Le dernier jour

Blog à part, Carnets de route

Il allait arriver forcément, ce dernier jour, celui des aurevoir, celui qui synthétise, qui se gonfle de souvenirs, qui se souvient des instants partagés, rêves, rires, larmes parfois. Il a pris son temps, il nous a laissé de la marge, histoire qu’on s’habitue. Ce dernier jour est rempli de mots, de messages, de signes de la main. Il s’écrit joliment, dans la douceur, mais se trouve inévitablement rempli de nostalgie, d’images qu’on tente de graver dans nos mémoires fatiguées.

Il est là, tout chose, ce dernier jour qui nous pousse vers la sortie, qui nous oblige à faire un bilan. Ce dernier sera serein, les mauvais jours oubliés, les meilleurs moments retenus comme autant de sourires à contempler.

Dernier jour avant l’éternel recommencement des saisons, le grand saut estival.

Ce dernier jour d’école m’aura un peu chamboulée. L’année semble être passée si vite. Le petit homme que je laissais en pleurs le matin fonce désormais dans sa classe, sans un regard en arrière. Inimaginable hier. Rassurant aujourd’hui. Les grandes vacances nous disent bonjour. Le bord de mer l’attend. Quant à moi, je vais profiter de ce temps en solitaire, si rare, avant de le rejoindre pour cette pause tant attendue tout au long de l’année, ces trois semaines hors du temps et loin de tout qui me ressourcent et gonflent mon cœur de projets.

Dernier jour pour moi, ici, aussi. L’Atmosphérique a 4 ans jour pour jour. En Juillet 2013, je commençais à partager mes espoirs et déboires avec vous. Quatre ans d’une belle complicité qui a grandi au fil de vos lectures et de nos partages. Quatre ans et quelques pauses, quelques envies d’aller voir ailleurs, quelques tentatives avortées et beaucoup d’amour et d’amitié.

Dernier jour pour vous dire Merci et Bonnes vacances pour les chanceux. L’été est chargé de promesses. Gardez les yeux ouverts…

Vers la lumière, pour le meilleur!

Carnets de route

Décidément ce manuscrit aura fait couler de l’encre. Relu, presque finalisé. Et les doutes reviennent. Je crois que j’arrive au bout.

Je suis tellement loin de la femme que j’étais à l’époque.

J’ai l’impression de replonger à chaque fois. Dans les souvenirs. Dans la peur. Dans le noir. Alors que tout autour de moi la lumière brille, que les souvenirs sont à nouveau joyeux et vrais.

Un coup de pouce amical m’a mise face à l’autre étape de l’écriture. La publication. Le partage au reste du Monde.

Je ne suis pas certaine d’être prête, pas sûre de le vouloir vraiment ce grand déballage de printemps.

Je prends l’excuse de mon fils. Mais il n’y a pas que ça. Il y a moi aussi, moi qui en ai marre de ressasser le passé, de décortiquer l’histoire, de parler de tout ça, de justifier mes choix. Je ne suis pas certaine de pouvoir répondre aux questions. Je ne suis même pas certaine du pouvoir de mes mots pour aider les autres. On n’aide pas en écrivant. On montre juste la réalité. Dans la tête du lecteur c’est autre chose. J’ai passé des mois à me conforter dans l’idée que ce que je vivais ce n’était rien de grave.

L’impulsion du départ ne peut venir que de soi, d’une intuition, d’un trop plein. Je crois que personne ne peut aider l’autre à s’en sortir sans son consentement. Ce serait tellement simple. Il faut une prise de conscience. Elle ne vient que de l’intérieur, jamais des autres.

A quoi cela sert-il donc ?

A part me maintenir prisonnière d’un passé dépassé.

A part montrer le pire d’un homme qui est, que je le veuille ou non, le père de mon fils.

En relisant le manuscrit je me rends compte qu’il y a beaucoup de pages sur ma descente aux enfers et si peu sur ma renaissance, ma reconstruction. Je ne sais même pas comment je me suis reconstruite. Ca s’est fait pas à pas. Chaque jour, avancer, prendre confiance. Chaque jour se donner des objectifs. Chaque jour grandir et se battre. Je sais juste dire qu’on s’en sort, plus fort, que la vie gagne au final. Comme toujours.

Le tout était que je comprenne pourquoi, comment. J’ai compris. Que reste t-il après ça?

Aujourd’hui j’ai envie de regarder vers l’avant, riche de mes expériences et de mes choix de vie, riche des bas qui m’ont menée vers le haut, riche des merveilles du jour.

Il reste un ou deux chapitres en suspens. Vais-je les écrire ? Ou bien laisser sagement ce manuscrit de côté, un rappel de tout ce que j’ai dépassé, de toutes mes victoires au creux des heures de chaos féroces, un rappel du chemin parcouru.

Mon plus gros challenge : m’aimer

Carnets de route

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Je t’aime. Trois mots qui en disent long.

Mais arrivons-nous seulement à les dire. A nos proches ? A nos amies ? A notre amoureux (se) ? A nos enfants ?

Et enfin à nous même ?

Je t’aime. Trois mots qui ne sont pas à prendre à la légère. Aimer c’est simple et compliqué à la fois. Simple car aimer vient de notre être, de notre cœur. Et nous avons tous un cœur. Compliqué car aimer s’accorde avec liberté, authenticité, confiance, respect, inconditionnalité. C’est là que le bât blesse. Il semblerait que nous mettions souvent des conditions à l’amour.

Envers les autres.

Envers nous-même.

Comment aimer les autres quand on ne s’aime pas soi-même ? Je me pose la question depuis quelques années. Je n’y avais jamais pensé avant. Je n’avais jamais pensé d’ailleurs à l’importance de m’aimer. Les autres avant. Toujours.

Est-ce parce que c’est plus facile de penser aux autres que de s’intéresser à soi ? Est-ce parce que s’intéresser à soi implique de creuser, de déterrer des blessures, de laisser tomber des principes qui nous oppressent, de travailler, d’aller à l’intérieur de soi – un intérieur longtemps délaissé ? Est-ce parce qu’on nous a souvent répété qu’il « fallait » penser aux autres ? Est-ce parce l’altruisme est érigé en valeur souveraine ? Et l’égoïsme un travers dans lequel nous craignons de tomber facilement ?

Et si entre altruisme et égoïsme, il y avait juste l’être. On ne peut pas offrir ce qu’on n’a pas. On ne peut pas recevoir ce qu’on n’est pas prêt à accepter dans notre vie. Ne serait-ce qu’un compliment. Comment offrir un compliment sincère qu’on ne se ferait pas à nous-même ? Comment recevoir un compliment sincère en se dénigrant sans cesse ?

On a tendance – moi aussi – à voir les travers des autres d’un coup d’œil, à cerner leurs zones d’ombres et à les décortiquer jusqu’à la dernière miette, à leur en vouloir pour tel ou tel trait de caractère, tel ou tel manque. Et si nous nous intéressions à nous ? Et si nous regardions à l’intérieur de nous pour voir ce qu’il s’y passe, pour distinguer les émotions qui nous traversent, pouvoir les nommer, les étudier et les laisser passer ? Et si nous devenions notre priorité ?

En écrivant cette phrase, je me rends compte que quelque chose fait tilt en moi. Ce n’est pas ce qu’on m’a appris. Ca ne rentre pas dans mes « valeurs », mes « principes ». Et si mes valeurs étaient erronées, mes principes plus adaptés à la personne que je suis ?

Depuis quelques années je prends conscience de moi – une nouveauté agréable et déstabilisante. Est-ce que je me respecte ? Est-ce que je m’aime telle que je suis ? Est-ce que je suis prête à me dire « je t’aime » chaque matin en me regardant dans le miroir ? Est-ce que je me sens libre de passer du temps avec moi, de prendre soin de moi, d’investir en moi ? Est-ce que je  suis prête à me donner ce que je donne depuis des années aux autres et à l’assumer (auprès de ces autres) justement ?

Tant de questions autour de quelque chose de si naturel.

Un gros chantier sur lequel je travaille depuis près de 3 ans déjà. Les progrès sont là c’est certain. Les regarder en face m’aide à aller de l’avant, à y croire même quand tout me pousse à renoncer. Le plus dur en ce moment, c’est 1) le regard des autres (s’en affranchir) 2) ne pas me comparer sans cesse 3) mes principes et la culpabilité qui va avec (les lâcher).

Je vois la belle lumière au bout du chemin. Elle est époustouflante et vraie. J’avance vers elle chaque jour un peu plus, à mon rythme, en me regardant avec des yeux remplis de bienveillance. Et je sais que cet amour une fois installé fera des merveilles autour de moi.

Et vous, dites-moi, vous en êtes où sur ce chemin ?

Crédit Image

Bombe à retardement

Carnets de route

Elle se tient là, dans un recoin, invisible à l’œil nu. Elle se tient là, à deux pieds de toi, fougueuse, douteuse, impétueuse.

Son tic-tac est lent. Il est presque inaudible. Le cœur de la machine s’emballe parfois. Le tempo se fait plus lourd. On pourrait croire que le compte à rebours est lancé. Puis à nouveau le silence. Intense. Pesant.

La machine a été conçue de toutes pièces par l’inconscient des hommes. Elle a été façonnée par leurs doutes, leurs souhaits, par l’envie de plus d’argent, par l’appât du pouvoir, par l’inconnu du lendemain qui empêche de reprendre son souffle, par cette envie omniprésence de tout changer sans jamais arriver à le faire.

Elle éclatera ou pas. Dans quelques heures, quelques jours ou quelques mois. Cela fait déjà plusieurs années qu’elle est à nos côtés, qu’elle attend le moment propice pour faire son travail, pour accomplir son œuvre.

Saccagera-t-elle tout sur son passage ? Ou bien laissera-t-elle derrière elle des vies gâchées, des corps amputés, des âmes vidées de leur substance, des cadavres de nous, de vous ?

Se déclenchera t’elle en pleine nuit, en mode silencieux, pour n’effrayer personne ? Sans bruit, seul le chaos qui suivra pourra nous renseigner sur l’impact de sa folie. Ou alors en plein jour, au milieu de notre quotidien bien tranquille, par esprit de vengeance ?

Ou peut-être qu’une personne bien intentionnée la désamorcera avant qu’il ne soit trop tard, avant que nos vies ne volent une nouvelle fois en éclats ? Il faudra qu’elle sache y faire, qu’elle mesure ses pas, qu’elle fasse preuve de tact et de délicatesse. Il faudra qu’elle s’approche d’elle sans faire de bruit, sans faire trembler le sol, sûre d’elle.

Une valise sur le pas de la porte. Un mot de trop. Un geste habituel. Une dispute qui tourne mal. Des fleurs piétinées. Un rien peut l’activer. Et c’est la fin.

Elle se tient là, dans un recoin, invisible à l’œil nu. Elle attend son heure. Et le monde continue à tourner comme si de rien n’était.

Une femme libre!

Carnets de route, Entre Nous

J’ai dit OUI plus d’une fois par le passé, à fleur de peau, terrassée par la peur. Peur des menaces. Peur de la violence qui ne se dit pas. Face à la confiance qui se délite, j’ai dit OUI pour avoir la paix. Pour ne plus trembler derrière la porte. Face au mépris, l’instrument des lâches, j’ai abdiqué. J’ai dit OUI en croyant résister. Peur de perdre ci ou ça. Ceux qui nous narguent le savent bien, ils finiront par avoir le dernier mot. J’ai lâché la barre face au harcèlement qui n’en finit pas. J’ai dit OUI pour la forme, pour ne pas avoir à gérer les heures, les jours de silence, ma punition.

J’ai tremblé face aux mots blessants, aux paroles lancées en l’air comme autant de sabres puissants. J’ai fait fi de mes sentiments pour pouvoir encaisser. Je me suis brûlée les ailes à toujours vouloir trouver des excuses à tous, tout le temps.

J’ai dit OUI à celui et à celle qui m’ont écrasée du poids de leur égo surdimensionné. J’ai dit OUI dans la détresse, perdue, paumée, affaiblie, cassée. J’ai dit OUI pour pouvoir continuer. Quand il ou elle ne pensait qu’à me faire tomber.

J’ai dit OUI aux insultes, aux mots durs, aux ricanements, aux pressions.

J’ai dit OUI dans ma vie scolaire, professionnelle, conjugale. J’ai dit OUI en me voyant fragile, incapable de me défendre. J’ai dit OUI en faisant taire celle que j’étais, non pas pour me fondre dans la masse, mais pour me faire toute petite, pour qu’on ne me remarque surtout pas, qu’on m’oublie presque (de cela est né un besoin de reconnaissance que j’arrive doucement à dompter) dans le coin, là-bas.

J’ai dit OUI trop souvent, renonçant à moi-même, à mon identité, à mes émotions.

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Aujourd’hui je dis NON.

NON à toi pour tes mots blessants, infondés.

NON à toi qui me juge.

NON à toi qui te permet de me lancer ton mépris à la figure sous prétexte que tu te trouves au-dessus de moi dans la hiérarchie.

NON à toi qui abuse de ton pouvoir.

NON à toi qui ne donne rien.

NON à toi qui impose ta manière de voir ou gérer les choses.

NON au harcèlement, à la folie, aux menaces (elles ne me font plus peur), au déni, à la vague destructrice qui s’empare de toi quand tu ne te contrôles plus, aux regards de travers, aux yeux baladeurs, à ton paternalisme désuet.

Je ne suis plus cette petite chose fragile, cette enfant contrainte, cette adulte apeurée, cette employée qui ne fait pas de vague, qui encaisse chaque remarque, chaque tentative de conflit en chaussant son masque souriant, pour faire plaisir. Je suis une femme libre !

Ca tourne!

Carnets de route

Le manège au centre. Premier arrêt le temps que chacun choisisse sa place. Doucement le manège démarre. Il prend de la vitesse. Il tourne et nous tournons avec lui. Nos souvenirs d’enfance ressurgissent. Comme dans un tourbillon, nous nous glissons jusqu’à en avoir le tournis. Explosion de sensations et d’émotions.

Photo – Robert Doisneau

Sans pitié

Carnets de route

J’ai relu les mots, le début de nous, de ce nous à partager, pour lui, pour les autres. Inspirer d’autres femmes à oser ce pas vers l’inconnu, pour des lendemains sereins, plus équilibrés, en harmonie avec leur être tout entier.  J’ai longtemps voulu te protéger, en me laissant quelques torts, trop. Je serais sans pitié. Mes mots seront lourds et durs. Tu peux les encaisser. Tu n’es pas cette petite chose fragile comme tu voudrais me le faire penser. Chacun ses responsabilités.