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Qui es tu Léa?

Elle se faufile et glisse. On ne la voit pas. On aperçoit un peu l’or des franges de son manteau. On devine des bas noirs sous sa jupe un peu fendue et un piercing au menton. Puis plus rien. Elle a rejoint son groupe d’amis. Ils se bousculent, font du bruit. Ils se chamaillent, s’envoient des messages en se tournant le dos. Ils se regardent en biais, font la moue. Les filles se prennent par le bras, chuchotent tandis que les garçons piétinent.

Léa est amoureuse. Elle se confie à Clara. Il est plus vieux. Il est grand et se rase le matin avant de venir l’embrasser. Il a une femme et deux enfants. Elle s’en fiche. Elle l’aime et lui aussi. C’est beau la vie.

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De loin Clara l’aperçoit. Sa voiture de sport rouge attire son regard. Elle aimerait bien elle aussi être amoureuse d’un gars comme ça, un qui la ferait se sentir femme, un qui l’attirerait à elle et la ferait grandir en 30 secondes chrono.

Léa fonce sur lui. Elle l’enlace, un peu plus fort que d’habitude, pour rendre les garçons de son âge jaloux et les filles aussi, celles qui rient de ses deux couettes ringardes. Il l’enlace sans savoir pourquoi, lui rend son sourire. Il aime sa jeunesse, le ton limpide de sa voix, sa peau satinée et ses rêves en couleurs. Il se sent bien là, avec une fille qui a presque l’âge de sa fille pourtant. Qu’importe, la vie est trop courte pour s’attarder à des détails comme ça.

Elle se faufile et glisse. Dans la foule on ne la reconnaît pas. Ses cheveux sont teints et son menton n’a plus de piercing. Hier Clara lui a dit qu’elle était amoureuse. Léa s’est mordu les lèvres. Il est plus vieux. Il a l’âge d’être son père. Elle est un peu jalouse, Léa, elle qui croyait être la seule capable d’enfreindre les règles de la bonne société. Ce soir, son amoureux part avec sa tribu. Elle restera seule pendant un mois, humant mille fois l’air empli du goût salé de leurs baisers défendus.

Elle regarde Clara jouer avec les boucles de ses cheveux blonds. Elle tortille les siens sans passion. A côté les garçons chahutent. Demain les grandes vacances commencent.

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Partants pour une Echappée Belle !

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Un bon cru d’Anna Gavalda, comme je les aime. Du rire, des souvenirs, une envolée lyrique comme elle seule sait le faire. On s’attache vite à Garance, à ses frères et sœurs. On s’attache vite à la vie qui passe, à l’enfance qu’on essaye à tous prix de garder intacte. On s’attache aux paysages, aux gens, à la voiture qui nous balade entre hier et aujourd’hui, entre un passé trop présent et un avenir qu’on anticipe un peu trop amer pour devoir y penser maintenant.

Une échappée belle dont on rêve tous. Prendre la route, laissant derrière nous, le temps de quelques heures, les contraintes, les horaires, les obligations, la famille, les soucis. Partir prendre l’air et écouter les larmes aux yeux les refrains chéris de nos tendres années.

J’aime son style, sa façon de nous accueillir, de nous faire nous sentir chez nous dès la deuxième page. J’aime ses personnages toujours un peu fous, toujours au bord d’un quelconque précipice mais toujours prêts à foncer, à tout tenter, à renaître.

Une échappée belle un peu courte. Mais peut-on s’extraire plus longtemps à la vie? Peut-on vivre plus de quelques heures hors du temps qui finit par nous manquer ?

Une échappée belle comme une parenthèse enchantée, idéale en ce début de printemps !

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Le cadre photo

Je l’avais placé sur un piédestal.

Etait-ce pour oublier le mal qu’il me faisait ?

Ou pour me convaincre que c’était moi qui n’allait pas ?

Ou est-ce lui qui m’a laissé imaginer qu’il n’était pas l’homme qu’il était mais bien celui qu’il disait être ?

C’est en parlant de cadre photo hier que je me suis posé la question. Ce cadre, mes parents nous l’avaient offert pour notre mariage. Lui, les cadeaux de mariage, il s’en fichait. Il disait que rien n’était à lui. Sauf moi.

J’aurai pu y mettre une photo de nous deux ou une photo de mariage. Et non, c’est un de ses portraits que j’avais placé sous le verre, un portrait pris à la terrasse d’un café, un soir où nous n’étions pas d’accord sur quelque chose, un soir où il avait pris un air grave et au cours duquel j’avais à peine réalisé que si je n’adhérais pas à son discours, je ne méritais pas son amour.

Son portrait a trôné dans notre salon jusqu’au jour où tout a dérapé et où j’ai caché le cadre. J’aurai pu juste enlever la photo et en mettre une autre. Je crois qu’il venait de descendre de son piédestal, qu’il était devenu humain. En l’espace de quelques secondes le mensonge qu’était devenu ma vie m’a explosé au visage.

Il s’est fait passer pour quelqu’un qu’il n’est pas. Et dans ma grande naïveté, j’ai pris ses silences pour de la discrétion, son égoïsme pour une grande sensibilité, son mépris pour une incapacité à exprimer ses sentiments. Je l’ai transformé à ma guise pour pouvoir supporter l’insupportable.

Le 14 mars est passé sans que je m’en rende compte. Le 16, j’ai réalisé que ce jour de rencontre était derrière moi. Je me suis dit que c’était la première fois que j’avais si bien encaissé le coup. Pas sûr. L’angine, la grippe, c’est aussi je crois mon corps qui craque sous le poids de tous les efforts qu’il a fallu faire jusqu’à aujourd’hui pour ne pas faiblir, même une seconde, ne pas flancher, ne pas regarder en arrière, garder la tête haute, reprendre confiance, reconstruire, tout recommencer, ne pas avoir peur de l’avenir, ne pas le détester, pour rester fidèle à moi-même, à mes rêves et à mes envies.

Posted in Carnets de route

150 vies en moins

Au départ je n’ai pas prêté plus attention que ça à l’accident. D’abord parce que j’étais au fond de mon lit avec 39.5° de fièvre. Et puis parce que tout ce raffut m’a vite pesé, au regard des millions de personnes qui crèvent autour de nous et dont personne ne parle jamais. Crever, c’est moche comme mot, j’en conviens, mais c’est notre réalité. Mourir c’est partir avec un minimum de respect.

Ces jeunes shootés à bloc qui perdent la vie dans un squat peuplé d’immondices, ces gosses qu’on tue sans que personne ne vienne réclamer le corps, ces hommes et ces femmes qu’on torture, qu’on humilie, dont on laisse les corps pourrir au soleil, ces peuples qu’on massacre, ces pauvres à deux pas de chez nous, isolés, sans revenus, sans famille, sans repères. Tous, ils crèvent chaque jour, parfois sous nos yeux, parfois loin de nous. Mais avec tous les nouveaux moyens de communication que nous possédons, nier cette évidence, c’est fermer les yeux, accepter l’inacceptable.

Et puis hier en rentrant, j’ai appris qu’il s’agissait d’un suicide, qu’un pilote de ligne avait emmené dans sa chute 149 autres vies. Quelle horreur !

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Source Photo

Je vais vous avouer que ma première pensée a été pour les parents de ce jeune homme. D’abord le suicide de leur enfant. Et ensuite la conscience que son acte a brisé non pas seulement 149 vies, mais la vie de pères, de mères, comme eux, de femmes, d’enfants, d’époux, d’épouses, d’amis. Des centaines de vies écrasées contre les falaises des Alpes.

Il y a quelques années j’ai compris pourquoi certaines personnes mettaient fin à leurs jours. Trop de souffrance, trop de douleurs, trop de tout et pas assez d’énergie pour continuer à vivre. Certains pensent parfois que le suicide est un acte purement égoïste. Si certains arrivent à survivre, pourquoi pas d’autres. Pour ma part je pense que c’est un acte courageux, même si cela brise tout sur son passage. Certains y arrivent, pas d’autres. C’est humain. Et l’humain est parfois terriblement fragile.

Mettre fin à ses jours c’est une chose. Se donner la mort en embarquant d’autres vies que la sienne, c’est criminel. Que s’est-il donc passé dans la tête de cet homme ? Comment pardonner ? Comment revivre ? Comment comprendre ? Trop de questions qui resteront sûrement sans réponse. Est-on en droit de juger l’auteur de cet acte ? Que se passe-t-il d’effrayant dans nos têtes quand tout s’écroule autour de nous ? Maintenant que l’on en sait plus, on va décortiquer sa vie, blesser sa famille forcément, les rendre peut-être même responsables de l’horrible acte de leur fils.

Pour ma part, je ne sais pas. Je crois que je préfère ne pas y penser et prier pour qu’au bout de ce long chemin de deuil, chaque personne touchée par cette tragédie trouve la paix.

Posted in Carnets de route

Comme une envie de voir la mer…

Je suis une fille de la ville, mais de la ville près de la mer.

Je n’aurai jamais pu vivre à la campagne. Ses bruits me font frissonner. Je me sens mieux dans un appartement, même sans jardin. Avec la mer, pas si loin.

J’ai grandi sur la côte ouest, près de l’océan. La ville et ses rues vivantes. Et le calme du bord de mer, aux vacances scolaires et chaque weekend à partir de Juin.

A côté du périph, la vie semblait être acquise, notre routine installée. Autour de nous, il y a de la verdure, des parcs pour nous faire oublier les embouteillages de début et de fin de journée, des jardins pour les enfants, des espaces verts qui nous donnent l’illusion que nous pouvons quitter la ville le temps d’un après-midi, en pique-niquant sur l’herbe en famille ou entre amis.

La mer est loin. Et elle me manque. J’aimerai pouvoir sauter dans un train et en moins d’une heure retrouver les plages de mon enfance, celle qui me connaissent si bien, gardiennes infaillibles de mes souvenirs et de mes secrets.

Est-ce la fin de l’hiver, le printemps qui se fait désirer, la longue chaîne des bronchites, angines et grippes qui m’ont secouée depuis le début de l’année ?

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J’ai beau aimé Paris, j’ai besoin de fraîcheur, de douceur, de m’asseoir sur le sable et d’attendre l’orage. Même la pluie n’a pas le même goût face à la mer. J’ai envie de siroter un café en écoutant le va et vient des vagues, de m’aventurer dans les terres, de me blottir contre un arbre, de regarder le ciel changer de couleur, annoncer la nuit.

Paris est loin de tout ce que j’ai toujours aimé, de ce qui m’a toujours soutenu, dans les moments délicats de mon existence. En France ou ailleurs, la mer a toujours été mon alliée, ma bouée de secours, une épaule sûre et sereine, mon havre de paix et de sécurité.

Posted in Tout un poème

Une lumière dans ta nuit

Aurai-je les mots qu’il faut

Pour apaiser tes larmes

Saurai-je te dire combien

Je comprends ton chagrin

IMGP2849 2Sous un carré de terre

J’ai enfoui moi aussi

Les restes d’une enfance

A tout jamais finie

J’entends encore son rire

Et le son de sa voix

Me lire de belles histoires

Accompagner mes premiers pas

Je vois encore son sourire

Sa bonté naturelle

Ses yeux qui s’imaginent

Que rien n’est impossible

***

Je vais souvent le voir

Sous son carré de terre

Je m’assois un moment

Je prends un peu le temps

De lui parler de moi

De tout ce qu’il ne voit pas

De tout ce que je lui dois

Et puis des herbes folles

De la maison vendue

Des photos que je garde

Des souvenirs perdus

Il y a des jours comme ça

Où j’aimerai qu’il soit là

Qu’il me prenne la main

Qu’on fasse comme autrefois

Qu’on regarde la mer

Se perdre dans la brume

Qu’on regarde l’hiver

Se gausser du printemps

***

Il est mon premier et mon plus gros chagrin

Devant son corps rongé

Par des mois de maladie

Je le revois encore me dire

Que la vie est fragile

Qu’il faut en prendre soin.

Je dédis ce poème à toutes celles et ceux qui ont perdu un être cher

et 

qui avancent malgré le chagrin et la blessure qui compriment leur joli coeur

Posted in Les Instantanés Singuliers

Instantanés Singuliers #3

Bonjour à tous.

C’est samedi et l’heure donc de vous dévoiler le thème  d’Avril!

J’espère qu’il vous parlera autant que les précédents et que vous serez encore nombreux à me faire voyager et vibrer.

Ce mois-ci, je vous propose donc de travailler sur:

Les murs de votre ville

(leur histoire, leur mémoire, ce qu’ils disent, ce qu’ils cachent, ce qu’ils dévoilent; leur art, leur regard sur le monde…)

Au plaisir de vous lire!

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Posted in Carnets de route

Ne cherchez plus le bonheur. Regardez, il est en vous.

Qui n’a jamais entendu parler du bonheur ? De sa quête, de son apprentissage ? De ses ramifications, de ses pérégrinations ?

Combien d’heures, de journées, d’années passées à guetter le moindre signe. Combien de mois à piétiner, s’impatienter, à attendre que quelque chose se passe

Depuis plusieurs années déjà, les livres, les conférences, les blogs se concentrent sur cette idée et s’en donnent à cœur joie. Tous les articles sont lus, relus, partagés, chacun cherchant la clé de son bonheur, sans forcément trouver la porte qui y mène.

Et c’est tout naturellement que l’ONU a créé la Journée Mondiale du Bonheur, célébrée le 20 mars.

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Source Image Pinterest

Le bonheur, inné ou acquis ?

Je l’ai cherché pendant longtemps, me plongeant moi aussi des heures durant dans tous les livres qui traitaient du sujet, m’enivrant des pratiques contées ici et là qui garantissaient toutes un résultat positif. Je l’ai bousculé un peu pour qu’il me révèle ses secrets les plus intimes. Et plus je le cherchais, plus le bonheur me fuyait.

Puis j’ai sincèrement arrêté de m’y intéresser, pensant que certaines personnes étaient faites pour être heureuses, d’autres pas. J’avais beau me réveiller chaque matin en me disant que j’allais être enfin heureuse, même un peu, ça ne fonctionnait pas. Au fond j’en étais venue à me dire que le bonheur était un talent que je ne maîtrisais pas.

J’ai donc continué ma vie, un peu bancale, rose par moments mais jamais vraiment, pleinement agréable. Il y avait toujours quelque chose qui clochait.

Qu’est ce qui a changé aujourd’hui ?

J’ai compris que le bonheur existe en nous, qu’il n’est pas extérieur à nous. Le bonheur est inscrit dans nos gênes. Mais si nous ne le réveillons pas, si nous ne le laissons pas nous transporter, alors le bonheur reste bien caché au fond de nous. Le bonheur attend que nous soyons prêts à embarquer avec lui.

Est-ce que cela veut dire que ma vie est un long fleuve tranquille ? Non. Mais avec le bonheur à mes côtés, j’appréhende différemment les ronces sur le chemin. J’arrive à voir cette lumière, dont tout le monde parle, briller même dans les moments de doute. Je ne vois pas pour autant le monde avec des lunettes roses. Il y a des jours où je suis triste, où j’ai peur encore. Mais quelque chose à changer. J’ai trouvé un équilibre et cet équilibre je le chéris.

Le bonheur nous invite aussi à partager. Le bonheur pour soi c’est bien. Mais si les autres peuvent en profiter c’est encore mieux. Le bonheur n’attend que ça. Toucher d’autres vies, se déployer, s’aventurer loin, inviter les cœurs à s’émerveiller de tout. Laissons le bonheur nous guider et n’attendons pas sagement qu’il nous trouve. Regardons au fond de nous. Trouvons en nous la source d’eau vive qui nous fera redoubler d’amour pour la vie, pour le monde.

Et vous, comment voyez-vous le bonheur ? Que vous inspire cette journée mondiale du Bonheur ?

Posted in Emprise et Renaissance

Pas à pas, avancer sur la route du pardon

Juste après mon départ précipité, j’ai vécu un bon bout de temps avec la culpabilité. Jour et nuit, elle me poursuivait, me faisant douter de mes choix, de mes motivations. Puis j’ai commencé à beaucoup me justifier, auprès de moi-même et des autres. Il y avait toujours un « parce que » à la fin de mes phrases. Je voulais me persuader que j’avais pris la seule bonne décision possible. Mais je voulais aussi persuader les autres que je n’avais pas eu d’autre choix.

Au fil du temps, j’ai réussi à me pardonner, à ne plus ressentir ni culpabilité ni rancœur envers moi-même. J’ai réussi à ne plus voir cette séparation comme un échec. Nous avions fait un pari, comme tout couple. Et puis ça n’avait pas fonctionné. Ca arrive, c’est tout.

Lui pardonner. C’est l’étape suivante. Mais c’est beaucoup plus compliqué. Pardonner sans oublier. Pardonner et ne plus ressentir ni colère, ni dégoût. J’avance à tâtons. Au début, c’était impensable pour moi de lui pardonner. Puis le temps a fait son œuvre. Et j’ai entrevu que c’était possible.

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Est-ce que c’est devenu possible parce que je ne ressens plus d’amour pour lui, parce que je sais au fond de moi que « nous deux » n’existe plus ?

Parfois, je me surprends à parler de lui, sans amertume. Je dis « il ressemble à son papa » sans que cela me froisse le cœur. Je me souviens des jours heureux, de son visage quand lui aussi paraissait heureux. L’angoisse du départ me poursuit toujours la nuit. Il a de multiples visages, tous aussi dangereux les uns que les autres. Mais en regardant chaque cauchemar de près, je sens que je m’éloigne de la peur, de la douleur aussi.

Le pardon ne se décide pas un jour. Et le lendemain tout est pardonné. C’est un processus, un cheminement personnel, qui me permet aussi de me placer au centre de cette vie, ma vie que j’ai longtemps négligée.

Je lui pardonne un peu plus chaque jour. A mon rythme. Et doucement je me sens revivre.

Posted in Tout un poème

Les filles des villes

Les filles des villes portent des bas

Des jupes courtes qui dévoilent

Leurs jambes fines, nues

Sous le voile fin de leurs incertitudes

Les filles de villes se maquillent

Entre deux bus,

Leurs longs doigts blancs

Dessinent des idéaux fragiles

Les filles des villes sont charmantes

Parfois un peu bruyantes

Elles se chamaillent sous les yeux avides

De leurs amants puérils

Les filles de villes apprennent la vie

Sous couvert du silence de la nuit

Leurs rêves de petites filles

Bien accrochés à leurs cœurs transis

Les filles des villes s’ennuient

Se délectent de fantaisies

Bonbons sucrés

Musique saccadée

Les filles des villes

S’accrochent, décrochent

S’enivrent, désirent

Et aiment à la folie

Marie Kléber

c20298fbafdc0e73bc8618bafa117432_resizedJ’ai écrit ce poème d’une traite en pensant peut-être à l’adolescente que j’ai été, à cet entre-deux mondes, entre l’enfance et l’âge adulte, au cours duquel on perd quelques plumes et on se demande souvent ce qu’on fait là, qui l’on est et même où l’on va…

Posted in Les Instantanés Singuliers

Instantanés Singuliers #2 – Auto Portrait (Discret)

C’est l’heure de revenir avec un point sur les Instantanés Singuliers de Mars. J’ai pris du retard mais je ne vous ai pas oublié. Encore un grand merci pour vos participations toutes aussi intéressantes et touchantes les unes que les autres. Je suis enchantée que ce second thème vous ai inspiré, presque autant que le premier.

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Posted in Humeurs d'Auteur

Blog à part…

J’ai débuté ce blog à une époque où j’avais tout pour être heureuse ! Je bossais à 450 bornes de mon escargot, rentrais le vendredi soir et repartais le lundi matin aux aurores, les yeux à peine ouverts. Toutes ses premières fois se sont déroulées sans moi. Je venais tout juste d’avoir mon premier rendez-vous chez mon avocat (chéri) pour une demande de divorce et j’avais encore une fois dû raconter ma vie à de parfaits inconnus (vie o’ combien passionnante et exaltante), je vivais la semaine dans le 15m2 que ma sœur me prêtait gracieusement. Ma vie sociale était au point mort. Quant à ma vie amoureuse, elle était inexistante et je rentrais chaque soir avec la hantise de voir Roger faire le pied de grue devant ma porte. Tout allait donc merveilleusement dans le meilleur des Mondes.

J’ai donc débuté ce blog avec l’envie de dédramatiser les choses. Autant je pense qu’on ne peut pas rire de tout, autant je pense que si on peut rire de certaines choses, de certaines situations, de certains chagrins, autant le faire. Ca rend la vie plus abordable et moins sérieuse !

J’avais envie avec ce blog d’aborder des sujets drôles (je suis un cas ambulant, qui comme chaque cas qui se respecte, vit au moins une fois par semaine un grand moment de solitude, à inscrire dans les annales), de parler un tout petit peu de ma vie, pas trop de Roger (car sincèrement Roger n’en vaut pas la peine) et puis d’échanger sur tout ce que j’aime / aimais de près ou de loin.

J’avoue que j’ai tenu le cap quelques semaines. Et puis un beau jour ça a chaviré. J’ai eu besoin de parler de ma vie de tous les jours, de Roger (qui m’en a fait voir de toutes les couleurs, sauf celles de l’arc en ciel), de mes regrets, de mes chagrins, de mes erreurs, de mon passé (un peu trop de mon passé d’ailleurs). Enfin, j’ai commencé à diverger grandement, ou à divaguer amplement. Je n’avais plus de fil conducteur, j’avançais en roue libre. Et je n’ai pas su m’arrêter à temps.

Un jour de longue agonie dans mon lit avec 40 de fièvre, la gorge en feu, j’ai regardé mon blog de l’extérieur et j’ai ressenti comme un malaise. Je me suis dit le genre de truc qu’on entend toujours dans les comédies romantiques « elle a tout pour être heureuse, et pourtant… »

Pourtant il y a un truc qui cloche. Et le truc qui cloche c’est justement le fait que Marie Kléber n’existe pas. C’est un personnage de fiction. Marie Kléber c’est une fille pétillante et gaie, une fille qui a envie de croquer la vie à pleines dents. Bien sûr il y a beaucoup de moi en elle mais pas que.

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C’est à partir de ce constat que j’ai mis mon blog en pause. Pour comprendre où je voulais aller avec elle, comment je voulais faire évoluer mon blog, quels types de billets allaient perdurer et quels autres allaient disparaître de cet espace, pour rejoindre peut-être un blog plus personnel (car soyons honnêtes, parfois j’ai vraiment besoin de sortir ce que j’ai sur le cœur, de me mettre à nu, de lâcher prise, sans pour autant que la terre entière lise mes états d’âme). A force d’écrire sur tout, absolument tout, j’ai comme eu l’impression de perdre mon anonymat, de m’exposer un peu trop, de perdre en crédibilité aussi, de ne plus être capable de faire la part des choses entre ma vie virtuelle et réelle, entre ce que je voulais partager et ce qui relevait du strictement privé.

Il faut bien le dire depuis que je blogue j’ai fait des rencontres épatantes. Je me suis liée d’amitié avec des filles, des femmes, que je n’aurai certainement jamais rencontrées, si j’étais sagement restée chez moi à regarder une énième télé-réalité grotesque sur mon poste moyenâgeux. Je n’aurai sûrement jamais ri, partagé, échangé autant et eu une vie sociale digne de ce nom (enfin !)

D’ailleurs une vague de remerciements est de rigueur pour toutes celles (et ceux) qui se sont sentis délaissés par mon absence, mais surtout qui m’ont laissé de gentils messages, inquiets de mon silence inhabituel. Ca fait chaud au cœur. Je vous retrouve avec un plaisir immense (la coupure a été brève mais sincèrement je me voyais mal laissé Marie Kléber (et vous aussi) de côté trop longtemps, je crois qu’elle m’en aurait un peu voulu – comme si j’avais besoin de ça en ce moment!)

Et puis, j’ai bien entendu changé de design (comme c’est bizarre) pour créer un univers un peu plus édulcoré, plus vivant, plus gai. J’avoue avoir rêvé, un court instant, d’être l’heureuse propriétaire d’un blog top design, comme ceux que l’on voie en masse sur la toile. Mais j’ai eu envie de quelque chose de plus personnel, moins blanc, moins classique, plus Marie Kléber en quelque sorte. Je changerais peut-être de couleurs au gré des saisons ou de mes envies. Je me laisse le choix…

Et vous, comment allez-vous en ce début de semaine?

Posted in Carnets de route

Le temps de vivre

L’enfant nous apprend à prendre le temps de vivre.

Il suffit de le regarder jouer, s’intéresser à tout, avancer et revenir en arrière. Il regarde avec émerveillement tout ce qui nous semble acquis. Les deux pieds dans la nature, il est à l’affut de tout. Sa liberté et son énergie nous entraînent loin des montres, des téléphones, loin de ce qui au fond nous éloigne souvent de nous.

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L’enfant nous aide à revenir à l’essentiel, à profiter de la vie avec lui, à nous recentrer. Ce que nous mettrions quelques minutes à faire, il en a pour une bonne heure. Nous voudrions parfois le presser mais à quoi bon. Si nous nous laissons gagner par son rythme de vie, nous découvrons des trésors de sérénité, nous reprenons goût à toutes ces choses qui parfois semblent superficielles mais qui nous font pourtant beaucoup de bien.

Parfois l’enfant nous fatigue, nous épuise même. Mais si nous prenons le temps, si nous acceptons de vivre à son rythme, nous finissons pas trouver un certain équilibre, nous revenons en nous et nous arrivons enfin à définir nos priorités, souvent menacées par nos excès, nos envies d’aller trop vite, de bousculer le temps, tout en cherchant sans cesse à l’économiser.

Nous sommes de vrais paradoxes ambulants parfois…

L’enfant nous apprend à prendre notre temps.

Posted in Carnets de route

Impulsive

Est-ce un défaut que j’ai toujours eu ? Ou bien la vie a fait que je le suis devenue ?

Je ne saurais dire.

J’essaye tant bien que mal de dompter ce trait de caractère trop virulent à mon goût.

C’est pourquoi dans cette crise que je traverse, crise d’identité, d’intégrité peut-être aussi, j’essaye de ne pas me juger, de laisser les choses se faire.

Je n’ai rien fermé, rien annulé, rien détruit. Pour une fois. Je me laisse des portes ouvertes.

Ni avant. Ni après. Peut-être que j’ai besoin de deux espaces aujourd’hui pour retrouver mon équilibre.

Il est vrai que je délaisse un peu le premier pour venir écrire ici aujourd’hui. Mais parfois certaines séparations sont essentielles pour retrouver son chemin.

J’en ai besoin. Ce n’est pas pour autant que je souhaite tirer un trait sur tout ce que cette aventure m’a apporté. Et m’apportera encore j’en suis certaine.

Je me laisse le temps de revenir, à mon rythme, de reprendre la plume à ma guise, sans m’imposer de date limite.

Tout est un flot continue. A force de prendre des décisions à froid, j’ai cloisonné ma vie, ne me laissant jamais le choix de revenir en arrière ou de revoir un jugement fait à la hâte, ou de reprendre contact avec une personne perdue de vue.

Tout ou rien. Cela ne me convient plus vraiment.

Je m’autorise aujourd’hui à ne pas savoir où j’en suis. Je m’autorise à déserter pour mieux revenir. Je me donne le droit de choisir ce qui est le mieux pour moi.

C’est un grand pas. Je l’apprécie. Je respire un peu mieux d’ailleurs en sachant que rien n’est clos. Tout est à redéfinir. Tout reste à créer.

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Posted in Carnets de route

Constat douloureux mais salutaire

Dans cette course au lectorat, à la recherche de confiance en moi, j’ai perdu pied. J’ai perdu l’essence de la vie, j’ai perdu des repères importants. Je me suis lancé des défis de taille, ai multiplié les projets en tous genres.

J’ai existé avant de perdre pied, d’en avoir trop dans la tête, trop à n’en plus dormir sans penser aux mots à ajouter sur la page virtuelle que devenait ma vie.

Un banal mal de gorge, le besoin de dormir, de m’allonger et de ne penser à rien, une balade en petit train m’ont remis sur les rails. Mais des rails différents.

Je ne vais pas m’entêter dans la voie choisie, ni continuer à chercher dans le regard des autres la confiance qui me manque. C’est encore là un travail qui ne revient qu’à moi et moi seule. Les autres pourront peut-être m’aider à y arriver mais ils ne pourront pas faire le chemin à ma place.

Le nombre d’abonnés que je regardais grossir hier, assez fière, me donne la nausée aujourd’hui.

Le constat n’est pas forcément simple à gérer mais il est important que je sois honnête avec moi-même. Cette semi-gloire m’a attirée. J’ai voulu me hisser en haut du podium, devenir celle vers laquelle tous les regards se tournent, tout en conservant mon intégrité, ma vérité.

A trop vouloir m’approcher du soleil, je me suis brulée les ailes. En endossant les attributs d’une autre, j’ai forcément mis de côté un peu de moi, sans y prendre garde.

J’ai multiplié les heures de connexion, oubliant la vie, n’aspirant qu’à voir si j’avais un nouveau commentaire sur un billet. Je suis devenue obsédée par mon blog, par son essor, par son exposition, par son design, son aura. Sans m’en rendre compte, j’étais devenue accro, accro au regard des autres sur moi.

Je suis déjà passée par là, une fois, plusieurs fois. La prise de conscience est douloureuse mais elle est salutaire. Elle nous aide à aller de l’avant, à renverser la vapeur, à prendre des décisions vers un mieux-être, une nouvelle vie.

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