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“Jamais le premier soir”!

Je lui ai dit “jamais le premier soir”. Il a sourit. C’est le genre de phrase complètement bateau qu’on sort pour se protéger. De quoi?

D’un éventuel désastre. Un coup d’un soir qui au petit matin s’envolera sans un au revoir. Ou pire trouvera que “baiser” c’est super, mais se retrouver ensemble à la table du petit déjeuner, beaucoup moins plaisant. Il conviendra donc de prendre ses clics et ses clacs après notre petite partie de jambes en l’air. La grande classe!

Le deuxième soir, le risque est le même. On ne veut juste pas se l’avouer…

Je lui ai dit “il y a des choses que je ne fais pas“. Il a tout de suite compris. A croire que je ne suis pas originale. Pas besoin de rentrer dans les détails, tant mieux. Parler fellation et sodomie au premier rendez c’est “glauque” quand même.

Je lui ai dit “j’avale pas”. Il a éclaté de rire. J’ai ajouté “c’est non négociable”. A ce stade ça devait être drôle de m’écouter égrener mes souvenirs les plus intimes pour justifier mes “jamais” à répétition, limites qui tombaient au fur et à mesure que l’amour s’installait et que mon corps au contact du sien se débarrassait de la honte et reprenait vie.

Je lui ai dit “j’ai mes règles”. Il a répondu ” et alors?”. Je venais de loin et vu ce que j’avais connu je ne pouvais qu’appréhender ce moment.

Soit il était complètement fou. Soit j’étais pleine de “non-dits” et de “tabous”, dont j’avais conscience mais que je me refusais à voir. A ma décharge, je venais d’un couple où la simple évocation du mot “sexe” avait le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire! Enfer et damnation pesaient sur ma tête comme l’ultime porte de sortie face à un plaisir pris à la va-vite et unilatéral qui plus est!

J’avais le droit d’avoir des réserves. Tout de même…

Comment quelque chose de si naturel était devenu si problématique, un sujet à éviter?
Comment quelque chose de si naturel reste si mal perçu en société? Pourquoi on se risque à parler politique, religion, pouvoir, argent, malnutrition,…en mettant un voile sur la sexualité? (j’ai un article prévu sur le sujet, je vais donc éviter de me répéter!)

Soit il aimait les défis – j’en étais un. Je crois qu’il était juste très à l’aise sur un sujet qui me mettait très mal à l’aise. Et qui jusqu’alors ne m’avait pas permis de prendre ma place de femme dans une relation à deux.

Depuis, j’ai bannis “jamais” de mon vocabulaire. Mes limites sont devenues des sujets de discussion. La parole libérée c’est une liberté d’être à deux, c’est se donner le droit de tenter des expériences sans se juger, c’est pouvoir dire “non” et accéder au plaisir sans culpabilité. Pour moi, c’est une révolution!

Et vous, vous aviez/ avez des “tabous”, des “jamais” qui vous bloquent dans votre épanouissement personnel? Vous parlez facilement de sexualité en couple, avec vos ami(e)s?

PS – Mon chéri, si tu lis ces lignes (le si est de trop je sais), ne crois pas que je t’idéalise. Je fais juste un constat. J’ai pleinement conscience de tes défauts! Et je sais que le chemin on le fait à deux…

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2017 ou l’année du renouveau…

On peut faire un bilan à tout moment et pourtant on choisit toujours la fin de l’année pour s’octroyer une pause, histoire de voir d’où l’on vient, ce qu’on a appris, ce que l’année désormais passée nous a apportée.

2017 aura été riche pour moi. Le début d’un nouveau cycle. Je n’attendais rien sinon de continuer sur ma lancée, d’amorcer en pratique le processus de reconstruction. Avant 2017 j’avais fait face. Tout simplement. Sans trop me poser de questions. Ou en m’en posant des tonnes sans vraiment savoir où j’allais. La règle de base était d’avancer et de gérer au mieux le quotidien.

2017, c’est aussi la première année d’une vie à deux. Il nous a fallut du temps pour prendre nos marques. Nous connaissions l’endroit. Deux personnes en étaient absentes. Ce fut le retour à l’indépendance pour moi après 4 années de cohabitation parfois chaotiques et douloureuses. Si mes parents étaient là pour nous aider, les relations tendues étaient devenues difficilement supportables pour chacun. Il fallait que ça change. Notre vie à deux a été pleine de découvertes, de coups de blues, d’envies de tout lâcher, de cris, de colère, de fous rires, de recettes complètement ratées et de quelques réussites en cuisine tout de même.

2017 a vu naître mon troisième livre – Chuchotis et Ricochets. Et à consacré la fin de mon manuscrit autobiographique, qui pour le moment restera privé. Avec l’aide précieuse d’Aline mon site auteur a vu le jour. J’écris quotidiennement. Je m’essaye à de nouveaux styles en accord avec qui je suis. J’ai aussi écrit un recueil de poèmes sur un thème difficile – les violences conjugales – que j’ai décidé de ne pas publier. L’envie de tourner la page l’a emporté sur les années noires…

En 2017, j’ai investi en moi. Ça ne m’était pas arrivé depuis belle lurette. Çà ne m’était même peut-être jamais arrivé – ma mère dit que j’ai la mémoire courte! J’ai découvert la numérologie, l’astrologie, les guidances inspirées.

En 2017, j’ai fait de nouvelles et belles rencontres. Je pense aux personnes avec lesquelles j’ai partagé quelques heures après de long mois de correspondance, Elodie à Paris, Delphine à Marseille. Sans oublier un weekend inoubliable avec Laurie et Laurie (c’est pas de ma faute si elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau et qu’elles ont le même prénom!).

Puis l’amour est arrivé de manière assez inattendue. Il a bouleversé ma vie d’une façon extraordinaire. Chaque jour qui passe je remercie la vie pour ce cadeau, pour qui il est, pour ce que nous partageons. Beaucoup de douleurs ont refait surface, d’angoisses, d’images aussi. J’ai douté, eu peur de ne pas être à la hauteur de son amour. J’ai eu peur du bonheur puis j’ai lâché prise. Je me suis laissée une chance d’être heureuse moi aussi. Apprendre à m’aimer m’a aidé à accueillir l’autre sans souffrance, à accepter d’être vulnérable, à me livrer davantage. Beaucoup d’impossibles sont devenus des territoires à explorer. La confiance, l’écoute, l’attention m’ont donné des ailes. Je redeviens femme à son contact. Il me révèle à moi-même. Et rien que ça c’est un miracle!

En 2017, j’ai beaucoup écris et vous avez merveilleusement accueilli chacun de mes mots. Je vous en remercie du fond du cœur. Votre soutien, votre amitié sont des valeurs sûres sur le chemin. Restez tels que vous êtes et appréciez chaque jour ce qui se présente. La vie est pleine de surprises!

Bonne soirée et bon réveillon!

ps – Merci Cécile pour ton joli billet qui m’a donné envie moi aussi de faire une pause pour me remémorer le meilleur de cette année passée.

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Son père, ce héros…

Ce jour allait arriver.

On pouvait tous fermer les yeux, se dire qu’il n’avait existé que quelques instants dans sa vie, deux heures deux fois par mois pendant un an. On pouvait penser qu’il allait rendre les armes avant, arrêter de jouer au type bien. On pouvait se dire qu’il ne se souviendrait pas, qu’il ne l’aurait pas marqué plus que ça. On pouvait se dire qu’un autre viendrait, prendrait la place du père qu’il n’avait pas eu. On pouvait rêver que ça passerait comme une lettre à la poste, que son absence ferait que les absents ont toujours tort. Et pourtant…

“Dis maman, j’aimerais bien voir papa?”

Voilà le verdict est tombé. Papa manque. Papa, ce super héros, forcément plus gentil que maman, qui crie parfois un peu fort.

“Je t’aime pas, t’es méchante, en plus t’es toute seule”

Papa, lui, il remporte la bataille haut la main. L’absence lui donne tous les droits, lui prête des qualités qu’il ne possède pas. Il s’en sort encore, avec les félicitations du jury. C’est pas toujours chic la vie!

Il va pouvoir faire de lui son héros, son champion du monde, l’idéaliser, le voir mille fois mieux qu’il ne l’est. Certains disent que c’est de son âge. Ça passera avec le temps. La chute n’en sera que plus douloureuse.

Qu’y a t-il de plus difficile que de réaliser, un jour, que l’homme rêvé n’est qu’une image, un mirage?

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L’autre côté du miroir

On écrit sur ce qui nous touche, sur ce qui nous fait grandir, sur les victoires que nous n’apprécions pas toujours à leur juste valeur.

On écrit sur nos émotions, les sentiments qui nous traversent, la peur, le manque, le bonheur, l’amour, le temps qui passe, la façon dont on croise le fer face au destin qui parfois nous terrasse.

On écrit le passé, les promesses, les rêves, nos envies, ce qui s’attache, ce qui nous dépasse.

On écrit pour se souvenir, pour ne pas oublier. On saisit dans un mot tout ce qui déborde de notre cœur. On écrit avec passion, sans laisser de place à la raison bien souvent. Ou alors on se ment.

On écrit le trop plein, le vide, l’inaccessible ou bien ce qui nous inonde de bonheur, le merveilleux, on saisit l’essentiel dans un vers, une ligne, sans retour en arrière possible.

On écrit parfois l’intime, on se livre sans savoir comment l’autre va réagir. On écrit parfois nos zones d’ombre, sans l’assurance d’être compris. On écrit par pulsion, loin des conventions. On saisit un instant dans un fragment de pensées.

On écrit ce qui nous lie sur le lit du destin.

Quand on écrit tout s’arrête, la lumière de la nuit éclaire nos ténèbres. La mort. La vie. Tout se confond. Il est alors l’heure de sortir tout ce qui se terre à l’intérieur et que l’on n’ose s’avouer, tout ce que l’on garde en soi, de peur de franchir la porte qui mène de l’autre côté du miroir…

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L’histoire dirait…

[:fr]

L’histoire dirait les vacances, les lumières, l’attente, le sapin décoré et paré de guirlandes qui donnent le ton des festivités.

L’histoire dirait les sourires, être ensemble, se retrouver, oublier pour certains les soucis du quotidien, savourer.

L’histoire dirait la joie des enfants, la patience, la table couverte de mets préparés avec amour, le temps qui se suspend, les différents qui disparaissent face au bonheur de ce temps partagé.

L’histoire dirait les trajets qui n’en finissent plus, les cartes postales dans la boite aux lettres, les cadeaux sous le sapin, les attentions des uns et des autres.

L’histoire dirait les éclats de rire, éclats de voix, l’impatience, les jeux qui se font et se défont à l’infini, les yeux remplis de sommeil, les envies de saisir le jour qui se lève.

L’histoire dirait la présence, le temps ensemble, l’absence, le temps séparé.

L’histoire dit que ce qui compte, c’est ce qui est…[:]

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Les États d’Esprit du Vendredi 22.12.2017

The Posman  et Zenopia font une trêve pendant les vacances. Comme je ne serais pas là la semaine prochaine, je vous livre mes États d’Esprit de la semaine. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [16:04]

Fatigue : une journée à dormir m’a fait du bien – à force de cumuler et de ne pas s’écouter, c’est ce qui arrive…

Humeur : ultra beau fixe
Estomac: salade, tiramisu, thé
Esprit: respire
Cond. phys. : un peu de marche
Boulot : plus que deux heures avant les vacances
Culture: Dr Daniele Flaumenbaum (Femme désirée, Femme désirante) – une lecture transformatrice – Gilbert Sinoué (L’Egyptienne)
Penser à : envoyer les cartes de vœux
Avis perso : les parents qui systématiquement papotent juste devant l’entrée de l’école le matin, ça me dépasse.
Message perso: (1) l’amour avec toi c’est…comment dire…épatant! (2) Joyeux Noël! (3) Merci pour la carte et les jolis mots
Loulou : a retrouvé son sourire, mange des chocolats, a hâte de partir en vacances
Amitiés : vos mots sont des pépites
Love : m’épate, me gâte, me fait craquer dès qu’il sourit
Sorties : théâtre demain avec loulou, dimanche (comme beaucoup)
Essentiel: s’aimer et se le dire
Courses: de quoi faire l’apéritif du réveillon
Envie de: bord de mer
Photo: le plafond de Chez Maxim’s
Zic: A venir
Fin [16:18]
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Quand je le regarde…

Quand je le regarde, que nous parlons de choses et d’autres, de la vie, du plaisir d’être ensemble, je me surprends parfois à me dire “je suis là, je suis bien, je ne pense à rien d’autre, je ne pense pas à ce que je vais dire après, à la manière dont je vais le dire, à la place de mes mains, à ce qu’il va penser.”

Comment j’en suis arrivée là?

Comment j’en suis arrivée à être aussi sereine et heureuse avec quelqu’un?

Est-ce parce que c’est lui? Il dirait que non…

Est-ce parce que c’est nous tout simplement? Que c’est la vie, que c’est ce que toute relation devrait être, basée sur la confiance, le partage, l’envie toute simple d’être ensemble, d’être heureux?

On me pose souvent la question. Comment est-ce que j’ai réussi à remonter la pente, à prendre confiance, à m’aimer, à retrouver le sourire?

Sincèrement je n’en ai aucune idée. C’est venu avec le temps, à force de le vouloir, au rythme des coups de blues, des envies d’en finir, des larmes, des batailles qu’il m’a fallut mener. C’est venu avec cette envie de reprendre vie, de laisser l’hiver s’en aller. C’est venu avec l’apprentissage de la maternité, avec le besoin de prendre soin, de lui, de moi. C’est venu au fil des jours, des mois, au fil des questions que je me suis posée, qu’il fallait se poser, au fil des réponses que j’ai trouvé ici et là, au gré des mains tendues qui m’ont propulsé vers l’avant, qui m’ont donné la volonté de me dépasser. C’est venu sans que je m’en rende vraiment compte. Les mille morceaux de mon cœur se sont recollés au fil des souvenirs qui se sont envolés, laissant de faibles traces à la surface de la terre. C’est venu au fil des échanges, de mes rêves qui ont pris forme. C’est venu avec la certitude que la vie m’offrait une chance d’apprendre à me connaître, de revenir à moi. Je l’ai juste saisie, sans certitude au début. Avec foi, par la suite. C’est venu avec cette complicité qui s’est installée entre nous, ces moments où son amour de petit garçon a eu raison de mes doutes, de  mes peurs les plus tenaces. C’est venu avec l’envie de reconstruire.

Apprendre à m’aimer a sûrement été la meilleure décision que j’ai prise. Si tout n’est pas encore acquis, le processus est engagé. Et les résultats sont là.

Alors quand je le regarde, que nous parlons de choses et d’autres, de la vie, du plaisir d’être ensemble, je me dis que ça en valait vraiment la peine…

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Un cadeau précieux: Une séance d’astrologie avec Ornella

L’article d’aujourd’hui sera différent de d’habitude. Je vais vous parler d’un cadeau.

Un cadeau précieux.

Qui m’a été offert par Ornella du blog Dans Les Hautes Herbes, suite au concours qu’elle propose chaque mois pour faire découvrir son métier – astrologue.

Le cadeau a été encore plus particulier pour moi, puisque j’ai eu la chance de rencontrer Ornella, dans le confort de son chez-elle.  Rien ne vaut le face à face !

J’avais déjà lu les articles de Rozie et Miss Pelle Mele sur le sujet. J’étais donc surtout curieuse de voir ce que l’astrologie allait pouvoir m’apporter concrètement.

Ornella m’a dans un premier temps expliqué comment la séance allait se dérouler. Puis elle m’a montré la carte de mon ciel (élaborée à l’aide des informations  que je lui avais communiqué en amont: date, heure et lieu de naissance). Outre le fait que c’est très joli, à première vue, c’est incompréhensible.

En écoutant Ornella parler des planètes dominantes de mon thème, de mes points forts, points faibles, de ma personnalité, mes structures, ma façon d’appréhender la vie, les relations sociales, mes blocages, mon potentiel, j’avais l’impression qu’elle lisait en moi. Quand on parle de « mise à nu », ça prend tout son sens dans ce contexte-là. Tout ce qu’elle m’a dit a fait écho en moi. Même ce que je refusais de voir depuis très longtemps, ce que je savais que je n’osais m’avouer. L’autre côté du miroir…oserais-je m’y risquer ?

Sa bienveillance, son attention, son écoute sont autant de qualités qui m’ont permis d’être à l’aise et pleinement ancrée dans l’instant pour intégrer toutes ces informations.

Cette séance, outre le fait de m’avoir permis de faire une belle rencontre, m’a ouvert les yeux et le cœur sur la personne que je suis, m’a aidée à mieux me comprendre et m’accepter, sans jugement (ce jugement qui nous fait souvent du tort et ne sert à rien sinon à nous bloquer dans notre évolution)

Moi qui ne connaissais pas l’astrologie, je peux dorénavant dire que c’est un outil précieux de connaissance de soi, d’apprentissage, qui nous offre un temps de recul nécessaire pour faire face à qui l’on est et voir où l’on souhaite diriger nos pas.

Il n’y a pas de hasard, il n’y a que de coïncidences ou des synchronicités. En cette fin d’année 2017 qui aura été extrêmement riche et positivement mouvementée pour moi, je peux dire que cela résonne davantage et me donne envie de plus.

Merci Ornella pour ton temps, ton accueil, ton partage. Si vous aussi vous êtes intéressés, vous vous sentez prêts à vous ouvrir à vous-mêmes, à vous donner une chance de révéler votre vrai potentiel, n’hésitez plus! Faites-vous ce cadeau!

Posted in Carnets de route

J’apprends…

J’ai appris l’homme

Dans la tendresse, la douceur, l’amour inconditionnel

Dans la vie

Et dans la mort

J’ai appris l’homme

Qui cache sa peine

“Être digne ma fille même quand on saigne”

J’ai appris l’homme

Sans deuil, sans larme

J’ai appris l’homme

Dans des souvenirs qui n’étaient pas les miens

Dans la violence et la souffrance

Dans les coups et les cicatrices de l’âme

J’ai appris l’homme

Dans les moqueries

Les rires du fond de la classe

Dans les insultes et les jugements

J’ai connu l’homme

Dans le paraître

Dans la peur d’être

Dans l’attente

Dans le manque, dans la distance

J’ai connu l’homme

Dans la mélancolie, l’envie

Dans le secret

Ne pas être

Ne pas exister

Rester cachée

J’ai connu l’homme

Dans la crainte de dire, de faire

Dans la peur des gestes, des mots

Dans la menace

Dans tout ce qui sépare

Dans l’impossible

Dans l’angoisse

Dans la violence sous-jacente

Dans les paroles blessantes

J’apprends l’homme

Dans l’être

Dans les vibrations, l’énergie

Dans le partage, la fusion

Dans l’abandon

J’apprends l’homme

Vulnérable, attentive, disponible

Le cœur ouvert

Le corps présent à l’instant

J’apprends l’homme en devenir

Ses deux yeux posés sur le monde

Son émerveillement

Sa soif de connaissance

J’apprends dans l’amour

Avec beaucoup d’amour

 

Posted in Tout un poème

Arc-en-ciel de sourires

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Après l’orage

Mon cœur engourdi par la peur

De ne pas être à la hauteur

De ma tâche

Un arc-en-ciel

Nos cœurs à l’unisson

Battent au rythme

De ton sourire

De tes éclats de rire

Le bonheur s’écrit

Sur le lit des vacances

Être ensemble

Laisser l’insouciance guider

Nos pas vers les découvertes

Que tes sens en éveil réclament

S’initier

Au lâcher-prise

Dans la tendresse

Après l’orage

La paix retrouvée…

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Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Rue des lilas

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Photo Crédit

On se croise, elle et moi. On ne se parle pas. On passe à côté l’un de l’autre chaque matin, on se frôle à peine, près de l’atelier, rue des lilas. Elle y travaille je crois, un atelier niché au fond d’une cour fleurie. Elle entre en tous cas par la porte verte, je distingue sa silhouette fragile se glisser à l’intérieur. Elle déserte mon univers le temps d’une journée qui s’étire bien lentement pour mon cœur amoureux.

Je cherche parfois l’ombre de ses pas derrière la vitre sale de mon bureau, un peu plus haut. J’imagine les étoffes qu’elle choisit pour ses créations et le fil de mes pensées m’entraine loin de la cour carrée.

Oh qu’il serait doux de lui dire ce qui se cache à l’intérieur de moi, les sensations qui enflamment mon corps et laissent mes sens en émoi. Je ne sais pas si j’ai la foi. D’y croire à nouveau, de me rapapilloter avec l’amour. Il est des jours où je me sens pousser des ailes, d’autres où je perds le nord. A quoi bon !

Puis l’envie revient et me nargue le soir, quand je quitte la cour, quand je sens son parfum inonder mon univers. Mon cœur amoureux se réveille. C’est quand même dommage de se croiser et de ne pas se parler. Ce soir, je me sens plein d’audace. C’est décidé, avant qu’elle ne s’engouffre dans les couloirs obscurs du métro, je lui déclare ma flamme!

Ceci est ma participation au rendez-vous A vos Claviers proposé par Estelle du Blog L’atelier sous les feuilles. Ill fallait produire un texte à partir des 3 mots suivants: atelier, fil et rapapilloter.[:]

Posted in Carnets de route

Ces moments où je ne me reconnais plus…

Ils arrivent quand la fatigue s’installe, quand « à fleur de peau » je perds le contrôle, quand le trop plein me fait perdre mes repères. Cela se fait entre les quatre murs de ma maison. Avant, il n’y avait pas de témoin. Aujourd’hui, il y a mon fils. Et cela rend les choses encore plus douloureuses…

Souvent on me dit qu’il faut en parler. Comment ?

Comment dire quand par le passé, on nous a traité de “folle à lier”, on nous a asséné qu’on finirait “enfermée”?

Comment dire cette perte totale de maîtrise de moi, ces cris, cette envie de tout casser, ce ras le bol qui vient des tripes et sur lequel je n’ai aucune prise ?

Comment dire que je me sens nulle, seule, perdue face à cette immensité instable ?

Comment se dire, alors que la porte de l’immeuble passée, je pose un voile, un masque sur cette réalité que je ne veux pas voir tellement elle me fait peur ?

La parole a beau être libérée, il ne faut pas se mentir, certaines choses restent cachées. La peur du regard de l’autre nous bloque. Notre regard sur nous-mêmes nous paralyse. On dit ce qui est “tolérable”. On ne livre pas l’intime, même nous, il nous oppresse.

Un instant je suis à deux doigts de fondre en larmes, de m’écrouler sur le sol, l’instant d’après, je fais face, balayant d’un coup cet accès de rage, qu’un rien peut déclencher.

Si vous me demandez comment je vais, en toute honnêteté je répondrais « bien ». Pourtant à l’intérieur, c’est un véritable tremblement de terre.

Dans ces moments-là, je m’en veux terriblement, je me dis que mon fils n’a pas à vivre ça, qu’il mérite mieux. Je culpabilise énormément. J’aimerais que quelqu’un prenne la mesure de ce que je ressens, de ce que je vis. Comment est-ce possible si personne ne sait rien.

Je prends alors sur moi. Je tente de faire face. Je me félicite de chaque petite victoire. Et chaque rechute me terrifie davantage.

Je me rassure. Ça passera. Je le sais. Ça passe toujours. Ça casse et puis je pose de nouvelles pierres. Et ça va mieux. La vie reprend. Jusqu’au prochain virage un peu trop serré. J’aimerais avec le temps réussir à anticiper ces accès de colère qui me laissent nue, vulnérable face au monde. J’aimerais pouvoir gérer avec calme les « non » à répétition, ses « crises » à lui. Et surtout pouvoir dire quand je n’en peux plus, demander de l’aide avant que cela ne devienne ingérable.

Posted in Variations Littéraires

Féérique

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Cœur posé

Plume tombée du ciel

Douce mélodie fredonnée

Parfum léger dans l’air

Vague apaisante

Sourire charmant

Déposé sur l’azur

Des voiles qui dansent

*

Un ange passe

L’âme se faufile

Fait vibrer l’inaccessible

Donne vie à l’invisible

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