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Les livres de mars 2022

Je rattrape doucement mon retour pour vous présenter les livres lus le mois dernier, alors même que celui-ci s’achève dans quelques jours à peine! C’est parti…

J’ai commencé le mois avec un livre en anglais “Wreath of deception” de Mary Ellen Hugues, trouvé une fois de plus dans une boite à livres. Un roman policier qui mélange intrigue et créativité. Un texte sans prétention mais avec lequel on passe un bon moment.

Je devais avoir besoin de légèreté car j’ai poursuivi avec “En voiture Simone” de Aurélie Valognes. Là aussi ça se lit bien. Des tranches de vie familiales, dans lesquelles on se retrouve parfois, des personnages qui font sourire, qui touchent. Un Noel en famille, tout ce qu’il y a de plus cocasse! Je ne l’aurai pas forcément acheté car très peu portée sur le “feel good”. Mais c’est simple, sans chichi, même si j’ai noté quelques incohérences sans grande importance.

J’ai enchainé avec “Dans la ville en feu” de Michael Connelly – depuis le temps que je voulais le lire celui-là! La boite à livres m’a encore offert ce livre sur un plateau. Un bon roman policier, bien cousu, bien écrit, qui m’a tenue en haleine. J’ai compris aux 2/3 le pourquoi d’une des grandes questions du livre mais ça n’a rien enlevé au plaisir de découvrir la suite. Je lirai bien d’autres enquêtes d’Harry Bosch, j’ai accroché avec ce flic!

Et j’ai terminé avec un autre policier – décidément – écrit à quatre mains de Mary Higgins Clark et Alafair Burke ” La mariée était en blanc”. Une enquête sur fond d’émission télévisée qui se concentre sur des crimes non résolus. Là aussi des personnages attachants, un bon rythme et du coup un roman terminé en quelques heures!

Avez-vous lu certains de ces livres? En avez-vous d’autres à me proposer?

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Sensibilisation Violences Conjugales #3

N’as tu jamais entendu cette phrase “ils/elles menacent mais ne passent pas à l’acte”. Un cliché de plus! Si c’était vrai, ça se saurait, nous ne serions pas les spectateurs horrifiés de féminicides (et homicides) dont le chiffre ne cesse de nous filer des sueurs froides.

Je pense que les gens qui disent ça ne se sont jamais non plus retrouvés dans des situations si dangereuses qu’en un quart de seconde tu vois ta vie défiler et tu t’attends à ce que l’autre te bousille, au sens littéral du terme.

Une menace est une réalité. Que ce soit une menace de mort, une menace de te priver de quelque chose, de détruire ta vie, de te prendre tes enfants et j’en passe. Oui je sais au commissariat de police, on te rit souvent au nez, c’est presque toi qui passe pour la folle de service. “Et puis, c’est vrai quoi, sur le coup de la colère, on dit des trucs un peu barrés. Mais il faut pas s’inquiéter ma petite dame, ça va aller. Allez voir un psy ça vous aidera à mieux comprendre votre conjoint, regardez il a l’air complètement perdu sans vous.”

Sauf que non, ça ne va pas. La menace, je le répète, est une réalité qui doit être prise en compte. Il faut écouter les femmes et les hommes qui la subissent et doivent vivre jour après jour avec ce risque au dessus de leur tête, quand ils sont chez eux, au bureau, quand ils sont dans la rue, quand ils déposent leurs enfants à l’école, quand ils se croient protégés et qu’ils ne le sont pas.

Ces mots jugés soi-disant sans importance conduisent des hommes et des femmes au suicide et tuent physiquement, moralement, psychologiquement des milliers d’individus chaque année, en toute impunité.

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Atelier d’écriture #12

“Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”, écrit à l’encre rouge sur la première page du dernier roman de Jean-Christophe Grangé, Lucie sursaute et se tourne de tous les côtés pour voir si quelqu’un l’observe. Autour d’elle, il y a du monde, tant mieux et le ciel est d’un bleu éclatant. Elle respire, certaine que rien ne peut lui arriver. Elle efface vite la terreur et relit la phrase, qui ne la laisse pas indifférente. Lucie ne rate aucune émission sur les psychopathes d’hier et d’aujourd’hui, quand elle part en vacances, elle s’assure toujours de rendre une petite visite aux Hôpitaux Psychiatriques ou asiles abandonnés. Elle est friande de tout ce qui a trait de près ou de loin aux tourments et tortures du psychisme humain.

De là, à partir elle même en quête d’indices plus précis, il n’y a qu’un pas. Mais se sent elle réellement prête à tenter le tout pour le tout, quitte à avoir son portrait en première page d’un énième fait divers dont elle serait la principale victime? Lucie prend le livre et va s’installer sur un blanc du parc, pas trop loin de l’effervescence, mais assez reculé quand même pour pouvoir réfléchir à tête reposée.

Sa fibre aventurière l’enjoint d’éclaircir le mystère, dès demain, même heure, même endroit. Sa raison, elle, lui coupe l’herbe sous les pieds – une idée dangereuse et qui ne la mènera qu’à sa perte. Qu’à cela ne tienne, Lucie se sent d’humeur à passer à l’action, après tout elle a une bonne connaissance de ce genre de terrain et il est grand temps que ses heures à dévorer des histoires sordides lui servent enfin à quelque chose.

Lucie passe une nuit difficile, dans ses rêves les mots dansent et son cœur s’impatiente. Elle voit sa vie défiler, ses premiers pas sur des petites intrigues des cours de récréation et son intuition maintes fois célébrée par petits et grands. Le doute n’a pas sa place et c’est pleine de frissons qu’elle se rend au parc le lendemain, son livre sous le bras, bien décidée à lever le voile sur le messager.

En s’approchant de la boite aux livres où se trouvait hier le roman, elle aperçoit une silhouette, qui furette avec énervement. Elle attend un peu en retrait que l’individu passe son chemin. Mais il reste, il se prend la tête dans les mains, sort des “putain” à tort larigot, invective les passants, cherche du regard les environs avant que ses yeux ne foudroient Lucie. Un regard noir, perçant, angoissant. Il fonce droit sur elle et lui arrache le livre des mains “espèce de sale voleuse, c’est le mien.” Lucie ne bouge pas, interloquée, contente de constater que la foule autour s’est arrêtée, non pour assister au spectacle mais pour intervenir si l’homme se met à la frapper.

Au loin, on entend des sirènes. Puis plus rien. Plus d’homme, plus de cris, juste les oiseaux qui pépient et une phrase qui arrive aux oreilles de Lucie “depuis le temps que je vous le disais que le vieux JC finirait en HP!”.

Retrouvez ici les jolies participations de: Sweet Things, Josée, Mijo, Isabelle Marie

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte à partir de la photo suivante. Hâte de vous lire! Belle semaine.

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En finir avec certains amalgames – L’Excision

Lors d’une discussion récente, j’ai entendu la phrase suivante “l’excision des filles c’est comme la circoncision pour les garçons – ça n’a rien à voir avec le droit des femmes, c’est juste une histoire de religion.” Sur le moment je n’ai pas eu d’argument et comme je suis intéressée par le sujet je suis allée creuser. Alors non sur deux points majeurs.

Si les religions juives et musulmanes appellent à la circoncision des petits garçons, l’excision n’est pas mentionnée dans les livres saints. C’est une différence de taille. L’excision est culturelle, passée de génération en génération. Et pendant ce temps là on utilise la religion pour commettre le pire.

Pratiquée 8 jours après la naissance dans la religion juive et à la puberté dans la religion musulmane, la circoncision consiste à enlever la peau du prépuce. Elle présente aussi des avantages pour la santé et est parfois pratiquée pour des raisons purement médicales. Certes dans certains pays, cette intervention est encore faite de manière “barbare” et peut représenter un traumatisme pour l’enfant. Mais à terme, le garçon aura une sexualité normale. La circoncision n’a pas pour but de priver le garçon.

Pour la petite fille, clairement et simplement, c’est sa féminité qu’on s’approprie et son droit à éprouver du plaisir. L’excision c’est soit:

1 – l’ablation partielle ou totale du gland clitoridien et/ou du prépuce/capuchon clitoridien.

2 – l’ablation partielle ou totale du gland clitoridien et des petites lèvres avec ou sans excision des grandes lèvres.

3 – l’infibulation: rétrécissement de l’orifice vaginal par recouvrement, réalisé en sectionnant et en repositionnant les petites lèvres, ou les grandes lèvres, parfois par suture, avec ou sans ablation du prépuce/capuchon et gland clitoridiens.

4 – toutes les autres interventions néfastes au niveau des organes génitaux féminins à des fins non médicales, par exemple, piquer, percer, inciser, racler et cautériser les organes génitaux.

Ces pratiques sont extrêmement dangereuses pour les filles, les femmes, elles mettent à mal leur corps, elles les exposent à des douleurs physiques et psychologiques violentes, des problèmes gynécologiques graves, elles les privent d’une partie de leur anatomie, si ce n’est de tout ce qui fait leur vie intime, elle contrôle leur plaisir et leur liberté. Dans certains cas, cela crée des complications pour la grossesse, l’accouchement. L’excision est une négation de la féminité, elle tue intérieurement les millions d’enfants qui en sont victimes chaque année.

Nous pouvons condamner ces pratiques, mais rappelons que dans beaucoup de pays ce sont des femmes qui pratiquent ces ablations sur des enfants entre 5 et 15 ans, alors même qu’elles ont vécu un traumatisme identique. Donc la condamnation ne change pas les mentalités. Pour faire bouger les lignes, il faut EDUQUER autour de l’excision. Comme le dit si justement Leyla Hussein, c’est un sujet qui relève de notre responsabilité à tous.

Vous avez des sujets comme celui-là, sur lesquels vous trouvez qu’on fait des amalgames dangereux et qui pourraient être évités, si seulement on commençait à en parler?

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Le jour d’après…

J’imagine bien que les résultats d’hier soir n’ont pas fait que des heureux. Personnellement, je parle rarement de politique, car je n’ai pas particulièrement d’idées et comme le dit si justement Guillaume Meurice: “Etre Président de la République, y a rien de plus con, c’est quelqu’un qui se met en position de se dire je vais résoudre les problèmes de 67 millions d’autres êtres humains.”

Vu sous cet angle, on voit bien le combat est perdu d’avance. Nous n’avons déjà pas les mêmes besoins que les membres de nos foyers, alors imaginez à l’échelle d’un pays. Et d’ailleurs tout le monde ne veut pas la même chose. Alors oui il y a des problématiques qui doivent être adressées, oui il y a des personnes en souffrance, oui il y a dans certains cas un pays à deux vitesses.

Mais de là à écarter tous les points dangereux d’un programme, à l’échelle Française, Européenne et Mondiale?

Je suis d’avis que chacun a son opinion et que chaque opinion est respectable. Tant que cette opinion respecte celle des autres. Et je n’ai pas le sentiment que c’est ce qui se passe la plupart du temps. J’entends plus souvent des critiques violentes que des débats enrichissants. Je vois davantage de gens se plaindre que de gens essayer à leur niveau de faire bouger les lignes.

A l’étranger, nous sommes réputés pour être de vrais râleurs. Je ne sais même pas si nous nous rendons compte de notre chance de vivre en France. J’ai conscience que celle-ci est biaisée pour certains mais ce n’est pas chez les plus concernés que ça gueule en général. Alors qu’ils auraient toutes les raisons pour dénoncer les abus dont ils sont victimes.

Je n’ai pas d’idées tranchées mais j’ai des idéaux. Et les miens englobent l’humain dans sa diversité. Ca en dérangera sûrement certains, mais comme j’ai la chance de vivre dans un pays où l’expression est encore libre (même si je trouve qu’elle recule parfois dangereusement!), je peux rappeler que les extrêmes, de droite ou de gauche, ont commis et commettent encore les pires crimes contre l’Homme. Et que le pouvoir d’achat à mon humble avis ne fait pas le poids face à cette menace réelle, même si édulcorée par un discours qui se veut fédérateur, mais qui ne sert que des intérêts égotiques.

Pour terminer sur une note humoristique, je vous laisse avec Frédéric Fromet qui m’a bien fait rire – quand même! Il fallait oser…

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Quand je suis avec toi

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Quand je te vois, je me suspends, je me surprends. S’éloignent les points de rupture et tout le reste, comme un courant d’air qui chasserait les démons. Ce n’est pas juste un oubli, c’est comme si le temps devenait magicien, qu’il détenait les clés d’un paradis qui n’est pas si loin.

Je décline les invitations du manque, quand tu n’es pas là, tu n’es pas là. Je n’élabore plus d’hypothèses, je laisse les choses se faire et se défaire, à la faveur de souvenirs qui se déclinent sous le scintillant manteau d’une nuit pleine d’étoiles.

Je fonds, je me transforme, je sens poindre une audace que je tais et, qui sur les lignes de tes mains, se décline à l’infini. Et dans l’élan des corps, il y a …

Cet irrésistible appel, cette lente disparition des contrastes, ce vœu au creux des riens que tes mains viennent soulever, ce souffle qui dénonce la soif des saisons à vivre, à espérer, nos épidermes envoutés.

Les aiguilles tricotent l’instant furtif que nous remplissons d’attention. L’eau cristallise nos pensées en fusion. Quelques débris de “et si” s’immiscent parfois puis ils se perdent avant d’avoir atteint leur but.

Je ne veux aucun “peut-être” quand je suis avec toi.

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Atelier d’écriture #11

“Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne”
Je le sens je le sais
Je retrouverai tes pas dans les pas de nos pères
La garnison de thym et les charpentes de lierre
J’entendrai le bruit cristallin de l’eau
Le chant sacré du petit ruisseau
En contrebas duquel nous nous régalions hier
Des mûres sauvages près des champs de bruyère
Je décèlerai un rire, un de ceux qui chavirent
Un regard au loin, le tempo d’un soupir

Et la terre se souviendra
Et la terre me soulèvera

J’irai haut dans le ciel rejoindre les oiseaux
Dévêtu de tous mes vieux oripeaux
Je serai nuage, voyage, vagabondage
Un autre moi, sans âge, plus sage

Retrouvez les participations ici – Un grand MERCI à tous: Chez Sweet Things, Chez Isabelle-Marie, Chez Mijo, Chez Josée, Chez Marinade d’histoires

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Pour la semaine prochaine, on va partir de la situation suivante: votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante “Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit”. A vous d’imaginer la suite…

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Où que j’aille…

Photo by Pixabay on Pexels.com

Où que j’aille, je trimballe mes doutes, mes peines, ce sentiment qui, si je creuse, fait éclater les larmes sur les vitres. Mais je les garde à l’intérieur pour ne plus rien abîmer.

J’ai trop de coups, de gueule, de mots, de peurs dans les bagages. Je n’en veux pas d’autres. Je m’échappe pour l’équilibre, pour la paix. Je délaisse mon intimité, je ne sais pas si j’ai encore de la place pour elle dans le tourbillon des jours qui chamboulent. Et me laissent toujours plus seule face à ces questions, que d’autres balayent sans y prêter attention ou bien à coups d’avis qui ne s’appliquent pas.

Je n’ai plus envie d’entendre que je gère, que j’y arrive, que je suis une bonne mère. Je ne veux plus de ces phrases toutes faites qui ne savent pas la réalité. Je ne suis ni bonne ni mauvaise. Je suis plutôt jongleuse professionnelle. Je tente de maintenir ce que je crains de voir exploser. Il suffirait parfois d’une minuscule étincelle et alors tout partirait en fumée.

Je m’accroche et je laisse filer le cafard. Je ne me pose plus pour que les questions me laissent enfin tranquille. Je pense moins aussi. Je laisse le temps me prendre le main, me dire que je ne suis pas fragile.

A la surface je fais sensation. Derrière le rideau du cœur, je fonds comme une glace au soleil. Je ne me sens pas de taille face aux responsabilités qui m’incombent. Je m’engage avec détermination pourtant mais mes efforts me coutent, plus qu’il n’y parait. Je veux rester maitresse des choses quand tout me pousse à flanc de colline, face au vide.

Je surjoue, je m’adapte facilement. Je fais semblant à la perfection. J’avance dans le brouillard avec mes solutions qui dureront un déjeuner de soleil. Il faudrait inventer, réinventer sans cesse et je n’en ai pas toujours l’énergie. Alors je m’enfuis de la vie, j’invente une autre réalité, je creuse des souterrains pour me cacher. Et là, je peux laisser les larmes couler, sans les arrêter, là je n’ai plus de souffle, je peux me soustraire au quotidien, les autres n’en savent rien et c’est très bien comme ça. Parce que les émotions ça fait des blessures et ça incommode. Il n’y a pas de solution toute faite, pas de chemin balisé, pas d’explication.

Et moi, parfois, j’aimerai juste me déposer, ne plus essayer, ne plus me sentir prisonnière de tout ce qu’il faudrait faire et que je ne sais pas…

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Sensibilisation Violences Conjugales #2

On entend souvent la phrase “A la première claque, il faut partir”. Si c’était aussi simple ça se saurait!

Qui a réellement envie de se prendre des coups? Personne.

Le premier acte de violence physique n’arrive pas par hasard. Le terrain a été préparé pour qu’il passe presque comme une lettre à la poste. Sinon bien sûr, il n’y aurait pas de victimes de violence.

Parfois la violence physique arrive assez rapidement dans la relation et parfois elle met plusieurs années. La personne face à la violence n’a souvent pas de clé, elle est sous emprise, elle est fatiguée, elle vit sous tension la majeur partie du temps. Elle est en sursis et elle tente, à bout de souffle, de maintenir sa vie à flot.

Imaginez un instant vivre dans une peur constante, le jour, la nuit, faire attention à tout, dans les moindres détails, à vos mots, vos gestes, vos silences, vos mimiques. Imaginez et vous aurez déjà une toute petite idée de ce que peut vivre une victime de violence conjugale…

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Atelier d’écriture #10

Texte à venir…

Toutes les autres participations à découvrir ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Sandra

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Pour la semaine prochaine, je vous propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial. Au plaisir de vous lire!

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La fin de la lignée

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Serai-je enfin tombée de mon piédestal, celui sur lequel on m’a posée bien avant ma naissance, sans raison aucune, juste parce que j’étais la première?

Portée aux nues par mes grands-parents, comme un trophée, j’allais et venais, toute incartade sanctionnée en douceur, toute rébellion passée sous silence. Mon grand-père a aimé ce qu’il n’a trouvé en personne d’autre, englué dans un mariage désastreux, dans une paternité dressée sur la violence. Ma grand-mère m’a aimée pour blesser ma mère, elle a fait de moi l’héritière de sa lignée chaotique et de son présent torturé.

Dans tout ce que j’ai entrepris, qui a fait flanché l’ordre préétabli, j’ai cru réussir à sortir de cet emprisonnement. En vain. Rien ne semblait pouvoir venir à bout de cet amour malsain, dont j’ai eu la primeur.

Au creux des vertiges qui m’ont tenue éloignée des miens, elle n’a eu de cesse que de prendre mon parti, créant des vagues gigantesques et semant le doute dans le cœur des uns et des autres. Quand tous me demandaient de freiner, elle m’encourageait à accélérer. Quand je pleurais, elle leur faisait porter le poids d’un hypothétique drame. Je l’ai cru sincère avant de la vomir par tous les pores de ma peau de chagrin – celui d’avoir adoré un mensonge et de m’être perdue dans les toiles de ses sempiternelles injonctions, dans le labyrinthe nauséabond de ce qu’elle ose nommer générosité. Alors qu’elle n’a eu de cesse que de blesser ceux qui pour elle avaient des sentiments honnêtes.

Il aura suffit d’une réponse maladroite, d’une opposition sur une question simple, pour que je regagne la terre ferme, le clan de ceux qui ne méritent pas un regard. Les mots ont fusé comme de la lave. Je sais qu’elle est désormais à deux doigts de ne plus vouloir me voir, pour un simple différent électoral. Mais à la fin de sa vie de misère orchestrée, a t-elle encore le choix?

Quarante et un ans pour redevenir ce que j’ai toujours été, avant qu’on ne décide de me manipuler comme une vulgaire poupée. Avec pour seul objectif: détruire.

Le jeu enfin s’arrête ici.

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Sensibilisation Violences Conjugales #1

Je parle avec des gens et je me rends compte que beaucoup ont encore énormément de préjugés sur les violences. Pourquoi se focaliser sur les violences conjugales?

1- Parce qu’elles sont pernicieuses, elles de déroulent au sein du foyer (territoire jugé intime) et elles sont aussi souvent invisibles à l’œil nu.

2- Parce que c’est un sujet qui me tient à cœur & que mes amies qui travaillent auprès des victimes m’encouragent à le faire.

3- Parce qu’elles touchent les femmes, les hommes et les enfants (et qu’on les oublie souvent)

4- Parce que nous en sommes déjà à 24 victimes de féminicides depuis de début de l’année.

5- Parce que nous sommes tous concernés et que le silence fait plus de dégâts qu’on ne peut le penser.

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Atelier d’écriture #9

Lisa caresse du regard le jardin de son cœur

Les lilas blanc qui caracolent sur les allées
Les aubépines en fleurs tachetées
Les arbres aux branches qui s’entremêlent
Servant de parasols les jours de grand soleil
Les pâquerettes aux airs de fête
Les rosiers au parfum fruité
Sur l’herbe fraiche de rosée
Elle se pose nu-pieds
Humant les odeurs qui se dégagent
De la nature au petit jour
Un plaisir qu’elle s’offre sans détour
Sa plus belle invitation au voyage

Retrouvez les participations ici: Chez Isabelle-Marie, Chez Sweet Things, Chez Sandra, Chez Mijo, Chez Josée

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Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”. A Vos Plumes!

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Ce en quoi je crois…

“Telle est la vie des hommes. Quelques joies, très vite effacées par d’inoubliables chagrins. Il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants.” Marcel Pagnol

Qu’on le veuille ou non, ainsi va la vie. Mais faut-il la voir comme un combat, une suite effrayante de choix impossibles, une série d’épreuves redoutables? Je ne juge pas ce regard, je me pose juste des questions.

Je pense que nous pouvons choisir, que nous pouvons profiter des joies, les emmagasiner pour qu’elles puissent faire le poids face à ce qu’il nous faudra endurer, un jour ou l’autre. Parfois certains destins s’acharnent c’est vrai mais j’ai vu des femmes et des hommes surmonter le pire, alors… Tout est selon moi possible.

Je veux choisir de voir le beau dans la folie, l’étincelle dans la nuit, la générosité au milieu du chaos, la fraternité quand tout espoir semble perdu. Je ne veux pas de ce qu’on m’a vendu depuis que je suis en âge de comprendre, qu’il va falloir être forte, endurer, m’armer pour faire face. Je ne veux pas courir après un semblant de vie parce qu’on me dit que c’est comme ça et pas autrement.

Je reste parfois songeuse devant les partages des uns et des autres, devant la peine qui se dégage de leurs mots, devant la rage qui éclate et la peur qui se fraye un passage, devant leur façon de voir la vie comme un labyrinthe dans lequel on se perd indéfiniment.

J’ai mes heures de doute et d’envies que tout s’arrête, comme tout le monde. Puis je me rattrape aux branches de l’espérance, de l’aurore et ses reflets ambrés. Il y a toujours quelque part un élan de vie qu’il suffit de saisir pour revoir les rayons du soleil éclairer nos ténèbres.

C’est en ça que je crois. Et vous vous croyez en quoi?