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Les États d’Esprit du Vendredi 28.09.2018

Le soleil est au rendez-vous pour les États d’Esprit de The Posman et Zenopia. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [16h39]

Fatigue : la pleine lune m’a joué des tours…
Humeur : beau fixe
Estomac: lapin, tomates, clafoutis, tisane
Esprit: lâche prise, se déleste de pas mal de choses
Cond. phys. : yoga
Boulot : visite de site, ça change et c’est super intéressant
Culture: L’éternité n’est pas de trop de François Cheng – Maman à tort de Michel Bussi
Penser à : remplir les papiers pour le foot
Avis perso : les mots ne sont pas juste des mots, leur utilisation mérite un peu d’attention

Message perso: (1) super heureuse pour elle et pour vous tous (2) on restera soft pour une première! (3) tu es une personne formidable!
Loulou: est inscrit au foot, ne regarde plus trop la télé et s’en porte très bien (moi aussi), veut aller chez mémé pour avoir des chocolats, veut aller voir un match de foot en vrai
Amitiés : cartes envoyées, cartes en cours…
Love : compréhensif, attentif, séduisant, semble lire en moi, est heureux (moi aussi) et sait le dire, parle, écoute, comprend…
Sorties : piscine, quelques courses, chez mémé, en soirée la semaine prochaine j’espère
Essentiel: être sur la même longueur d’ondes et être bien ensemble
Courses: nourriture, vêtements de foot pour loulou
Envie de: finir mon recueil de poésie et le publier – ça devient urgentissime…
Photo: loulou en pleine méditation

Photo: Enya – only time (la préférée de loulou du moment!)

Fin [17h10]

Doux et bon weekend à tous!

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Sur le quai – Être un autre pour plaire ou être soi?

Le quai est pratiquement désert à cette heure. Le train est en gare, il partira dans quelques heures. Certains pourraient se dire : montera-t-elle ou pas ?

J’ai déjà fait mon choix. Je sais.

Une vague de mélancolie m’enveloppe. Je regarde mon corps, je regarde l’intérieur. Je prends conscience de tout ce que j’ai fait, donné, à quel point je me suis travestie pour être regardée, appréciée. Je me souviens à quel point j’ai peur, encore, de lâcher mes couches de protection, laisser un regard fendre l’armure, par crainte de ne plus être aimée.

Qui étais-je avant de devenir une autre ? Qu’est-ce qui me faisait vibrer, trembler ? Qui suis-je quand je ne me dis pas derrière un écran, sur le papier ?

Ce n’est pas que je n’ose pas.

C’est juste que j’ai de l’affection pour cette créature créée de toute pièce pour être acceptée. Je me demande quelle est la part de moi en elle et quelle est la part qui va s’évanouir quand le train va partir.

Le quai est un peu plus rempli. J’ai un pied dans le train, un sur le quai. Les au revoir sont pour bientôt. C’est vital et ça n’en reste pas moins douloureux. D’un côté il y a le connu, le prévisible, l’organisé, le contrôlé et tout ce que je mettrai en œuvre pour ne plus dévier du chemin tracé, quitte à me perdre encore une fois, quitte à rentrer dans un autre moule préfabriqué.

De l’autre, c’est l’équation à X inconnus. Pourtant, c’est là aussi que se trouve ma vérité…

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Choix

Je peux continuer à faire semblant, à me là jouer petite fille sage, qui ne fait pas de vagues. Je peux continuer à me retrancher derrière le passé et ses failles, à ne pas oser.

Ou

Je peux assumer celle que je suis avec mes envies, fantasmes. Je peux oser te dire ce qui se joue à l’intérieur de moi, ce dont j’ai envie avec toi. Je peux d’un coup briser les liens qui m’attachent à une image polie, bien jolie. Et déployer mes ailes.

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Le grand pari…

On ne se dira jamais assez et on ne se dira jamais tout.

Certains mots sonneront justes, d’autres nous feront croire dans la présence hypothétique d’un faible espoir au bout d’un silence que nous n’osons briser.

Certains gestes diront plus que des mots et certains mots se diront dans le calme rassurant d’une étreinte que le reste du monde trouverait insignifiante.

On se bercera de promesses quand tout ira de travers. On sera aveugle dans la joie et alors ça n’aura pas d’importance. Ou on cherchera la faille dans un amour heureux, certains que le bonheur n’est pas pour nous. On mentira par crainte de souffrir. On souffrira par crainte d’oser. Ou alors on enverra tout valser, qu’importe l’avenir, ce qui se joue là sous nos yeux n’a pas de prix, on choisira de s’enivrer d’amour. Puisque la source est dite intarissable, on se saoulera de chaque instant de vie.

On pourra vouloir tout dire, tout écrire. Les émotions. Les sensations. Le ressenti. Et puis ce vide incommensurable dans lequel le plaisir nous emmène et duquel nous revenons certains d’avoir touché du bout des doigts une partie de nous-mêmes que nous ne connaissions pas.

On voudra savoir, comprendre. On voudra percer le mystère de l’autre, entier, si proche et si lointain à la fois. On tentera à force de questions d’imaginer l’intérieur, ce qui se trame dans le fond des tripes, au creux du plus intime des secrets de l’être.

Et puis on se souviendra que le cœur a ses raisons que la raison ignore. On ne saura jamais tout. Un jour il faudra choisir en conscience, incertains de l’issue, faire le grand saut ou renoncer. Se jeter à l’eau ou passer son chemin. Nul ne sait ce que sera demain. Et pourtant, contre toute attente, des milliers d’êtres humains font le pari chaque jour de lâcher prise, d’y croire et d’aimer, peu importe leur âge, leur sexe, leur religion ou leur passé.

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Le vol de l’ange

Crédit Pixabay

Quelques doutes se glissent autour du “petit +” mal dessiné d’un test acheté, le cœur en liesse, le corps déjà fatigué. Les regards se croisent. Les mains se serrent. L’histoire se dit, s’écrit à la faveur d’une nouvelle vie.

La vie se décline en doux rêves, peurs insensées, éclats de voix, éclats de joie. Sur l’horizon, l’image floue devient plus nette au fil des jours. Un ventre qui s’arrondit sous un pull trop grand. Et des mains qui caressent ce ventre porteur d’espoir. Des promesses murmurées à la nuit tombée, entre les draps d’un lit trop grand.

Des jours et des semaines à planifier, faire danser les lettres pour créer des prénoms. Le corps flanche un peu. Le cœur se détache. L’autre cœur bat. Les frissons s’attachent.

Au milieu du bonheur, des soubresauts de tendresse, quelques angoisses naissent. Premières analyses qui fixent la date de la naissance d’une mère, d’un père. Le sourire aux lèvres et le corps tendu. Des questions à l’infini au bord des lèvres. Passer le temps. Contrer l’ennui.

Sur l’échographie, l’enfant se dessine. Les yeux se parent de larmes précieuses. Premiers souvenirs inédits. Le ventre se raidit. L’enfant a un prénom. La peur guette à l’ombre des non-dits.

Puis le silence, comme une mise à mort, fait trembler la vie.

Le cœur battait. Il ne bat plus. Des torrents d’eau autour d’un ventre à l’agonie. Les cris saccagent les larmes. La folie se faufile. L’enfant vole au-dessus du vide. Le repli et l’envie d’en finir. Visages glacés d’effroi. Mains solidaires qui se cognent contre les parois solides d’un chagrin insupportable. Déjà trop de souvenirs. Une intimité violée à coups de mots pour s’en sortir. Un deuil qui parait impossible.

La mort aux origines de la vie. Anormal. Peine incommensurable. Désespoir. Colère. Lot de promesses dérisoires. Les couleurs de la vie perdent de leur saveur. L’orage éclate. La nuit s’élargit. L’enfance s’évanouit. Un ange passe.

Ce texte a été écrit pour une amie – en souvenir.

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Une âme de magicienne

Crédit Pixabay
  • « Abracadabra ». Je suis une magicienne ! Je suis la reine des fées et je vais de suite te transformer en…
  • Tu racontes vraiment n’importe quoi Violette.
  • C’est toi. Tu voulais que je te montre un truc extraordinaire et puis vlan tu casses tous mes plans en moins de deux secondes. T’es pas sympa.
  • Et t’allais me transformer en quoi exactement?
  • En éléphant rose !
  • Tu vois, tu délires encore. Les éléphants roses, ça n’existe pas.
  • Si, ça existe. T’y connais rien. T’es plus mon copain Hector.
  • Ah oui, et t’en as vu où, toi, des éléphants comme ça ?
  • J’en vois tous les jeudis, à 14h30 précises. Même que ma maman elle m’a dit que la tienne elle doit en voir aussi.
  • N’importe quoi !
  • Comment tu le sais ?
  • Si elle en voyait elle me l’aurait dit.
  • Et tu l’aurais cru ?
  • Oui. Parce que ma maman elle ne ment jamais.
  • Même pas vrai !
  • C’est toi qu’est plus ma copine !

Lucien et Violette se tournent le dos. Sur son lit, Violette s’en veut de lui avoir parlé d’éléphants roses. Sa maman, elle n’a pas dû lui dire qu’elle venait là, une fois par semaine depuis des mois. Après tout c’est vrai, la salle de chimiothérapie de l’hôpital, il ne la connait pas. Elle se penche vers lui, le prend dans ses bras, en murmurant « promis, je te montrerai la prochaine fois ». Il se retourne, avec sur son visage un magnifique sourire, en pensant tout bas que son amie a une âme de magicienne.  « Le tour est joué ! »

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture A vos Claviers #9, proposé par Estelle du blog L’atelier sous les feuilles. Le texte devait commencé par « Abracadabra » et se terminer par « Le tour est joué ! ». Pas évident du tout…

 

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Qu’est-il arrivé à mon chagrin?

Crédit Pixabay

Il se tenait là, près de moi, un allié de taille, à qui je faisais confiance.

Il se tenait là, sa main dans la mienne, nous avancions sur des terrains connus. Inséparables, nous faisions face, envoyant valser tous les bien pensants qui croyaient savoir mieux ce qui était bon pour nous deux.

Il partageait mon quotidien, se lisait dans mes larmes, mes doutes. Il était ma béquille, mon salut, mon kit de survie.

Il m’appartenait ou je lui appartenais. Enfin, nous nous étions trouvés. Le chaos semblait moins lourd à porter, lui à mes côtés.

Puis un matin il s’est volatilisé.

Je ne le trouvais plus ni dans le miroir, ni dans mes draps. J’ai eu peur que mon cœur se sente orphelin. Comment vit-on sans le chagrin? J’ai paniqué. Je n’étais pas prête. Qu’allais-je devenir?

J’ai cherché partout. Un mot, une explication. Rien. Le grand vide. L’inconnu. Même les larmes ne coulaient plus.

Il fallait se rendre  à l’évidence, mon chagrin avait pris le poudre d’escampette, lâchement. Et je restais là, seule, à devoir affronter l’inconnu.

Quelle étrange sensation de retrouver l’usage plein et entier de mes membres, de ne plus avoir besoin d’une aide extérieure pour faire un pas devant l’autre. Loin de se sentir abandonné, mon cœur reprenait vie, battait à un rythme plus léger, comme revenu d’une longue convalescence. Le monde m’apparaissait enfin tout en nuances.

Le chagrin parti, je reprenais doucement goût à la vie. Je ne peux cacher qu’il me manquait parfois et que dans un moment de blues passager, je me sentais prête à lui tendre la main. Je le connaissais si bien. Je savais qu’il rappliquerait à la moindre demande, à la plus petite supplication.

Puis il se fit de plus en plus rare. Il devint un souvenir du passé. Et quand quelques larmes couraient sur mes joues, elles le faisaient en toute indépendance. Le chagrin que je tenais pour mon meilleur ami, n’avait fait que me couper du monde. En adhérant à sa main mise, j’avais choisi de vivre en marge, de laisser mon cœur s’appauvrir, de ne plus croire en rien, de me protéger en dressant des murs, en les ficelant de barbelés, auxquels nul ne souhaitait se frotter.

Mon chagrin s’en est allé, au gré des vagues de l’existence, des chocs, des virages, des moments de félicité. Du haut de mon équilibre retrouvé, je lui dis merci pour ce qu’il m’a enseigné et bon voyage!

Et vous le chagrin, vous l’avez rencontré?

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Du bout des doigts

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Je connais ton corps. Et pourtant je le découvre chaque fois. Dans le froissement des étoffes, l’intimité d’une sphère que nous définissons au gré de nos envies, un temps qui se suspend pour nous laisser jouir pleinement de l’instant.

Ces jours sans toi sont remplis de toi, et je te retrouve, impatiente d’une étreinte riche de manque. Je retiens mes mains. Te toucher ne serait pas opportun dans la fraicheur du jour ou au milieu du monde. Sentir sous mes doigts le grain de ta peau, sa douceur par endroits, des endroits que je suis seule à pouvoir approcher. Me frayer un passage pour cet impact épidermique, comme un besoin.

J’ai l’impression que le toucher m’offre cette porte, celle qui me permet de me livrer sans mot. Ils sont parfois trop nombreux au pallier de mon cœur, il me faut y mettre de l’ordre.

J’effleure ta peau, je cale mes mains dans les tiennes. Je sais ce qu’elles offrent quand elles trouvent le chemin de mes désirs, qui une fois de plus se disent à demi-mots. Moi qui sais si bien les manier à l’écrit, ils m’échappent encore parfois quand nue devant toi je devrai dire ce qui agite mes sens, ce qui fait frissonner mes pensées. Le trouble s’empare de moi et tu devines. Je n’ai plus qu’à te suivre vers cet inconnu qui comme un aimant m’attire…

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Deviens qui tu es

© Rishi Deep

Je regarde les paysages familiers défiler. Le train rempli se dirige vers l’ouest. Les autres voyageurs, silencieux, semblent comme recueillis. Ils somnolent, dorment ou comme moi contemplent la vie qui passe à travers les vitres. Je me demande pourquoi ils se trouvent là, où ils vont, ce qu’ils partent chercher, loin de leurs racines, loin du connu. J’égrène les souvenirs à mesure que nous avançons vers une destination inconnue. Je vois mon reflet, l’effet du temps et ces marques sur ma peau. Je me revois, petit enfant, je retrouve des parfums, j’entends des voix, je reconnais des visages. Je me laisse emporter par ce tourbillon d’images d’un temps que je laisse derrière moi, tout en sachant qu’il ne s’éteint pas, qu’il reste à tout jamais ce socle, cette source inépuisable d’amour.

Le train file, les paysages changent progressivement. Les yeux se décollent des vitres. Le ciel devient nuit. Le sommeil nous guette et pourtant, je le retiens. Je me sens comme le lecteur qui s’apprête à tourner une page. Et alors que mes paupières deviennent de plus en plus lourdes, les derniers mots de ma mère résonnent dans mes oreilles: deviens qui tu es !

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 311 de Bric a Book

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Un souffle

Crédit Pixabay

Il s’est posé là, dans le creux de mon cou, il s’est glissé frôlant le grain de ma peau. Un souffle si doux que j’aurai pu le perdre, ne pas savoir, j’aurai pu le manquer. Et le souffle se serait tu.

Il s’est posé, je l’attendais presque. Et puis le souffle a pris vie. Et la vie a pris des couleurs. Le souffle s’est accordé au mien.

Il a fait basculer mon cœur. Il a fait ressurgir mes peurs. Et mon souffle a pris froid. Il a tenté de retenir le flot des sentiments naissants et les barrages ont cédé. Un à un. L’armure s’est fissurée, brisée. Il n’y avait plus rien à cacher.

Le souffle s’est imposé, patient, aimant. Il s’est donné en vérité, sans promesse.

Posé là dans le creux de mon cou, ce souffle avait une âme, il parlait ma langue, il entendait ma voix, il savait ce que je ne savais pas.

Depuis, il embellit mes jours, jour après jour. Et mon souffle à trouver sa paix.

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Les États d’esprit du Vendredi 21.09.2018

C’est l’automne et l’heure tant attendue du rendez-vous de The Posman  et Zenopia.  On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [22h00]

Fatigue : un léger mal de tête qui me murmure de filer au lit sans tarder
Humeur : très beau fixe
Estomac: salade de restes, yaourt, tisane
Esprit: libre
Cond. phys. : un peu de marche, une séance de yoga
Boulot : quand ton patron refile ton boulot à d’autres sans te mettre dans la boucle, tu as des envies d’ailleurs ou d’autres choses…
Culture: L’éternité n’est pas de trop de François Cheng
Penser à : terminer mon micro-roman
Avis perso 1 : les groupes Whats’app c’est bien mais quand tu reçois 25 notifications par jour pour dire des banalités, c’est beaucoup moins cool.
Avis perso 2: il faut toujours faire confiance à la vie parce qu’un jour tout ce en quoi tu as cru se réalise…
Avis perso 3: ne jamais dire jamais…
Message perso: (1) le moral remonte doucement (2) c’est inspirant toutes ces idées passionnantes! Merci de les partager (3) si je ne t’avais pas rencontré, tu aurais manqué à ma vie
Loulou: veut faire du skate, ramasse des dizaines de marrons par jour, mange comme 4
Amitiés : cartes en cours…
Love : partage ses idées, me fait découvrir des choses, m’épate chaque jour, me fait rire
Sorties : piscine, quelques courses
Essentiel: partager, faire confiance, se faire confiance, s’aimer (et se le dire)
Courses: nourriture, vêtements de sport pour loulou
Envie de: cuisiner de nouveaux plats, une soirée au musée, vous présenter mon recueil de poèmes, tester les massages
Photo: Sur les murs de Paris…

Zic: Pomme – Sans toi (jolie découverte et une pensée particulière…)

Fin [22h50]

Bon et beau et doux weekend à tous! Profitez en bien!

 

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“On pourra partager ça aussi !”

Partager ?

Quel est ce mot barbare ?

Moi, on ne m’a jamais proposé de partager. Alors du coup, je suis émue. Et quand je suis émue je dis plein de choses sans intérêt, histoire de meubler l’espace pour que mon cœur puisse retrouver son rythme normal.

J’ai 38 ans dans quelques semaines et j’ai l’impression de découvrir la vie, les relations humaines. Avant « partager » c’était puéril (qu’est-ce que j’ai pu l’entendre ce mot !) et puis partager quoi ?

Nos gouts. Ah oui, mais tu sais moi lire, écrire, ce n’est pas trop mon truc. Et puis t’écris quoi ? Enfin je te pose la question comme ça. Je ne te lirai pas. T’écris sur ça, si on veut, c’est loin d’être passionnant quand même…

Nos idées. Pour quoi faire ? A mon avis on n’a pas les mêmes. Enrichissant ? Je ne crois pas. Moi je sais que mes idées elles tiennent la route et que ce sont les meilleures.

Nos envies. Tu sais de quoi j’ai envie là, de mâter un bon film à la télé. Ça te tente ?

Et puis on pourrait aller se balader, faire des voyages,  visiter des expos, se faire un weekend au bord de la mer, aller à un concert. On pourrait partager autre chose qu’un repas, un ciné, un énième navet à la télé. Qu’est-ce que t’en dit ?

Je trouve qu’on partage déjà plein de choses ?

Ah oui !

C’est toi, t’es jamais contente de rien.

C’est juste que j’aimerai faire autre chose que regarder Albator le weekend ou visionner pour la cinquième fois Rocky. En plus il fait super beau dehors !

Trop chaud !

Sinon tu pourrais venir me voir à une répétition de danse. Ou on pourrait essayer un truc un peu loufoque, genre une nuit dans une roulotte.

C’est ça tes idées ! Déjà la danse j’aime pas. La roulotte, t’as piqué ça où? C’est grotesque!

On pourrait aller courir ensemble alors. Courir ça te plait ?

On n’ira plus courir ensemble…T’aura fait trois tours, je terminerai le premier complètement essoufflée. On se sera vus sur 300m et encore je suis gentille. En plus tu m’auras dit un truc genre je ne fais pas d’effort, je ne suis pas très rapide. Enfin on aura essayé…

On se rendra à l’évidence que partager, comme on l’entend, c’est pour les autres. Nous on se limitera à partager une literie, une douche, une cuisine et de temps en temps une table au restaurant ou deux fauteuils dans une salle obscure. Pour le reste, il faudra faire preuve de compréhension. Et intégrer qu’un petit plaisir doit se faire rare pour être délicieux.

Donc partager je ne sais pas vraiment ce que c’est. Je me suis même longtemps demandé qui pourrait s’intéresser à moi, puisque mes idées, mes goûts, mes envies semblaient sans intérêt.

Alors ça me touche. Et du coup je me dis que je suis un tant soit peu intéressante au final. Ça me touche vraiment et je vais mettre encore un peu de temps à oser…

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Talons Hauts

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Crédit Pixabay

Qu’est-ce que j’allais faire avec des talons ?

J’étais bien assez grande. Tout le monde le disait. Le plat pour une fille comme moi, rien de plus parfait.

En douce, je regardais les femmes en talons, leur démarche chaloupée, la ligne de leurs jambes qui semblaient s’étendre jusqu’au ciel. Je les voyais marcher, pleines d’assurance. Je les trouvais jolies, sensuelles, confiantes, féminines, sexy. Je voulais leur ressembler.

Je fantasmais sur des talons, qui certes me feraient gagner des centimètres superflus, mais m’ouvriraient les portes d’un autre monde, celui de l’élégance, du style.

J’essayais. Puis je revenais inlassablement à mes mocassins, mes ballerines, le summum du classicisme. Je ne pouvais occulter ce côté terre à terre très pratique. Je ressentais toutefois l’envie de m’envoler.

Personne ne me prenait au sérieux. Un plaisir devenait un écart. Tiens, superflu encore une fois. A quelques centimètres du sol, je gagnais en confiance. Je me sentais prête à conquérir le monde. Je devenais audacieuse.

Quand les lumières s’éteignent, imagine-moi, impatiente, t’attendre au coin de la rue. Admire le mouvement fluide de ma jupe qui suit celui de mon bassin. Regarde mon corps, à l’aise, qui oscille entre fièvre et chaos. Je ne suis plus cette petite chose, cette petite fille à qui l’on a toujours répété que les talons il fallait oublier, à qui on a dit dans un sens plus large, ce qu’il fallait faire et être, et qui a toujours obtempéré. Je ne suis plus une femme qui fantasme en se disant que ça lui est interdit. Je suis une femme qui choisit.

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Qu’est-ce qu’une sexualité « normale » ?

A la base j’étais partie sur un article plus personnel, mais j’avais trop de choses à dire et je ne savais pas trop comment les dire, alors j’ai remis à plus tard. Puis m’est revenue en mémoire une conversation avec ma voisine. On en a déjà discuté sur le blog, la sexualité ce n’est clairement pas le sujet dont on parle facilement avec tout le monde. Alors quand l’occasion se présente, autant en profiter!

Nous étions donc en train de discuter quand est venue dans la conversation la phrase à l’origine de ce billet « tant qu’on a une sexualité normale… ».

Il faut déjà savoir que tout ce qui commence par « norme » j’ai du mal. La norme ça enferme et tout ce qui enferme, ça ne me convient pas. Je déteste les cases, les catégories, les mots qui cloisonnent.

On sera tous d’accord pour dire que la sexualité est quelque chose d’ordinaire. Cela fait partie de nos vies à tous à différents niveaux. Et d’assez extraordinaire aussi. Dans la sexualité, se mêlent la vie, la mort, le corps, le cérébral, les sensations, le plaisir, le vide, soi, l’autre, la rencontre, les interdits, nos pulsions, nos fantasmes, nos limites, nos envies, le partage, la tentation et j’en passe. Nous abordons tous la sexualité avec une sensibilité qui nous est propre. Ce qui sera primordial pour l’un ne le sera pas pour l’autre. L’essentiel étant bien pour chacun d’avoir une vie sexuelle épanouie et épanouissante.

Si je devais définir une sexualité normale, je dirai que c’est une sexualité basée sur le respect. Respect de soi et respect de l’autre. Toute relation imposée sous la contrainte n’est pas une relation « normale ». C’est bien souvent un acte puni pénalement. Pour le reste, c’est un peu chacun ses goûts, non ?

Ce qui me gêne avec cette idée de « sexualité normale », c’est que dès qu’on a des envies un peu différentes de la moyenne, on se colle soi-même des étiquettes et on se sent hors-norme et potentiellement « pervers ». On culpabilise et la sexualité, loin d’être une joie, devient un malaise, que nous gérons comme nous pouvons et qui souvent nous pèse. Ce qui veut dire que soit on va vivre ce qu’on a à vivre en gardant en soit une « honte », soit on va se fermer et rentrer dans le « moule » en renonçant à une vie sexuelle positive.

Sans compter que ce qui sera « normal » pour une personne ne le sera pas forcément pour une autre. Tant que rien n’est imposé, tout me va. Personne ne nous oblige a adhéré à quelque chose qui ne nous tente pas, ne nous convient pas. La sexualité est une histoire personnelle d’abord et de couple ensuite. A chacun de trouver le tempo qui lui convient. Tout est possible et tout peut être expérimenté. Tant qu’à chaque instant un « oui » est un « oui » et un « non » entendu. Tant que chacun s’y sent bien. Tant que chacun peut dire les choses, que le dialogue reste ouvert.

La sexualité est riche. Je trouve qu’il serait dommage de se priver de toute la gamme d’expériences à notre disposition. Sans compter que la sexualité est un merveilleux outil de connaissance de soi !  Et qui enrichit considérablement notre rapport à l’autre!

*Il est clair que cette réflexion je ne l’aurai pas eu il y a un an. Elle est le fuit d’un cheminement personnel. La personne qui m’a accompagnée dans cette démarche se reconnaîtra!

Et vous, vous en pensez quoi ? J’ai hâte de lire votre avis sur la question ?

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Dans ses bras

Des bras qui étreignent mal, oppressants, qui retiennent des caresses jugées inadaptées à un comportement jugé incorrect.

De ces bras, j’en suis revenue.

Au creux des siens, la vie se décline en des teintes pour le moins différentes. Son étreinte est rassurante, elle soutient mon corps, apaise mon cœur. Elle s’imprègne des signaux que j’envoie pour juger de ce qu’il convient de faire, de ne pas faire, ce qui pourrait être tenté, ce qui prendra du temps.

Ses bras sont le rivage auprès duquel je me sens bien, libre, où je peux être moi-même, avec autant de failles que de forces, autant de peurs que d’envies de dépasser la peur, autant de pas que je n’ose pas, autant de paradoxes qu’il accueille avec cette sensibilité qui lui est propre.

Entre ses bras, je ne me pose pas de questions, je sais que je suis respectée, aimée, et les fantômes du passé s’évanouissent doucement dans la nuit.

Par moments j’ai besoin d’être tenue, maintenue dans cette étreinte puissante, j’ai besoin de ses bras autour de moi, comme un baume qui délierait tous mes secrets et me relierait à l’essence de ce que nous partageons, les sentiments et qui dans le tumulte de la vie de tous les jours ne se dit pas toujours. Même si on le sait. Même si on le sent. Même si un sourire dit tout.

Entre ses bras, je m’abandonne…