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Se rassurer en chemin

Ca évolue en toile de fond. Je lui dis que ce n’est qu’un point noir, un tout petit point, petit pois. Je lui dis pour le rassurer, essayer au moins, pour me rassurer aussi. De tout ce que j’ai vécu, c’est peut-être cette étape là la plus difficile, entendre sa souffrance, sa colère, écouter ses peurs et ne rien pouvoir y faire. Juste être là et accueillir. Juste être là et tenter à ma manière de l’apaiser. Savoir que je ne peux rien panser ni réparer.

Un petit point, de loin, pendant 6 ans. Et qui revient, qui réclame son dû, ses droits, enfin ce qu’il pense être à lui. Les années passent vite mais elles restent nombreuses, je les compte presque pour me rassurer encore un peu – je ne fais que ça, comme une amie bienveillante, une épaule qui pourrait porter mon fardeau sur une partie du chemin. Je ne fais que respirer au présent pour chasser le “et si” qui s’insinue.

Si il faut repartir au combat, j’irai bien sûr, je serai la première à défendre ses intérêts, dans les tribunaux et les cabinets d’avocat, je lâcherai la vérité sans état d’âme. Je serai celle qui ne néglige rien et qui résiste à toutes ces belles paroles qui se distillent comme un venin. Je serai dans le franc et le sans fard.

Je tente de ne pas y penser, de laisser le temps faire et défaire les pensées qui bloquent parfois encore ma respiration, je tente d’être dans le présent, ce temps là nous appartient pleinement. Et dans ce temps il n’est pas, juste un point noir quelque part. Un point comme ce qu’il est, une particule de rien.

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Sur la déchirure…

Photo by Jonathan Borba on Pexels.com

Sur la déchirure – cette faille sismique qui me dit que tout ce qui est aujourd’hui ne sera peut-être pas demain, que rien sur terre ne nous appartient, que ceux qui sont là ne font que passer, qu’un jour il faudra les laisser partir vers des horizons que je n’ose imaginer – sur la déchirure, j’écris le nom des rêves et sur le lit des jours, je passe et trace du bout des doigts nos histoires.

Sur la déchirure, je dessine l’amour, ses rires et l’incertain. Je l’ai su dès que son petit corps a été posé contre le mien, dès que son cri a percé le silence de la nuit, dès que son souffle s’est détaché du mien. Il n’était déjà plus de moi, je l’offrais au Monde et je le regardais partir, le cœur bouleversé.

Je brode des cœurs à l’infini, comme un défi au temps qui passe. Je m’enivre de la chaleur de sa présence, là, maintenant. Ensemble, nous n’avons pas d’âge et il n’y a pas de demain. Contre lui, j’oublie la fissure ou je la transforme, je laisse la lumière passer entre les interstices des points de suspension. J’ai retrouvé son cœur au bord du précipice, là où seule j’avais laissé le malaise me torturer. Comme si ce qui adviendra s’était déjà produit, comme si la mort l’avait déjà pris.

De confidences en aveux, nous construisons un espace sacré de liberté. Les mots se disent et les maux se taisent. Rien ne nous gardera vivants, alors savourons intensément.

Sur la déchirure, la flamme ouvre une brèche, celle dans laquelle je me glisse, pour vivre aux cotés de ceux qui, jour après jour, me rappellent la beauté et la force de l’amour. Alors je sais que ma présence est requise, présence attentive pour honorer et sublimer la vie.

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Le un, le rien, le tout

Credit Photo @mariekleber37

Là où il y a la tristesse, là où d’autres ne voient pas, il y a aussi la possibilité d’une guérison, transformation. Les chemins des uns ne sont pas ceux des autres. Les verres que nous portons, consciemment ou non, filtrent la lumière et les ombres. De vérité, il n’y en a aucune, sinon la mienne. Ou la tienne. Celle de chacun et celle de personne.

Là où il y a la tristesse, il y a aussi la joie, celle des jours de liesses et des plaisirs tous simples. Et pour qui ne connait pas les larmes, alors comment nommer les éclats de rire?

On ne s’échappe pas de la vie, on choisit parfois de prendre une porte dérobée, en pensant que par là, on évitera les creux, les ronces et tout ce qui pourrait ralentir notre marche. Mais alors on évite aussi les fleurs et les bosquets, les aurores aux allures de début du monde.

Là où il y a le chagrin, ce petit vague à l’âme qui transporte avec lui son lot de deuils et de doutes, il y a aussi le possible, le phare qui illumine la nuit, la chaleur d’un souffle ami, le tremblement de nos lèvres assoupies.

Vivons alors le tout, ce grand chaos en mouvement, cet équilibre précaire relié à l’éphémère de toute chose et même de l’être. Pour s’enivrer d’une main qui se pose et d’un regard qui nous frôle, il faut pouvoir accueillir ce qui nous déstabilise et ce qui nous euphorise. Un monde de l’un sans un monde de l’autre est un monde sans définition, un monde neutre où les plus belles émotions se retrouvent étiquetées.

Vivons ce qui vient et ce qui passe, dans un rythme qui nous glace ou nous soutient. Laissons l’instant être ce qu’il est pour puiser dans son étreinte l’essence de ce qui nous rend humains!

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Un “oui” sans retenue

Je marchais sous le ciel bleu du jour et mes pensées m’emmenaient vers toi. Tu es là, tu as toujours été là. Je me suis éloignée, prise dans les filets du passé. Typiquement moi. J’ai négligé mes besoins et retardé le moment de les partager, par crainte du déjà vu. Et si ce qui a été pouvait être à nouveau?

Non, nous ne partons pas tous avec les mêmes bagages. Dans les miens se côtoient le silence, les conflits, la violence, l’absence. Et si peu de partage. J’en ai déduis que je n’étais pas intéressante.

Alors pourquoi avec toi ça serait différent? Voilà ce que je me suis racontée. Une histoire abracadabrantesque qui donnait raison au passé. Inconsciemment, sûrement la solution de facilité.

Et puis, face au risque d’une déviation, d’un abandon, j’ai choisi de changer de direction. Au pire, c’était fini, mieux valait le savoir. Au mieux, je me donnais la chance d’un nouveau départ.

Parce qu’au fond, tout au fond, derrière la peur et les doutes, derrière mes blessures et tout ce que je tiens à distance, derrière les cicatrices et les manques, il y avait ce qu’il y a toujours eu, mes sentiments, intacts. Ces sentiments qu’hier encore je tentais d’ignorer, planquée sous une chappe de silence, ces sentiments étouffés pour qu’ils ne viennent pas troubler la suite de l’histoire. Celle du flashback. Celle de ce mois de janvier il y a 18 ans.

Finalement peut-être que je suis “aimable”, que les autres n’étaient que des abrutis finis, des indécis, des récalcitrants. Ou bien tu es un peu fou. Je ne veux pas savoir. Je veux juste profiter, savourer ce temps qu’il nous est donné de vivre. Et ne plus comparer aujourd’hui à hier, juste regarder le bonheur dans les yeux et le suivre dans un “oui” sans retenue.

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Ma sensibilité +++

Photo by Jill Burrow on Pexels.com

Il faut savoir que je déteste le terme Hypersensible.
Hyper ça me fait penser aux Hypermarchés, ces magasins à taille inhumaine.
D’ailleurs Hyper ça exprime l’excès, le trop. Et moi, le trop, je l’ai tellement entendu que ça ne passe plus.
Trop sensible
Trop gentille
Trop timide
Trop réservée
Trop idéaliste
Trop rêveuse
Trop calme
Trop susceptible

Je pense que vous avez compris !
Je lui préfère Supersensible. Comme Superhéros. C’est quand même plus vendeur et ça fait moins penser à quelque chose de pas « normal », pas dans l’ordre des choses. Comme si il y avait un ordre des choses, mais bon là on part sur une autre discussion et ce n’est pas le but de cet article !

Sur le sujet, vous pouvez aller lire l’excellent article de Nina ICI. Il y a autant de supersensibles qu’il y a de couleurs dans l’univers !

La super émotivité : les montagnes russes en quelque sorte. C’est sûrement le plus dur pour moi à accueillir et à vivre. Je peux passer du rire aux larmes en 30 secondes chrono, je vis un mix d’émotions variées en peu de temps. Je suis à fleur de peau sans cesse, même si ça ne se voit pas le plus souvent. Je suis un peu comme le temps Irlandais !

La super empathie : c’est le plus difficile à expliquer, je crois que mes écrits parlent pour moi. Je ressens ce que les autres vivent, comme si je le vivais moi-même. Pendant des années ça a été extrêmement douloureux, je portais une souffrance qui n’était pas la mienne, pour rien. Et puis les mots sont arrivés et ils m’ont permis de libérer ces ressentis intérieurs.

La super sensibilité au bruit : je déteste les « tic-tac » , les portes qui claquent, les chamailleries d’enfants, les chats qui miaulent pendant des heures, les gens qui mâchouillent – je peux chercher pendant 1h la source d’un bruit qui me gêne – j’entends le chant des oiseaux même au milieu des travaux…

La super sensibilité au toucher : je fuis tout type d’étiquette sur les vêtements, les matières qui me dérangent – un frôlement et tous mes sens sont en éveil – je sursaute si on me touche par surprise – les chatouilles me font bondir – je suis très très tactile…

Et dans le désordre : j’ai les centres commerciaux en horreur, la foule, la chaleur, au bout d’un moment je vacille – je ne peux pas entendre parler d’une opération au risque de faire un malaise – je n’ai donc jamais participer de A à Z à un cours de biologie – je ne supporte pas les parfumeries, toutes ces odeurs me donnent la nausée, je pleure facilement même pour rien, les aurevoirs me submergent, j’ai besoin de temps sans bruit et sans lumière pour me ressourcer…

Pendant longtemps je n’ai pas saisi l’ampleur de ma sensibilité, tout simplement parce que je me suis toujours adaptée à mon environnement. Je savais que j’étais sensible mais pas plus que ça. On va dire que je passais plus souvent pour l’empêcheuse de tourner en rond, la susceptible, l’enfant difficile à cerner, à comprendre.
Il faut savoir que chez les supersensibles, le besoin d’être aimé et apprécié est quelque chose de fondamental. Donc autant se fondre dans la masse plutôt que d’assumer son « étrangeté » dans une société qui aime que les choses soient le plus lisse possible.

Entre le « trop » ou « pas assez », pas toujours aisé de trouver sa place, son équilibre.
Pourtant acceptons le, nous sommes tous spéciaux, uniques, particuliers. A nous de transformer ce que les autres voient parfois, souvent, comme un handicap, une faiblesse. A nous d’apprendre à nous aimer pour en tirer le meilleur.
Ma sensibilité est ce qui me permet d’entrer en contact avec le monde et pour moi c’est un des plus beaux cadeaux ! (même si parfois encore j’aimerai l’être moins!)

Réédition d’un article écrit en 2021

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Avec le coeur

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“Avec le cœur, tu ne peux pas te tromper!” Les enfants, ces grands sages. Il a dit les mots que j’avais besoin d’entendre finalement. Le cœur ne connait pas de dilemme, il sait. L’esprit extrapole, il invente des scénarios, il voudrait des certitudes, il attend des mots pour compenser les silences, du bruit pour défier l’absence.

Le temps court pour tout un chacun et si nous n’en prenons pas soin, le temps s’égare. Avec nous ou sans nous. Si nous ne faisons plus attention à ce qui compte, alors ce qui compte se dissipe dans l’aurore d’un nouveau jour. J’ai toujours voulu vivre, avant toute chose, vivre à me brûler les ailes parfois. Et à côtoyer les sommets aussi. Vivre avec passion et avec l’expérience, un soupçon de raison. J’ai tenté de retenir le bonheur et il s’en allé plus d’une fois. Il n’y avait peut-être pas assez de cœur dans mes choix, trop de manque, pas assez de “je t’aime” partagés pour pouvoir tenir la route face aux vents contraires.

Peut-être que tout n’est qu’une question de cœur, de ce qui le serre et ce qui le touche, de ce qui le fait trembler aux premières lueurs de l’aube et l’enveloppe d’une chaleur que nul ne peut deviner. Avec le cœur, les masques tombent et alors on s’avoue, à fleur de peau. C’est fragile comme du cristal et ça peut se briser à tout moment. Mais si ça tient c’est que quelque part quelque chose vibre plus fort.

Ses mots je les prends, je les fais miens. C’est comme s’il savait par delà ce que je tais, ce que mon cœur retient comme pour me protéger d’un éventuel chagrin. Il me prend la main et me dis: “tu sais, maman tout ira bien!”

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Après la traversée du désert…

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L’histoire s’est écrite, avec notre participation et celle de tant d’autres. Le passé a marqué l’histoire, il s’est imprimé quelque part et il a laissé dans son sillage un souvenir, quelque chose qui si on n’y prête pas attention ne se rappelle pas à nous. Ce qui fut n’est pas ce qui est. Et pourtant il suffira d’un instant pour que le passé refasse surface, qu’il menace notre équilibre, qu’il nous susurre que si, si nous ne prêtons pas attention à ce qui est, ce qui a été peut se reproduire.

Je n’ai jamais fait mes deuils, je n’en jamais eu l’occasion. Parce qu’il fallait toujours avancer, parce que c’était comme ça. Oublier et aller de l’avant. Alors les blessures quelque part n’ont jamais été guéries. Elles sont devenues des souvenirs qui se rappellent à moi quand je ne m’y attends pas. Et alors je chute avec elles.

Mais demain, je sais, que je referai surface, comme toujours, que je laisserai les ombres au passé et le passé à sa place, que j’oserai un pas dans une direction qui me demandera une fois de plus de baisser la garde et de lâcher l’armure. Je le ferai parce que je sais qu’après chaque traversée du désert, se présente un chemin de paix.

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Pour 2022, je vous souhaite…

Une nouvelle année s’accompagne toujours de nouveaux souhaits. Parfois c’est un peu mécanique, ce “bonne année!” , comme le “ça va?” dans les couloirs du bureau. Mais ici c’est différent, ici vous qui me lisez, vous comptez pour moi. Vous avez une place de choix dans mon coeur. Je sais la chance que j’ai de vous avoir dans ma vie. Alors je prends le temps de poser ces mots.

Pour cette nouvelle année:

Je vous souhaite d’aimer, avant tout, de vous aimer vous aussi, dans toutes vos contradictions, dans vos conflits intérieurs, dans vos instants de joie et vos moments de doute, d’aimer l’autre, quel qu’il soit dans une ouverture saine d’esprit et de cœur.

Je vous souhaite des relations sereines, de ne pas tirer de conclusions hâtives, de partager de bons moments avec ceux qui comptent, de vous écouter intérieurement, mutuellement, de poser vos limites quand c’est nécessaire, de ne surtout pas attendre que la vie passe et que les autres fassent des choix à votre place, de dire les choses même les pas faciles, de vous confier, d’oser la vulnérabilité car c’est le seul chemin vers des relations justes.

Je vous souhaite des rêves à dessiner sur un horizon prometteur, des projets à faire grandir, des envies de décrocher les étoiles, des réalisations à célébrer, de la curiosité et de ne pas vous arrêter au premier échec, d’avoir de l’audace pour un pas de plus vers ce qui fait sens pour vous, même et surtout si ce n’est pas confortable!

Je vous souhaite de vous sentir bien dans votre esprit, dans votre corps, de ne pas prendre votre santé et votre énergie pour acquises mais de prendre soin de vous dans toutes les dimensions de votre être, en sachant ralentir, vous écouter, en acceptant les choses moins plaisantes, les douleurs un peu mesquines.

J’aimerai ne vous souhaiter que du meilleur bien entendu, mais nous savons tous que la vie est cycle, un équilibre toujours à réinventer, des hauts, des bas, des peurs, des larmes, des naissances et des départs, alors je vous souhaite de la force pour faire face à l’adversité, tous ces instants où vous vous sentirez dériver, de la foi pour les jours gris, du courage pour les deuils qui se trouveront immanquablement sur votre route, de l’amitié, une main qui se tend pour vous ramener à la surface et continuer.

Je vous souhaite d’aimer la vie, d’embrasser tout ce qu’elle a à vous offrir, de croire en vous, en tous ces trésors qui sommeillent à l’intérieur, d’aller à la rencontre de vos ombres et d’en faire jaillir la lumière.

Je vous souhaite d’être à l’écoute de votre propre musique, de danser au rythme de votre propre voix, peu importe que le monde aime ou pas. Je vous souhaite de ne pas vous comparer, jamais, d’être inspiré toujours et de vous souvenir que vous n’êtes pas seuls!

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Les derniers jours de 2021…

2021 touche à sa fin, vraiment. Ces derniers jours ont été quelque peu chahutés avec ce fichu virus qui s’est invité à la maison et nous a mis bien KO. Pour ma part, je m’en remets tout juste, je peux enfin faire deux pas sans avoir l’impression d’avoir couru un marathon. Et à part une nuit où j’ai cru ma dernière heure arrivée, j’enchaine 10 heures de sommeil sans la moindre coupure. Et puis comme on ne fait jamais les choses à moitié chez nous, sinon c’est pas drôle, le virus s’est pointé avec un tsunami d’émotions variées, certaines que j’ai pu nommer et d’autres qui sont parties dans les limbes des maux posés sur le papier.

Le cocktail “mental et hypersensibilité” ne brille pas par sa saveur irrésistible. On se saoule vite! Ces jours avec moi-même m’ont toutefois permis de faire une pause, pour regarder dans le rétroviseur, revenir sur les 12 mois de cette année, apprivoiser ma solitude, prendre soin de moi, aller à mon rythme, sans m’imposer quoi que ce soit. Encore moins d’être performante dans quoi que ce soit.

2021, une année variée, faite comme toutes les années de hauts et de bas, une année de points d’interrogation, de limitations mise en lumière, d’acceptation de moi dans toutes mes contradictions. Beaucoup de larmes pour venir à bout de ce qui me retenait et beaucoup de retours en arrière pour aller creuser là où le mal avait fait son lit depuis si longtemps. Retrouver l’enfant et l’apaiser pour pouvoir prendre ma place de maman, surtout.

Devenir maman a pris tout son sens en 2021, oser dire “non”, aimer en posant des limites, trouver un nouveau rythme ensemble. Ce chemin est plein de pierres et de fleurs. C’est une route qui se trace au jour le jour, sur laquelle je nous sais complices souvent et en opposition tout autant, sévèrement parfois. Nous avons appris à nous dire les choses, celles qui fâchent et celles qui font du bien. En cette fin d’année j’ai choisi de dire la vérité, que ce n’est pas simple de cheminer seule, de devoir faire avec cette troisième place vide, de ne pouvoir compter que sur moi-même et de me sentir bien impuissante à certains moments. Ca n’enlève rien aux jours de joie et à la chance d’être la maman d’un petit garçon au coeur si tendre!

Une année sous le signe de l’amitié, revoir les personnes qui comptent, rencontrer de nouvelles amies, découvrir ensemble, grandir, s’écouter, se motiver, s’émouvoir. Et sous le signe de la famille aussi, après des années d’errances, de non-dits, de blessures qui avaient mal cicatrisées. Retrouver le lien, loin d’un passé révolu.

Ce passé qui est venu jouer avec mes fondations, dans lequel j’ai cru me perdre à nouveau et face auquel je me suis choisie finalement. Me protéger avant toute chose. Et cracher ma colère, lâcher tout ce que j’avais retenu parce que ça ne se fait pas de détester quelqu’un. Ouvrir les vannes pour revenir à la vie, une fois de plus. Et accepter aussi que cette histoire (moche) fait partie de mon histoire.

2021 où l’année de la créativité, avec le Cercle des Muses, la reprise de la danse, la découverte du Yoga et de sa philosophie, le Tarot, l’Astrologie, et la poésie, qui a fait son grand retour dans ma vie. De la couleur, encore de la couleur.

Cette année aura aussi été marquée par une prise de poste, de nouveaux collègues et une confiance renouvelée. Ne plus passer des jours entiers à me demander à quoi je sers m’a libérée d’un poids. Je n’ai pas pour autant abandonner mes envies d’ailleurs mais je sais aujourd’hui que mon choix de sécurité est le plus juste pour nous deux.

Je pense que 2021 aura été l’année la plus “montagnes russes” au niveau sentimental. J’ai conscience que je ne me suis peut-être pas assez investie, que je me suis laissée happer par mes résistances, que j’ai préféré la fuite plutôt que d’affronter mes démons, qu’entre coeur et raison, ça a pas mal balancé! J’ai pris le parti de la patience, il y a eu de beaux moments, de l’écoute, du partage. Juste pas assez. Un jour viendra où il faudra sérieusement se pencher sur ma relation à l’amour, à l’engagement, au couple. Ce moment n’est pas encore venu – gardons en pour la suite!!

Avant de partir, merci à chacun et chacune d’entre vous, pour votre présence si touchante, si vivante, pour chacun de vos mots déposés ici. Vous lire c’est de la pure magie à chaque fois. Merci de m’écouter, de me comprendre entre les lignes, de me motiver à aller plus loin, toujours. Je vous souhaite une très belle fin d’année 2021 et je vous dis à très vite.

Sinon vous, votre bilan, ça donne quoi?

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Entre-Deux

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Il se passe quelque chose, quelque chose qui n’est pas visible à l’oeil nu. Quelque chose qui couve depuis des mois et que je ne sais nommer. Et si j’essaie, alors je sens que quelque chose se brise.

Peut-être qu’il faut que les choses se cassent pour pouvoir les reconstruire, qu’elles deviennent des miettes, qu’elles partent avec les larmes. Comme un deuil.

Il se passe, la vie avec son lot d’émotions, celles que nous ne pouvons pas coller dans des cases, qui n’appartiennent à aucun système qui déraille et que nous pourrions remettre en marche avec un plan bien conçu, une solution bien travaillée.

Il se passe ce qui dormait et ce qui a été réveillé, ce qui couvait dans un lieu secret. Depuis toujours. Mais que les sentiments avaient jusqu’alors tenu à distance. Un petit caillou, même pas de quoi trébucher, juste une gêne, devenue quelque chose de plus grand, qui prend la place et menace l’équilibre.

Si je le nomme, je le garde près de moi. Comme pour me protéger de ce que le monde ignore. Je l’écris dans toutes les dimensions, dans ce que j’en sais et ce que j’ignore encore. Dans des mots qu’il faudra poser ailleurs que sur un carnet. Pour se donner la chance d’un nouveau départ, quel qu’il soit.

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Dans quelle société vivons-nous?

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Je suis tombée par hasard ce matin sur un article concernant le projet de loi sur l’interdiction des « thérapies de conversion ».

Et je suis allée creuser bien entendu. Parce qu’en ce moment le « genre » est au cœur du débat. On se demande même si il n’a pas pris le pas sur le féminisme. Les thérapies de conversion sont un ensemble de pratiques qui ont pour objectif de modifier l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle d’une personne. D’abord nées aux Etats-Unis à la fin des années 1970, elles se sont peu à peu répandues en Europe. Elles visent à « guérir » les personnes homosexuelles, bisexuelles ou lesbiennes en les « convertissant » à l’hétérosexualité.

Je ne vais pas débattre sur ce sujet ( je tente de moins en moins avec le temps d’avoir un avis tranché sur les problématiques de société) mais pour moi ça va de soi que ce type de thérapie ne devrait pas exister. Tout simplement parce que l’idée même de la conversion en général me dérange. Par contre sachez que personne ne débat sur ce sujet, les gens s’invectivent, s’envoient des horreurs, jugent à l’emporte-pièce, se vantent d’être tolérants tout en participant à des lynchages collectifs et chasses aux sorcières sur les réseaux. 

Si tu n’es pas LGBT+ friendly par les temps qui courent, tu es homo/cis/transphobe ou autre chose et là ça me pose problème. Où est le respect dans tout ça ? On ne peut pas demander à tout le monde d’être ouvert à tout. Nous venons tous avec notre expérience de vie, nos croyances, nos idéaux, nos valeurs et nous avons tous le droit de penser différemment. Où est le respect quand partager son opinion relève d’un acte de bravoure ?

Au cours de mes années de droit, on  m’a enseigné, que chacun avait le droit d’avoir une voix et que chacun avait le droit de l’exprimer, on m’a appris l’esprit critique, de ne pas prendre tout pour acquis. Nous sommes dans un pays où nous pouvons le faire. Même si beaucoup de personnes pensent le contraire. Je conseillerais fortement à ces gens-là d’aller faire un tour dans les pays où les gens vivent cachés parce qu’ils ont osé poser des mots sur l’inacceptable ou défendre des idées contraires aux idéaux nationaux

Afin de me faire un avis, je me documente, je regarde des reportages, j’essaie de comprendre, d’envisager le sujet sous le prisme de mes valeurs. J’adhère rarement à une idée parce qu’elle est en vogue. Je trouve ça triste finalement.

Pour autant, j’évite de donner mon opinion sur pas mal de sujets parce que les réactions vives qui viennent vous piétiner, très peu pour moi. Mais comme ici c’est mon blog, je vais quand même dire – un peu – ce que je pense.

On a commencé par l’écriture inclusive, pour faire changer les mentalités sur l’égalité homme/femme par le langage. Du coup on se retrouve avec des règles compliquées, des marques orthographiques et syntaxiques de plus en plus complexes. Il y a toujours autant de femmes mutilées à travers le monde ! L’écriture inclusive ne les a pas encore sauvées !

Très récemment le pronom « iel »  a fait son entrée dans le Petit Robert. Une condensation de « il et elle » pour désigner une personne qui ne se définit ni comme une femme, ni comme un homme, ni comme un il ni comme un elle. J’en viens à ma demander si il et elle ne finiront pas par disparaitre et par la même occasion, l’homme, la femme seront bientôt tous des mutants sans sexe ! Mais jusqu’à preuve du contraire, il faut toujours un spermatozoïde et une ovule pour féconder un bébé !

Pour terminer je vous laisse avec les nouveaux termes qui définissent votre genre. Ca me laisse perplexe…

Bisexuel – Se dit d’une personne attirée affectivement et/ou sexuellement par des personnes des deux sexes et/ou des deux genres.

Cisgenre – Se dit d’une personne dont l’identité de genre (masculin ou féminin) correspond au sexe avec lequel elle est née. C’est le contraire d’une personne transgenre.

Genderfluid – Se dit d’une personne dont le genre oscille entre la masculinité et la féminité.

Non-binaire – Se dit d’une personne dont l’identité de genre ne correspond ni aux normes du masculin ni à celles du féminin. Cette personne peut se sentir entre les deux, aucun des deux ou encore un mélange des deux.

Pansexuel – Souvent synonyme de “bisexualité” et issu du préfixe grec “pan” (tout), la “pansexualité” renvoie à l’attirance (affective et/ou sexuelle) envers une personne, quelles que soient ses caractéristiques de genre, de sexe ou de sexualité.

Trans – Terme générique pour désigner des personnes pour lesquelles l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance (on préfèrera le terme transgenre à celui, jugé très stigmatisant, de “transsexuel“).

Dans cette quête d’identité pour beaucoup, sincèrement je ne sais pas comment les gens s’y retrouvent. Il y a certes une légitimité à demander les mêmes droits pour tous, cependant l’égalité pure et dure est une utopie puisque la différence fait partie de la vie…

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Un point d’interrogation

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Tu restes le mystère, l’énigmatique personnalité qui m’aura fait le plus grandir“.

Quand les mots se sont posés sur moi, j’ai pris une claque, celle de la vérité. Nous ne nous étions pas parlées depuis des mois, nous échangions quelques lettres qui ne disaient que le bleu du ciel, le soleil frileux de l’été. Nous esquivions les maux comme deux combattants fragiles. Nous tentions de maintenir à distance les tremblements, les turbulences. Nous ne nous étions pas vues non plus. Pour ne pas nous blesser davantage. Je voulais la distance pour éviter les questions. Je marchais à reculons sur un chemin dangereux et je savais que son regard verrait au delà de l’assurance que j’affichais. Je savais qu’elle poserait les yeux sur la peur et que cela me ferait vaciller encore un peu.

Ma mère ne m’a jamais cachée qu’elle avait du mal à me comprendre, mes réflexions comme mes comportements ni qu’elle s’était sentie perdue bien des fois devant mes choix, mes pensées, mes cheminements intellectuels, mes émotions vives. Mon père reste lui, en retrait, bousculé par une façon d’être qui le perturbe. Ni l’un ni l’autre n’ont pourtant jamais manqué une occasion d’exprimer leurs sentiments.

Je me rends compte seulement aujourd’hui combien cela a dû être déstabilisant pour eux. J’ai passé plus de temps à me rebeller contre l’incompréhension qu’ils affichaient plutôt que d’essayer de comprendre ce qui pouvait à ce point les mettre mal à l’aise. Peut-être bien que ma personnalité me met moi-même mal à l’aise, peu de gens me comprennent, je passe plus de temps à justifier mes failles, mes goûts, mes émotions à fleur de peau, mes peurs. Si je me suis éteinte si longtemps c’était moins pour faire comme tout le monde que pour avoir la sensation de ne pas me sentir si seule sur le chemin. Avoir la sensation, même illusoire, d’appartenir à une entité, un tout, c’est extrêmement rassurant. Pour beaucoup.

Quand ses mots se sont posés, quelque chose a explosé. Finalement peut-être que tout cela n’est pas vain, que je ne suis pas un point d’interrogation pour rien…

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Un malaise à apprivoiser

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C’est là.

Même si on fait le choix de ne pas y penser, pas trop, de ne pas lui accorder d’importance surtout. C’est tout de même là et quelque part ça creuse. Même si on ne veut pas. Même si on se protège. Même si on garde son calme.

C’est là quand même, comme une tache au plafond, qu’on ne regarde pas tous les jours mais qu’on aimerait bien voir disparaitre. C’est là 1h30 par mois, un moment si bref et si long à la fois. Un instant suivi des mêmes questions amicales qui laissent pourtant une saveur amère en bouche. Expliquer le malaise demeure un challenge impossible. On voudrait que quelqu’un comprenne entre les lignes, par delà les mots, ne plus entendre les mêmes phrase, qui lassent.

Une fois la porte passée, on se dit “à dans 1 mois”, ça semble facile, ça ne l’est pas. On a l’impression qu’on passe à autre chose, mais dès la porte de la maison ouverte, il faut à nouveau poser des “non” et tenter de ne pas s’irriter d’un ton, d’une révolte, d’un malentend, faire preuve de patience devant l’évidence que pour lui aussi, c’est une épreuve.

Finalement on est seul. Dans nos pensées. Dans ces matins qui nous enserrent le coeur, quand on croit tout faire bien et qu’on fait tout de travers, quand on laisse la colère prendre le dessus, quand sa colère à lui prend toute la place et menace notre équilibre.

Le malaise, désormais à distance, a laissé dans son sillage un souffle rance, qu’il faut évacuer. Alors les mots fusent comme des lames de rasoir, le combat est ouvert, personne ne veut perdre et personne ne se tait. Et quand on y arrive, c’est parfois pire, du haut de ses 8 ans, c’est comme si j’abandonnais la partie. Il faudrait savoir laisser passer la vague, se souvenir que ses mots ne sont que des mots, qu’ils ne sont pas dits pour faire mal, qu’ils sont l’expression de ce trop plein qu’il ne sait pas gérer, un flux d’émotions presque incontrôlable.

Mais bien souvent ils ont atteint la faille avant que je ne puisse faire marche arrière, celle que je tente de guérir, celle qui au moindre geste un peu brusque vient à nouveau s’ouvrir et me laisse terrifiée face aux souvenirs. Alors je perds ce qu’il me reste de confiance, de patience et je me retrouve à tenter de me justifier encore une fois.

C’est là, qu’on le veuille ou non. Ca vient encore tester nos limites, jouer avec nos certitudes, ça vient remuer, ça vient nous demander de redéfinir nos priorités, c’est un deuil qui semble ne pas avoir de fin. C’est frustrant, révoltant. On se sent impuissant.

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Quel choix?

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Un commentaire sur mon billet de samedi dernier m’a inspiré cet article.

Lâcher, partir, faire des choix, n’est-ce pas le plus difficile finalement, ce qui nous coute le plus? Comme on dit souvent “on sait ce qu’on laisse, pas ce qui nous attend”.

Alors on s’attache à nos habitudes, nos relations, nos schémas de vie, à ce qui est d’un certain côté rassurant même si cela menace insidieusement notre équilibre, nos bases. On fait avec, faute de pouvoir faire sans. Et puis ce qu’on connait finalement ce n’est pas si pesant, on s’en accommode pas si mal de nos obligations, alors bon, pourquoi pas remettre des sous dans la machine et repartir pour une nouvelle dizaine?

J’entends souvent des personnes dire “c’est la faute de”. En effet, on peut passer beaucoup de temps à rejeter la faute sur autrui, à vouloir prouver par A + B que si on ne fait pas telle ou telle chose c’est parce que nous manquons de confiance, nous n’avons pas eu la chance des autres, nous avons manqué le coche.

J’entends souvent aussi “pour moi c’est trop tard”, comme si il y avait une date de péremption pour faire des choix en accord avec nos valeurs et nos souhaits, comme si passé un certain âge nous étions forcés d’admettre que ce n’est plus la peine d’essayer.

Lâcher, quitter quelque chose, ça ne veut pas non plus dire claquer la porte et repartir à zéro, remettre en question toutes les sphères de sa vie, tout quitter sans un regard en arrière. Ca peut simplement vouloir dire faire quelques aménagements, changer de cadre, choisir un nouveau loisir, passer plus de temps avec d’autres personnes, abandonner une mauvaise habitude, commencer une thérapie pour soigner un mal être ou un trouble, se mettre au sport…

J’entends beaucoup de gens avec des excuses plein la bouche. Les enfants, les parents, les conjoints, l’âge, la situation géographique, l’argent et j’en passe. Je ne dis pas que tout choix est simple, loin de là! Je ne dis pas qu’il n’y a pas des personnes qui doivent être prises en compte dans nos décisions. Mais il n’y a qu’un pas entre l’impossible et le début de quelque chose de possible. Et c’est à la portée de tous.

Quels sont les actes qui vous ont semblé les plus difficiles à poser? Qu’est-ce que vous souhaiteriez lâché aujourd’hui? Qu’est-ce qui vous empêche de le faire? Qui rendez-vous responsables (on le fait tous un jour ou l’autre!)?