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Dans le bonheur des retrouvailles il y a…

Ce qui ne se dit qu’en gestes, dans un souffle, un murmure ou un regard arrêté sur le temps suspendu entre ciel et terre.

Les liens tissés de souvenirs, gorgés de sourires et de manque que ni les cauchemars ni les nuits morcelées ne peuvent distendre.

L’abandon, les corps plongés dans une euphorie dense, qui se découvrent en silence et dont la chaleur se fait plus dense à mesure que les corps ôtent les fibres qui les éloignent de ce peau contre peau attendu, espéré.

Les barrages qui éclatent, les prisons dont les portes de verre se brisent, les chaines qui cèdent sous le poids de l’envie de liberté, d’authenticité, sous le joug du plaisir, qui se déverse jusqu’à ce que les corps s’épousent, se complètent, jouissent.

Le feu, la passion, la tendresse, la magie, la douceur, la férocité, l’amour, la vie.

L’indéfinissable…

Ps: je n’ai pu résister!

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Sur la route des vacances…

Quand on revient, il y a toujours ce moment de latence pendant lequel on se pose la question “et si?”. Si c’était l’opportunité de laisser porte close, de passer à autre chose, de retenir encore quelques heures les vacances, de laisser les mots inonder d’autres horizons.

Et puis les souvenirs de moments heureux nous rattrapent. Nous n’avons pas le cœur de dire aurevoir. Nous revenons alors avec milles envies sans qu’aucune ne s’accroche. Demain, il fera jour.

Il y a tant à raconter, la mer, les minutes suspendues, les bains de soleil, ce temps qui manque souvent et que nous savourons enfin, les sourires et les châteaux de sable, le manque que l’on gère avec la certitude que les sentiments sont plus forts que la distance et les jours qui deviennent semaines, les couchers de soleil, le vent et les balades dans les marais, le sable mouillé et les pieds dans l’eau, l’amitié, la pluie qui s’invite et que l’on regarde tomber le cœur léger, les cicatrices qui s’effacent, l’envie de faire le plein de vie.

Et puis, au milieu du calme environnant, le rappel de l’éphémère, de cette seconde qui vient bousculer le rythme du connu. Le coup de fil de la nuit qui annonce la fin ou presque, celle préparée ou subie. Il y a la sonnerie, un souffle qui dit l’essentiel de ce qui n’est plus. Les vacances s’achèvent sur cette note douloureuse, ce “c’est fini” qui grave l’instant dans une éternité sans lendemain. La naissance se satisfait d’un message, d’un appel quand le monde s’éveille. Elle attend. La mort brise l’élan, même celui du sommeil. Elle vibre et fait trembler les murs de la maison. Elle nous répète à quel point tout se joue aujourd’hui, qu’il faudrait une fois pour toutes arrêter d’avoir peur, de douter, qu’il faudrait juste vivre, à 100 à l’heure, la musique à fond, le coeur ouvert à tous les possibles. Les images d’hier fusent, se déversent, remplissent l’espace. Parfois la fin se tait, le coup de fil s’évapore, le numéro apparait en bout de liste, il disparait, personne n’y pense, personne ne sait, ne reste que le silence épais, l’absence insoutenable, incomprise.

Sur la route des vacances, j’ai rencontré les jours heureux et les jours tristes. Les derniers m’ont dit d’apprécier les jours heureux, les heures, les minutes, les secondes d’éternité et de les garder précieusement, de ne jamais attendre le dernier moment pour s’aimer et se le dire. Tant d’évidences, et pourtant…

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Les États d’Esprit du Vendredi 20.04.2018

Les vacances sont proches, plus que quelques heures, juste le temps de participer aux Etats d’esprit de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [09:10]

Fatigue : juste ce qu’il faut pour les vacances

Humeur : bonheur
Estomac: thé
Esprit: réalise qu’élaborer des scénarios c’est bien, que la réalité est 1000 fois mieux (on va garder les scénarios pour écrire des nouvelles!)
Cond. phys. : un footing et deux séances de yoga
Boulot : semaine calme et bien occupée
Culture:  Lila de Laurence Délies – Taxi et La Rafle
Penser à : ne pas faire d’amalgames
Avis perso : la confiance c’est tout!
Message perso: (1) vacances j’oublie tout! (2) toi aussi tu as l’air heureux (3) I bet you know my greatest fear(s)
Loulou : a essuyé une gastro – va à la plage – papote au téléphone – attend le facteur
Amitiés : ce weekend
Love : ouvert, pudique, présent encore et toujours, teste des choses
Sorties : copines, loulous
Essentiel: lâcher ses peurs, oser
Courses: livres
Envie de: plage, balades en vélo, prendre le temps de vivre
Photo: On met les voiles…
  Zic: Beyoncé (Crazy in Love)
Fin [09:45]
Je vous souhaite un bon weekend à venir! Et rendez-vous dans 10 jours!
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Construire à deux

J’ai posé cartes sur table dès le commencement. Lui aussi.

Tous mes “jamais” l’ont fait sourire. J’ai mis mes peurs par écrit. J’ai délié le fil de mes plus intimes secrets (j’en ai certainement d’autres). Je me suis livrée, non sans état d’âme. J’avais confiance. J’ai pris le risque qu’il soit comme les autres, qu’il parte en courant. Ou qu’il soit différent (j’ai bien fait).

Si j’avais demandé des conseils, on m’aurait dit de rester discrète, de ne pas m’emballer, de distiller les informations au compte goutte, de faire attention. Je crois que chaque relation est différente, que nous sommes tous plus ou moins pudiques, plus ou moins sensibles à ce qui se dit ou ne se dit pas.

J’avais besoin de sortir ces choses, de laisser les blessures, les cicatrices s’exprimer, j’avais besoin de savoir que je pourrais dire « non » sans craindre un éventuel revirement de situation. Je savais qu’un « non » reconnu ouvrirait la porte à des « oui » assumés.

Quand par curiosité, je refais le film du premier échange, du premier contact, il est certain que mes sentiments existaient avant de l’avoir rencontré en chair et en os.

Je ne savais pas où cela nous mènerait, j’ai juste pris le pari d’y croire. Lui également. Malgré les déceptions, les séparations douloureuses, malgré le temps qui malmène les cœurs, malgré les doutes. Comme si il y avait une force plus forte, une envie plus intense de ne pas laisser le train partir sans nous.

J’étais fébrile à l’idée d’offrir mon cœur, de laisser mes sentiments s’exprimer. Et pourtant tout s’est fait naturellement, même si certains caps ont été plus difficiles que d’autres à passer, si les questions ont été nombreuses (et le sont parfois encore), le bonheur parfois difficile à accepter comme légitime (un comble !).

Je crois que ce qui a fait la différence c’est d’avoir misé sur l’honnêteté dès le départ. Puis l’investissement de chacun, le soutien, l’attention, le respect, son écoute, la sincérité, les sentiments bien entendu,  un juste équilibre, pour aller de l’avant et construire quelque chose de beau, libre et vivant. A deux.

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Comme une droguée en manque…

J’avais une idée d’article et puis j’ai lu celui d’Angie et je me suis souvenue du manque – nous pouvons tous donner des conseils, d’expérience, mais quand le manque est là, difficile d’y faire face. Le texte qui suit a été écrit en Juin 2014 soit 1 an et demi après ma séparation, comme quoi le chemin du deuil est différent pour chacun d’entre nous (de l’eau a coulé sous les ponts depuis, fort heureusement!)

Si tu savais comme j’en ai marre. Marre de t’en vouloir, d’être en colère contre toi. Marre de ressasser tout le mal que l’on s’est fait et de devoir te détester pour me protéger. Marre de tes silences qui ne riment plus à rien. Marre de cette angoisse omniprésente quand il est question de toi – rien que de toi – au fil de nos conversations, au gré de nos interrogations. Marre de ces mots qui envahissent des dizaines de pages blanches depuis plusieurs mois, mots compliqués qui sonnent comme des agressions, mots indigestes. Marre de ne pas pouvoir te faire confiance, de vivre dans la peur, de souffrir tout en essayant de comprendre et d’avancer. Marre de tes insolentes indifférences. Marre de devoir sans cette me justifier. Je voudrais juste me souvenir qu’un jour nous nous sommes aimés, mal c’est certain, un peu au moins, que nous avons été « amis » – n’est-ce pas un leurre pour m’aider à faire passer la pilule – avant d’être adversaires, incapables de compassion, inadéquates, inadaptés. Je voudrais ne me souvenir que du meilleur, certes éphémère. Oubliés nos rancœurs et nos déchirements. Oubliés nos nuits solitaires et nos rêves de vengeance.

Sur fond de ras le bol, tu deviens un souvenir, épineux à évoquer, qui m’arrache encore des larmes que je tente de masquer quand on me pose des questions et qui me poursuit au creux des heures d’insomnie. Je pensais que tu rattraperais le coup, que tu sortirais le grand jeu. Dès que je passais quelques heures seule – elles furent rares, personne n’y tenait, trop fragile, un brin suicidaire – je retrouvais de la sérénité dans le déni et l’oubli.

Récemment, en perdant ma main sur mes draps blancs, dans mon lit trop grand pour un seul corps, je pensais pouvoir saisir ta main. Mais le vide me rassurait autant qu’il me peinait. Te laisser partir, un combat de tous les instants. Comme une droguée en manque, j’ai cru en crever de ton absence, de tes silences aussi imposants que des forteresses en ruines. Je gardais l’espoir à chaque message de toi, qu’un autre écrivait bien évidemment, d’obtenir des aveux, d’entendre des excuses. Mais c’est toujours moi, au final, que tu rendais responsable de ta trahison et de ta souffrance, moi que tu condamnais. Je tremblais de chagrin, le nez collé à l’écran de mon ordinateur, la main posée sur la souris, prête à me déconnecter au moindre bruit suspect venant de l’escalier. Mes parents ne devaient pas savoir. Ils pensaient que je m’en sortais, loin de toi, que je me reconstruisais pas à pas. Comment pouvais-je leur dire que chaque jour j’attendais un message et qu’à coup sûr celui-ci venait briser chaque élan, arraché à la force de la vie qui grandissait en moi, que je m’imposais pour ne pas sombrer ?

Te laisser au passé devient crucial. Tout comme tirer un trait sur cette relation que nous aurions pu avoir. A défaut d’être amants, nous aurions pu être parents. J’y ai cru sincèrement. J’y ai cru comme petite fille, je croyais au Prince Charmant. J’y ai cru dans mes rêves, dans ces mots écrits sur le papier vierge, dans ces intentions de prières scandées en sourdine pour ne pas éveiller les soupçons. J’y ai cru pour moi, pour toi et pour lui aussi. J’ai cru que tu avais un meilleur fond que cet abruti qui te tient lieu de meilleur ami. Je ne l’ai jamais aimé mais je dois lui reconnaître une qualité (juste une), celle d’avoir osé avouer à Sophia, qu’il l’avait épousée pour des papiers. Toi, tu n’en as même pas été capable. Tu as joué le joli cœur, l’amoureux transi, le petit garçon blessé, l’homme fort et l’amant fou.

J’apprends à vivre sans toi. Pour les autres, ce n’est pas normal. Je devrais avoir tourné la page. Je devrais être sevrée. Ce n’est jamais aussi simple. Tant de deuils restent à faire. Trop de souvenirs m’assaillent, projets, endroits que j’aimais et que je ne reverrais pas, qui seront à jamais emplis de ton insolente présence, sans compter cette impression éreintante d’être passée à côté de tant de choses pour un seul sourire de toi. Quelle folie de t’avoir placé sur un piédestal, d’avoir fait de toi ce héros que tu n’es pas ! Qu’est-ce qui m’a poussée à cela ?

Je parle de moins en moins de toi ou différemment. Je suis heureuse que tu vives loin. Je ressens parfois encore comme un pincement au cœur devant tout cet épouvantable gâchis. Et dire que j’y ai cru ! Et dire que j’ai essayé de convaincre ceux qui m’aimaient le plus de mon bonheur – une illusion à laquelle j’ai préféré croire pour ne pas tomber à la renverse ou disjoncter complètement, pour maintenir tant que possible notre barge pourrie à flot, pour qu’elle se maintienne près du bord, au cas où il aurait fallu appeler à l’aide. Je reste toutefois consciente d’avoir pris la meilleure décision. Tout aurait empiré entre nous, à force de silences agressifs et de compromis que je serais restée seule à faire.

La nuit fait ressurgir ton visage. Dans mes rêves je fuis, boucle mes valises dans une atmosphère oppressante, avant qu’il ne soit trop tard. Je me réveille en nage paralysée par la peur. Une image. Un souvenir. Et la nuit qui m’étreint dans ses bras apaisants. Pour toujours, sans toi.

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Fantaisie(s) ou comment se rêver plus audacieuse

Dans la catégorie fantaisies,

Il y a les fantasmes. Nous en avons tous, nous les assumons ou pas. Ils participent à notre éveil, notre sensualité, notre épanouissement personnel. Nous les gardons pour nous ou nous les partageons. Nous en créons ensemble. Je considère pour ma part que tous les fantasmes ne sont pas réalisables ou du moins ne  sont pas exprimés dans le but ultime de devenir réalité. Ils existent en tant que tels, agissent sur nous. Ils s’inscrivent dans une démarche érotique qui laisse libre cours à un imaginaire dans lequel il n’y a pas de codes, pas de limites. Ils sont simples, variés. On les satisfait si le cœur nous en dit ou on les garde bien au chaud pour nos séances de plaisir seul(e) ou à deux .

Puis il y a tous les scénarios qui prennent forme dans notre esprit, dans lesquels on se sent capable de tout. Je vous l’ai répété, j’ai une imagination débordante, et ce n’est pas toujours négatif – il parait que rêver éveillé est très bon pour la santé – l’ordonnance n’est pas à prendre à la légère !

Mes nuits sont loin d’être parsemées de rêves exquis. Je nage plutôt entre le loufoque, limite glauque et le cauchemar. Du coup, quand j’ouvre les yeux, je me réveille en douceur. Et quoi de mieux, qu’une scène idyllique pour bien commencer la journée. Qui plus est quand on a la maison à soi. Ça peut carrément valoir le coup de sortir le grand jeu – mettre une musique qu’on aime et danser nue dans son salon (c’est juste une idée – n’allez pas croire que c’est ce que je fais !).

Mais il faut savoir que tous mes scénarios bien huilés, dans lesquels je me sens confiante, sûre de moi, à l’écoute de mes envies, fondent comme neige au soleil dès qu’il est question de passer à l’action. Dans l’action, je me laisse porter par le courant. Et généralement il dévie beaucoup de l’idée de départ.

Bien entendu je ne passe pas ma vie à me faire des films – j’ai d’autres envies aussi comme manger de la glace avec les doigts par exemple – mais quand je me laisse aller, je peux devenir tout ce que je voudrais être, le temps de quelques minutes, je suis une femme qui ose. Qui sait, peut-être qu’un jour mes rêves deviendront réalité!

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Aimer l’autre c’est l’accepter dans son tout

Quand on commence une relation, chacun vient avec son histoire. Parfois on la connait. Parfois on la découvre. Parfois ça se fait rapidement et parfois ça se fait avec le temps. Tout dépend de ce que nous souhaitons partager, dévoiler. Tout dépend du degré de confiance en soi, en l’autre. Il n’est pas toujours évident de se livrer, surtout sur des détails intimes. Et puis parfois c’est vital, on a besoin de se mettre à nu. Cela vaut en amour comme en amitié.

Récemment, suite à une conversation qui m’a pas mal chamboulée – mais qui m’a permis d’y voir plus clair sur pas mal de choses au final (merci mon chéri d’avoir insisté même si sur le moment j’étais à deux doigts de te laisser seule face à ton assiette!) – j’ai pris conscience que j’avais du mal à dissocier. Pourtant chaque relation est différente. On interagira d’une certaine façon avec une personne et d’une certaine façon avec une autre. Ce qu’on aura vécu une fois, on ne cherchera pas forcément à la vivre une autre fois avec un partenaire différent. Les individus ne sont pas identiques, les sentiments non plus.

Cette difficulté à dissocier m’a valu beaucoup de cauchemars, beaucoup d’angoisses ces dernières semaines. Avec l’imagination débordante que j’ai (ce n’est pas toujours un atout), je me suis créé des tonnes de scénarios aussi rocambolesques les uns que les autres. Parce que c’est difficile d’imaginer la personne que l’on aime dans certaines situations qui nous paraissent “absurdes”. Et que c’est tout autant difficile de ne pas passer par le filtre de nos relations passées (surtout quand elles n’ont pas été positives) pour apprécier notre relation présente.

La conclusion à laquelle je suis arrivée, c’est que je ne pourrais jamais tout comprendre, que chacun à son chemin de vie, que chacun fait ses choix (et que nos choix nous appartiennent et n’ont pas à être jugés, à partir du moment où respect et confiance ne sont pas mis à mal), qu’aimer c’est accepter l’autre dans son tout.

Nous pouvons d’ailleurs tous (plus ou moins) remercier nos ex pour ce qu’ils nous ont apporté. Notre passé ne nous définit pas, cependant il est riche de toutes nos expériences. Il fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui. Pour que quand deux chemins se croisent, une autre histoire voit le jour, librement.

Dites moi, vous arrivez à dissocier? Ou comme moi c’est quelque chose de pas si évident que ça?

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Et un jour, se respecter

Le jour de ma naissance je ne suis pas seulement devenue la fille de mes parents, je suis devenue la petite-fille de mes grands-parents. Rien de plus normal.

Pourtant sans le savoir un mécanisme s’était mis en place, dont je ne dénouerais les fils que 37 ans plus tard, vomissant tout ce que cette relation biaisée avait été.

L’amour démesuré de mes grands-parents pour moi a pesé lourd dans ma construction. Avec mon grand-père j’ai réussi à déconstruire les schémas. Il est parti en paix. Je l’ai laissé partir en paix. Je crois que nous nous comprenions, au-delà des mots. Même si l’excellence était la seule voie possible. J’étais celle qui devait réussir, rétablir l’ordre dans le désordre qu’avait été sa vie.

Cela n’a rien à voir à côté de l’emprise de ma grand-mère. C’est à partir de là qu’on comprend mieux certains évènements. J’ai servi sans le savoir une cause qui avait pour unique but de détruire la personne qui comptait le plus, celle qui m’avait mise au monde, ma mère.

Fut un temps, j’adorais ma grand-mère. Elle était ma confidente, mon soutien. Elle était mon phare dans la tempête. Pendant des années, je suis rentrée dans le moule bien fait de la vraie petite fille modèle. On avait l’impression que j’étais le deuxième enfant attendu, jamais eu. Mes quelques débordements étaient recadrés par un « elle est complètement folle ». Puis tout rentrait dans l’ordre. Je suis devenue la gardienne de la mémoire familiale, le prolongement d’elle-même. Je suis devenue celle qui arrondissait les angles, en toutes occasions. Je faisais en sorte que tout se passe bien, j’apaisais les esprits.

Ma sœur à côté, n’a jamais compté. Elle en a souffert. Et pourtant ce désintérêt l’a épargnée.

Quand je me suis rendue compte du manège, le mal était fait, la proie ferrée, la marche arrière impossible. J’ai essayé de briser l’image. J’ai posé des actes qui allaient à l’encontre de ses valeurs. J’ai choisi des chemins avec l’espoir de descendre de ce piédestal sur lequel elle m’avait placée. A chaque phase de rébellion contre l’ordre établi, ma grand-mère prenait ma défense. Quelles que pouvaient être ses idées, elle s’opposait à mes parents. Diviser pour mieux régner. Toujours.

Je me suis souvent sentie tiraillée : protéger ma mère – faire plaisir à ma grand-mère (qui savait parfaitement faire basculer la balance en sa faveur, en jouant les femmes éplorées et sensibles malmenée par le monde. Ça marche à tous les coups, à l’extérieur surtout)

J’ai fini par adhérer inconsciemment à ma propre mise à mort. Devenir quelqu’un que je n’étais pas. A tous les niveaux. Fermer ma gueule et rentrer dans le rang. Et ça a fonctionné. Puisque j’ai toujours cru que mes choix, mes sentiments m’appartenaient. Alors qu’une autre tirait les ficelles.

Jusqu’au jour où, à force de mots violents à l’égard de mes parents, à force de vouloir me faire porter le poids d’une histoire qui ne m’appartient pas, je suis rentrée chez moi et j’ai liquidé tout ce qui avait un lien avec elle. Un jour, j’ai choisi de me respecter avant tout.

Je ne pourrais jamais comprendre tout ça, les mensonges, ce désir de nuire, cette méchanceté gratuite, cette violence psychologique. Mais comme dirait quelqu’un qui compte beaucoup pour moi c’est une réalité, ça existe. Je peux me révolter, refuser les faits, ça n’y changera rien. J’ai plus de chances de me faire davantage de mal qu’autre chose. J’ai décidé d’accepter et d’avancer, en prenant mes distances, beaucoup de distances.

Je ne lui dois rien. Je me dois tout.

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Pulsion

Il y a des musiques qui font trembler toutes les fibres de votre corps. C’est comme une pulsion. Vous vous laissez prendre par le rythme. Vous lâchez prise. Ce n’est plus vous qui bougez vos membres, ce sont eux qui épousent la chanson. Vous pouvez tout être, tout tenter, tout oser dans cet instant où rien d’autre n’existe que vous et la musique en toile de fond. Les barrières tombent. Vous pouvez tout exprimer à travers la danse, toutes les émotions, expérimenter tout type de sensations.

C’est exactement l’effet que me fait Ray Charles ce soir. Je trouve cette musique envoutante. Et vous?

 

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Les hommes ne pensent qu’à ça…

Les hommes ne pensent qu’à ça. C’est la règle d’or, celle qui ne se contredit pas. Dans le bagage de toute jeune fille qui se respecte, il y a le portrait robot du potentiel prédateur, celui sur lequel elle risque de tomber (le risque est élevé) – autant qu’elle soit prévenue et qu’elle ai toutes les cartes en main pour ne pas se faire avoir.

Parce que c’est bien connu:

Tous les hommes sont des salauds, sans cœur, qui ne reculent devant rien pour arriver à leur fin. Et leur fin c’est de te mettre dans leur lit. Je vous l’avais bien dit, les hommes ne pensent qu’à ça.

Tous les hommes sont lâches, insensibles et te laisseront tomber à la première contrariété. On ne peut décidément pas compter sur eux. Ce sont des machos, égocentriques, des tombeurs qui ne vivent que pour le prochain trophée qu’ils pourront accrocher à leur tableau de chasse (déjà bien garni). Leurs “je t’aime” sont de belles paroles. Et ils sont infidèles par dessus le marché. On ne peut même pas leur faire confiance!

Qu’est-ce qu’on a pu dire aux hommes à notre sujet?

Les femmes sont des chieuses en puissance, jamais contentes de rien. Elles te lâcheront sans scrupule comme une vieille chaussette quand elles auront eu ce qu’elles voudront – les femmes savent très bien arriver à leurs fins elles aussi. De manière beaucoup plus subtile.

Les femmes sont des prudes ou des salopes. Dans les deux cas tu te fais avoir. Elles excellent dans l’art de la manipulation. Leur sensibilité n’est rien qu’un attrape-couillon. Au mieux elles seront un bon coup. Au pire, tu prends pour perpét’ et tu auras plutôt intérêt à t’écraser si tu veux survivre! En plus, il parait qu’elles simulent très bien, accroche toi pour savoir si tu les fais jouir…

Le tableau est idyllique. Et on se passe ça de génération en génération, personne n’y trouve rien à redire. Pas étonnant que nos relations soient biaisées / baisées dès le départ. Que nous tombions sur les quelques spécimens qui remplissent tous ces critères sensationnels. Et le pire c’est que nous pensons ne pas mériter mieux!

Mais c’est quand même vrai, les hommes ne pensent qu’à ça! Les femmes aussi d’ailleurs. Elles n’osent juste pas le dire, les filles bien ne disent pas qu’elles aiment le sexe. Les clichés on la vie dure!

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La fièvre d’écrire

Je ressens cette fièvre d’écrire. Encore et toujours. Comme un appel.
Je ressens cette envie de l’écrire. Encore et encore. De saisir l’essentiel du vécu, partagé. Comme pour immortaliser ce qui se compose, les mélodies qui s’imposent.
A l’instant où un baiser nous sépare juste le temps de nos vies respectives, j’ai envie de l’écrire qui me brûle le bout des doigts.

La soirée se dit en douceur dans le cocon du petit Prince. Je m’imprègne de sa gaieté, de ses histoires farfelues. Je suis dans le moment que l’on partage. Si peu de temps sur une journée. Autant être présent à lui, à moi.

Puis seule face a la nuit, l’évidence me saisit. Le bonheur est extrême. L’envie s’intensifie, prend toute la place. L’urgence impose que je pose les mots d’amour. L’écrire devient alors ce plaisir intime que je m’offre avant que le sommeil m’enveloppe.

Posted in Carnets de route

Quand les masques tombent…la liberté!

Dans la vie de tous les jours, nous nous adaptons souvent. Nous sommes différents en fonction des personnes, des situations, des lieux.

Avec mes amies, je suis souvent assez à l’aise. Certaines me connaissent depuis longtemps. D’autres sont entrées dans ma vie plus récemment. Parfois je m’adapte à certains caractères, je sais rester en retrait. Je ne sur-joue pas pour autant.

En famille, je me suis souvent rebellée contre l’ordre établi. J’ai longtemps cherché ma place. Puis j’ai voulu être acceptée alors je suis rentrée dans un moule. Parce que c’était rassurant pour mes proches. Je pouvais être plus authentique ailleurs, alors pourquoi ne pas faire semblant, un peu, de temps en temps.

Au travail, il est clair qu’on joue plus facilement un rôle. Il n’y a que Bridget Jones pour être 100% naturelle au boulot ! On est plus ou moins obligé de savoir se tenir, de contrôler ses états d’âme. On ne se travestit pas non plus, on trouve son équilibre. On renvoie une image (qui n’a pas toujours grand-chose à voir avec qui nous sommes dans la vie de tous les jours).

Dans l’intimité du couple (il va de soi que je parle d’une relation saine), les masques tombent complètement. Peut-être pas tout de suite, mais progressivement c’est certain. C’est le seul espace qui nous permet d’exprimer tout ce que nous sommes, de révéler ce qui se cache à l’intérieur et que nous n’osons pas toujours laisser sortir. Nus face à face (autant physiquement qu’émotionnellement) nous nous exposons, nous lâchons prise, nous nous abandonnons mutuellement. Il n’y a plus de codes, de règles à respecter, de tenue à avoir. Il n’y a rien à prouver ni à soi, ni à l’autre. C’est un espace de liberté totale, où les mots, les gestes, les envies ne passent par aucun filtre. Le contrôle n’est pas de mise. Même si parfois il nous rassure. La complicité qui s’installe devient le terrain de tant de possibles, qui nous font sentir pleinement vivants. Les barrières tombent, les tabous disparaissent (avec le temps). Les corps se fondent, se confondent, s’extasient. L’intimité offre à l’esprit une trêve. Nos sens prennent le relais et donnent à nos corps l’occasion d’expérimenter une large palette de sensations. Nous nous découvrons chaque fois davantage. Nous-mêmes. L’autre. L’intimité nous nourrit de l’intérieur, nous remplit d’énergie, de force, de confiance.

Et vous l’intimité, vous la vivez comment ? Elle vous apporte quoi?

Posted in Humeurs d'Auteur

A part le blog, t’écris quoi?

Hier une de mes amies de blog a fait un article sur ses fictions / non-fictions en cours. Je me suis dit que c’était une bonne idée et j’ai eu envie, pour changer, de vous parler de mes prochains livres. Certains seront comme les précédents auto édités, d’autres soumis à l’appréciation de maisons d’édition. Quoi qu’il en soit, les retours sont toujours porteurs de positif (même si parfois sur le coup la pilule est difficile à avaler).

C’est parti !

L’appel des sens (autoédition)

Recueil de poésie (érotique) – 28 poèmes au total. Je ne vous cache pas que c’est un recueil qui s’est imposé à moi et que j’ai eu beaucoup de plaisir à écrire (et pour cause!). J’ai été merveilleusement soutenue. Et si dans ma vie de tous les jours, certaines barrières mettent du temps à tomber, je peux dire que niveau écriture, c’est une vraie libération !

J’ai encore quelques corrections, aménagements à faire, photo à trouver pour ce recueil, que je pense publier à une date importante pour moi (vous savez comme j’aime les dates clés), à la sortie de l’été 2018, histoire de garder encore un peu de chaleur pour la rentrée !

Les minutes translucides (le titre est à revoir)

Recueil de nouvelles (Fiction) – Ce recueil sera envoyé à des maisons d’édition dans un premier temps.

Difficile de déterminer le thème principal de ces 10 nouvelles. Après Chuchotis et Ricochets tout en douceur, La Vraie Vie qui aborde des thèmes assez classiques avec une pointe d’humour, ce livre pourrait être qualifié de plus sombre. J’y aborde des sujets délicats voir graves, comme l’avortement, l’infanticide, la folie, la maladie, le suicide, la trahison.

Sur les 10 nouvelles sélectionnées, 3 ont déjà été entièrement retravaillées. Il reste encore pas mal de travail à faire et je pense que ce recueil ne verra le jour qu’en 2019. Restez connectés !

Corps à corps (titre à revoir également)

Nouvelle (Érotique – Fiction)

Pour ce texte qui à la base était une nouvelle toute simple écrite pour une seule personne (en pleine insomnie), j’ai eu envie, suite à certains commentaires sur ma série « fantasmes », de la développer. Une nouvelle est un récit concis, centré sur une action unique avec peu de personnages, peu de lieux ou d’évènements, peu de rebondissements et une chute percutante. Tout ce que j’aime et qui permet surtout d’aller à l’essentiel. Je m’y sens donc assez à l’aise. Le challenge est ailleurs…

Je pense être à la moitié de la nouvelle, en sachant que le premier jet est loin d’être le dernier. Il va me falloir encore quelques heures pour le finaliser, le relire, l’étoffer, le parfaire.

Voilà, vous savez tout (ou presque). En attendant, vous pouvez retrouver le descriptif de mes livres sur cette page et passer commande par mail (pour un livre dédicacé) ou sur le site de The Book Edition.

Avez-vous déjà des préférences? Et vous, dites-moi sur quoi travaillez-vous en ce moment? Des envies (créatives ou autres) particulières?