Ce pari un peu fou

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J’entends souvent “tu le connais mieux que quiconque”
Je ne connais pas mon enfant
Je ne le comprends pas toujours non plus

Qui peut prétendre le connaître véritablement?
Même lui, comme moi, comme nous tous, mettra peut-être des années à se trouver, à se définir, se re-définir

J’ai pensé naïvement ne rien projeter sur lui
Et puis…
J’ai fait l’erreur aussi
De le vouloir comme ci, comme ça
De vouloir le voir aimer des choses qui me parlent
De le voir suivre mes pas

On met beaucoup de pressions sur les parents
D’ailleurs en tant que parents on a souvent l’impression que notre enfant est la représentation de toutes nos réussites et de tous nos manques
Notre CV émotionnel, psychologique, affectif, relationnel
Notre carte d’identité pour être vu comme un “bon” parent
Notre empreinte dans ce monde
La trace de notre passage

Notre enfant n’a rien à voir avec nous
Il n’est pas notre prolongement
Il n’est pas nous, il n’est pas à nous
Il EST

Et je trouve que ce n’est pas toujours facile de l’accueillir dans ce qu’il EST justement
Dans ce qu’il est et que nous ne sommes pas
Dans sa différence
Dans son mystère
Dans son individualité
Dans ce qu’il a de plus beau, de plus fragile, de plus difficile à capter, de magique, de déstabilisant, de complexe, d’intimidant, de sacré

Je trouve que ce n’est pas évident d’être là
Sans attente
Sans porter de jugement
Sans condition

La parentalité c’est une rencontre inattendue
Une plongée en eaux troubles
Un lien qui teste nos résistances, nos limites
Une rencontre sans garantie que ça fonctionne
Que la complicité soit au rendez-vous
Une histoire
Faite de renoncements, d’acceptation
De chemins mal pavés
De routes parcourues main dans la main
Et parfois à contre-courant

Un pari un peu fou
Que nous tentons malgré tout!

Une nouvelle dizaine!

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Une dizaine qui s’achève, une nouvelle qui débute.

Celle qui s’achève a été riche en rebondissements, moments forts et années douloureuses. En 2010, j’étais en Irlande, en couple et déjà bien malheureuse, luttant avec férocité pour défendre mes idées et consciente tout de même que la situation dans laquelle je me trouvais alors était sans issue.

Il aura fallu un mariage, une grossesse pour que je prenne la décision de mettre fin à trois années de combat, trois années comme une chute lente et certaine, trois années au bout desquelles je ne savais plus qui j’étais, ce que je voulais, ce qui comptait.

Un pantin désarticulé, au sourire triste, le cœur meurtri, la tête comme prise dans un étau, le corps affaiblit et déshumanisé. Voilà ce que j’étais fin novembre 2012 à mon retour en France. Avec pour seule obsession l’envie que mon cauchemar s’arrête, l’envie de faire une chute qui pourrait me soustraire à ce monde dans lequel j’avais l’impression de sombrer chaque jour un peu plus.

La séparation n’a pas mis fin ni aux menaces, ni au harcèlement, elle était nécessaire mais pour se détacher de l’emprise, il m’a fallu encore 4 bonnes années, une longue procédure de divorce. La séparation m’a offert la chance de revenir à moi, de reprendre mon pouvoir personnel.

Je peux le dire, ça s’est fait dans la violence, des gestes, des actes, des mots. Ces années là je ne les souhaite à personne. Elles ont le mérite d’avoir existé, de m’avoir montré que ma vie avait de la valeur et qu’il ne tenait qu’à moi de le voir, de l’intégrer, de changer la donne.

Énormément de choses se sont passées en 10 ans, c’en est même incroyable. Une descente infernale et une remontée spectaculaire. C’est quand j’ai commencé à nouveau à croire en la vie que la vie m’a souri en retour. Les opportunités se sont présentées et, non sans me faire des nœuds à la tête bien souvent, je les ai embrassées.

C’est depuis un ou deux ans que je me rends compte du chemin parcouru, de tout ce qu’il a fallu laisser et ce qui m’a fait grandir, de tout ce que j’ai voulu changer en moi par crainte du regard d’autrui, de ce que j’ai pardonné, de ce que j’ai appris à transformer.

Petit à petit construire ma relation avec mon fils, lâcher l’idée du « tout parfait », me laisser envelopper par sa joie de vivre, apprendre à me pardonner aussi (j’y arrive de mieux en mieux)

Petit à petit croire davantage en moi, assez pour relever certains défis professionnels.

Petit à petit laisser l’amour prendre sa place, sa juste place et savourer notre chance.

Petit à petit laisser la magie opérer.

Petit à petit renouer avec mon corps de femme, dépasser la honte et le dégoût.

Petit à petit, prendre ma place dans ma cellule familiale, pardonner les errances, accepter mes proches tels qu’ils sont avec leur bagage personnel, émotionnel. Tout en refusant d’adhérer à des idées qui ne sont pas les miennes.

Petit à petit, panser mes plaies, m’épanouir, regarder mes blessures avec indulgence et mes failles avec plus de douceur, miser sur mes forces, accueillir mes émotions, parler, ne plus taire qui je suis et même, sans y penser, tranquillement commencer à m’aimer.

Le couple: entre éducation, schéma sociétal et épanouissement personnel

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Il est parfois difficile de trouver sa place, dans un monde qui met, ne nous en déplaise parfois, le couple et la famille au centre de la vie sociale.

Certains diront que nous sommes libres, peut-être, moi j’ai plutôt la sensation de chercher continuellement mon équilibre entre ce qui m’est propre et mes conditionnements. Je me pose souvent la question: est-ce que ça me correspond?

Parfois c’est fluide et parfois c’est plus compliqué. Parfois ça n’admet aucune remarque et parfois je me demande si je suis véritablement alignée avec mes désirs.

Mais quels sont ces désirs? La grande question sans réponse…

Le mariage, le couple H24 je suis tombée dedans par éducation. J’ai projeté des tas de choses sur ce potentiel idyllique. La réalité est tout autre et pas seulement la mienne. Je n’y ai jamais vraiment adhéré si je réfléchis bien. J’y vois juste une entrave de plus à ma liberté. Mais c’est certainement plus rassurant quelque part. Cette sensation de ne pas être seul peut-être. Je me demande ce qui attire les uns et les autres, je m’interroge sur le pourquoi de cet engagement, que je trouve assez violent. C’est très personnel.

Tout comme la vie à deux, c’est quelque chose qui est davantage source d’angoisse que de bonheur, la routine, la crainte de retomber dans la dépendance affective, le besoin d’indépendance. Même si par moments, c’est délicat, qu’on aimerait bien vivre comme les autres et ne pas avoir à se poser mille questions, qu’on aimerait plus de stabilité, une présence plus régulière, se sentir moins vulnérable dans les moments de doutes. Mais n’est-ce pas demander à l’autre de combler un manque intérieur? N’est-ce pas le contraindre à nous apporter la sécurité qui nous fait défaut?

Il n’y a pas de modèle parfait, pas de vie sans déséquilibre, ni quelques regrets. Il n’y a pas de destin tout tracé et chacun compose chaque jour avec ce qu’il pense être le mieux à l’instant T.

Peut-être qu’il faut juste un peu plus de confiance pour assumer des choix différents du traditionnel, qui vont à l’encontre de nos idéaux fous d’enfants, qu’il faut réussir à s’affranchir du schéma sociétal pour s’épanouir.

Qui a vrai confiance en soi!

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Quand j’entends “je n’ai pas confiance en moi”, j’ai envie de répondre “qui a vraiment confiance en soi?”
Il y a peut-être des domaines, des moments, peut-être des situations dans lesquelles nous nous sentons plus à l’aise que dans d’autres. Si nous avions tous pleinement confiance en nous, il n’y aurait ni tract, ni peur, ni doute. Tout serait fluide.

Encore une fois l’image est belle et dans une monde de “sages” elle fait l’unanimité mais la réalité est autre. Je vois la confiance en soi comme une nouvelle injonction à la mode, comme si nous n’en avions pas assez!

Mais c’est aussi un masque, quelque chose qui nous empêcherait de…
Combien de personnes se réfugient derrière le manque de confiance pour ne pas passer à l’action? Combien attendent sur le bord de la route en pensant que la confiance va se matérialiser d’un coup, comme un cadeau tombé du ciel?

On parle aussi beaucoup de travailler sa confiance, d’apprendre à se faire confiance. Je crois que la confiance vient avec l’expérience. Plus on ose, plus on prend confiance. Plus on se met en mouvement, plus on s’engage, plus on fait d’expériences, plus la confiance grandit, souvent à notre insu. 

Si on attend la confiance on peut attendre longtemps, vous ne pensez pas? Quant à l’idée que les autres ont plus confiance que nous, c’est une bonne excuse supplémentaire! Et je l’ai utilisée un nombre incalculable de fois celle là! Se cacher derrière le manque de confiance c’est aussi lâcher son pouvoir personnel. Et ne pas s’autoriser à être. 

Imaginez le tout petit qui commence à marcher, vous pensez sincèrement qu’il a confiance en ses pas hésitants sur le sol? Et pourtant il se lance, il trébuche et il se remet debout. Il se met en route. Il fait peut-être inconsciemment confiance à quelque chose de plus grand, de plus fort que tout, la pulsion de vie. Elle est en nous aussi. Sommes nous prêts à la laisser à nouveau s’exprimer? 

D’aussi loin que je me souvienne, le mot confiance n’a jamais fait partie de mon vocabulaire. Dans ma famille la confiance fait défaut à tout le monde ou presque. A l’école, rares étaient les professeurs encourageants et motivants. Certains sont même allés très loin dans la dévalorisation et l’humiliation.

Le regard extérieur joue à plus ou moins grande échelle sur notre jauge de confiance. On peut vouloir s’en départir, nous restons des humains, liés les uns aux autres. Comme dans tout, il est essentiel de trouver le juste milieu, notre équilibre. L’autre peut aussi nous encourager à exprimer le meilleur de nous-mêmes. Et alors là, la confiance grandit. Il ne faut juste pas être dans l’attente excessive de quelque chose et savoir conquérir cette confiance par soi-même.

Chaque jour, pas à pas. Chaque jour, s’autoriser à vivre, accueillir ce qui est.

Ce temps particulier

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Un temps d’attente, à ne pas trop savoir, à ne pas trop prévoir. A laisser passer aussi, les doutes et les questions. Quand c’est possible. Quand une pensée ne vient pas faire bouger le château de cartes en équilibre.

Un temps entre deux, deux chemins, deux histoires. On peut toujours bifurquer, rien n’est écrit d’avance, tout est à réinventer au gré de nos pas sur la route.

Un temps fait de choix, même quand nous n’en faisons pas, nous décidons, inconsciemment. De nous laisser porter par le courant. Advienne que pourra dans cette grande incertitude qu’est demain.

Un temps comme l’enfant qui régresse, temps plus ou moins long des bases à redéfinir ou bien à consolider. Pour pouvoir se lancer. Ou pas.

Un temps de travers, pour regarder en soi, tout en regardant devant. Ce qu’on est prêt à lâcher, ce qui nous tient chaud et qu’on voudrait pourtant pouvoir quitter. Quelque part souffle un parfum de liberté, mais saurons-nous seulement essayer d’y goûter?

Qu’est-ce que ça vaut de ne rien risquer? A qui devons-nous quelque chose? Peut-être que demain, le temps se sera éteint. Alors que garderons-nous des possibles que nous avons laissé s’éteindre, par manque de courage, par peur de faire face aux regards familiers?

Quelque part une note du temps suspendu aux chants des oiseaux dans la fraîcheur d’un matin d’automne. Quelques traces d’esquisses de rêves, un bonheur touché du doigt, l’éphémère toujours comme si tout se résumait à ça: ce qu’il est essentiel de vivre, d’aimer sans attente.

Libération!

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J’en avais déjà parlé, sur un coup de tête. J’ai eu le temps depuis d’y réfléchir.

Écrire, ce fantasme, ce grand rêve. Etre édité, ce Graal tant recherché.

Ecrire pour se faire plaisir, avant tout. Et, arrêtons de nous mentir, pour être lu! Sinon on écrit dans son coin, et c’est très bien aussi!.

En 2015 quand je me suis lancée dans l’auto-édition, ma vie avait besoin de projets pour tenir debout. La plupart de mes manuscrits étaient restés sans réponse et quand réponse il y avait eu, elles étaient négatives.

Je me suis interrogée récemment sur ce qui me plaisait dans l’écriture, ce qui est ressorti c’est vraiment le partage, et avant tout, l’échange. C’est la raison pour laquelle je tiens ce blog. Je suis riche de ce que je vis avec mes lecteurs/lectrices.

Ecrire seule, ce n’est pas ma tasse de thé. Sauf dans mon journal, mon carnet créatif, en écriture intuitive ou pour faire le tri dans mes pensées, mes idées. C’est un outil merveilleux!!
Ecrire c’est comme mon souffle, c’est ce qui me fait vibrer intérieurement. Je ne le cache pas, j’ai cherché la reconnaissance que j’étais incapable de me donner. J’ai associé “vente de mes livres” à “valeur personnelle” et devant le nombre riquiqui de ventes je me suis dit que je ne valais pas grand chose. Cela m’a un temps confortée dans l’idée erronée que je me trimbale depuis belle lurette que je n’étais pas assez!

L’auto-édition a été une aventure fantastique jusqu’à ce qu’elle me coupe de moi-même, qu’elle devienne anxiogène presque destructrice.

Alors voilà, je pose les valises, je m’arrête là. Parce que ça ne me convient plus. Parce que je ne me reconnais plus dans cette dynamique.
J’ai plein de textes, plein d’idées, plein d’envies. Je laisse tout ça mûrir. Sans pression, en me fiant à mon intuition, en prenant en considération mon rythme intérieur, mon tempo personnel.

Mes mots d’ordre sont désormais: plaisir et authenticité. Je ne veux plus faire les choses pour faire les choses, ni pour gagner quelques vues. Je souhaite remettre du sens là où il n’y en n’a plus depuis un peu trop longtemps à mon goût!

Loin du monde

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Je reste loin des informations, des réseaux souvent aussi. Je me tiens loin du bruit de toutes ces voix qui se révoltent, de tous ceux qui ajoutent leur chaos au chaos ambiant.

Je reste loin des mots qui viennent faire chavirer la barque de l’équilibre. Je ne suis pas de celles qui brandissent des étendards, qui luttent et sans cesse médisent sur le pouvoir. J’ai mes idées, elles n’engagent que moi.

Je me tiens loin de toutes ces vérités qu’on scande à longueur de journée, de tous ces mots qui viennent raviver la flamme de la haine. J’essaie de faire fi des nouvelles injonctions pour soi-disant un monde plus beau.

Il y en a qui pensent qu’il faut la guerre. La guerre, je crois, elle est déjà là à l’intérieur de nous. Elle est dans l’affrontement de notre ombre et de notre lumière. Et si il y a un combat à mener, il est pour moi intérieur pour commencer.

Si nous réussissons alors cet exploit d’assumer nos zones d’ombres et d’embrasser notre lumière, nous pourrons peut-être regarder le monde sous un nouveau jour, les yeux rivés sur les richesses à déterrer plutôt que sur la pourriture à enterrer.

Quel est votre regard? Etes vous de ceux qui luttent en dehors ou en dedans? Dans quoi dépensez-vous votre énergie inutilement?

Un vœu hors du temps

@Marie Kléber

S’adapter. Une qualité remarquable. Une force sans pareil.
S’adapter, oui. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir des envies. Même si là à l’instant T, elles ne sont pas réalisables. Même si aujourd’hui, on ne peut ni changer le cours des choses, ni tout envoyer valser sous prétexte qu’une envie se glisse dans l’ordinaire du quotidien.

Si on me donne un vœu. Juste pour aujourd’hui. Si je peux choisir j’opte pour plus de temps.

Ensemble. Juste toi et moi. Sans le boulot et ses problématiques parfois invraisemblables, sans tous ces maux qui nous fragilisent et contre lesquels on ne peut rien.

Plus de temps, pas pour rattraper toutes ces semaines loin, juste pour vivre, là, maintenant, retrouver la grâce d’un temps plus long que quelques minutes volées au cours des jours qui passent, des cycles réguliers.

Un temps pour revenir à des sujets plus légers. Un temps pour lâcher tout le reste, ne pas se dire que chaque seconde est comptée ou presque. Un temps sans “il faut” surtout.

Un temps de déconnexion, de reconnexion. Sans autre moyen de communication que nos corps, que nos voix. Temps de draps froissés et de plaisir consommé jusqu’à tituber de bonheur, les yeux rivés sur autre chose que les aiguilles qui disent “vite, le temps s’agite et file, bientôt il faudra partir.”

Il y aura toujours un au revoir. Il faudra toujours revenir à la réalité. Mais la bulle dans laquelle nous aurons danser nous aura assez nourris pour nous permettre de reprendre le cours de nos vies respectives sans points de suspension.

Je n’aspire qu’à l’union de nos polarités. Dans un espace vide d’effervescence et riche de silences à conquérir. Il faudra juste que je pense à te demander si toi aussi tu y aspires!

Comment te dire?

@Marie Kléber

Comment? Oui comment te dire? Je me sens bien seule avec les mots qui ne viennent pas. Mais il y a t’il seulement des mots pour te parler de ça.

Comment te dire que le poulain que tu as vu il y a un mois à peine, qui tenait tout juste sur ses pattes, à l’abri près de sa mère, vient de mourir?

La mort, tu sais, on en parle. Il n’y a rien de tabou. C’est juste la vie qui part ailleurs, qui va tenir compagnie aux nuages et fricoter avec les étoiles.

Non, là c’est autre chose. Comment te dire que le poulain au nom si rigolo a été torturé, avant d’être sauvagement tué?

Comment te dire la violence des hommes, sans y ajouter la notre? Comment te dire l’horreur tout en restant loin de la haine?

Quels mots trouvés pour t’apaiser devant l’inacceptable?

Je te regarde avec tes idéaux et  j’espère que tu les garderas longtemps, comme un bouclier face à la barbarie, que rien ni personne ne pourra t’ôter ta joie de vivre et que face à l’innommable tu garderas la foi en quelque chose de plus grand que tout ce qui te dépasse.

Je sais…

Credit Kaboompics

Je ne dis pas la vie comme un fouillis, je l’écris juste pour ce quel est, ce grand manège des émotions, des instants, des ressentis, des sentiments. Je sais savourer tout ce qu’elle a de magique. Si et seulement si je prends le temps d’être connectée à ce qui fait sens pour moi. Ce “pour moi” n’appartient à personne d’autre. Il est ma marque de fabrique.

Je sais ma chance d’être merveilleusement entourée, aimée, accompagnée. Je ressens à plein volume cette allégresse des jours heureux quand je suis en paix avec moi-même, quand je lâche les masques dont je parlais hier.

J’ai compris récemment que c’est dans la spontanéité que je suis la plus authentique. A trop me poser de questions, j’en oublie ce qui compte pour moi. Et pourtant je suis seule aux commandes du navire.

Je sais le beau dans l’ordinaire, la chaleur d’une présence dans les jours d’absence, l’amour que l’on ne contient pas et qui vient faire céder les digues, le merveilleux d’un sourire, la légèreté d’une caresse, la force d’un “merci” . Je sais où je suis bien et où je dois encore œuvrer pour que cesse ce sentiment de valoir moins, de ne pas être assez.

Ma vie d’aujourd’hui a des couleurs extraordinaires et les jours gris ne les rendent pas moins éclatantes. J’apprends à vivre avec qui je suis et à m’aimer dans mes forces comme dans mes failles, à accepter ma vulnérabilité comme une chance d’entrer en contact avec le monde.

Je sais surtout qu’au fond de moi, comme au fond de vous, se cache une richesse qui lentement se dévoile. Pour peu qu’on se laisse le temps de tracer son chemin.