Je me souviens #1

Crédit Pixabay

Quand un mot, un geste avaient le pouvoir de déclencher ce que je redoutais le plus, la punition ultime, un silence insondable.

Rien que ça. Souvent un mot simple, presque rien. Souvent un geste anodin, un rictus. Quelques secondes d’inattention, puis le couperet tombait, la sentence était glaçante.

Il n’y avait pas que le silence, il y avait le mépris aussi, l’humiliation. Et devant son regard froid je redevenais cette petit chose fragile, les yeux qui dérivent et décrivent des cercles vers le bas, pour ne pas offenser celui qui sait, qui dit, qui dicte sa loi.

L’atmosphère qui devient épaisse, le silence qui inonde l’espace, la peur qui s’immisce, fait des vagues, anéantit tout sur ton passage. Et viennent les heures d’angoisses, à se croiser sans se parler, à se fuir, à s’ignorer, à se demander quoi faire, quoi dire pour que cesse l’agonie.

Revenir, comme une petite fille qui aurait mal appris sa leçon, et demander pardon.  Plusieurs fois, lui demander pardon sans savoir pourquoi. Juste ce mot là pour que l’autre mette fin au supplice. Qui gangrène les jours et asphyxie les nuits.

Je ne parlerai pas des nuits, elles sont mortes. J’ai chassé les images, elles ne viennent plus me hanter. Je sais juste qu’elles ont existé. Dans une autre vie.

C’est terminé et toujours là, un peu, parfois.

Quand je me souviens qu’un jour un mot, un geste avaient le pouvoir du pire. Et que le pire est derrière moi.

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Les minutes qui m’éloignent et me rapprochent

20180803_211048.jpgLes minutes qui m’éloignent de ses rires, du câlin matinal, des cris de joie, de l’excitation parfois compliquée à gérer. Qui m’éloignent de nos baignades, de la plage, des vagues, des couchers de soleil, de la cueillette des mûres, des retrouvailles familiales. Qui m’éloignent de lui et de ses jeux farfelus, de ses prises de position, de ses envies de tout comprendre, de ses pourquoi à répétition, de ses idées, de le voir grandir plus sûr de lui, moins réservé. Qui m’éloignent des chevauchées intermibables, de la simplicité retrouvée le temps d’évoquer les souvenirs. Qui m’éloignent de mes racines, de ces carrés de terre où reposent en paix des personnes que j’aime. Qui m’éloignent du temps béni des vacances, des balades à vélo, des chaises longues, des pieds nus sur le sol brûlant, du vent qui vient caresser mes bras. Les minutes qui m’éloignent des miens, de cette mélodie que nous composons un peu plus harmonieuse à chaque fois. Et qui gonfle nos coeurs de joie.

Les minutes me rapprochent de ses bras, de ce manque de lui perdu dans l’intensité de l’été, des heures riches de tant de choses. Me rapprochent de son regard, de sa voix, de la chaleur de son univers. Me rapprochent de l’envie de lui, de passer du temps à partager, se raconter, écrire la suite de l’histoire. Les minutes me rapprochent de son sourire, de la chance de sa présence dans ma vie, de tout ce qu’il est et qui me fait du bien.

 

L’Amazone

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Port altier
Démarche sûre
L’horizon à portée d’allure
La femme amazone maîtrise sa monture
Son dos, ses mains, la pression de ses jambes ordonnent
Le cheval excité par le vent fou résiste à ses ordres
Elle plante ses talons dans les flancs secs de l’animal
Connaissant les limites qui le brident, ses forces, ses failles
Elle maîtrise les codes subtiles du dressage
Le cheval fier refuse, recule, se cabre
Elle savoure le combat de leurs énergies contraires
Certaine de lui faire passer la barrière
Entre ses cuisses
L’amazone sent l’animal lâcher prise
Elle lui caresse l’encolure en guise de merci
Relâche la pression de son corps sur lui
Avant de s’élancer dans un galop à travers la plaine
L’animal et la femme en symbiose parfaite dans le vaste espace de l’univers.

Depuis toi

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Je danse le manque
Dans les heures d’effervescence
Les longues balades le nez au vent
Les vagues d’éclats de rire
Les fruits mûrs, juteux dévorés à pleine bouche
Les mûres cueillies sur le bord du chemin qui mène à l’amitie retrouvée
L’euphorie des rendez vous familiaux, le passé repassé, les anecdotes maintes fois partagées
Le galop sur la plage déserte, ce sentiment d’absolue liberté saisissant
Je trace le manque
Dans les embruns
Dans la mer gorgée d’eau salée
Dans le souffle du vent qui fait tanguer les haubans
Dans la fraîcheur du petit matin
Dans le temps suspendu aux souvenirs
Qui dévalent les pentes à toute vitesse
Dans l’instant qui défie les années écoulées
Dans la nouvelle histoire que nous écrivons
Au fil des étés que nous passons côte à côte
Coeur contre coeur
Le manque depuis toi a une autre saveur

Nos choix de vie

Si elle m’avait dit qu’il n’était pas libre, qu’il ne le serait jamais, je lui aurai conseillé de m’être un point final sur le champ à une relation nouvellement née. Et si elle avait persévéré, poussée par un élan vital que rien ne peut arrêter, alors de ne pas se bercer d’illusions. Il serait toujours l’homme d’une autre – qui braderait ainsi sa sécurité, sa liberté?
Aujourd’hui je lui dirai de suivre son intuition, il n’y a pas de modèle,  que l’amour ne se choisit pas toujours, que rien n’est amoral quand tout est fait en conscience, tant que chacun se respecte, tant qu’aucun n’impose de choix à l’autre. Que l’instant est ce qui prime, même si parfois les doutes nous font trembler, qu’ils nous intiment l’ordre de renoncer. Je lui dirai que chaque expérience apporte son lot de bonheur et de peurs, de sensations diverses et variées. Qu’aimer c’est être vivant, qu’importe les circonstances, les chemins pris, l’état du monde et ses tourments.

Tout un art

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Il y a les amateurs de cônes, de magnums, de glaces à l’eau ou de glaces italiennes à la crème, de sorbets, une, deux ou trois boules pour les plus gourmands que l’on mange à la cuillère dans un pot ou à l’intérieur d’un cornet, nappé ou pas de chocolat. Avec des biscuits, des éclats de friandises. Le choix peut parfois s’avérer Cornélien!

Il y a ceux qui croquent dedans à pleines dents, ceux qui savourent, font durer le plaisir, ceux qui fendent la pellicule de chocolat et ne mangent que ça.

Il y a ceux qui lechent, aspirent. Ceux qui engloutissent le tout sans demander leur reste. Ceux qui jouent avec la langue autour du savoureux mélange de parfums élaboré par leurs soins.

Il y a les gourmands, les goulus, les épicuriens, les passionnés. Il y a aussi ceux qui ne raffolent pas de ce doux plaisir sucré qui ravit les papilles des incontournables affectifs du quart d’heure glacé.

Manger une glace l’été est un art très personnel dans lequel chacun excelle en fonction de ses affinités.

Les États d’Esprit du Vendredi 27.07.2018

C’est vendredi, le vendredi qui annonce le début des vacances! Et l’heure de participer aux états d’esprit, initiative  de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [17h50]

Fatigue : due à la chaleur principalement
Humeur : ensoleillée
Estomac: tisane, salade de fruit et flan libanais
Esprit: léger
Cond. phys. : footing, yoga
Boulot : entendre “merci, vous avez fait du bon travail” c’est vraiment agréable!
Culture: Nina et moi de Leti
Penser à : profiter de chaque instant!
Avis perso : oser, quand c’est partagé, c’est encore plus délicieux.
Message perso: (1) on croise les doigts pour la réponse à l’entretien (2) bonnes vacances! (3) j’ai noté pour l’autoroute, je suis partante! (4) j’aimerai qu’un jour tu sois avec moi dans un endroit qui compte pour moi
Loulou: adore le poney, patauge même la où il n’a pas pied, attend le facteur (et sa maman!)
Amitiés : ce weekend, la semaine prochaine
Love : épatant, touchant, à l’écoute, séduisant, un puits sans fond d’idées diverses et variées (qui me plaisent!)
Sorties : anniversaire, journées plage avec les loulous
Essentiel: dire les choses, les sentiments, ne rien s’interdire
Courses: un pique-nique pour le car
Envie de: plage, glaces, soirées à papoter, footing, câlins baveux, parties de foot, équitation
Photo: bord de mer

Zic: C’est sensuel – parfait pour l’été! Même si je devrais me contenter de fantasmer!

Fin [18h10]

Je pars ce soir en vacances. Comme vous le savez si vous me suivez depuis quelques années, je suis rarement connectée en congés. Je passerai peut-être un peu, à moins que je ne me mette d’arrache-pied à mes projets d’écriture. J’en ai pas mal sur le feu! Bonnes vacances à ceux qui en ont. Et bon weekend aux autres.

PS – Vous êtes les Lecteurs les plus Formidables!

Trois mots en suspens

Les avoir sur le bout de la langue. Les ressentir au fond des tripes. Les savoir par coeur parce que c’est le coeur qui parle.

Et ne pas pouvoir les dire. Les sentir incapables de franchir l’espace, aussi infime soit il.

Je déteste ce moment là où je repars avec eux. J’ai les larmes au bord des yeux. Du trop plein de ce qui reste en suspens et qu’une fois de plus je n’ai pu exprimer verbalement.

 

Le premier pas

Chaque histoire s’écrit au fil des pas posés, des chemins empruntés. Un frôlement et c’est parfois un monde entier qui chavire.

Si je ne retenais qu’un instant, alors ce serait celui-là, celui de ses doigts qui se posent sur mon épaule. Je ne sais pas s’il en existe un plus chargé d’émotions diverses et variées que ce geste-là, celui qui défie tout ce que l’on croit savoir sur tout, cet effleurement qu’on croit avoir rêvé, qu’on aimerait pouvoir tenir entre nos mains pour s’assurer de sa consistance, qui crée un bouillonnement qu’on ne sait comment apaiser.

A l’heure où l’on s’interroge sur ce premier pas osé vers l’inconnu, sur l’utilité de laisser planer un quelconque mystère sur soi, de ne pas tout dévoiler au premier rendez-vous, je me demande si j’aurai au ce courage-là, si lui ne l’avait pas eu. Est-ce que j’aurai été terrorisée par une potentielle réponse négative ? Est-ce que je l’aurai laissé partir plutôt que de prendre le risque d’un refus ? Est-ce qu’il y avait dans son attitude quelque chose qui aurait pu me renseigner sur ce qu’il ressentait ? Est-ce que j’ai moi-même laissé transparaître quelque chose, qui lui a donné l’audace de ce geste loin d’être banal ?

Avec mon éducation du paraître, plutôt que de l’être, mes expériences pas franchement réussies, mon manque de confiance proche du néant (je me soigne!), cette croyance qu’exprimer ce qu’on ressent c’est courir le risque de faire fuir l’autre, je n’étais pas particulièrement bien armée pour le premier pas.

Pourtant c’est celui qui marque le début de toute histoire à créer, relation à construire. S’il n’est pas posé, l’histoire n’existe pas, elle s’étouffe dans un à peu près qui au fil du temps nous prive de son essence.

Peut-être que j’aurai osé. Parce qu’on ne vit qu’une fois. Mais je n’aurai pas pu photographier cet instant, le geste, les émotions, les sensations, la naissance de cet amour qui me transporte, me révèle, me touche intensément, investit mon être, qui me donne l’énergie et l’envie de croquer la vie à pleines dents.

Et vous, le premier pas, ça vous dit quoi, ça vous fait quoi?

Sommes-nous tous des exhibitionnistes (refoulés) ?

“Exhibitionniste”, c’est typiquement le genre de mot qui fait peur. Il fait tout de suite pervers !

Et pour cause, peut-être que toi aussi il te renvoie à des souvenirs pas franchement agréables de l’enfance, typiquement le mec louche avec son long manteau qui au détour d’un chemin, à la sortie de l’école, dans un jardin public, dans le métro, au supermarché sort tout son attirail, fier et excité, un véritable ovni pour toi qui ne sais ni où te mettre, ni qui appeler à la rescousse. Pas étonnant qu’à l’âge de ta première expérience sexuelle, tu enclenches le frein à main, rien qu’à l’idée que ce truc horrible pénètre ton intimité, tu préfères t’abstenir.
C’est un peu comme la première fois qu’on te montre en cours de biologie la vidéo d’un accouchement. Ça a de quoi refroidir tes ardeurs illico presto !

Si tu es venu lire cet article pour avoir des réponses, passe ton chemin, je n’ai que des questions à partager avec toi !

D’abord l’exhibitionnisme, c’est quoi ?
Le Larousse dit qu’au sens propre, c’est « l’obsession qui pousse certains sujets à exhiber leurs organes génitaux ».
Et au sens figuré « le fait d’afficher sans retenue ses sentiments, sa vie privée, ce qu’on devrait cacher ».

Dans le premier cas, c’est assez précis, on en a parlé plus haut. Mais si c’est entre adultes consentants, est-ce que ça rentre dans cette catégorie ? Une obsession, c’est comme une addiction, tu ne peux pas t’en empêcher. Mais si c’est juste une fois de temps en temps, comme un surplus d’adrénaline, une envie de casser les codes, un fantasme à réaliser ?

Dans le deuxième cas, « sans retenue » ça reste assez vaste. Peut-on parler d’exhibitionnisme quand:

Un couple s’embrasse en public ?
Une personne se promène nue dans son appartement, les volets ouverts ?
Deux personnes font l’amour dans la nature, dans une voiture, dans le hall d’un immeuble ?
Un mec fait une déclaration enflammée à la fille qui lui plait en grimpant sur un monument public (ou l’inverse) ?
Une mère donne le sein à son enfant (on dirait que ça choque de plus en plus de personnes) ?
Une femme est seins-nus sur la plage (n’oublions pas qu’à une époque c’était à la mode et que personne n’y trouvait rien à redire) ?
Un homme glisse ses mains sous la jupe de sa partenaire (accessoirement lui enlève sa culotte par exemple – il parait que ça arrive même à des filles bien ! et que c’est même fait par des types bien! Je reste dubitative…) en pleine rue?
Une personne publie des photos / récits intimes sur la toile ?

Est-ce qu’une tenue transparente est considérée comme une atteinte à la pudeur?
Faut-il aller dans des clubs privés pour s’adonner en toute liberté à un plaisir simple sans crainte de choquer? Ou sans se sentir « hors norme » ?

Sommes-nous des exhibitionnistes quand nous partageons nos vies sur nos blogs respectifs, parfois nos sentiments, nos pratiques / préférences / expériences sexuelles, nos secrets de famille, nos opinions politiques ou religieuses, nos accouchements, nos problèmes, nos expériences douloureuses / malheureuses ? Quand nous parlons de nos conjoints, de nos enfants, de nos parents, que nous publions des photos d’eux ? Quand nous passons au crible nos ressentis ? Quand nous décortiquons les méandres de nos existences ?

Et si nous le sommes, est-ce si important, est-ce si difficile à assumer, à partir du moment où notre liberté ne porte pas atteinte à autrui? Après tout personne n’est obligé de lire ou de regarder, d’adhérer à nos choix…

Est-ce une question que vous vous êtes déjà posée ?
Vous sentez-vous à la limite quand vous vous exposez sur la toile ?
Est-ce que le terme vous indispose ? Ou bien vous assumez entièrement?