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Les États d’Esprit du Vendredi 26.07.2019

L’heure de la sortie a presque sonné, je vous livre alors mes États d’Esprits du Vendredi, avant de partir en vacances. Avec toujours une pensée pour The Posman et Zenopia .

Début [14h04]

Photo: Fleur…
Fatigue : c’est les vacances…
Humeur : excellente
Estomac: petits fours, sandwich, compote
Esprit: heureux
Cond. phys. : supporter la chaleur…
Projet/boulot: vacances j’oublie tout…
Culture:  Lecture: Un homme dans la poche (un vrai coup de coeur!)  – Films: Patients

Penser à: cartes d’anniversaire
Avis perso (1): les mentalités, voilà le problème majeur…
Avis perso (2): mieux vaut les mots que le silence…

Message perso: (1) bonnes vacances! (2) je vais continuer à écrire, s’écraser c’est pire (3) tu es toujours quelque part avec moi (4) c’était mieux de le dire (5) merci pour tout!
Loulou: compte les dodos (plus qu’1 qui nous sépare!) – m’a manqué…
Amitiés : mail, cartes
Love : en vacances, à l’écoute (toujours), a des mains qui…
Sorties : chez mémé et vacances
Essentiel: s’affirmer et poser ses limites
Courses: cartes postales
Envie de: nature…
Zic: Adele – River Lea

Fin [14h14]

Les Grandes Vacances sont arrivées et comme vous le savez, c’est l’heure de la déconnexion annuelle pour moi. Alors bel été à tous et à toutes. Je vous retrouve dans 3 semaines pour de nouvelles aventures. Profitez de la vie et soyez heureux!

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Le chant des sirènes

Crédit Pixabay

Elle connaissait par cœur la légende qui disait que par temps de pleine lune les pêcheurs entendaient la musique des sirènes. Attirés par leur chant, ils plongeaient dans les profondeurs de la mer. Plus loin, toujours plus loin. Ils les imaginaient féériques et enchanteresses, drapées d’une eau bleue turquoise, qui telle un halo, couvrait leur nudité. Plus ils s’approchaient, plus ils se sentaient happés par une force invisible qui leur ôtait tout contrôle. Leurs membres devenaient guimauves et leur mental divaguait. Ils ne voyaient que des ombres tournant autour d’eux, enroulant leur spectre autour de leurs corps lourds. Ils attendaient l’heure où ils pourraient amarrer et découvrir les profondeurs de l’île paradisiaque, sans se rendre compte qu’elle les posséderait bien avant.

Assise au coin du feu, elle écoutait, l’esprit ailleurs. Elle se demandait bien quand il rentrerait. S’il rentrait. La mer emportait tellement de vies. Elle les avait comptées au début. Puis surprise par la folie, elle avait stoppé ses calculs. Rien ne servait d’inviter la mort à chaque veillée. Elle s’imposait d’elle-même. A chaque départ des bateaux. Chaque retour. Chaque traversée portait en elle le sceau d’un hypothétique accident, d’un drame humain imprévisible.

Quand elle savait que l’aurore guettait son réveil, la nuit, elle se serrait contre lui davantage, se fondait dans le sillage de son parfum. Elle le savait plongé dans un sommeil fait de vagues et d’écume. Elle se laissait alors couler dans ses songes, devenant à son tour sirène aux cheveux d’ange, l’attirant dans ses filets, faits de dentelles et de rubans de soie. Elle le voulait prisonnier de son corsage, esclave de ses sens. Elle n’aspirait qu’à le retenir entre ses bras, ses draps, son coton confortable, les lianes du plaisir.

Au matin, il n’était plus là, lui évitant ainsi les affres du quai et les baisers langoureux qui portaient en eux un goût de trop peu. Elle scrutait alors l’horizon, croyant apercevoir sur l’azur un morceau de lui. Il restait son odeur quelque part. Et dans l’attente, des lambeaux d’espoir d’une étreinte, d’un corps à corps plus rassurant que passionnel, d’un chaos plus pénétrant qu’obsessionnel.

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Pseudo et Liberté d’expression

Crédit Pixabay

On dit toujours que derrière un pseudo on se sent libre.

Cela fait six ans que je suis sur cet espace, que je suis Marie Kléber. Six ans c’est presque un record pour moi. Mes blogs (et j’en ai eu) ont rarement duré dans le temps. Soit je ne m’y retrouvais plus. Que ce soit au niveau de mes articles ou de mes lecteurs. Soit j’avais envie de changement. Alors je bazardais tout et je recommençais sur du neuf, ailleurs. Tout ou rien.

Ici, j’ai créé quelque chose qui me ressemble. Je ne me restreins pas ou peu. Je suis comblée par tous les échanges quotidiens avec vous. J’ai eu des « crises existentielles » mais je n’ai jamais remis complètement en question ma présence ici.

On dit toujours que derrière un pseudo on se sent libre.  

Et bien pas toujours. J’en ai fait l’expérience récemment. J’ai écrit ailleurs. J’ai pris un nouveau nom et je me suis lancée. Comme ça. Pour voir. Et j’ai senti, petit à petit, quelque chose enfler, comme un malaise. J’ai effacé – impulsivité quand tu nous tiens – puis j’ai essayé à nouveau. Mais le malaise est toujours là, bien ancré. Cette sensation de me cacher, d’œuvrer en souterrain. Pourtant personne ne me connait. Je suis sur cet espace incognito. J’ai beau y mettre mes mots, j’ai beau aimer les mots que j’y mets, il y a toujours quelque chose qui me dérange.

Je ne me sens pas libre.

Alors changer ? Tout réinventer ? Ou garder cela pour moi ? Certains mots n’existent que par et pour eux-mêmes. Ceux à qui ils sont destinés évoluent dans un espace très limité. Nos audaces se confrontent parfois à d’autres audaces, qui loin de nous nourrir, nous font perdre notre équilibre.

Dites-moi, vous, vous sentez vous libres  sur votre blog? Totalement libres ? Ou bien vous vous limitez ? Un peu, beaucoup ? Jamais ?

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Le temps de toi

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Tout se trouve dans cet instant. Tu vas partir. Je voudrai tout retenir. Le temps. Ta peau. Ta bouche. Tes mots.

Ce temps se compte en secondes. Points de suspension entre nos deux vies. Bientôt tu auras passé la porte. Tu ne seras plus là où tu étais. Juste comme ça.

Et je n’entendrais plus ta voix, je ne toucherais plus ta peau. Juste ton odeur dans les mouvements épars. Dans les recoins de mon coeur. Ton sourire imprimé quelque part. Je le croiserais par hasard.

Rien que de l’ordinaire. Des heures à être dans le tant de toi. Et des heures sans toi. Rien que je ne sache vivre.

Pourtant ce soir le manque de toi me saisis déjà. Tu n’as pas encore atteint l’autre rive que je te voudrai là – si près, tout près de moi.

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Je suis de moins en moins tolérante…

Crédit Pixabay

C’est un fait.

Je m’en rends compte depuis quelque temps. Mais je me disais que c’était passager. Après tout nous avons tous le droit de penser différemment d’autrui. Je suis souvent la première à dire “que chacun vive sa vie!”.

Au fil des conversations, je souris. Plus par dépit. Mon état d’esprit, que beaucoup caractérisent d’ouvert, se prend la réalité en pleine face. Il y a des choses qui me dépassent.

Les bruits de couloir…machin et machine, tout le monde le sait…il parait qu’elle est enceinte de son amant…mais si, le type du service marketing…ils sortent ensemble du bureau…tout de façon tous les mecs trompent leur femme…puis de tout de façon ça leur convient bien…tu sais pas ce que j’ai appris…je pouvais plus la regarder dans les yeux après ça…bidule dit que machine couche avec trucmuche…sa femme est enceinte quand même…moi je le ficherais dehors…et puis tu sais aussi…je ne m’en remets toujours pas…c’est encore plus glauque que le reste…ah oui c’est quoi…picsou et minnie sont échangistes…oh mon dieu…mais quelle horreur…la pauvre…les hommes sont vraiment une race à part…sans compter qu’hygiéniquement c’est hyper dangereux…ça me file la nausée…pourtant elle fait hyper “normale” comme fille…les gens qui font courir des ragots sont vraiment pas cool…je me demande bien ce qu’ils disent de nous…et t’as pas vu bidulette et trucmuchette, elles sont toujours ensemble…tu crois qu’elles sont lesbiennes…ça va pas elles sont mariées…tout de façon bidulette elle quittera jamais son mari…le fric il y a que ça qui l’intéresse…et puis c’est stable comme situation…c’est comme machin…en plus sa femme elle est trop belle…un divorce t’imagine, ça ferait tâche dans le décor…pour les enfants ce serait vraiment moche…et le scoop, tu vas halluciner…trucmuche part en vacances dans un club naturiste…pas hyper clean pour les mômes…limite dégueulasse je trouve…et puis machinette y parait qu’elle part pas en vacances…oh la coincée…ça m’étonne pas…elle fait un peu pitié quand même…il parait qu’elle a pas de mec…en même temps qui voudrait d’elle…t’as vu ses jupes…on dirait celles de ma grand-mère…il y en a qui disent qu’elle avait des vues sur machinchose…la pauvre…elle a même pas la télé…

Et alors?

C’est exactement ça. Et alors? Qu’est-ce qu’on s’en fout de la vie privée de bidule, machin, trucmuchette & Co? Vie privée, ça veut bien dire ce que ça veut dire…ou c’est un concept trop compliqué à intégrer?

La plupart de ses soi-disant révélations ne sont pas fondées. Et même, qui ça gêne vraiment? Chacun vit sa vie avec les données qu’il – elle a entre les mains. C’est toujours facile d’avoir des idées sur tout et tout le monde. C’est toujours facile de répandre des rumeurs. C’est toujours facile de juger. J’ai l’impression de tourner autour du pot en ce moment. Tout me ramène à ce jugement excessif. Est-ce que je juge moi aussi, sans m’en rendre compte?

Je suis de moins en moins tolérante avec la bêtise humaine…

 

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Les États d’Esprit du Vendredi 19.07.2019

Nous arrivons enfin au terme de cette semaine de travail, sans travail, alors c’est sans manquer à mes obligations professionnelles que je vous livre mes États d’Esprits du Vendredi. Avec toujours une pensée particulière pour The Posman et Zenopia .

Début [14h44]

Photo: Musée Marmottant
Fatigue : pas  particulièrement
Humeur : très bonne
Estomac: sandwich, compote, paille framboises, thé chai menthe
Esprit: léger
Cond. phys. : footing, yoga, planches
Projet/boulot: formation: projet validé!! / Boulot RAS / Écriture: un nouveau texte pour le Grand Prix Short Edition – c’est par ICI
Culture:  Lecture: nada – Films: Le sens de la fête / The Book Club

Penser à: regarder où je mets les pieds…ça m’évitera bien des déconvenues
Avis perso (1): toutes les femmes portent des blessures dans leur corps
Avis perso (2): écrire pour les autres, c’est bien aussi…
Avis perso (3): une méditation de Pleine Lune et ça repart!

Message perso: (1) merci pour ton ouverture d’esprit – c’est important de tout pouvoir se dire (2) toujours ensemble ou rien (3) si tu passes à Paris, fais-moi signe! (4) sous la pluie…avec toi…
Loulou: apprend à nager, a une nouvelle copine, a repris le poney
Amitiés : crêperie, mail, cartes
Love : présent, ouvert à mes conversations un peu farfelues, disponible, a du boulot à revendre, sexy (ça se dit aussi pour les hommes?)
Sorties : courses déco maison, visite chez mémé, ciné peut-être, flâner aussi
Essentiel: oser et assumer
Courses: déco et marché
Envie de: vacances, bord de mer, glaces, prendre le temps de vivre, déconnecter…
Zic: Cabrel – La robe et l’échelle

Fin [15h00]

Bon weekend, encore bonnes vacances à ceux qui partent, bon retour à ceux qui rentrent! Et à la semaine prochaine – dernière avant MES vacances!!!

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Ils ont toujours une bonne excuse…

Sa jupe était trop courte, fendue, son décolleté, vraiment plongeant, sa tenue très sexy, son sourire très aguicheur…

Son article très osé, son langage très cru, ses photos très provocantes…

Sa sensualité très exposée, sa liberté très affichée, ses mœurs très libérées…

Sa sexualité très débridée, son regard très appuyé, sa démarche très chaloupée…

Ça se voyait, elle n’attendait que ça…

Quand je dis « ils », je parle en général. Hommes comme femmes manquent chaque jour de respect à leurs congénères. Il suffit de marcher dans la rue pour s’en rendre compte. Ils ont toujours une excuse à leurs comportements inadmissibles.

C’était une pute, un transsexuel, un homo, un/une…

Elle avait plusieurs partenaires…

Elle aimait qu’on la domine…

Il était quand même super efféminé…

Juste une présence dans un périmètre. Juste un être humain qui dans l’esprit de certains n’a pas plus de poids qu’un morceau de viande sur un étal à Rungis. Et là je parle de la France, mais dans tant de pays dans le monde, tant de personnes sont traquées parce qu’elles ne répondent pas à ce que certains considèrent comme la « norme », la leur. Combien d’hommes et de femmes sont harcelés, menacés, parfois réduits au silence ?

Revenons en France. En quoi être « humain » est un problème ? En quoi nos préférences vestimentaires, sexuelles, nos choix de vie, nos professions doivent être vus comme des menaces et ainsi nous exposer à la violence des autres ?

Est-ce que parce qu’une prostitué fait le choix de donner son corps pour de l’argent qu’on peut la tabasser en toute impunité ?

Est-ce parce qu’on est homosexuel qu’on doit être sans cesse montré du doigt ?

Est-ce parce que notre style de vie n’est pas conforme à tout un système de valeurs et de principes moyenâgeux qu’on peut tolérer d’être malmenés, abusés dans notre intégrité d’hommes et de femmes ?

On nous vend de la liberté à tout va. Du vent…Juste pour faire passer le temps…parce que c’est beau sur le papier. De la liberté de pacotille.

La société a un réel problème. Moi je ne comprends pas  et je n’accepte pas qu’on se permette d’utiliser les gens de cette façon, sans se poser de questions. Je ne comprends pas qu’on puisse émettre une seule de ces excuses pour justifier des actes odieux.

Il suffirait pourtant de pas grand-chose. De sortir de sa zone d’idées toutes faites et d’accepter que nous avons chacun notre façon de vivre et d’être. Tant que cela ne porte préjudice à personne. Il suffirait de comprendre que l’autre c’est nous et que nous sommes l’autre. Que la violence fait à l’autre cause une blessure à l’intérieur de nous. Il suffirait d’intégrer qu’il n’existe pas un seul chemin ni une vérité unique.

En sommes-nous seulement capables ?

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Loin de mes idées reçues sur la banlieue (parisienne)…

Copyright Projet “enlargeyourparis”

Il m’avait dit « tu verras, ce sera un endroit qui te ressemblera davantage ».

J’étais bien loin d’en être certaine. Quitter Paris. Pas un crève-cœur non plus, mais quand même. La banlieue je connaissais un peu, pour y avoir vécu quelques temps. Je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable non plus (les circonstances n’étaient pas exquises non plus !)

La banlieue, j’avais des idées reçues dessus. Comme les gens en avaient quand je disais que j’habitais dans le 16e. Très « posh » comme quartier. Limite on me regardait comme si on n’appartenait pas du tout au même monde. Et tous se plantaient en beauté. A quelques exceptions près. Alors la banlieue ce serait peut-être pareil.

Il fallait passer le cap…

Ici, les rues sont propres, les conducteurs s’arrêtent aux passages piétons, les commerces sont véritablement de proximité. Ici, on va à pied faire le marché, il y a des maisons et la nature, de jolies fleurs et des petites rues, des passages comme on en voit au bord de mer. Ici, on n’est pas si loin que ça de Paris. On a juste à sauter dans un train. Ici, on lance un bonjour au boulanger en passant le matin et le soir et dès 6h une bonne odeur de croissant chaud vient nous réveiller. Ici, je peux laisser loulou descendre les poubelles comme un grand.

Alors c’est vrai je m’y sens bien. Je ne regrette pas Paris – ni mes voisines! C’est apaisant comme endroit. Quand je rentre le soir, je respire. Et puis c’est calme aussi. Tout en étant vivant. Je peux regarder de ma fenêtre la vie en bas et rien que ça c’est inspirant !

J’avais une image un peu triste de la banlieue: du béton et rien autour. La vie loin de la vie. Comme quoi il faut toujours rester ouvert aux opportunités qui se présentent et ne pas se faire des films à partir de données erronées…

Et vous, des idées reçues? Des idées qui ont changé ?

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Scène de vi(d)e

Crédit Pixabay

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il regardait la scène. La même, chaque soir. Une scène de désamour. Et chaque soir, il espérait que les choses changent, que les corps se rejoignent, que les incidents se taisent et que résonnent par la fenêtre ouverte les voix, les râles, l’écho d’un plaisir sans faille.

Chaque soir, il se postait là, à bonne distance. Ses yeux passaient le vide et les carreaux, habitués à l’obscurité, ils trouvaient la lumière allumée et son corps à elle, prêt à se lover dans des draps qu’il imaginait froids, comme le sont ceux des maisons de vacances, fermées huit mois de l’année. Il distinguait tout juste le galbe de ses hanches, la forme de son visage, le reste n’était que pur fantasme. Un décolleté satiné, des yeux rieurs, un rictus coquin au coin des lèvres. Il la regardait se déshabiller,  comme si il fallait faire vite, comme si le temps était compté. Elle enfilait ensuite son uniforme de tristesse et se glissait dans le grand lit, toujours du même côté. Allongée, le regard rivé sur le plafond, il se demandait quels étaient ses rêves, si elle aussi elle pensait au moment où il passerait la porte, ce qu’il ferait ce soir, est-ce qu’il tenterait un pas vers elle, est-ce qu’il laisserait ses frustrations au placard et accrocherait ses souhaits à ses rives ? Ou bien il ferait ce qu’il fait chaque soir, même rituel désolant, auquel elle se pliait sans un mot ?

Il voulait le secouer, lui dire de regarder ce qu’il perdait, une fois qu’il s’allongeait près d’elle puis se tournait, de son côté du lit, loin d’elle. Elle se tournait aussi, loin de lui et le lit paraissait immense et si petit en même temps. Entre eux, un silence assourdissant prenait toute la place. Les souvenirs flottaient. Il les voyait de loin, des souvenirs d’étreintes passionnées, de frissons démesurés, de corps possédés, de folies répétées. Leurs souffles s’étaient brisés depuis…

Il voulait lui dire à elle, tant de choses. Que ses yeux se posaient sur elle et qu’il y voyait son désir, contenu, toujours sur ses gardes, un désir qui n’attendait qu’un murmure pour se livrer, sans livrer bataille. Il voyait ce qu’elle pouvait donner, ce qu’elle attendait, il voyait sa peau trembler d’une attente qui n’en finissait pas. Il voulait lui dire que chaque soir derrière les rideaux de velours, il la prenait dans ses bras, elle, si belle, si menue, si sensuelle, qu’il la faisait danser sous les étoiles, que leurs pieds nus se frôlaient et que ça créait en lui un cataclysme, qu’il s’endormait le corps brûlant de cette valse imaginée.

Derrière ses rideaux, caché par la masse sombre du velours côtelé, héritage du passé, il ne voit plus rien. La chambre est nue, sans âme. Ils sont partis, sûrement. Il ne reste que les effluves d’un inachevé dans l’air bruyant du soir. Les mouvements des draps ne sont que des mirages.

Si vous avez aimé ce texte n’hésitez pas à voter pour mon poème Nos Accords, en compétition pour le Prix Ô. 

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L’enfant qui ne naîtra pas

© Everton Vila

Je suis partie à travers champs cueillir la vie. Celle qui battait hier encore à l’intérieur de moi. Je la cherche au milieu de nulle part. Je guette dans le vent le bruit de ses pas.

Je suis partie le nez au vent, le cœur gros. Il a dit non. Un enfant, c’est suffisant. Je ne sais pas crier. Alors je pars dans la campagne, je cueille des fleurs pour apaiser le chagrin qui enfle.

Je suis partie sans destination, le cœur à l’abandon. L’enfant a pleuré, un peu. Je l’ai consolé. Juste quelques minutes pour moi, pour me vider. Avec pour seul témoin la nature, celle qui soigne tant de blessures.

Je suis partie, mon sourire envolé, des larmes de pluie sur mes joues rosées. Et ces fleurs contre mon cœur pour me réconforter.

Il danse autour de moi l’enfant qui ne naîtra pas.

Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture 331 de Bric A Book. Et en pensant à une personne que j’aime très fort. 

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Toutes ces questions…

Crédit Pixabay

Je me pose beaucoup de questions. Ce n’est pas nouveau. Et c’est ce qui m’a toujours permis d’avancer. Parfois j’aurai voulu en avoir moins, pour pouvoir me poser un peu plus, un peu plus souvent. Parfois ces questions me laissent vide, elles me bouleversent, elles viennent titiller quelque chose à l’intérieur de moi dont j’ignorais l’existence. Ou que je ne veux pas voir. Mes vertiges sont toujours suivis de réponses qui me percutent par leur évidence.

J’ai ces moments où tout m’apparait limpide. Où ce retour à moi me donne énergie et envie. Mais je ne peux pas, je ne souhaite pas rester loin du monde. Le monde est ma nourriture. Écrire ici et ailleurs, partager, vous lire, tout cela participe à mon évolution. Cet espace de vie fait partie intégrante de mon quotidien. Je ne le vois pas comme quelque chose de dissocié, comme je le lis souvent autour de moi es questions sont surement ma plus grande richesse. Même si je reste secouée quand elles arrivent à l’improviste, souvent juste au moment où ma vie est équilibre. Elles viennent par vagues et le vent souffle. Je perds vite mes repères. Le passé revient en force et alors même que je tente de le maintenir à distance, il s’impose. Je me bats à mains nues avec lui. Je le regarde dans les yeux, mon corps tremble, les larmes coulent. Et alors je descends dans un espace où je tente de faire la paix avec tout ce que j’ai vécu.

Comment vivre pleinement le présent si le passé n’est pas digéré – complètement? Mes questions sont ma thérapie.

Et vous, vous vous posez beaucoup de questions? Vous êtes ouverts aux réponses que vous recevez?

 

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Les États d’Esprit du Vendredi 12.07.2019

J’ai séché vendredi dernier, du coup je vous livre mes États d’Esprits du Vendredi sans tarder. Avec toujours une pensée particulière pour The Posman et Zenopia .

Début [10h01]

Photo: pourquoi tout dire quand on peut suggérer…
Fatigue : la semaine lente du mois cogne à la porte
Humeur : exquise
Estomac: thé, oeufs, tahin
Esprit: cogite beaucoup
Cond. phys. : footing, planches, marche
Projet: formation: dossier reçu et renvoyé pour un début en novembre 2019… / écriture: une novella terminée, un recueil en cours (prévu pour la rentrée)
Culture:  Lecture: l’évangile selon Pilate / Film: Jean-Philippe (Luchini est vraiment un super acteur!)

Penser à: moins cogiter
Avis perso (1): les photos de charme c’est très joli mais avec de vrais corps de femmes (avec des formes), ce serait encore mieux…
Avis perso (2): fantasmer sur son petit fils, désolé mais moi ça me donne envie de vomir…
Avis perso (3): Vincent Lambert, enfin la paix…on ne peut que l’espérer.
Avis perso (4): l’écriture devrait être accessible à tous. Les styles ampoulés c’est pire que d’avoir à traduire du Chinois!

Message perso: (1) quel délicieux réveil! (2) je ne m’y retrouvais plus mais je continuerai à écrire – où, quand, comment…on verra! (3) tes dessins sont vraiment très jolis (4) vos commentaires me font vraiment réfléchir
Loulou: a des tonnes de choses à raconter, attend l’arrivée de sa grand-mère avec impatience, va commencer la piscine et le poney
Amitiés : mail, en pensée, en vrai aussi
Love : un peu fou mais j’adore, prévenant, à l’écoute, séduisant, sportif (oui je sais ça ne veut rien dire…)
Sorties : je me tâte pour un hammam, visite de cimetière, petit passage chez mémé, bouquinistes (histoire de reprendre contact avec Paris!)
Essentiel: communiquer
Courses: marché dimanche matin et deux livres
Envie de: temps à deux, balades, écrire pour le plaisir…
Zic:

Fin [10h45]

Allez, je vous laisse à cette belle journée et vous souhaite un délicieux réveil et de bonnes vacances pour celles et ceux concernés.

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Sur le chemin…

© Marie Kléber

Il fait doux sur le chemin et vogue un air de vacances entre les brins d’herbe. Les rues ne mènent pas à la mer, pourtant on pourrait le croire. Les maisons vibrent de rires et de discussions autour d’une table posée dehors. On imagine des enfants courir à perdre haleine. Et se chamailler.

C’est un chemin comme ceux de l’enfance, dans lequel s’immiscent quelques souvenirs. On s’attend presque à entendre des voix, à cueillir une main. A voir un visage se dessiner dans la poésie du jour qui tombe.

Au bout du chemin, la gare et une place, comme celle d’un village. Il ne manque que le carillon d’un clocher pour être comme à la campagne. Les bruits de la ville se font sourds, le chaos nous semble bien loin. Les verres s’entrechoquent et les derniers badauds s’attardent en terrasse. Encore quelques minutes entre amis pour refaire le monde et rêver.

© Marie Kléber

On savoure les fleurs et les feuilles, le ciel encore bleu et la lune en croissant. Le temps stoppe sa course dans ce dédale d’odeurs et de sons estivaux. On se sent léger comme le vent qui caresse notre peau.

Le charme opère…

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La tentation de l’infidélité

Il y a toujours une phrase quelque part qui me fait m’interroger!

En ce moment beaucoup de personnes autour de moi changent de lieu de vie, de boulot et beaucoup de familles se trouvent séparées – souvent par choix – le père ou la mère s’installant dans un endroit et le reste de la famille dans un autre. Clairement, ce n’est pas le choix que je ferais, pour l’unité / la cohésion familiale principalement.

En en parlant avec une amie, la première chose qui lui est venue à l’esprit était plutôt liée couple et fidélité. Et là je me suis souvenue de ce que j’ai entendu plus ou moins toute mon enfance, comme quoi un couple ça devrait être tout le temps ensemble et que les velléités de certains / certaines de “vivre leur vie”, c’est à dire de se faire des soirées entre copines, des virées entre copains, des soirées en solo, c’était faire courir un risque – un gros risque – à son couple.

Je trouve çà assez angoissant comme idée. Toute personne extérieure serait donc une tentation. Sympa pour les sentiments, qui ne seraient eux que du vent. Loin de moi l’idée que ça ne puisse pas arriver, mais est-ce que ça ne peut pas arriver tous les jours, tout le temps? Est-ce que regarder un homme, une femme dans la rue c’est déjà de l’infidélité? Est-ce qu’il faut vivre cloitrée chez soi pour ne pas être exposé? Est-ce qu’avoir de bonnes relations avec des collègues de bureau, pratiquer un sport, participer à des cours de dessin, c’est se mettre en danger? Est-ce que si ça arrive, si le couple se sépare, si l’infidélité est avérée, on ne pourra s’en prendre qu’à soi? Voilà le prix à payer pour avoir cru qu’on était libre de tout faire, tout vivre…

La confiance est une valeur phare du couple. Sans cette confiance, le quotidien doit être un véritable calvaire. Les jaloux en savent quelque chose!

Quant à la confiance trahie, chacun réagira différemment. Il n’y a pas une seule vérité en ce monde.

Votre avis m’intéresse? Est-ce que c’est quelque chose qui vous ferait peur aussi? Ou bien vous n’y auriez même pas pensé?

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Beaucoup trop de moi…

 

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Crédit Pixabay

Voilà près de dix ans que je tiens un blog (plusieurs même!)

Voilà près de dix ans que je me livre. Beaucoup par moments. Avant, je tenais un journal intime. Écrire rien que pour moi me suffisait. Puis j’ai eu besoin d’extérioriser certaines choses. Sans compter l’envie pressante de partager et d’échanger.

Voilà près de dix ans que je me pose la question, à intervalles irréguliers, de la façon dont j’écris, de tout ce que je dépose ici. Beaucoup de moi. Beaucoup trop?

Parfois cela me semble beaucoup trop en effet. Cet étalage de ma vie privée me fait réfléchir. J’ai fermé beaucoup de blogs en près de dix ans. Je vous rassure, je ne vais pas fermer celui-là. Mais repenser mes articles, oui. Dans un souci de protection. De moi même et de mon intimité. Être dans le “trop” ne me satisfait pas. Le besoin de retrouver un équilibre est nécessaire.

Sans compter que j’ai des projets littéraires, que j’aime toujours autant écrire dans mon journal, que certains mots ne regardent personne d’autre que moi et quelques privilégiés!

Sans compter qu’il y a tant d’histoires qui attendent d’être contées…

Avez-vous, vous aussi, l’impression d’en dire trop sur votre blog? Comment faites-vous la distinction entre ce qui est privé et ce qui ne l’est pas? Comment vivez-vous le fait de partager des bribes d’intimité sur un espace public?