Posted in Variations Littéraires

Une fille comme ça

Je suis une fille ordinaire,

Une fille qui dit bonjour quand il faudrait dire bonsoir,

Ou bon weekend le mardi soir

Qui dit monter pour descendre,

Ou encore perd l’équilibre sur terrain plat.

Je suis une fille un peu rêveuse,

Qui se parle à elle-même

Et si ça fait rire les passants, et bien tant mieux pour eux.

Je suis une fille simple, qui aime la vie,

Une fille qui exquise quelques pas de danse entre deux métros

Une fille qui dit bonjour aux gens qui font la manche,

Et tant pis si ça en gêne certains, ils ne savent pas ce qu’ils perdent

Un sourire offert peut vous mettre le cœur en vrille.

Je suis une fille secrète, un peu discrète,

Une fille qui aime le couscous et les paninis aux trois fromages.

Je suis une fille sensible, paisible

Une fille qui se cherche.

Je suis une fille qui aime la pluie, l’orage,

Une fille qui saute dans les flaques comme le font les petits

Juste par envie.

Je suis une fille sans style,

Une fille qui pique ici et là des goûts, des idées qui ne lui appartiennent pas.

Je suis une fille fragile,

Une fille qui souffre quand la vie se montre un peu injuste avec elle ou avec ceux qu’elle aime.

Je suis une fille éprise de liberté, une fille pleine d’espérance,

Une fille qui place l’amour tout en haut de l’échelle.

Je suis une fille généreuse et très curieuse,

Une fille qui commence à s’accepter comme elle est,

A voir ses qualités prendre le dessus sur des défauts qu’elle tente peu à peu de maîtriser.

Je suis une fille comme ça,

Une fille humaine,

Une fille à la recherche de son équilibre.

 Et vous, vous êtes quel genre de fille ? (ps – si vous commentez, écrivez au minimum 3 choses positives sur cette fille que vous êtes)

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Source – Ego AlterEgo Tzviatko Kinchev Peinture

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Une minute de silence

Une minute ce n’est pas grand-chose et quelques fois pourtant c’est tout ce que l’on peut donner.

Ces jours-ci les minutes de silence viennent se greffer les unes aux autres, sans que je sache en arrêter le flot.

Il suffit d’ouvrir un journal, de regarder les informations du soir. Il suffit de sentir la tension, palpable à tous les niveaux.

Il suffit d’un regard vers le passé. Il suffit de ces mots gravés dans nos mémoires « plus jamais ça ».

Il suffit de regarder un enfant dormir et se demander où notre monde s’en va, à quel destin tragique tant d’hommes et de femmes sont condamnés.

Il suffit d’un éclat de soleil pour se dire qu’il ne brille pas partout pareil, d’un bol de soupe pour se souvenir qu’à côté de nous certains meurent de faim.

Il suffit d’une âme qui s’envole vers d’autres cieux, d’un rêve qui s’éteint, de larmes partagées.

Il suffit de quelques gouttes de terrorisme pour se remémorer les heures noires de l’histoire et se dire que l’histoire continue.

Il suffit d’un coup d’œil vers le sud, le nord, l’ouest ou l’est, pour comprendre que rien n’est jamais acquis, que nous avons encore beaucoup de choses à apprendre sur la folie des hommes.

Alors une minute de silence, c’est tout ce qu’il me reste face à la barbarie, au fanatisme, à la violence, à l’injustice, qui font d’atroces ravages au sein même de nos vies.

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Source

Posted in Carnets de route

Le corps des femmes leur appartient

Il est étrange pour moi de devoir écrire ces mots en 2014, alors même qu’à travers le monde, le corps des femmes est maltraité, asservi, violé.

La loi Veil a été voté en France il y a 40 ans, rendant légal l’avortement. Mais aujourd’hui encore, une femme qui décide d’avorter n’est pas respectée, en tant qu’être humain, dans son choix.

Il y a quelques mois à peine, une de mes amies a décidé de ne pas garder le bébé qu’elle portait. A l’annonce de la nouvelle de sa grossesse, son petit ami lui a dit de but en blanc « je serais là pour l’avortement ». Elle a pesé le pour et le contre, s’est dit qu’elle pourrait sûrement l’élever seule mais qu’elle n’était pas prête, qu’elle ne se sentait pas à la hauteur de la tâche. Elle a décidé d’avorter. Le jour de l’échographie, on a posé le moniteur sur son ventre et on lui a dit « regardez c’est votre bébé là ». Manque de respect. Horreur.

Je me demande comment on peut faire ça, comment on peut, à ce point, manquer de tact.

La décision d’avorter n’est jamais un choix facile à faire. Toutes les femmes qui sont passées par là vous le diront. Mais c’est un choix, leur choix et le moins que l’on puisse faire pour ces femmes, c’est de les accompagner le plus sereinement possible dans ce choix.

La suite de l’histoire, c’est celle de beaucoup de femmes. Une pilule abortive ou une anesthésie locale. Et puis le néant. On rentre. On sort. C’est fini. On ne peut parler à personne du vide à l’intérieur de soi, il n’y a pas d’accompagnement psychologique. La vie reprend. Et beaucoup de femmes portent leur choix comme une honte, attachée à chaque centimètre de leur être.

Je ne parle pas de toutes ces femmes vivant dans des pays dépourvus de soins, de toutes ces femmes pour lesquelles l’avortement se fait clandestinement, dans des conditions désastreuses. Je ne parle pas de ces enfants blessées, de ces vies détruites, de ces blessures à vie.

Mais je me dis que même si un pays comme la France n’est pas prêt à mettre en place une politique basée sur le respect des droits de la femme, qui va le faire ?

Il est temps de se rendre compte que la femme a une identité, une vérité, qu’elle est un être humain au même titre que l’homme, qu’elle n’est pas juste un objet de désir, un objet que l’on possède, qu’elle n’est ni la propriété d’un père, d’un frère ou d’un mari, que son corps lui appartient et qu’elle est à même de faire, seule, des choix responsables.

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Source – Pinterest (Warrior Princess)

Posted in Tout un poème

Une pause dans mes souvenirs

Une pause dans les souvenirs

Pour reprendre son souffle

Ne rien pouvoir comprendre

Mais ne plus rien en attendre

Regarder le soleil se lever

Sans arrière-pensée

Profiter du silence dans ma tête

Qui remplace le chaos obsessionnel

Laisser les semaines passer

Laisser les heures sombres défiler

Les regards se croiser

Les cris se taire

Et reprendre le fil du récit

Un peu plus légère

Le cœur apaisé

Sans haine, ni rancœur

Juste dire les choses

Sans bourreau, ni victime

Finir d’écrire notre histoire

Et larguer les amarres

Loin des silences et des non-dits

Des idées bien ancrées

Des compromis impossibles

Des mensonges acidulés

Des rêves à sens unique

Achever le récit

Pour la forme

Pour se dire que tout est dit

Que plus rien ne pourrit à l’intérieur

Reprendre contact avec la terre ferme

Et partir pour une nouvelle vie

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Source

Posted in Variations Littéraires

Déluge de souvenirs

Dehors, c’est le déluge. On ne s’y attendait pas. Une vraie fin du monde. Moi, j’aime bien ça. Ce temps me rappelle les longues journées arrosées de la côte Irlandaise, quand on se pelotonnait dans une grosse couverture et qu’on mangeait des pop-corn avec les filles, en regardant un énième Walt Disney.

Le ciel est noir. La pluie coule sur les carreaux. Les rues sont déjà remplies d’eau, alors qu’il y a quelques minutes à peine, le bitume était brûlant. L’orage gronde au loin, puis se rapproche sans en avoir l’air. Quelques éclairs se dessinent au-dessus des nuages.

Et je me souviens de là-bas, qu’au détour d’une rue, la pluie nous surprenait souvent. Perdues, nous passions la porte du premier café, nous commandions un chocolat chaud avec des chamallows, un carrot cake ou des brownies et nous refaisions le monde pendant des heures, le temps que le ciel se calme, qu’il retrouve des couleurs apaisantes.

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Source

Il y avait aussi ces jours où l’ondée ne nous faisait pas peur. Nous chaussions nos bottes imperméables, prêtes à braver la pluie et le froid, prêtes à découvrir du pays, à rire, à revenir à la maison trempées jusqu’aux os, fières, heureuses et libres.

L’orage ne gronde plus. Les nuages noirs s’éloignent doucement déjà. Je regarde les gouttes glisser délicatement sur la vitre à côté de moi, se percuter et tomber dans le vide. Les souvenirs font moins de bruit dans ma tête. Ils reviendront plus nombreux encore avec la prochaine averse.

Posted in Carnets de route

Vous voulez ma place Mademoiselle ?

 Cette question-là on me l’a rarement posée quand j’étais enceinte. Et pourtant, j’aurai bien eu envie de dire « oui » (même si être enceinte, ce n’est pas être malade, comme certains se plaisent à nous le rabâcher, porter un bébé plus la fatigue plus les nausées, plus les maux d’estomac et j’en passe, ça épuise, qu’on le veuille ou non).

Par contre on me l’a souvent posée quand je n’étais pas enceinte justement ! Et ce grâce (ou à cause de) mon ventre qui gonfle de temps en temps. Et bien oui, je suis ballonnée et je vis cela plus ou moins bien, en fonction des maux qui accompagnent ces ballonnements (purée que c’est poétique et intéressant !).

Donc il y a des jours où quand une personne dit « vous voulez ma place ? », je mets ma fierté à deux sous de côté et je dis « oui », soulagée d’enfin pouvoir respirer normalement et me détendre. Même si la douleur ne part pas, je suis à mon aise et ça n’a pas de prix.

Je sais qu’il y a des personnes qui sont offusquées quand on leur pose cette question, qui sous-entend souvent que leur ventre est un peu rond ! Sincèrement, je ne me suis jamais sentie blessée par ce genre de remarque.

Et ça je peux le dire, c’est grâce à Madame Lopez ! A l’époque, je travaillais pour une créatrice de prêt à porter haut de gamme sur Paris et Madame Lopez était une des clientes régulières de la boutique. Elle venait, n’achetait presque jamais rien, mais elle nous faisait rire. Un jour, elle est passée, alors même que ma collègue qu’elle connaissait bien était absente, et pour cause elle attendait un heureux évènement. Madame Lopez m’a gentiment sourit en me disant « tout comme vous Mademoiselle ». J’ai éclaté de rire en lui répondant que si j’étais enceinte, alors ça devait être l’œuvre du Saint Esprit. Nous avons tellement rit que nous en avons oublié le pourquoi de ce fou rire. Elle n’était pas confuse de s’être méprise à mon sujet. Elle a juste dit « entre nous », insinuant qu’il n’y avait aucune méchanceté dans sa remarque, qu’elle avait juste fait une erreur de jugement, mais qu’il ne fallait pas non plus en faire tout un plat.

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Et elle avait bien raison. Pourquoi se compliquer la vie avec des futilités de ce genre, qui sont bien souvent des remarques anodines (pas très futées je vous l’accorde) mais qui n’ont pas non plus pour but de blesser l’autre.

Aujourd’hui, comme ce matin, quand on se lève pour me céder la place, je dis « non merci » et je ris en mon for intérieur en pensant très fort à Madame Lopez !

 Crédit Image – Pinterest

Posted in Emprise et Renaissance

Je déteste les hommes qui…

J’aime les hommes. J’aime les hommes forts, galants, respectueux. J’aime les hommes drôles, les hommes qui chantent sous la douche. J’aime les hommes avec un bouquet de fleurs dans les mains. J’aime les hommes sur qui on peut compter. J’aime les  hommes qui aiment les femmes. J’aime les hommes qui aiment la vie. J’aime les hommes fragiles et baraqués. J’aime les hommes qui se parfument. J’aime les hommes rasés de près, les hommes bien habillés. J’aime les hommes séduisants, les hommes qui sourient.

Mais il y a une catégorie d’hommes que je déteste plus que tout, ceux qui te manquent de respect.
Je déteste les hommes machos, sexistes.
Je déteste les hommes qui te reluquent le derrière ou te parlent sans te regarder dans les yeux.
Je déteste les hommes qui te demandent de t’habiller sexy, surtout quand ces hommes sont tes supérieurs hiérarchiques.
Je déteste les hommes qui utilisent des mots grossiers pour ponctuer chacune de leurs phrases.
Je déteste les hommes qui disent « elle l’a cherché » quand une fille se fait agresser.
Je déteste les hommes qui dénigrent leur femme en public.
Je déteste les hommes qui te forcent, qui t’imposent une façon de vivre, de faire.
Je déteste les hommes qui considèrent qu’une fille qui dit « non » pense forcément « oui ».
Je déteste les hommes qui te draguent ouvertement, en tenant leur fiancée par la taille.

Je déteste les hommes qui usent de leurs charmes pour te mettre dans leur lit et jugent tes performances sexuelles par rapport à un barème bien précis.
Je déteste les hommes qui parlent de leurs conquêtes ou des « petits seins bien faits » de la prof de sport ou de leur assistante, surtout quand ces hommes sont tes supérieurs hiérarchiques.
Je déteste les hommes qui te regardent de la tête aux pieds quand tu rentres dans leur bureau et se font des clins d’œil en douce.
Je déteste les hommes qui t’insultent par ce que tu ne veux pas aller boire un verre avec eux.
Je déteste les hommes qui ne te laissent pas faire un pas dans la rue, sans te faire une crise de jalousie.
Je déteste les hommes qui cherchent à savoir si tu portes des bas ou des collants, si tes dessous sont coordonnés, si tu portes une nuisette pour dormir la nuit, surtout quand ces hommes sont tes supérieurs hiérarchiques.

Et je déteste les femmes qui se prêtent au jeu, qui roulent du derrière pour appuyer leur cambrure, qui rient aux blagues salaces, qui disent « elle l’a peut-être cherché »…

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ArticlepubliéSobusygirls-rouge

 

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Un équilibre fragile

Quand mon regard se pose sur les gens autour de moi, dans la rue, le métro, au travail, je me demande à quoi ils pensent, comment ils gèrent leurs soucis, si eux aussi ils ont l’impression de marcher sur des œufs tout le temps, si ils laissent couler quand ça ne va pas, si leur travail leur plaît, comment ils règlent les conflits.

Les vacances, malgré quelques petits couacs, m’avaient laissée apaisée. J’avais l’impression que les choses avançaient, que je prenais confiance en moi, que j’étais bien dans ma vie. J’étais d’ailleurs pleine de projets. Pour une fois, je me sentais bien avec moi-même et avec les autres.

Et puis la vie a repris. Mes parents sont rentrés avec l’escargot. Il a fallu réapprendre à cohabiter dans 40m2. Il a fallu réapprendre à vivre tous ensemble, à tout faire ensemble.

La médiation et les visites ont repris. Tout s’est décomposé d’un coup d’un seul. Le constat me blesse un peu. Jusqu’à quel point peut-on accepter une situation qui nous blesse ?

Au quotidien, je me retrouve au milieu d’un couple, celui de mes parents. J’ai l’impression d’assister à un match de tennis. Ma mère ne cesse de se plaindre de l’attitude de mon père. Et mon père reproche à ma mère de toujours se plaindre de lui. Ils se parlent mal. Chaque fois que ça chauffe, ma mère est à bout. Il faut alors faire attention à ce qu’on dit, à ce qu’on fait pour que ça ne dégénère pas, et qu’on en vienne à se balancer des horreurs à la figure.

Mon père n’est prêt à faire aucun effort. Il le dit d’ailleurs lui-même « je ne fais que ce que je veux ». Le problème c’est qu’il ne fait aucun effort non plus en ce qui concerne l’escargot. Quand je dis quelque chose, il dit et fait le contraire. Quand j’ai une idée, elle est forcément mauvaise.

Mais bien entendu, je ne peux pas mettre mes parents dehors. J’en ai déjà parlé avec eux bien entendu mais rien ne change. Et de leur côté, ils ont de projets mais ces projets restent théoriques. La situation semble leur convenir. « Au pire, on doit être partis dans un an… » comme le dit si bien ma mère.

Au boulot, c’est pareil. L’ambiance est atroce. Mon patron aime me dire que je ne sers à rien. Et souvent c’est bien ce que je me dis, car mon travail n’est pas passionnant. Heureusement que je suis assez indépendante et que quand je n’ai pas grand-chose à faire, je peux en profiter pour écrire. Et puis mon salaire, j’en ai besoin, pour payer mon divorce, racheter ma liberté.

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J’avance. Mais avec quelques larmes au bord des yeux en ce moment. Je n’ai pas envie de tomber, ni de m’écrouler, j’ai envie de savoir comment faire pour regagner cette confiance qui me fait tant défaut, pour avancer plus sereinement et accepter une situation qui est difficile à vivre. J’ai envie de savoir comment m’aimer, comment faire pour m’aimer pour au moins pouvoir trouver en moi l’énergie d’avancer et retrouver cet équilibre, même un peu fragile.

ps – Je n’écris pas ces lignes pour me plaindre, ni me faire plaindre mais bien pour dire les choses telles quelles sont et essayer de trouver des solutions. Je ne suis pas partie pour vivre une vie d'”à peu près”, ni pour servir de “tampon” dans le conflit qui oppose mes parents.

Source Image – Pinterest

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La dernière saison des “Body”

Il y a quelque temps encore, les tiroirs regorgeaient de « body » en tous genres, unis, rayés, étoilés. Des « body » de toutes les couleurs. Des « body » en pagaille, portés, lavés, repassés des centaines de fois. Des « body » ouverts sur le devant pour commencer, pratiques puis des « body » usés et usagés. Des « body » des toutes les tailles, pour toutes les étapes de la vie d’un bébé en devenir, d’une maman qui apprend et se construit. Des « body » prêtés, donnés ou certains mêmes gardés en souvenir.

Le souvenir d’un temps qui a été et qui n’est plus. Mon petit homme devient grand. Il a un an et demi déjà et ce sera le dernier été de tous ces « body » qui nous suivent depuis sa naissance.

J’ai eu comme un petit coup au cœur en les triant l’autre jour. Cela fait déjà 18 mois que lui et moi partageons la même vie. Comment tout a pu passer si vite ? J’ai pourtant fait attention au temps, j’ai noté ses progrès. Je l’ai regardé s’ouvrir à la vie, s’émerveiller devant toutes ces choses qui me paraissaient bien naturelles. J’ai passé des heures à le regarder dormir, à écouter le bruit de sa respiration. J’ai pris des photos, des tonnes de photos. Je suis restée bouche bée bien des fois devant ce petit miracle qu’il est et sera toujours.

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Il n’y a pas si longtemps encore, il dépendait entièrement de moi. Aujourd’hui, chaque jour qui passe, il gagne en indépendance. Je suis heureuse de ça, juste un peu nostalgique d’un passé que je ne revivrai pas, de ce temps qui se perd, de ce temps qui avance trop vite, de ce temps que nous aimerions suspendre pour juste respirer pleinement cette vie qui s’épanouit, qui devient grande alors qu’hier encore, elle était toute petite.

ArticlepubliéSobusygirls-rouge

 

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C’était il y a 13 ans

Les images tournent en boucle sur les chaînes de télévision. Aujourd’hui encore, les premiers mots qui me viennent sont « Mon Dieu ». Il n’y a rien à dire. De la fumée noire s’échappe des tours jumelles. Le monde s’arrête de tourner quelques secondes. Le monde regarde impuissant deux avions exploser au milieu des tours du World Trade Center, à l’heure où des milliers de personnes sont au travail.

Ces hommes et ces femmes s’étaient levés le matin. Ils avaient pour certains conduits leurs enfants à l’école ou à la crèche. Ils avaient dit vite fait aurevoir, d’un signe de main, à leurs époux, leurs compagnes, ils allaient peut-être rejoindre une personne chère. C’était un début de journée banal, comme nous en connaissons tous. Pour une journée qui ne serait plus jamais comme les autres.

Treize ans après, j’aurai espéré que le monde aurait changé. Mais le bain de sang continue, le fanatisme se répand à une vitesse vertigineuse. On a beau vouloir ne voir que le beau du monde, on ne peut pas fermer les yeux devant les exactions commises au jour le jour. On torture, on décapite. On utilise le viol comme arme de guerre. On lapide à nouveau les femmes. On crée la terreur, on sème des graines de haine et de violence un peu partout. Le fanatisme n’a plus de limite.

Quand je pose les yeux sur les grands drames de notre histoire commune, je me demande comment des hommes ont pu commettre de tels crimes, de telles atrocités. En regardant Vol 93 hier soir, je me suis à nouveau interrogée « Comment des hommes ont été assez fous pour détourner des avions et emporter avec eux des milliers de vies humaines ? » et surtout « Pourquoi ? Au nom de quoi ? ». C’est incompréhensible. Mes questions demeurent sans réponse.

Je pense parfois à ces hommes et ces femmes, pour qui la vie a basculé, en un quart de seconde. Je pense à ceux qui ont vu l’avion foncer droit devant eux, à leurs yeux révulsés d’horreur. Je pense à ceux qui de loin ont assisté à cette scène catastrophe et qui n’ont rien pu faire. Je pense à ceux qui étaient dans les avions, qui se sont retrouvés pris au piège, qui priaient alors qu’à côté d’eux, des hommes déshonoraient le nom de Dieu. Je pense à tous ceux qui restent et qui ne comprennent toujours pas ce qui s’est passé ce jour-là.

Le monde s’écroule sous nos yeux. Et nous attendons, incapables d’agir, de réagir. En face d’une telle folie, il est normal d’être décontenancé, perdu, de ne pas savoir quoi faire, par où commencer. Et pourtant nous ne devons pas baisser les bras, nous devons lutter, à notre niveau, pour que demain soit moins meurtrier qu’aujourd’hui.

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Crédit ALISA BURKE Blog

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Je chante comme une casserole et j’assume !

Ok, je ne chante pas aussi mal que Bridget Jones, bourrée, à la fête de Noël du bureau. Mais bon, je me défends quand même. Et je n’ai aucun complexe. Nous ne sommes pas tous doués en tout, c’est un fait qu’il faut accepter pour mener sa vie, un fait que j’ai accepté (au moins un, c’est un début !)

C’est bizarre car selon mes parents, je chante depuis que je sais parler. Il paraît que la nuit, je me réveillais et je chantais. Et que ça les faisait bien rire d’ailleurs.

Ma première vraie révélation, c’était en classe de chant. Mes parents m’y avaient inscrite sur les conseils avisés de mon institutrice qui me trouvait trop réservée. Elle n’aurait pas pu s’occuper de ses fesses, celle-là !

Premier cours, tout va bien. Tout va bien jusqu’au jour où mon charmant professeur de musique me prend à part (devant tout le monde, c’est tellement plus rigolo) et me dis « Imaginez votre voix franchissant le mur du son ». J’étais mal barrée, je vous le dit. J’imaginais carrément un mur devant moi et je ne voyais pas comment j’allais pouvoir casser le mur avec pour seul arme, ma voix. D’ailleurs, je n’ai pas réussi (c’était couru d’avance) et mon gentil professeur m’a dit « pas de souci, allez-vous mettre derrière avec les graves, on ne vous entendra pas trop ».

La messe était dite. L’année suivante, j’ai échappé à la chorale. Et par la suite, j’ai décidé de chanter pour moi, sous la douche (tellement agréable), en faisant le ménage (tellement facile d’imaginer le balai se transformer en micro pour l’occasion), dans la rue (tellement drôle de voir les gens se demander si tu n’as pas un grain), au karaoké du camping (tellement cliché !)

Primo, je ne me rendais pas compte que c’était faux, donc ça ne me gênait pas. Bon, ça gênait un peu ma sœur quand même (qu’est-ce que vous voulez, elle a une belle voix, elle ne peut pas comprendre).

Et puis, je me suis dit que ce n’étais pas parce que je chantais faux que c’était la fin du monde non plus. D’ailleurs, quelques fois c’est même rigolo. Quand tu chantes faux, tu apprends à ne pas avoir peur du ridicule et tu te lances dans des interprétations toutes aussi folles les unes que les autres. Alors que les gens qui chantent juste et bien, ils tiennent souvent (pas toujours hein, juste souvent) à respecter à la lettre le tempo et l’atmosphère de la chanson.

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Il fut un temps où il faut bien l’avouer, j’attendais qu’on me dise « mais non, tu chantes bien ». Aujourd’hui, j’ai conscience de mes limites et j’assume pleinement ma voix chevrotante, ma voix incapable de monter dans les aigus ou de descendre dans les graves et mon incapacité à différencier un « la » d’un « do » !

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Ces jours où je voudrais le détester

Je pensais m’en être sortie, être forte. Je pensais que tout irait bien désormais, que le pire était derrière.

Je ne pensais pas qu’en 1h et demi, cet homme pouvait être capable de remettre ma vie en jeu, qu’il avait encore un quelconque pouvoir sur moi.

L’emprise, c’est la capacité de quelqu’un à vous retourner la cervelle en moins de deux secondes, si bien que vous êtes incapables de penser, de prendre une décision ou d’agir.

Vous dites oui, alors que vous pensez non. Et une fois que vous vous retrouvez en face des autres, du monde, vous vous demandez comment vous avez pu vous faire avoir en beauté, comment vous avez pu vous faire rouler, comment vous avez pu, encore une fois, laisser l’autre décider pour vous. Vous êtes incapables de justifier vos choix.

C’est ce qui s’est passé samedi. Je suis sortie de la médiation, j’ai craqué. J’ai eu une envie d’hurler à la terre entière que je n’en pouvais plus de tout ça.

Quand je pense faire deux pas en avant, j’en fais un en arrière. Ca ne s’arrête jamais. La médiation ne sert à rien, à part à me replonger dans le passé, à me maintenir prisonnière de sa façon de penser, de ses besoins, de ses envies.

Je suis sans cesse dans le compromis, alors même que je devrai être ferme et sûre de moi. Au lieu de ça, il arrive à me faire plier, à me faire renoncer à mes principes, à ma façon de voir les choses.

Il arrive même à me faire culpabiliser.

Je ne peux plus continuer ainsi. C’est nocif. Pour moi. Pour mon enfant. Pour ma famille.

C’est un cercle vicieux, un cercle dans lequel je refuse de me perdre une seconde fois.

A force de me dire que rien n’est grave, tout devient très grave.

L’argent, ce n’était pas grave, le mariage religieux ce n’étais pas grave, la première humiliation, la première menace, la première insulte, le harcèlement journalier, ce n’était pas grave, la première porte qui claque, le premier réveil en pleine nuit, le premier regard noir et méprisant, ce n’était pas grave. Rien n’était grave et je me suis retrouvée au bord du gouffre, anéantie et meurtrie.

Tout est grave et aucun compromis n’est possible avec une personne que lui.

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Je vais mettre un terme à la médiation. Je vais revenir sur ma décision pour la webcam. Je vais arrêter de penser qu’il va changer. Et je vais réussir une bonne fois pour toute à me mettre dans la tête que cet homme est prêt à tout pour me détruire. Il le fait si bien, et contrairement à ce que certains peuvent penser, il sait ce qu’il fait.

ps – Merci d’avoir lu. J’ai passé un weekend tellement horrible que je suis heureuse de reprendre le chemin du travail. Ce n’est qu’un passage à vide, demain est un aute jour.     

Posted in Carnets de route

Du bruit dans la maison

J’ai repris la route de Paris fin août, en laissant derrière moi mon petit escargot. La séparation, nous y sommes habitués lui et moi. Il avait à peine 5 mois et je partais déjà travailler loin de lui. J’allais l’embrasser le vendredi soir, tard et ce n’est que le matin, que j’apercevais son joli visage et que je le couvrais de baisers. Je partais le lundi matin, à l’aube, sur la pointe des pieds, pour ne pas le réveiller. Il a vite été habitué à vivre sans moi. Nous comptions les lunes et il entendait ma voix au téléphone.

J’ai repris la route de Paris fin août, la tête remplie de projets. J’ai mis à jour quelques-unes de mes photos, fait des albums. J’ai fait du tri aussi, donné ce qui ne servait plus, aux bonnes œuvres. J’ai fait du ménage, de la décoration. L’appartement était impeccable, beau comme un sou neuf. Mais il manquait un peu de vie, de jouets qui traînent, de rires et de cris.

Hier soir, quand j’ai tourné la clé dans la serrure, j’ai entendu du bruit et dans l’entrebâillement de la porte j’ai vu mon petit escargot foncer sur moi, en criant « maman ». J’avais le cœur tout chamboulé. Il m’avait manqué, ce petit bout de chou qui sait si vite me faire tourner en bourrique.

Mais il était là enfin. La maison revivait pleinement. Il y avait déjà des peluches et des livres partout. Il y avait déjà des cris et des « non » à foison. Il y avait déjà des rires et des mimiques charmantes, des bisous baveux dans le cou.

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Crédit Photo – Castle Crow Cottage Blog

J’avais beau me dire, je tiens bien le coup. J’avais beau me dire, un peu de calme, c’est pas mal non plus. A la seconde où je l’ai tenu dans mes bras, j’ai oublié tout le reste. Tout ce raffut dans la maison, ça faisait un bien fou !

Et vous comment vous gérer la séparation avec vos enfants ?

Posted in Carnets de route

La Grenouille et l’Escargot

Il était une fois…

Deux jeunes femmes qui ne se connaissaient pas. Une du sud, attachée à la chaleur, au ciel sans nuages et à l’odeur enivrante de la lavande. L’autre du nord, côté ouest, passionnée de musique celtique et de galettes au blé de seigle.

Leur chance de se rencontrer était infime. Pourtant, la vie en a décidé autrement. Au détour d’un blog, elles ont fait connaissance. Leurs interactions étaient bien timides au début. Elles échangeaient quelques mots autour d’un article. Elles ont commencé, doucement, à se montrer plus volubiles. Puis, les mails ont vite remplacé les petits messages laissés ici et là.

Le courant passait. La vie continuait, pas toujours sereine. Elles ont appris la nouvelle d’un heureux évènement dans leur vie au même moment.

La fille du nord a accouché en premier, un 14 février, d’un petit escargot.

La fille du sud a accouché le 12 avril, d’une belle petite grenouille.

Les coups de téléphone ont fini par remplacer les mails. Et quand elles trouvaient du temps pour se parler, entre deux siestes, elles n’arrivaient pas à s’arrêter.

Une amitié était née. Une amitié bien réelle, même si certains persistaient dans l’idée que c’était un pari risqué, un lien trop virtuel.

Pour elles, il s’agissait de quelque chose de bien plus fort, quelque chose qui ne s’explique pas.

C’est comme ça que le 08 août, la fille du nord a pris son sac à dos et son petit escargot sous le bras, pour faire les quelques 600km qui la séparaient de la fille du sud, qui l’attendait, elle avec son mari, les bras grands ouverts, dans sa jolie maison, peuplée des mille sourires d’une jolie grenouille.

Trois jours qui sont passés à une vitesse folle, mais elles ont tout de même eu le temps de profiter l’une de l’autre, de prendre le temps de vivre, de regarder leurs petits loups s’amuser, côte à côte, de rire, de refaire le monde, de rattraper le fil de leurs vies.

Pendant ce temps-là, l’escargot prenait ses marques. La grenouille faisait sa star. Et les deux ensembles, c’était très rock rock’n’roll.

Et le tout donne des souvenirs qui pétillent de bonheur et de bonne humeur !

Il était une fois…

Une belle rencontre. Une rencontre pétillante et infiniment riche en émotions. Une rencontre permise par les mots, dont le pouvoir est sans limite.

Il était une fois…

Le premier « baiser-plaqué » de l’histoire du cinéma, dont seul l’escargot a le secret, mais qui n’a pas tant plut que ça à la jolie grenouille!

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Heureux à l’extérieur, malheureux à l’intérieur

Et pour une fois, je ne vais pas vous parler de moi. Enfin si, un peu. Enfin, juste pour étayer mes propos.

Il existe des personnes autour de nous qui sont très douées pour donner le change (note : il n’y a pas si longtemps j’en faisais partie). Elles font bonne figure, alors qu’à l’intérieur, c’est le chaos total, tout se casse la figure.

Pourquoi ça ?

Parce que depuis tous petits on nous a appris à être « forts », à ne pas se plaindre « il y a pire ailleurs ». On a peut-être insisté, comme ma mère l’a souvent fait sur la maxime « il vaut mieux faire envie que pitié ».

Alors chaque matin, quand ça va mal à la maison, au bureau, avec la famille, avec les enfants, dans notre couple, chaque matin, quand on se sent mal dans sa peau, mal dans ses baskets, quand on a envie de rester sous la couette, de pouvoir cracher au monde, que non, ça ne va pas, chaque matin, on enfile notre costume de nana (ou de mec) heureux, sourire 4/95 et on se tient prêt à affronter la journée.

Pourquoi c’est moche d’agir ainsi ?

Faire semblant ne règle pas le problème. Le chaos est toujours là. On a beau donner l’image d’une personne super à l’aise, d’un mec sûr de lui, d’une famille « ricorée », comme dirait ma sœur, la réalité est bien différente et elle nous pète à la figure un jour ou l’autre (d’expérience, je peux vous l’assurer).

Alors non, dire que ça ne va pas, qu’on a un coup de cafard ne nous rend pas plus « faibles » que les autres. J’ai même envie de dire que c’est une force de pouvoir se confier, de pouvoir avouer ses faiblesses, de pouvoir demander de l’aide aux autres, professionnels ou amis.

Alors, oui bien sûr, il y aura toujours pire ailleurs, c’est indéniable. Ce n’est pas pour ça que notre problème du moment n’est pas important, ne mérite pas d’être entendu. Chacun vit les choses différemment. Ce qui est compliqué pour l’un peut s’avérer aisé à gérer pour une autre personne. Et inversement. Chaque douleur est propre à la personne qui la subit.

Faire envie plutôt que pitié ou pitié plutôt qu’envie. Ni l’un, ni l’autre. Etre soi, tout simplement, mélange de zones claires et de zones d’ombres. Certains finissent par envier la vie des autres (l’herbe est toujours plus verte chez le voisin, c’est bien connu), alors que s’ils savaient ce qui se passe dans leurs têtes, entre les 4 murs de leur vie, ils changeraient d’avis sur le champ. L’envie exclue autant que la pitié.

C’est parce que les gens partagent qu’ils grandissent. Il n’y a qu’à voir tous les groupes de soutien qui fleurissent ici et là. Seuls, nous sommes déjà forts. Ensemble, nous le sommes encore plus, nous nous aidons mutuellement à avancer, à guérir.

Nous ne devons rien aux autres. Nous n’avons rien à leur prouver. Nous n’avons pas à nous montrer sans cesse sous notre meilleur jour, en soulignant inlassablement que nous maîtrisons notre vie et ses soubresauts.

La vie n’est pas une compétition. On ne la bâtit pas sur des fondations aussi fragiles que l’illusion. Ou alors on court le risque de voir sa vie voler en éclats un jour ou l’autre.

Le seul devoir que nous avons, c’est un devoir envers nous-mêmes. Etre vrais.

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Crédit Photo – Pinterest