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Un point d’interrogation

Photo by Nadezhda Moryak on Pexels.com

Tu restes le mystère, l’énigmatique personnalité qui m’aura fait le plus grandir“.

Quand les mots se sont posés sur moi, j’ai pris une claque, celle de la vérité. Nous ne nous étions pas parlées depuis des mois, nous échangions quelques lettres qui ne disaient que le bleu du ciel, le soleil frileux de l’été. Nous esquivions les maux comme deux combattants fragiles. Nous tentions de maintenir à distance les tremblements, les turbulences. Nous ne nous étions pas vues non plus. Pour ne pas nous blesser davantage. Je voulais la distance pour éviter les questions. Je marchais à reculons sur un chemin dangereux et je savais que son regard verrait au delà de l’assurance que j’affichais. Je savais qu’elle poserait les yeux sur la peur et que cela me ferait vaciller encore un peu.

Ma mère ne m’a jamais cachée qu’elle avait du mal à me comprendre, mes réflexions comme mes comportements ni qu’elle s’était sentie perdue bien des fois devant mes choix, mes pensées, mes cheminements intellectuels, mes émotions vives. Mon père reste lui, en retrait, bousculé par une façon d’être qui le perturbe. Ni l’un ni l’autre n’ont pourtant jamais manqué une occasion d’exprimer leurs sentiments.

Je me rends compte seulement aujourd’hui combien cela a dû être déstabilisant pour eux. J’ai passé plus de temps à me rebeller contre l’incompréhension qu’ils affichaient plutôt que d’essayer de comprendre ce qui pouvait à ce point les mettre mal à l’aise. Peut-être bien que ma personnalité me met moi-même mal à l’aise, peu de gens me comprennent, je passe plus de temps à justifier mes failles, mes goûts, mes émotions à fleur de peau, mes peurs. Si je me suis éteinte si longtemps c’était moins pour faire comme tout le monde que pour avoir la sensation de ne pas me sentir si seule sur le chemin. Avoir la sensation, même illusoire, d’appartenir à une entité, un tout, c’est extrêmement rassurant. Pour beaucoup.

Quand ses mots se sont posés, quelque chose a explosé. Finalement peut-être que tout cela n’est pas vain, que je ne suis pas un point d’interrogation pour rien…

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Les amoureux du RER B

Là, sur la plateforme du RER B, j’observe du regard les deux amoureux enlacés à mes côtés. Il est huit heures du matin. Au bout de la ligne, mon bureau m’attend. Les dossiers qui s’entassent ne font que meubler l’espace. Je m’ennuie considérablement. Travailler pour faire un métier qui te plaira, mes parents m’ont bien eu. Ou bien, ils y ont cru. Pourtant, j’ai pris plaisir à étudier, à passer des heures dans des amphithéâtres surchargés, à lire et relire des cours donnés, tantôt par des professeurs passionnés, passionnants, tantôt par des survoltés, complètement barjos.

Pour passer le temps, je déambule entre les étages, m’arrête chez une collègue pour papoter, échanger quelques anecdotes qui feront le tour des services en un rien de temps. Je reviens à mon poste, sans grande conviction et tente de m’atteler à une tâche compliquée. Je me dis parfois que je pourrais reprendre des études, demander un congé formation ou partir à l’étranger pour parfaire mes langues, puisque rien ne me retient à Paris.

Je vois d’ici la routine de ma journée à venir. Le téléphone sonne. Horreur. Je déteste la musique assassine de l’appareil. Elle perturbe mon rythme. Elle vient interrompre ma maigre concentration. Elle me force à arrêter mon travail. Elle stoppe ma pensée en action. Le téléphone continue de sonner. Le mien ou celui d’un autre. Dans mon bureau ouvert sur le monde, on dirait que je n’entends que le staccato qu’il produit, à longueur de temps. J’attends. Je compte les secondes entre chaque sonnerie. Je me fige. La musique continue. Je tente de me concentrer sur autre chose, sans vraiment y arriver. Rien ne m’intéresse. Le téléphone s’arrête enfin. Je reprends mon souffle. J’écoute le silence. Je m’en délecte. J’en abuse. Jusqu’à la prochaine sonnerie. Il faudra que je décroche cette fois pour régler un énième conflit administratif.

Au loin, j’aperçois le signal qui indique qu’il y a un problème sur une des lignes du réseau. Encore un. Toujours à l’heure de pointe. Souvent le matin. Je suis contente de ne pas être coincée dans un métro à l’arrêt, entourée de personnes, qui au fur et à mesure du retard pris, se crispent, s’énervent, se mettent à chercher frénétiquement un autre moyen d’être dans les temps à destination, sans y parvenir. Sans compter l’odeur des corps en chaleur qui devient vite insupportable.

Regarder les couples se retrouver, se quitter, se dire au revoir pour quelques heures, peut-être plus, se dire adieu des fois, c’est mon péché mignon. C’est très cliché une plateforme ou un quai de gare, mais je les envie parfois, moi à l’étroit dans ma vie de célibataire, trop souvent confrontée à moi-même, à mes doutes de fille seule.

Je me prête alors à mon jeu favori : imaginer leur vie, deviner leurs pensées. Je les décortique, les scrute, les assomme de mots silencieux, d’adjectifs subjectifs, à l’abri derrière mon livre. Je les dessine ailleurs, au bureau, dans leur quotidien, avec leurs familles, leurs amis, leur patron. Je me demande bien ce qu’ils font dans la vie, ce qu’ils ont comme envie, à quoi ils rêvent, la tête sur l’oreiller, la nuit, les plans qu’ils tirent pour les années à venir.

Ce matin, les deux pieds sur la plateforme, je ne sens pas le sol. Je plane quelque part entre mon espace et leurs deux corps en fusion. Ils se serrent, se boivent, parlent peu. Leurs regards se croisent, se perdent. Leurs yeux s’habituent mal à la lumière froide des néons. Leurs mains se frôlent quand elles ne se fondent pas l’une dans l’autre. Leurs bouches s’entrouvrent légèrement pour laisser passer l’air. Juste un peu d’air, le minimum vital pour ne pas perdre l’équilibre Ils ne guettent même pas les minutes qu’il leur reste. A cet instant, nimbé de lumière, leur univers est en suspens. Le RER approche et je sais que, d’ici peu, cette image aura disparu de la surface de la terre, se sera perdue. Leurs mains dessinent des formes qui viennent mourir sur les murs gris de la station. En l’espace d’une seconde, ils ne sont plus un corps mais deux êtres qui s’éloignent du présent.

Je voudrais détourner mon regard mais je n’y parviens pas. Elle referme son manteau sur sa fragile personne, s’apprête à monter dans le RER, puis s’élance à son cou, un baiser fougueux au bord du cœur. Il la saisit au vol et je me plais à m’imaginer dans les bras de cet anonyme. Juste pour ressentir à nouveau cette passion d’autrefois, ce bouillonnant vertige et me dire que je peux encore faire tomber les hommes, avoir des amants, pour à nouveau avoir le corps fiévreux, me sentir belle dans le regard d’un autre miroir, plus délicat que le mien. Quand il s’agit de faire mal, je suis la première à me porter le coup de grâce. Dommage.

Le RER s’éloigne, son visage collé contre la vitre, son corps épouse la porte à la propreté douteuse. Elle s’en moque. Il ne la quitte pas des yeux, sa main tremble. Il regarde autour de lui, la plateforme est presque vide. Il saisit sa valise, hésite, marche en direction de la sortie, ose un coup d’œil en arrière, comme pour s’assurer qu’elle est bien partie. Son visage se ferme, dans ses yeux une larme s’invite. Trop tard, il la balaye d’un coup de manche, c’est vrai qu’on oublie souvent qu’un homme ça ne pleure pas. Dire qu’il y a encore des personnes pour croire à ces inepties-là !


Je le regarde s’engouffrer dans les couloirs sans fin de la gare, c’est alors que je me rends compte que je viens de manquer le deuxième RER B de la matinée. L’écran s’allume et annonce un prochain train dans vingt minutes. Il est neuf heures, en retard comme d’habitude, il va falloir trouver un nouvel alibi : regarder les amoureux se quitter, ça devient louche !

Nouvelle extraite de mon recueil La Vraie Vie disponible sur le site The Book Edition

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Ces étés là…

Au fil des mois, les saisons se déshabillent, perdent de leur charme
Il n’y a plus ni printemps, ni automne, ni hiver
Il n’y a que des étés sans toi

Ce sont des étés à part, des étés sans âme
Des étés éteints
Des étés qui s’embrasent à partir de rien
Des étés sans perle de sueur pour calmer mes sanglots
Des étés où le ciel s’engouffre dans la terre et se perd
Des étés où mes pieds glissent sur l’asphalte humide

J’ai recherché des pièces de toi dans les étés d’autrefois
Des histoires, des passages de nos vies
J’ai cherché des projets écrits sur le bord d’une table en fer
Des restes de voyage dessinés sur la pierre
J’ai erré sur les sentiers fleuris
J’ai vu les fleurs perdre de leur éclat, brûlées par la chaleur
Celle de ton corps qui entre dans le feu
Et brûle tout sur son passage

Voilà à quoi je suis réduite
A des étés sans toi
Des étés plongés dans le noir

Poème extrait de l’Essence de l’Etre, recueil de poésie disponible sur The Book Edition

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Dans ma bulle #4

Un nouvel épisode de “dans ma bulle” qui parlera lecture aujourd’hui. De quoi vous faire plaisir et vous permettre de découvrir de belles plumes! C’est parti…

Je vous en parlais dans ma newsletter, Sandra, du blog Littérature mon Amour a partagé sur son site les aventures de Pard, une héroïne qui n’a pas froid aux yeux. Avec elle, entrez dans un univers magique et mystérieux.

L’amour, Marina en parle merveilleusement bien. Elle le chante, le loue en vers, elle l’enveloppe de satin, de corps qui se frôlent, d’aime-en. Ses poèmes sont une ode à l’aimée, au vivant, à la volupté. Je vous invite à découvrir son site Instants d’Aime et son livre sans tarder.

Ses mots sont là, partout. Ils sont sur la commode, ils se baladent dans les couloirs, voyagent chez les amis. Ils sont les fidèles du soir quand la nuit nous enlace et du matin quand le jour pointe. Ces mots ce sont ceux de Solène. Une poésie qui ne peut que vous toucher en plein coeur, une poésie de sentiments et de vin chaud. Ses deux livres sont disponibles sur The Book Edition. Ce sont des pépites à savourer avec une boisson chaude, devant un feu de bois ou au printemps dans un jardin en bourgeons.

Quand le merveilleux se dissimule dans les choses du quotidien, vous pouvez compter sur Sophie pour ouvrir votre regard. Le reste suit. Dans son livre “du merveilleux dans l’ordinaire” c’est ce qu’elle invite chacun à faire, à travers ses photos et ses textes. Ce petit livre est un chant qui nous berce, une mélodie qui nous renverse, une main qui vient prendre la nôtre pour nous emmener voir la beauté du monde, qui se cache dans les détails et parfois aussi les zones d’ombre.

Un dernier pour la route – Education Positive, une histoire d’équilibre. Celui-ci est dans ma PAL, pas encore lu mais je peux vous le conseiller les yeux fermés. Marie a un style bien à elle, elle partage sur des sujets variés et n’a pas son pareil pour vous parler science (et conscience!)

J’espère que ces partages auront attisé votre curiosité. Belle journée et à très vite!

Posted in Vie de Blogueuse

Rangement [projet 52-2021] semaine 47

Le rangement, un thème qui me plait! Trier, ranger, faire de l’espace, j’adore ça. J’aime faire de l’espace, aménager différemment, mettre de l’ordre dans les choses. Ca vide des espaces de mon esprit et ça m’apaise instantanément!

Pour illustrer ce thème j’ai choisi cette photo qui date de quelques années – à l’époque les chaussures de mon fils ne trainaient pas n’importe où dans la maison!!

Retrouvez les autres participations ICI. Excellente fin de weekend!

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 27.11.2021

Novembre touche à sa fin et je reviens avec mes états d’esprit, vous donner de mes nouvelles, avec toujours en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman). On va même dire que pour certains c’est ce qui leur permet de ne pas abandonner leur blog!

Début [09:18]

Photo: Un beau soleil et ses rayons!

Fatigue: je dors plus de 8h par nuit donc top
Humeur: bonne
Estomac: en attente de son petit déjeuner
Esprit: clair
Cond. phys / Bien être. : yoga et danse toujours.

Projet: Orienté 2022 avec plein d’envies d’écriture qui se dessinent – sinon je reprends du service sur le site World Moms Network, vous pourrez découvrir ici mon article sur le burn-out maternel

Culture: LIVRES: HP 7 avec Loulou et Le roman en ligne de Sandra sur son site ICI (j’adore l’univers qu’elle a créé!) FILMS / DOCUMENTAIRES: Regarder un film de A à Z le soir relève désormais du miracle!

Penser à: penser à soi

Les jolis moments: réveil amoureux, l’histoire du soir, vos retours sur ma newsletter, les projets qui prennent vie, les échanges amicaux, les décorations de Noel qui arrivent!

Message perso: (1) Merci pour nos échanges riches et vrais (2) C’est vrai que ça a du bon le télétravail! (3) Très heureuse que tu ai pu aller à ce concert! (4) Je teste la recette ce weekend – vivement les autres!

Loulou: un tantinet exigeant, lit de plus en plus, écrit des poèmes sur les chevaux, a de nouveaux copains, attend le sapin avec impatience

Amitiés : au téléphone, par mail
Love : présent, passionné, bosseur, à l’écoute toujours

Sorties : Expo Napoléon aujourd’hui, librairie, marché
Essentiel: du repos
Courses: de Noel et marché
Envie de: réussir à terminer ces états d’esprit (en restant le plus zen possible ) – Loulou est réveillé et il ne supporte pas que je ne sois pas disponible pour lui!

Zic: Après Renaud, Ferrat et Alan Stivell, place à Zazie!

Fin [09:52]

Posted in Atelier écriture

Voeu de silence

@mariekleber37

Y a de la joie par-dessus les toits, du soleil dans les ruelles et novembre vient avec son lot de mémoire, jours tristes à perte de vue, une résistance persistante comme une grêle arrivée trop tôt dans la saison. Un puits sans fond de cette peur qui vous dilate le coeur et l’esprit qui ne sait plus tourner comme il faudrait, qui perd ses repères à mesure que le froid gagne du terrain. Novembre et ses fantômes de gris vêtus, pareils à des morts qui chercheraient le passage entre cette vie et l’autre, errants de place en place, de corps en corps, pour se sustenter, de quoi tenir encore quelques kilomètres de route de plus. Un mois aux allures de ce que pourrait être l’enfer si on se fie aux légendes, aux récits des Dieux, si on se laisse abuser par les maux, vestiges d’un chaos qui détruit, et l’espoir, et l’aurore. Laisser passer Novembre et se taire, faire ce chemin de silence intérieur, ce chemin de la terre à soi et de soi à la vie. Quelques soient les cailloux, les failles, les crevasses, ce qui empêche, ce qui retient, la vie ose l’attente avant la renaissance.

Ce texte est ma participation à l’agenda ironique de Novembre – thème proposé par Laurence Délis de Palettes d’expressions

Posted in O bonheur des sens, Variations Littéraires

La danse des sens

Photo by Anni Roenkae on Pexels.com

Ce n’est pas humain, je l’ai dit déjà, écrit aussi. La musique du plaisir, mélodie sensuelle qui de frissons couvre la peau, chaque parcelle d’hémisphères qui sont nôtres et pourtant comme découverts. Le tumulte inonde la galaxie de nos peaux, l’onde de choc est sublime et dérivent nos pensées vers un rivage invisible.

Non, ce n’est pas humain, comme une part d’ailleurs détachée sur terre, un morceau qui ne s’attacherait pas pour un voyage extraordinaire. Il l’est dans un souffle d’urgence qui se plie au tempo des aiguilles du temps.

Et voguent les corps sur la mer d’huile recouverte, de rosée extraite jusqu’à toucher le viscéral, l’emblème de notre liberté. Loin les réminiscences de la menace, mort, se dissipent dans un chant salvateur, qui des hanches part pour se refléter dans la passion de l’éveil.

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Un malaise à apprivoiser

Photo by Anni Roenkae on Pexels.com

C’est là.

Même si on fait le choix de ne pas y penser, pas trop, de ne pas lui accorder d’importance surtout. C’est tout de même là et quelque part ça creuse. Même si on ne veut pas. Même si on se protège. Même si on garde son calme.

C’est là quand même, comme une tache au plafond, qu’on ne regarde pas tous les jours mais qu’on aimerait bien voir disparaitre. C’est là 1h30 par mois, un moment si bref et si long à la fois. Un instant suivi des mêmes questions amicales qui laissent pourtant une saveur amère en bouche. Expliquer le malaise demeure un challenge impossible. On voudrait que quelqu’un comprenne entre les lignes, par delà les mots, ne plus entendre les mêmes phrase, qui lassent.

Une fois la porte passée, on se dit “à dans 1 mois”, ça semble facile, ça ne l’est pas. On a l’impression qu’on passe à autre chose, mais dès la porte de la maison ouverte, il faut à nouveau poser des “non” et tenter de ne pas s’irriter d’un ton, d’une révolte, d’un malentend, faire preuve de patience devant l’évidence que pour lui aussi, c’est une épreuve.

Finalement on est seul. Dans nos pensées. Dans ces matins qui nous enserrent le coeur, quand on croit tout faire bien et qu’on fait tout de travers, quand on laisse la colère prendre le dessus, quand sa colère à lui prend toute la place et menace notre équilibre.

Le malaise, désormais à distance, a laissé dans son sillage un souffle rance, qu’il faut évacuer. Alors les mots fusent comme des lames de rasoir, le combat est ouvert, personne ne veut perdre et personne ne se tait. Et quand on y arrive, c’est parfois pire, du haut de ses 8 ans, c’est comme si j’abandonnais la partie. Il faudrait savoir laisser passer la vague, se souvenir que ses mots ne sont que des mots, qu’ils ne sont pas dits pour faire mal, qu’ils sont l’expression de ce trop plein qu’il ne sait pas gérer, un flux d’émotions presque incontrôlable.

Mais bien souvent ils ont atteint la faille avant que je ne puisse faire marche arrière, celle que je tente de guérir, celle qui au moindre geste un peu brusque vient à nouveau s’ouvrir et me laisse terrifiée face aux souvenirs. Alors je perds ce qu’il me reste de confiance, de patience et je me retrouve à tenter de me justifier encore une fois.

C’est là, qu’on le veuille ou non. Ca vient encore tester nos limites, jouer avec nos certitudes, ça vient remuer, ça vient nous demander de redéfinir nos priorités, c’est un deuil qui semble ne pas avoir de fin. C’est frustrant, révoltant. On se sent impuissant.

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Quel choix?

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Un commentaire sur mon billet de samedi dernier m’a inspiré cet article.

Lâcher, partir, faire des choix, n’est-ce pas le plus difficile finalement, ce qui nous coute le plus? Comme on dit souvent “on sait ce qu’on laisse, pas ce qui nous attend”.

Alors on s’attache à nos habitudes, nos relations, nos schémas de vie, à ce qui est d’un certain côté rassurant même si cela menace insidieusement notre équilibre, nos bases. On fait avec, faute de pouvoir faire sans. Et puis ce qu’on connait finalement ce n’est pas si pesant, on s’en accommode pas si mal de nos obligations, alors bon, pourquoi pas remettre des sous dans la machine et repartir pour une nouvelle dizaine?

J’entends souvent des personnes dire “c’est la faute de”. En effet, on peut passer beaucoup de temps à rejeter la faute sur autrui, à vouloir prouver par A + B que si on ne fait pas telle ou telle chose c’est parce que nous manquons de confiance, nous n’avons pas eu la chance des autres, nous avons manqué le coche.

J’entends souvent aussi “pour moi c’est trop tard”, comme si il y avait une date de péremption pour faire des choix en accord avec nos valeurs et nos souhaits, comme si passé un certain âge nous étions forcés d’admettre que ce n’est plus la peine d’essayer.

Lâcher, quitter quelque chose, ça ne veut pas non plus dire claquer la porte et repartir à zéro, remettre en question toutes les sphères de sa vie, tout quitter sans un regard en arrière. Ca peut simplement vouloir dire faire quelques aménagements, changer de cadre, choisir un nouveau loisir, passer plus de temps avec d’autres personnes, abandonner une mauvaise habitude, commencer une thérapie pour soigner un mal être ou un trouble, se mettre au sport…

J’entends beaucoup de gens avec des excuses plein la bouche. Les enfants, les parents, les conjoints, l’âge, la situation géographique, l’argent et j’en passe. Je ne dis pas que tout choix est simple, loin de là! Je ne dis pas qu’il n’y a pas des personnes qui doivent être prises en compte dans nos décisions. Mais il n’y a qu’un pas entre l’impossible et le début de quelque chose de possible. Et c’est à la portée de tous.

Quels sont les actes qui vous ont semblé les plus difficiles à poser? Qu’est-ce que vous souhaiteriez lâché aujourd’hui? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire? Qui rendez-vous responsables (on le fait tous un jour ou l’autre!)?