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Je suis l’unique créatrice de mon chaos…

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Ce sont toujours les mots qui me ramènent, qui éclaircissent le chemin. Ce sont eux qui, quand je prends le temps, dénouent les fils qui me retiennent à des pensées contradictoires.

Je peux en vouloir à la terre entière, parfois, mais je reste bien l’unique créatrice de mon chaos intérieur. Je suis à l’œuvre à chaque instant dans le tissage de cette toile d’araignée, dans ce non choix de mes contrastes, dans ce tiraillement entre tout ce que je suis et tout ce que je suis.

Ces derniers mois ont été quelque peu mouvementés. Comme me le faisait remarquer une amie récemment, cette année marque la fin d’un cycle important. Neuf ans. Les fins de cycle portent en eux ce flou et ce flow intense. C’est le temps de lâcher, de faire le tri quelque part entre de qui n’est plus essentiel, sur ce qui ne nous apporte plus, sur ce que nous sommes prêts à laisser partir. C’est déroutant, tout inconnu l’est, mais essentiel si on écoute sa voix, si on fait confiance à la vie.

C’est indéniablement un des cycles qui m’a le plus bousculée, qui m’a mise face à mes plus profondes peurs, mes plus intimes blessures, qui m’a donné aussi l’impulsion de faire face enfin à tout ce que je taisais, ce que je gardais, à cette colère déroutante en moi, à ces mémoires qui ne sont pas miennes et que j’ai choisi de porter en pensant que ça dissoudrait le chagrin des autres. Quelle folie!

Je le dis souvent et c’est certainement ce qui m’est le plus difficile à accueillir, d’être tout et son contraire, de vouloir tout et son contraire en fonction des heures de la journée, des jours du mois, de passer du rire au larmes en deux secondes top chrono, de ressentir des émotions fortes très souvent, de naviguer entre mon besoin (intense) de solitude, mon indépendance et mon besoin des autres, d’évoluer en terrain incertain, non balisé.

Je ne m’autorise pas encore à être pleinement qui je suis, parce que j’ai tout simplement du mal à moi même me regarder telle que je suis. Avec certaines personnes je ne me pose pas de questions, ça se fait naturellement et en soi c’est un grand pas!

Ces derniers mois ont aussi mis en lumière certaines réalités. Je sais qu’à l’avenir mes confidences ne se diront plus dans la même insouciance. Peut-être même qu’elles ne se diront plus. J’ai beau souvent chercher une validation de mes idées, de mes propos, une approbation de mes choix de vie, je sais que je suis l’unique maitresse de ce jeu, qui finalement me fait plus de mal que de bien. Je peux y mettre un terme, là, maintenant.

C’est peut-être bien le chemin de ce nouveau cycle, prendre le temps, être sans chercher à appartenir à quoi que ce soit, sans vouloir rentrer dans un moule parce que ça semble plus sécurisant, revenir à moi quand les vagues bousculent, quand les émotions à fleur de peau font tanguer les fondations, quand je me sens dériver ou bien aller à contre courant. Me laisser porter quand c’est nécessaire, revenir à l’instant, au présent, à ce qui est, seule évidence, unique chance de vivre ici et maintenant.

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Peut-être

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Est-ce le temps qui manque ou le manque d’envie?

Etrangement, il m’arrive toujours de me dire que je pourrais partir, laisser les choses en l’état et prendre la petite porte du fond, m’éclipser sans faire de bruit.

Ce serait une fin, un début, quelque chose de nouveau. Je ne sais pas. Les mots sont là mais souhaitent-ils être partagés?

Simple constat d’un temps comme en pause. Peut-être que c’est nécessaire pour repartir sur autre chose.

Je laisse cet espace ouvert pour plus tard…

Peut-être.

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Contrastes et Variations

Crédit Ornella Petit

Je suis le rouge
Le blanc nuptial
Le noir corsé

Le coton sobre
La soie raffinée
Les dentelles froissées

Je suis la colère
La rage ensanglantée
La joie ensoleillée

Les larmes d’ivresse
L’amour maternel
L’amie attentionnée

Je suis l’amante
Le frisson aérien
Le corps possédé

La puissance illimitée
La force tranquille
L’onde protectrice

Je suis l’arabesque
L’arc prêt à tirer
L’eau sur le bord de tes lèvres

Je suis la passion
Le stylo fou
Le regard doux posé sur tes rêves

La vie sublime
La mort inaccessible
Un sanglot dans la poitrine

Le tumulte des vagues
La cascade entre les rochers
Le rose aux joues, poudré

Je suis l’ombre et ses tourments
La violence tentatrice
L’âme du serpent

Invincible
Charmeuse
Rebelle

Fragile
Douce
Inconditionnelle

Je brave le jour
Pour affronter la nuit
J’embrasse la nuit
Pour adorer le jour

Je suis Eve
Et Venus
Lilith mise à nue
Déesse et Vierge

Contrastes cathartiques
Variations extatiques

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La liberté d’être soi

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You can’t blend in when you are born to stand out” – Wonder de RJ Palacio

Quand j’ai lu cette phrase elle m’a tout de suite plu!

La grosse claque émotionnelle de juin m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses. J’ai ouvert les vannes et je crois que c’était nécessaire. Les questions que je me pose, les doutes que je peux avoir, résultent souvent de ma relation à moi-même. J’ai toujours eu et j’ai toujours du mal à me positionner entre ce qui est juste pour moi et ce qui est juste au niveau de la société., entre ce qui fait sens pour moi et ce qui est acceptable en société.

Aujourd’hui, les choses et les genres sont moins cloisonnés. Nous ne sommes plus contraints de vivre d’une certaine manière. Toutefois il y a toujours des codes, des règles, des cases, des choses jugées correctes et d’autres moins. Il y a une trame, plus ou moins flexible, en fonction de notre éducation et de nos valeurs. Il y a tout ce que nous connaissons et les chemins un peu plus à l’écart qui nous attirent mais sur lesquels nous n’osons pas toujours nous aventurer – sous prétexte que ça ne se fait pas!

Pourquoi?

Parce que cela, bien souvent, vient remettre en question l’ordre établi, la vision que les autres ont de nous, nos liens. Nos choix ne sont pas toujours bien vus, acceptés. Ils peuvent parfois profondément bousculer ceux que nous aimons. La liberté de penser, d’être, autant d’évidences qui, au cœur du quotidien, peuvent peser un peu lourd. Parce que tout un chacun juge aisément. Parce qu’il y a encore énormément de sujets tabous, de clichés, de visions moralisatrices.

J’ai beaucoup vécu dans ma tête, dans mes rêves, comme pour m’évader d’une réalité dans laquelle je ne trouvais pas mes marques. Déjà très jeune, je ne voulais pas des modèles qu’on me proposait, je n’avais pas les mêmes envies que beaucoup de mes amies. Je me suis sentie en marge très souvent et puis j’ai plus ou moins adhéré à un moule. J’ai trouvé que c’était plus simple d’appartenir que de me démarquer.

Aujourd’hui, ça devient plus difficile d’appartenir! Parce que ça ne me correspond pas. Et si je peux mentir aux autres, je ne peux plus me mentir à moi-même. La liberté est une audace que je veux pouvoir m’offrir. Même si je sais qu’il y aura encore ces moments où mes envies seront chahutées par mon mental et ses idées toutes faites, où je reculerais par crainte de décevoir celles et ceux qui comptent pour moi, par crainte de ne pas être comprise, acceptée.

Elles sont rares les personnes dans mon entourage qui me connaissent vraiment, avec qui je partage tout ce que je suis, sans crainte. Elles sont d’autant plus précieuses. Pour les autres, j’ai conscience qu’il y a peut-être des choses qui ne se disent pas. J’enlève pas à pas les masques qui ne me plaisent plus, je slalome entre les lignes, je teste ce qui peut être confié ou pas.

L’ouverture de l’esprit, du cœur c’est ce que j’expérimente un peu plus chaque jour. Je deviens celle que j’ai toujours été, cachée derrière des couches de protection et de contrôle. Il y a des sentiments qui offrent cette chance de s’affranchir de ce qui pèse, qui donnent des ailes, même si cette liberté peut faire peur, même si c’est à des années lumières de ce qu’on croyait envisageable.

Entre moi et moi, ce sera peut-être toujours un peu folklorique, douloureux. Mais quand je regarde le chemin parcouru je réalise que tous ces moments de profonde réflexion, introspection ont débouché sur un réalignement personnel essentiel et une relation aux autres plus vraie.

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La troisième voie

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Rester ou Partir

Tout est choix, c’est ce qu’on ne cesse de nous répéter. C’est ce qu’on ne cesse de nous proposer. Toujours un choix entre deux choses, deux situations, deux histoires. Choix de vie à peser pour que celui ci ne pèse pas. Pas trop lourd. Choix facile ou fragile. Tout dépend de tellement de choses.

Le bien, le mal. Le vrai, le faux. Le juste, l’injuste. Le froid, le chaud. Le rêve et la réalité. Un mode binaire engrammé dans nos gênes. Nous restons bien souvent attachés à une certaine vérité. Qui n’est en fin de compte que la nôtre.

Et si?

Si il existait une troisième voie? Et pas seulement une troisième d’ailleurs, mais une multitude de chemins. Et si il y avait autre chose, quelque chose que nous pourrions créer de nous-mêmes, entre partir ou rester. Même pas. Entre rien. Juste ouvrir une brèche, une porte et voir où cela nous mène.

Il est des situations dans lesquelles rester ou partir s’impose. Et puis d’autres dans lesquelles, si nous nous ouvrons à plus grand, à moins figé, si nous restons dans l’instant, alors au bout de nos émotions parfois violentes, au gré des mouvements et des cycles, il y a je pense une variété de possibles.

C’est cette voix que je choisis d’écouter, cette voie que je souhaite suivre, voie créative par excellence, qui me dit que je suis actrice de ma vie. Voie colorée et parfumée. Une voie qui voit au-delà des codes et des routes tracées. Une voie qui m’appelle à m’ouvrir aux opportunités, à ne pas rester prisonnière de ce qui se fait ou ne se fait pas.

Une voie qui me relie à l’énergie du vivant. Le chemin est inconnu, il se déroule sous mes pas, à mesure que j’avance. Il est aujourd’hui sans demain précis. Il est ce qui est juste pour moi.

Et vous, ça vous parle cette idée là?

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Fidèle

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Hier, j’étais belle. Magicienne, fée aux multiples pouvoirs. J’apaisais les cœurs esquintés. Souveraine de mes pensées les plus indiscrètes. Je savais donner, donner, donner. Si bien donner que j’y ai perdu ma sève.

Hier, j’étais amante. Etoile filante dans le ciel de tes nuits. Un morceau d’atmosphère en tenue de bal. Je m’enroulais sensuelle dans les plis de draps imaginaires. Tu épousais d’un regard les courbes de mon corps, blessé, aux cicatrices invisibles.

Hier, j’étais gardienne d’un secret, de ceux qui serrent un peu le cœur et font danser l’âme, qui se fiche bien du bien et du mal, qui a raison ou qui a tort.

J’ai existé. Dans le toucher de ta peau. Dans l’énergie de ton souffle. Dans la passion de ton étreinte. J’ai existé. Dans le vertige de tant de “il ne faut pas”. Dans la confiance de tout ce qui ne se dit pas.

Hier, j’étais femme aux milles voiles et fantaisies. De soie et de saphir. De lianes et d’or. J’étais le désir incarné, qui se consume en silence, par crainte de l’exubérance, à la limite de la folie. Tu m’as libérée de ce fardeau porté comme un sanctuaire à ne pas offenser.

J’ai existé. Dans tout ce qui a été donné. Généreusement. Et pourtant je me suis oubliée. J’ai oublié que j’avais ce pouvoir moi aussi de me ramener à la vie. Je n’ai jamais voulu que tu sois le pilier, le garant de ma sécurité intérieure, le gardien de mes rêves. Je ne veux pas que tu sois mon réconfort ou mon rempart. Comme une bouillotte les soirs de cafard.

J’ai oublié ma voix dans le tumulte des autres, dans tous ces yeux interrogateurs qui se demandaient pourquoi. Dans toutes ces vies bien mises qui ne comprennent pas. Moi, je veux vivre jusqu’à l’épuisement. Je ne veux plus entendre que je le mérite ou pas. Je veux retrouver le contact chaud de ta peau et la complicité, je veux me foutre du temps qui passe, amarrée à la saveur fou d’un instant avec toi. Le reste, ce sera pour une prochaine vie!

Nous ne pourrions pas vivre ensemble, nous le savons depuis le commencement. C’est sûrement pour cette raison que nos chemins se sont croisés, que nous avons fait ce choix, même inconsciemment. Parfois, je voudrai avoir les mêmes envies que les autres, pour ne plus me sentir si différente. Si souvent.

Reconquérir mon identité, ma place, dans cette vie. Une priorité. Celle que j’ai choisi d’honorer. Tout amour est une prise de risque. Peut-être que demain nous aurons pris d’autres chemins. Je ne veux pas que ce soit par défaut. Par dépit, parce que quelque part j’aurai, une fois de plus, laissé à d’autres, le pouvoir sur ma vie.

Oui je me suis manquée de respect bien souvent. Même avec toi. Pour quelques minutes, parce que je ne savais pas. Ou plus. Parce que j’avais peur. Parce que j’avais froid, j’avais perdu la conscience de qui j’étais.

Retrouver ma voix dans le chaos du quotidien, dans le manque fulgurant, dans l’inconfort. Laisser la peur filer. Reprendre ma plume pour exorciser les démons et faire vibrer la force de ce qui est. Ca ne durera peut-être pas. Je ne veux pas de liens, de ceux qui attachent. Je veux la liberté, tout en sachant qu’elle est parfois souffrance et chagrin, pour un cœur si peu habitué. L’avenir est à ciel ouvert, rien n’est écrit. L’avenir même en CDI a une part d’incertitude. Aucun engagement ne fait le poids.

Si j’en fais un, c’est celui de rester fidèle à moi même. Désormais.

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15 mois

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Qu’on se le dise, en toute franchise, ces 15 derniers mois n’ont pas été si simples que nous avons choisi de le penser. Par fierté personnelle. Par culpabilité. Comme si dire “c’est compliqué” faisait de nous des incapables, des inadaptés de la vie. Il y en a tellement d’autres qui vivent pire!

La grande phrase. La plus dangereuse aussi.

J’en tire du positif, beaucoup. Mais je ne peux plus faire l’impasse sur les heures de vide, les heures enchainées à un flot, un flux d’émotions tout aussi déstabilisantes les unes que les autres, à tenter de maintenir notre équilibre à flot. Si nous en sortons grandis, nous en sortons aussi un peu blessées. De ces blessures que je n’ai pas voulu voir, parce qu’il faudrait toujours ne retenir que le positif.

Cela me rappelle que durant 4 ans j’ai tenu plus ou moins le cap dans une relation destructrice, en m’accrochant à ces bouts de soleil. Bien dérisoires. Mais une fois de plus il y avait pire!

Ces mois nous ont éloignés, un peu esquintés, même si nous tenons à ne pas ressasser. Nous nous sommes à peine croisés. Juste de quoi appliquer un baume sur l’absence, histoire de combler un manque, de se réconforter. Quelque part, quelque chose a changé. Nous avons changé, c’est évident. Etre capable de poser son regard sur cette parenthèse un peu longue c’est peut-être bien se donner une chance de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

La solitude n’a pas été choisie, elle s’est imposée. Avec son lot d’hypothèses à tenter de percer. Il a fallu se réapproprier une réalité, notre identité. Un exercice de retour à soi, précieux, nécessaire. Qui permet aujourd’hui de poser les mots sur tous ces besoins qui n’ont pas été exprimés, exposés. Il y avait d’autres priorités. Etre là pour ceux qui comptent.

La vie reprend doucement et il faut en son temps reprendre le chemin de la vie. Celle de mars 2020 ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui. Petite vague de nostalgie. Elle aussi il faudrait lui lâcher la main. Pourquoi tout le monde se fait un devoir d’avoir une idée sur tout. Chacun sa vérité, sa voix dans ce tumulte, sa route.

Je ne veux plus faire comme si, comme si il fallait être bien, coute que coute. Je ne veux plus porter ces masques polis, si bien dessinés par tant d’années de “faire plaisir”. J’ai appris que fuir n’était pas la solution. Mieux vaut regarder l’orage et se souvenir de ce pouvoir entre nos mains, s’en remettre à la force de Vie.

Et vous cette période, vous en gardez quoi comme souvenir?

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Vague(s) E-maux-tionnelles

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Face à la vague vertigineuse
Les secrets explosent
Le cœur se pose
Sur une hypothèse scandaleuse

Face à la vague vertigineuse
Le corps implose
Le cœur se décompose
L’ombre joue les entremetteuses

Face à la vague vertigineuse
Les blessures s’exposent
Le cœur se livre en prose
La mort en intraveineuse

Des émotions
Comme des glaçons
Qui percutent la raison

Des traces
Comme des menaces
Qui perforent la glace

Autant de saisons
Vide, chute, abandon
Mourir à soi-même
Laisser passer la haine

Laisser aller la peine
Renaitre à soi-même
Vide, lumière, ascension
Retrouver la passion

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Entre moi et moi

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Noel.
Et toutes les autres fois aussi. Les fois où on célèbre, où l’on se réjouit.
Les fêtes, les anniversaires.
Les sourires, les rires.
La complicité. Nos fragilités.
Les souvenirs égrenés à la faveur d’un rendez-vous improvisé.

Les grandes occasions.
Les tristes nouvelles.
Les naissances.
Les vacances.

Les bagages dans l’entrée.
La trépidante impatience des dernières heures à passer.
Le cœur plein des jours de liesse.
La route et l’expectative de l’arrivée.

Les résultats. Bons ou mauvais.
Le dernier jour de ceux qui partent.
Le premier jour de ceux qui débarquent.
Les fins de cycle et les débuts incertains.

Tous les premiers pas et les derniers.
Toutes les hypothèses à envisager.
Les derniers souffles et les premiers baisers.
Les au revoir soudains.
L’asphyxie du quotidien.
Les deuils sur le chemin.

Pour les retards.
Les nuits de brouillard.
Les insomnies parce que tu rentres tard.
Les grands départs.
L’angoisse de te savoir seul dans le vaste monde.
Nos confidences. Nos écarts.

Les angoisses et les doutes.
Les points d’interrogation sur la route.
Le confort d’un foyer.
Une certaine forme de sécurité.
Le souvenir d’une communion passée.
Même accidentée.
L’étreinte d’un regard en accéléré.

Avant la pluie.
Après l’orage.
Avant la nuit.

Je serai seule…

Etais-je seulement prête à vivre ça ?

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Pour lui plaire…

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Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.

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Quand notre corps nous parle

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Octobre 2012
Fin de journée au bureau. Une douleur fulgurante me terrasse.
Je pense au bébé bien niché dans mon ventre. J’ai peur un peu puis je me souviens, ça arrive parfois ces douleurs inconnues qui me cisaillent les entrailles.
Ça passe. Comme tout. Puis ça revient. Une fois, deux fois, dix fois.
Mon corps pèse lourd et mon visage pâlit d’heure en heure.
Mon patron commande un taxi, je quitte le bureau avant la sortie. Direction la maison.

Je n’aime pas rentrer plus tôt à la maison quand il est là. Je n’aime plus quand il est là.
Mais aujourd’hui pas le choix, il faut que je me couche, que je me repose. La douleur est telle que tenir sur mes deux jambes est impossible.
A peine arrivée je m’écroule sur mon lit, incapable de faire un pas, de dire un mot.
Un peu de nuit. Juste un peu.
Il est déjà là à me demander ce que je fais là, pourquoi je ne lui parle même pas. Je n’en ai pas la force.
Il est déjà là à me dire « repose toi » avant de filer dans le salon. Il ne fait pas attention au bruit qu’il fait en partant.

Deux heures plus tard, aucune amélioration. Un coup de fil et un rendez-vous en urgence chez mon généraliste.
Un taxi aussi. Il ne m’accompagne pas.
Je ne lui en veux même pas. J’attends qu’on me dise que tout va bien, que mon enfant n’est pas en danger.

A l’examen tout va bien.
La douleur ne se dit pas. Elle reste tapie dans son coin.
Je ne sais pas ce qu’il y a. Mon corps ne répond plus.
Il faudra quatre appels incessants pour qu’il décroche et me demande si c’est vraiment important.
Je l’attends dans le froid de la rue, corps battu par la pluie d’automne, pas vraiment là. Heureusement, sinon ce que je vis me paraitrait complètement incohérent, impensable.

Aux urgences on attend encore et je me rends compte à quel point il est inadapté à la vie, à ma vie.
Je lui trouve des excuses pourtant. Beaucoup. Beaucoup trop. Dans cet hôpital, j’aimerai presque que l’on me garde, une nuit au moins, une nuit pour échapper à ma vie.
Pour ne pas avoir à rentrer avec lui, pas ce soir.
Une nuit pour dormir vraiment, plus que quelques heures tourmentées par ses mouvements, les bruits de son cœur contre les draps froissés.

Une inflammation. Douloureux mais pas grave.
Il faudra revenir le lendemain pour une échographie afin d’être certain que le bébé se porte bien.
Je repars avec lui, faible encore pour quelques jours.
A la maison je m’allonge, à 22h30 je n’ai plus le courage de rien. Il me dit quand même « il y a quoi pour le diner ? »
Puis accepte de se coller aux fourneaux, à condition que demain je reprenne le chemin de la cuisine, après tout, les médecins l’ont dit, ce n’est rien. C’est juste histoire de se faire remarquer !

Pourquoi ce récit ?
Pour dire que notre corps nous parle. Et qu’il crie aussi parfois.
Ça commence petit et ça peut virer au pire.
Nous ne sommes pas toujours prêts à entendre. Parce que psychologiquement c’est trop compliqué.
Alors notre inconscient fait barrière et on tient, parfois des dizaines d’année. Et un jour ça craque.
Tout ce qu’on a encaissé se brise et nous sommes à terre.
Ne jamais sous-estimer les alertes du corps. Ne jamais se dire «c’est rien ». Toujours se rappeler que c’est un appel à l’aide.
Si celui-ci est entendu, nous pourrons nous en sortir sans trop de dégâts.
Si nous préférons éviter d’y faire face, les conséquences peuvent être catastrophiques.

J’avançais depuis des mois en pilote automatique. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je valais.
Je n’avais plus de repères. Je n’avais plus d’énergie. Je n’avais plus de vie.
Je n’ai pas compris sur le moment mais j’ai senti qu’il se passait quelque chose et que si je ne faisais rien, j’allais basculer de l’autre côté.
J’avais devant moi assez de modèles pour savoir ce que ça pouvait donner.
C’était dément, fracassant, déroutant, cinglant…
C’était déjà le début d’autre chose.

Ce récit pour vous dire que votre corps est votre allié, non votre ennemi.
Prenez en compte ce qu’il vous dit.
Ne négligez pas les signes qu’il vous envoie.
Ne dites plus « c’est rien » même si c’est douloureux de regarder en face une histoire qui vous échappe.

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Retrouver Paris

Crédit Marie Kleber

Les jours prennent des couleurs, celles du temps mis sur pause et soudainement rendu à lui-même. Nous redécouvrons Paris au gré de balades, près, tout près des sentiers battus mais encore un peu déserts. Quand le monde s’arrache une table en terrasse, nous savourons le luxe d’une liberté retrouvée. Un brin d’insouciance vole dans l’air saturé de soleil.

Crédit Marie Kleber

Nous reprenons plaisir au connu, un plaisir contenu, mais tellement apprécié. Nous déambulons dans nos coins préférés, riches de souvenirs. La ville, qui hier encore nous paraissait menaçante, nous livre aujourd’hui ses merveilles et nos yeux ne cessent d’être éblouis par la beauté de la vie qui bat au cœur de la Capitale.

J’ai cru pouvoir partir plus loin, mais alors elle me manquerait comme la mer me manque. Ses quartiers, ses coins et recoins, son art, ses musées, ses vibrations, l’écho du jour qui se couche, ses murs peints et ses monuments majestueux, son histoire et ses rêves, tous ces chemins pris main dans la main avec l’envie de plus de découvertes, d’aventures fantastiques.

Crédit Marie Kleber

La vie, le bruit, ce tumulte qui parfois pourtant me dérange, je ne vivrais pas sans. Pas sans cette frénésie, cet appel sanguin, ce mélange de cultures et de saveurs, cet appel libre, cette impulsion impalpable.

Tout va trop vite, tout est trop plein, c’est ce que disent certains, ceux qui fuient la ville pour une maison à la campagne, avec un jardin. Nul ne nous demande d’adhérer à cette course folle, nous avons le pouvoir d’avancer à notre rythme, de profiter sans culpabilité, de danser selon le tempo qui nous sied. A nous de créer notre flow, unique et varié.

Crédit Marie Kleber

Quand le jour décline, Paris brille dans la nuit, m’offrant l’espace pour que je puisse retranscrire ce que je vis, ces rencontres sur un fil, ces liens invisibles, ces recréations magiques, cette énergie qui me guide sur une nouvelle toile attendant d’être travaillée!

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Se croiser

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Se croiser.

C’est ce que l’on fait si bien tous les jours. Dans nos quotidiens plus ou moins bien organisés. Dans nos cohabitations plus ou moins bien installées, dans nos vies plus ou moins harmonieuses, dans nos relations plus ou moins stables. C’est presque aussi automatique que le “ça va?” de circonstance, qui n’attend aucune réponse.

Se croiser, c’est juste partager un temps un périmètre commun, c’est un “bonjour” d’habitude, que ce soit la cuisine, l’escalier, le trottoir, un quai de gare, un bureau. Rien que du superficiel, rien qui ne nous tienne vraiment debout.

D’ailleurs se croiser c’est rapide et quand ça ne l’est pas, c’est sans âme. C’est histoire de dire que…On se connait, on se fréquente, on partage un morceau d’existence aussi infime soit-il. C’est rassurant finalement.

On peut aussi croiser son reflet dans le miroir, juste un millimètre de nous-mêmes. Pas de quoi en faire tout un plat. S’arrêter, prendre le temps, c’est déjà le début d’un engagement. C’est moins rassurant que l’éphémère.

J’ai croisé beaucoup de gens, j’ai aimé beaucoup de gens que je n’ai fais que croiser. Pourtant je crois en la sincérité des rencontres qui voient au delà des apparences, je fonds pour un échange coeur à coeur, je veux plus d’humanité dans les rapports humains, plus de profondeur.

Je ne voudrais pas qu’un jour nous ne fassions plus que ça, nous croiser, parce qu’alors nous aurions perdu quelque chose, peut-être bien pour toujours. Nous aurions perdu l’essence, l’essentiel. Nous serions alors deux étrangers comme ceux que nous croisons tous les jours et que nous avons l’impression de connaitre, alors même que nous restons sans arrêt à la surface des choses. A la surface, les sentiments sont faits d’une écorce aussi friable qu’une terre asséchée. Rien de bon ne sort d’une terre abandonnée.

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Spirale inspirée

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Ca a commencé par un jour de pluie, quelques minutes d’ennui, une envie de sortir prendre l’air. Une lubie d’un instant, un loisir du dimanche. Ca ne durerait pas. Quelques jours tout au plus. Juste le temps de se laser, de descendre et remonter, nettoyer, bichonner. Ca finirait par passer. Une histoire de gamins, tout au plus.

Et puis non. Cette année, il a un an de plus et ses escargots sont devenus son moment de la journée, un moment de pause dans un quotidien en version accélérée. Il pense à eux au réveil et ne part pas se coucher sans être certain qu’ils sont en sécurité.

Au départ, c’était plutôt une corvée et puis devant l’enthousiasme des enfants, je me suis laissée porter par leur curiosité. Chaque jour nous en apprenons davantage sur les escargots, ces coquilles rigolotes, qui nous laissent bien souvent indifférents.

Il leur a donné un nom et a déjà ses préférés, ceux qu’il voudrait garder, quoi qu’il en coûte. Etre dans la cour là, présente à l’instant, je sais que beaucoup pensent que je perds mon temps. Pourtant j’ai le sentiment d’en sortir grandie de ce repli, de ce regard attendri, de cet émerveillement devant les spirales comme le début d’un enchantement qui me ramène au coeur de ce qui fait sens.

Ce n’est peut-être qu’un jeu d’enfant, alors j’ai à nouveau huit ans avec plaisir, je me laisse aller à buller au rythme d’une patience qui, ailleurs, laisse à désirer. Je me laisse envelopper de sérénité. Je m’accorde aux regards pétillants, comme si je fuyais un peu le monde des grands, mes émotions qu’un petit rien peut chahuter.

J’ai conscience de la naïveté de cette expérience et que ça puisse prêter à sourire. Pour autant, dans ce partage là, je trouve aussi ma place de maman, certes solitaire mais tellement riche. On apprend à chaque instant même des choses qui nous rendent un peu triste. Il y a dans l’air de juin une envie certaine, une urgence sanguine de vivre.

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Huit ans et quelques mois

Cela fait maintenant 8 ans et quelques mois que nous nous connaissons. Un peu plus si l’on compte ces mois de communion presque parfaite, ces mois en osmose dans une sorte de bulle baignée de lumière, avant le crash.

Huit ans et quelques semaines. Beaucoup de peurs et des heures de doute. Des larmes aussi, de quoi inonder l’espace. Des minutes obscures à se demander à quoi bon, à qui bon continuer, à quoi bon essayer. Des jours douloureux, des matins à ne plus savoir comment vivre sans cris, des soirs à guetter ton sommeil pour pouvoir m’écrouler, le corps pris de tremblements, le coeur en miettes et l’âme en peine.

Huit ans d’émerveillement aussi, de tes premiers pas à tes premiers mots, de tes premiers sourires à tes premiers coups de coeur, de tes premières fois suivies de secondes tout aussi touchantes.

J’ai souvent écrit combien je ne me sentais pas à la hauteur de ma tâche de maman, combien je me sentais lasse, vide, vidée, à cran, perdue, angoissée. J’ai souvent écrit la solitude, l’impuissance face à ton chagrin, tes peurs, ta sensibilité aussi exacerbée que la mienne, ta colère, ta rage. J’ai toujours écrit avec sincérité ce chemin de vie, choisi, pas toujours aisé, fait de hauts et de bas, d’envies de tout envoyer valser, de chaos et de tendresse mêlés. L’amour dans toute sa complexité.

J’ai voulu être une mère “parfaite”, celle qui n’existe pas! Tout gérer de main de maître, comme une sécurité, comme pour me dire que j’étais capable d’être ta maman. C’est pourtant ce qui m’a le plus pesé, enfant, cette maitrise des choses et du temps. C’est ce que j’ai copié, loin de me rassurer, ce modèle n’a fait que me terroriser.

Je t’ai écouté sans pouvoir répondre à tes demandes. Je t’ai écouté, je t’ai regardé évoluer, grandir, devenir un petit garçon. J’ai essayé tellement de fois le fameux lâcher prise, je me suis souvent plantée et la colère est revenue, comme une amie fidèle, manipulatrice, inquisitrice, destructrice.

Huit ans et quelques mois et voilà que doucement je prends ma place, tu prends la tienne, nous nous tenons l’un et l’autre dans un espace qui se vide de tristesse et se remplit d’allégresse. On dit que les épreuves nous rendent plus forts, je dois avouer que les nôtres nous ont fragilisés, nous ont rendu méfiants. Elles nous ont secoués et ont laissé des cicatrices que le temps seul à le pouvoir d’apaiser, pour peu que nous le laissions faire.

C’est à la joie et au présent que je m’en remets aujourd’hui, dans notre complicité et ce lâcher prise qui est arrivé sans que je le décide, comme si tout avait une raison d’être, comme si tout arrivait à point nommé. Peut-être bien que ce retour à moi aura été le point d’ancrage de cette relation qui s’épanouit, dans un mouvement permanent. J’accepte le déséquilibre et je pose davantage mes limites, ne craignant plus de ne pas en faire assez.

On s’apprend avec plus de rires et moins de contraintes, juste des règles de vie, celles que je définis pas à pas et qui te correspondent aussi. Cette vie à deux commence à avoir des reflets argentés et nous en avons tous les deux conscience. Comme quoi il faut toujours s’accrocher, la vie a des ressources insoupçonnées!