Challenge Écriture 2020 – #13 (31.03.2020)

Je reviendrais peut-être plus tard avec une participation…

Pour l’instant je partage les vôtres (merci pour votre fidélité!): Je pourrais ranger mes tiroirs de cuisine chez Pathcath – Bilan d’incompétence chez Sandra – Des traces chez Mébul – Dose de rire quotidienne chez Josée – My minds visit

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Vous connaissez (ou pas) ma passion pour les cimetières. Pour la semaine prochaine, je vous propose d’imaginer la vie de la personne qui repose ici. A vos plumes et vos claviers. Promis je vais faire mon possible pour écrire moi aussi quelque chose!

@MK

Quand les mots se défilent…

La première chose que les gens me disent quand ils prennent des nouvelles c’est “et bien tu dois ou tu vas avoir le temps d’écrire, c’est super”. Comment dire?

A part quelques articles de blog, je n’ai pas écrit une ligne depuis, et bien depuis 15 jours. Je peux trouver plein d’excuses et la seule valable est qu’une journée, bien remplie, me laisse chancelante sur le canapé passé 22h. Oui, je pourrais prendre une heure pour écrire, mais je sais aussi que la fatigue accumulée et moi ne faisons pas bon ménage. Je souhaite nous préserver au maximum parce que c’est du non stop et que les crises de larmes et de ras le bol, point trop n’en faut pour l’équilibre familial!

De toute façon, je sais que les mots ne sont pas loin et qu’ils reviendront quand je pourrais m’offrir le luxe de plus de trente minutes de pause!

Toutefois, j’ai eu le temps de mettre le nez dans mes anciens dossiers et j’ai décidé de reprendre la publication de mes meilleurs articles de blog, ceux que j’ai particulièrement aimé rédiger et ceux que vous avez plébiscités. Je dois pour cela remercier Sophie qui a ouvert la voie par ses partages inspirants. Je vous laisse voyager ici et vous invite à découvrir – redécouvrir mes textes:

Instants de Blog – Les jours heureux

(Cliquez sur l’image)

 

Brèves de Confinement #2

Ce petit état des lieux hebdomadaire me donne l’occasion de revenir quelques instants sur mon blog pour échanger avec vous. Je dois dire que je vis ce confinement un peu hors du temps et que parfois j’ai même du mal à me souvenir que dehors les drames s’enchainent…

Lundi 23  mars

Mon ras le bol de la semaine dernière et l’expression de mes ressentis auront été bénéfiques. Loulou prend de nouvelles marques, se réveille seul, s’habille seul, ouvre ses volets, prend des initiatives. La matinée en télétravail se passe bien, loulou papote avec sa petite copine en bas, lui apprend les bases du foot. Nous profitons de la petite cour de l’immeuble pour faire quelques passes entre midi et deux et au gouter. Ma collègue me prévient que les choses vont changer et que le chômage partiel nous attend au tournant…

Mardi 24 mars

Je persévère dans ma pratique quotidienne de yoga et de méditation. C’est parfait pour commencer la journée du bon pied. Aujourd’hui on nous annonce la mise en place du chômage partiel. Il nous faut aussi liquider RTT et congés. Les semaines à venir vont être light! En même temps je ne me plains pas, j’ai plein de projets en attente. Loulou a de plus en plus de mal à se mettre au travail, je perds vite, très vite patience. Du coup, on essaie de trouver des activités plus ludiques. Ce jour là il s’attaque à un tableau de Picasso. Il fait aussi quelques exercices sur une plateforme en ligne mise en place par la maitresse. Je me sens beaucoup plus détendue, même si je n’ai pas une minute pour souffler. J’évite au maximum les réseaux et les informations.

Mercredi 25 mars

C’est la journée des enfants, donc pas ou peu de travail pour Loulou. Je tiens tout de même à ce qu’il lise tous les jours. On fait des expériences le matin, toutes ratées. On se marre bien. Puis il va papoter avec sa copine et je bosse, enfin j’essaie! Le soir, on se défoule sur Jean Jacques Goldman – j’avoue Jean Ferrat, je saturais. Une fois loulou au lit, j’arrive même à ouvrir un nouveau livre, le premier en 10 jours! C’est la fête!

Jeudi 26 mars

Jour de congés. On en profite pour reprendre le chemin des expériences et cette fois nous les réussissons. Il y a plein de couleurs dans notre cuisine. Il est plus que l’heure de se mettre au travail, nous commençons par les mathématiques, la matière de prédilection de loulou. Je réponds à quelques mail en attente. Le soleil brille alors nous faisons durer la pause sport. Puis place au français et là ça part direct en cacahuète. La salle de bain est mon nouveau terrain anti-stress, c’est la seule pièce qui a un verrou! Purée, je n’ai vraiment aucune patience. On s’y remet avec plus d’enthousiasme et je redouble d’efforts pour rester zen. Loulou termine son dessin sur les planètes puis je le laisse regarder une niaiserie, le temps pour moi de m’attaquer à du tri et du ménage. On dit toujours que le matériel c’est accessoire. Peut-être mais prendre soin de son chez soi c’est aussi prendre soin de soi!

Vendredi 27 mars

En plus du yoga et de la méditation, j’arrive à écrire un peu dans mon journal. C’est bien le seul endroit dans lequel les mots ne s’échappent pas en ce moment. On se met au travail de bonne heure et loulou n’est pas plus motivé que ça encore une fois. On y arrive tant bien que mal. C’est étrange mais, à l’heure où tout le monde parle du manque de contact, je ressens tout le contraire. J’apprécie de ne pas avoir à faire ceci ou cela, ne pas me sentir obligée de sortir, d’aller au parc ou ailleurs. Je me sens bien, chez moi, avec loulou – cette période nous aura vraiment rapprochés et nous aura aussi obligés à être plus indépendants, nous aura appris à laisser l’autre respirer un peu plus!

Samedi 28 mars

Troisième jour de weekend et qui dit weekend pour tous les deux, dit détente. On traine. On fait des pancakes, d’autres expériences, deux heures de foot (en short!) et autres entrainements, des mandalas avec des bouchons en plastique, un peu de dessin et de coloriage. On danse, loulou fait le zouave, on rigole. Je lâche un peu plus mon téléphone, je m’y suis engagée! Une journée bien chargée qui se termine par une soirée devant Tom & Jerry. Le soir, je continue de lui lire Harry Potter. Moi je suis claquée, bien entendue, mais heureuse aussi de tous les instants partagés. Je me détache pas à pas du superflu. Je ne m’oblige à rien et ça me fait du bien.

Dimanche 29 mars

Matin patouille et nettoyage du frigo. Après-midi sport, il y a quelques rayons agréables. Un peu de lecture et un petit DVD qui me laisse le temps de venir écrire ici.

Allez dites moi tout, comment s’est passée votre semaine? Comment allez-vous? Comment gérez-vous? 

Vivre chaque jour à sa valeur

Crédit Pixabay

Vivre. Chaque jour. A sa valeur.
Vivre tous les deux. Juste nous. Apprendre, s’apprendre.
Et rire.
Prendre doucement les choses avec détachement.
S’énerver un peu.
Reprendre le dessus.
Apprendre l’effort.

Vivre. Chaque jour.
Et trouver qu’autour il y a un peu trop de mots.
Encore un peu trop de bruit, de sollicitations.
De “il faut”.
Ou “il faudrait”.
Un peu trop d’injonctions à profiter de cette période pour…
Un peu trop de “il y a pire”.

Vivre. Vivre chaque jour.
Peu de pauses.
Beaucoup de temps plein.
De mouvements.
Beaucoup de vie.

Vivre. Instant après instant.
Savourer.
Lâcher prise.
S’essayer à la patience.
Rater. Plein de choses. Et s’en moquer.

Vivre. Le manque.
Appréhender la solitude.
Accueillir le silence.
Apprécier les quelques minutes d’échanges journaliers.
Couper le reste.
Ce qui ne nous nourrit pas.

Vivre. Déconnecter.
Retrouver sa voix.
A l’intérieur.
Se ressourcer en soi.
Loin des informations anxiogènes
Loin du trafic des réseaux

Vivre. Avoir envie…
D’un bain bon…
De mettre les pieds sous la table…
De pouvoir déléguer…
De passe le relais pour quelques heures…

Vivre différemment.
Vivre chaque jour. A sa valeur.

Et vous, elle ressemble à quoi votre vie en ce moment? 

Challenge Écriture 2020 – #11 (24.03.2020)

Oh n’utilisez pas ce mot
Laissez mon âme tranquille
Laissez moi rêver que je suis devenu oiseau
Que mes ailes m’emportent en toute liberté
Au dessus des plaies de ce monde
Dans les champs où les figues
Exhalent une odeur de paix

Et que sur la branche d’un arbre
Je puisse me poser pour admirer encore
Le ballet du printemps
Le chant sacré des rires d’enfants
Véritables conquérants par le pouvoir asphyxiés

Et que sur la pierre
Je laisse trace
De mon passage…

Retrouvez les autres participations ici: Chifoumi chez Mébul – My minds visitLa fin des angoisses chez Josée – La fée du Verger chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à faire un inventaire humoristique. Le but, c’est bien entendu de se faire du bien et de faire rire vos lecteurs / lectrices. Bonne semaine et à mardi prochain!

Brèves de Confinement #1

Pour garder une trace…De ce temps, ce passage, de l’extérieur à l’intérieur. Temps de peur, de doute et temps de projets aussi. Ils se multiplient. Temps d’attente et temps de renouveau, le printemps est là comme un signe.

Lundi 16 mars:
Au réveil, nous ne savons pas encore vraiment ce qui nous attend. Hier, nous étions au marché, nous devisions avec les copains sur nos doutes à pouvoir gérer nos loulous, le télétravail, potentiellement nos conjoints, sans même pouvoir aller au restaurant ou au parc.
Le matin, je suis en congés, c’est quartier libre à la maison, nous jouons 2h à la pâte à modeler. Puis le bureau appelle, pour venir chercher ses dossiers, c’est aujourd’hui, à partir de mardi tout le monde en télétravail à 100%.
Je fais le trajet à pied, mon père vient garder loulou. Les rues sont désertes. La fatigue bien présente.
Nous nous couchons comme d’habitude, je tiens à ce que nous maintenions notre rythme, demain il faudra se mettre au travail donné par la maitresse!

Mardi 17 mars:
Premier jour de confinement
Pleine de bonnes résolutions,je me fais une séance yoga avant le réveil de loulou et un peu d’exercices de respiration. Je teste, toujours pas de chauffage. Je relance l’agence.
On aménage la table du salon, coin “télétravail” et un coin “classe à la maison”. Pas facile de s’improviser instit, surtout quand on a un réservoir de patience à la limite de la carence. Ni de gérer les urgences du bureau tout en jouant à la vendeuse de sandwichs en pâte à modeler.
Mais grosso modo la première journée se passe plutôt bien. On termine par une séance peinture.

Mercredi 18 mars:
On continue le travail qu’on n’a pas fait la veille, puis loulou joue pendant que je m’escrime à comprendre des tableaux excel. Je suis obligée de mettre mes lunettes, l’écran me flingue les yeux.
Toujours pas de chauffage, heureusement il fait beau. On ouvre grand les fenêtres pour profiter du soleil.
Loulou veut sortir jouer avec la petite voisine. Je me tâte, demande à la maman. Alors que je suis en call avec l’équipe, il revient à la charge toutes les deux minutes. C’est usant. J’ai beau lui dire que cet appel est important, que j’ai besoin de me concentrer, il continue son cirque.
Je le laisse filer, incertaine.
Les enfants jouent au ballon dans la cour, j’entends leurs rires, ça fait du bien.
La soirée est festive, on écoute de la musique en écossant les petits pois.

Jeudi 19 mars:
Mes bonnes résolutions sont tombées à l’eau, c’est tout juste si je prends le temps de respirer 5 minutes. Il faut dire que j’ai un bon mal de gorge et mes règles qui n’en finissent pas. J’accuse le coup.
Comme chaque matin depuis une semaine, on prend un vrai petit déjeuner, ensemble. C’est un moment qui me fait du bien.
Puis la petite voisine vient faire son travail à la maison. Les enfants rigolent et j’essaie de garder mon calme. Le matin, c’est maths et l’après-midi français. Puis jeu de ballon dehors. Je me pose de plus en plus de questions quant à ce temps qu’ils passent ensemble. En ces temps, je me demande quand même si c’est une bonne chose, pas seulement pour nous, mais pour eux, pour les autres. Les règles sont claires: chacun chez soi, mais je fais un blocage. Et l’angoisse monte, le grand trou noir. Je vacille, le sang coule abondamment. Je prends aussi conscience que j’ai besoin de me retrouver. Je suis heureuse que les amis de mon fils se sentent bien chez moi, mais j’ai l’impression depuis quelques mois de ne plus être chez moi justement, de ne plus avoir de temps calme, de continuellement gérer des broutilles de gamins, des cris, des conflits. Je suis à bout.

Je ne suis pas seule. Le son de sa voix au téléphone me fait du bien. Cela ne fait que quelques jours que nous sommes séparés et pourtant j’ai l’impression que cela fait très longtemps. Les jours n’ont pas la même densité quand on reste chez soi, qu’on ne sort pas. J’essaie de ne pas trop penser.

Vendredi 20 mars:
Jour de RTT obligatoire.
Je me remets doucement de ma nuit. Les cauchemars sont légions cette semaine. Pas étonnant!
Le matin c’est ravitaillement. Je laisse loulou à la maison devant un épisode de Thalassa. Il adore regarder les reportages sur la vie des marins pêcheurs! Il est bien le fils de son père!
Ensuite les enfants filent jouer. Et l’angoisse monte. Je décide de ne surtout pas appeler mes parents aujourd’hui. Leurs infos sont hyper anxiogènes. J’ai besoin de beau.
J’ai beau chercher autour tout est vide. Je perds pied. Je crie sur loulou. Je pleure. Je lui demande pardon. Je lui dis que je n’ai pas toutes les clés.
Je plonge. Je suis incapable de me raisonner.
Cette semaine j’ai enchainé les machines, j’ai passé un temps fou à faire la vaisselle, balayer, aspirer, désinfecter. Rassurer aussi. J’ai l’impression que la charge est trop lourde pour moi, une fois de plus. Je me sens tomber. Je me demande combien il me reste de Dafalgan dans ma boite. C’est pas assez. Puis je pense à loulou, je ne peux pas lui faire ça.
Allez je vais repasser. Les enfants jouent toute la journée. On verra le travail demain. Je n’en ai pas le courage de toute façon.
Le soir on regarde un film drôle. Demain est un autre jour!

Samedi 21 mars:
Je me lève encore un peu vasouillarde mais prête à donner un nouvel élan à ce confinement. Je ne vais pas me laisser abattre.
Loulou fait une petite grasse matinée. J’en profite pour écrire un peu. Je lâche les maux.
On met à plat nos idées pour que semaines et weekend se passent le mieux possible, chacun s’engageant à faire des efforts.
On bricole, on fait des expériences, on prépare à manger.
J’ai pris ma décision, loulou n’ira plus jouer avec sa copine. J’ai interrogé plusieurs personnes de mon entourage. Même si ce n’est pas dangereux pour nous, ça peut l’être pour d’autres. On s’organise autrement.
L’après-midi, je prends un peu de temps pour moi pendant que loulou termine son travail de la semaine.
Je mets de nouveaux histoires sur sa boite Lunii (les parents de jeunes enfants savent de quoi je parle). Soirée plateau-télé. A 20h on applaudit, on dit bonjour aux voisins. Et on file au lit.

Dimanche 22 mars:
Loulou se réveille avant moi.
Il fait gris. Les enfants se tapent la causette, elle en bas, lui à la maison. Au moins comme ça il ne se disputent pas!
On traine un peu en pyjama. On fait de nouvelles expériences.
On lit ensemble (enfin je lis et il écoute) le deuxième chapitre d’Harry Potter à l’école des sorciers. Puis il regarde la fin de la grande vadrouille pendant que j’envoie ma newsletter pour le blog.
On cuisine ensemble puis on profite que la cour soit libre pour aller se dégourdir les jambes.
Le weekend touche à sa fin, je vais mieux malgré un mal de crâne terrible. Je regarde Walk the Line. Ce mal de crâne me rappelle mon zona. L’intensité est extrême mais j’arrive à m’endormir. Je fais de drôles de rêves.

PS: et le carême continue, et ça devient de plus en plus difficile de résister à la tentation!!!

Bonne semaine à tous et à toutes! Prenez-soin de vous à tous les niveaux!

Vague(s) émotionnelle(s)

Crédit Pixabay

Cet article est un peu spécial, mais j’ai vraiment besoin de l’écrire. Je sais, certains me diront qu’il faut être positif, que ça va passer, et tout le reste. Mais à l’instant T tous ces raisonnements me sont inaccessibles.

Je ne pensais jamais revivre ça. Me sentir aussi vulnérable. Cette semaine m’aura ramenée à ce qu’il y a au plus profond de moi, la faille invisible, effroyable, celle que je cache à grands renforts de mots et de sourires, celle que je choisis de ne pas voir, tellement le gouffre est profond, tellement la peur de ne pas en revenir, cette fois, est grande.

Les vagues d’émotions qui me submergent me laissent en pleurs sur le carrelage de ma cuisine. Je me sens vide de tout. Je me répète comme un mantra qu’il faut que je tienne le coup. Oui il le faut. Pour mon fils. Alors j’essaie de retrouver mon masque des jours heureux. Il ne tient pas bien en place. Je suis à cran, à bout, partagée entre l’envie de passer du temps avec lui, et soulagée quand il s’échappe pour aller jouer avec la petite voisine – au moins là je le sais en sécurité affective loin de mes cris. Il retrouve l’innocence de l’enfance.

J’oublie qu’il y a un virus qui traine. J’oublie que c’est dangereux. J’oublie le raisonnable. Non je me torture l’esprit, je m’épuise à me demander si…cet espace de liberté que nous nous / leurs offrons ne met pas en danger nos vies.

Le monde m’angoisse, j’ai coupé tous mes réseaux sociaux. Je n’y trouve que du vide. Je n’y comprends rien. Je ne sais pas ce qu’on peut faire, ne pas faire, comment se comporter avec les gens. Tous les conseils divergent. Est-ce bénin dans la plupart des cas? Ou est-ce grave? Certains disent que le virus vit longtemps sur les surfaces, quand il y a une semaine encore nous prenions les transports en commun et partagions le même bureau sans nous inquiéter davantage. Les premiers messages de personnes proches, collègues de travail touchés arrivent…

Je passe du rire aux larmes, du détachement à l’énervement.

Je me rends compte aussi que je viens de passer sept ans à m’oublier dans ma vie de famille, à n’être que celle qui fait à manger, nettoie, joue, console, câline, lave, celle qui s’épuise et n’a laissé aucune marge de manœuvre à son fils pour grandir, devenir plus indépendant.

Je sais que ce n’est qu’un passage, que demain ou après-demain certaines choses auront repris leur place habituelle. Je sais que je retrouverais en moi des forces insoupçonnées. Jusqu’à quand existeront-elles si jamais je ne les renouvèle? Pour avoir vu les dégâts de la dépression, j’espère ne pas en arriver là. Oui j’ai peur de ça aussi parfois.

C’est dans cet état de fragilité. d’inconstance, d’espérance aussi que je débute ce weekend à la maison. J’espère que lâcher les maux ici m’aura offert un peu d’apaisement.

Les États d’Esprit du Vendredi 20.03.2020

@MK

Je me suis demandée encore une fois si j’allais publier mes états d’esprit, tellement cette journée à été riche d’émotions variées et compliquées à gérer. Let’s go, avec une pensée  amicale pour les fondateurs de ce rendez-vous incontournable! (Zenopia et The Postman – j’espère qu’ils vont bien et vous aussi).

Début [22h15]

Photo: création libre
Fatigue :  je me sens non pas épuisée mais vidée…
Humeur : montagnes russes, 1 minute au top, celle d’après au plus bas
Estomac: pommes de terre, petits pois, poisson, faisselle et tisane
Esprit: embrouillé, perdu
Cond. phys. :  1h30 de marche lundi et 1 séance de yoga
Projet/Boulot: télétravail
Culture:
Livres:   Les naufragés hurleurs de Christian Carayon – Tombée du Nid de Clotilde Noël
Penser à: remplir mon réservoir personnel
Avis perso (1): on nous dit tout et son contraire
Avis perso (2): on dirait que beaucoup ne comprennent pas la notion d'”achats de première nécessité”!
Avis perso (3): les gens qui applaudissent le soir, un beau moment de communion!
Avis perso (4): au moins ce confinement aura appris à mon fils que les mamans aussi ça pleure parfois…

Message perso (1) portez vous bien! (2) je suis contente que tout se passe bien (3) tu me manques (4) je crois que personne ne peut vraiment me rassurer…

Loulou: comme tous les enfants j’imagine, a envie de sortir, ne comprend pas pourquoi on ne parle que de Corona, écoute Céline Dion, fait son travail avec le sourire 1 jour sur 2!
Amitiés : mails, sms, appels
Love : en famille, loin, à l’écoute, attentif
Sorties : la bonne blague! Pour les courses au moins, et descendre les poubelles!
Essentiel: penser un peu plus à moi, me compter comme une personne à part entière de la famille
Courses: faites ce matin
Envie de: statuer rapidement sur mon grand questionnement du moment…
Zic: Céline Dion du coup!

J’espère que tout se passe bien chez vous et pour vous. Des bises et profitez du soleil (il suffit juste d’ouvrir les fenêtres!)

Fin [22h41]

L’épreuve de force #3

Il y avait toujours l’autre casse-couille, le régulateur des entrées et sorties, qui venait nous rappeler à l’ordre. Il avait une case en moins je pense. Je l’ai vu un soir ranger tout un tas de candélabres dans son coffre, à la fin de son service.

On regardait le printemps se donner des airs de grand! Tu adorais ça, la lumière du début du jour qui perçait à travers les vitres opaques, la légèreté avec laquelle la vie reprenait des couleurs. Je te ramenais des biscuits chocolatés qu’on mangeait en douce, en rigolant. Parfois, quand l’infirmière l’autorisait, on marchait jusqu’au banc, on s’asseyait le temps d’un bain de soleil, le temps de se dire que tout ça n’était qu’un mauvais rêve. Il m’arrivait de me perdre dans la contemplation de toi. Je n’en ai pas assez profité.

J’aurais dévalisé le monde entier, je me serais fait des antisèches pour passer tous les contrôles, comme les mauvais élèves, si j’avais su que ça pouvait te sauver. L’instinct maternel me disait que de ta prison tu ne sortirais pas. J’ai alors tenté par tous moyens de rendre tes derniers mois les plus heureux possibles. En me plantant sûrement. En en faisant trop c’est certain. En te faisant croire que nous étions invincibles.

Ce texte est ma participation à l’atelier d’Olivia. Les mots imposés étaient: printemps – légèreté – maternel – manger – candélabre – lumière – casse-couilles – banc – antisèche – dévaliser – contemplation 

J’en ai déjà marre…

Crédit Pixabay

Ca y est, tout le monde reprend le chemin de son blog…

Tout le monde nous invite à vivre le confinement comme une aventure extraordinaire, qui nous offre la chance de revenir à l’essentiel, à ce qui compte. Tout le monde nous exhorte de ne pas céder à la panique à l’idée de passer plus de 15h par jour avec nos conjoints, enfants. Tout le monde vante les mérites de cette pause imposée, de ce temps pour se reconnecter à soi, lire, créer, imaginer, rêver, apprendre, reprendre le contrôle de sa vie…

Je vais être franche, je suis déjà saoulée. D’abord parce que pour beaucoup cette pause ressemble davantage a un parcours du combattant qu’à un long fleuve tranquille, que beaucoup de personnes sont isolées, sans contact, que dans les familles où la violence règne, le confinement amplifie les risques. Parce que beaucoup vivent dans de petits, voir de très petits espaces, vont de logement en logement, n’ont pas d’eau chaude ou de chauffage, d’endroit décent pour vivre. Parce que beaucoup n’ont plus de travail ou doivent arrêter le leur pour s’occuper de leur famille.

J’en ai déjà marre de ceux qui se plaignent parce qu’il fait beau dehors et qu’on ne peut pas en profiter (oui quel grand malheur!), ceux qui aimeraient bien déroger aux règles (il parait que grâce à cette crise on sera moins individualiste, j’attends de voir…), ceux qui nous font la morale sur la peur, etc…

Ceux qui nous parlent de solidarité (je n’en ai pas vue la queue d’une cerise pour le moment!), ceux qui ne comprennent pas les enjeux et font comme si ce n’était rien, ceux qui pensent que toutes les familles sont sur un même pied d’égalité.

Tous ces discours (qui partent certainement d’un bon sentiment) m’exaspèrent, ils ne prennent en compte qu’une réalité. Il y en a tant. Ils sont comme des injonctions, encore, à être, faire comme. On a beau dire qu’on veut sortir de ce schéma, on n’y revient sans cesse.

Et dans ce tant, combien sont ceux qui pourront vraiment le mettre à profit, combien sont ceux qui s’en sortiront sans bleus à l’âme, sans parler de bleus au corps, combien sont ceux qui en sortiront plus “vivants” qu’avant, plus disponibles pour les autres?

Seul l’avenir nous le dira. En attendant j’ai une pensée particulière pour toutes celles et ceux qui ne rentrent pas dans toutes ces cases bien jolies et qui chaque jour gèrent leur quotidien du mieux possible (dans les rires et parfois les crises aussi!)