Les Wonder Woman sont de sortie!

Elles s’y sont déjà collées. Asmaa. Puis Mémé Marino. Et Tha Youngstersz

Il était donc grand temps que je vous fasse un debriefing de cette 4e rencontre entre Bloggeuses ! Souvenez-vous, j’avais lancé l’idée courant 2014 de délaisser le temps d’un après-midi nos ordinateurs pour se retrouver face à face et échanger sur nos blogs et plus si affinités. Et j’avoue que des affinités, il y en a eu plus d’une.

Au cours d’un de ces rendez-vous, j’ai rencontré Asmouille La Fripouille, Asmaa pour les intimes. Et autant moi la technique ça me barbe et ça m’angoisse, autant elle, elle est callée et Pro.

Elle a donc pris le relais pour organiser un meeting Bloggeuses avec tutos wordpress, pluggings et touti quanti. Si je devais résumer en quelques mots le rendez-vous qu’elle nous a concocté, je dirais que c’était top, archi top, super méga top (si ça se dit encore – oui je sais mais en 90, ça se disait) !

Bon, je vais aller un peu plus dans les détails quand même, sinon vous allez rester sur votre faim, et ça c’est pas top du tout.

Asmaa avait réservé une salle au sous-sol de l’Anticafé Beaubourg. C’est le coin branché du quartier, le rêve du « connecté nouvelle génération », un café avec boissons chaudes et froides à volonté, buffet de gourmandises, où tu t’assois (si tu trouves de la place quand même) avec ton ordinateur pour bosser sur tes cours ou refaire le monde à la sauce web, et où tu payes au temps passé. Le concept était déjà top, ça commençait parfaitement bien.

Une fois en bas, tu découvres une table, garnie de mini hot-dogs, sandwichs, macarons, verrines et le must, des cupcakes personnalisés avec le logo de la Fripouille et de Wonder Woman. Alors, là tu t’assois, le cœur tout chamallow devant les kilos d’amour que cette fille a mis dans la préparation de ce rendez-vous, que tu n’aurai loupé pour rien au monde.

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Au programme, comme je te le disais plus haut, des idées pour optimiser son blog, pour lui donner plus de visibilité, du partage aussi, beaucoup de partage sur nos expériences de bloggeuses, celles qui débutent et celles qui ont déjà un peu de bouteille dans ce monde que beaucoup considèrent comme un monde à part, mais qui pour moi fait 100% partie de ma vie de tous les jours. Le virtuel et le réel se conjuguent, sans qu’un prenne le dessus sur l’autre. Peut-être que pour une fois, j’ai trouvé un certain équilibre. Enfin assez parlé de moi !

Au final, cette rencontre aura vraiment été un coup de cœur, qui vient confirmer les précédents. J’ai aussi eu la chance de revoir certaines bloggeuses que j’apprécie, Asmaa bien entendu, mais aussi Sophie et Islandia.

Et j’ai découvert d’autres univers, d’autres personnes qui m’ont donné des conseils, ont partagé leur parcours, leur passion, le DIY avec Sonia, le fait main avec Mémé Marino, la culture urbaine avec Yasmina et Violinne et l’envie d’Oriane de se lancer dans un blog en solo.

Ce fut un rendez-vous riche, qui m’a donné des ailes et envie de faire beaucoup de choses, d’oser enfin sortir de ma zone de confort, de m’ouvrir davantage au monde, de tenter ces paris fous, trop longtemps laissés à l’abandon, dans une malle.

Merci à toutes d’avoir répondu présentes. Merci pour votre enthousiasme, votre générosité, merci pour ce rendez-vous vivifiant. L’union fait la force. Et Merci à Asmaa pour nous avoir offert cet oasis de douceur à la fin d’un mois de Janvier qui nous a pour le moins déstabilisés.

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Ne me demandez pas d’aimer ces hommes-là

J’ouvre ma boite mail. Il y a un message. Je le lis, la boule au ventre et je le termine en larmes.

Sur sa page Facebook, personne ne peut imaginer ce qu’elle vit. Elle pose avec lui. Ils sourient tous les deux. Les autres doivent croire qu’ils sont heureux.

Derrière l’écran, une autre histoire se dessine. Ils viennent de rentrer des courses. Elle court dans la chambre, se roule sur le lit. Elle attend. Elle guette les pas dans le couloir. Elle a pris d’abord soin de fermer à clé la porte de la chambre des enfants. Elle l’entend l’appeler. Elle respire. Elle ne sait pas comment faire ni quoi dire. Elle voudrait s’éclipser le temps de retrouver ses esprits, le temps de s’apaiser pour que sa colère soit moins vive. Elle tente de se réfugier dans la chambre des enfants. Trop tard. La nuit est passée par là. Sur le lit, elle regarde ses plaies. Elle ne peut plus bouger. Elle sent son corps se raidir. Il dort à côté. Il faudrait qu’elle aille voir si les enfants vont bien. Mais comment faire pour qu’ils ne se rendent compte de rien. Elle se force à se mettre debout malgré la douleur, elle enfile une robe longue, enroule un foulard autour de son cou. Elle fait attention de ne rien bousculer, de ne rien faire grincer. Les enfants dorment paisiblement. Tout va bien. Elle lui demandera pardon quand il se réveillera. Il lui dira encore une fois qu’il s’excuse de lui avoir fait du mal ou il ne fera aucune remarque, c’est peut-être pire.

***

Sur la photo, elle sourit. Il est beau lui aussi. Les gens les envient. Elle ne comprend pas pourquoi elle est si triste pourtant. Il ne la tape pas. Il ne l’insulte pas. Il la méprise, mais c’est parce qu’elle ne l’écoute pas. Ce ne sont pas ses mots qui font mal, c’est son silence. Le traumatisme est intérieur.

Quand ils sortent, elle donne le change. Toujours. Ses absences, elle ne les remarque même plus. Sa présence est toujours sous condition. Elle n’a pas de compte Facebook pour montrer au monde que tout va bien, qu’ils sont beaux tous les deux, qu’elle est heureuse. Elle l’aime et si parfois elle pleure, ce n’est jamais de sa faute à lui. Elle a depuis longtemps transformé chacun de ses défauts en de glorieuses qualités. Si quelque chose cloche, c’est de sa faute à elle. Elle s’enferme dans la salle de bains pour pleurer. Elle se sent nulle. Elle se sent seule. Elle se sent perdue. Une prise d’otage invisible en plein Paris. Et au-dessus de sa tête la pire des menaces, celle de se voir privée de ses enfants.

Je leur répondrai plus tard. J’essayerai de choisir mes mots, avec délicatesse, sans les brusquer, sans les juger surtout. A la fin j’écrirai « grosses bises à toi et aux enfants ». Eux, je les occulte. Ne me demandez surtout pas d’aimer ces hommes-là.

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J’écris ce texte suite à la diffusion de l’Emprise sur France 2 lundi soir et au billet de Charlie Dupin.

Je n’ai pour ma part pas regardé le film. La réalité je ne la connais que trop bien. Pas personnellement en ce qui concerne la violence physique, mais par procuration. Cette réalité est difficile à intégrer mais elle existe. Cette réalité c’est le quotidien de milliers de femmes dans le monde. La violence tue encore aujourd’hui.

J’ai lu quelques commentaires et j’ai envie de vous dire « à la première claque, il est déjà trop tard ». J’ai été élevée à la sauce « à la première claque tu pars ». C’était ancré dans mes veines. Mais la vie m’a démontré que la première claque n’arrive pas par hasard. Le terrain est préparé à l’avance. La violence s’invite presque incognito. Mots de travers, harcèlement, pressions, insultes, éloignement, jalousie excessive, menaces, manipulation. A chaque « pas si grave », la violence prend de l’ampleur, le bourreau tisse sa toile.

Beaucoup de femmes se demandent sûrement comment savoir, comment reconnaître la violence. Je dirai qu’à partir du moment où il y a un doute dans votre esprit, où vous sentez que vous changez d’attitude quand vous êtes en présence de votre compagnon, quand vous perdez une partie de votre liberté, quand vous vous sentez humiliée par ses gestes et ses mots, il y a violence.

Dans un couple on se dispute, c’est un fait. Mais quand on se dispute et qu’on se prend une claque, quand on se dispute et qu’on se trouve forcée à avoir un rapport sexuel, quand on se dispute et qu’on est méprisée, quand on se dispute et qu’on marche sur des œufs pour ne pas offenser l’autre davantage, là il y a un réel problème, là ce n’est pas acceptable.

Partir. Vu de l’extérieur, c’est le seul conseil censé qu’on peut donner. C’est la seule issue possible. Mais vu de l’intérieur, partir est un gros risque à prendre. Il faut savoir que l’emprise a fait son travail de sape, que la femme ne sait plus qui il est, ce qu’elle vaut. Elle est sous la coupe de son compagnon. Et souvent, elle a des enfants.

Partir sans enfant, c’est très difficile. Partir avec un ou des enfants, c’est presque un pari fou (mais réalisable si on est très entouré ou quand la rage de vivre devient plus forte que la souffrance vécue, ce qui arrive tôt ou tard)

Pourquoi ?

Parce que ça demande une dose d’énergie que la femme n’a presque plus. Le peu d’énergie qu’il lui reste lui sert à survivre et à protéger autant qu’elle le peut ses enfants, si elle en a, à se protéger elle-même, en anticipant les crises.

Parce que l’autre sait appuyer là où ça fait mal et n’hésitera pas une seconde à faire des chantages au suicide ou à la menacer de lui prendre ses enfants, de la tuer, si elle le quitte. La menace crée une peur réelle, difficilement maîtrisable pour la victime.

Parce qu’il n’y a pas assez de structures d’accueil, parce que les femmes victimes de violence (physique, sexuelle, psychologique, économique ou morale) parlent rarement de ce mal qui les détruit, parce que leur douleur n’est pas assez entendue (quand vous pensez qu’il faut une ITT de x jours pour que votre cas soit considéré comme grave) parce que souvent leur tissu familial et amical est réduit à une peau de chagrin (le bourreau a su faire le tri), parce qu’elles ont peur de perdre la garde de leurs enfants, parce qu’elles ont peur de ne pas s’en sortir seules, parce qu’elles sont vulnérables.

Ne juger jamais une femme victime de violence. Soyez là, à l’écoute. Ne lui dites pas de partir mais orientez là vers des structures d’aide, des associations, des centres d’accueil, des psychologues, enfin des personnes qui sauront quoi faire. Ne perdez pas espoir. Ne la critiquez pas si elle part, puis revient. Une femme victime de violence ne peut pas sans sortir seule. Elle a besoin des autres. Mais elle a surtout besoin que les autres l’aiment et l’aident inconditionnellement, la soutiennent et lui donnent les moyens de rebondir.

Si je pouvais, je me hisserai en haut de la statue « Place de la République » et je dirai au monde de se réveiller, d’ouvrir les yeux devant ces tragédies du quotidien, qui se passent sur nos paliers, à deux pas de nos vies bien rangées, que ces femmes à la dignité violée, nous les croisons tous les jours, qu’elles arpentent les rues à nos côtés, qu’elles ne sont pas à part, qu’elles font partie intégrantes de notre société et que le mal dont elles et leurs enfants sont victimes, il faut le combattre à tout prix et l’enrayer.

Sur le sujet, je vous conseille le Blog de Kim (en Anglais). Kim a ouvert ce blog après le meurtre de sa sœur, par son mari. Elle milite activement contre les violences faites aux femmes.

Un beau projet!

Toi, cher lecteur, qui commence à me connaître, tu as sans doute compris, peut-être entre les lignes seulement ou sans les lignes, que l’autre est important pour moi et que certains combats me sont chers. Il y a entre autre la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants, le dialogue inter religieux et, celui qui nous intéresse aujourd’hui, l’éducation.

Je considère l’éducation comme la clé de tout, que l’éducation se fasse en famille, à l’école, au sein d’une communauté. L’éducation ouvre des portes, offre à l’enfant la chance d’apprendre, de comprendre, de réfléchir. L’éducation est la clé de son avenir et lui permet aussi de choisir sa vie, de faire des choix conscients et libres.

Un enfant privé d’éducation suivra la voie que l’on a tracée pour elle ou lui, n’aura pas reçu les moyens nécessaires pour réfléchir, pour se poser les bonnes questions, pour peut-être aussi se faire sa propre opinion sur les choses de la vie, sur les dires des autres. Il sera juste un produit de plus, formaté, emprisonné, amputé, sans idée, sans pensée propre.

J’ai malheureusement pu constater ce qu’un défaut d’éducation pouvait donner. Alors même qu’autour de nous, des milliers d’enfants à travers le monde se donnent les moyens chaque jour d’aller à l’école, dans des conditions déplorables et font face à des dangers immenses pour apprendre à lire, écrire et compter.

J’en viens donc au cœur de mon propos de ce jour, le projet de Catwoman – « Des confitures pour aller à l’école ». Elle a choisi l’organisation PLAN dont elle parle ICI, principalement pour son volet « Education des filles », car dans une famille, on donnera toujours la priorité aux garçons. Et pourtant les filles en ont autant besoin. Le monde ne pourra évoluer et se créer sur des bases solides qu’avec l’action des hommes et des femmes de demain. La négation d’une partie de la population n’est pas admissible ni envisageable.

Catwoman et sa famille ont donc élaboré des confitures « maison », vendues 5€ chacune (frais de port inclus). Les bénéfices des différentes commandes seront intégralement reversés à l’association.

C’est une vraie belle action, que je vous invite à découvrir, partager autour de vous. Catwoman, en lançant ce beau projet, nous offre aussi une belle leçon de vie. Chacun, à notre manière, à notre échelle, nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice, nous pouvons changer le monde. Aucune action n’est vaine. Et l’évitement, la pire des menaces.

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Source – Blink Photography

L’avenir de mon blog…

 En souvenir d’un Meeting Bloggeuse organisé avec beaucoup d’amour par La Fripouille !

Je me pose des questions.

Sur mon blog.

Sur mon envie d’aller plus loin, de le développer.

J’aimerai lui donner un style un peu plus personnel, un peu plus bohème.

Un nom à moi. Ce serait bien aussi.

Mais je ne suis pas certaine que ce soit fait pour moi justement.

Moi l’heureuse locataire, heureuse empreinteuse des transports en commun.

Moi qui ne souhaite être propriétaire de rien.

Chez moi, c’est comme chez vous. J’ai du mal avec la propriété. C’est un thème qui ne me sied pas.

Je ne me sens pas plus chez moi ici qu’ailleurs.

Et puis la propriété pour moi c’est un peu l’absence de liberté. Je me sens prisonnière, contrainte. Je me sens comme prise au piège., otage d’un système.

J’aime la sérénité que me procure l’absence de possessions.

Je me pose des questions tout de même.

Je voudrai que ce blog me ressemble un peu plus, qu’il soit un peu moins neutre.

Je voudrai qu’il soit le lien vers le reste, ce qui suit, vers les pas que j’ose en dehors, les paris que je fais, les idéaux que j’ai.

Je me pose des questions sur la suite à donner à cette aventure…

Partagez vos choix, pourquoi tel et pas tel autre, que votre blog vous appartienne ou pas ?

Du bout des doigts

J’écris.

Ici et ailleurs.

J’écris.

Ma raison d’être.

J’écris.

Passionnément. Sans artifice.

J’écris.

Avec mon cœur, avec mes tripes.

J’écris.

Des notes par ci, par-là.

J’égrène des carnets.

Je remplis des feuilles blanches lignées.

J’écris.

Intensément. Avec envie.

Et parfois j’appréhende aussi le rendu de ces mots qui viennent chatouiller mon esprit.

J’écris.

Je laisse mon âme guider mes pas, dans cet univers que je devine, que je ne connais pas.

J’écris.

Par pulsion. Pour exprimer des sensations.

Infatigable.

Pourtant l’ascension est parfois périlleuse.

Je perds le goût, la foi.

J’ai envie de tout dire mais tout s’enfuit.

J’écris.

Inlassablement. Encore et toujours.

Pour me libérer. Pour penser à autre chose.

Pour faire danser mes rêves.

Pour nourrir mon cœur transi.

Pour le plaisir aussi.

Souvent.

J’écris.

Vital.

Animal.

Un appel dans la nuit.

Une passion.

Une vision.

J’ose même parfois des mots, sans but, sans savoir où je vais.

Je tente. Une fois puis deux.

J’observe. J’attends la révélation.

Et les mots viennent, se consolent, se bousculent, m’apostrophent, me bousculent.

J’écris.

Sans savoir pourquoi.

Sans comprendre comment.

J’écris.

Tout simplement.

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Instantanés Singuliers

Vous aviez apprécié. Nous en avions reparlé. J’y ai réfléchi…

Voilà, je me lance. Les projets photographiques se multiplient sur la toile ces derniers temps. J’ajoute ma pierre à l’édifice en vous proposant un RDV mensuel sur un thème donné.

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Le principe est très simple. Ce qui veut dire que vous ne pourrez pas vous défiler !

  • Le 20 du mois, je posterai un article avec le thème choisi pour le mois à venir.
  • Vous aurez jusqu’au 05 du mois suivant pour publier votre /vos photos sur votre blog et m’envoyer un lien.
  • Je ferai un récapitulatif de toutes vos participations le 15, en vous présentant ma photo et mon coup de cœur du mois.
  • Et le 20, on repartira pour un tour !

Passons aux choses vraiment sérieuses maintenant. Le thème du mois est:

La couleur de votre ciel

Prenez-le au sens propre ou au figuré. Créez. Innovez. Soyez classique ou original. Laissez libre cours à votre imagination, votre inspiration. Faites-moi vibrer, rêver surtout!

Au travail et au plaisir de découvrir vos clichés…

Etre ou ne pas être Charlie !

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Après les attentats qui ont vivement secoués et endeuillés la France, on dirait qu’aujourd’hui l’information essentielle est de savoir qui est ou qui n’est pas « Charlie ».

Est-ce si important ?

Certains défendent leur appartenance à Charlie, face à la liberté d’expression bafouée. D’autres défendent leur attachement au journal.       D’autres encore ne veulent en aucun cas que leur condamnation du terrorisme n’implique qu’ils soutiennent le journal et ses caricatures. Sans même évoquer ceux qui considèrent que les journalistes l’ont bien cherché (avis que je ne partage pas et qui me dégoute assez).

Derrière Charlie, il y a pour moi aussi les noms de chacune des victimes innocentes tuées en France et à travers le monde par tous ces terroristes, ces fanatiques sans âme.

Je n’ai aucun goût particulier pour les dessins de Charlie Hebdo. Certains sont drôles quand d’autres sont exagérés. Je comprends d’ailleurs qu’ils peuvent choquer. Mais c’est aussi un peu le but de la caricature. Réveiller les consciences. Le journal Charlie Hebdo n’épargne aucune religion, aucun pouvoir politique non plus. A chacun d’en faire la lecture qu’il lui convient. Et d’ailleurs si cette lecture ne lui sied pas, à chacun de ne pas lire ce journal. Nous en avons le droit.

Derrière Charlie, il y a tous les hommes et toutes les femmes, qui en tous temps, ont été jugés, forcés à l’exil, assassinés, tués, emprisonnés. Parce que leurs idées faisaient débat. Parce que leurs idées n’étaient pas acceptées. Aucun n’a jamais cessé de livrer son combat. Ils ont tous continué d’écrire, de dessiner, de chanter, quitte à choquer, à se mettre hors la loi. On ne brise jamais vraiment la liberté des hommes.

Enfin derrière Charlie, il y a la défense de toutes nos libertés, de notre laïcité. C’est la chance que nous avions en France, même si nombreux sont ceux qui ne le reconnaissent pas, de pouvoir avoir des idées sur tout et pouvoir le dire (un Saoudien lui vient d’être condamné à des coups de fouets pour avoir écrit un article de blog), de pouvoir choisir notre religion, de ne pas avoir de religion aussi.

Arrêtons de nous déchirer pour savoir qui est ou qui n’est pas Charlie. Ne laissons pas les autres nous dicter notre manière de vivre et misons tout sur les valeurs que d’autres ont défendu, armes à la main, pour que notre avenir soit plus clément que le leur.

Elan fraternel

Main dans la main.

Ils ont défilé ensemble dimanche, les uns à côté des autres. Ils ne se connaissaient pas. Sarah, Bassim, Pierre, Hélène, Fatima et Simon. Main dans la main, tous frappés par l’horreur, l’injustice, la mort d’innocents, le coup presque fatal porté à leurs droits, leur liberté, à leur pays.

Ils n’ont pas de drapeaux, ni d’étiquettes.

Ils se sont joints aux milliers de personnes venues rendre un dernier hommage aux victimes.

Ils se sont trouvés au milieu de la foule, les larmes au bord des yeux, devant les trois cercueils recouverts du drapeau français.

Ils étaient là aussi au cimetière musulman de Bobigny pour un dernier adieu.

Ils étaient aux portes de la Synagogue avant que les corps de quatre des leurs ne volent vers Jérusalem.

Tous unis pour le meilleur.

Tous aussi contre le pire.

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Ils ne comprennent pas pourquoi on leur demande sans cesse de se justifier, pourquoi les voir ensemble en interpellent certains.

Ils ne comprennent pas pourquoi leurs lieux de culte sont pris pour cibles, pourquoi prier est presque devenu un crime.

Ils ne comprennent pas pourquoi certains, même très jeunes, n’ont pas respectée la minute de silence.

Ils se demandent pourquoi le peuple se lève aujourd’hui, alors qu’il ne l’a pas fait hier, quand un autre de ces fous à sauvagement tué des enfants innocents sur le sol Français.

Ils se posent des questions : Pourquoi tant de haine ?

Puis ils se sont tournés vers le monde, vers l’Orient, se souvenant aussi que des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants tombent ailleurs, que la mare de sang laissée par les fanatiques de tous bords n’a pas de frontière, qu’elle grandit de jour en jour, laissant leur cœur au bord d’un gouffre invisible.

Ensemble, ils regardent vers l’avenir, conscients qu’il reste de nombreux combats à mener, mais prêts à ne jamais sacrifier leurs idéaux.

Main dans la main.