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Une histoire qui finit bien

Mes premières pensées ont été pour la fillette. Puis ses parents. J’ai regardé chaque mot sur la bannière rouge qui s’est affichée sur l’écran de télévision. J’ai mémorisé la couleur de sa jupe, de son haut. J’ai mémorisé son nom, avant même de savoir de quel département il s’agissait.

Alerte Enlèvement.

Le danger. L’angoisse. Même loin, même sans connaître cette petite fille, l’angoisse m’a gagnée. Comme si à travers elle, c’était tous les enfants qui étaient concernés. Le mien aussi.

Alerte Enlèvement.

On y pense forcément. Sans le vouloir, on a tous des images violentes qui viennent percuter nos rêves. Sans y penser, on y pense quand même. Un enfant, c’est encore plus insoutenable que tout le reste.

Alerte Enlèvement.

Et puis la douleur. Le cœur qu’on sent trembler. La colère après les larmes. L’envie de tout bousculer, de tout précipiter. J’imagine. La culpabilité qui nous oppresse. Et chaque image qui nous étouffe.

Alerte Enlèvement.

L’attente. Longue. Epuisante. L’attente que rien ne rassure. Pas même ce flash spécial sur toutes les télés de France. L’attente qui glace et menace. Chaque minute est une minute de trop.

Alerte Enlèvement.

Ce matin en allumant l’ordinateur, j’ai senti une vague de soulagement m’envahir, la fillette avait été retrouvée. On l’avait ramenée saine et sauve à ses parents. J’imagine très bien leur joie.

Cette histoire finie bien. Pour une fois.

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Source Photo (wide-eyes-blind-love)

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The 2nd Best Exotic Marigold Hotel – Coup de coeur Indien

Je ne pouvais pas ne pas le voir. Le premier film m’avait attirée, enveloppée, subjuguée. L’humour anglais et la passion indienne. Le cocktail était parfaitement dosé.

On dit souvent que les deuxièmes sont moins bien réussis. J’ai trouvé ce film un peu moins abouti en effet que le premier. Je n’ai peut-être pas eu le même coup de cœur mais j’ai tout de même passé un très bon moment. J’ai eu plaisir à retrouver chaque personnage, comme s’il s’agissait de vieux amis, perdus de vue. J’ai eu plaisir à retrouver la verve anglaise, l’accent qui me fait vibrer. Et puis retrouver l’Inde, ses couleurs, sa musique, son bruit, son authenticité, sa générosité, son chaos.

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Ce que j’avais particulièrement aimé dans le premier film, c’est la voix qui surplombe le tout, le point de vue d’un des personnages sur cette aventure hors du commun, sur la vie, sur les choix que nous sommes amenés à faire, toujours. Dans ce deuxième volet, on retrouve la voix off, délicate et pleine de sagesse.

Le tout est servi par un jeu d’acteur hors du commun. L’intrigue a beau être parfois un peu légère, elle n’en reste pas moins pimentée. Et si tout va si vite, c’est peut-être aussi parce que c’est le rythme de l’Inde qui nous envahit petit à petit.

Ce que je retiens surtout c’est qu’un jour il faut dépasser ses peurs pour aller vers l’autre, qu’à défaut de savoir si il faut prendre à droite ou à gauche, il faut savoir écouter son cœur, qu’il ne sert à rien de se forger une carapace, de paraître froid à l’extérieur, quand tout est beau à l’intérieur. Des leçons intemporelles, mais sur lesquelles nous avons besoin de méditer de temps en temps. Et à la sauce Bollywood, ça a encore plus de saveur !

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Une histoire de confiance en soi

On en revient toujours à la confiance en soi.

L’affirmation de ses idées, points de vue passe par la confiance.

Se sentir en accord avec ses valeurs passe par la confiance.

Echanger, discuter avec des étrangers, c’est possible grâce à la confiance.

Prendre confiance en moi, c’est un chantier débuté il y a pas mal de temps. Doucement j’avance mais ce n’est pas facile. D’où me vient ce manque de confiance ?

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Ma mère, avec laquelle je ne suis pas toujours d’accord, travaille beaucoup sur elle. Elle se pose des questions, trop parfois, mais elle est récemment arrivée à une conclusion très juste.

Elle m’a dit : « j’ai eu les enfants dont j’avais rêvée »

Qui ne se projette pas dans l’avenir en se disant que son enfant sera comme ci ou comme ça. On essaye de ne pas trop imaginer l’enfant à naître ou celui qu’il deviendra. Mais il y a toujours une part de nous qui rêve que l’enfant fasse mieux que nous, comprenne les leçons de la vie plus vite et surtout réussisse là où nous avons échoués.

Ma mère, après une enfance catastrophique, sans amour, le cœur en vrac, n’a eu de cesse que de nous en donner en cascade. Elle nous a rêvées et nous avons été à la hauteur de son rêve. Des enfants parfaits. Ma sœur un peu moins que moi. Elle s’est vite rebellée. Elle a eu raison. Moi, je me suis fondue dans le moule. J’étais sage, je mangeais bien, je dormais bien, je ne pleurais pas beaucoup, je ne faisais pas de caprice. J’étais une enfant tranquille, trop dirait-on aujourd’hui.

Le problème c’est que l’enfant rêvé est une pure illusion. L’enfant existe mais pas en tant que lui-même. Au fil du temps il devient un autre, il change sa personnalité, il la perd aussi. Il devient une photo de magazine. Et puis un jour, l’enfant devenu grand en a marre de jouer le jeu et il détruit le rêve. Tout le monde tombe de haut. Tout le monde se fait mal. C’est la crise. Le chagrin dévaste tout sur son passage. L’enfant reprend ses droits. Quand j’ai repris contact avec ma vie, l’image de ma perfection s’est fissurée profondément et le peu de confiance que j’avais gagnée, à la force du poignet, au fil des années, s’est fait la malle. Aux yeux de mes parents, j’avais tout gâché. J’avais bousillé leur rêve.

Je n’ai jamais eu confiance en moi. Mes parents ont fait ce qu’ils pouvaient avec ce qu’ils avaient. J’ai d’ailleurs mis du temps à comprendre qu’eux non plus n’avaient aucune confiance en eux. Comment auraient-ils pu nous transmettre quoi que ce soit dans ces circonstances ?

C’est bien pour ça que je me donne à fond dans cette quête. Si je ne transmets qu’une chose à mon enfant, je veux que ce soit ça, la confiance en soi. C’est si précieux et essentiel.

Et vous la confiance, ça vous dit quoi?

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C’est aussi simple que..

Le chant des oiseaux le matin au réveil. La douce musique qui emplit mes oreilles, alors que je suis assise, les yeux fermés sur le canapé, méditant 10 minutes avant de commencer une nouvelle journée.

Son petit corps tout calme, ses yeux encore fermés et sa bouche qui fait des bulles, ses mains délicatement posées autour de son lapin.

La première goutte de thé, soigneusement choisi, l’odeur du pain frais et une touche de confiture maison.

Son petit corps tout chaud qui se blottit contre le mien. Le premier câlin de la journée sera pour moi, son visage à l’intérieur de mon cou. J’en profite avant que mon petit ange se transforme en petit démon.

Un déjeuner entre sœurs. Remonter le temps ou papoter du présent. Etre ensemble. Etre bien.

Ses bisous qui arrivent quand on ne s’y attend pas.

Un sourire. Un sourire vrai et naturel, qu’elle porte en bandoulière. Et sa main qui vient maintenant se glisser dans la mienne sans un mot. Juliette me cherche et peuple ma journée d’étincelles de douceur.

Son rire coquin, qui vient chasser tous mes coups de gueule. Son rire qui me rappelle qu’il est là et que c’est le plus important, malgré ses caprices que je n’arrive pas toujours à gérer patiemment.

Le soleil qui brille. Un déjeuner sur la pelouse avec un bon bouquin. Ou des nouvelles d’une amie, quelques mots échangés, le visage face à la lumière qui réchauffe.

L’histoire du soir, au calme, enfin. Sans cris. Sans larmes. Un moment rien que pour nous.

Du temps pour soi, pour recharger les batteries. Pour souffler. Pour reprendre contact avec l’essentiel. Pour écrire, partager, échanger.

C’est aussi simple que ça.

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Credit photo – Comtesse-du-chocolat.tumblr.com

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Instantanés Singuliers #4

Je reviens tardivement mais nous sommes toujours le 20, donc tout va bien, pour vous proposer le prochain thème des Instantanés Singuliers.

Attention, Attention

Roulement de tambour

Ce mois-ci on s’intéresse aux

CHATS

Mais comme toujours, je ne vais pas m’arrêter là. Le thème entier est :

« Chats Insolites »

Pour tout vous dire, pendant longtemps j’ai eu une peur bleue des chats. Je ne pouvais pas les approcher. J’en avais tellement peur que si un gambadait devant mon escalier au moment de rentrer ou sortir de chez moi, c’était panique générale. Avec le temps, j’ai appris à maîtriser ma peur. Je ne dirais pas que je suis très à l’aise avec les chats aujourd’hui, mais je peux être dans la même pièce qu’un chat plusieurs heures, sans ressentir d’angoisse, même en caresser certains et les photographier!

Donc ce mois-ci je vous propose de photographier vos /les chats dans des poses ou endroits/lieux insolites (ne cherchez rien de trop compliqué non plus, le but étant de se faire plaisir!), et si vous en avez peur comme moi, je vous propose de les photographier tout court.

A vos appareils!

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Instantanés Singuliers #3 – Les murs de votre ville

Que vous a inspiré ce thème?

Beaucoup de jolies choses.

Vous avez laissé libre court à votre imagination et je vous en remercie.

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Ce qui m’a le plus plu, c’est la manière dont chacun d’entre vous a approché le sujet de ce mois. Des murs anciens aux murs couverts de street art, des murs sombres aux murs colorés, murs derrière lesquels se cachent des pépites ou murs dédiés à un sport. Tous ces murs qui parlent de votre ville, qui racontent son histoire, qui nous laisse la deviner ou la créer.

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Désintoxication Bloguesque

La question qui revient souvent en boucle dans ma tête – Est-ce que je passe trop de temps sur Internet ?

Je ne suis pas une adepte des réseaux sociaux, ce qui me permet déjà de gagner du temps sans me perdre dans des fils d’actualité sans fin.

Mais je dois avouer que je passe beaucoup de temps sur mon blog et sur les blogs des autres. Beaucoup trop ?

Regardons voir. Je blogue presque tous les jours, avec une pause le weekend. Cette pause me fait un bien fou. Si j’écris, j’écris pour moi. Si je lis, je lis un livre, un magazine. Et le reste du temps, j’essaye d’être pleinement présente pour ma famille, mon escargot ou mes amies.

Est-il si facile de vivre déconnectée ? Pas toujours. Et les téléphones modernes ne nous y aident pas davantage. Il est facile en quelques clics d’avoir accès aux dernières actualités de nos blogs favoris. On regarde en passant, juste pour voir si un article sort du lot. On en lit un, puis deux, sur l’écran riquiqui. Et 10, 15, 30 minutes passent aussi vite que l’éclair.

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Disons que l’hiver est propice à rester chez soi et pianoter sur un clavier. On ne voit pas le temps passer en lisant des billets, découvrant de nouveaux blogs ou en modifiant le design du sien (le mien a d’ailleurs pris ses quartiers d’été).

Entre temps le soleil est arrivé et l’envie est bien là de profiter pleinement de ses rayons. Certains n’hésitent pas à prendre leur ordinateur à l’extérieur. Je ne suis pas de ceux-là.

Après près de 6 jours d’absence, je reviens avec quelques certitudes, il est temps de lever le pied et de profiter de tout le reste, reste qui passe souvent, trop souvent, après le blogging.

Mes objectifs pour les 21 jours à venir (il parait qu’il faut 21 jours pour qu’une pratique se mette en place) sont donc les suivants :

  • Ne plus regarder internet sur mon portable
  • Limiter mes billets à 2/3 par semaine
  • Déconnexion complète 1 jour par weekend

J’y vais doucement car je sais que de trop hauts objectifs risquent fort de me laminer sur place, ce qui n’est pas le but, le but étant d’avoir une relation plus saine avec mon blog, avec vos blogs et avec le web en général. Rendez-vous dans 21 jours !

Source Image – A Rosie Outlook Blog

“La femme est l’amour. Et l’amour est la plus belle tuile qui puisse tomber sur quelqu’un.

Avant l’amour, il n’y a pas grand-chose.

Après l’amour, il ne reste plus rien.”

Yasmina Khadra – L’Olympe des Infortunes

La femme et l’amour

Posted in Tout un poème

Et la sagesse du monde danse pour toi

Elle m’avait dit qu’elle savait marcher sur la Lune

Qu’elle connaissait le nom des étoiles

Qu’elle glissait de l’une à l’autre

Qu’elle faisait du trampoline sur la terre

Elle m’avait dit qu’elle savait sonder les cœurs

Qu’elle pouvait lire dans les yeux des gens

Qu’elle savait disséquer les émotions

Qu’elle connaissait les rires qui cachaient les larmes

Et les larmes qui étreignaient nos rires

Elle m’avait dit qu’il suffisait d’écouter les battements

Qu’il suffisait de coller son oreille

Qu’il suffisait de se concentrer

Que tout était là, prêt à être cueilli

Elle m’avait dit des choses sur la vie

Je ne me souviens plus très bien

Elle m’avait dit la paix et la douceur de vivre

Elle m’avait dit la vie et la douceur de la paix

Elle m’avait dit des choses sur l’oubli

Je me souviens

Elle m’avait dit des choses sur la terre

Qu’il fallait la chérir

Et puis des choses sur le ciel

Qu’il fallait regarder

Et puis des choses sur l’amour

Qu’il ne fallait pas chercher

Qu’il ne fallait pas laisser passer

Elle m’avait dit des choses sur nos choix

Un goût de risque

Et garder la foi

Et puis elle m’avait murmuré des secrets

Rien qu’à moi

Elle m’avait dit

« Ne les répète pas. Ton cœur un jour parlera pour toi. »

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Source Image – Philchester.com

Posted in Carnets de route

Le roman inachevé

Il y a quelques semaines, j’ai pris la grande et sage décision de m’inscrire à la bibliothèque, près du bureau. C’est gratuit (et ça peut rapporter gros). Acheter des livres c’est un réel bonheur mais soyons honnête ça fait aussi un gros trou dans le budget, et ça prend de la place.

L’avantage de la bibliothèque c’est que vous lisez sans frais, et que si le livre ne vous plaît pas, vous pouvez le rapporter, sans vous dire que vous avez fichu 20€ par la fenêtre. Vous avez aussi moins de scrupules à ne pas aller au bout.

Je n’irai pas plus loin que la page 164. Même pas la moitié du livre. J’ai décroché. Il en reste 400 qui resteront des inconnues pour moi. Le livre du scandale. Salman Rushdie et ses versets sataniques. J’en avais tellement entendu parler que je voulais me faire ma propre opinion. Je l’ai donc emprunté, bien décidée à percer son mystère, malgré une quatrième de couverture peu engageante.

« A l’aube d’un matin d’hiver, un jumbo jet explose au-dessus de la Manche. Au milieu de membres humains éparpillés et d’objets non identifiés, deux silhouettes improbables tombent du ciel : Gibreel Farishta, le légendaire acteur indien, et Saladin Chamcha, l’homme des Mille Voix, self-made man et anglophile devant l’éternel. Agrippés l’un à l’autre, chantant à qui mieux-mieux, ils atterrissent sains et saufs, ô miracle, sur une plage anglaise enneigée… Gibreel et Saladin ont été choisis (par qui ?) pour être les protagonistes de la lutte éternelle entre le Bien et le Mal. Mais qui est qui ? Les démons peuvent-ils être angéliques ? Les anges sont-ils des diables déguisés ? Tandis que les deux hommes rebondissent du passé au présent et du rêve en aventure, nous sommes spectateurs d’un extraordinaire cycle de contes d’amour et de passion, de trahison et de foi, avec, au centre de tout cela, l’histoire de Mahmoud, prophète de Jahilia, la cité de sable – Mahmoud, frappé par une révélation où les versets sataniques se mêlent au divin. Avec ce grand livre-tourbillon, où le passé et le futur se livrent une chasse sans merci, Salman Rushdie nous embarque dans une épopée truculente, un voyage de larmes et de rires au pays du Bien et du Mal, si inséparablement liés dans le cœur des hommes. »

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J’y suis allée sans arrière-pensée, sans idée reçue. Je ne savais pas dans quoi je mettais les pieds. Les premières pages m’ont un peu chamboulée, avouons-le. Je faisais mes premiers pas dans un monde inconnu, un style complètement nouveau. Je me suis laissée porter par le premier chapitre puis le second. J’ai commencé à décrocher au troisième et j’ai rendu les armes.

Je n’y arrive pas. Je n’y comprends rien. Je lis les mots mais mis bout à bout ils n’ont aucun sens, pour moi. Et puis c’est noir, très noir, trop noir pour mon âme certainement.

J’ai fini par faire le chemin inverse, par lire les critiques, histoire de voir si j’étais la seule à être totalement perdue. On dirait que pour certains, les mots ont un sens. Tant mieux. Je me contenterai donc des avis de chacun sur ce livre qui aura fait couler beaucoup d’encre et qui aura aussi fait basculer la vie de Salman Rushdie.

A vous la parole :

  • Avez-vous lu les Versets Sataniques ? Si oui, est-ce que ça vaut le coup de se dépasser et d’aller au bout ? Qu’en avez-vous pensé ?
  • Avez-vous lu d’autres livres de Salman Rushdie ? Un à me conseiller ?
Posted in Emprise et Renaissance

Ex – Echo

Si il y a une chose qui me met hors de moi c’est quand ma grand-mère me demande « tu as vu ton mari aujourd’hui ? ».

Ciel, mon mari ! Mais c’est qui celui-là déjà ?

Horreur.

Et condamnation.

Attends mémé, ça fait 28 mois qu’on est séparés. 28 mois ça compte, c’est pas rien. Le divorce c’est pas pour le style, c’est vraiment parce qu’on ne veut plus rien à voir à faire ensemble.

Elle me répète qu’elle est vielle, que ce n’est pas de sa faute. Mais oui, bien sûr !

Elle pourrait dire Roger ou Momo (pour les intimes). Attention, je n’ai rien contre les Maurice ou les Mohammed. Je préfère le dire car Abdou n’avait pas apprécié la dernière fois !

Elle pourrait dire le papa de l’escargot.

Ou encore Ex-mari. Le Ex l’emporte largement sur le mari, non ?

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Non elle persiste et signe. C’est encore ton mari, vous êtes encore mariés… Oui, enfin c’est plus qu’une question de mois. Dans quelques mois, je retrouverai mon nom de jeune fille et je ne serai surtout plus la femme de ce pauvre type (appelons un chat un chat, j’y tiens !)

Elle n’est pas la seule à me le faire. Le type en charge de l’organisation du droit de visite me fait le coup à chaque fois. « C’est encore votre mari ». Comme si je pouvais l’oublier. « Et avec ce que vous lui avez fait ». C’est vrai j’ai oublié que c’était moi la salope de l’histoire. Mea Culpa, continuez à dire « votre mari », c’est ma punition. Non mais je rêve là !

D’ailleurs ma grand-mère, histoire de ne pas me faire oublier qu’un jour j’ai dit oui, a mis plus d’un an à retirer les photos de notre mariage de ses cadres photos. Et chez ma grand-mère, il n’y a pas un ou deux cadres photos. Il y en a au moins 25. Tu vois l’histoire. A chaque fois que je passais la voir, je me prenais une décharge de 10 000 volts. Roger partout. Elle n’en avait pas de nouvelles. C’était son excuse. Bidon l’excuse. Elle n’avait qu’à ressortir nos photos d’enfance, même les pires j’aurai passé l’éponge. Mais Roger c’en était trop.

Bien sûr on a des photos de Roger à la maison, Roger avec l’escargot. C’est son papa quand même. Comme si je pouvais l’oublier mémé ! Mais des photos à hauteur d’escargot. C’est beaucoup plus tenable. J’avoue que quand je le vois avec son sourire mielleux, j’ai envie de lui filer des claques. Moins je le vois, mieux je me porte, en quelque sorte.

A sa décharge ma grand-mère a un gros problème avec le mot « séparation ». Après 35 de mauvais mais loyaux services, mon grand-père a pris la poudre d’escampette, la laissant avec ses souvenirs douloureux, pour enfin vivre sa vie. Elle dit toujours « mon mari », elle a sa photo sur son tableau des disparus (oui ma grand-mère a un autel chez elle pour ses morts. C’est du lourd ! D’ailleurs elle passe plus de temps à s’occuper d’eux que des vivants… enfin), elle a joué la veuve éplorée à son enterrement, alors même qu’ils ne se parlaient plus depuis 15 ans et qu’il avait refait sa vie. Elle a même acheté Mickey, qui trône fièrement dans son salon, car il est né la même année que son défunt mari. Vous voyez le phénomène !

Ex ça ne veut rien dire pour elle. Ex c’est de la guimauve.

Par contre moi, Ex ça me convient bien. Ca veut dire ce que ça veut dire. Et ça veut surtout dire que les dés sont lancés, que la séparation est officielle et bienvenue aussi, que lui et moi, nous n’avons plus rien en commun, si ce n’est un escargot qui porte son nom (à défaut d’avoir un prénom à la hauteur de son orgueil de merde) !

Voilà, j’ai enfin réussi à pondre un article qui vous fera plus rire que pleurer (enfin j’espère !)

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Tag Lecture!

C’est Illyria du blog Allez Danse qui m’a invitée à répondre à ce tag lecture et je l’en remercie. C’est donc avec un grand plaisir que je vous livre ici quelques bribes d’une de mes passions:  

1) Plutôt corne ou marque-page ?

Marque-page. Mais j’avoue parfois corner certaines pages, faute de marque-page justement !

 2) As-tu déjà reçu un livre en cadeau ?

Plus d’une fois. Tout le monde sait que j’aime lire donc le cadeau est tout trouvé et me fait toujours énormément plaisir.

3) Lis-tu dans ton bain ?

Quand j’avais une baignoire et que je prenais des bains, oui. D’ailleurs j’ai lu la première partie de La Consolante d’Anna Gavalda, dans un bon bain chaud, dans un Hôtel de Luxe en Angleterre ! C’était le bon vieux temps…

4) As-tu déjà pensé à écrire un livre ?

Une fois. Mille fois. D’ailleurs j’ai des projets (mais comme tout projet qui se respecte, je le tiens secret…)

5) Que penses-tu des séries de plusieurs tomes ? 

Certaines sont vraiment bonnes. Ma préférée reste Les Rois Maudits de Maurice Druon.

6) As-tu un livre culte ? 

The Dark Side of Love de Rafik Schami OU Eat Pray Love d’Elizabeth Gilbert OU L’Auberge de la Jamaïque de Daphné du Maurier

7) Aimes-tu relire ? 

Je conserve pas mal de livres et j’avoue aimer en relire certains. Certains qui m’ont touchée ou qui ont amené des questions. Certains qui m’apaisent et me libèrent.

8) Rencontrer ou ne pas rencontrer les auteurs de livres qu’on a aimés ?

J’avoue que j’aimerai bien, même si je crois que je me sentirai un peu mal à l’aise, quoi leur dire ?

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9) Aimes-tu parler de tes lectures ? 

J’aime partager sur ce que je lis et ce que j’aime. Après je n’ai pas la technique, je ne sais pas vraiment parler des livres lus et appréciés. 

10) Comment choisis-tu tes livres ?

Selon l’envie du moment, les titres, les critiques lues, l’image sur la page de garde, la recommandation d’une amie.

11)  Une lecture inavouable ? 

Inavouable non. Si je l’avoue c’est qu’elle ne l’est pas tant. Onze Minutes de Paulo Coelho.

12) Des endroits préférés pour lire ?

Sur mon canapé, sur une terrasse ensoleillée avec un thé à la main.

13) Un livre idéal pour toi serait… 

Un livre qui me donne des ailes, un livre qui me donne d’oser, qui bouscule mes idées toutes faites ou qui me procure paix et sérénité.

14) Lire par-dessus l’épaule ?

Pas vraiment. Sauf une fois ou deux dans le métro par pure curiosité.

15) Télé, jeux-vidéos ou livre :

Je déteste la télévision. Les jeux vidéo je n’y ai jamais joué, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer. Un livre, ou plusieurs, c’est certain !

16) Lire et manger ?

Ca m’arrive. Quand je mange seule, ou qu’un livre me tient tellement en haleine que je ne me vois pas le poser.

17) Lecture en musique, en silence, peu importe ?

Avec de la musique classique parfois. Mais généralement en silence. Difficile de profiter pleinement des deux sinon.

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18) Que deviendrais-tu sans livres ?

Je perdrai un peu de mon âme je crois.

19) Tu achètes un livre sur le net et tu le reçois un peu abîmé. Que fais-tu ?

Je le lis. Un livre un peu abîmé, ça a du style aussi.

20) Quel est l’élément qui t’a donné le goût de la lecture ?

C’est ma mère qui m’a parlé très jeune de la lecture, elle qui m’a donné le goût de l’imaginaire, de la découverte.

21) Que pensez-vous de toutes ces adaptations cinématographiques ?

Certaines sont bonnes, d’autres ne reprennent que quelques éléments du livre. D’autres encore sont complètement à côté de la plaque. C’est un exercice acrobatique !

22) Si tu ne devais retenir qu’un seul personnage rencontré dans tes lectures, ce serait lequel ?

Dur dur celle-là. Je crois que ce serait Santiago, le héros de l’Alchimiste ou Kate dans la Consolante.

23) Quels sont les 5 livres de ta pal qui te font le plus envie?

Des bleus au cœur de Louisa Reid

Veuf de Jean-Louis Fournier

Dans l’intimité des mères de Sophie Marinopoulos

Passion Française de Gilles Kepel

A vous d’écrire le 5!

24) Si tu ne pouvais plus lire qu’un seul type de livre, lequel ce serait? 

Le genre de livres qui parle de la vie, de nos choix, du destin et de nos renaissances.

25) Comment classer vous vos livres dans votre bibliothèque?

Je ne les classe plus !

26) Etes-vous livre papier ou ebook ?

Livre papier sans hésiter. Toujours pas d’ebook, je résiste. Et les quelques livres en format kindle, je galère à les terminer.

Crédit Photo 1 – Etsy

Crédit Photo 2 – Flickr

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Devenir mère…

Dire.

Dire les choses.

Même celles qui choquent.

Et celles qui font mal.

Les dire.

Les sortir de soi.

Pas si facile.

Mais si nécessaire.

Encore une fois.

 ***

J’ai eu du mal à l’accepter dans ma vie. Cet enfant, j’avais choisi de l’avoir. C’était un choix à deux. Et puis un soir, la phrase de trop, celle qui dit « je pars, tu te débrouilleras toute seule avec l’enfant ». Une phrase en l’air. Suivie de d’autres phrase choc, des phrases qui sont venues détruire le peu de force qu’il me restait.

Et un aller simple hors de l’enfer. Est-ce qu’il me trompait ? Je n’en sais rien. Est-ce qu’il passait vraiment toutes ces soirées dehors avec ses copains ? Je n’en sais rien. Est-ce que les préservatifs dans son portefeuille c’était vraiment juste pour faire plaisir aux copains ? Je n’en sais rien.

Moi je suis partie à cause des mots durs, des rêves brisés, des menaces, du ciel qui se voile et devient trop noir. Je suis partie pour échapper à un destin qui m’aurait suicidée. Et qui aurait brisé notre enfant.

Je nous ai sauvés. Mais à quel prix ?

Repartir de rien. Sans logement. Sans travail. Sans vêtement à me mettre sur le dos. Juste des larmes et ce bébé au fond de moi, qui bouge et me rappelle qu’il va falloir le mettre au monde et l’élever. Seule.

Tout ce qui pouvait m’aider à reprendre contact avec mon bébé, ils l’ont fait. Mais tout était une torture. Faire la chambre, poser le lit et le berceau. J’ai pleuré. L’échographie. J’ai pleuré. La visite de la maternité. J’ai refoulé mes larmes et j’ai éclaté en sanglots à l’abri des regards, dans les bras de ma mère, fragile et inconsolable.

Et puis l’autre avec ses promesses et ses menaces, l’autre qui venait souiller mes faibles forces et efforts pour refaire surface. L’autre qui pensait que sa seule présence pouvait apaiser ma peine. Alors que c’est lui qui avait provoqué ce chagrin immense, lui l’instigateur de haine, lui qui avait proféré ces menaces, qu’aucun vent ne pourra jamais balayer.

Et l’enfant est né. Moment magique. Unique. Rien d’autre n’existait. Lui et moi. Et puis les mois ont passé, j’ai fait face. La séparation, l’éloignement. C’était comme si on me volait une deuxième fois mon enfant. Cinq lunes sans lui. Cinq lunes sans moi. Et toutes ses premières fois se sont faites sans moi, moi qui gardais le cap, qui ne pleurait plus, qui avançait parce que c’était vital, encore une fois.

Un jour nous nous sommes retrouvés tous les deux. L’angoisse. Que faire de ce petit homme-là ? J’avais peur de mon enfant. J’avais peur de moi. Peur de ne pas bien faire. Peur de lui faire du mal, sans le vouloir. Quand je refermais parfois la porte derrière moi le matin, en le laissant aux bons soins de ses grands-parents, je me disais que je pouvais partir, que je ne lui manquerais pas, que les autres l’aimaient mieux que moi. Je pensais que je pouvais m’évanouir dans la nuit, que ça ne changerait rien, qu’il serait plus heureux sans moi.

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Est-ce qu’on doit penser des choses comme ça ?

Quelle maman toutes ces pensées faisaient de moi ?

Un jour. Un mieux. Tous les deux, nous rions ensemble, nous faisions les pitres. Il était heureux et j’étais bien. Il aura fallu deux ans pour que je trouve ma place de maman, que je comprenne qu’il fallait en parler, pour ne plus porter cela comme un poids lourd, que ma culpabilité ne servait à rien, que la vie est ainsi faite. La maternité est un chamboulement important dans une vie et tout ne se fait pas si naturellement que ça pour tout un chacun.

Au fond: accepter que je ne suis pas une mère parfaite, que je suis une femme avec ses forces et ses faiblesses avant d’être une maman, qui toujours grandit et se cherche.

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Sous l’armure

Y a-t-il un moment où tout s’arrête, où on trouve toutes les inconnues des équations à résoudre, où le chemin qui reste à parcourir n’est que joie et douceur.

Est-ce qu’il y a un moment dans cette vie où on cesse de se battre pour simplement être, pleinement, simplement ?

Est-ce qu’il y a un point final à ce chapitre de recherche, de connaissance de soi, de renaissance, d’acceptation, de pardon ?

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Je me pose toutes ces questions car quand je pense avoir trouvé la sérénité, une phrase, un mot me replongent dans le doute. Je fais un retour sur moi, je me remets en question. Je me dis que peut-être que c’est vrai, que je me suis créé une carapace, une armure antichoc, pour me protéger. Que je n’ai pas eu d’autre choix que celui-là pour conserver intact les morceaux que je recollais au fur et à mesure.

J’avais l’impression que l’armure n’était pas si costaud, que j’arrivais doucement à la laisser de côté parfois. Mais comment fait-on pour l’abandonner sur le côté de la route, pour affronter le monde sans armure, notre corps livré à tous. Comment fait-on pour avancer sans protection, courant le risque qu’un autre joue avec nous encore une fois, bousille nos chances de nous en sortir.

Quand devient on assez fort pour faire face ?