Les états d’esprit du vendredi 17.02.2017

Cela fait trois semaines que je manque le RDV “les états d’esprit de Zenopia et du Postman”. Me voilà de retour!

Le principe est simple, il suffit de copier le formulaire, en le remplissant à ta sauce. Il faut ensuite laisser un commentaire sur leurs deux blogs respectifs afin qu’ils puissent faire un édit de leurs billets avec notre participation. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

Début –  15h14

Fatigue : comme après deux soirs de fiesta

Humeur : au beau fixe

Estomac : pâtes aux champignons et thé à la menthe

Condition physique : sport annulé. Porter les courses ça compte ?

Esprit : enfin libéré

Boulot : on ne s’ennuie pas

Culture : Et les mistrals gagnants (touchant) et La la land (extra)

Penser à : commander des cartes à écrire

Avis perso : l’autoédition c’est génial, mais qu’est-ce que c’est compliqué de tout gérer de la relecture à la mise en page, de la publication à la communication, de la promotion à…

Loulou : a soufflé ses 4 bougies, prépare les valises, a pris des couleurs, a hâte de rentrer

Message perso: (1) J’ai conscience que ça fait la trentième fois que je te dis merci mais MERCI encore pour ton temps, ta patience et ton aide précieuse (2) Ca fait du bien de se parler au téléphone (3) Merci pour tous vos messages aussi adorables les uns que les autres pour loulou.

Amitiés : au téléphone c’est déjà ça…

Love: prend son temps, a sûrement des petites choses à régler comme moi.

Sorties : demain matin pour la dernière matinée en solo, sûrement dimanche avec loulou

Divers: recueil terminé et validé – j’ai vraiment hâte de pouvoir préparer les commandes et dédicaces.

Courses : faites ce midi, à la place du sport

Envie de: danser comme une folle dans mon salon et retrouver loulou

Pic: des écossais dans le métro

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Fin –  15h33

Album de senteurs : Viennoiseries

C’est l’odeur du beurre, coulant, chaud, sa texture crémeuse et sa couleur or qui me séduisent dans un premier temps. La première bouchée me prend presque par surprise. Ca fond sous la langue. Mélange onctueux et savoureux. Son parfum se répand dans la bouche à une vitesse incroyable. Tous mes sens sont en éveil. Mon palais se délecte. Ca croustille juste ce qu’il faut. Il faut s’arrêter le temps de déguster. Ca ne se fait pas à la va-vite. Ca ne s’avale pas comme un vulgaire gâteau empaqueté. Ca se savoure au ralenti. Ca se croque à pleine dents.

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Ma viennoiserie préférée c’est le croissant, au beurre s’il vous plait. Un croissant qui respire, transpire. Un plaisir si particulier que je m’octroie rarement. Mais quand je le fais, alors le croissant doit être parfait et avoir cette odeur si particulière, celle de l’enfance, celle des sourires, celle du nez humant la pâte feuilletée – odeur ensorcelante – celle des mains s’affairant minutieusement autour du précieux trésor.

Il s’invite le matin au petit déjeuner, encore tout chaud. Il se glisse dans un chocolat au lait. Ou au goûter, à l’heure du partage d’une friandise dans la cour de récré.

Il se fait de plus en plus rare à mesure que l’enfance s’éloigne. Alors il reste dans l’air un effluve satiné, un souvenir au goût de blé.

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Ceci est ma  participation au rendez-vous Album de Senteurs de Marie du blog “A l’encre bleu lavande”. Pour le prochain thème, je propose : Herbe.

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Tous les hommes de ma vie #5

On continue l’exploration, tantôt autobiographique, tantôt fictive du monde des Hommes de ma vie…

Les hommes de ma vie fument, beaucoup. Ils fument comme ils respirent et m’empêchent de respirer. Ils fument sans s’arrêter. Ils se perdent dans la fumée de leurs cigarettes. La fumée les calme et les apaise. Elle me fait sortir de moi et ils ne comprennent pas. Ils fument le matin au petit déjeuner. Ils fument sans perdre une miette de cette précieuse drogue qui les ensorcelle, les maltraite, leur bousille le corps et rend leur cœur insensible au mal qu’ils propagent autour d’eux. Ils fument pour se donner de la constance, de l’importance, pour se sentir exister, pour la forme, pour la sensation de liberté que la cigarette leur procure, juste le temps de les tuer. Ils fument et se moquent de mes craintes, de mes conseils d’inexpérimentée.

Ils fument sans se soucier de moi. Si je n’aime pas, c’est mon choix. Ils fument de l’aube au coucher du soleil, à table, sur le bord de la fenêtre, même au lit parfois. Ils disent qu’entre elle et eux, c’est encore plus fort qu’une histoire d’amour. Ils fument et ne connaissent rien à l’amour. C’est la passion qui les consume.

Et ma passion pour eux m’interdit de les contredire. J’avale la fumée de leurs désirs. Je me sens partir, me flétrir. Mais qu’importe puisque mon cœur a jeté son dévolu sur eux. J’entretiens la flamme. Un drôle d’histoire nait entre eux, moi et leur cigarette. Un triangle amoureux terrifiant.

Je me mens si bien à moi-même. Navrant.

Certains hommes s’attachent. Etrange phénomène. Complètement surréaliste. Surtout quand on ne s’y attend pas. On ne s’y attend jamais. Ils s’attachent avec la férocité de leurs jeunes années ou l’ombre muette des rides qui les guettent. Certains sont transis d’amour. Ils se coupent en quatre, se plient en deux, ouvrent leur portefeuille aussi vite qu’un cow-boy dégaine son arme dans les westerns à succès. Ils n’ont aucune limite.

Je n’ai jamais rencontré d’hommes comme ça.

Ceux qui ont partagé ma vie étaient plutôt du genre radin. Du genre à compter, à partager la note, à avoir oublié leur code de Carte Bleue, à commander en fonction du prix, à réserver un hôtel miteux, sous prétexte que c’est prêt de la gare, que ça sera plus facile d’accès en arrivant à onze heures du soir. Radins au point de m’offrir les cadeaux dont leurs mères n’ont pas voulu à Noël. Ou bien au point de recycler des cadeaux destinés à d’autres, au point de taper dans leurs vieux souvenirs pour m’en créer de nouveaux, sans me demander mon avis.

Les hommes de ma vie me mènent en bateau. Ils me racontent des salades. Ils en font des tonnes pour réparer leurs oublis, pour me prouver par A + B qu’ils n’ont pas téléphoné parce qu’ils étaient coincés sur un chantier de haute importance. Ils en inventent des belles pour que je passe l’éponge. Ils se réjouissent de réussir à me faire gober tout et n’importe quoi. Le téléphone oublié dans la boîte à gants alors qu’ils ne peuvent pas faire un pas sans ce précieux instrument, ils l’ont greffé à l’oreille 24h/24h. Ils dorment avec, pissent avec, boivent leur café du matin avec, répondent instantanément aux appels et messages annoncés par un bip strident. Presque une relation extra-conjugale, qui me laisse dépitée. Je devrais les larguer.

Parfois c’est moi qui mène la danse, les poussant dans leurs plus profonds retranchements, histoire de voir jusqu’où ils sont prêts à pousser le vice, jusqu’où ils peuvent aller pour me faire croire n’importe quoi, n’importe comment.

A force de cumuler les déboires, j’ai bien cru que j’allais devenir cruelle. J’ai cru que j’allais pouvoir à mon tour utiliser les hommes sans les aimer, les faire plier. Certaines filles sont fortes. Elles ont tous les hommes à leurs pieds. Ils ne jurent que par elles. Et elles les mènent par le bout du nez. J’ai cru que j’allais pouvoir les posséder, les soumettre à mes moindres désirs. Que j’allais pouvoir les collectionner à mon tour, noter leurs performances sexuelles dans un cahier, les rendre fous de moi.

Je me suis plantée. Je ne fonctionne pas comme ça.

Certains ont abusé de moi, de mes bras, de mes sourires, de mes rêves de gamine, de mon argent, de ma gentillesse, de mes idéaux. Ils se sont installés dans ma vie et je leur ai laissé toute la place. Ils l’ont pris sans hésiter. Ils ont tout liquidé sur leur passage. Ils n’ont même pas remarqué mon absence.

Il ne restait plus qu’en fond d’écran : moi, mon ombre et mes tourments.

A suivre mercredi prochain…

Chuchotis et Ricochets (je vous dis tout ou presque sur mon nouveau livre)

Chose promise, chose due. Je vous avais, ici et là, donné rendez-vous pour le 14 février. Cette date est importante pour moi – en effet le 14 février 2013 à 4h33, la sage-femme posait le petit escargot sur mon corps épuisé mais heureux d’avoir mené cette grossesse à terme. La St Valentin a alors pris toute sa signification pour nous deux. C’était vraiment un beau jour pour célébrer l’Amour.

Aujourd’hui, j’ai donc envie de vous présenter mon nouveau livre.

Les Origines

J’ai débuté son écriture courant juin 2016. J’avais des velléités de vous l’offrir en rentrant des grandes vacances, mais celles-ci ont été employées à tant d’autres choses que j’ai du repousser la date maintes et maintes fois. Et puis il a fallut se positionner afin de mettre un terme à ce projet, dont j’avais hâte de vous parler.

L’été m’a inspirée. Je me suis sentie pousser des ailes. C’est peut-être notre rencontre au sommet avec Laurie et Laurie dans la cité des Papes ou bien la joie qui s’est glissée dans chaque instant vécu ou encore le profond désir d’écrire qui accompagne chaque retour du soleil et laisse quelques pépites dorées sur mes bras nus. J’ai regardé l’été s’écouler avec grâce, humant l’air frais, me laissant bercer par le doux va et vient des vagues sur les plages de mon enfance. J’ai engrangé des rires en cascade. J’ai fais le plein d’amitié et de tendresse.

A l’intérieur

L’idée de départ était de partager des textes courts sur la vie, sur ses moments simples et pourtant magiques. Puis j’ai changé d’avis, j’ai écris au feeling. J’ai oublié la trame. Je me suis laissée porter par ma plume. Et je me suis retrouvée à évoquer la maternité, l’amour, les plaisirs du quotidien, les souvenirs, l’évasion, les belles rencontres, l’enfance.

Ce livre est dédié à quatre petits garçons. Dont un est parti un peu tôt (même si je sais qu’il est en paix aujourd’hui). C’est pour cette raison qu’il est aussi dédié à tous les enfants du monde et à tous les anges du ciel. Parce que qu’au final c’est l’enfance, ses rires, ses rêves, ses envies, sa curiosité, ses mimiques, sa généreuse vitalité qui m’a donné les clés de ce troisième “regard sur le monde” avant la plongée dans les abysses d’années moins glorieuses (!)

Au total, c’est 14 textes dont 2 poèmes. Les personnes qui me suivent depuis plusieurs années retrouveront quelques textes remaniés. 9 toutefois sont inédits et n’ont jamais été partagés, ni ici, ni ailleurs.

A l’extérieur

Cette fois-ci, j’ai fais appel à une aide extérieure pour réaliser ma couverture. Aline a accepté avec enthousiasme ma proposition et elle a tout de suite perçue mes envies et intégré l’âme de ce recueil. La collaboration a été à la hauteur de mes souhaits et attentes. Sans plus tarder, je vous montre le rendu – très poétique et qui colle parfaitement à l’atmosphère de mon livre. Vous pouvez d’ailleurs découvrir son article sur le sujet ICI.

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Pour conclure

Le livre sera disponible très prochainement * je finalise quelques détails techniques* sur The Book Edition au tarif de 9€. Vous pourrez bien entendu vous le procurer directement en passant sur le site ou si vous souhaitez recevoir une copie (avec dédicace) me contacter sur latmospherique [at] gmail [.] com.

J’espère que cet aperçu vous aura donné envie de tenir ce petit morceau de moi entre vos mains et qu’il trouvera une place de choix dans vos bibliothèques et tout près de vos cœurs, comme un rappel que la vie, bien que chaotique et parfois incertaine, est aussi remplie d’instants simples et précieux.

Renaître Femme

Ce billet est très personnel, intime. Je ressens le besoin de coucher les mots, de les exposer. Peut-être que l’article sera mis en brouillon ensuite. Je ne sais pas. Pour le moment j’écris et par avance je vous remercie pour la bienveillance avec laquelle vous lirez ces lignes.

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Impossible de dormir. Ces dernières semaines les nuits sont mouvementées, courtes, troublées. Que se passe t-il en moi que je ne peux approcher?

Elle me demande si j’ai pardonné. Je crois, oui. Le pardon c’est une notion compliquée qui ne me parle guère. Elle me demande alors ce que je ferais si il était là, en face de moi. Qu’est ce que je ressentirais. Indifférence. Plus de colère. Plus d’envie de le secouer comme un cocotier. Plus envie de lui hurler au visage “pourquoi?”. Je le regarderais dans les yeux et je tournerais les talons. Je n’ai rien à lui dire et je sais qu’il n’a rien à m’apporter, nous apporter. Il ne fait plus partie de nos vies. Une page se tourne. Ou bien je ferme la parenthèse. Parce qu’il n’est que ça, une parenthèse sur le chemin, presque rien.

Et puis j’ai senti qu’il y avait quelque chose d’autre, quelque chose que je ne voulais pas m’avouer. Ou bien quelque chose à laquelle je n’avais pas eu le temps de m’intéresser jusqu’à aujourd’hui. Entre refaire surface, gérer l’intendance quotidienne, donner naissance, panser les blessures, chercher puis trouver du travail, gérer un divorce et toute la panoplie des démarches administratives interminables, reprendre ses marques dans une nouvelle vie, s’occuper d’un enfant, trouver sa place de maman. Et j’en passe encore de ces choses qu’il a fallut réapprendre à faire, de ces images qu’il a fallut chasser de ma mémoire, des connections qu’il a fallut rétablir, des liens qu’il a fallut tisser, des rêves qu’il a fallut aller déterrer pour ne pas sombrer.

Il y a bien quelque chose que je n’ai pas pardonné encore. Ce qu’il a fait de mon corps, la manière dont il s’en est servi. Ce qu’il a fait de ma féminité, ce qu’il m’a volé d’intimité.

A partir de quoi, de quand?

Où est la limite?

Qu’entend on par violence sexuelle?

Les images. C’est le plus difficile. Les restes. Et les souvenirs de la peur aussi. Bien coincée entre les draps.

Le corps recroquevillé. La clé dans la serrure et la porte qui claque. Le corps qui se glisse et se colle. Les peaux qui se frôlent dans la fraicheur d’une énième nuit morcelée. Il faut avoir envie là maintenant. Toujours. Forcément. Parce que ça fait longtemps. Parce que le corps a besoin de sa dose. Le soir. Le matin. Vite fait. Entre deux rendez-vous. Ne rien dire ou risquer le silence. Et l’enveloppe corporelle élastique qui sous la douche tente d’effacer les traces de la honte. C’est normal. C’est ça aussi être une femme. Se mentir si bien à soi-même. C’est ça être SA femme. Sa chose. Sa possession. Son objet.

Il est dit qu’il y a violence quand il y a absence de consentement. J’étais consentante. Donner de soi pour avoir la paix. Et si ça fait mal après, oublier. L’essentiel est maintenant. Il sourit. Il est heureux. La journée est sauvée.

La nuit cache si bien ce qui se meurt à l’intérieur. J’irais dormir sur le canapé. Là, je suis en sécurité. Il ouvrira la porte, allumera la lumière. Je ferais semblant. Il ira s’écrouler sur le lit conjugal. Et dormira jusqu’à midi. J’en viens même à espérer qu’il partira rejoindre un copain juste après le petit déjeuner. En plein jour, c’est pire. Alors je cache mon corps avec tout ce que je peux trouver. Je ne suis plus une femme. Je ne suis plus dans la lumière. Je pose des voiles sur mes courbes pour ne pas attirer l’attention. Je suis à lui, à personne d’autre. Il le pense. Mais n’en a que faire de mon plaisir, de mes envies. Il n’y a que lui, ses désirs, ses envies. Mon corps n’est plus qu’un vaste champ de bataille miné sur lequel il s’agite encore un peu, par habitude. Il ne remarque même pas que mon corps se meurt, que ses caresses m’oppressent, que mon dégoût grandit, que c’est la peur de lui qui me fait dire “oui”.

C’est sorti. C’est fou comme j’ai refoulé tant de choses. Pour me protéger sûrement. Parce que je ne pouvais pas tout régler en même temps. Parce qu’il y avait d’autres priorités. Parce que je n’étais pas ma priorité. L’intégrer va désormais me permettre de travailler sur moi – encore – pour me détacher de tout ça, pour réapprendre à aimer mon corps, à honorer ma féminité, à m’aimer intégralement.

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