Et s’ouvrir à l’amour…

Il fallait se reconstruire. Une évidence. Et la danse des saisons s’est emballée, les années se sont multipliées au rythme des briques posées, comme autant de fondations solides pour l’avenir.

Reconstruire le matériel, les émotions, les sentiments. Reprendre contact avec les sens, la vie, l’identité, les rêves, le corps.

Je me suis laissée le temps d’apprendre sur moi, le temps de me connecter à la vie qui avait grandi pendant 9 mois à l’intérieur de mon corps, vaste champ de mines prêt à exploser à la moindre tentative d’intrusion de mon espace vital.

Chaque jour, un mieux. Chaque jour, quelques marches. Chaque jour, des petites victoires à célébrer, noter les bonheurs simples pour avancer loin des ténèbres. Chaque jour, trouver ma place de maman puis de femme.

Cela a pris du temps, son temps. Je ne comptais pas. Je ne pensais pas à après, au temps de la renaissance. Chaque jour, vivre au présent et se donner les moyens de grandir sereinement, de me retrouver face à moi-même, de reprendre les rênes de mes rêves, d’apprendre à m’aimer, à me donner ce que je me refusais depuis tant d’années. Et puis à regarder mon corps, ses cicatrices, ses peurs, ses doutes. Effacer les images de la honte et du dégoût. Pour ne retenir que la beauté de ses courbes bronzées.

Un matin, une lumière un peu différente. J’en étais revenue. Je renaissais à la vie, dans toute ma splendeur, avec l’envie de profiter, de partager, l’envie de donner, de me lancer des défis, de sourire à nouveau à la vie, qui n’avait jamais lâché ma main, avait attendu que je sois prête pour m’entrainer à nouveau dans sa course vivifiante.

Un matin, l’envie de partager ce bonheur de m’être retrouvée. Imaginer à nouveau l’amour me saisir par surprise. Un homme dans ma vie je n’y pensais plus, tellement les dégâts étaient denses, tellement la peur était ancrée en moi. Il me fallait ce temps pour réapprendre à vivre pleinement. Si j’avais tentée avant, je me serais plantée en beauté ou bien je me serais engagée pour les mauvaises raisons.

Je n’aurais jamais pensé un jour pouvoir écrire ces mots, pouvoir envisager de m’ouvrir à l’amour à nouveau, d’en ressentir ne serait-ce que l’envie. M’aimer m’a ouvert les portes vers l’autre, qu’il me tarde de rencontrer…

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Une pensée particulière

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Pour toi, Magda

Tu vis quelque part et je sais que je ne te reverrai pas. Parce que la vie ne nous donnera pas cette chance, parce que te donner des nouvelles de moi, c’est te donner en pâture à des hommes, sans foi ni loi.

Tu t’es mariée avant moi, avec cet homme qui était le meilleur ami de celui qui a par la suite partagé ma vie. Tu t’es mariée sans certitudes et contre l’avis de ceux qui t’aimaient le plus. Tu as dit “oui”, à un homme, qui a fini par t’avouer, qu’il s’agissait d’un mariage de convenance, un mariage pour des papiers.

Sa liberté contre la tienne. Tu payes le prix fort. Sa liberté contre ton asservissement. Et pourtant c’est sa religion qui dit que l’on doit le respect à la mère de ses enfants. Çà ne lui fait pas peur de te maltraiter, mais il ne manquera jamais une prière à la Mosquée.

Bien des fois tu m’as mise en garde et je ne t’ai pas écoutée. Bien des fois tu as partagé avec moi tes doutes et tes regrets, tes désillusions sur cette vie que tu n’as pas vraiment choisie.

Je te revois, tes cheveux blonds flottants dans le vent froid d’un matin d’Avril. Il te trompait et ce n’était pas la première fois. Il a eu beau nous dire que ce n’était pas vrai, nous ne l’avons pas cru. Mais tes larmes se sont tues.

M., toi si optimiste et pleine de vie, il a réussi à tout briser en toi, cet homme que je n’aime pas. Il a utilisé son fils comme monnaie d’échange pour te forcer à revenir, alors même que tu avais eu le courage de fuir ton enfer. Et moi, je n’ai rien voulu voir. C’était déjà trop tard.

Tu es partie avec lui dans son pays, ils n’ont eu de cesse de te critiquer, d’anéantir tes forces, de te ridiculiser. Et alors que la pluie de Novembre balaye les rues désertes, tu regardes par la fenêtre et tu te demandes bien pourquoi et comment tu as pu accepter tout ça.

Entre lui et toi, un petit garçon, plein de cris et de rage. Je le revois encore, si tendre et si coquin. Mais dès que son père passait la porte, ce n’était que colère et chagrin. Et toi, tu continuais à te battre contre du vent, pour une étincelle dans ses yeux d’enfant.

Entre lui et toi, un enfant mort-né et une promesse qu’il n’a pas respectée. Mais pourquoi ça m’étonne encore ces choses-là. Tu es sa chose. Il ne t’aime pas. Il veut nous faire croire le contraire, lui l’homme fort, le mari, le père, celui qu’on respecte et qui ne respecte rien.

Entre lui et toi, une culture et un pays qui vont t’engloutir si tu pars. Et chaque jour qui passe, je pense à toi, à cette tragédie que j’ai fui et au fond de laquelle tu te noies. C’est bien toi qui me disais, on survit comme on peut. Mais la vie ce n’est pas que cette souffrance distillée. La vie c’est plus que ça, alors pourquoi tu penses que tu ne le mérites pas.

M., j’espère juste que tu auras ta revanche, que tu sortiras vivante de ce mariage qui t’oppresse et t’enterre vivante, quelque part, loin de moi.

M., nous ne pensions pas que ce gouter d’anniversaire serait notre dernière fois. Cela me fait de la peine, même si bien souvent j’ai baissé les bras devant ton désespoir. Aujourd’hui il ne me reste que des prières et chaque jour, j’ai pour toi, une pensée particulière.

Ce texte date de quelques années. Mais ce matin je me suis réveillée en pensant à elle et j’ai eu envie de le partager à nouveau. Demain je suis en vacances pour 3 semaines sans connexion internet. Je vous retrouverais à la rentrée dans un tout nouvel espace qui se fait une beauté! En attendant prenez bien soin de vous…

Ce que j’étais et qui je suis

Je n’écris plus le temps d’avant, j’écris une autre histoire.

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Je me souviens de tout, de la route du retour, de la pluie, des bruits de la nuit, de la chambre à coucher, de l’insomnie, des mots qui frappent et font perdre l’équilibre. Je me souviens des phares des voitures, aveuglantes, de ma nuit à moi, noire, terrifiante. Je me souviens des mains tendues, des larmes partagées, des sourires au milieu du pire, de nos cœurs lourds, de nos mains jointes sur l’avenir si incertain. Je me souviens de ces couloirs, de l’aéroport désert, de nos corps amputés, de nos rêves abattus en plein vol. Je me souviens de nos silences et de nos voix qui tentent de couvrir le tumulte de nos cœurs complètement paumés, bousillés. Je me souviens de tout, des cris, des insultes, de la haine, du mépris au fond des yeux, de l’indispensable à saisir, de la fragilité de nos existences, de l’urgence. Je me souviens de la peur, profonde, incapable de dire pourquoi, celle qui cloue sur place, qui fait trembler le corps, qui menace, la peur qui dit « rien ne sera plus jamais comme avant. »

Je me souviens des rues, des endroits traversés, des portes ouvertes, des cafés fréquentés, des chemins pris en sens inverse, des « je t’aime » artificiels, des journées sans soleil, des matins au réveil douloureux. Je me souviens des questions, des réponses attendues qui ne sont pas venues, des points d’interrogation au bout du fil, des sourires qui cachent si bien tout ce que l’on ne peut dire.

Je me souviens sans nostalgie, juste comme ça. Je revois tout sans crainte, sans colère. Je regarde ma vie d’avant sans jugement. Je me souris en passant, je m’attarde un peu sur la forme de mon visage, la couleur de mes yeux, sur les courbes de mon corps. Je me souviens et je dis. Ce que j’étais et qui je suis. Je regarde en avant, le cœur léger et le corps enfin libéré.

Le dernier jour

Il allait arriver forcément, ce dernier jour, celui des aurevoir, celui qui synthétise, qui se gonfle de souvenirs, qui se souvient des instants partagés, rêves, rires, larmes parfois. Il a pris son temps, il nous a laissé de la marge, histoire qu’on s’habitue. Ce dernier jour est rempli de mots, de messages, de signes de la main. Il s’écrit joliment, dans la douceur, mais se trouve inévitablement rempli de nostalgie, d’images qu’on tente de graver dans nos mémoires fatiguées.

Il est là, tout chose, ce dernier jour qui nous pousse vers la sortie, qui nous oblige à faire un bilan. Ce dernier sera serein, les mauvais jours oubliés, les meilleurs moments retenus comme autant de sourires à contempler.

Dernier jour avant l’éternel recommencement des saisons, le grand saut estival.

Ce dernier jour d’école m’aura un peu chamboulée. L’année semble être passée si vite. Le petit homme que je laissais en pleurs le matin fonce désormais dans sa classe, sans un regard en arrière. Inimaginable hier. Rassurant aujourd’hui. Les grandes vacances nous disent bonjour. Le bord de mer l’attend. Quant à moi, je vais profiter de ce temps en solitaire, si rare, avant de le rejoindre pour cette pause tant attendue tout au long de l’année, ces trois semaines hors du temps et loin de tout qui me ressourcent et gonflent mon cœur de projets.

Dernier jour pour moi, ici, aussi. L’Atmosphérique a 4 ans jour pour jour. En Juillet 2013, je commençais à partager mes espoirs et déboires avec vous. Quatre ans d’une belle complicité qui a grandi au fil de vos lectures et de nos partages. Quatre ans et quelques pauses, quelques envies d’aller voir ailleurs, quelques tentatives avortées et beaucoup d’amour et d’amitié.

Dernier jour pour vous dire Merci et Bonnes vacances pour les chanceux. L’été est chargé de promesses. Gardez les yeux ouverts…

En coulisse

En coulisse quelque chose se dessine, un nouveau départ. Ce temps loin d’ici me permet de reprendre vie, de m’épanouir plus sereinement. L’inspiration manque moins que le temps. J’écris en coulisse avant de vous livrer le fruit de cette hibernation estivale, avant de vous dévoiler le nouveau dessin de mes envies.

Une autre histoire

Raconter la même histoire. Différemment. Avec le juste recul du temps.

Raconter l’histoire qui m’a ramenée à moi-même.

Raconter la chute mais surtout la renaissance.

Raconter, lâcher la barre, réussir à en rire aussi.

Dédramatiser l’opportunité qui m’a permis de donner le meilleur de moi-même, de m’accomplir, de choisir ma destinée.

Tendre mélancolie

Et quand la mélancolie s’invite, je la laisse s’imprimer. Je ne lui dis plus de partir. Elle a peut-être quelque chose à me dire.

J’écoute et je regarde la ville vivre de ses rêves et des miens. J’écoute le murmure du va et vient des souvenirs. J’attends que la mélancolie passe, que la nostalgie me prenne par la main et m’emmène sur les routes.

Je garde la mémoire des portes, des pierres, des lieux de vie, des corps, des êtres, des vivants et des disparus, des baisers et des amours. Je garde la mémoire des émotions qui vont vibrer la corde sensible de mes sentiments.

La mélancolie m’invite à un voyage au pays de ce qui fut pour en retenir le meilleur, pour en transformer la mémoire, en faire quelque chose de beau.