Et on démarre une autre histoire…

J’ai écrit. Beaucoup sur lui. Sur moi aussi. Sur ceux qui m’aiment. Et ceux qui m’ont déçus.

Puis sur la vie. Tout ce dont on a peur. Ce qui nous met en colère.

J’ai écrit sur les cris. Je vous ai fait rire. Un peu. Puis pleurer. Souvent.

J’ai écrit sur l’actualité, celle qui nous a fait trembler. Celle qu’on regarde les yeux fermés, de peur que la terrible réalité fasse chanceler nos univers, un peu préservés.

J’ai écrit et je vous ai dit merci. Bien des fois. Merci encore. Encore une fois.

J’ai écrit le cœur en vrille et le corps en lambeaux.

J’ai écrit en tremblant. J’ai eu peur.

J’ai écrit en attendant une reconnaissance quelconque, scrutant la liste de commentaires comme si vos mots avaient le pouvoir de changer la donner. Problème d’égo.

J’ai écrit avec passion, mais en me limitant souvent. J’ai hésité.

J’ai écrit d’une certaine manière…

Et j’ai envie d’écrire autrement. Avec plus de passion, moins d’interdit, plus d’authenticité, d’audace.

Je continue d’écrire sur la vie, nos vies, sur les destins qui se frôlent, les corps qui se confondent, les esprits qui fusionnent.

Je continue d’écrire. Différemment. Avec moins de garde-fous autour de moi. En me libérant progressivement de tout ce qui me bloque. Un peu trop.

Je continue. Avec vous. Si vous le voulez bien!

Merci…

picmonkey-collage1

 

Advertisements

Résultats concours et petites annonces

 

Tag Youpidoo par Zenopia et Pomdepain

Tag Youpidoo par Zenopia et Pomdepain

Il était temps que je revienne avec le résultat du concours. J’ai laissé le soin à l’escargot de faire le tirage à sort et je suis heureuse d’annoncer l’heureuse gagnante :

Elodie de Ma Vie Mon Handicap Mes Emmerdes

Merci à toutes pour votre participation et vos partages. La boutique s’étoffe. Vous pouvez y trouver cartes postales, carnets, housses de coussins, impressions, stickers, mugs et tote bag. J’espère sincèrement que quelques créations vont feront de l’œil et que vous vous laisserez tenter par une commande toute douce.

Place aux petites annonces :

  • Je prolonge le rendez-vous des Instantanés Pluriels – RDV le 01 janvier pour découvrir les participations. Je verrais à ce moment-là si je continue ce RDV, qui inspire peu…
  • A la suite de vos articles par rapport à la situation catastrophique à Alep, j’ai décidé d’ouvrir un Pot Commun, pour faire un don à Médecins du Monde / La Croix Rouge en soutien aux réfugiés, familles, soignants et toute personne impliquée dans l’aide apportée à ceux qui tentent de survivre.
  • Les vacances approchent – je prends le large dans tous les sens du terme, bien décidée à faire une pause avant la dernière ligne droite. Je serais de retour le 26 décembre. Donc pas d’inquiétude si vous ne me voyez pas ici ou chez vous pendant 10 jours.
  • Mon dernier né poétique est disponible sur le site TBE. Si vous ne pouvez pas vous le procurer, prenez le temps de partager sa sortie autour de vous. Le bouche-à-oreille est encore ce qui fonctionne le mieux !
  • Vous avez jusqu’à demain pour me dire si vous êtes intéressés par l’achat d’un de mes recueils avec au choix les frais de port / un marque-page / paquet cadeau offert ! Vite vite il ne reste plus beaucoup d’exemplaires !

Dans l’enfer Syrien…

509899

Texte original écrit en juin 2014 – 2 ans et demi après, la réalité dépasse l’entendement. Ne baissons pas les bras, ne laissons pas la haine prendre le dessus, continuons à élever nos voix pour que ce massacre cesse, luttons envers et contre tous pour la PAIX.

Sous les ruines, l’enfer se devine mais ne s’imagine pas, de crainte de voir les fantômes revenir sur les lieux du drame. Dans les rues commerçantes ravagées, les rires des enfants divisent le silence de plomb qui s’est abattu sur la ville depuis le commencement des hostilités. D’un côté l’espoir et l’envie de reconstruire. De l’autre, la terreur ancrée dans les yeux des survivants, écartelés et divisés.

Les maisons ne tiennent debout, que par le biais de minuscules blocs de béton reliant le bas avec le haut, l’avant avec l’arrière. Ceux qui sont revenus, cherchent ici et là des restes du passé, des souvenirs éparpillés et à moitié bouffés par les rats, qui ont fait de ces décombres leur terrain de chasse privilégié.

La route principale est jonchée d’ordures. Les enfants y jouent pieds nus, insouciants, comme si la guerre ne pouvait les atteindre. Ils ne regardent pas en arrière. Ils ne regardent pas l’avenir. Ils sont figés dans le présent, comme des statues de glace.

Les adultes font des va et vient entre le monde qu’ils ont quitté et celui qui leur fait face. Il y a quelques années, ils étaient pauvres mais ne se plaignaient de rien. Ils allaient travailler, gagner ce qu’il fallait pour vivre, pour nourrir leur famille. Ils ne demandaient rien d’autre. Ils n’enviaient personne. Aujourd’hui, ils n’ont plus rien. Ils se demandent comment ils vont tenir jusqu’au lendemain.

Ici et là, on croise des cadavres d’animaux, des restes de vaisselle ébréchée, portant les initiales d’une famille, dont il ne reste plus qu’un parent fatigué. Les carreaux des fenêtres ont été soufflés par les explosions à répétition. On les a remplacés par des bouts de tissus, des morceaux de cartons, récupérés au hasard.

Quand le soleil se couche, la ville se dresse dans le ciel noir, meurtrie, blessée dans sa dignité royale. De sa splendeur d’antan, il ne reste que des ruines grises, des maisons éventrées et offertes en pâture aux pillards de passage. Ses habitants ne sont plus que des ombres folles, qui se remémorent le passé et font fleurir la vie au milieu des décombres, pour ne pas sombrer ni mourir avant l’heure dite.

Au loin, les drapeaux du régime n’en ont que faire. Ils sont toujours debout. Ils sont le symbole d’une toute-puissance destructrice, qu’aucun pays ne se sent prêt à combattre. Il y a longtemps que la vie des Hommes ne fait plus le poids face au pouvoir et à l’argent.

Crédit Photo – Khalil Ashawi

Je choisis de ne pas fermer les yeux

J’ouvre les yeux. Je peux choisir de ne pas le faire. Je peux choisir d’occulter la réalité, m’enfermer dans ma bulle, me protéger. Je peux choisir de ne pas voir, de ne pas avoir mal, de ne pas sentir mon cœur trembler à l’évocation de ce qui se passe, la-bas, dans ce pays que je ne connais pas, dont les images défilent sur mon écran de télévision, pays décharné et meurtri, pays massacré, pays que l’on laisse à la merci de martyrs sanguinaires. Je peux refuser l’indifférence du monde occidental. Je peux fermer mon cœur face aux rues, jonchées de cadavres, tombeaux à ciel ouvert. Je peux objecter que ça se passe loin, que je suis impuissante, que mes prières n’y changeront rien.

Mais je ne le fais pas. Je choisis de me prendre en pleine figure l’image de la mort qui balaye les rues, qui fauche les vies d’hommes, de femmes et d’enfants innocents. Je choisis d’ouvrir les yeux sur l’insoutenable, sur la cruauté qui décime, sur les rats qui courent parmi les restes de ce qui fut jadis une ville classée au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO. Je choisis de prier pour que ce bain de sang cesse, pour que les hommes au pouvoir du monde mettent un terme à ce massacre. Je choisis la vie face à la terreur. Je choisis le regard des enfants comme soutien, les promesses et l’espoir inhérents à chaque existence. Je choisis la colère à la place du chagrin. Je choisis de ne pas fermer les yeux.

Et je me tourne vers le ciel, ensoleillé ici, ensanglanté la-bas. Je prie pour ceux qui partent, ceux qui restent, ceux qui résistent, ceux qui agonisent, ceux qui luttent, ceux qui aident, ceux qui fuient, ceux qui espèrent, ceux qui aiment, ceux qui avancent coûte que coûte, ceux qui défient les armées de leur yeux perdus dans l’immensité de l’éternité.

02ec7c7eab851266ac66331e9f1f770e

 

L’envie d’écrire

Avoir envie d’écrire. Tout le temps. Puis oublier le temps. Et oublier d’écrire.

Penser l’écriture puis se laisser aller. Avoir envie de donner puis souhaiter garder une part d’intimité. Ne pas tout dire. Ou se dire à demi-mots.

Avant de laisser mes projets s’envoler: les noter, les peaufiner, derrière l’écran.

Me sentir appelée ailleurs. Mais ne pas réussir à m’éloigner de cet espace de vie, de partage que j’apprécie tant.

M’éloigner un peu pour savoir ce que je veux, où je veux aller, ce que je souhaite créer, entreprendre, essayer.

Jamais deux sans trois!

6d09f7e45d19e6df19bac5ff39fbb223

La poésie n’a pas toujours fait partie de ma vie. En 2010, à Dublin, je décidais de franchir un cap et de prendre des cours du soir en Creative Writing (Ecriture créative).

Les premiers essais furent compliqués. Ecrire, oui, mais en anglais, cela se corsait. Je crois que j’avais énormément de choses à dire, à sortir, à faire éclore. Mais je me trouvais parfois confrontée à un vocabulaire, une maîtrise de la syntaxe, des règles de grammaire et d’orthographe limités. C’est à ce moment-là que les mots sont venus à moi sous forme de poèmes – une manière de faire passer un message en peu de mots. Je me suis pleinement épanouie dans cette forme d’écriture. Je me suis essayée aux autres formes d’écriture, textes courts, nouvelles. Mais j’ai gardé un faible pour la poésie.

Certains le savent (les autres vont le savoir), je tiens un blog en anglais, que j’alimente moins régulièrement que celui-là mais que j’aime tout autant. Je crois que certaines de mes lectrices me lisent depuis le tout début et j’ai tissé des liens forts et précieux avec certaines d’entre elles – nous nous inspirons mutuellement.

Il y a quelques mois, j’ai souhaité faire un fichier général avec tous mes poèmes, ceux publiés sur mon blog et ceux partagés en cours, plus tard en groupe d’écriture et tous les autres, écrits pour me libérer, pour avancer, pour faire jaillir la lumière. En les mettant bout à bout, j’avais près de 100 pages de poésie. Au départ, je souhaitais juste les regrouper tous dans un livre – pour moi – pour me replonger dans leur lecture de temps en temps, pour le plaisir, un plaisir personnel. Puis en les classant par thème, je me suis rendue compte qu’ils étaient nombreux ces poèmes à parler d’Amour.

Et comme l’Amour se partage, j’ai fait un tri, j’ai sélectionné ceux qui avaient une valeur sentimentale particulière (je me souviens assez bien du contexte, de l’endroit, des sentiments ressentis attachés aux textes que j’écris – en général) et je les ai compilé dans un petit recueil – Iridescent Delight – qui a tout d’un grand, puisqu’il parle du sentiment le plus pur et le plus beau du monde.

20161118_071700-1_resizedCe recueil je le voulais avant tout comme un concentré de tendresse. En version originale. Traduire mes poèmes m’est impossible. Je l’ai fait à de très rares occasions – ce que j’écris en anglais et en français n’a rien à voir (vous pourrez aller jeter un coup d’œil à Mahshi and Marshmallow pour vous en rendre compte).

J’ai conscience que ce recueil est loin d’être parfait (pour les raisons évoquées précédemment, l’anglais n’étant pas ma langue maternelle) mais  je le vois comme une lettre ouverte de mon cœur à votre cœur. Et j’espère qu’il vous touchera et vous aidera à traverser les heures grises, parfois noires de votre vie et à savourer le bonheur quand il se présente.

Certains de ces poèmes ont justement été écrits à des moments très pénibles de mon existence – si ils peuvent paraître parfois simples ou innocents, sachez qu’ils m’ont aidé, chacun à leur manière, à remonter la pente, à saisir les mains tendues, à puiser dans le puits sans fond qu’est l’amour les forces nécessaires pour refaire surface). Ce livre est dédié à deux femmes exceptionnelles, l’une vivant au Canada et l’autre en Afrique du Sud, que je n’ai jamais vues, qui ne m’ont jamais vue, mais qui tiennent une place essentielle dans ma vie et celle de mon fils.

Vous pouvez vous le procurer sur le site The Book Edition (6€) ou en me contactant directement (jusqu’au 16 décembre, je vous offre au choix les frais de port ou un marque-page).

Crédit Image

Et si je n’avais pas envie de refaire ma vie (là, tout de suite) ?

“Tu n’as pas refait ta vie” sous entendu “tu n’as pas un mec dans ta vie”?

C’est la première question que me posent les inconnus quant au détour d’une conversation j’énonce la réalité brute de mon statut de maman seule et divorcée. Je n’ai souvent pas le temps de répondre, que mon interlocuteur juge bon de se lancer dans une tirade qui dit plus ou moins, selon les cas, qu’il serait temps d’y penser, que je suis jeune, qu’il faut sortir, rencontrer du monde, que la vie est faite pour être partagée, que si je n’ai rencontré personne depuis xx années, c’est sûrement que je suis trop exigeante ou pas assez ouverte.

A tous ces gens bien-pensants, qui j’en suis certaine, agissent avec le cœur, j’ai envie de répondre :

  1. Qu’ils ne connaissent pas les tenants et les aboutissants de mon mariage, de mon divorce, qu’ils ne savent rien de l’homme qui a partagé ma vie (si tant est qu’il l’est partagée un jour, mais ça c’est une autre histoire), qu’ils se permettent de porter un jugement sur mes choix sans me connaître, sans savoir d’où je viens, ni où j’en suis dans ma vie.
  2. Qu’une procédure de divorce ce n’est pas un acte anodin, que ça prend aux tripes, que ça réveille la nuit, que ça fait perdre confiance, en soi, en l’autre, que ça remue, que ça implique qu’on devienne ce qu’on n’est pas, pour gagner une partie, pour se protéger, pour protéger ceux qu’on aime. Un divorce c’est parfois accepter la guerre…
  3. Que mettre un enfant au monde ce n’est pas non plus un acte banal. Qu’une fois qu’il est là, ce n’est pas forcément évident de créer ce lien, dont toutes les mères nous rabâchent les oreilles comme si c’était quelque chose d’inné. Moi il m’a fallu près de 4 ans pour me sentir pleinement maman !
  4. Qu’un divorce (ou une séparation d’ailleurs) s’accompagne d’un long travail de deuil. Apprendre à se pardonner. Apprendre sur soi, sur l’échec. Apprendre à s’aimer soi, à s’accepter, à accepter ce passé, à avancer avec nos souvenirs, le manque de confiance, la peur de l’autre, la crainte de se planter à nouveau en beauté.
  5. Qu’ils ne savent pas qu’en revenant, j’avais tout à reconstruire. Mettre un enfant au monde, trouver du travail, trouver un logement et un mode de garde. Sans parler des multiples démarches administratives qui ont duré des mois et des courriers aux ministères pour que quelqu’un daigne enfin m’aider, qu’il a fallu que je raconte ma vie un nombre incalculable de fois à des personnes pas toujours bienveillantes. Que j’ai mis du temps à trouver mes marques, à aller mieux, à sortir la tête de l’eau.
  6. Qu’il y a quelques mois je me suis mise énormément de pression pour justement faire des rencontres, m’ouvrir davantage aux autres, créer des opportunités et que je me suis perdue dans cette quête, que je me suis éloignée de moi et de mon fils.
  7. Que aujourd’hui, me trouver, gérer ma vie, développer ma relation avec mon fils, m’entourer de personnes, d’amies bienveillantes est ma priorité. Savoir ce que je veux. Prendre soin de moi (enfin). M’aimer (avec conviction). Ecrire. Donner le meilleur de moi-même dans mes relations. Vivre intensément, sans deadline à respecter, sans « il faut que ». L’amour viendra peut-être frapper à ma porte, je l’accueillerais avec bonheur. Mais je ne vais pas le chercher frénétiquement comme vous me le conseillez.
  8. Qu’il existe aussi des célibataires heureux! (même si la société veut nous faire croire que point de salut sans un homme ou une femme dans sa vie)

Le reste viendra…

Quand le temps sera juste pour moi…

08d7deef32211109434c6f3659f75c09

Crédit Image