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Je suis Hypersensible

Si joliment dit…

The Apprentice to the Universe

On les appelle les pleurnicheurs, les émotifs, les penseurs.
Je suis hyper sensible.
Tout me touche, m’atteint, m’émeut, me submerge, me gonfle.
J’ai mal pour moi, pour l’autre.
Je ressens.
Je pleure pour un rien, je ris facilement.
Je sens les odeurs, les âmes, la tristesse.
Je n’ai aucune limite à ressentir.
Je m’énerve plus facilement,
Je suis à fleur de mots, de peaux, de beaux.
Je suis une hypersensible.
Je suis différente.
Remplie de poésie.
Quelque chose danse en moi.
Une lumière me rend bizzare, intouchable, indomptable.
J’en demande toujours trop.
Je parle pour ne rien dire, parce ce qu’il a toujours quelque chose à en dire.
On les appelle les marginaux, les fous, les extra humains.
Je suis une écorchée, une abîmée, une blessée de vie.
Je suis empathe.
Je décèle ce qu’on ne me dit pas,
Je tire les vers du nez.
Je respecte le silence, car…

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Intense

Tout ce que je vis est câblé sur un volume d’une intensité qu’il m’est, encore aujourd’hui, difficile de canaliser. Petite, je savais m’extraire du monde. J’ai perdu cette baguette magique ou bien on me l’a prise, en pensant qu’elle allait m’empêcher.

Tout vibre autour, en moi, tout me touche, me surprend, tout me tiraille, me suspend. Je vogue sans arrêt entre des émotions contradictoires, la mélancolie est ma patrie, la mort mon alibi. Et je n’y peux rien.

J’ai longtemps refusé d’être cataloguée hypersensible, pourtant tout est là, tout parle fort et vite, pourtant jour après jour, je me sens trahie par ma propre volonté, tout me chahute, la joie, la peur, la peine. Tout vient se coller à moi quand je ne peux plus le bruit, ni la lumière, quand tout m’agresse, quand un son m’oppresse, quand un changement d’agenda me laisse à bout de souffle.

Tout se bouscule dans ma tête, tous les mots s’offrent des voyages et je prends des virages pour aller d’un point A à un point B. Je donne si bien le change, je m’adapte si bien, c’est ce qu’on dit si facilement. Oui je passe si bien sous silence le manque de constance. Je souris et mon sourire envoie valser l’imprécis.

Je vis tout à fleur de peau, à fleur de trop, je suis dans un vague à l’âme permanent quand mon regard se pose sur une tristesse, sur un regard, sur tout ce qui ne se dit pas mais transpire dans les gestes. Je suis dans un émerveillement surdimensionné. Je suis dans un émotionnel qui n’a pas de bouton off.

Je vois tout, je sens tout, à travers une histoire, je sais sans savoir, mon corps mesure l’impact. On a beau se cacher derrière des couches et des couches de petites choses qui sont là pour maquiller ce qu’on ne veut pas laisser voir et puis un jour il faut composer avec toutes ces parts qui nous composent.

Alors j’apprends, petit à petit, comme un enfant face à ses premiers pas, j’apprends mon souffle qui se détend et mon souffle qui se fractionne, j’apprends le recul sans l’abandon, la distance sans l’éloignement, j’apprends à être avec les gens sans y perdre toute mon énergie.

J’apprends à accepter ce que je peux et ce que je ne peux pas, ce qui est ma plus grande faiblesse et ma plus belle force, ce qui me perd et ce qui me tient, pourtant, toujours debout.

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En corps composés

Credit Kaboompics

J’essaie d’attraper au vol tout ce que j’ai aimé avec toi, de toi, ce diffus des premières heures, cette impression du temps qui n’a pas de limite. Je ne sais pas bien l’amour. Je n’ai jamais été au-delà, j’ai connu les silences et beaucoup d’absence. Alors j’évolue en terrain inconnu et tout ce qui n’est pas stable me semble compromis. Je me sens en sursis.

Je réécris du bout de ma plume tous ces instants magiques, tout ce qui a fait pencher la balance en faveur d’un essai. Et les affinités ont envoyé valser tout ce qui nous éloignait. Même au cœur des tempêtes émotionnelles, il y a toujours eu cette flamme, cet appel vers toi, ce sentiment qui s’enflamme au toucher de ta voix.

Mais plus j’avance, plus je recule, plus j’ai peur, plus je me fonds dans le silence pour que chaque pas loin de toi ne me soit plus si pénible. Je reprends l’armure façonnée pour me protéger. J’efface les possibles, obnubilée par les impossibles. Je ne sais pas comment vivre comme ça.

Alors je m’aventure dans les souvenirs, ils me tiennent au chaud le temps que je saisisse où, quand, comment j’ai commencé à dériver, où, quand, comment c’est arrivé, cette distance entre nous, cet éloignement imposé par le quotidien, cette passion évanouie, ces petites attentions dispersées dans la nuit.

Peut-être que c’est juste la vie de couple, cette vie dont je n’ai aucune idée, qui me prend par surprise et me demande de m’abandonner. Mais comment je compose avec toutes ces insécurités? Je me décompose et j’aimerai que tu lises entre les lignes de mes contradictions.

J’erre sur le chemin à la recherche de ce qui nous tient encore debout, encore amants, en corps composés. Je cherche ta main dans ce que je ne sais pas nommer, ton regard sur un horizon désarticulé, quelques grammes d’un désir presque enfantin pour apaiser l’incertain.

L’été me rappelle la passion, délectation, cet état de vibrations. Peut-être que je veux trop de ce qui n’est plus une composante si présente de nous deux. Peut-être bien que c’est autre chose qui se dessine, quelque chose que je ne sais comment appréhender, qui me demande de lâcher ce qui me tient en sécurité…

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Ce que j’ai tu, ce que j’ai dit

J’ai tout dit au vent, aux arbres et aux roses, aux ailes dorées et au chant mélodieux de l’oiseau. Tout dit au ciel et à la terre, à la mer et ses vagues, aux morts et leurs âmes

J’ai tout dit au temps qui passe, envoyé valser les secrets qui lassent, toutes ces petites hontes que l’on se traine. Et qui finissent par fendre nos cœurs en minuscules particules de haine.

J’ai tout dit pas à pas. En laissant suspendues les sempiternelles questions des autres. Chacune avec son lot d’attente qui ne pouvait être comblé.

J’ai dit ce que j’ai tu pour me protéger. Et pour ne pas m’avouer surtout que ce silence contenait toutes mes insuffisances.

J’ai tout dit au vide, aux prières, au soleil, aux champs verts, à l’horizon embrumé.

Puis j’ai tout dit aux humains, à leurs points d’interrogation, à leur mutisme qui me donnait tort, à leurs valeurs qui chahutaient les miennes, à leurs regards qui trahissaient cette opinion, souvent si haute – trop haute, qu’ils avaient pu avoir de moi et qui d’un coup se fendait en deux ou en mille.

J’ai tout dit sans ciller pour ne pas prolonger le verdict. J’ai dit les failles du système de mes pensées, les peurs qui ne se montrent pas, les choix de vie désordonnés, les sentiments maladroits, tout ce qui a nourri cette sensation de n’être pas assez.

J’ai dit mes maladresses et mes tourments, au fil des aveux. Tous ces demi-vérités gardées comme des bombes, ces réalités maquillées pour que les yeux ne se chargent pas de buée, pour que ma place ne devienne pas nuée de poussières.

Il reste à lâcher, à oser, à faire danser, les mots, les maux et tous ces à peu près pour ne pas offenser, faire pencher la balance en ma défaveur. Il reste à dire ce qui saute aux yeux mais que je retiens pour que nul ne lâche ma main.

Il reste à me dire à moi tant de choses, celles qui feraient exploser tant de possibles, celles qui viendraient me mettre en position d’équilibre au bord de l’abîme, celles que je sais et que je maintiens dans l’obscurité pour qu’aucune ombre ne vienne davantage chahuter mes nuits ou obscurcir mes pensées.

Il reste à me dire tout ce que j’ai dit au vent il y a bien longtemps…

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A l’heure du départ

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Je pensais que je trouverai, que je trouverai autre chose que ce vide. Je pensais qu’au milieu du chaos tu aurai laissé une trace d’un quelconque amour. Je pensais qu’au milieu de ton fouillis, il y aurait un petit quelque chose pour me dire, nous dire comment tu avais vécu, aimé, un petit rien pour que l’on comprenne un peu mieux ce chemin.

Force est de constater que nous faisons tous partie d’un rendez-vous raté. Au chagrin de ta souffrance, sur ce lit d’hôpital, il y a de la colère et une émotion que je ne sais comment nommer. Ta souffrance, elle, te rend humaine pour la première fois. Et je saisis chaque opportunité de venir au contact de ta peur, de ta peau tâchée, de ta chute programmée comme pour me nourrir de ce qui m’a tant manqué.

Plus ça dure, plus c’est dur. Un jour je me dis que je suis prête à faire table rase, à ne retenir que le meilleur. Et puis mon cœur s’emballe et je perds les pédales. Seule avec mes vagues, j’oscille comme un instrument désaccordé. J’ai envie que cette violence dans laquelle nous avons baigné prenne fin, que tu partes vite et bien, que tes maux se taisent pour que les miens puissent s’apaiser. J’ai envie que cette agonie cesse, pour toi, pour nous.

Au fond, dire aurevoir est toujours un passage, même quand l’amour a été blessé. Il y a tant de choses à laisser parler, passer, à laisser aller avec le courant de la vie qui doucement s’enfuit. Je ne sais pas ce qu’il faut garder, quels souvenirs, ce qu’il faut de courage pour oser tout abandonner, pousser la porte, la refermer et ne plus y revenir.

Je ne sais pas répondre aux questions. Je ne sais pas dire quel manque sera là quand tu ne seras plus. J’essaie les mots mis ensemble pour dire ce “nous”. Je retiens ce qui s’attache depuis toujours que l’amour ne suffit pas, qu’il ne peut rien, qu’il peut errer des années sans trouver de repos.

J’espère que dans le tien, le mien trouvera la clé de ce que je tais pour ne pas me blesser.

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Nouvelles injonctions: Arrêtons le massacre!

Avertissement: Dans ce texte je vas partager mes états d’âme du moment. Si vous n’avez pas envie de les écouter, passer votre tour. Ca évitera les commentaires du style “mieux vaut voir le verre à moitié plein” ou “il y a un truc derrière ton émotion”. Je vais être franche je m’en contrefous royalement, là, maintenant, j’ai juste envie de dire ce que j’ai à dire. Point barre.

En relisant le commentaire de Mijo sur mon article Regarder les gens couler je me suis rendue compte que la tendance actuelle nous collait sur le dos de nouvelles injonctions, en lieu et place de celles dont nous tentons de venir à bout. Nous sommes passés du “sois fort”, “pense aux autres” ou “fais plaisir”, au “ose”, “pose tes limites”, “sois authentique” ou “prends soin de tes émotions”.

Dans cette course au perfectionnement de soi, nous sommes semblables à des robots. Nous sommes tous appelés à lâcher nos masques, à sortir de notre zone de confort, à vivre nos émotions, à vivre l’instant présent. Quand aucune de nos vies ne se ressemble. Nous sommes lobotomisés avec toutes ces théories du bien-être qui nous inculquent la recette magique pour une vie qui a du sens. Au final rien ne fait sens.

Les psychologues – les vrais, ceux qui ont fait des études en ce sens, et non ceux qui se sont improvisés thérapeutes en trois semaines de formation intensive – sont unanimes, la France est en grande souffrance. Et pourtant nous vivons dans un monde où le bonheur fait la une des étagères des librairies.

En vérité, toutes ces phrases sont des bombes, toutes ces citations positives sont d’une violence sans nom. Elles génèrent culpabilité et mal être. Elles imposent une manière de voir et d’être qui met de côté le psychisme humain. A les croire, nous serions créateurs de notre réalité. Imaginez vous dire ça à un enfant victime de sévices. Ca remet sacrément les idées en place, non?

Sans compter que nous devenons, à force, tous des moutons alors même que l’industrie du développement personnel nous promet des techniques pour devenir nous-mêmes! La bonne blague!

Dans notre monde, il n’y a plus de place pour le dépassement de soi, pour l’émotion pure avec laquelle nous tentons de composer, il n’y a plus de place pour les maux qui nous bousculent, il n’y a d’ailleurs plus que nos thérapeutes pour nous écouter, sans nous rabâcher que tout est cycle et que tout passe, qu’on tire toujours du positif de nos expériences traumatisantes, qu’il faut R-E-L-A-T-I-V-I-S-E-R.

Imaginez quelqu’un qui ne sait pas nager, à qui on demande de sauter du plongeoir. C’est incohérent et dangereux. C’est la même chose pour la zone de confort ou tout autre “ose” en début de phrase, sans accompagnement thérapeutique, c’est suicidaire. Mais aujourd’hui on veut nous faire croire que c’est notre unique salut, que nous en sommes tous capables, qu’il suffit de le vouloir. A croire que si nous échouons, nous sommes des ratés. Quoi de mieux pour aller plus mal!

Je suis fatiguée de tout ce que j’entends, de tout ce qui me / nous tire vers le bas. Je suis fatiguée des personnes qui ont toutes les réponses, qui croient détenir l’ultime vérité (tout en te disant qu’il n’y en a pas), je suis fatiguée d’entendre les mêmes mots tout le temps (notamment le” ça va?” qui m’horrifie et que je me surprends moi même à prononcer parfois) , je suis fatiguée de tout ce qu’on nous demande d’être sans cesse, jusqu’à ce qu’on s’écroule parce que ça ne nous correspond pas, je suis fatiguée des masques qu’on ôte pour en remettre d’autres (en pensant qu’on n’en porte plus).

Voilà je suis fatiguée de toute cette pression à créer une meilleure version de nous-mêmes tout en acceptant nos fragilités, en dépassant nos peurs, en accueillant nos émotions, en osant dire stop, en étant empathique (sans porter les problèmes des autres), en prenant soin de nous (sans sombrer dans l’égoïsme). Et tout ça en gérant harmonieusement notre boulot, notre budget, notre vie privée, notre vie de famille, en faisant du sport et du bénévolat, en étant positif et en ne laissant pas la morosité ambiante nous atteindre…

Pas étonnant alors que nous soyons tous à plat, complètement paumés et à la limite de l’asphyxie!

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Ce soir, ça ira mieux

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Ce soir, j’aurai épuisé tous les points qui me tiennent en déséquilibre, mes pensées se seront apaisées. Ce soir, je serai à nouveau pleine de courage et d’espérance, je prendrai sur moi sans décharger mon malaise et ma peine. Ce soir, je serai revenue des profondeurs dans lesquelles mes doutes prennent toute la place.

Ce soir, je referai peut-être ce rêve de l’ascenseur qui ne descend jamais, qui fait des circonvolutions à l’horizontal, qui tourne vite et me donne la nausée. Ce soir, il faudra que je pense à écrire mon rêve pour savoir de quoi il me parle.

Ce soir, je ferai fi des irritations, de la fatigue, je planquerai ma colère dans un coin et je tenterai de prendre tout (ou presque) à la rigolade. Ce soir, je tenterai d’écrire, de décrire ce qui me traverse pour faire la lumière sur le flou.

Ce soir, il y aura peut-être un sourire derrière la porte, et si il n’y en a pas, je tâcherai de ne pas le prendre personnellement. Je tâcherai à l’avenir, quand ça sera possible, de ne rien prendre personnellement.

Ce soir, ça ira mieux parce que je le veux. Et même si ça ne va pas, je garderai encore et encore les tensions à distance, je retiendrai les quelques minutes en suspend qui viendront gommer ces matins silencieux et ces samedis qui décrochent.

Ce soir je tâcherai de lâcher prise, de ne pas m’offusquer d’un mot parti trop vite, d’une énième négociation. Ce soir, j’écrirai sur tout ce qui me défait. Pour réussir à me refaire…

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Regarder les gens couler

Je parle dans le vide. J’écoute mais je n’ai rien à apporter. J’écoute voilà. J’essaie, sans porter de jugement. Parfois, j’en porte. Je vois les gens couler et je les regarde perdre leurs forces, perdre leur santé, leur courage, leur volonté.

J’alerte, je dis les dangers mais je sais que ça ne change rien. Les gens s’écroulent et mes mots paraissent sans âme. Quelle est la valeur d’un “prends soin de toi” quand l’autre avoue être à bout de souffle? Quel est son poids quand tout tire vers le bas, quand les valeurs érigées en règles absolues ne sont que des mots dans l’air.

Tous les jours je suis le témoin d’individus qui n’en peuvent plus, qui tiennent pour un crédit, qui se flinguent le cœur, le corps pour pouvoir subvenir à leurs besoins. Tous les jours, je reste là les bras ballants à attendre le bruit de couloir qui dira “elle est en arrêt ou il a fait un burn out”.

Je brasse de l’air face à des personnes qui ne veulent plus, qui ne savent plus, qui sentent que la partie est perdue pour elles, qui travaillent sans pause déjeuner, sans pause famille, qui sont connectées à 7h du matin, répondent au téléphone à 21h le soir, qui abrègent ou annulent leurs congés, qui donnent tout et trop.

Je suis le témoin d’un calvaire sans fin. Je me demande si un jour on ne me dira pas que mon silence équivaut à une “non assistance à personne en danger”. Quand on voit quelqu’un qui se noie on appelle les secours, si on est formé, on plonge pour le ramener sur la rive. Quand on voit quelqu’un qui perd pied, on entend la sempiternelle phrase toute faite “on ne peut sauver personne sans son consentement”. Le presque noyé n’avait pourtant rien demandé lui non plus…

Alors, en attendant, je me tais et je regarde les gens couler.

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A l’heure des aurevoirs

A chaque annonce de séparation, les mêmes questions reviennent comme si quelque chose bloquait, comme si il me fallait comprendre. Comprendre comment, pourquoi d’un coup tout s’effrite, d’un seul coup. Comprendre pourquoi des gens qui semblaient heureux, en phase, décident un matin de prendre des chemins différents.

Je ne cesse de me demander si, si chacun avait été un peu plus attentif, si chacun s’était écouté, avait écouté l’autre, si chacun avait osé dire que ça n’allait plus si bien

Et puis peut-être que c’est juste la vie qui est comme ça, que je n’arriverai jamais à percer ce mystère là, comme tant d’autres. Et puis qu’est-ce qui je connais au couple, à la vie à deux du quotidien, aux habitudes qui s’ancrent, au chaos qui ne fait plus sens, aux opinions qui divergent, aux sensations qui se brisent.

Moi, je suis juste spectatrice de ces aurevoirs, de ces unions sur le déclin, de ce que certains cachent si bien et de ce qui explose chez d’autres. Je ne suis que la main qui tente de venir à bout des points d’interrogation qui se forment sur la banquise des sentiments perdus.

Ils ne vont pas plus loin parce qu’il n’y a plus d’avenir, alors ils ferment les portes communes pour en ouvrir d’autres. Ils n’ont rien de plus à dire. Ou parfois ils esquissent un “si on avait su se parler” et puis ils quittent la scène, ils laissent leur place.

Je ne suis que le témoin de l’amour qui se fane et je ne saisis pas comment tout a pu arriver si vite, sans que je ne me doute de rien. Alors je me tourne vers ceux qui durent, vers ceux qui semblent tenir malgré les frasques du vent, ceux qui font peut-être tout simplement comme ci – histoire de ne rien gâcher d’autre, ceux qui s’estiment chanceux, ceux qui se disent heureux.

A mesure du temps qui passe, l’amour se sera maintes fois carapaté et se sera toujours recréé. Avec plus ou moins de blessures, de couches de protection pour résister aux chocs, de craintes, de doutes et d’espoir. Oui beaucoup d’espoir pour y croire à nouveau, cette fois pour de bon, jusqu’au prochain virage non anticipé ou la prochaine vague salvatrice.

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Spontanéité et Adaptation

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Est-ce d’avoir grandi au milieu de “trop” et “pas assez” qui a mis un frein à cet élan spontané de l’enfance? Peut-être bien.

En société, j’ai appris très jeune à m’adapter, sans toutefois trouver ma place. Il aurait fallu rentrer dans tellement de moules bien façonnés que j’ai préféré l’évasion à la réalité. M’échapper a été mon salut à moi, ma porte de sortie privilégiée. Jusqu’au jour où la réalité m’a rattrapée.

Quelque part ces “trop” ou “pas assez” ont forgé mon identité. Si bien qu’il n’y a que quand je suis seule (ou avec un très petit nombre de privilégiés!) que je m’autorise à me laisser être. Avec les autres, je me fonds, me confonds, je n’ose pas tout, je me protège sûrement beaucoup (pour être acceptable, aimable) mais je crois qu’on s’en fout. On se protège tous!

Ils reviennent encore parfois me susurrer que certaines choses ne se font pas, comme de manger avec ses doigts ou de parler seule, comme d’esquisser quelques pas de danse dans la rue ou de parler fort, de faire de grands signes pour indiquer ma présence ou de sauter dans les flaques d’eau, comme de saluer des inconnus ou de dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Ils reviennent avec les souvenirs de “les gens vont te prendre pour…” ou “je ne te connais pas…”

Alors oui, j’assume parfois et parfois pas. Je planque ma spontanéité par peur de gêner, pour ne pas indisposer celles et ceux qui préfèrent la discrétion. Et par crainte aussi du regard des autres, ce regard qui m’a tant blessée, qui m’a si souvent intimé l’ordre d’être différente, qui a si souvent insisté sur mes faiblesses sans jamais mettre en avant mes forces, qui a fait de moi ce que je n’étais pas, qui m’a tant de fois abandonnée seule dans l’arène.

L’adaptation n’est pas un masque, elle est un choix, qui est devenu avec le temps très instinctif finalement. Si bien que dans beaucoup de situations, c’est elle qui prend le dessus. Elle est ce qui me permet de maintenir à flot mon équilibre, ma sécurité affective. Et parfois, quand le contexte s’y prête, quand je baisse un peu ma garde, quand quelque chose d’inattendu se produit, alors je me laisse moi même surprendre par ce que d’habitude je cache avec dextérité!

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En finir avec certains amalgames – L’Excision

Lors d’une discussion récente, j’ai entendu la phrase suivante “l’excision des filles c’est comme la circoncision pour les garçons – ça n’a rien à voir avec le droit des femmes, c’est juste une histoire de religion.” Sur le moment je n’ai pas eu d’argument et comme je suis intéressée par le sujet je suis allée creuser. Alors non sur deux points majeurs.

Si les religions juives et musulmanes appellent à la circoncision des petits garçons, l’excision n’est pas mentionnée dans les livres saints. C’est une différence de taille. L’excision est culturelle, passée de génération en génération. Et pendant ce temps là on utilise la religion pour commettre le pire.

Pratiquée 8 jours après la naissance dans la religion juive et à la puberté dans la religion musulmane, la circoncision consiste à enlever la peau du prépuce. Elle présente aussi des avantages pour la santé et est parfois pratiquée pour des raisons purement médicales. Certes dans certains pays, cette intervention est encore faite de manière “barbare” et peut représenter un traumatisme pour l’enfant. Mais à terme, le garçon aura une sexualité normale. La circoncision n’a pas pour but de priver le garçon.

Pour la petite fille, clairement et simplement, c’est sa féminité qu’on s’approprie et son droit à éprouver du plaisir. L’excision c’est soit:

1 – l’ablation partielle ou totale du gland clitoridien et/ou du prépuce/capuchon clitoridien.

2 – l’ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres avec ou sans excision des grandes lèvres.

3 – l’infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens.

4 – toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Ces pratiques sont extrêmement dangereuses pour les filles, les femmes, elles mettent à mal leur corps, elles les exposent à des douleurs physiques et psychologiques violentes, des problèmes gynécologiques graves, elles les privent d’une partie de leur anatomie, si ce n’est de tout ce qui fait leur vie intime, elle contrôle leur plaisir et leur liberté. Dans certains cas, cela crée des complications pour la grossesse, l’accouchement. L’excision est une négation de la féminité, elle tue intérieurement les millions d’enfants qui en sont victimes chaque année.

Nous pouvons condamner ces pratiques, mais rappelons que dans beaucoup de pays ce sont des femmes qui pratiquent ces ablations sur des enfants entre 5 et 15 ans, alors même qu’elles ont vécu un traumatisme identique. Donc la condamnation ne change pas les mentalités. Pour faire bouger les lignes, il faut EDUQUER autour de l’excision. Comme le dit si justement Leyla Hussein, c’est un sujet qui relève de notre responsabilité à tous.

Vous avez des sujets comme celui-là, sur lesquels vous trouvez qu’on fait des amalgames dangereux et qui pourraient être évités, si seulement on commençait à en parler?

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Le jour d’après…

J’imagine bien que les résultats d’hier soir n’ont pas fait que des heureux. Personnellement, je parle rarement de politique, car je n’ai pas particulièrement d’idées et comme le dit si justement Guillaume Meurice: “Etre Président de la République, y a rien de plus con, c’est quelqu’un qui se met en position de se dire je vais résoudre les problèmes de 67 millions d’autres êtres humains.”

Vu sous cet angle, on voit bien le combat est perdu d’avance. Nous n’avons déjà pas les mêmes besoins que les membres de nos foyers, alors imaginez à l’échelle d’un pays. Et d’ailleurs tout le monde ne veut pas la même chose. Alors oui il y a des problématiques qui doivent être adressées, oui il y a des personnes en souffrance, oui il y a dans certains cas un pays à deux vitesses.

Mais de là à écarter tous les points dangereux d’un programme, à l’échelle Française, Européenne et Mondiale?

Je suis d’avis que chacun a son opinion et que chaque opinion est respectable. Tant que cette opinion respecte celle des autres. Et je n’ai pas le sentiment que c’est ce qui se passe la plupart du temps. J’entends plus souvent des critiques violentes que des débats enrichissants. Je vois davantage de gens se plaindre que de gens essayer à leur niveau de faire bouger les lignes.

A l’étranger, nous sommes réputés pour être de vrais râleurs. Je ne sais même pas si nous nous rendons compte de notre chance de vivre en France. J’ai conscience que celle-ci est biaisée pour certains mais ce n’est pas chez les plus concernés que ça gueule en général. Alors qu’ils auraient toutes les raisons pour dénoncer les abus dont ils sont victimes.

Je n’ai pas d’idées tranchées mais j’ai des idéaux. Et les miens englobent l’humain dans sa diversité. Ca en dérangera sûrement certains, mais comme j’ai la chance de vivre dans un pays où l’expression est encore libre (même si je trouve qu’elle recule parfois dangereusement!), je peux rappeler que les extrêmes, de droite ou de gauche, ont commis et commettent encore les pires crimes contre l’Homme. Et que le pouvoir d’achat à mon humble avis ne fait pas le poids face à cette menace réelle, même si édulcorée par un discours qui se veut fédérateur, mais qui ne sert que des intérêts égotiques.

Pour terminer sur une note humoristique, je vous laisse avec Frédéric Fromet qui m’a bien fait rire – quand même! Il fallait oser…

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Quand je suis avec toi

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Quand je te vois, je me suspends, je me surprends. S’éloignent les points de rupture et tout le reste, comme un courant d’air qui chasserait les démons. Ce n’est pas juste un oubli, c’est comme si le temps devenait magicien, qu’il détenait les clés d’un paradis qui n’est pas si loin.

Je décline les invitations du manque, quand tu n’es pas là, tu n’es pas là. Je n’élabore plus d’hypothèses, je laisse les choses se faire et se défaire, à la faveur de souvenirs qui se déclinent sous le scintillant manteau d’une nuit pleine d’étoiles.

Je fonds, je me transforme, je sens poindre une audace que je tais et, qui sur les lignes de tes mains, se décline à l’infini. Et dans l’élan des corps, il y a …

Cet irrésistible appel, cette lente disparition des contrastes, ce vœu au creux des riens que tes mains viennent soulever, ce souffle qui dénonce la soif des saisons à vivre, à espérer, nos épidermes envoutés.

Les aiguilles tricotent l’instant furtif que nous remplissons d’attention. L’eau cristallise nos pensées en fusion. Quelques débris de “et si” s’immiscent parfois puis ils se perdent avant d’avoir atteint leur but.

Je ne veux aucun “peut-être” quand je suis avec toi.

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Où que j’aille…

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Où que j’aille, je trimballe mes doutes, mes peines, ce sentiment qui, si je creuse, fait éclater les larmes sur les vitres. Mais je les garde à l’intérieur pour ne plus rien abîmer.

J’ai trop de coups, de gueule, de mots, de peurs dans les bagages. Je n’en veux pas d’autres. Je m’échappe pour l’équilibre, pour la paix. Je délaisse mon intimité, je ne sais pas si j’ai encore de la place pour elle dans le tourbillon des jours qui chamboulent. Et me laissent toujours plus seule face à ces questions, que d’autres balayent sans y prêter attention ou bien à coups d’avis qui ne s’appliquent pas.

Je n’ai plus envie d’entendre que je gère, que j’y arrive, que je suis une bonne mère. Je ne veux plus de ces phrases toutes faites qui ne savent pas la réalité. Je ne suis ni bonne ni mauvaise. Je suis plutôt jongleuse professionnelle. Je tente de maintenir ce que je crains de voir exploser. Il suffirait parfois d’une minuscule étincelle et alors tout partirait en fumée.

Je m’accroche et je laisse filer le cafard. Je ne me pose plus pour que les questions me laissent enfin tranquille. Je pense moins aussi. Je laisse le temps me prendre le main, me dire que je ne suis pas fragile.

A la surface je fais sensation. Derrière le rideau du cœur, je fonds comme une glace au soleil. Je ne me sens pas de taille face aux responsabilités qui m’incombent. Je m’engage avec détermination pourtant mais mes efforts me coutent, plus qu’il n’y parait. Je veux rester maitresse des choses quand tout me pousse à flanc de colline, face au vide.

Je surjoue, je m’adapte facilement. Je fais semblant à la perfection. J’avance dans le brouillard avec mes solutions qui dureront un déjeuner de soleil. Il faudrait inventer, réinventer sans cesse et je n’en ai pas toujours l’énergie. Alors je m’enfuis de la vie, j’invente une autre réalité, je creuse des souterrains pour me cacher. Et là, je peux laisser les larmes couler, sans les arrêter, là je n’ai plus de souffle, je peux me soustraire au quotidien, les autres n’en savent rien et c’est très bien comme ça. Parce que les émotions ça fait des blessures et ça incommode. Il n’y a pas de solution toute faite, pas de chemin balisé, pas d’explication.

Et moi, parfois, j’aimerai juste me déposer, ne plus essayer, ne plus me sentir prisonnière de tout ce qu’il faudrait faire et que je ne sais pas…

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La fin de la lignée

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Serai-je enfin tombée de mon piédestal, celui sur lequel on m’a posée bien avant ma naissance, sans raison aucune, juste parce que j’étais la première?

Portée aux nues par mes grands-parents, comme un trophée, j’allais et venais, toute incartade sanctionnée en douceur, toute rébellion passée sous silence. Mon grand-père a aimé ce qu’il n’a trouvé en personne d’autre, englué dans un mariage désastreux, dans une paternité dressée sur la violence. Ma grand-mère m’a aimée pour blesser ma mère, elle a fait de moi l’héritière de sa lignée chaotique et de son présent torturé.

Dans tout ce que j’ai entrepris, qui a fait flanché l’ordre préétabli, j’ai cru réussir à sortir de cet emprisonnement. En vain. Rien ne semblait pouvoir venir à bout de cet amour malsain, dont j’ai eu la primeur.

Au creux des vertiges qui m’ont tenue éloignée des miens, elle n’a eu de cesse que de prendre mon parti, créant des vagues gigantesques et semant le doute dans le cœur des uns et des autres. Quand tous me demandaient de freiner, elle m’encourageait à accélérer. Quand je pleurais, elle leur faisait porter le poids d’un hypothétique drame. Je l’ai cru sincère avant de la vomir par tous les pores de ma peau de chagrin – celui d’avoir adoré un mensonge et de m’être perdue dans les toiles de ses sempiternelles injonctions, dans le labyrinthe nauséabond de ce qu’elle ose nommer générosité. Alors qu’elle n’a eu de cesse que de blesser ceux qui pour elle avaient des sentiments honnêtes.

Il aura suffit d’une réponse maladroite, d’une opposition sur une question simple, pour que je regagne la terre ferme, le clan de ceux qui ne méritent pas un regard. Les mots ont fusé comme de la lave. Je sais qu’elle est désormais à deux doigts de ne plus vouloir me voir, pour un simple différent électoral. Mais à la fin de sa vie de misère orchestrée, a t-elle encore le choix?

Quarante et un ans pour redevenir ce que j’ai toujours été, avant qu’on ne décide de me manipuler comme une vulgaire poupée. Avec pour seul objectif: détruire.

Le jeu enfin s’arrête ici.