Les États d’Esprit du Vendredi 19.04.2019

Une semaine de congés, un rythme différent, je reviens avec mes états d’esprits, initiative de The Posman et Zenopia . On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [06h10]

Photo: coloriage – le thème de la semaine!!
Fatigue : je suis en vacances…
Humeur : excellente
Estomac: thé
Esprit: en vacances, heureux
Cond. phys. : deux footing et du rangement – ça compte!
Boulot: vacances j’oublie tout!
Culture: Bethsabée de Marek Halter – En cours (lettres à Jean Marais  – les silences de Dieu de Gilbert Sinoué)
Penser à : ce qu’il y a de beau

Avis perso (1): bien sûr que c’est triste mais ça fait bizarre tous ces visages tournés vers Paris, Paris qu’on trouve toujours trop ou pas assez, qu’on délaisse et dont les rues sont inondées de déchets à longueur de journée…
Avis perso (2):  je crois qu’on revient de tout, que tout renait, que certains drames sont nécessaires pour nous rappeler ce qui compte.
Avis perso (3): oui je trouve que tout cet argent c’est indécent même si en effet chacun fait ce qu’il veut du sien. Et qu’on en a besoin pour reconstruire. On aurait juste pu éviter d’étaler ça sur la place publique!

Message perso: (1) tu me manques (2) j’ai beaucoup aimé ton article sur la confiance et ta photo est superbe (3) toutes les conditions pour une histoire d’amour ne seront pas toujours là. Il faut oser, faire confiance à la vie. L’amour est un magnifique pari à tenter (4) merci pour ton mail, je publie ton interview mercredi prochain!
Loulou: est en vacances, a adoré cette semaine ensemble, colorie bien, pas vite, mais bien!
Amitiés : ce weekend
Love : me manque, touchant quand il est touché, merveilleux (je le pense encore même si je le lui dis moins parce qu’il n’est pas d’accord avec moi!)
Sorties : weekend entre filles
Essentiel: aimer, s’aimer
Courses: aucune
Envie de: profiter
Zic: Bryan Adams

Fin [06h35]

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Le cancre du coloriage!!

Crédit Pixabay

Entre la maitresse de loulou et moi ça a mal commencé. Et ça se terminera mal.

Cette semaine, j’ai la grande chance d’être en vacances et d’aller chercher mon fils à l’école le soir. Un plaisir rare. Ce qui est moins sympa, c’est que chaque soir j’ai droit au visage dépité de la maitresse qui me répète qu’elle ne sait plus quoi faire avec mon fils. Elle me montre son coloriage d’un air désabusé.

“pas assez concentré” “il suit les mauvais élèves” “il ne comprend pas les consignes” “il est le dernier en coloriage”…

Tiens si on parlait coloriage. C’est le coloriage qui nous a mis dedans dès le début de l’année. Ça ne faisait pas dix jours qu’il était à l’école qu’elle voulait déjà me rencontrer.

Pour me montrer que les autres y arrivaient très bien. Sauf le mien. Sept mois plus tard, on en est encore là. Les autres font leur coloriage, pas  le mien. Enfin pas dans le temps imparti.

Le reste tout va bien. Mais ça elle ne le dit pas. Elle, son cheval de bataille c’est le coloriage!

Moi? J’écoute. Je lui ai dit en début d’année qu’il avait un peu de mal à se concentrer quand il y avait du bruit autour. J’ai même suggéré de le changer de table. C’est certain que si on met tous ceux qui parlent et font les zouaves ensemble, c’est compliqué.

C’est vrai qu’il est souvent dans ses rêves. Il a 6 ans! Il travaille bien. Il veut bien faire. Du coup il perd du temps. Et puis le coloriage, le dessin, ça l’ennuie.

Est-ce que c’est si grave? Est-ce qu’il n’y aurait pas eu de solution? Est-ce que la comparaison aux autres est un réel moteur? Ou est-ce que ça démotive plus qu’autre chose?

Je vois arriver la fin de l’année avec beaucoup de bonheur…

Si elle les prépare très bien au CP – dixit certains parents qui sont déjà sur les starting blocks de l’avenir professionnel de leur progéniture ultra brillante, qui elle, sait colorier un perroquet en moins d’une minute top chrono – on gardera d’elle un souvenir dénué de toute nostalgie!

 

Ces moments là

Ils arrivent. Puis repartent. Dans le même flottement – un temps que je ne saisis pas, ne maîtrise pas.

Ils s’invitent par surprise les moments de flou et mon équilibre vacille comme la flamme de la bougie malmenée par un souffle.

Ils s’installent. Je regarde le monde tourner et je m’en sens loin. Pas absente. Juste sur une longueur d’ondes distincte. Je laisse faire. Ça passera.

Ils disent quelque chose que je ne comprends pas toujours. Il me faut le recul pour mettre des mots. Ou peut-être que les mots viendront d’eux-même.

Et tout rentrera dans l’ordre. Je retrouverai la confiance, l’assurance que tout est parfait.

Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Sophie Pourny, Coach

Nous sommes déjà mercredi et pour tout vous dire, j’avais hâte, parce qu’aujourd’hui, c’est Sophie qui répond à mes questions. Je vous ai brièvement parlé de mon coaching, j’avoue que j’ai eu envie de garder cette expérience pour moi, un peu comme un trésor que j’aurai eu entre les mains. Et bien ce coaching je l’ai fait avec Sophie. Du coup c’est une interview un peu particulière et qui me tenait vraiment à cœur!

Bonjour Sophie, let’s go, quelques mots sur toi pour commencer en douceur : 

Allons-y je jette les mots en vrac ! Je suis femme, mère, ex-salariée, ex-je fais pas de vagues et je rentre dans les clous. Reconversion pro enclenchée à 43 ans. J’aime rigoler avec les copines, dormir, danser, écrire sur ce qui me vient.  Et les petits lapins blancs tout doux aussi, j’aime bien. Et lire. Et manger du chocolat noir avec des cristaux de sel. Bon j’arrête là les mots !!

 Tu es coach certifié. On entend beaucoup parler de coaching en ce moment, mais qu’est-ce que c’est vraiment ?

Le véritable coaching, c’est un accompagnement. On marche à coté de la personne en l’aidant à cheminer pour qu’elle trouve sa voie, et sa façon d’y arriver. On l’aide à prendre conscience de certaines choses, des schémas répétitifs, des croyances limitantes qui ne lui appartiennent pas… A la fin, elle atteint l’objectif qu’elle s’est fixée, et elle n’a plus besoin qu’on lui tienne la main. Elle prend pleinement conscience de sa place ! (oui je sais , c’est beau)

Quel a été ton parcours pour en arriver à ce métier ? Quel a été le déclencheur de ta reconversion ?

Mon parcours est chemin sinueux ! J’ai été salariée pendant presque 20 ans, en exerçant des métiers comme assistante commerciale, gestionnaire de stock… ce que je préférais c’était les contacts avec les clients, les fournisseurs, les collègues … en gros, l’humain. Ça peut paraitre évident mais je le dis car l’évidence n’est pas la même pour tout le monde..

Le déclencheur est une combinaison de plusieurs éléments : pour commencer un ennui profond et durable dans le métier que j’exerçais depuis 20 ans. C’est à ce moment-là que j’ai réalisé que lorsque j’avais 18 ans je voulais être psychologue…ça a été le premier déclic. Quant au coaching, ça m’est venu un jour, sans que je me m’explique comment. Je ne l’ai pas lu, ni vu à la télé. Ça reste un peu un mystère que je n’explique pas. Ensuite, plus j’en apprenais sur ce métier, plus j’avais envie d’y aller !

Qu’est-ce qui a changé dans ta vie depuis que tu t’es lancée dans l’aventure de l’entreprenariat ? Qu’as-tu appris sur le monde, sur toi-même ? 

La question serait plutôt : qu’est ce qui est resté identique !! A part ma vie de famille, tout a changé.

Ma vision du mot travail. Mes horaires. Mes déplacements. Ma façon de travailler. Mes revenus, (le montant, la façon dont je les perçois…) Je n’ai plus de collègues directs, mais beaucoup d’échanges et de contacts avec des entrepreneures (en majorité des femmes), d’autres coachs…

J’ai découvert un monde dont je ne soupçonnais pas l’existence tant que j’étais salariée. Il y a tant d’entrepreneures qui se lancent dans leur projet ! J’ai découvert des femmes inspirantes, qui veulent apporter beaucoup à ce monde, elles sont impressionnantes de détermination et d’ambition, dans le bon sens du terme. J’ai découvert aussi de belles communautés avec beaucoup d’encouragement et de soutien.

Ce que j’ai appris sur moi… que dire, j’ai tout simplement appris à me connaitre !  Par les exercices de coaching que j’ai pu faire, et par l’apprentissage de la vie d’entrepreneure, je me découvre. Ça n’a pas toujours été facile, parfois les larmes, l’angoisses, les doutes revenaient sans crier gare. J’ai dû évacuer beaucoup de choses. Mais aujourd’hui tout doucement ça va de mieux en mieux. Je pense que je vais découvrir encore beaucoup…

Qui accompagnes-tu ? Que souhaites-tu apporter aux personnes qui entreprennent un coaching avec toi ?

J’accompagne les femmes et particulièrement les mamans qui souhaitent trouver le job qui leur permettra d’équilibrer leur vie pro et perso, de subvenir à leurs besoins, et de s’éclater. On est d’accord que les 3 critères sont indispensables. J’accompagne aussi les femmes entrepreneures, pour qu’elles puissent prendre pleinement possession de leur activité, et qu’elles puissent en vivre.

Ce que je souhaite leur apporter ? En dehors de mon soutien inconditionnel, mon regard extérieur, ma bienveillance, je les aide à croire enfin en elles, qu’elles réalisent qu’elles ont bien des choses à offrir, plus qu’elles ne l’imaginent.

Qu’est-ce qui t’a le plus aidé depuis le début de cette aventure ?

Mon entourage. Ma famille, mes amis, ceux qui sont là quand ça va pas (et que j’ose appeler, ou qui bizarrement m’appellent juste à ce moment-là..). Et puis, à un moment donné, j’ai eu besoin de me faire coacher, pour moi aussi avancer dans mon cheminement d’entrepreneure. Et aussi les parcours inspirants d’autres femmes.

 Qu’est-ce qui te motive dans ton métier de coach ?

Les retours et les résultats de mes clientes. C’est ma drogue, mon adrénaline, ma raison de faire ce job. C’est ce qui me permet de continuer même quand il m’arrive de douter. Les voir se sentir mieux, aller mieux, prendre leur place. Ce monde est malade, on a besoin de le guérir, et je pense que les femmes ont un grand pouvoir de guérison. Les hommes aussi, mais ce sont les femmes qui ont le plus besoin d’être aidées, à mon sens. 

Un mot, un message pour terminer en beauté :

Chères femmes, soyez fières de vous ! Vous avez toutes une place, un rôle à jouer. Vous avez bien plus à apporter dans ce monde que vous ne pouvez l’imaginer. Pas besoin d’être une icône pour faire le bien autour de soi : d’ailleurs je suis sûre que vous le faites déjà ! Et si vous pouviez faire plus ?

Pour aller plus loin: Son site – Son blog

Mille merci Sophie pour ton temps et tout ce que tu partages. Elle le sait mais ces trois mois ont vraiment changé beaucoup de choses dans ma vie. Pour cette raison, je ne peux que vous encourager à passer le cap si le désir et le besoin sont là, en vous, depuis quelque temps. C’est une expérience très enrichissante!

Arrêtez de me poser les mêmes questions – Écoutez moi!

Crédit Pixabay

S’il y a une chose qui commence nettement à me taper sur le système ce sont les gens qui n’écoutent pas, restent sur leurs idées et répètent cent fois les mêmes questions (parfois ça tourne à l’obsession). Et dans les gens, j’entends des personnes de mon entourage proche.

Nous avons tous une manière d’être, de gérer notre vie. Nous faisons nos choix, ceux qui nous correspondent. Pour ma part, je considère qu’il n’y a aucun modèle. Chacun son histoire, son couple, son boulot, sa vie de famille, sa sexualité, ses convictions. Du moment que chacun y trouve son compte et est heureux, ça me va.

Sauf que la société n’est pas faite comme ça. Pas pour tous. Il y a des personnes que çà rassure quand tu es en couple, quand tu as des enfants, quand tu signes un CDI, quand tu vis à deux, quand tu es propriétaire, quand tu es hétérosexuel. Et que ça perturbe quand tu ne veux pas d’enfants, quand tu te lances à ton compte, quand tu choisis le célibat, quand tu es en couple et que tu vis séparément, quand tu es bi, quand tu vis en location et j’en passe…

Et qui te posent TOUJOURS les mêmes questions à intervalles réguliers. Et à chaque fois tu as l’impression de partir en croisade pour défendre TES idées / idéaux. Au départ, tu te dis que c’est de l’intérêt pur et simple pour ta vie. Ensuite, tu te dis que c’est pour vérifier, après tout tu pourrais avoir changer d’avis entre temps (et qu’est-ce que ce serait bien!) . Au bout de la quatrième fois, tu te dis que c’est pour être rassurés, parce que ton choix ils ne le comprennent pas, ça ne rentre pas dans leur vision de la vie. Sauf qu’il s’agit de TA vie justement, pas de la leur. Tu n’as aucun envie de leur imposer quoi que ce soit. Tu acceptes leurs choix même s’ils te déroutent. Encore une fois c’est leur histoire, pas la tienne!

Et puis un jour tu zappes. Tu laisses couler. Tu ne réponds plus ou vaguement. Parce que tu n’en peux plus de répéter la même chose, parce que tu as l’impression que personne ne t’écoute, ou que tout le monde s’en fout. Chacun se fait son idée de comment devrait être ta vie. Et toi tu assistes au spectacle.

Puis tu souris de ce petit sourire pincé qui dit “je vous emmerde tous” ou presque. Et tu passes à autre chose….

La dernière ombre au tableau

Crédit Pixabay

J’ai souvent parlé – beaucoup moins en ce moment c’est vrai parce que j’en ai assez parlé et que je ne ressens ni l’envie, ni le besoin de le faire davantage – de l’emprise, de ses effets et des cicatrices qu’elle laisse.

On me demande souvent si je changerai quoi que ce soit à ce que j’ai vécu. Clairement, non. J’ai la certitude qu’il me fallait passer par ça pour me trouver. J’ai appris énormément de choses sur moi, sur mes relations aux autres, sur la peur, sur ma capacité de résilience, sur l’importance de me prendre en compte dans mes décisions. Cela a changé mon regard sur la vie aussi.

Bien sûr cela a pris du temps pour que je me reconnecte à mes émotions, sensations, à mon corps. Pour que j’apprenne à m’aimer, à me regarder avec bienveillance, me respecter. Bien sûr ce chemin je ne l’ai pas fait seule de A à Z, j’ai été accueillie, épaulée, écoutée, conseillée, aimée. Et je le suis encore. Toutefois cette victoire reste la mienne!

Enfin, je me s’en suis sortie.  Alors cette ombre au tableau, c’est quoi?

Il faut savoir que quand tu es dans une relation toxique, tout ce que tu dis ou fais est passé au crible de l’appréciation de l’autre. La météo peut changer du tout au tout en un quart de seconde. Te laissant complètement désorienté. Marcher sur des œufs devient ton mode de fonctionnement. Tout ou presque a le pouvoir de te valoir une “punition”. Au quotidien, tu finis par craindre toute interaction, tout changement de programme ou d’humeur. Tu ne vis plus en quelque sorte, tu survis et quand ça craque, tu mendies un pardon, en prenant toute la faute sur tes épaules. Pour avoir la paix, tu es prêt à tout!

Je vous rassure aujourd’hui tout va bien. Je suis pleinement heureuse dans ma vie sentimentale. Le seul “mais” vient de moi et de ma façon d’appréhender les choses. Je crains toujours qu’un mot, une phrase, un acte ne viennent remettre en question les sentiments de l’autre. J’ai moi même conscience que c’est complètement insensé (comme beaucoup de peurs le sont). Je me raisonne mais ce sentiment revient de temps à autre. Je ne lutte pas contre, j’essaie de comprendre pourquoi je n’arrive pas à m’en détacher. Il y a une explication quelque part, je trouverais la clé, elle m’ouvrira les portes de lendemains où il ne restera que le meilleur à vivre…

Ça vous parle? Vivez-vous encore avec des cicatrices qui se rappellent à vous de temps en temps? Comment avez-vous guéri de vos heures noires?

Les États d’Esprit du Vendredi 05.04.2019

Après une première semaine d’avril fraiche et pluvieuse, place aux états d’esprits, initiative de The Posman et Zenopia . On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [21h45]

Photo: Sépia
Fatigue : du mal à me remettre d’une nuit presque blanche mais je me couche tôt et je dors bien
Humeur : très bonne
Estomac: raviolis, pain perdu, tisane
Esprit: en phase avec lui même
Cond. phys. : un peu de marche et un footing
Boulot: ou quand les Ressources Humaines n’ont pas de ressources…
Culture: Livres (Les délices de Tokyo – Ici les Femmes ne rêvent pas) et Ciné (Le mystère Henri Pick)
Penser à : rester ZEN

Avis perso (1): parler c’est bien mais écouter c’est mieux
Avis perso (2): on peut être fragile et fort en même temps, l’accueillir et l’accepter
Avis perso (3): c’est tout petit et ça me percute à chaque fois comme un camion lancé à toute vitesse…Il y a encore des choses à lâcher, des peurs à dépasser…

Message perso: (1) merci pour cette délicieuse soirée (2) C’est bien, agréable, mais pas essentiel à ma vie (3) si nos chemins ne s’étaient pas croisés tu aurais manqué à ma vie (4) merci pour votre enthousiasme et vos retours sur les Interviews (5) merci pour ton avis sur mon texte…
Loulou: se remet de son otite, est fan de De Funès, attend son copain avec impatience demain, écoute Enya en boucle
Amitiés : au téléphone
Love : prévenant, très tactile, à l’écoute toujours, me donne des idées pour mes articles, profite des siens
Sorties : pour les courses
Essentiel: lâcher prise
Courses: de quoi nourrir deux piles électriques!
Envie de: écrire une nouvelle histoire
Zic: Pink – Walk me Home

Fin [22h15]

Très bon weekend à vous! Profitez bien!

Par amour pour toi

Je serai parti en croisade pour toi. J’aurai gravi les monts d’ici et d’ailleurs. J’aurai mendié aux cieux, aux étoiles et à tous les poissons de la mer quelque recette magique pour que tu daignes poser les yeux sur moi. Je serai allé voir ce savant fou qui vit dans les Montagnes du Nord et de son Almanach j’aurai tiré le savoir, celui de l’amour au premier regard. J’aurai suivi le rythme des lunes et des saisons avec l’intime conviction  de pouvoir un jour te prendre par la main pour, ensemble, admirer le soleil couchant embrasser les flots moqueurs. Je me serai fier à mon instinct pour débusquer la cachette secrète de tes rêves accidentés. Et je les aurai fait revivre avec pour seule arme, la palette variée de mes sentiments inavoués.

Je te vois, tu prends des notes au loin, là-bas, dans une réalité qui ne m’appartient pas. La mienne est pleine de toi. La tienne est vide de moi.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots récoltés étaient: croisade – instinct – almanach – réalité – rythme – poisson – (note) – convictions

Interview Femmes Inspirantes Saison #2 – Maude Perrier, Autrice

Nous sommes mercredi et comme vous le savez si vous suivez la série, le mercredi est désormais consacré aux interviews de femmes inspirantes. Aujourd’hui, c’est au tour de Maude Perrier de venir nous parler écriture. C’est la première autrice interviewée sur ce blog et j’en suis ravie! Allez, c’est parti…

Bonjour Maude, une présentation rapide, avant de passer aux choses sérieuses :

Bonjour Marie, alors pour me présenter rapidement, j’ai 41 ans, je travaille à plein temps dans un cabinet comptable et j’écris des romans depuis 2014/2015, après une espèce de crise existentielle. Je suis également femme et maman d’un petit garçon de 7 ans, bientôt 8.

Quel(s) type(s) de romans écris-tu ?

J’écris des portraits de femmes, qui au départ sont souvent dans une situation compliquée voire douloureuse (alcoolisme, prostitution, sans domicile etc) et qui tentent de s’en sortir. La romance a également une part belle dans mes histoires ainsi que les voyages.

Comme dirait Attali, j’écris des romans que j’aimerais lire.

Quelles sont tes principales sources d’inspiration ?

C’est un peu cliché que de dire que tout m’inspire et cependant, c’est très vrai. Une personne, une discussion, une situation, un fait d’actualité, une chanson, une émotion… je me nourris de tout pour créer mes personnages et mes histoires.

Je suis aussi ma propre source d’inspiration. Quand un sujet m’intéresse ou me touche, je décide d’en faire le thème central de mon roman. Quand j’ai envie de voyage à l’autre bout au monde, je la choisis pour y emmener mes personnages.

Pour te donner un exemple concret, je travaille sur un nouveau roman. Le thème, je l’ai décidé après être tombée sur une interview de Marsha Elle, une femme que je ne connaissais absolument pas mais qui m’a fait forte impression. Elle a beau avoir une jambe en moins, elle n’en est pas moins très “successful” en tant que chanteuse, mannequin, conférencière inspirante… Je me suis tout de suite vue écrire un roman dont l’héroïne serait, comme elle, une femme amputée. A partir de là, j’ai commencé à regarder des reportages et des témoignages de personnes dans pareille situation et j’ai pris une claque. Nous sommes tellement loin de l’apitoiement sur soi ! J’adore.

Tu as toujours eu ça en toi, l’envie d’écrire, de raconter des histoires ?

Carrément ! Et pourtant, contrairement à beaucoup de mes consœurs, je n’ai pas d’abord été une fan de lecture. Plus jeune, c’était ma sœur qui bouquinait, moi pas trop. L’amour des livres est venu un peu plus tard mais après, je n’ai plus décroché. En revanche, raconter des histoires, ça a toujours été mon truc, même avec des poupées ou des Playmobils.

J’ai commencé assez jeune avec quelques nouvelles griffonnées sur des feuilles blanches, puis suis passée à des choses plus sérieuses vers 15/16 ans. L’écriture m’a toujours apporté un sentiment extraordinaire de bien être, de liberté, d’épanouissement. Je me sens tellement moi avec un stylo ou un clavier ! En parfait accord avec qui je suis lorsque tous les masques imposés par la société tombent.

Quand t’es-tu vraiment lancée dans l’aventure ? Qu’est-ce qui t’a poussée, motivée ?

La première fois c’est vers 16 ans. J’avais écrit cette histoire courte que j’ai ensuite transformée en roman. J’ai mis des années à l’écrire, sur papier, sur machine, sur ordinateur.

Et puis pendant des années, je suis passée à autre chose. J’écrivais toujours mais des documents professionnels, pas de la fiction.

C’est en 2014, que le tournant a eu lieu. Après une crise existentielle, j’ai découvert à peu près simultanément le développement personnel et l’autoédition. J’ai alors repensé à cette histoire que j’avais écrite des années plus tôt et l’ai remise au goût du jour (Une rencontre inattendue).

En renouant avec l’écriture, j’ai comme redonné de l’air à mes poumons. Les idées, les romans se sont succédés à un rythme fou l’année suivante. Je me suis retrouvée.

Peux-tu nous parler de ton premier roman – de l’idée de départ au point final ? Qu’as-tu ressenti une fois celui-ci terminé ?

Mon premier roman, j’en ai parlé un peu plus tôt, il s’agit d’Une rencontre inattendue.

Je pourrais en discuter pendant des heures tant l’écriture fut épique. Je me revois dans ma chambre chez mes parents, avec la musique de Richard Clayderman en fond sonore. J’écrivais pendant des heures sur des feuilles de papier. J’allais à la bibliothèque prendre des livres sur le Brésil et le sida (à l’époque, pas d’Internet 🙂 ). J’écrivais au feeling, sans plan ni rien, mais j’avais l’impression que ça tenait la route.

Ensuite mes parents m’ont offert un cadeau juste extraordinaire : une machine à écrire électronique. Elle fonctionnait avec des disquettes. Du coup, je pouvais écrire chez moi mais aussi à la fac, pendant les temps morts. C’était génial.

Quand je l’ai eu fini dans sa première version, je ne me souviens plus trop du contexte mais je sais que je l’avais envoyé à un concours et qu’il avait eu un prix (sans valeur) . Après, on a proposé de l’éditer, à compte d’auteur. J’ai beaucoup hésité mais je ne voulais pas que ma sœur ni mes parents mettent près de 10000 francs à l’époque dans une pareille aventure, d’autant que vraiment, je n’y connaissais absolument rien.

Il n’empêche, ce premier roman m’a procuré un plaisir indescriptible pendant tout le temps qu’a duré sa rédaction, même pendant les phases d’agacement, quand j’avais oublié de sauvegarder un chapitre par exemple. Et quand j’y ai mis le mot fin… j’ai eu mal de quitter l’histoire, les personnages, les émotions éprouvées tout le long, à émerger en somme. J’étais aussi fière de moi parce que c’était vraiment la chose à laquelle je tenais par-dessus tout. Je voulais la mener à terme et je l’ai fait.

Que dirais-tu à une personne qui a envie d’écrire mais n’ose pas, qui a peur de ne pas « être capable » ?

Je dirais qu’il n’y a aucune raison objective d’avoir peur. Écrire ne veut pas dire être publié, lu, gagner de l’argent etc. Écrire c’est avant tout entre toi et toi. Personne ne t’oblige à le montrer aux autres.

Quant à avoir peur de ne pas y arriver… eh bien ce n’est qu’en essayant qu’on s’en rend compte n’est-ce pas ? Pourquoi mettre des bâtons dans les roues d’un vélo avant même de monter sur sa selle ?

A ces personnes, je dirais juste écrivez, sans vous poser la moindre question. Prenez un crayon ou votre ordinateur et allez-y, mettez un mot après l’autre. Eclatez-vous sans penser à rien d‘autre qu’à ce que vous avez envie de raconter. Il sera toujours temps ensuite de vous poser toutes les questions du monde.

Si je te dis que tes romans sont de belles sources d’inspiration pour les femmes d’aujourd’hui, qu’en penses-tu ?

Je ne sais pas si c’est le cas mais entre nous, ce serait un compliment magnifique !

Les autres m’inspirent tout le temps alors si à mon tour, je pouvais faire pareil avec mes romans, je me dirais que je rends ce que j’ai reçois… euh…je ne suis pas certaine d’avoir été claire 🙂

J’ai conscience aussi que ce ne sont pas les sans-abris, les alcooliques ou les femmes qui sortent de prison qui vont me lire, mais si l’une d’entre elles le faisait et si, d’une manière ou d’une autre, elle puisait dans mes écrits un tout petit peu de force, là, je serais un milliard de fois plus heureuse encore.

 Il va falloir s’arrêter. Un mot, une citation, une envie particulière, un projet à partager :

Un mot ? Hum, faire court n’est pas vraiment dans ma nature 🙂

Je pourrais parler de ce projet de roman qui verra, j’espère, le jour avant l’été, avec cette héroïne unijambiste. De cet autre projet qui est dans un coin de ma tête depuis des mois et qui est revenu brutalement sur le devant de la scène quand je dormais.

Je terminerai alors simplement par cette phrase de Jim Rohn qui m’accompagne depuis que j’ai commencé l’aventure Maude Perrier “if you quit you lose. You lose automatically if you quit”. Si tu renonces, tu perds. Tu perds automatiquement si tu abandonnes.
Je ne renoncerai pas.

Ne renonce surtout pas Maude et enchante nous encore avec ces destins de femmes qui ne peuvent que nous toucher. Je te souhaite encore de beaux projets, de belles histoires à nous raconter. Merci beaucoup pour cet interview pleine de peps!

Pour découvrir l’univers de Maude, c’est par ICI.

 

Bordel Chagrin

Voix 1

Nous faisons un sacré boucan. Tout le monde nous regarde. Les enfants surtout. Il faut dire qu’ils s’en donnent à cœur joie. Sauter, monter sur les sièges, se bousculer, parler fort, se trainer par terre. C’est grotesque. Dans la rame, pas bondée, juste bien remplie, je scrute les regards, de travers. Paupières qui se lèvent et s’écroulent, souffles fatigués, soupirs exaspérés.
Beaucoup de grimaces semblent dire « quel sorte de père êtes-vous, pour les laisser agir ainsi ? »
Comment leur donner tort. A leur place, je fulminerais. Je ne me gênerais pour partager mon point de vue sur ce comportement inacceptable. Le respect bordel !
Quel père je peux bien être d’ailleurs. Qu’importe. Je m’en fous bien de ce que pensent les autres. Surtout aujourd’hui. Surtout à ce moment-là. Je regarde mes mômes – vivants. Je les vois rire, chanter à tue-tête. Je les remercierais presque de tout ce chaos. Vital.

Voix 2

Putain ! Ce mec et ses gosses m’exaspèrent. J’en peux plus de les voir sauter à droite, à gauche. Ils sont deux et foutent un souk d’enfer dans la rame surpeuplée. Les autres voyageurs semblent complètement déboussolés devant ce manque cruel de savoir vivre et de civisme. Impossible de se concentrer sur un bouquin, impossible de finir une conversation. Les cris couvrent même Led Zeppelin dans mes oreilles – un comble ! Je me demande qui va sortir de ses gonds le premier.
Le père sourit bêtement à sa progéniture, comme si il avait pondu les septième et huitième merveilles du Monde. Il doit être Miro pour ne pas réagir ou complètement désabusé. C’est peut-être ça le pire.

Voix 1

Le grand échalas avec ses écouteurs sur les oreilles est à deux doigts de me foutre son poing dans la tronche, ça se sent. Je passe de mes mômes à la limite de la décence au jeune à la limite de l’implosion. Qui va craquer le premier ?

Voix 2

Je craque. Je dis enfin tout haut ce que tout le monde pense tout bas depuis le début du voyage. Je prends sur moi pour ne pas hurler, inutile d’en rajouter niveau décibel. Le père est complètement à l’ouest. Il me regarde l’air hagard. Quel con !

Voix 1

Le type n’en peut plus. Il me lance mes quatre vérités, sans peser ses mots. Incapable. Les mômes, de futurs inadaptés. On emmerde tout le monde. Pas besoin de me faire un dessin. Il y aussi quelques grammes de mépris dans sa tirade. Je ne peux même pas lui en vouloir. En temps normal, mes mômes sont calmes. Le respect c’est une valeur phare chez nous.

Voix 2

Toute la rame me toise désormais, presque gênée. Les mômes se sont arrêtés de brailler. Ils se tiennent derrière le père, soudés. Les autres sont bien contents de ne pas l’avoir ramené au final. Le père me sourit comme pour me dire « t’inquiète vieux, j’aurai fait comme toi dans la même situation ». Par contre, j’échangerai pour rien au monde ma place contre la sienne.

Voix 1

Je l’ai scié. Sur place. Il me regarde incertain. Quoi dire ? Quoi faire ? C’est pas de sa faute. Il ne pouvait pas savoir. Il retourne s’asseoir avec Led Zeppelin. J’aurais pu lui dire que j’aimais bien. Peut-être même que j’aurai dû lui demander de partager ses écouteurs. Juste pour passer mon chagrin, ne plus entendre celui de mes mômes marteler le sol du métro aérien.

Voix  2

« Ils viennent de perdre leur mère »
J’ai encore du mal à m’en remettre. De cette annonce. La belle claque!
J’aurai presque envie qu’ils fassent encore plus de bruit. Celui de la vie. Pour que je n’entende pas mon cœur se faire la malle.

Ce texte est inspiré d’une discussion que nous avons eu hier soir sur le thème de la communication…