Écrire la vie…

Est-ce que plus on écrit, plus on a envie d’écrire?

J’ai envie d’écrire tout le temps en ce moment, envie de coucher les mots, les souvenirs sur le papier, de les laisser s’évader sur l’écran.

J’ai comme une envie de laisser une trace. Pas seulement de moi. Mais de tout ce que j’ai vécu, ressenti, de la manière dont j’ai aimé la vie, les gens, de la façon dont j’ai remonté la / les pentes. Raconter comment, pourquoi, dans quel sens j’avance, sur quels chemins j’ai vadrouillé. Parler des images floues et des rires discrets. Donner vie aux photos saisies, aux instants en argentique.

J’aime lire les histoires…

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Viol ou violence conjugale?

Entre viol et violence la frontière est mince. Il ne m’a jamais forcée mais il a plus d’une fois forcé les choses…

Quand je disais non et qu’il insistait, se faisait plus pressant.
Quand il  refusait de mettre un préservatif à propos d’une histoire de confiance à la gomme.
Quand il débarquait chez moi en plein milieu de la nuit et attendait que je sois fraîche et disposée pour lui.
Quand il collait son corps contre le mien alors qu’il ne m’adressait pas la parole depuis plusieurs jours, m’ignorait quand j’étais dans la même pièce que lui, me menaçait de me quitter.
Quand il me disait que je n’y mettais pas du mien, que je n’étais pas assez sexy pour lui, alors qu’avec les autres je m’habillais de manière provocante (une simple jupe ou un t-shirt à manches courtes, c’était provocant).
Quand je lui disais ne pas aimer telle ou telle position, qu’il n’essayait pas de comprendre et disait “mais si tu verras ça va être bien” ou pire “si tu m’aimais…”
Quand il avait des envies pressantes et qu’il se taillait la zone juste après pour aller refaire le monde avec ses copains.
Quand il répondait au téléphone en abandonnant lâchement mon corps entre les draps.
Quand il ne prenait pas le temps – que tout était fait dans l’urgence.
Quand il me répétait, au début de notre relation que j’étais une fille facile, un corps sale et à disposition (dont il usait sans états d’âme)

Même mariée c’est ce que j’étais…

Je me suis offerte à chaque heure du jour et de la nuit avec l’espoir qu’il me regarde vraiment. Avec l’espoir, au réveil, d’être autre chose qu’un lit d’appoint, une colocataire, plus tard une épouse modèle. Avec l’espoir d’une réconciliation sur l’oreiller et celui encore plus fou d’un partage, d’une communion.

Il a, par ses actes et ses mots, fait de la sexualité,  de ma sexualité un sujet tabou, de mon corps un simple instrument de plaisir pour son plaisir uniquement. Moi je devais contrôler mes désirs, ne pas avoir trop envie ou alors le montrer en lieu sûr, ne pas exprimer trop fort mon plaisir, ne pas être trop tactile, fermer ma gueule et aimer ça. J’ai fini par faire comme tout le monde – simuler. Avoir la paix – enfin.

Mais à chaque passage de son corps sur le mien, c’est mon corps que je détruisais….

Alors non, il ne m’a jamais forcée, j’étais consentante. Ce n’est pas du viol. C’est une violence qui s’inscrit dans la durée et qui fait de terribles dégâts à l’intérieur de soi, sans qu’on s’en rende compte. C’est aussi grave qu’un viol.

Article à lire sur le sujet chez Rozie

Un jour, je suis devenue maman…

Je suis devenue mère d’une façon un peu particulière. Une grossesse désirée au sein d’un mariage qui prenait l’eau de toute part – nous ne voulions juste pas l’admettre. Un enfant ne résout rien, je le savais et pourtant j’ai parié pour le contraire. Le risque était de taille, je l’ai pris et il m’a sauvée.

Mais ça, je ne l’ai compris que plus tard. Le jour où j’ai senti que l’avenir qui se dessinait sous mes yeux ce n’était pas celui que je voulais pour mon enfant. Alors j’ai fait la chose la plus sensée que je pouvais faire, je suis partie et je nous ai offert la chance de quelque chose de mieux.

Cela ne s’est toutefois pas fait dans la douceur. Lui (l’enfant) et moi,  nous avons morflé. Je l’ai rejeté avant de l’aimer. Ce n’était pas simple de donner la vie alors qu’à l’intérieur de moi, la vie se défilait. J’ai voulu accoucher sous X, l’abandonner.

L’évidence dont parlent nombre de mères ne m’a pas sauté aux yeux. Même si je peux assurer qu’à l’instant où l’on m’a posé mon fils sur ma poitrine j’ai ressenti un débordement d’amour sans précédent. Mais lorsque l’enfant nait, le chagrin ne se résorbe pas d’un coup, comme par magie.

Il nous a donc fallu du temps, à moi et à lui aussi, pour que chacun trouve sa place au cœur d’une histoire complexe, sur laquelle pesait une menace que je ne pouvais ignorer. Nous avons connu des bas conséquents et des hauts qui m’ont laissé un goût d’inachevé au bord du cœur. A mon rythme, j’ai appris à devenir mère, en laissant tomber la culpabilité en chemin. J’ai appris à accepter mon enfant, à le regarder à travers un autre prisme que celui des souvenirs douloureux. J’ai appris à lui consacrer du temps, sans avoir peur de mal faire. Je suis tombée bien des fois, j’ai appris à me relever sans me juger.

Aujourd’hui, alors que je me redécouvre femme, que je laisse l’amour envahir ma vie et me surprendre chaque jour un peu plus, je m’épanouis davantage dans ma vie de maman, je donne ce que je reçois avec beaucoup d’amour, tout celui que je n’avais pas, que j’avais perdu en cours de route.

Quand on dit qu’il faut être heureux pour rendre ses enfants heureux, savoir prendre soin de soi pour pouvoir prendre soin de ceux que l’on aime, j’y crois. Cela n’empêche pas les tempêtes, ni les coups de gueule, ni la course matinale ponctuée de « dépêche-toi » pour arriver à l’heure à l’école. Cela ne m’empêche pas d’avoir des doutes et la tête remplie de questions.

Il nous aura fallu ce temps pour être heureux ensemble, pour nous construire, pour être une famille. Il nous aura fallu ce temps pour avancer main dans la main, rire pour un rien, pour le regarder partir à l’école, serein. Il nous aura fallu ce temps pour sortir toute la colère, la rage que nous avions en nous, pour que la chagrin laisse place à une nouvelle page à écrire…

C’était il y a 16 ans…

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Des morceaux de verre ricochent sur la moquette. Elle baisse les yeux pour voir. Mille morceaux. La vitre a éclatée sous l’effet d’un choc brutal. C’est déjà trop tard.

Le ciel se voile. Un nuage de poussière envahit l’espace. Et les cris se perdent dans les vapeurs de fumée noire. La fin. D’un mythe. D’un monde que tous croyaient invincible.

Il a suffi d’un trou dans l’atmosphère pour faire dévier la terre.

Elle n’a le temps de rien faire. Ni d’appeler. Ni de s’enfuir. Prisonnière de l’espace, du ciel, de la folie humaine. Elle attend que tout disparaisse. Elle pense à son petit garçon qui a eu deux ans hier. Il reste encore un peu de gâteau dans le frigidaire et des assiettes en carton sur la table de la cuisine.

Autour d’elle, tout tremble. Elle ne sait pas que des milliers de visages regardent sa vie s’effondrer, la tête dans les mains, les mains secouées de spasmes que rien ne semble pouvoir apaiser. En elle, tout se fond, toute la détresse du monde s’engouffre dans ses entrailles. Elle perd connaissance, divague.

D’autres ont tenté d’échapper au même sort. Leurs corps décomposés gisent à terre. Autour, les sirènes s’élancent, conscientes que l’horreur ne peut être maîtrisée. Il faut attendre.

Dans leur tour de contrôle, les spécialistes ne peuvent détacher leurs yeux de l’écran monstrueux et les chaînes de télévision diffusent en boucle la même image, celle d’une ville assiégée. Des torches vivantes embrasent les tours jumelles. Rien ne sera jamais plus pareil.

Le monde a pris un nouveau visage. Celui de la barbarie.

Elle sent son corps flotter. Pourtant à l’intérieur, elle n’est que rage et désespoir. C’est le monde qu’elle laisse derrière, le monde dans lequel son fils grandira sans elle, sans mots pour expliquer une telle cruauté, sans mots pour apaiser sa peine.

Le chaos est tel qu’il est difficile d’estimer les dégâts, le nombre de morts, le temps qu’il faudra pour réparer les cœurs, apaiser les esprits. Personne ne se pose encore la question. Il est trop tôt.

Le monde pleure.

Le monde a peur.

Elle part dans la nuit, habiter le ciel. Une étoile parmi tant d’autres. C’est ce que le papa dit à son petit garçon avant d’aller se coucher.

Aujourd’hui encore, 16 ans après, chacun se souvient, avec beaucoup d’émotions, de ce qu’il faisait le 11 septembre 2001. Ne cédons pas à l’oubli, jamais.

Ces instants volés au temps

Ils errent dans l’air, entre les nuages, les jours de pluie comme les jours où le soleil brille et dépose sur nos peaux des pépites d’or.

Ils glissent entre les gouttes, nous invitent à marcher pieds nus sur l’herbe fraichement coupée, à rire aux éclats. Ils nous prennent par la taille, nous emportent, nous transportent.

Ils sont si riches d’émotions nouvelles, de sensations irréelles.

Ils s’impriment sur nos destins, parfois malmenés, envoyant valser le passé.

Ils virevoltent entre nos bras mêlés, nos rêves partagés.

Ils s’imprègnent du parfum de la vie qui renait, de l’automne qui fait danser les feuilles des arbres avant de s’évanouir dans la nature

Ils sont vrais, sincères, authentiques.

Ils sont, à l’image de l’amour qui nait, des instants simples et porteurs d’espérance.

Ils rendent tous les « jamais plus » possibles.

Les états d’esprit du vendredi 08.09.2017

Déjà vendredi, le temps des états d’esprits de Zénopia et The Postman . Pour participer, il suffit de recopier et remplir ce formulaire en notant l’heure de début et de fin. Ensuite il ne  vous  reste plus qu’à laisser un petit commentaire et le lien de votre article sur leurs blogs respectifs. Et le tour est joué!

Heure de début [10h53]

Fatigue : légère mais il faut vraiment que je me couche plus tôt que 23h!

Humeur : au beau fixe

Estomac : nescafé et croissant

Cond phys : désastreux – la semaine prochaine je reprends la piscine

Esprit : préoccupé par un manuscrit que je n’arrive pas à terminer

Boulot : troisième démission en trois mois – tout va bien

Culture : j’ai lâché l’amie prodigieuse, je lis calme et attentif comme une grenouille et le monde des religions

Penser à : prendre rendez-vous chez l’esthéticienne (oui je sais je procrastine)

Avis perso : les patrons c’est pas des gens comme nous…

Loulou : a fait sa rentrée, à deux maîtresses, mange comme 4, adore les chatouilles dans le dos, trouve que je chante comme une casserole

Message perso : (1) Profite! (2) Ne te laisse pas marcher sur les pieds par ce type sans intérêt (3) Tu as mis des étoiles dans mes jours et dans mes nuits…

Amitiés : sont heureuses pour moi, viennent sur Paris, reprennent le travail, se posent des questions, voudraient que la roue tourne

Love : je me pince chaque matin pour me dire que je ne rêve pas

Sorties : ce midi, ce weekend, mercredi prochain

Divers : si tout va bien mon nouveau blog sera actif la semaine prochaine

Courses : des caleçons pour loulou

Envie de: balade au clair de lune

Photos: Paris, mon amour!

 

Musique: classique – loulou adore!

Heure de fin [11h19]

Nouveau corps

J’avais oublié

Le corps qui donne et qui reçoit

Le corps qui partage et respecte

Le corps qui laisse la place d’être

J’avais en mémoire

Le corps qui prend sans donner

Le corps qui ne partage rien

Le corps qui ne respecte rien

Le corps qui nie l’existence de l’autre

Il me reste

Des images

Qui s’évaporent

Au contact d’un autre corps

Des souvenirs

Qui se désagrègent

A la faveur d’un plaisir

Qui prend ses aises

Au creux de bras

Qui me protègent

Cliché d’été

Texte (fiction) présenté pour le concours Au Féminin – Année 2016

Je me souviens de toi, visage tendu vers l’objectif, de ton bras gauche posé sur mes épaules. De mon visage souriant, sur le balcon, face à la mer. De ta main droite à mi-chemin entre mon torse et mon bas-ventre, partie en quête de sensations enivrantes. Le soleil du sud faisait trembler nos corps et dispersait sur nos peaux laiteuses de fines gouttes de sueur. La chaleur tropicale de cet été rendait nos nuits tumultueuses. Impossible de récupérer.

En avions-nous vraiment envie d’ailleurs ?

Non, nous n’avions qu’une idée en tête, nous aimer passionnément, sans perdre une seconde de ce temps sacré que nous savions éphémère. Nous ne pensions qu’à nous retrouver au milieu des draps, à nous étreindre sous la douche, à nous toucher du bout des doigts, à nous embrasser fougueusement derrière les persiennes ou au milieu de la foule compacte et bruyante des vacanciers en quête d’ombre et de fraicheur.

Le manque de sommeil se lisait dans nos yeux, mi-clos au réveil, notre regard vagabond, nos pupilles dilatées, comme si nous avions passé notre nuit à fumer des joints, le corps plongé dans un paradis artificiel. L’amour est un peu comme une drogue parfois. Il nous consume, nous retire toute faculté de penser. La passion prend toute la place. Rien d’autre n’existe que nous, sans passé, sans avenir. Juste deux êtres épris l’un de l’autre, sans jugement, sans doute.

Nous avions décidé d’un voyage improvisé, peu avant la date fatidique de la fin de ton contrat de travail et de mes examens de dernière année. Un luxe que nous ne pouvions pas nous offrir. Qu’importe, nous aurions tout le reste de notre vie pour être raisonnables. Notre jeunesse et notre insouciance comme seuls bagages, nous nous apprêtions à prendre un virage à 180°C.

Nous passions nos journées à l’intérieur, désertant musées, jardins publics, expositions. Le guide du routard posé sur la table de nuit ne nous servait guère. Il nous emmenait parfois en dehors de la ville pour un dîner magique face à l’océan brillant de mille feux. Qu’il était difficile, je me souviens, de rester sobre, alors que nous n’avions qu’une envie, nous rapprocher, nous serrer l’un contre l’autre. Le désir montait en nous graduellement dès lors que tu posais une de tes paumes sur ma peau moite ou que je plongeais mes yeux bleus dans le vert d’eau des tiens. Nous partions sans échanger un mot. Et retrouvions nos esprits une fois nos corps en fusion enlacés, la lune pour seul témoin. Nous tirions des plans sur la comète, souvent épuisés mais heureux.

La nostalgie s’empare de moi face à cette image de nous, de toi, posée sur la desserte de l’entrée. Dans ces moments-là, je ressens le besoin de m’isoler, le temps d’un court voyage au pays des souvenirs. Face à ce cliché parfait, retrouver mon insouciance. Et ta jeunesse éternelle.

Et si on laissait les autres prendre soin de nous !

Prendre soin de soi, c’est bien. Laissez le soin à un/une autre de le faire, j’ai envie de dire c’est encore mieux. Je vous parle de ça, alors que je n’ai jamais été fichue de laisser quelqu’un le faire pour moi. Les seuls qui ont eu ce privilège, ce sont mes parents bien entendu.

Mais dès que j’ai été grande, belle (évidemment), indépendante (enfin), j’ai largué les amarres, prête à me débrouiller seule, à m’assumer et à me bichonner (j’y croyais). Sauf que je ne m’en suis pas laissée le temps. Dès que j’avais une minute à moi, elle était pour les autres. Je me serais pliée en quatre pour démerder une amie. J’aurais traversé tout Paris pour éponger le chagrin d’une autre en pleine nuit. Écouter, conseiller, apaiser. Je prenais plaisir à faire plaisir.

Sauf que petit à petit je me suis laissée tomber. Je ne prenais pas soin de moi et je me disais (le pire) que je n’avais que peu d’importance. Les autres étaient heureux, tant mieux !

En amour, alors là, ça a été grandiose. J’ai tout donné. Sans compter. J’ai mis les bouchées doubles. Si dans mes relations amicales et familiales, je conservais encore un soupçon d’identité, dans mes relations amoureuses, je me suis totalement oubliée. Et je n’ai eu que ce que je méritais c’est-à-dire rien. Je suis souvent (1 seul échappe à cette règle) tombée sur des types immatures, cons, machos, prétentieux, égoïstes qui prenaient tout ce que je leur donnais (ils auraient eu tort de s’en priver) sans s’investir ou même imaginer que moi aussi j’avais des besoins ou envies, une existence en dehors d’eux. Je suis bien certaine qu’ils auraient été incapables de répondre à des questions aussi banales que « ma couleur préférée », « la ville où je suis née » ou bien « quel était mon plus grand rêve de gamine. »

Désintérêt flagrant. Est-ce moi qui ne leur ai pas laissé l’occasion de prendre soin de moi ? Où eux qui n’en ont jamais eu l’idée ? La question reste en suspens. Peut-être qu’à force de leur mâcher le travail, ils se sont vite sentis dépassés. Ou bien qu’ils s’en fichaient complètement.

On dit qu’on attire ce qu’on se donne à soi-même…

Et puis, après une grosse douche froide (où j’ai même donné plus que ce que j’avais – le summum de la connerie mais bon on fait tous des erreurs !), j’ai enfin, doucement, repris le chemin vers moi. Bon, j’ai mis du temps à savoir ce que prendre soin de soi voulait dire. Et enfin à mettre en pratique. Un pas en avant, un pas vers moi. Un pas chaque jour. Je me suis peu à peu donné de l’importance. J’ai retrouvé ma place dans ma vie. Et mes relations s’en sont trouvées transformées. J’ai cessé de me dire que « ça ne se faisait pas » ou « que je n’en valais pas la peine ».

J’ai appris à me donner de l’amour.

Et l’amour est passé par là, il m’a pris par la main. Et chaque jour il prend soin de moi, comme personne ne l’avait fait avant. Je peux vous le dire, c’est déroutant, ça prend par surprise, on finit par se dire que ce n’est pas très normal tout ça. L’esprit cogite et le cœur se libère. Et si on laissait les choses se faire !

Et vous, comment ça se passe? Est-ce que vous laissez les autres prendre soin de vous? Est-ce que vous y pensez ou vous vous oubliez encore trop souvent?