sans arrêt à la surface des choses. A la surface, les sentiments sont faits d’une écorce aussi friable qu’une terre asséchée. Rien de bon ne sort d’une terre abandonnée.

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Challenge Ecriture 16

“Je savais que j’emporterais mes secrets dans la tombe. A moins que…”

A moins que?
Il m’avait regardé et j’avais senti comme une boule se former dans ma gorge. Je ne voulais rien savoir. Rien de rien. Je ne manquais pas de curiosité pourtant et j’étais plutôt friande de tout ce qui ne se dit pas. Mais là c’était différent. Je savais qu’il y avait quelque chose, quelque chose qui de génération en génération se léguait au moment du dernier acte et je voulais échapper à la malédiction.
Qu’il le garde son secret, à tout jamais enfoui entre le marbre et la terre. Qu’il s’endorme avec pour toujours.

Un secret ça ne se partage pas, maman m’avait appris ça, j’étais pas plus haute que trois pommes et je m’en souviens encore. J’en avais bien quelques-uns à mon compte, que j’avais conservé précieusement, des qui n’étaient pas bien méchants et d’autres qui n’étaient peut-être que des inventions de gamins. J’avais juré la main sur le cœur et le cœur sûr. Ils étaient sous bonne garde. Quant aux miens, rien que des petites cachotteries, pas de quoi alerter tout le quartier.
Dire ses secrets, et puis après. Laisser les autres en démêler les nœuds. Je n’étais pas pour. Je trouvais même ça lâche, comme une bombe qu’on jette à la figure de l’autre et qui détruit tout sur son passage.
Je savais que ses secrets avaient cette envergure-là, alors je partis et je le laissais seul face à ce qui l’effrayait le plus. J’avais choisi le camp de la vie !

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Mébul

***

Nous quittons les terres du secret et pour ce nouveau mois, nous allons explorer les mots, sous des coutures différentes!

Pour la semaine prochaine (17), je vous invite à écrire un texte comportant les mots suivants: pastèque, bouillon, translucide, potion, mécanique, arbuste, oliveraie, mimétisme, pirouette, tintamarre. A vos plumes! Et au plaisir de vous lire!

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Spirale inspirée

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Ca a commencé par un jour de pluie, quelques minutes d’ennui, une envie de sortir prendre l’air. Une lubie d’un instant, un loisir du dimanche. Ca ne durerait pas. Quelques jours tout au plus. Juste le temps de se laser, de descendre et remonter, nettoyer, bichonner. Ca finirait par passer. Une histoire de gamins, tout au plus.

Et puis non. Cette année, il a un an de plus et ses escargots sont devenus son moment de la journée, un moment de pause dans un quotidien en version accélérée. Il pense à eux au réveil et ne part pas se coucher sans être certain qu’ils sont en sécurité.

Au départ, c’était plutôt une corvée et puis devant l’enthousiasme des enfants, je me suis laissée porter par leur curiosité. Chaque jour nous en apprenons davantage sur les escargots, ces coquilles rigolotes, qui nous laissent bien souvent indifférents.

Il leur a donné un nom et a déjà ses préférés, ceux qu’il voudrait garder, quoi qu’il en coûte. Etre dans la cour là, présente à l’instant, je sais que beaucoup pensent que je perds mon temps. Pourtant j’ai le sentiment d’en sortir grandie de ce repli, de ce regard attendri, de cet émerveillement devant les spirales comme le début d’un enchantement qui me ramène au coeur de ce qui fait sens.

Ce n’est peut-être qu’un jeu d’enfant, alors j’ai à nouveau huit ans avec plaisir, je me laisse aller à buller au rythme d’une patience qui, ailleurs, laisse à désirer. Je me laisse envelopper de sérénité. Je m’accorde aux regards pétillants, comme si je fuyais un peu le monde des grands, mes émotions qu’un petit rien peut chahuter.

J’ai conscience de la naïveté de cette expérience et que ça puisse prêter à sourire. Pour autant, dans ce partage là, je trouve aussi ma place de maman, certes solitaire mais tellement riche. On apprend à chaque instant même des choses qui nous rendent un peu triste. Il y a dans l’air de juin une envie certaine, une urgence sanguine de vivre.

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Challenge Ecriture 15

Léo savait ce qu’il allait dire et à qui il allait le dire. Il savait aussi comment. En écrivant une belle lettre, comme celle qui se trouvaient dans la malle de grand-mère au grenier. Une lettre avec un stylo par contre parce que la plume et l’encre ne le mettaient pas du tout à l’aise.

Il allait tout dire à Théa. De A à Z et de Z à A. Martin lui avait dit que c’était le moment où jamais. Martin en savait des choses du haut de ses 1m50.

Sa lettre commencerait comme ça: “Chère Théa, aujourd’hui est un jour particulier car j’ai un secret à te confier.” Son secret c’était pas un truc inventé, ni quelque chose de mal. C’était un secret parce que personne le savait. Sauf Martin bien sûr. Mais Martin c’était pas les autres. Et Martin c’était pas quelqu’un qui disait du mal ou se moquait.

Sa lettre continuerait comme ça: “J’aurai bien aimé te le dire de vive voix mais bon il y a toujours plein de monde autour de toi. Alors voilà, je vais te dire quelque chose, pas quelque chose de grave ou de mauvais, pas une bêtise que j’aurai faite et cachée ou des gros mots que j’aurai dits dans la cour de récré. Mais avant de te le dire, j’aimerai bien que tu me promettes que ça restera entre toi et moi parce que les autres ils seraient peut-être jaloux de ce que je vais te dire et ça serait moche. Le secret serait gâché. Et je serais bien triste.”

C’était pas si facile que ça finalement de partager son secret mais Léo y tenait pourtant. Et puis Théa c’était différent. Allez, allez!

La lettre finirait comme ça: “Alors voilà, je trouve que tu es la plus chouette des filles. Quand je te regarde j’ai les jambes comme des flageolets et les yeux qui pétillent comme des bulles dans les verres des grandes personnes pour les grandes occasions.”

Martin m’a dit qu’il fallait pas tout dire la première fois, alors du coup je laisse un peu de suspense à la fin. J’en dis un peu sans trop en dire. J’espère qu’elle comprendra Théa. Même si elle a 15 ans de plus que moi et qu’elle m’appelle “gamin” quand elle me voit.

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things

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Pour la dernière semaine sur le thème du secret (Semaine 16) je vous propose d’écrire un texte à partir de cette citation: Dire le secret d’autrui est une trahison, dire le sien est une sottise” Voltaire

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Huit ans et quelques mois

Cela fait maintenant 8 ans et quelques mois que nous nous connaissons. Un peu plus si l’on compte ces mois de communion presque parfaite, ces mois en osmose dans une sorte de bulle baignée de lumière, avant le crash.

Huit ans et quelques semaines. Beaucoup de peurs et des heures de doute. Des larmes aussi, de quoi inonder l’espace. Des minutes obscures à se demander à quoi bon, à qui bon continuer, à quoi bon essayer. Des jours douloureux, des matins à ne plus savoir comment vivre sans cris, des soirs à guetter ton sommeil pour pouvoir m’écrouler, le corps pris de tremblements, le coeur en miettes et l’âme en peine.

Huit ans d’émerveillement aussi, de tes premiers pas à tes premiers mots, de tes premiers sourires à tes premiers coups de coeur, de tes premières fois suivies de secondes tout aussi touchantes.

J’ai souvent écrit combien je ne me sentais pas à la hauteur de ma tâche de maman, combien je me sentais lasse, vide, vidée, à cran, perdue, angoissée. J’ai souvent écrit la solitude, l’impuissance face à ton chagrin, tes peurs, ta sensibilité aussi exacerbée que la mienne, ta colère, ta rage. J’ai toujours écrit avec sincérité ce chemin de vie, choisi, pas toujours aisé, fait de hauts et de bas, d’envies de tout envoyer valser, de chaos et de tendresse mêlés. L’amour dans toute sa complexité.

J’ai voulu être une mère “parfaite”, celle qui n’existe pas! Tout gérer de main de maître, comme une sécurité, comme pour me dire que j’étais capable d’être ta maman. C’est pourtant ce qui m’a le plus pesé, enfant, cette maitrise des choses et du temps. C’est ce que j’ai copié, loin de me rassurer, ce modèle n’a fait que me terroriser.

Je t’ai écouté sans pouvoir répondre à tes demandes. Je t’ai écouté, je t’ai regardé évoluer, grandir, devenir un petit garçon. J’ai essayé tellement de fois le fameux lâcher prise, je me suis souvent plantée et la colère est revenue, comme une amie fidèle, manipulatrice, inquisitrice, destructrice.

Huit ans et quelques mois et voilà que doucement je prends ma place, tu prends la tienne, nous nous tenons l’un et l’autre dans un espace qui se vide de tristesse et se remplit d’allégresse. On dit que les épreuves nous rendent plus forts, je dois avouer que les nôtres nous ont fragilisés, nous ont rendu méfiants. Elles nous ont secoués et ont laissé des cicatrices que le temps seul à le pouvoir d’apaiser, pour peu que nous le laissions faire.

C’est à la joie et au présent que je m’en remets aujourd’hui, dans notre complicité et ce lâcher prise qui est arrivé sans que je le décide, comme si tout avait une raison d’être, comme si tout arrivait à point nommé. Peut-être bien que ce retour à moi aura été le point d’ancrage de cette relation qui s’épanouit, dans un mouvement permanent. J’accepte le déséquilibre et je pose davantage mes limites, ne craignant plus de ne pas en faire assez.

On s’apprend avec plus de rires et moins de contraintes, juste des règles de vie, celles que je définis pas à pas et qui te correspondent aussi. Cette vie à deux commence à avoir des reflets argentés et nous en avons tous les deux conscience. Comme quoi il faut toujours s’accrocher, la vie a des ressources insoupçonnées!

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 29.05.2021

Le soleil est là, oh joie! Place aux états d’esprit du Vendredi, le samedi! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et j’espère qu’ils se portent bien (Zenopia et The Postman).

Début [08:27]

Photo: séance photo

Fatigue: en fin de journée, tout naturellement (je me demande si je ne vais pas renommer cette catégorie!)
Humeur: Excellente
Estomac: thé (en attente du réveil de loulou)
Esprit: joyeux
Cond. phys / Bien être. : yoga, sophrologie, cercle des Muses, rituel écriture du matin et auto-soins énergétiques

Projet/Boulot: Trois jours OFF et qu’est-ce que ça fait du bien! Une bouffée d’air frais! Niveau projets, juste envie de faire ce qui me fait plaisir!

Culture:

LIVRES “Mon ami Frédérique” avec Loulou, “Une anonyme au bout du fil” de Juliette Norel (je l’ai dévoré), “Le temps des secrets” de Marcel Pagnol (je suis une inconditionnelle!) et dans “Somewhere inside of happy” de Anna Mc Partlin

FILMS / DOCUMENTAIRES: Le garçon au pyjama rayé – la fin m’a retournée le ventre. Je reste émotionnellement très touchée par les horreurs de la Shoah et je crois que c’est une bonne chose. Car on ne pourra jamais comprendre l’incompréhensible.

Penser à: accueillir ce qui est, ce qui vient

Les jolis moments: journée en amoureux dans Paris, foot avec loulou, accompagner les enfants à la piscine et de belles rencontres, le sourire des enfants, la douceur de vivre, devenir doucement qui je suis…

Message perso: (1) Mille Merci (2) Excellent weekend! (3) Tout était parfait! (4) Prenez-soin de vous!

Loulou: profite de la vie, élève des escargots et apprend plein de choses, invente des jeux, chante Renaud à tue-tête, a une passion pour les westerns!

Amitiés : téléphone, cartes, mails, pensées
Love : plein de projets qui se concrétisent, séduisant, photographe, attentif toujours

Sorties : balades, marché, chez mes parents pour la fête des mères
Essentiel: vivre au présent!
Courses: marché et des boites pour les escargots (si vous avez des tuyaux n’hésitez pas!)
Envie de: profiter de la vie!

Zic: Michel Berger – Quand on est ensemble

Fin [09:05]

Posted in Carnets de route

En Vie de Toi

Photo by Michelle Leman on Pexels.com

Cette envie physique fulgurante, vivifiante, impulsive. Cette étreinte qui va chercher plus loin que tout ce qui se lit. Ce corps à corps intense, à la limite de l’indécence, ce jeu qui nous propulse dans un univers d’insatiable plaisirs à décliner à l’infini. Cet impact qui n’en finit pas de m’éblouir.

Cette envie de toi, plus que ton corps, ton être. Au coeur, au corps de soi. Ce que tu dégages, qui tu es, ce que tu me fais ressentir, la manière dont je suis quand je suis avec toi.
Respirer l’air que tu respires dans un espace partagé, dans un temps qui n’est que le nôtre sans obligations à honorer, sans que le tic tac des secondes ne viennent perturber l’instant de félicité que nous vivons au maximum.

Il y a eu, la peur, le manque, l’insécurité, les reflets du passé. Il y a eu les doutes au milieu de ces mois entre deux, dans lesquels nous étions l’un à l’autre, si longtemps l’un sans l’autre. Je ne vais pas dire que ça a été facile ni que parfois je ne me suis pas demandée comment nous allions nous retrouver.

Il y a encore et toujours la joie, la complicité, ce contact de nos peaux et le dialogue de nos coeurs, ces sourires sur nos visages qui en disent plus longs que les plus jolis mots du Monde.

Je n’ai jamais douté de nos sentiments, j’ai juste crains cette fuite du temps. Que l’habitude de l’absence l’emporte sur l’émouvante tendresse de la présence. J’ai saisi la main du trouble au creux des déceptions des autres, des fins douloureuses, des adieux déroutants. J’ai redonné du pouvoir aux blessures d’hier, avant de comprendre que ma sécurité intérieure était de ma responsabilité, que le choix de la joie n’était pas un leurre mais bien un droit naturel.

Si il y avait un regret ce serait celui de ne pas m’être assez écoutée, d’avoir laissé les cicatrices brûler un peu plus longtemps comme si le bonheur c’était pour les autres et que je ne pouvais pas tout avoir. Juste quelques miettes, tout au plus. Quand tout de nous m’appelait à la vie, quand chacun de tes gestes m’invitait à plus d’audace, le plaisir simple de goûter à l’instant. Quand tous nos rendez-vous me donnaient ce sentiment d’être invincible, d’être plus que toutes mes limitations.

Ce temps là est passé et un nouveau chapitre s’ouvre à chaque respiration, chaque intégration. Les regrets filent comme le vent et alors il reste tant à écrire. Toujours. Le beau, le juste, le meilleur, ce qui a le goût d’éternité, quand nos mains s’effleurent et font trembler les parois fines de nos émotions.