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Ce que j’ai appris de l’amour…

J’ai toujours aimé passionnément, sans filtre, un peu trop parfois. J’ai toujours cherché l’amour de l’autre dans chacun de mes faits et gestes, un amour rassurant et je l’ai rarement trouvé. J’ai finalement souvent été dans des relations déséquilibrées, moi avec mon besoin omniprésent de reconnaissance et l’autre avec son incapacité à m’apporter ce dont j’avais besoin. Là où j’avais besoin de mots, j’ai dû faire face au silence et ne sont restés que les maux de relations avortées. Responsabilité partagée.

Le réaliser à ouvert une brèche. Est-ce que c’était ça l’amour, une incompréhension réciproque? Est-ce que c’était moi qui était trop, qui demandait quelque chose d’inaccessible? Est-ce qu’il existait autre chose, une compréhension, une acceptation ou bien mes amours étaient-ils tous voués à l’échec?

Alors que ma passion débordait, les questions des autres me heurtaient. Il leur fallait une justification à des relations sentimentales qui semblaient ne pas me convenir, qui m’empêchaient, me faisaient faire du sur-place, qui tôt ou tard prendraient fin – c’était presque écrit!

Les questions des autres, pas sournoises, juste curieuses, me déstabilisent encore. Je n’ai pas toujours les mots mais plus je sais ce que je ressens, plus je comprends mes peurs et mes envies, plus je sais y répondre. Pas toujours. Parce qu’il reste des points d’interrogation sur lesquels je ne suis pas encore prête à me poser, des réalités que je cherche à nuancer.

Après la passion des premiers mois, de la première année, j’ai toujours surnagé pour maintenir le cap. Si il n’y avait plus cette envie irrésistible d’être à deux, plus cette étincelle de désir, si il n’y avait plus cette sensation de flottement, plus cette envie de se plaire, plus cette sensation du temps qui se suspend, alors que restait-il? Bien souvent rien, parce que les sentiments, loin de ne pas peser lourd, ne faisaient pas le poids face à ce qui les faisaient trembler.

Ce poids je l’ai très fortement ressenti depuis le Covid, j’ai eu des pulsions d’abandon, j’ai remis en question mes choix, je me suis sentie fragile très souvent, malhabile avec mes sentiments, j’ai senti que quelque chose avait comme disparu. Mais ce n’était pas l’étincelle, c’était les démons d’avant, ceux des relations qui n’avaient pas tenues, c’était cette pensée que si l’autre ne comprenait pas entre les lignes, si ses choix ne m’incluaient pas à 100%, alors il fallait se retirer de la partie.

En 18 mois, j’ai oscillé fortement, les vagues m’ont rarement autant secouée. Dans ce flot ininterrompu de sensations désagréables, de tensions impalpables, de prises de conscience anesthésiantes, j’ai essayé de rester attentive à ce petit havre de paix que nous avions construit, intouchable, presque irréel, et pourtant là, dans des instants aussi éphémères qu’éternels.

Finalement, il n’y a aucune loi qui dit ce qu’est l’amour ou ce que l’amour n’est pas. Il faut peut-être juste être prêt à faire face à ce qui nous bouscule, un peu, beaucoup, sans toutefois perdre de vue de quoi nous sommes faits.

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Bribes d’été – Fin Juillet 2022

L’été se poursuit…

Credit @mariekleber37

Après la chaleur du Sud, la fraicheur de Dublin. Un weekend dans ce pays “cher à mon coeur” m’a offert une pause amicale salutaire. C’est toujours un peu comme retrouver ses racines. Ce qui me trouble à chaque fois, c’est que ce pays n’a rien perdu de son charme. Seuls les souvenirs heureux demeurent pour moi. Les mauvais n’ont pas entaché mon amour pour l’Irlande, ses habitants, sa culture, ils se sont perdus dans le néant tout simplement.

On dit souvent combien il est essentiel de profiter de l’instant présent. On peut dire que ce voyage m’a offert d’être pleinement dans chaque instant partagé avec mes amies. Le bonheur de se revoir, de partager quelques épisodes marquants de nos derniers mois, les projets qui nous tiennent chaud.

L’énergie époustouflante de l’une, les émotions toujours aussi vivantes de l’autre, la chaleur d’un foyer, des retrouvailles qui laissent de côté les heures plus douloureuses de la vie, des sourires et des embrassades à faire taire tous les chagrins, des maux sur les heures de silence. Et le plaisir toujours aussi intact, la joie furieuse de savoir, de voir que nos liens sont pour toujours forts et solides.

Credit @mariekleber37

Retrouvés la pluie, les collines au loin, les maisons de briques, les porridges du matin, une langue si familière, un accent si particulier, les bus à deux étages, les scones de chez Avoca, le thé Lyons, Bushy Park et Dawson Street, la musique dans les rues de la ville, le canal, les 4 saisons en une journée, le bord de mer, mes quartiers préférés, une atmosphère, les “bonjour” sans “ca va” fuyants, les cafés de quartier, la frénésie des sorties du weekend, les files de taxi sans fin, les chocolats chauds très chocolatés, les longues balades de bon matin, les maisons élégantes qui font rêver, les découvertes ou redécouvertes…

Credit @mariekleber37

Quand je suis partie pour l’Irlande il y a 16 ans, je ne pensais pas que ce pays deviendrait un autre “chez moi”, que j’y serai accueillie avec autant d’enthousiasme et de sincérité. Quand j’ai quitté l’Irlande il y a 10 ans, je savais que j’y laissais un peu de mon cœur…

Credit @mariekleber37

Plus que quelques jours de travail et je prends la direction du bord de mer pour deux semaines de vacances avec Loulou. J’espère que votre été se passe bien et que vous profitez de ce temps de pause pour vous ressourcer, de la manière qui vous convient!

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Les âmes de l’aurore

Le ciel

Et ses nuages en forme d’histoires
Destins charriés par les âmes
Dont les yeux côtoient les étoiles

A l’heure où le monde s’endort
Elles ne font qu’un avec la mélancolie
Cette passion douce dont tant se méfient

Elles errent entre deux émotions
Chapardent des sourires aux luminaires
Et se blottissent dans l’atmosphère

Habitat cocon pour ces
Âmes nimbées d’aurore
A fleur de corps

Au petit jour, on les voit se hâter
Sur l’asphalte des rues
A tout jamais perdues

Dans la foule des pas, pressés
Jungle d’habitude
Habitée de solitude

Elles se laissent aller à inventer
Un monde aux accents argentés…

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Bribes d’été – Juillet 2022

Les vacances ont débuté le 9 juillet avec un départ – direction le Gard. Loulou était fiévreux mais heureux de partir retrouver ses copains. Et moi de revoir mon amie, celle qui envers et contre tout a une foi inébranlable en moi! Et l’inverse est vrai aussi. Je connais sur le bout des doigts toutes les forces qu’elle ne voit pas. Niveau confiance en nous-mêmes, nous affleurons le zéro pointé. Heureusement, nous savons nous dire les choses et nous remotiver quand le temps est à l’orage!

Une semaine entre piscine, farniente, discussions spirituelles, lectures, plats sains, jeux et rires, parsemés de quelques batailles perdues d’avance avec des enfants à la pointe de leur art en matière d’opposition! Cinq jours, trop peu. L’année prochaine, nous remettons le couvert, en espérant que les enfants seront sortis de cette phase qui semble s’éterniser depuis qu’ils ont l’âge de parler!

Malgré trois jours de fièvre, des maux de tête, de gorge et une petite myosite pour couronner le tout (sinon c’est beaucoup moins drôle, surtout dans un tout petit village perdu au milieu de nulle part, sans médecin et sans pharmacie et avec une amie coincée du dos qui ne pouvait pas prendre le volant) – loulou a profité de son séjour et compte déjà les semaines avant le prochain rendez-vous!

Nous sommes ensuite partis terminer notre première semaine de vacances près de Toulon, où une chaleur écrasante a accueilli nos corps reposés. Quelques heures et nous barbotions dans une belle eau bleue, masque et tuba en main! Je retrouvais mon filleul, après quatre ans d’absence – que de changements! Et une amie aussi! Pour loulou c’était une première et je crois que ça sera la dernière aussi. Autant il adore bouger et faire plein d’activités, autant il est attaché à son petit rythme, ses grasses matinées et supporte mal les heures de voiture et la foule – un peu comme moi quoi!

Un beau feu d’artifice, une journée à l’île des Embiez, une glace sur le port et une plage au sable “or” plus tard, nous reprenions le train pour Marseille, puis Paris, avec son lot de péripéties (retard de train, bagage oublié, évacuation et service de déminage – c’est ce qui met du piquant!) et un quotient fatigue élevé. Mais les retrouvailles en valaient la peine, ayant pris le parti avant de partir, de laisser mes propres jugements à la maison et d’accueillir ce qui viendrait, même si ça ne collait pas à mes opinions. C’est bien ça aussi l’amitié, accueillir l’autre dans tout ce qu’il est!

Retour à Paris pour moi et vacances sur la côte ouest pour Loulou, avant nos retrouvailles dans deux petites semaines. A suivre…

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Moi et mes blessures

Quelles failles reste t-il à éclaircir? Quels maux méritent encore une aide?

Des thérapies j’en ai fait, à des moments où la vie ne me laissait plus le choix. J’ai appris, grandis, compris. Mais j’ai la sensation de revenir sans cesse à la case départ, celle des blessures qui s’attachent.

Je sais que tout dépend de moi, mais est-ce seulement une question de volonté? Est-ce que je n’essaie pas assez? Est-ce que mes travers sont plus profonds que toutes mes tentatives de guérison? Est-ce qu’une fois de plus je me cache à moi-même la vérité?

Les mots m’agressent comme les moqueries à sept ans dans la cour de récréation, comme les menaces à trente ans. Quelque chose vient appuyer sur une plaie qui ne cicatrise pas. Et que je traine en pensant l’avoir apaisée.

A cet instant de ma vie où je voudrai tourner la page du passé, où le moche me donne la nausée, quelque chose me retient, quelque chose me défend de fermer la porte. Je redeviens enfant face aux critiques, aux moqueries (même gentilles), au verbe haut, aux mots faciles qui me rendent fragile. Je me désagrège au lieu de m’affirmer. Je perds mes moyens quand ailleurs je tente de tout contrôler. Pour me rassurer.

Que reste t-il à dégager des combles? Les mots seront-ils suffisants? Combien faut-il encore de temps, de voix pour que la vie devienne plus douce?

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 01.07.2022

Credit @mariekleber37

Le début d’un nouveau mois et une nouvelle participation aux états d’esprit, avec une pensée chaleureuse toujours pour les deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Photo: fleurie c’est de saison!
Fatigue: des nuits de plus de 8h donc tout va bien
Humeur: légère
Estomac: taboulé, cake salé, pâtisseries et thé
Esprit: tourné vers l’essentiel

Cond. phys / Bien être. : yoga matinal et danse dans mon salon

Projets: il faudrait s’y remettre sérieusement! En attendant vous pouvez lire et voter pour mon poème en compétition sur Short Edition pour le Prix Eté 2022!

Culture: Boomerang à la télé, courses de caisses à savon avec Loulou, Escadrille 80 de Roald Dahl avec loulou et L’exilée de Pearl Buck
Penser à: préparer les vacances

Les jolis moments: du soleil, plusieurs déjeuners à deux, une soirée en solo, des jolies cartes, les fleurs du parc

Message perso: (1) Joyeux Anniversaire, une nouvelle fois! (2) Tu es dans mes pensées (3) Je surveille ma boite aux lettres! (4) Plus que 7 jours…

Avis perso: J’avais laissé cette catégorie de côté mais les nouvelles dramatiques en provenance des Etats-Unis m’obligent d’une certaine façon. J’ai évité les médias cette semaine, laissé la colère au loin. Ce recul catastrophique me sidère. Je suis en état de choc je crois. Et je tremble pour toutes les femmes dont les droits sont une fois de plus mis à mal.

Loulou: un peu rebelle en ce moment, fan de foot toujours, écoute du rap (qui ne me plait pas trop mais bon…), câlin tout de même, un peu perdu je crois dans sa peau de petit-grand!
Amitiés : mail, messages et samedi prochain en vrai de vrai
Love : c’est son anniversaire aujourd’hui! ❤❤

Sorties : cadeaux d’anniversaire, préparation des vacances
Essentiel: dire “je t’aime” (il y a plein de façons)
Courses: vacances et cadeaux
Envie de: douceur, la caresse du vent sur ma peau, du souffle de sa bouche sur ma bouche, d’interminables soirées à refaire le monde, de poésie encore et encore
Zic: Walk the moon (rien que le nom ça fait rêver! )

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 10.06.2022

Je reviens aux états d’esprit (from time to time), avec une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman).

Photo: des fleurs…
Fatigue: on en parle plus tard
Humeur: bonne tout de même
Estomac: salade, thé, chocolat
Esprit: mélangé

Cond. phys / Bien être. : yoga matinal, vélo

Projets: en pause depuis longtemps mais mon esprit a été occupé à d’autres choses

Culture: HPI et le Foot avec loulou – niveau lecture l’armée des ombres de Joseph Kessel
Penser à: préparer mardi

Les jolis moments: il y en a eu…un weekend entre amies, un bowling, des mots posés et déposés, le soleil, de nouveaux plaids pour la maison

Message perso: (1) je ne sais pas dire ( ou mal dire) quand ça ne va pas (2) ça fait du bien de se voir (3) contente que ce voyage ai été productif (4) ce format te va à ravir!

Loulou: fan de foot, change de club, pas fan de se laver, d’anniversaire dimanche
Amitiés : le weekend dernier et dans 4 semaines en vrai
Love : de retour de déplacement, à l’écoute toujours

Sorties : la visite du mois, marché, aller voter (et ça ira)
Essentiel: dire les choses ou les écrire
Courses: marché et cadeau fête des mères (en retard)
Envie de: temps…
Zic: de circonstance

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Ce en quoi je crois…

“Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants.” Marcel Pagnol

Qu’on le veuille ou non, ainsi va la vie. Mais faut-il la voir comme un combat, une suite effrayante de choix impossibles, une série d’épreuves redoutables? Je ne juge pas ce regard, je me pose juste des questions.

Je pense que nous pouvons choisir, que nous pouvons profiter des joies, les emmagasiner pour qu’elles puissent faire le poids face à ce qu’il nous faudra endurer, un jour ou l’autre. Parfois certains destins s’acharnent c’est vrai mais j’ai vu des femmes et des hommes surmonter le pire, alors… Tout est selon moi possible.

Je veux choisir de voir le beau dans la folie, l’étincelle dans la nuit, la générosité au milieu du chaos, la fraternité quand tout espoir semble perdu. Je ne veux pas de ce qu’on m’a vendu depuis que je suis en âge de comprendre, qu’il va falloir être forte, endurer, m’armer pour faire face. Je ne veux pas courir après un semblant de vie parce qu’on me dit que c’est comme ça et pas autrement.

Je reste parfois songeuse devant les partages des uns et des autres, devant la peine qui se dégage de leurs mots, devant la rage qui éclate et la peur qui se fraye un passage, devant leur façon de voir la vie comme un labyrinthe dans lequel on se perd indéfiniment.

J’ai mes heures de doute et d’envies que tout s’arrête, comme tout le monde. Puis je me rattrape aux branches de l’espérance, de l’aurore et ses reflets ambrés. Il y a toujours quelque part un élan de vie qu’il suffit de saisir pour revoir les rayons du soleil éclairer nos ténèbres.

C’est en ça que je crois. Et vous vous croyez en quoi?

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 04.03.2022

Crédit Photo @mariekleber37

Et oui déjà un mois sans états d’esprit! Février file toujours un peu vite. Me voilà avec vous ici aujourd’hui, une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman), et c’est parti!

Début [14:45]

Photo: Père Lachaise

Fatigue: plutôt reposée
Humeur: Guerre et Paix
Estomac: pâtes au pesto, thé menthe
Esprit: de plus en plus léger, heureux
Cond. phys / Bien être. : défi yoga 30J avec Adrienne (Merci Isa) et marche dans Paris

Projets: j’ai finalisé mes deux albums photos pour 2020 et 2021 – prochain projet l’album des 3 ans de loulou (oui je sais j’ai du retard mais je vais le rattraper)
Culture: La Grande Familia de Camille Kouchner, Le Consentement de Vanessa Springora, Frangines de Adèle Bréau – Maison de Retraite au ciné et Jusqu’à la Garde en DVD (saisissant)

Penser à: arrêter de me justifier pour tout ce que je fais, ce que je dis, ce que je pense!
Les jolis moments: du temps à deux, mes albums photos, écrire, faire du vide, le soleil, de nouveaux livres
Message perso: (1) Merci (2) Tu mérites la médaille d’or ma belle! (3) Vivement ce soir! (4) Bon cours!

Loulou: termine ses vacances, champion de poney, adore faire des exercices de maths, en a ras le bol du journal de 20H!

Amitiés : messages et en vrai, ce soir sur le quai de la gare!
Love : présent, attentif, disponible, aimant, riche d’idées en tous genres…

Sorties : entre copines!
Essentiel: Exprimer ce qu’on ressent, le bon et le moins bon
Courses: marché essentiellement
Envie de: douceur, poésie, câlins, fous-rires

Zic: Ben Mazué

Début [15:05]

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Choix – Libérateur

Credit Photo @mariekleber37

Le premier jour, la découverte. La bienveillance érigée en valeur absolue. Le monde entier peut bien s’écrouler, nous avons trouvé une “famille” ou presque, un endroit dit-on pour être pleinement soi. Ici, il sera question d’accueil et de tolérance.

Freud, Lacan, Jung, et bien d’autres. Des sujets fascinants, passionnants et pas assez de temps. Les groupes se forment et on trouve pas à pas nos marques dans un univers qui semble enfin nous convenir, qui fait sens, qui nous offre une place. Cette fameuse place qui nous fait tant défaut.

On apprend, on comprend. On grandit vite et on se prend de belles claques aussi. Certaines conversations nous emmènent un peu loin, on décroche et puis on s’accroche. Ce n’est que le début de l’aventure. C’est une coupure franche avec le monde du dehors, celui dont la carte du monde nous parait si souvent étrangère, voire inaccessible.

On construit, on déconstruit les grandes théories et on passe à la pratique. Et là on se sent d’un coup tout petit face à celles et ceux qui partagent des bribes de vie. On doit écouter c’est vrai alors on écoute. Et on doit tirer le fil aussi de ces confessions, emprunter un chemin. Au fil des expériences on va acquérir plus de confiance, mais les histoires seront souvent les mêmes, des histoires compliquées, des douleurs qui ressortent sans y avoir été invitées.

On se sentira un peu petit avec notre maigre bagage, nos outils fragiles pour faire face à cette souffrance qui oscille entre espérance et désespoir. On se demandera, quand même, souvent, un peu plus qu’avant si ce n’est un peu léger tout ça, si cette onde de bienveillance ça ne fait pas trop de dégâts, si notre diplôme on ne l’achète pas!

Et puis on se sentira en marge une fois de plus, dans cet espace où on pensait avoir trouvé quelque chose de différent, de plus cohérent. On essaiera un peu d’en parler mais on sentira vite que ça ne sert à rien – tout le monde est emballé.

On justifiera cela ainsi – une question de carrure, de pointure. Ou d’équilibre personnel. Pourtant du travail on en a fait, on en a démêlé des pelotes de laine. C’est difficile à accepter quand personne d’autre ne remet en question un enseignement, une façon de faire.

Je pense avec le recul que ça n’était juste pas fait pour moi, je ne me suis pas retrouvée dans cet endroit, dans cet enseignement. Les avis sont élogieux et les praticiens nombreux, un gage de sécurité et de sérieux – sûrement. Je suis repartie avec un regard sur le monde plus ouvert et flexible, avec quelques clés et une solide amitié. Je tourne aujourd’hui une page, il m’aura fallu un an pour faire ce choix – libérateur!

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Overdose – Bis

Crédit Photo @mariekleber37

En Septembre l’année dernière j’exprimais déjà mon ras le bol sur le sujet, ICI.

Et je dois dire que depuis j’oscille entre « ça me fait du bien » et « ça m’exaspère ». Oui je n’en peux plus de toutes ces questions – pas les simples type « qui suis-je, où vais-je ? » – mais bien celles qui me demandent si « je sais dire non » ou « quelles sont mes masques, mes scénarios de vie, mes croyances limitantes », celles qui me demandent sans cesse d’aller creuser, d’aller piocher dans mes expériences, confronter mes peurs, nourrir mon enfant intérieur, identifier mes blessures, libérer mes émotions, nommer mes besoins, changer mes pensées.

Je n’en peux plus des injonctions de ce monde, de la colère des uns, de la folie des autres, des mots acerbes lus, entendus. Ni d’un côté, ni de l’autre, je ne me retrouve que dans cette appréciation de la beauté, dans cette illumination naïve, dans ce courant loin de tout qui s’exclue sans le vouloir, juste pour s’épargner le malaise qui inexorablement pointe son nez.

L’overdose, une fois de plus, overdose de bons sentiments dilués sous couvert d’une spiritualité sacrée, bons sentiments qui ne sont que des mirages auxquels nous tentons de nous accrocher pour suivre la foule qui scande avec foi son adhésion à la vie.
Quelle vie ?
Nous n’en avons sûrement pas la même définition.

Je suis peut-être bien arrivée au bout de cette quête qui m’a promis monts et merveilles et qui me semble bien fade à l’heure actuelle. Je suis peut-être même revenue là où j’étais il y a longtemps, avant de vouloir comprendre pourquoi j’étais là, pourquoi j’étais moi en quelque sorte. Il faut parfois des chemins de traverses pour saisir son essentiel.
Je crois que le mien est loin de tout ce qui se fait aujourd’hui. Il est peut-être même à contre-courant mais qu’importe puisque je n’ai jamais vraiment été dans le courant. Ce besoin d’appartenance c’est quand on a 15 ans. A 41, il est temps pour moi d’accepter de ne pas adhérer.
Ça ne change pas la donne mais ça a certainement le pouvoir de modifier ma façon d’être au Monde…

Posted in Carnets de route

Ma plus grande peur

J’ai l’impression de le dire, le sentiment d’oser. Plus souvent, plus spontanément. Moi aussi j’ai mes peurs, sous le voile déposées, protégées. Des peurs sans grand fondement et puis d’autres.

J’aime les gens qui disent ne pas avoir de peurs, je souris. C’est tellement évident ce qui se cache derrière cette certitude. Mais je sais que faire face à ses peurs n’est pas chose aisée, qu’il faut côtoyer l’ombre au plus profond.

Oui je suis attirée par la mort, parce qu’elle fait partie intégrante de la vie, elle me fascine, elle est mystérieuse alors elle m’appelle à entrer en contact avec elle. La mort est le plus grand tremblement de l’être humain, même si nous tentons de nous rassurer en n’y prêtant pas trop attention.

Je sais que je vais perdre les gens que j’aime. Un jour. Un par un. Ma peur n’est pas liée à l’absence mais bien à cet aurevoir qui ne pourra pas toujours se faire, ce départ inattendu qui me cueillera une fois de plus au saut du lit, avec la sonnerie stridente d’un téléphone. Sans avoir pu dire un mot. Voilà ma peur, voilà ce que je tente de dompter pour ne pas l’imposer aux autres.

Alors j’essaie, de plus en plus, de dire ces mots, ceux qui brûlent les lèvres, ceux que l’on ose pas toujours ou pour lesquels on se dit que le moment n’est pas opportun. Combien sont-ils à confier “si seulement j’avais su.” J’ai manqué des départs, mes mots sont restés en suspens. Je me suis fait des promesses de ne pas laisser le temps s’échapper à nouveau.

Et vous, votre plus grand peur c’est quoi?

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Admiration

Au gré des jours de peine
Les âmes s’emmêlent
Sur la nuit, les chaînes
Dérivent dans des rêves sans ailes

Les vagues viennent et passent
Le temps à la peur
Sur la rive chassent
Leurs plus profondes terreurs

Un flot continu
D’images torturées
L’enfance abusée
Dont le rire s’est tu

Avancer sans fondations
Assez solides pour les porter
Oubliée la raison
Un seul mot : sécurité

Dans leurs yeux, pour toujours
Une lueur trahie
Un mensonge, un non-dit
Et leurs cœurs un peu lourds

Je les regarde se construire
Déplacer des montagnes
Refouler toutes leurs larmes
Accepter de détruire

Les traumatismes qui les hantent
Se relever sans relâche
L’espoir qui supplante
Les heures un peu lâches

Et sourire au milieu du chaos
Oter le voile pas à pas
Passer outre les dégâts
Et porter loin leurs idéaux

Posted in Carnets de route

Vague à l’âme

Il y a parfois, en moi, en chacun de nous, ces petits vagues à l’âme, cette mélancolie douce qu’on colle dans la case “tristesse”, comme pour se dire qu’on sait ce que c’est et que ce n’est pas nous. Surtout pas. Comme si il fallait être d’une façon, sans y déroger, toujours au contrôle alors que la vie prend des allures de course de vitesse et que nous ne sommes pas forcément prêts à tenir sur la distance.

Comme si il fallait pouvoir dire “moi je suis ça” alors même qu’on est plus, qu’on est tout et son contraire, qu’on ne sait pas toujours d’ailleurs qui l’on est à chaque instant. Se nommer sans cesse pour éviter le vide. Il faut dire qu’il n’est guère facile d’accès, qu’il laisse un petit goût amer en bouche, qu’on ne sait trop comment apprécier.

La tristesse n’est pas ce fléau, cette faille qu’il faudrait pouvoir colmater à tout prix. Elle peut être ce qui nous relie aux autres. Elle peut aller avec la joie. Elle peut être amie des jours heureux. Aussi. Mais on la traite comme si, comme si elle s’échappait du monde, comme si il ne fallait pas, surtout pas, la laisser entrer.

Alors on la classe et on dit des autres qu’ils ne sont pas, qu’ils n’appartiennent pas, qu’ils ne doivent pas, qu’ils devraient faire, être. Enfin qu’ils ne sont pas de ceux qui eux embrassent le monde. Alors même que les gens mélancoliques sont peut-être ceux qui sont pleinement à la vie, dans tout ce qu’elle a de beau et de chaotique.

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Vendredi 28.01.2022

Vendredi, voilà arrivée l’heure des états d’esprit! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et fédérateur (Zenopia et The Postman), qui permet à certains de continuer à écrire un peu.

La fatigue est belle et bien là, nuits agitées. Je baille toutes les 5 minutes. Vivement le weekend!
Mon humeur est plutôt bonne, j’ai été davantage dans l’action que dans l’attente cette semaine, mais clairement ça m’a demandé de l’énergie et je sens qu’en sourdine, ça bosse dur!
Mon estomac ne supporte plus les pâtes!
Dans mon esprit, certaines choses se clarifient. Aujourd’hui il est un peu embrumé par la fatigue mais plutôt positif.

Niveau condition physique et bien-être, une séance de yoga, une séance de danse (bonheur renouvelé) et de la lecture, de la peinture…

Mes cartes de vœux sont terminées et envoyées. J’ai pris un grand plaisir à les réaliser. J’ai reçu de chouettes retours! Nouveau projet: découverte de l’astrologie et du tarot.
Parlons bien, parlons culture, niveau films: rien de rien et niveau lectures: j’ai dévoré “Par la forêt” de Laura Alcoba, je me suis remise dans “Femmes qui courent avec les loups” de Clarissa Pinkola Estes et je débute “les Yeux baissés” de Tahar Ben Jelloun.

Penser à prendre soin de soi.

Un avis tout de même: ayons le courage de nos convictions§ J’ai de plus en plus de mal avec les personnes qui critiquent, crachent sur le système mais qui en profitent en même temps!

Monsieur Loulou prend plaisir à faire des progrès en lecture et en écriture, a de nouvelles chaussures, attend le weekend avec impatience, réfléchit à des cadeaux pour son anniversaire, m’a dit “maman il y a beaucoup de gens qui ont du talent et personne ne le sait, ne le reconnait!”

Les amies, en vrai ce weekend et par message le reste du temps. Love, peu de temps cette semaine mais du temps de qualité.

Niveau sorties, ce weekend!
Pour l’essentiel, s’écouter et se faire confiance
Les courses attendront le début de semaine.
Quant à mon envie, là, maintenant, c’est de trouver une ligne directrice pour mes mots et mes écrits. Je suis une fois de plus dans le flou!

Photo: Balade de quartier

Zic: Dancing in the dark