Posted in Carnets de route

Apprendre à Être

Dire ce qu’il faut dire. Être d’accord.

Sourire.

Ne pas faire de vagues.

Plaire.

Donner surtout. Parce que c’est bien. Ça fait bien.

Se taire aussi.

Ne pas demander non plus. Ce sont les faibles qui demandent.

Encaisser avant tout. Sans se plaindre c’est encore mieux.

Porter un masque. Souvent.

Faire comme si. Faire semblant.

Savoir écouter.

Et puis ne pas faire étalage de sa vie.

Rester à la surface des choses.

Ne pas exposer ses sentiments. 

Garde ses émotions sous cloche.

Être pudique surtout. Même envers et contre tout.

Je dois avouer que tout ça je l’ai fait. J’ai été cette personne lisse ou j’ai essayé de l’être pendant de nombreuses années. Je me suis recroquevillée sur moi-même et j’ai laissé la place aux autres.

La pudeur c’est un truc qui me dépasse aujourd’hui. En fait je trouve que c’est l’excuse par excellence qui nous sépare les uns des autres.

Ça sert à quoi de faire semblant ? Ça sert à quoi de jouer un rôle ? Ça sert à quoi de filtrer ? Ça sert à quoi de se soumettre à une norme, une idée, un style de pensées qui ne nous convient pas / plus ? Ça sert à quoi d’arrondir sans cesse les angles ? Ça sert à quoi de ne pas montrer, de ne pas dire ? Ça sert à quoi de se cacher?

J’ai l’impression que ça sert à s’excuser d’être vivant.

Je n’ai plus envie de me planquer derrière une montagne de non-dits, derrière un masque qui ne sert qu’à faire de moi une personne que je ne suis pas. Je n’ai plus envie d’être cette fille sur qui tout le monde peut déverser son trop plein. Accepter chacun tel qu’il est, tenter de ne pas juger ne fait pas de moi une poubelle géante pour que chacun puisse y jeter son mal être et sa mauvaise humeur.

Plus le temps passe et plus j’ai envie d’être fidèle à qui je suis. Tout au fond de moi. Retrouver mon essence dans le sens même de la vie qui vibre et m’enivre. Qui m’aime me suive!

Posted in Carnets de route

Je n’irai plus seule chez toi…

Crédit Pixabay

Chère grand-mère,

Je l’avais dit une fois. C’est fini, je ne viendrai plus seule chez toi. Et puis, la vie, la bonne conscience, ma gentillesse légendaire, savoir que maman pouvait compter sur moi, j’ai mis de côté mes bonnes résolutions et je suis revenue.

J’ai voulu croire que t’avoir vomi suffirait. Oui il y a quoi, à peine un an, c’est ce que j’ai fait, j’ai vomi 37 ans de relation biaisée avec toi. Je n’avais pas fière allure, place de la Concorde, à vomir tripes et boyaux près de la station de métro. Je suis restée deux jours au lit. Et j’ai compris à quoi j’avais servi. S’en est suivi un travail de deuil…

Alors bien sûr les jours heureux s’inscrivent au compteur. Il ne faut pas les oublier. Ils sont notre histoire aussi. Même si tout me semble un gros nœud de mensonges, auquel j’ai adhéré avec ma naïveté légendaire. Sinon ça n’aurait pas été drôle.

Pourquoi je ne veux plus venir seule ?

Parce que je n’en peux plus de ces trucs faits en douce, de ces choses « entre toi et moi », de ces secrets sans intérêt, ces mots qu’il faut dire ou pas, on ne sait jamais.

Je n’en peux plus de t’entendre parler de grand-père comme si il avait été un mari et un père formidable. Il avait des qualités c’est vrai, il était généreux, il n’aurait jamais laissé quelqu’un dans la merde. Il t’a quitté en assurant tous les frais, en mettant de côté pour toi, pour que, s’il partait en premier, tu ne manques de rien. Oui, il a été un grand-père attentif pour moi. Ça s’arrête là. Si toi tu veux garder sous silence le mal qu’il t’a fait, qu’il a fait à maman, fait-le, mais ne m’associe pas à cela.

Parce que les vacheries sur les autres je ne veux plus les entendre. Parce que je ne veux pas prendre parti, je ne veux pas que mes mots, qui seront répétés, soient déformés. Et qu’ils alimentent d’autres discussions sans fin, d’autres déchirures, d’autres plaies qui mettent un temps fou à cicatriser.

Le passé me sert de boussole. Diviser pour mieux régner. En te faisant sans cesse passer pour ce que tu n’es pas. C’est toujours difficile d’admettre qu’on a été manipulé, toujours problématique de se sortir d’une relation qui nous a nié. Je n’encaisserai plus ni les sous-entendus, ni les paroles blessantes à propos des autres, ni les jugements à l’emporte-pièce, ni cet élan d’amour qui n’est là que pour atteindre ceux qui me sont chers.

Aujourd’hui je fais un choix, celui de garder le meilleur et de me protéger du pire.

Posted in Carnets de route

Poser les mots d’Octobre

Je ne pouvais laisser Octobre se terminer sans poser les mots. Ce mois si significatif pour moi, à de nombreux égards, s’avère chaque année le passage chaotique d’une réalité à une autre. Il est riche de bouleversements, de remises en question. Il est riche d’évènements qui changent le cours des destins. Il commence avec la sensation qu’il y a des choses à lâcher. Cela se fait souvent dans un malaise, qui me laisse inquiète quant à les suites des festivités. Dans la crainte de ne pas faire les choix judicieux pour moi, cette année a marqué un tournant significatif dans mon approche de la vie et de ma place dans celle-ci.

Dehors les températures sont de saison, le vent envoie les feuilles valser, les arbres prennent de nouvelles couleurs. Et alors je respire l’automne, enfin installée. La nuit qui tombe tôt m’apaise. Je retrouve vite mes marques dans cette ambiance familière.

Ce mois d’octobre s’achève dans une béatitude qui me séduit. Il pourrait se résumer en deux mots “donner” et “recevoir”. Les jours glissent vers novembre que je me sens prête à accueillir, et ce malgré certaines dates “souvenir”. Octobre fut corporel, sensuel, envoutant, passionné. Octobre m’a rappelé l’importance de prendre du temps pour moi, de demander de l’aide. Octobre m’a donné de me reconnecter à mon corps, que je finis par négliger, à force de trop en faire. Octobre m’a ouvert les yeux sur mon travail, les limites que je traine depuis de nombreuses année, l’envie de les dépasser.

J’ai changé la décoration de mon appartement. Je me suis acheté un canapé, mon premier canapé, à moi, mon premier vrai matelas aussi depuis des années. J’ai reçu un bel arbre, qui a déjà eu tant de vies. J’ai réalisé que dans mes 40m2, il y avait un peu de tous ceux que j’aime et qui m’inspirent au quotidien – une connexion précieuse.

En octobre, j’ai souri (béatement souvent), ri, pleuré aussi, de joie et de trop plein, j’ai médité un peu, un peu plus, j’ai passé du temps de qualité avec mon fils, je me suis découverte dans des situations qui hier m’auraient semblé complètement insensées, j’ai intégré que la pudeur et moi nous n’étions pas amies, que je ne voulais plus faire semblant, me soumettre à un système de règles et de valeurs qui n’étaient plus les miennes, que la vie n’attendait que moi. Je me suis livrée, non sans appréhension, et j’ai retrouvé derrière des visages amis, la bienveillance. Je me suis reconnectée à l’amitié qui me lie à tant de belles personnes. J’ai aimé sans filtre et lâché certaines de mes peurs. J’ai fait l’amour avec intensité, connectée à la puissance de l’énergie qui me lie à celui que j’aime. J’ai reçu des mots qui ont fait tremblé chaque vertèbre de mon être. J’ai intégré que tout ce que je vivais j’y avais droit. Et plus encore…

Et chez vous Octobre ça parle de quoi?

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 26.10.2018

Ca y est l’automne est arrivé! Place aux États d’Esprit de The Posman et Zenopia. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [20h16]

Fatigue : juste ce qu’il faut pour passer une bonne nuit
Humeur : excellente
Estomac: jus canneberge, libanais, tisane
Esprit: heureux
Cond. phys. : réarrangement de mon salon, ça compte!
Boulot/projet : RAS
Culture: Help Me de Marianne Power
Penser à : prendre soin de moi
Avis perso : la liberté d’être soi n’a pas de prix
Message perso: (1) les photos c’est une bonne idée! (2) je te réponds très vite (3) agréable, sublime, délicieux, il va falloir enrichir mon vocabulaire…
Loulou:  est en vacances, fait du poney, du vélo, du coloriage
Amitiés : cartes envoyées, cartes en cours, cartes reçues…
Love : Phénoménal – ça se passe de commentaire!
Sorties : demain, dimanche
Essentiel: assumer
Courses: de quoi manger
Envie de: toujours autant de bonheur
Photo: je trouve ça sensuel un cou…

Zic:

Fin [20h34]

Très bon weekend à tous et bonnes vacances aussi!

Posted in Carnets de route

La tyrannie du ventre plat…

Y avez-vous échappé?

Elle est dans tous les magazines, dans la majorité des photos qui se partagent la première place (ou pas) sur la toile, dans la bouche des femmes qui décortiquent leurs formes au microscope, dans l’appréciation collective de ce qu’est un “joli” corps. Elle ne date pas d’hier et elle devient même parfois une obsession. Régimes, séances intensives de sport, culottes gainantes, opération chirurgicale. Certaines femmes sont prêtes à tout pour ce ventre là, sans rondeur, ce ventre adulé, porté aux nues, ce ventre qui leur permettra enfin de se regarder dans la glace et de se trouver “pas si mal” – comparées aux autres…

Tout ça pour ça.

Je ne vais pas vous dire que j’ai  échappé à cette malédiction. Ce qui est vrai pour moi, l’est pour d’autres, mon corps s’est transformé au fil des ans. La maternité y est pour quelque chose, mais pas que. Il y a 20 ans, j’avais 10 kilos de moins au compteur.  A côté de beaucoup de femmes, j’ai toujours apprécié mon corps, je n’ai jamais eu beaucoup de complexes.Mais le ventre ça coinçait. Les abdos, le sport, les pseudos “régimes” n’y ont rien changé. Pendant longtemps, j’ai fait l’impasse sur les maillots deux pièces. A chaque fois que je me regardais dans la glace, je ne voyais que ça, ce ventre qui prenait toute la place et que je n’arrivais pas à apprécier, malgré toutes mes tentatives de m’accepter telle que j’étais – c’est toujours plus facile de conseiller les autres. J’avais l’impression que tout le monde ne voyait que ça, que les gens qui posaient les yeux sur moi s’arrêtaient à ça. Ça me gênait, je me gênais. Sans compter que je viens d’une famille où les femmes cachent plus facilement qu’elle ne montrent, sous prétexte que les autres n’ont pas à devoir regarder un corps considéré “disgracieux” ou par peur du regard des autres sur ce corps jugé “inadapté.” Selon quels critères? A partir de quand, de quoi un corps doit se cacher / se montrer?

Pendant longtemps j’ai envié ces femmes au ventre plat. Puis ensuite j’ai envié ces femmes au ventre rond, qui assumaient. J’ai envié ces femmes qui se moquaient bien du regard des autres, qui étaient à l’aise avec leur corps, leur sensualité, des femmes libres qui au final portaient un regard bienveillant sur elles-mêmes et du même coup invitaient les autres à faire de même.

Elles sont un nombre infime à avoir un ventre plat et parfois même quand elles l’ont, elles voudraient bien qu’il soit différent. Comme quoi personne n’est jamais satisfait! Et puis la liste des complexes est longue…

Je pourrais écrire qu’un regard a changé la donne, mais ce serait faux. J’ai mis du temps à ne pas me sentir mal à l’aise nue. J’ai continué à regarder mon ventre avec cette petite moue dubitative – j’allais faire avec. Petit à petit j’ai accepté que cet autre regard aime mon corps dans sa globalité, sans s’attarder sur ce que moi je considérais comme un défaut. J’avais fini par ne plus faire attention, j’avais même réussi à m’offrir un maillot deux pièces pour l’été (un exploit!) Et puis une réflexion en cours de saison m’avait remis la tête à l’envers. Je me suis replongée dans l’étude attentive de cette île au milieu, qui semblait bien installée. Que d’heures de perdues à vouloir un corps autre! Des évènements récents m’ont montré un rapport au corps différent, dénué de jugement, ce qui en fait ressortir la beauté, la singularité. Doucement mon regard change, il devient plus doux, il regarde l’ensemble. Doucement mon corps prend ses aises et retrouve sa liberté d’être, en vérité, avec ses aspérités, ses forces, ses contours, ses lignes, ses reliefs.

Et vous, ce rapport au ventre plat, ça vous parle? Aimez-vous votre corps? Ou avez-vous des difficultés à l’assumer, à l’accepter? D’autres complexes?

 

Posted in Carnets de route

Tu n’es pas parfait, tu es toi!

Tu n’es pas parfait. D’ailleurs, si tu l’étais ce serait fade. Tu n’aurais pas ce grain de folie qui me fait chavirer.

Tu as tes forces et tes faiblesses, tes failles, tes peurs. Comme moi.

Tu connais des heures de bonheur intense et des chagrins dont il faut faire le deuil.

Tu n’es pas extraordinaire, comme ces super-héros qui fleurissent sur nos écrans. Tu es toi et c’est l’essentiel, sûrement le cadeau le plus précieux que tu puisses te faire. Me faire.

Tu as ton passé et chaque expérience qui a façonné la personne que tu es.

Tu as tes limites sans porter de jugement sur autrui.

Tu as des envies. Qui s’accordent aux miennes et la patience de me laisser les apprivoiser. Et quand elles ne s’accordent pas, tu le respectes.

Tu as des idées, le mérite d’essayer, d’oser tout en étant capable de te raviser si le résultat n’est pas celui escompté.

Tu es plein d’émotions et tu les laisses s’exprimer. C’est toujours touchant de te voir ému. Dans ton sourire, dans un regard, dans ces étreintes qui nous enveloppent. Je le prends comme une chance.

Tu ne t’arrêtes jamais ou rarement. Et pourtant dans ces instants que nous partageons tu apprends à prendre le temps.

Tu donnes sans compter. Mon plaisir est ta priorité, mon corps, un instrument avec lequel tu joues avec brio. Tu me regardes. Vraiment.

Tu fais parfois deux choses en même temps. Ce n’est pas aisé de te suivre!

Tu me lis des heures, mes mots, mes maux, mes doutes, mes peurs. Tu me rassures. Tu me comprends. Tu m’écoutes. Tu m’invites à me confier même quand c’est dur, même quand j’ai mal, même quand ça remue des choses à l’intérieur de moi, que je suis au bord des larmes.

Nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous sommes d’accord sur le principal. Le reste nous aide à grandir, évoluer, nous construire.

Tu as ma confiance. Et mon amour.

Et tout ce qu’il y a autour.

Posted in Variations Littéraires

Écrivez partout…

Crédit Pixabay

Écrivez partout

Sortez vos tripes sur la table.
Vomissez tout ce que vous retenez.
Foutez-vous en du glamour, du style, de la manière dont les mots sont agencés – vous y reviendrez plus tard.
Libérez votre âme.
Interrogez votre esprit.
Allez au-delà de la quête du bien et du mal, du bon et du mauvais.
Brisez les barrières qui vous tiennent prisonniers de contraintes, de cases, de façons de voir et de penser, d’agir et d’espérer, d’être et de ressentir.
Crachez votre colère, vos peurs, tous ces doutes qui vous rongent au quotidien, vous gâchent la vie.
Lâchez toutes les règles de pudeur, elles ne sont qu’une vision de l’esprit.
Jetez tout ce qui ne vous convient plus, tout ce qui vous oppresse, tout ce qui vous empêche de suivre votre chemin.

Écrivez partout

Avec vos mains, vos regards et vos corps.
A l’encre indélébile.
Capturez les instants qui vous font frémir, les danses qui vous exaltent, les chants qui vous envoutent, les passions qui vous obsèdent.

Écrivez partout

Libérez votre voix.
Livrez vos messages au monde.
Vivez avant tout !

Posted in Humeurs d'Auteur

Mon nouveau livre ou l’appel des sens – Y céderez-vous?

A un moment donné il faut se lancer, alors je me lance !

Je vous ai toujours parlé de mes livres, depuis le premier, dont vous avez suivi l’évolution au fil des mois.

Celui que je vous présente aujourd’hui est né un peu à l’improviste. C’est-à-dire qu’au départ il ne s’agissait que de poèmes écrits au fil de l’eau, sans but précis. Des poèmes selon l’inspiration de moments, fragments de l’existence. En les relisant un matin, force fut de constater qu’ils avaient de nombreux points communs. Alors je les ai regroupés. Quand ma mère m’a dit « ce recueil pourrait s’appeler renaître femme », cela a fait mouche. Je me suis lancée dans l’écriture d’un recueil.

Un recueil qui toucherait à l’essence même de ce qui m’avait tant fait défaut pendant de nombreuses années et qu’un regard avait saisi. Je renaissais. Mon corps reprenait vie. Ma vie reprenait des couleurs. Et des mains, des yeux, une peau, des envies me donnaient de quoi faire vibrer les cordes d’un arc délaissé depuis longtemps.

Un recueil assez intime au fond – comme beaucoup de mes écrits – qui pouvait résonner avec d’autres femmes, d’autres désirs tus, d’autres fantasmes cachés, d’autres envies égarées. Puisqu’il pouvait parler à d’autres, je n’allais pas m’en priver !

Les poèmes de ce recueil parlent d’amour, de communion, de chaos, de passion. Ils se déclinent en regards, courbes, caresses, tracés, voyages, dentelles. Ils ouvrent la porte à la sensualité, à l’érotisme. Ils subliment l’embrasement des corps. Ils sont parfois un peu fous. Ils sont le fruit d’un imaginaire fécond et d’une réalité qui ne cesse de m’éblouir. Ils disent ce qui ne se dit pas toujours. Et qui pourtant est source d’épanouissement et de liberté.

Cela fait des mois qu’il murit, des mois que je me pose des questions, des mois que je me demande “si oui” et “quand”, des mois que je retravaille mes textes. Une gestation longue durée et en même temps, octobre est le mois parfait pour vous le proposer, un mois de renaissance chaque année, un mois qui parle si bien de moi dans toutes mes forces et mes fragilités.

Si ces quelques lignes vous parlent et que vous avez envie d’ouvrir la porte, c’est par ici. Vous trouverez mon recueil sur le site The Book Edition. Vous pouvez aussi le commander par mail en utilisant la page contact et je me ferai un plaisir de vous envoyer un exemplaire dédicacé. Encore merci pour tout, votre soutien, votre enthousiasme et votre fidélité quotidienne!

Posted in Carnets de route

Mon travail – Mon Tabou (7 mois plus tard!)

En mars 2016, j’écrivais ça. 7 mois plus tard, rien n’a changé !

A l’heure où on entend parler  de « bore out » – c’est faible encore et pour cause, qui peut croire que vous ne glandez rien ou presque de 9h à 18h et que cela vous pèse, que le matin vous regardez votre boite mail dépité à l’idée d’avoir trois pauvres mails à traiter, que votre patron ne voit rien – vous êtes là pour le rassurer, ça lui suffit, que vous avez beau essayé de trouver un sujet auquel vous raccrocher, personne ne vous suit, il y a des urgences, votre projet n’en est pas une et quand il y a du travail, c’est tellement bordélique que ça vous fait presque regretter le temps où vous n’aviez rien à gérer.

A cette heure-là, je fais un bilan sur mon passé professionnel et regarde mon avenir sous un nouveau prisme.

Dans tous les postes que j’ai occupé, je me suis vite ennuyée. Six mois, un an, deux ans. Une fois que j’ai fait le tour du poste, je me retrouve souvent désœuvrée. Il faut dire que la mode (et encore c’est le poste dans lequel j’ai le plus appris) et la finance, à la base, ce ne sont pas mes domaines de prédilection. Mais bon, le poste en lui-même pourrait être intéressant. En janvier prochain, cela fera 5 ans que je suis dans mon poste actuel, dont 3 à me demander pourquoi je reste. J’ai des réponses : pour le salaire, pour le lieu, pour les collègues, pour mes parents, pour mon confort de vie…

Sauf que mis bout à bout toutes ces réponses ne me satisfont plus. Je passe 45h de mon temps au travail et je ne fais rien ni de motivant, ni de stimulant intellectuellement. Je passe le temps. Il y a dix ans j’avais eu la même réflexion et force est de constater qu’en dix ans rien n’a changé. Je suis toujours dans le même genre de boulot, le temps passe et je reste sur le bord de la route.

Quelles sont mes options ?

  • Attendre le départ en retraite d’une collègue prévu en Octobre 2019 dont le poste m’intéresserait un peu plus, dans une autre division du groupe, sans certitude que mon patron soutienne ma demande (on va même dire qu’il y a 80% de chances pour qu’il ne le fasse pas – j’évince tout de suite le potentiel impact des RH dans cette décision – ce sont les dernières personnes à qui je peux faire confiance)
  • Chercher ailleurs, avec encore une fois peu de chance de trouver dans un autre domaine que celui de la finance, avec le risque qu’au bout d’un ou de deux ans je m’ennuie à nouveau.
  • Amorcer un changement de cap. Dans quelle direction ? Le mystère reste entier…

Je crois que j’avais besoin de poser ces mots, après en avoir discuté avec une de mes amies hier. Jamais facile de dire qu’on s’ennuie au travail, jamais facile d’en discuter avec d’autres. Jamais facile de savoir où on est, où on va et comment. Tout en sachant, et c’est peut-être une autre excuse bidon, qu’à la fin du mois, il n’y a qu’un salaire pour assurer / assumer la vie de la maison.

Et vous des expériences similaires? Des reconversions passionnantes? Des envies de changement? Des conseils?

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les États d’Esprit du Vendredi 19.10.2018

Vendredi, le soleil, les vacances scolaires, la vie est belle. Allez place aux États d’Esprit de The Posman et Zenopia. On copie le formulaire, on le remplit, on glisse un petit mot doux sur leurs blogs respectifs avec le lien de notre article et c’est parti :

Début [14h18]

Fatigue : j’accuse le coup et compte bien profiter des vacances de loulou pour me REPOSER
Humeur : excellente
Estomac: japonais, tisane
Esprit: apaisé, serein
Cond. phys. : yoga
Boulot/projet : après un début de semaine sans envie, je me suis remis sur mes projets en cours – les journées passent plus vite et c’est plus agréable aussi que de végéter
Culture:  The Power is within you de Louise Hay / L’âme du Monde de Frédéric Lenoir
Penser à : suivre les conseils de Delphine sur l’huile de coco et prendre soin de moi
Avis perso : se poser des questions c’est bien, échanger c’est mieux, lâcher prise c’est la suite normale des choses
Avis perso (2): se rencontrer permet de dédramatiser certaines situations et voir que institutrice et parent sont sur la même longueur d’onde…
Message perso: (1) c’est vrai que leurs photos sont très jolies (2) merci d’avoir insisté pour en discuter (3) l’arbre est magnifique, une vraie merveille (4) je suis si heureuse pour toi (oui je radote et je le vis bien!)
Loulou:  est en vacances ce soir, a un anniversaire demain, part en vacances dimanche, a hâte de refaire du poney
Amitiés : cartes envoyées, cartes en cours, cartes reçues…
Love : épatant, merveilleux (il n’aime pas que je dise ça mais je le dis quand même!), patient, attentif à mes envies / besoins, audacieux
Sorties : demain pour l’anniversaire, dimanche entre filles, la semaine prochaine
Essentiel: accepter l’autre tel qu’il/elle est, se montrer tels que nous sommes
Courses: cadeau pour l’anniversaire de demain
Envie de: vous parler de mon dernier né – d’ailleurs je vous en parle ce soir ou j’attends lundi?
Photo: pour vous faire patienter…

Zic: Enya Echoes in Rain

Fin [14h37]
Bon et beau weekend à tous et bonnes vacances si vous faites partie des heureux chanceux!

Posted in Carnets de route

Dans mon jardin secret…

Crédit Pixabay

Je garde des mots, quelques instants que je grave sur des carnets, des feuilles blanches qui prennent la couleur que je veux bien leur donner. Je garde des souvenirs et des surprises. Je garde des émotions et les secrets des autres. Je garde des sourires et des coups de cœur. Je garde les idées qui fusent et se désagrègent presque aussi vite qu’elles sont nées. Je garde quelques blessures, des peurs inconséquentes. Je garde les premières lignes des histoires à écrire. Je garde des pardons, des titres de romans. Je garde les scénarios de mes cauchemars, les particularités de certains fantasmes. Je garde des envies à préciser. Et des bonheurs qui me réchauffent le cœur.

Je suis la seule à détenir la clé de cet espace personnel. Je l’ouvre au gré de mes envies, de mes affinités. Je lève certains voiles avec certaines personnes. Tout dépend du degré de confiance, de complicité, de ce que l’autre est prêt à écouter, accueillir. Partager ce qui nous touche est aussi un moyen de rentrer en contact avec l’autre et de grandir avec elle/lui. Encore une fois tout dépend de la personne en face, de son investissement dans la relation, de son ouverture d’esprit, de sa capacité d’écoute. Ce qui sera possible avec une personne ne le sera pas avec une autre. En amour comme en amitié, tout est question d’alchimie !

Posted in Carnets de route

Confidences (et sondage)

Crédit Pixabay

Tu es la première personne…

A qui je peux tout dire. Tout confier.

Avec qui je peux tout partager.

Avec laquelle je peux être tout ce que je suis.

Avec laquelle je peux être qui je suis.

Alors je te dis tout. Je te confie tout.

Je partage, j’écris, je me livre sans détour.

Tu accueilles tout avec une légèreté qui me séduit.

Rien ne semble alors à tout jamais écrit.

Tout peut changer.

Nous pouvons tout réaliser

Nous laisser transformer par la vie…

Et vous, qu’en est-il dans votre couple?

Posted in Carnets de route

Et si assumer c’était pas si facile!

Assume !

J’assume. C’est si facile à dire. Mais si, pour de vrai, j’assume. Tout ce que vous voudrez.

Jusqu’à ce que le corps dise l’inverse. Alors ?

La vérité c’est que je n’assume pas du tout. Je peux dire les mots, les répéter, histoire que ça rentre. Mais ça ne changera rien à la donne.

Retour à la case départ. La case  de toutes les idées toutes faites sur tout. La case des idées / pensées à lâcher. Pour piocher de nouvelles idées / pensées en accord avec ce que nous devenons.

Lâche prise !

Ça aussi c’est facile à dire. Moins à faire. Il y a un moment où les idées se télescopent, les anciennes, les nouvelles et ça pète dans tous les sens. On se retrouve dans un no man’s land terrifiant.

On a beau connaître la route à prendre, on se sent un peu comme un pingouin qui pose la première fois son pied sur la banquise. Ça glisse !

Et clairement c’est ça. On se casse la figure à chaque virage un peu serré, chaque descente un peu rude, chaque choix complètement à l’opposé de nos idées d’avant. Et on se demande si ça en vaut vraiment la peine, tout en sachant qu’on ne fera pas marche-arrière.

On culpabilise de ne pas y arriver. On culpabilise de ne pas assumer. On culpabilise parce que les autres, eux, ça n’a pas l’air de leur poser de problème. Et le corps continue à nous envoyer ses signaux. Et on continue à se dire qu’on va guérir et que cette fois-ci c’est bon, on a compris la leçon.

Jusqu’à la prochaine fois…

Dites-moi, comment fait-on pour assumer ses choix ?

Posted in Tout un poème

Au premier jour…

Copyright Marie Kléber

Je te donne le premier souffle
Et le dernier au revoir
Le premier mot d’amour
Et le dernier matin à contempler le monde
Je te donne la première fièvre
Et le dernier chaos
Le premier élan de vie
Et la dernière étreinte sous l’astre qui luit
Je te donne le premier espoir
Et le dernier sacrifice
La première peur que le cœur foudroie
Et la dernière danse des corps
Je te donne le premier sourire
Et le dernier regard perdu dans la foule
La première valse ratée
Et le dernier tango endiablé
Je te donne ma première plume
Et ma dernière partition composée

Aux prémices de l’aube
A l’endroit où mer et ciel
Embrassent l’horizon saturé d’espérance

Je te donne les dernières cicatrices incrustées
Et les premières notes d’un futur à tracer

Posted in Atelier écriture, Variations Littéraires

Jour de pluie

© Kyle Wagner

Il pleut, de cette pluie grise et fine. Il pleut, juste de quoi tenir les curieux à l’écart de ce morceau de bord de mer. Le café est plein à craquer, qu’importe, il y aura bien une place, au bar. Je pourrai m’installer, au sec, ôter mon pardessus trempé, reposer mes jambes fatiguées.

A l’intérieur, l’atmosphère est riche de rires, de bruits de verres entrechoqués, de conversations qui n’en finissent plus. On refait le monde au gré des vagues d’accords et de désaccords. Je me pose sur un tabouret en hauteur, à bonne distance des autres, près du percolateur à café. L’odeur qui arrive à mes narines est douce, chargée de souvenirs, ceux des grains moulus par mon grand-père pour son plaisir matinal, instant sacré que nous partagions en silence, les yeux braqués sur l’horizon désert.

Je sors mon carnet, mon fidèle compagnon. Mon regard se perd autour de moi. Je vois les lèvres bouger, les bras posés, les journaux ouverts, nouvelles questionnées d’un haussement de cils. Je vois le vieux monsieur, bien habillé, lunettes basses, concentré sur sa lecture. Mon appareil-photo aurai magnifiquement  saisi quelques-uns de ces visages, expressions, quelques bribes de vie, les restes de mousse donnant à la chope de bière posée sur la table une allure particulière. Mon crayon fera un travail différent. Je le laisse filer en attendant mon allongé aux saveurs d’antan.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’écriture 314 de Bric A Book.