Je sais…

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Je ne dis pas la vie comme un fouillis, je l’écris juste pour ce quel est, ce grand manège des émotions, des instants, des ressentis, des sentiments. Je sais savourer tout ce qu’elle a de magique. Si et seulement si je prends le temps d’être connectée à ce qui fait sens pour moi. Ce “pour moi” n’appartient à personne d’autre. Il est ma marque de fabrique.

Je sais ma chance d’être merveilleusement entourée, aimée, accompagnée. Je ressens à plein volume cette allégresse des jours heureux quand je suis en paix avec moi-même, quand je lâche les masques dont je parlais hier.

J’ai compris récemment que c’est dans la spontanéité que je suis la plus authentique. A trop me poser de questions, j’en oublie ce qui compte pour moi. Et pourtant je suis seule aux commandes du navire.

Je sais le beau dans l’ordinaire, la chaleur d’une présence dans les jours d’absence, l’amour que l’on ne contient pas et qui vient faire céder les digues, le merveilleux d’un sourire, la légèreté d’une caresse, la force d’un “merci” . Je sais où je suis bien et où je dois encore œuvrer pour que cesse ce sentiment de valoir moins, de ne pas être assez.

Ma vie d’aujourd’hui a des couleurs extraordinaires et les jours gris ne les rendent pas moins éclatantes. J’apprends à vivre avec qui je suis et à m’aimer dans mes forces comme dans mes failles, à accepter ma vulnérabilité comme une chance d’entrer en contact avec le monde.

Je sais surtout qu’au fond de moi, comme au fond de vous, se cache une richesse qui lentement se dévoile. Pour peu qu’on se laisse le temps de tracer son chemin.

Pensées automnales

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L’automne est arrivé au milieu de jours ensoleillées. Une saison que j’apprécie et pourtant chaque année il y a comme un vent de mélancolie qui vient me titiller. Tout est trop d’un coup. Trop de choses à penser. Trop de projets. Trop de besoins. Et des doutes encore. Que j’essaie de tenir à distance pour qu’ils ne viennent pas gâcher les jolies heures.

Un mouvement, qui sans cesse me bouscule et m’apaise. Des vagues émotionnelles que j’accueille de mieux en mieux. Certains promettent ici et là la clé pour en venir à bout. Je reste sceptique. Je n’en suis pas à ma première tentative!

Je cherche encore et toujours, à grandir, à évoluer, à déterrer les démons qui sans cesse me poussent sur le côté. J’avance, c’est certain, parfois vite et parfois pas. Parfois j’ai cette impression de revenir au point de départ. Comme si tout ce que j’avais essayé avait échoué. Et alors je me sens perdue, avant de retrouver l’énergie de repartir. Peut-être plus lentement cette fois, en m’écoutant davantage aussi. Il y en a qui se vantent d’avoir la solution à mes plus profondes incompréhensions.

Quand je les écoute, je perds le fil et la raison. Revenir à soi n’est pas toujours aisé dans un monde qui favorise, sans le vouloir sûrement, la culpabilité.

Le meilleur de moi ne se révèle que dans l’intimité. Ailleurs, je me cache, je me voile la face, je donne le change, j’essaie d’exister, j’attends – je le sais – une certaine reconnaissance. Je tire souvent un trait sur ma singularité. Au travail j’ai perdu l’entrain. Je suis un pantin qui suit le mouvement. A la maison, je me surprends encore à me justifier, à lâcher une colère sur laquelle les mots glissent. On dit que derrière la colère il y a une tristesse refoulée. Je ne l’identifie toujours pas.

C’est en écrivant que je suis authentique. Je crois que ma vérité, elle est dans ce que je pose et dépose, ici et là. Le reste, c’est du bricolage, pour que tout tienne debout. Peut-être un peu moins avec le temps. Il faut lui reconnaître l’avantage de nous faire parfois avancer à notre insu. Ce qu’on croyait, alors, impossible, devient envisageable. Il se pourrait que demain, nous devenions plus sages…

 

 

 

 

 

HP, PN, Hyper, what else?

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C’est un peu un gros cri du cœur mais je dois dire que tous les raccourcis me font cet effet là!

Tous les enfants qui captent vite ne sont pas à Haut Potentiel. Tous les mecs sans tact que vous aurez pu rencontrer ne sont pas des Pervers Narcissiques. Et toutes les nanas qui ressentent des choses ne sont pas Hyper Sensibles!

J’écoute tout ça et ça me file le tournis. Je trouve même que c’est épuisant à la longue. Si on insiste encore un peu, je pense qu’on peut dire que tous les enfants d’aujourd’hui sont surdoués, que tous les hommes sont des pervers et que tous les femmes ont une sensibilité exacerbée qui fait d’elles des personnes ultra connectées et au dessus du lot (tant qu’on y est!)

Voilà où nous mènent tous ces raccourcis.

Un enfant est vif de nature, il s’intéresse généralement à beaucoup de choses. Bien sûr qu’il y a des enfants différents, avec des particularités mais dès qu’un enfant ne se comporte pas exactement comme un autre, est-ce que ça veut forcément dire qu’il faut le coller dans une case et lui mettre une jolie étiquette – étiquette qui le fait passer pour ce qu’il n’est pas – sur la tête?

Tous les hommes ne sont pas des pervers narcissiques. Il y en a qui sont justes narcissiques, c’est une personnalité comme une autre, ni mieux, ni moins bien. Il y a des femmes aussi. Et des pervers dépendants, des pervers anxieux, des pervers phobiques. Et puis il y a plein de personnes avec plein d’autres problèmes.

Je crois pouvoir que l’hypersensible c’est ce que je préfère! Sensible ça n’existe plus dans le langage commun. Si, pour les hommes, un peu, mais bon déjà ça fait un peu tâche. Aujourd’hui tu es soit hypersensible soit rien. Et puis tu es Hyper Conscient aussi et Hyper Émotif, Hyper Actif.  En fait tu n’es plus toi. Tu es toi *100, *1000. Pas étonnant que tu pètes un câble à un moment donné. Ça doit pas être facile de vivre Hyper Connecté à tout, tout le temps!

Je n’aime pas tous ces termes plein de sous-entendus mais en plus je trouve que c’est un très bon moyen de dire, soit je suis hors-norme (vous ne pouvez pas me comprendre!), soit de se décharger du poids de notre responsabilité personnelle (c’est pas ma faute!)

Je ne dis pas que les pervers narcissiques n’existent pas, que certaines personnes ne sont pas hypersensibles ni qu’il n’existe pas d’enfants à haut potentiel, je dis juste que nous ne sommes pas tous concernés et qu’il est important de s’en souvenir, pour ne pas tomber dans des généralités qui ne servent à rien, sinon à nous faire vivre dans une autre réalité.

Et vous il y a des mots comme ça qui vous agacent? 

Les États d’Esprit du Vendredi 18.09.2020

Mes derniers états d’esprits datent un peu. Je reviens avec le sourire! Je dépose en passant une pensée aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable (Zenopia et The Postman).

Début [19h20]

Photo: souvenirs d’été!
Fatigue : comme tous les mois à la même période et si on rajoute les énergies de la nouvelle lune plus les soirées festives des voisins plus les cauchemars, je pense que ça donne une bonne idée!
Humeur : excellente
Estomac: salade, tarte abricots pistache, thé
Esprit: tente de se poser durablement
Cond. phys / Bien être. : sophrologie et marche (et un peu d’abdos quand même!)

Projet/Boulot: télétravail surtout. Et sinon plein de questions dans tous les sens – je reste fidèle à moi même!!

Culture:  Le tatoueur d’Auschwitz, Candice Renoir, Les Aristochats, HP 3
Penser à: arrêter de penser

Avis perso (1): on peut changer de sujet de conversation!
Avis perso (2): sinon le monde, la famine, les guerres, la misère, c’est en stand by???
Avis perso (3): l’humour des patrons sur le sujet du télétravail, c’est pas très fin
Avis perso (4): oui les emmerdes ça nous fait grandir, mais en fait on n’a pas non plus besoin de les chercher pour évoluer plus vite!

Message perso (1) merci! (2) il y a un temps pour chaque chose! (3) ça fait du bien d’être ensemble (4) les énergies sont bien denses, accrochez vous les filles! (5) merci pour votre retour sur ma newsletter! (6) merci pour vos super idées pour les ateliers d’écriture.

Loulou: a repris l’école et a une super maitresse qu’il adore, a repris le foot, passe sa vie à compter, est fan d’Harry Potter, trouve que j’ai de la chance d’avoir un amoureux génial!
Amitiés : au téléphone, par messages, font face à des choses un peu difficiles, sont toutes à leur bonheur!
Love : il n’y a pas de mot pour exprimer ce que je ressens vraiment alors je le garde pour moi!

Sorties :  on va sortir! Yes!
Essentiel: savourer la vie tant qu’elle est là, guérir pour la savourer à sa juste valeur
Courses: marché
Envie de: guérir, m’aimer, vibrer

Zic: Walk on water! Juste ce qu’il me faut en ce moment

Fin [19h40]

Face à ce qui nous dépasse…

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De fil en aiguilles, mes pensées m’amènent là, près de toi. Toi, une fois, deux fois, mille fois. Combien sont-ils, comme moi, à tenter de mettre des mots sur l’inéluctable?

Des longues heures d’attente au verdict. Sous un carré de terre, voilà où je viens te parler depuis 33 ans. De là que je te confie tout, des plus beaux matins aux plus sombres tourments. La vie a basculé doucement. Elle continue sans toi depuis tout ce temps.

Des fils un peu partout pour te maintenir en vie. Quelques jours à peine. Vingt cinq ans plus tard, quelques jours pour quitter le monde. Ta délivrance. Finis la souffrance dans un corps pris en otage. Tu n’avais connu que les centres fermés, ce monde si fragile des enfants qu’on cache par peur d’un peu trop les aimer.

La mort, c’est pour ceux qui restent que c’est le plus terrible. C’est pour ceux qui auraient voulu dire au revoir, ceux pour qui les mots restent suspendus dans une absence insoutenable.

Aucun vie ne se ressemble. Aucun souffle n’est identique. Le tien avait des allures de jeune fille. Un souffle comme le vent dans les arbres. Tu avais cette grâce, celle d’une jupe qui se soulève dans la douceur d’un matin d’été. En un souffle, le cœur qui lâche et l’horreur d’une nouvelle comme un coup de poing.

Tout le monde gardait le silence. C’est vrai que c’était étrange, ton absence, surtout pour cette occasion. Ça faisait, quoi, quinze ans, tout au plus. On avait quinze ans à nouveau quand elle m’a raconté l’accident. Envolée notre adolescence dans les tourments du temps. Tu n’auras jamais mon âge et tu ne verras jamais ton fils devenir grand. C’est toujours très perturbant la plaque au cimetière. La marée a depuis effacé ton visage, nos émois et nos rires.

Je continue de disséquer les émotions de tous ces “presque” abandons, ces matins qui ne ressemblent à aucun autre, ces matins “sans”. Je continue d’égrainer les souvenirs. On ne s’habitue pas, c’est faux. On vit juste avec et on tente de vivre bien, de vivre mieux, de vivre plus fort. Et on se plante aussi, une fois la claque passée. 

Une autre vie. Plus libre. Plus respectueuse de tes idéaux. Je te revois, là, le corps affaibli, sur ton lit de camp, au milieu d’un monde qui ne te ressemblait pas. Là, nous avons eu le temps, de nous re-connaître, le temps d’envoyer chier tous ceux qui disaient que tu ne tiendrais pas. Tu as tenu, un peu plus, juste ce temps pour pouvoir se dire les choses. Un rayon de soleil au dessus des mots-croisés. Chaque jour de passé c’était comme un défi relevé. Et le pardon aussi…

Torturée. Ce sont les mots du journal. Tu sortais du travail. Quelques secondes à peine et le grand trou noir. Ton sourire s’est évanoui. La dernière image de toi, nos pas de danse à minuit moins le quart. Une marche silencieuse pour faire face à l’horreur de ta disparition.

La mort n’a pas d’égard, elle vient vous cueillir, souvent sans crier gare. Un coup franc. Pas de trace d’infraction. Je me suis toujours demandée où on puisait la force pour surmonter les plus grands drames, est-ce qu’il n’y avait pas quelque part quelque chose de plus grand que tout ce qui nous dépasse. 

Rien ne nous prépare à la fin et pourtant nous savons qu’elle viendra. Je crois que l’essentiel est de se dire les choses, toutes les choses, avant que les lumières  ne s’éteignent, ne jamais – pour une fois – reporter à demain les sentiments. Et vivre surtout, intensément, passionnément chaque jour.

Nos vies…

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Si on savait l’issue on ne tenterait rien. On resterait dans le sas clos des certitudes, dans le confort du connu. On ne ferait pas le tour du monde. On ne prendrait pas de risque. On serait dans la vie qui passe sans être dans dans la création. On passerait à côté du meilleur. Such a shame!

Et du pire. Parfois ce serait mieux. Parfois on aimerait l’anticiper et ne pas faire le pas qui nous condamne. A souffrir.

Pire à se perdre, à renier son identité, sa vérité. A devenir quelqu’un d’autre, quelqu’un qui ne se respecte pas.

Quand on est tombé on aimerait avoir ce super-pouvoir d’éviter aux autres la chute. On aimerait y croire pour eux sans que des images sordides nous viennent à l’esprit. On aimerait pouvoir ne pas tout mélanger, pouvoir dire sans faire de mal, prévenir sans juger.

Nos vies, si semblables et si différentes. Nos vies, si fragiles et si denses. Nos vies entre éclats de joie et crises de larmes. Nos espoirs et nos masques. Nos épreuves et nos victoires.

Chacun son histoire, ses expériences. Se le répéter, le laisser infuser, se le tatouer à l’encre bleue, se l’imprimer dans le cœur. Et chasser les images, la naissance du gouffre.

Se souvenir qu’on en revient, même du pire. Un peu égratigné, oui. Les ailes, un peu abîmées. Le cœur en plein de morceaux qui se recollent avec beaucoup d’amour.

Alors lâcher prise et laisser faire, laisser être. Faire confiance. A la vie!

J’ai ré-ouvert les portes de la maison…

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Je vais être franche avec vous, je me suis demandée si j’allais revenir! Si j’allais rouvrir les portes de la maison, fermée un peu rapidement, sans préavis. Si je n’allais pas profiter de l’occasion pour me carapater en douce, pour filer vers de nouveaux horizons.

Je suis venue ici et je me suis demandée ce que j’allais écrire, vous dire, partager. Ce mois de septembre est très particulier. Intérieurement, beaucoup de choses bougent. Je ne sais pas encore comment mettre des mots dessus, quels mots poser.

Je sens que quelque chose de plus grand que moi se dessine dans l’espace immatériel et je bosse mon ancrage pour ne pas perdre contact avec la réalité. C’est très apaisant et étrange en même temps.

J’ai plein d’idées, plein de projets. Comme toujours, vous allez me dire! Oui mais là je me mets un peu plus en mouvement et au final l’éloignement du blog a été salutaire. Je pense que ralentir le rythme ici s’impose.

Ecrire moins mais mieux. Ou du moins permettre à mes projets de prendre leur envol, à mes livres de voyager davantage et de conquérir d’autres cœurs. Dans chacun il y a un peu du mien!! D’ailleurs vous pouvez tous les retrouver sur ma Page Auteur. Profitez-en, les prix de certains vont changer à la fin du mois!

Et sinon, vous, comment vous allez? 

Trois ans!

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Trois ans de nous deux. Déjà.

C’est étrange cette histoire de temps qui file. De nos pas qui nous mènent tantôt ici, tantôt là. Trois ans c’est un peu comme un passage, ce cap vu au loin jamais dépassé. L’avantage du temps et des expériences c’est que ça nous apprend ce qu’on vaut, ce qu’on vraiment. Créer.

Quand je repense à nous il y a trois ans, c’est un peu étrange. Un mélange de nostalgie et de contentement. Toujours les mêmes contradictions, c’est presque rassurant!

Mais surtout tant de chemin parcouru pour nous deux, avec des périodes de doute et des périodes de joie intenses, des peurs qui doucement s’apaisent et d’autres qui peut-être finiront par disparaitre. Un flot continue d’émotions, de sensations. Un plein de vie, celle que nous avons choisi d’écrire à quatre mains. Avec nos repères et nos compromis.

Je n’ai pas besoin d’en faire des tonnes ici, ce soir. Tout s’écrit entre nous. Mais j’aime aussi partager ce que je pensais presque impossible il y a trois ans. La confiance, l’attention, le partage, pouvoir tout se dire, tout écrire, trouver même les mots pour ce qui relève parfois du mystique.

Et surtout appréhender l’amour sous un angle différent, pas comme une compensation ou une hypothèse, que sans l’autre nous ne sommes pas. Vivre l’amour qui unit, donne des ailes, est porteur d’une énergie libératrice.

Je nous dit “merci” pour ces trois années, pour tout ce que nous avons découvert, inauguré, essayé, dépassé main dans la main. Dans le respect de nos différences et de nos différents aussi. Je nous souhaite encore plus, plus de bonheur, plus de sourires, plus de regards complices, plus d’échanges enrichissants, plus de passion, plus de folie douce, plus d’instants de vie à savourer, à l’infini!

Dans la malle aux souvenirs

Ouvrir la malle aux souvenirs…

Ils sont si nombreux à peupler nos mémoires. Un rien peut les activer. Un rien pour leur redonner vie. Une musique, un mot, un parfum, un bruit, le roulis de l’eau, le générique du top 50, un tube à la radio, un verre de diabolo menthe. Et la valse commence. Le temps s’arrête sur une image.

Les bouchons sur la route des vacances. Les voitures remplies à ras bord. Le départ aux aurores. Les cassettes enregistrées qu’on passe en boucle et les kilomètres qu’on avale en répétant inlassablement « on est bientôt arrivé ? » tout en sachant qu’on vient juste de partir. L’aller presque triomphant. Et le retour passablement moins enthousiasmant.

Le temps de l’école. Et le temps des congés. Le temps de cahiers ouverts et des bouts de stylos mâchouillés, de l’odeur de la colle en pot. Le temps des déguisements dénichés au grenier, des casseroles que l’on brinquebale d’un bout à l’autre du jardin, des tambouilles d’herbe et de cailloux. Le temps des colonies, des cartes reçues, de celles que l’on envoie pleines de fautes d’orthographe. Le temps des pieds dans l’eau, des bains de boue et des bals du 14 juillet.

Les soupes du dimanche soir et les épinards à la crème de la cantine, passablement écœurantes. Le 7 sur 7 d’Anne Sinclair et nos mercredis “télé, bonbons et bavardages”. Les weekend à la mer et l’été à la montagne. Les sorties en refuge et la pause-pipi dans les orties.

Les premiers émois et les sauts dans le vide, les premières confidences et les prières silencieuses. Les interdits qu’on oublie et les heures de colle qui s’en suivent. Les cours de sport qui s’éternisent.

Le temps des adieux. Les premières notes d’un futur qui nous comprime le cœur. Le temps du chagrin, de la fin de l’enfance. Un visage qui revient au milieu de nos rêves puis disparaît, comme emporté par le vent. Le temps des au revoir imprévus, des séparations. Les souvenirs se voilent d’amertume. L’innocence se bat contre des murs de certitudes.

Le temps des promesses qui ne durent pas. Le temps de l’allégresse, l’éphémère entre nos doigts. Temps de poser les bases de demain sans avoir les armes pour affronter les vagues.

Les dernières années d’école et les copines « tout terrain ». Les examens. Les premières vacances main dans la main. Les spaghettis carbonisés sur le réchaud improvisé. Les danses endiablées. Les slows langoureux. La mer qui vient bénir cette entrée dans le monde tant convoité de l’adulte.

Le premier regard et le premier baiser. La première excuse mal fagotée. Les premières notes d’une histoire à créer. Premiers vertiges et envies de tout oser. Puis le fracas de la fin. Le silence de la séparation. Le vide après le plein. On en sortira vivant un jour sûrement. Pour le moment, les claques se suivent et nos larmes sont fragiles.

Une fête un peu arrosée, notre timidité envolée. On rentre tard ou tôt, le cœur gros. On s’essaye à la vie avec ses bas, ses hauts, ses promesses, ses attentes. On juge vite et mal. On juge trop souvent. Le regard des autres comme un couperet nous tend un piège dans lequel on chavire. Il faut parfois le pire.

Les amitiés qui fichent le camp, celles qui restent un peu plus longtemps, les bars de nuit et les soirées à refaire un monde qu’on voit s’écrouler. Assister passivement à la fuite inexorable du temps et ne plus savoir qui croire, ni comment.

Devenir adulte et regretter de n’être plus des enfants. Moins d’innocence. Moins de rêves. Plus de conscience jusqu’à ce qu’on crève, la gueule ouverte, par peur d’oser, par peur de manquer. Tout resurgit à la faveur d’une naissance. Une deuxième chance.

Les premiers mariages et les yeux qui pétillent. Un « oui » dans l’atmosphère. Une farandole de bonheurs à cueillir chaque jour. Pour nous ce sera différent. On ne se loupera pas. On se regardera encore longtemps comme si on se voyait pour la première fois. Avec ses frissons et ce « je ne sais quoi » qui fait trembler même les plus vaillants. On ne parlera pas du couple comme d’une relation usée,  de ce “juste assez de tendresse” pour rester. On ne disséquera pas les méandres de l’adultère, de l’infidélité. On restera loin des jugements pour mieux se protéger.

Dans la malle aux souvenirs, il y a tout un tas de secrets aussi, gardés sous scellés pendant des années, des mystères à élucider, qui dans cette vie resteront bien protégés. On veut y croire encore un peu. Avant que tout n’explose, que s’exposent nos vulnérabilités, pleines d’ecchymoses. On l’aura bien cherché. Des secrets et de regrets, de ceux qu’on jure de ne jamais avoir, de ceux qu’on trouvait dérisoires chez les autres. On n’a pas fait mieux.

Quand on farfouille au hasard, on tombe sur des pépites. Une histoire de choux à la crème sur les genoux de grand-père. Le jardin de Versailles en long, en large et en travers. Les premiers jours de soleil et les collants qu’on laisse dans les armoires. Les récoltes d’automne et nos vieux grimoires. Le jour qui se lève sur un avenir plein d’espoir. Des photos d’école et des prénoms qui nous échappent. On aurait dû les noter. On pourrait les rechercher, les copains de long date, premiers témoins de cette grande aventure dont nous ne savons que dire.

On ouvre la malle les soirs de cafard, meilleur remède qu’un café noir. Ou à la demande générale quand on veut savoir qui on était, comment on a vécu, aimé aussi. Oui on l’aurait presque oublié sans ces âmes bien intentionnées. Aimer à en avoir le cœur broyé, à ne plus sentir ses muscles, à ne plus savoir les heures, à ne plus attendre que le bruit des pas dans l’escalier, à ne plus espérer que la chaleur de ses bras. Aimer à se dissoudre dans le tout des deux, à contempler le monde d’un nuage lointain, à se faire des promesses dans les creux incertains, à se confier nos détresses jusqu’au petit matin. Aimer à vouloir se fondre en l’autre. Aimer l’amour et aimer l’aimé. Aimer dans les draps nets vite froissés, dans les courbes des hanches qui se rejoignent et ne forment plus qu’une entité sacrée. Aimer à se mouvoir dans la fréquence de l’autre, à occulter les barrières sur le chemin, à se foutre des autres. Aimer à la folie, sans céder aux injonctions, fidèles à nos choix, sans cesser de se battre pour ce en quoi on croit. Aimer jusqu’à ne plus pouvoir tenir l’amour dans une définition, dans un cadre balisé. Aimer sans relâche, sans frontière, sans attache. Ça rassure ou pas.

Et puis on la referme. Non pas à double tour. On reviendra y puiser l’énergie débordante de tout ce qu’on a créé. On visitera à nouveau ces temps reculés, où tout nous semblait accessible, tout nous paraissait simple et limpide. La malle nous promet encore de beaux voyages. Il faudrait toute une vie pour les réaliser.

Après l’emprise

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Source Pinterest

Les fantasmes ne sont que des vertiges
Les vestiges d’un imaginaire fécond
Chacun tient la liberté de les réaliser tous
Comme de n’en réaliser aucun

Ils n’ont pas de nom
Ni de patrie
Ceux que l’on écrit nous sont proches
Ou bien appartiennent à d’autres

Derrière les mots
Une identité que chacun façonne à sa guise
Une femme libre
Qui se souvient…

Un jour la femme s’assume
Puis un jour elle devient un fantôme
Un souffle rauque
Impuissant
Parce que l’homme a pris le pouvoir
Il a posé son regard sur sa liberté
Il l’a jugé comme une invitation
A entrer dans un espace qui n’est pas le sien
À faire de son corps un terrain de jeu
De ses jeux
Un objet
Un objectif
Un jour elle ne dira plus rien
Elle lui donnera ce qu’il attend
Elle sera son fantasme éveillé
Sa poupée malléable à merci
Elle nourrira ses rêves de toute puissance

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On peut dire le plein
Mais comment dit on le néant?

Face au corps dénudé libéré
Comment dit on le corps caché entaché par le dégoût?

On peut dire les frissons jouissifs
Mais comment dit on la peur glaçante?

Face au silence
Que reste t’il du consentement?

La violence n’est pas cruelle. Elle est sourde, étouffée. Une violence plus noire que la nuit. Une violence qui piétine puis laisse le corps tomber, sombrer, en apnée.

Il a plaqué son corps contre le sien. Rien. Pas un bruit. Pas un geste. Comme si l’absence de mouvement pouvait la protéger.
Il a remonté sa chemise de nuit. Elle a retenu sa respiration. Il a ouvert ses cuisses sans cérémonie. A t’elle résisté? Peut-être.
Un rite. Passage obligé.
Une routine. Celle de la nuit. Celle du silence. Celle de l’absence.

Un jour la femme renaîtra de ses cendres
Elle ne donnera sa confiance
Qu’à ceux qui sauront respecter sa liberté
Ne remettront pas en question ses limites
Qui aimeront son corps, encenseront son audace, glorifieront son désir
Avec le respect qui est dû à chaque être humain
Tout en sachant que jamais rien ne nous appartient.