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Les états d’esprit du vendredi 27.01.2017

C’est vendredi et vendredi, c’est  “les états d’esprit de Zenopia et du Postman”. Le principe est simple, il suffit de copier le formulaire, en le remplissant à ta sauce. Il faut ensuite laisser un commentaire sur leurs deux blogs respectifs afin qu’ils puissent faire un édit de leurs billets avec notre participation. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

Début –  14h07

Fatigue : après 5h max de sommeil, j’ai pas la grande frite

Humeur : plutôt bonne – la vie est belle

Estomac : pêle-mêle riz-pâtes-épinards-petits pois et un thé à la menthe

Condition physique : revient d’une heure de sport (en comptant la marche à pied)

Esprit : préoccupé

Boulot : à l’ouest depuis mercredi – la fatigue n’aide pas

Culture : Chérif ce soir et d’après une histoire vraie de Delphine de Vigan (j’ai l’impression de me retrouver dans pas mal de ses mots)

Penser à : la relecture de mon recueil de “textes courts” en cours…

Avis perso : c’est super gentil de me faire à manger, de gérer mes machines et mon repassage, mais j’aimerai vraiment pouvoir faire à ma sauce…et toute seule

Loulou : est un dragon (c’est lui qui le dit!), a distribué ses cartons d’invitations pour son anniversaire, rigole, me fait rire, adore aller faire pipi à l’école, n’aime pas mes chaussettes…

Message perso: (1) je t’envoie tout ce dont tu as besoin pour faire face à l’absence (2) merci pour ce bel article, il me dit qu’il est temps que je passe à la vitesse supérieur si je veux que tout soit prêt pour le 14!

Amitiés : pas de son pas d’image (sauf Laurie – merci ma belle, on va finir par réussir à s’avoir au téléphone & Zabou qui lit et commente)et vous bien sûr (merci d’être là❤❤❤)

Love: aimerait bien qu’il se pointe pour que mes proches soient rassurés et arrêtent de penser que toute seule je galère…

Sorties : demain soir en solo (loulou dort chez ses grands-parents) un ciné sûrement

Divers: ce serait bien si j’arrêtais de me justifier et de penser que tout le monde veut me changer tout le temps – est-ce que c’est moi qui suis parano?

Courses : dimanche matin passage obligé

Envie de : tester la recette de Nathalie – le gâteau à tomber dans les pommes

‘Zic : Nights in White Satin

Fin –  14h28

Posted in Carnets de route

Je ne veux pas me protéger…

Ni les yeux. Ni le cœur.

Nous sommes dans une ère où nous refusons de nous faire polluer par l’extérieur, où nous disons « non » aux médias, aux informations qui passent, tristes, dramatiques, aux images qui heurtent nos sensibilités plus ou moins prononcées. Nous sommes avides de bonheur. Nous cherchons de belles images, de tendres clichés. Nous parlons bienveillance, amour, respect, unité, humanité.

Je n’ai rien contre ça. Je suis même la première à désirer faire le plein de sourires, de rires, de tendresse, de douceur, d’harmonie et de sérénité.

Mais je refuse d’oublier le reste, d’oublier les maux du quotidien, de fermer les yeux devant la pauvreté, la violence qui gangrène la société et la sphère familiale. Je ne veux pas avoir peur de regarder en face ce qui bouscule, ce qui fait mal. Je refuse de me retrancher derrière un silence absurde parce que « c’est dur ».

Je n’oublie pas que c’est le choc d’un évènement, d’une photo, d’un discours qui nous fait réagir, qui nous donne l’impulsion pour faire bouger les choses. Je ne veux pas passer sous silence la vieillesse, la mort, ignorer l’injustice, la maladie. Je ne veux pas oublier qu’à travers le monde des hommes et des femmes luttent sans cesse pour la dignité humaine.

Si j’ai longtemps porté ma sensibilité comme un fardeau, je sais qu’aujourd’hui elle m’offre cette chance de mieux comprendre le monde dans lequel je vis, la vie de chacun. Ma sensibilité me guide là où est la vie, même blessée, même torturée.

Je refuse de trembler devant les villes, tombeaux à ciel ouvert, devant la terreur, devant la haine farouche, devant les conflits, devant la violence qui s’acharne, devant les yeux pétris de peur des victimes qui survivent, devant la misère qui s’incruste ou la famine qui s’abat sur des peuples entiers, peuples décimés.

Je suis à fleur de peau souvent. Mais je suis vivante, mon cœur bat et mes pieds me portent. Je ne fermerais pas les yeux sur l’indicible. Ni aujourd’hui. Ni demain. J’ai besoin de sentir le monde vibrer pour dépasser tout ce qui me limite.

Je ne sauverais pas le monde. Je n’en ai ni le désir, ni l’envergure. Ma résistance à moi c’est de garder les yeux ouverts, de lutter pour la paix. A ma manière. Et de laisser passer la lumière…

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Posted in Emprise et Renaissance, Tout un poème

Une histoire de peau

Nos peaux mêlées sur le calendrier

Des années, du temps qui passe

Couleur, texture, infrastructure

La tienne, si robuste

La mienne, si tendre

La sienne, éphémère

On y décèle les vaisseaux

Transportant nos sangs mélangés

Quelques battements de cils

Une histoire de cœurs qui chavirent

Et de notre peau qui se déchire

A mesure que tes « je t’aime »

Se transforment en haine

Une histoire de peau

Qui tourne mal

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Merci à tous pour vos commentaires sur mon article “manuscrit inachevé“. Vos réflexions, idées, partages m’ont aidé à y voir plus clair. Je vais en poursuivre et en terminer l’écriture, non pas pour évacuer (car tout est digéré) mais pour que mon témoignage puisse servir à d’autres, les aider, les soutenir.

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Posted in Variations Littéraires

Tous les hommes de ma vie #3

On continue et avec le sourire bien évidemment! Si vous avez raté les premiers épisodes, retrouvez les ICI et ICI.

RAPPEL: Ceci est une fiction et ce que j’écris n’est pas TOUJOURS ce que je pense…

Le prochain sera un type spontané, un amoureux éveillé, un mec qui comprendra mes silences, qui ne s’offusquera pas si je vais seule à un dîner, le laissant perdu dans mon canapé avec une soupe aux champignons – “maison”.

Le prochain sera un type bien.

C’est dit. C’est écrit. J’y crois. Dur comme fer. Ma grand-mère a tort. Tous les hommes ne sont pas des salauds.

Les hommes regardent rarement mes yeux ou me regardent rarement dans les yeux. Trop effrayant très certainement. Même moi je finis par leur trouver des excuses. Bidon. Pourtant ce sont mes yeux qui sont capables de leur dire quelque chose. Ce sont mes yeux qui révèlent les secrets de l’intime, qui trahissent mes peurs, mes angoisses ou bien mes désirs. Je n’irai pas jusqu’à dire que mes yeux reflètent l’état de mon âme. Mais pas loin quand même.

Ils préfèrent ma poitrine, qu’ils jugent et qu’ils notent, généreuse, pas assez. Ils préfèrent mes rondeurs, mes formes, mes courbes, qu’ils comparent, qu’ils analysent, qu’ils mesurent. Leurs yeux se baladent sur mon corps, dissèquent mes imperfections, relèvent les points d’ancrage possibles. Et leurs mains font le reste du chemin, souvent à mon insu, alors même que mon regard est encore perdu dans l’immensité du leur. Si je fermais les yeux, je pourrais même dire quelle est la couleur des leurs. Alors qu’eux ne seraient même pas capables de dire, si je porte un chemisier vert ou un pull bleu, si je mets du fard à joue et encore moins les subtiles notes de mon parfum favori. Ils en sont juste à se demander ce qui se cache sous ma jupe plissée à pois.

On dit que tous les hommes ne sont pas comme ceux qui ont croisé ma route. Ou qu’ils ne sont pas tous pareils. Ce qui revient au même.

J’ai envie d’y croire. Même un peu. Juste un peu, allez. J’ai envie de me dire qu’un jour je rencontrerais un homme qui ne sera pas comme tous les autres. Il sera mille fois mieux, bien évidemment.

Je me suis bien entendu remise en question. J’ai revu la longueur, la largeur de mes jupes, la ligne de mes pantalons, la tenue de mes vestes. Je les ai choisies plus cintrées. J’ai changé de maquillage et me suis mise en quête d’un parfum qui allait me coller à la peau. J’ai investi dans une nouvelle garde-robe, des dessous aux chaussures. J’ai pris le taureau par les cornes et je me suis pris les pieds dans le tapis. Rien n’a changé. Les hommes ont continué à regarder ma plastique avant de s’intéresser à mes idées.

Je me suis alors dis que c’était peut-être mes idées le problème. Ou mon manque cruel de références sur des tonnes de sujets, ma culture générale égale à celle d’un bébé pois-chiche. J’ai commencé à lire des revues, à visiter plus souvent la librairie de mon quartier, je me suis plongée corps et âme dans des bouquins de plus de 500 pages, oubliant frivolités et mecs peu fiables. J’ai changé de vie avec l’espoir fou qu’une fois sortie de ma période d’abstinence et de masturbation intellectuelle, j’allais décrocher la perle rare.

Rare. C’est un fait.

Si rare. Trop rare.

Elle se cache quelque part. C’est ce que disent les autres. Moi je ne sais plus vraiment quoi ou qui croire.

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Rêves d’hiver

Difficile d’oublier l’hiver avec les températures que nous connaissons actuellement. Pour mettre un peu de peps, la très glamour (sur sa dernière photo Insta, je peux vous dire qu’elle l’était “glamour”) Frau Pruno d’Escapins et Marmelade nous propose un défi tout simple. Je m’y colle avec bonheur!

Une photo de paysage hivernal qui me plait.

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Souvenir de Dublin sous la neige et des premières heures magiques…

Un mot que j’aime associer à l’hiver.

Cocon. Cette période est propice aux journées à la maison, aux gros pulls, aux bougies, aux boissons chaudes. C’est la période pendant laquelle l’idée de cocon, de bulle protectrice me parle et m’apporte réconfort et paix.

Mon plat préféré de saison

Les légumes rôtis au four. Là aussi un souvenir d’Irlande. Le dimanche soir c’était repas en famille (à 17h!). Il y avait toujours une viande et des légumes rôtis avec quelques herbes et de l’huile d’olive. Divin.

Une pièce de ma garde-robe que je chéris en ce moment

Un pull en cachemire gris perle – offert par ma sœur en 2011. Il a survécu au déménagement express. Il est doux, chaud et confortable. Je me sens confiante et sûre de moi quand je le porte!

Une chanson que j’aime écouter l’hiver

Norah Jones – The Greatest. Ca me rappelle une époque où dès que l’hiver pointait le bout de son nez, j’avais envie de tomber amoureuse. Cette chanson me fait penser à ce souvenir.

Un film que j’affectionne à cette période

Tous les films qui parlent d’amour – la palette est large. En gros tous les films romantiques (je suis une grande romantique, qui s’assume).

Un prénom que j’aime et qui me fait penser à l’hiver

Solveig.

Si le cœur vous en dit, prêtez-vous au jeu! Et en attendant profitez des merveilles de l’hiver…

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Les sourires du lundi #8

Reprendre le fil des doux souvenirs. Les écrire me fait revivre ces instants qui comptent et les lire me donnent l’énergie pour avancer quand le blues s’installe de façon un peu trop brutale:

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Cuisiner à quatre mains. Des gâteaux au chocolat. Au yaourt. Tenter une quiche pour le dîner. Prendre le temps de vivre, d’apprécier les instants partagés. Ne pas se soucier de l’heure pour une fois.

Participer à mon premier atelier d’écriture. Oser lire à haute voie. Inventer des histoires à partir de rien. Découvrir d’autres plumes. S’enrichir mutuellement.

Prendre les choses avec le sourire. Me donner plus de temps le matin. Méditer. Bouquiner pour la première fois dans mon canapé avec un bon thé. Me faire un masque. Manger sainement.

Terminer mes vœux. Recevoir de belles cartes qui viennent égayer mon salon. Et de tendres mots qui me réchauffent le cœur. Noter des idées. Rire. Un peu. Aux éclats. Faire des câlins le matin, avec un petit escargot encore endormi et savourer.

Profiter du soleil. Inviter amis et enfants dans mon “chez moi”. Profiter de mes proches en toute sérénité. Passer un peu de temps avec mon petit neveu. Cuisiner. Ecouter des vieux CD. Aller au parc. Regarder les enfants aimer la vie. Il n’y a rien de plus épatant que de regarder les enfants s’amuser! On dirait que le Monde leur appartient. Et le Monde à travers leur regard devient d’un coup plus beau et serein.

Débuter mon album photo 2016. Voyager au travers des photos de l’année. Prévoir de nouvelles sorties. Rencontrer de nouvelles mamans. Préparer l’anniversaire de l’escargot. Le regarder aller à l’école confiant et heureux. En ressentir de la joie et de l’apaisement.

Prendre plaisir à m’habiller, à choisir un joli bracelet. Me parfumer. Eteindre le téléphone le soir et lire. Découvrir de nouveaux auteurs. Me sentir bien. Lâcher prise. Faire confiance.

Et vous, quels sourires aimeriez-vous partager cette semaine?

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Arrêt sur image – le manuscrit inachevé

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Une photo de nous. La même. Un arrêt sur image. Ce petit appartement miteux de Rathmines, où je t’ai aimé, très mal. Où tu m’as aimé, très mal aussi. Mais toi tu ne sais pas aimer. Décidément nous n’étions pas faits pour être heureux…

J’aimais cet appartement. Assiste sur les marches de la maison, je sirotais souvent un thé bien chaud, un café léger, regardant les passants descendre la longue rue qui menait vers l’artère principale. Tu n’y habitais pas. Heureusement. Tu n’étais qu’un passant, dans mon lit, dans ma vie.

Pourquoi cet instant-là. Je ne sais pas. Peut-être que j’étais encore un peu heureuse, que j’y croyais vainement. A tes serments. A mes promesses. Ca ne tenait pas la route. J’ai fait la sourde oreille. J’ai pris ce qui marchait, j’ai oublié le reste.

Je n’ai toujours pas repris mon manuscrit. Je n’ai pas ouvert mes carnets depuis cet été, depuis ces quelques matins de flashback improvisé, avec The Script en musique de fond. Un peu de Dublin dans mes 40m2 pour écrire notre histoire tarabiscotée. Les quelques 160 pages qui le composent me font des clins d’œil parfois puis se laissent oublier. Et si je le laissais là, comme un roman inachevé. Ce ne serait pas le premier. Et si j’arrêtais d’écrire sur tout ça, sur toi et moi. Cette combinaison-là n’existe plus et ton titre de père n’y change rien.

Quand je le sors de sa cachette je le trouve trop triste. Qui va lire tout ça ? Qui va prendre sur soi pour déchiffrer les déchirements qu’il y a eu en moi ? Qui va vouloir savoir ce que ça m’a fait de te connaître, de partager quelques années de ta vie ? Qui va vouloir entendre parler de toi, encore une fois ? Qui ne va pas te détester après ces lignes-là ? Elles ne changeront rien au passé. Elles n’aideront personne. Elles me permettront peut-être de passer à autre chose – d’écrire autre chose surtout, de ne plus me perdre dans des considérations chagrines.

J’erre entre ici et là-bas, entre ma silhouette estivale, la tête dans les étoiles et les assauts de l’hiver qui m’intiment l’ordre d’aimer la vie sans plus attendre. Est-ce que ce roman m’empêche d’aller de l’avant ? Est-ce qu’il me retient prisonnière d’une histoire passagère?

Vais-je avoir le cran de me replonger dans les 66 000 mots plus quelques-uns ? Ou bien vais-je choisir de ficeler le paquet de feuilles puis le classer, jusqu’à l’oublier ?

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Les états d’esprit du vendredi 20.01.2017

Vendredi déjà! La semaine a filé et il est temps de rejoindre le RDV “les états d’esprit de Zenopia et du Postman”. Le principe est simple, il suffit de copier le formulaire, en le remplissant à ta sauce. Il faut ensuite laisser un commentaire sur leurs deux blogs respectifs afin qu’ils puissent faire un édit de leurs billets avec notre participation. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

Début –  09h40

Fatigue : ça tire un peu encore…

Humeur : au top

Estomac : du thé et des céréales “maison”

Condition physique : sport ce midi

Esprit : apaisé – calme

Boulot : ça bouge dans tous les sens

Culture : Chanson douce et Eureka Street

Penser à : tout le beau au quotidien et partager ce que l’on peut

Avis perso : est-ce que les gens autour de moi pourraient arrêter de pleurer sur le peu de fric qu’ils ont (alors qu’ils en ont plus que la moitié de la population)? C’est vraiment un travers français de râler tout le temps…

Loulou : court vite, raconte des histoires abracadabrantes, me fait rire

Message perso: les anges veillent…

Amitiés : se font discrètes, ont mal aux tripes, se posent des questions, me réconfortent quand je flanche

Love: attend son heure!

Sorties : on va plutôt rester au chaud ce weekend

Divers : reprendre les idées étudiées en Atelier d’écriture

Courses : les cartons d’invitation pour le gouter d’anniversaire de l’escargot

Envie de : trouver du temps pour écrire un peu plus. J’ai deux projets à boucler cette année

‘Zic : We are Young

Fin – 09h55

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La vie qui prend & la vie qui reprend ses droits

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J’ai lu l’histoire. La sienne. La tienne.

J’ai lu entre les lignes la vie qui s’éteint, la nuit qui prend le pas sur les jours, les nuits d’insomnie, les jours de folie.

J’ai vu ici et là-bas des traces de pas sur le sol, des petits pas orphelins, des cœurs affolés, des mains tendues, des rêves brisés.

J’entends parfois les plaintes, silencieuses, les blessures qui suintent sous les larmes épaisses, les bruits du dehors qui cognent fort dedans.

J’imagine la fièvre qui glace le sang, le sang qui n’irrigue plus rien, la vie qui fléchit, l’amour qui grandit.

Autour des lits, au creux des souvenirs bien ficelés, trop frais, parfois gelés, tant de drames, opaques, tant de sourires pour cacher ce qui peine, le chagrin qui perle, les mots qu’on déverse sur la page blanche, pour oublier qu’on survit, pour chasser le blues des dimanches. Sans elle. Sans eux. Sans lui.

Je les regarde de loin croiser le fer, y croire, se faire violence, avancer, contre le vent. Contre les ténèbres. Partir loin pour mieux revenir. S’effondrer puis grandir.

Je les vois blessés, amputés, exténués. Je les admire, la victoire au bout des doigts, les pieds ancrés dans le sol mouvant des incertitudes du quotidien. Je croise la maladie, la mort, la dépression, la peur, le doute, le chagrin, la santé qui décline, la colère, la honte, le dégout, la séparation.

Au milieu des départs incohérents, des adieux déroutants, un vaste champ de possibles, de rêves qui s’accrochent, de projets qui tiennent chaud, de mains qui caressent l’avenir, le cœur encore un peu fragile.

J’ai lu l’histoire. La sienne. La tienne.

J’ai lu et j’ai souri. Au-delà de tout ce qui nous arrache des cris, la vie se tient, immobile, elle attend son heure, l’heure du pardon, du chagrin qui se tarit, de la colère qui s’apaise, des bleus à l’âme qui s’atténuent, des déchirures qui s’estompent, l’heure des maux qui se dissipent, de la violence qui éclate, de la peur qui s’éloigne. La vie nous prend par la main, fidèle. Et nous la suivons, certains que d’heureux lendemains nous attendent, que demain porte en lui tous les espoirs, de nouvelles chances.

Posted in Variations Littéraires

Tous les hommes de ma vie #2

Merci à tous pour vos retours super positifs sur la première partie de cette série, que vous pouvez lire ICI, si vous l’avez manquée. Voilà la suite…

C’est dit mais ce n’est pas limpide. Je tente de m’en persuader. A force de me faire larguer, je finis par ne plus croire en grand-chose, à ne plus croire en moi, plus particulièrement.

Je vaux mieux que qui ?

Je veux quoi au juste ?

Il y a les hommes qui passent et m’appellent ma princesse, après la première valse. Ils sentent bon. Leur corps est chaud. On s’y blottirait bien pour l’éternité. Impeccables chaussures cirées. Veste repassée. Tous les regards sont braqués sur eux. Mais c’est moi qu’ils regardent. A moins que ce soit moi qui n’aie d’yeux que pour eux, oubliant pour quelques instants leurs mains baladeuses à l’orée de mes seins, voire beaucoup plus bas parfois.

Je m’emballe. Je m’évade. Je nous vois nus sous une pluie d’étoiles, à moins que sur l’horizon le soleil ne s’évanouisse dans la mer calme. Ils me disent que je suis belle. Je leur dis qu’ils me plaisent. J’y crois. Nos corps se rapprochent, se réchauffent, se détaillent, s’appartiennent puis s’enflamment. Fusion totale. Un éclair puis l’extase. J’ouvre les yeux. Nous sommes redevenus deux étrangers, qui dès la musique terminée se séparent. Ils s’envolent vers d’autres corps moins avares de caresses que le mien, laissant sur le bout de ma langue un léger goût d’inachevé et au creux de mon ventre, mon intimité écœurée.

Voilà que le souvenir du premier baiser débarque sur le devant de la scène. Un vrai drame, version moderne. Mon inexpérience en la matière ne me sied guère. Petites larmes. Tout fout le camp. Je baisse les armes. Et la saveur de ce baiser ne sera jamais remplacée. C’est tout le charme des premières fois. J’en use et j’en abuse. Je me délecte de cet instant, de la magie sans les tourments qui l’accompagnent. Le baiser s’attache. Il me poursuit. Il m’empêche de dormir. Il m’intime l’ordre d’y croire. Je craque, forcément. Pourtant l’homme détale. Normal. Sans un coup de fil. Si facile.

L’avenir lui a donné raison. Ils fuient tous à la première marque d’attention qu’ils jugent un peu excessive. Je deviens possessive. J’en veux trop, tout de suite. Ils paniquent. J’encaisse, les larmes au bord du cœur et le cœur en vrac. Je suis toute patraque. Ils sont déjà loin quand je me dis qu’il est peut-être temps d’enclencher le frein à main. Trop tard.

La prochaine fois, je ferais attention, c’est promis. Je ne lui demanderais pas son numéro de téléphone, j’attendrais qu’il s’enquière du mien. Je ne lui proposerais pas de laisser ses chaussettes au fond du lit, ni sa brosse à dent dans un gobelet bleu. Je ne lirais pas ses mails en douce, je ne décortiquerais pas chacune de ses phrases, au risque de passer pour une ingrate, je ne le laisserais pas laver mes dessous ni repasser mes pantalons de pyjama, même si il insiste, surtout si il insiste.  Promis, la prochaine fois, j’assurerais. Je ne lui demanderais plus de me dire qu’il tient à moi. J’attendrais qu’il le dise. Et s’il ne le dit pas, je n’en ferais pas tout un plat. J’encaisserais sans me plaindre, sans me dire que je suis la dernière des cruches pour y avoir cru, une seconde. Encore une fois.

Posted in Carnets de route

Album de Senteurs: Ma Terre

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Elle me parle. Dans le silence qui entoure le jour qui se lève. Elle m’appelle. Elle sent la pluie, pas celle de l’aube, mais la pluie chargée de chaleur, celle de l’orage qui gronde au loin. Une odeur forte et sensuelle.

Elle se souvient de l’enfance, de nos courses folles, de l’odeur âcre de soupes improvisées avec de l’herbe, quelques fleurs séchées, des cailloux que nous faisions mine d’engloutir avec délectation, de nos pas de petites, de nos pieds nus de grandes, des roues des vélos qui glissent et laissent des traces. Elle garde en mémoire des sons, des images, des chansons que nous fredonnions, en faisant tourner les 33 tours, l’été. Elle est la gardienne de nos pas de danse, de nos poiriers improvisés, dans le jardin. Elle sent le sapin, l’herbe fraichement tondue. Elle sent la mer, pas très loin, qui se prélasse sur les rochers.

Elle me murmure quelque chose à l’oreille. Elle me dit qu’elle sera toujours mienne, qu’au creux des saisons de la vie, elle sera le havre de paix dans lequel je pourrais venir puiser lumière et sérénité. Son cœur bat vite sous mes plantes de pied, habituées à sa vitalité, à son énergie vivifiante.

Elle me parle de silence et sur la pierre, elle redessine avec moi des souvenirs éparpillés au milieu d’un jardin, dans les feuilles de salade, autour des poulaillers, sur un bateau. Et j’entends l’écho de son rire, je revois l’éclat de nos sourires, je contemple la beauté de ce qui fut et n’a jamais cessé d’exister.

Elle est la terre de mon enfance, la terre mère, nourricière, la gardienne de mes secrets, ma confidente. Elle est la terre gorgée d’eau salée, baignée de lumière sous laquelle dort paisiblement mon grand-père, sur laquelle joue délicieusement mon enfant.

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Ceci est ma  participation au rendez-vous Album de Senteurs de Marie du blog “A l’encre bleu lavande”. Le premier thème de l’année était LA TERRE. Marie nous demande également de proposer une idée de thème pour les prochains rendez-vous. Je choisis “viennoiserie”.

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Un toit: Luxe ou Droit?

Matin blanc

Réalité glaçante

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Sur le trottoir

Corps emmitouflés

A peine regardés

Ils sont des centaines

D’ombres

A peupler

Les rues de nos villes

*

Cartons dépliés

Sac de couchages

Défraîchis

Alignés sur la chaussée

Rien ne dépasse

Le regard passe

*

La question n’était plus

La question revient

Un peu de froid plus froid

Poser des questions

Se donner bonne conscience

Trouver des solutions

A la vague mortelle

Qui s’abat

*

Faut-il le froid terrible

Pour s’inquiéter

De ceux qui luttent

A longueur de journée

Déambulent

Ames solitaires

Titubent

Du trop plein

Du trop peu

Du presque rien

Quémandent

Quelques pièces

Un sourire

Un regard

Cherchent

Un nouveau toit

Pour un énième soir

Travaillent

Salaire dérisoire

Horaires aléatoires

Perdent chaque jour

Un peu de dignité

Un peu d’humanité

*

Faut-il la glace

Pour qu’on s’intéresse

Aux cages d’escaliers

Réquisitionnées

A la violence

Démesurée

A la vie qui bascule

A l’oubli qui insulte

*

Depuis quand un toit

Est un luxe

Et non plus un Droit ?

Merci à Aileza pour son superbe article “coup de poing” qui m’a inspiré ce poème.

Crédit photo – Olivier Morin AFP

Posted in Carnets de route

Mais d’où vient cette colère ?

 

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Cette indépendance je l’attendais avec une impatience difficilement gérable. Et voilà que j’y suis, je l’ai ! Et voilà que tout semble tourner de travers. Les doutes refont surface. La peur de mal faire. L’envie de tout gérer de main de maître me colle des angoisses et j’ai du mal à gérer ma fatigue. Et ma colère. Je crie. Je pleure. Je tente vainement de me remettre à flot, je tiens un journal. Je flanche. Je crée de la panique chez l’escargot. Et je culpabilise.

Comment apprendre à mon enfant à gérer ses frustrations si je n’arrive pas à le faire moi même?

Tout commence par soi – Ca n’a jamais été aussi vrai…

On entend souvent les parents évoquer le stress du retour de la maternité – j’ai l’impression de vivre la même chose, à la différence près que mon enfant a 4 ans et qu’il n’est plus un bébé.

Et si je n’étais pas à la hauteur ?

Ce n’est pas ça. Je ne suis pas à la hauteur. Je ne prends pas assez soin de moi. Je me néglige au profit de ma maison, mon repassage, mon ménage. Je me dis que je me poserais une fois tout en ordre. Et puis je ne me pose pas. Parce que rien n’est jamais assez parfait. Je crie pour un rien. Je cours sans cesse.

Et puis il y a cette colère que je ne comprenais pas encore hier. Aujourd’hui je la vois se dessiner un peu mieux. La vérité est là, sous mes yeux. Je suis une maman seule. Je ne m’en rendais pas compte avant, parce que j’avais du soutien au quotidien, même si ce soutien était parfois pesant. Maintenant, il n’y a que moi. Et lui. J’aimerais tant lui assurer une enfance heureuse et épanouie. Au lieu de ça, je me mets une pression et des objectifs impossibles à tenir. Mais je n’arrive pas à les laisser de côté ni à définir les bons.

Et si c’était vrai ? Et si je n’y arrivais pas ? Et si j’allais me noyer au milieu de toutes ces obligations ?

La colère est contre lui, l’autre, l’étranger. Et contre moi, notre histoire, le passé. Et contre la terre entière parfois (oui ça ne sert à rien je sais mais sur le coup ça fait un peu de bien…)

Et à côté de ça il faudrait avoir une vie d’adulte, sortir, rencontrer du monde. Le soir je n’ai même pas le courage de regarder un film en entier à la télévision.

Je sais que ce n’est qu’un passage à vide, que je vais remonter la pente. Mais pour un début d’année, c’est assez perturbant je trouve. Je m’en veux terriblement de ne pas réussir à être cette maman apaisée et pleine d’énergie, donnant l’exemple et exerçant son autorité avec mesure.

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 13 01 2017

C’est vendredi, !e jour des états d’esprit de Zenopia et du Postman. Le principe est simple, il suffit de copier le formulaire, en le remplissant à ta sauce. Il faut ensuite laisser un commentaire sur leurs deux blogs respectifs afin qu’ils puissent faire un édit de leurs billets avec notre participation. Retrouvez le tableau pinterest collectif et la playlist sur youtube.

Début –  13h40

Fatigue : légère – mais il faut que je sois couchée avant 22h45 sinon c’est la cata!

Humeur : bonne

Estomac : rempli (soupe, légumes, lentilles et tabouleh) – il ne manque plus qu’un thé pour terminer en beauté.

Condition physique : je reviens d’une heure de sport

Esprit : préoccupé, tourmenté

Boulot : à plein régime – qu’est-ce que c’est agréable! Même si ça va dans tous les sens…

Culture : Je lis beaucoup (Leïla Slimani – Hélène Grémillon – Cléa Cassia…) et je complète mon BUJO (Bullet Journal pour les non-initiés) avec plaisir

Penser à : lâcher prise, rester zen, ne plus crier pour un rien (je me sens super mal après et je culpabilise un max par dessus le marché)

Avis perso : on se met trop de pression pour des choses sans importance et on oublie trop facilement les choses qui en ont (et on culpabilise!) – J’ai un gros problème avec la culpabilité cette semaine.

Message perso: (1) Comment s’est passée cette première journée de travail? (2) Concentre toi sur toi, tu vis une épreuve difficile et tu dois prendre des forces, accepter que tu as donné le meilleur de toi même dans cette histoire.

Amitiés : par mail, cartes, messages, téléphone

Sorties : demain pour le cours de gym de l’escargot et dimanche pour la pendaison de crémaillère de mes parents

Divers : première semaine tous les deux – admettre qu’il va nous falloir un peu de temps pour trouver notre rythme et notre équilibre…

Courses : faites en ligne ce matin pour gagner du temps

Envie de : être une maman zen (I can do it!)

‘Zic : les sandwiches au jambon d’Anne Sylvestre (écoutée 10 fois par jour depuis 1 semaine)

Fin – 14h55

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Défi Liste – Mon bilan positif de 2016

Dans son nouveau Défi Listes, Zenopia nous invite à lister 10 choses positives de l’année 2016, prenant ainsi le contre-pied de la vague “pessimiste” qui s’est emparée d’une bonne partie de la population à l’aube de 2017, envoyant valser 2016 comme s’il s’agissait d’une vielle chaussette puante. Voilà donc mon top 10 de 2016:

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  • Retrouver mon indépendance (et une relation sereine avec mes proches)!
  • Voyager – voir mes amies – rire et créer de beaux souvenirs ensemble
  • Passer du temps de qualité avec l’escargot – me sentir enfin maman (et heureuse de l’être)
  • Éditer mon deuxième (et troisième en VO) recueil de poèmes
  • Créer de beaux / vrais contacts via mon blog
  • Travailler avec une “magicienne“…
  • La découverte de douces, tendres et belles créatrices (bijoux – peinture – art…)
  • Mon divorce! Et oui, j’ai trinqué à sa santé et à ma liberté retrouvée.
  • Devenir Tata
  • Contribuer à des projets inspirants (Auteur sur “Voyage au Pays du Bien Etre” – Rédactrice pour le Dream Challenge d’Aline)