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Challenge Ecriture #19

Madeleine, sur sa terrasse, harangue les foules. “Une femme honnête cette Madeleine” !
Sa mère, sa pauvre mère, qu’elle dit aux passants, un peu plus près des étoiles aujourd’hui. Sa mère lui disait « Madeleine tu seras quelqu’un ! »

Madeleine préfère les plaisirs démodés aux technologies actuelles. Un peu trop intelligents pour elle tous ces techniciens qui lui promettent un autre monde.
Elle ne vit que dans le sien, face au soleil et au-dessus des nuages.

Dans sa tête c’est une drôle de fête qui se joue. Elle est un peu ici et un peu dans le passé. Elle est la vielle du 5e, un peu barrée comme disent les jeunes.
Elle s’offre des voyages et divague, se croit funambule sur un fil, se rêve danseuse de cabaret, effectuant des tours de piste sur des musiques langoureuses.
Elle est à tour de rôle la Bohème, Angie, Diva ou la rockeuse de diamants.

Sur son balcon elle raconte à tous et à personne des histoires, s’invente un paradis blanc, se souvient mélancolique du rire du sergent, des filles faciles dans les villes de grande solitude.
Elle en a fait des choses, elle en a conquis des cœurs, elle a même vu Dieu ! Dans le supermarché de sa banlieue rouge.
Elle lui dédie ses mélodies, chansons mal tournées, qui dégoulinent du 5e étage sur le bitume ravagé.

Certains se disent « dommage » quand ils passent, mais pas vraiment finalement.
Pour elle, tout est simple, la vie est un cadeau empaqueté dans du joli papier de soie rose. Avec son chapeau coloré, ses mains gantées, ses robes longues, elle a des allures de princesse.
La Cendrillon qu’elle rêvait d’être à 4 ans.

Elle n’a pas d’âge Madeleine. Elle perd le nord. Elle s’invente des chansons comme Marylin.
Elle se sent aussi jeune qu’à 20 ans et alors que l’horloge tourne, elle oublie.
A l’heure qu’il est, c’est tout ce qui compte.

Retrouvez les autres participations ici: Chez Josée, Chez Mébul

***

Pour la dernière semaine (déjà!) sur le thème des mots, je vous propose de participer en partageant en commentaire: le nom d’1 objet + 1 mot original + 1 mot que vous aimez. Une fois cela fait je regrouperais tout ici et vous pourrez écrire votre texte! A très vite!

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Fidèle

Photo by Elizaveta Dushechkina on Pexels.com

Hier, j’étais belle. Magicienne, fée aux multiples pouvoirs. J’apaisais les cœurs esquintés. Souveraine de mes pensées les plus indiscrètes. Je savais donner, donner, donner. Si bien donner que j’y ai perdu ma sève.

Hier, j’étais amante. Etoile filante dans le ciel de tes nuits. Un morceau d’atmosphère en tenue de bal. Je m’enroulais sensuelle dans les plis de draps imaginaires. Tu épousais d’un regard les courbes de mon corps, blessé, aux cicatrices invisibles.

Hier, j’étais gardienne d’un secret, de ceux qui serrent un peu le cœur et font danser l’âme, qui se fiche bien du bien et du mal, qui a raison ou qui a tort.

J’ai existé. Dans le toucher de ta peau. Dans l’énergie de ton souffle. Dans la passion de ton étreinte. J’ai existé. Dans le vertige de tant de “il ne faut pas”. Dans la confiance de tout ce qui ne se dit pas.

Hier, j’étais femme aux milles voiles et fantaisies. De soie et de saphir. De lianes et d’or. J’étais le désir incarné, qui se consume en silence, par crainte de l’exubérance, à la limite de la folie. Tu m’as libérée de ce fardeau porté comme un sanctuaire à ne pas offenser.

J’ai existé. Dans tout ce qui a été donné. Généreusement. Et pourtant je me suis oubliée. J’ai oublié que j’avais ce pouvoir moi aussi de me ramener à la vie. Je n’ai jamais voulu que tu sois le pilier, le garant de ma sécurité intérieure, le gardien de mes rêves. Je ne veux pas que tu sois mon réconfort ou mon rempart. Comme une bouillotte les soirs de cafard.

J’ai oublié ma voix dans le tumulte des autres, dans tous ces yeux interrogateurs qui se demandaient pourquoi. Dans toutes ces vies bien mises qui ne comprennent pas. Moi, je veux vivre jusqu’à l’épuisement. Je ne veux plus entendre que je le mérite ou pas. Je veux retrouver le contact chaud de ta peau et la complicité, je veux me foutre du temps qui passe, amarrée à la saveur fou d’un instant avec toi. Le reste, ce sera pour une prochaine vie!

Nous ne pourrions pas vivre ensemble, nous le savons depuis le commencement. C’est sûrement pour cette raison que nos chemins se sont croisés, que nous avons fait ce choix, même inconsciemment. Parfois, je voudrai avoir les mêmes envies que les autres, pour ne plus me sentir si différente. Si souvent.

Reconquérir mon identité, ma place, dans cette vie. Une priorité. Celle que j’ai choisi d’honorer. Tout amour est une prise de risque. Peut-être que demain nous aurons pris d’autres chemins. Je ne veux pas que ce soit par défaut. Par dépit, parce que quelque part j’aurai, une fois de plus, laissé à d’autres, le pouvoir sur ma vie.

Oui je me suis manquée de respect bien souvent. Même avec toi. Pour quelques minutes, parce que je ne savais pas. Ou plus. Parce que j’avais peur. Parce que j’avais froid, j’avais perdu la conscience de qui j’étais.

Retrouver ma voix dans le chaos du quotidien, dans le manque fulgurant, dans l’inconfort. Laisser la peur filer. Reprendre ma plume pour exorciser les démons et faire vibrer la force de ce qui est. Ca ne durera peut-être pas. Je ne veux pas de liens, de ceux qui attachent. Je veux la liberté, tout en sachant qu’elle est parfois souffrance et chagrin, pour un cœur si peu habitué. L’avenir est à ciel ouvert, rien n’est écrit. L’avenir même en CDI a une part d’incertitude. Aucun engagement ne fait le poids.

Si j’en fais un, c’est celui de rester fidèle à moi même. Désormais.

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Se retrouver

Photo by Pixabay on Pexels.com

Froissé de soi
Le rouge aux joues
D’or et de bronze
La peau parée

Souplesse des dentelles
Lignes accordées
Sur les épaules
Fragiles d’oser

Mon corps entier
Chante les louanges
Baiser chaste
Sur la peau des hanches

J’oublie le temps
Amarrée aux étoiles
Transparence des sentiments
Dans le murmure des voix

Vol au vent
Photographies d’un souvenir
Retrouver le plaisir
De se désirer autrement

Se dévêtir des habitudes
Croisements serrés
Besoin viscéral
De se posséder

Faire renaître des cendres
Comme un Phénix amoureux
La magie d’un premier rendez-vous
La tendresse d’une audace

Posted in Carnets de route

15 mois

Photo by Nita on Pexels.com

Qu’on se le dise, en toute franchise, ces 15 derniers mois n’ont pas été si simples que nous avons choisi de le penser. Par fierté personnelle. Par culpabilité. Comme si dire “c’est compliqué” faisait de nous des incapables, des inadaptés de la vie. Il y en a tellement d’autres qui vivent pire!

La grande phrase. La plus dangereuse aussi.

J’en tire du positif, beaucoup. Mais je ne peux plus faire l’impasse sur les heures de vide, les heures enchainées à un flot, un flux d’émotions tout aussi déstabilisantes les unes que les autres, à tenter de maintenir notre équilibre à flot. Si nous en sortons grandis, nous en sortons aussi un peu blessées. De ces blessures que je n’ai pas voulu voir, parce qu’il faudrait toujours ne retenir que le positif.

Cela me rappelle que durant 4 ans j’ai tenu plus ou moins le cap dans une relation destructrice, en m’accrochant à ces bouts de soleil. Bien dérisoires. Mais une fois de plus il y avait pire!

Ces mois nous ont éloignés, un peu esquintés, même si nous tenons à ne pas ressasser. Nous nous sommes à peine croisés. Juste de quoi appliquer un baume sur l’absence, histoire de combler un manque, de se réconforter. Quelque part, quelque chose a changé. Nous avons changé, c’est évident. Etre capable de poser son regard sur cette parenthèse un peu longue c’est peut-être bien se donner une chance de fermer une porte pour en ouvrir une autre.

La solitude n’a pas été choisie, elle s’est imposée. Avec son lot d’hypothèses à tenter de percer. Il a fallu se réapproprier une réalité, notre identité. Un exercice de retour à soi, précieux, nécessaire. Qui permet aujourd’hui de poser les mots sur tous ces besoins qui n’ont pas été exprimés, exposés. Il y avait d’autres priorités. Etre là pour ceux qui comptent.

La vie reprend doucement et il faut en son temps reprendre le chemin de la vie. Celle de mars 2020 ne ressemble plus à celle d’aujourd’hui. Petite vague de nostalgie. Elle aussi il faudrait lui lâcher la main. Pourquoi tout le monde se fait un devoir d’avoir une idée sur tout. Chacun sa vérité, sa voix dans ce tumulte, sa route.

Je ne veux plus faire comme si, comme si il fallait être bien, coute que coute. Je ne veux plus porter ces masques polis, si bien dessinés par tant d’années de “faire plaisir”. J’ai appris que fuir n’était pas la solution. Mieux vaut regarder l’orage et se souvenir de ce pouvoir entre nos mains, s’en remettre à la force de Vie.

Et vous cette période, vous en gardez quoi comme souvenir?

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Les Etats d’Esprit du Vendredi 25.06.2021

Vendredi déjà, ou plutôt enfin. Cette semaine n’a certainement pas été la meilleure du mois! Mais on garde le cap, malgré l’envie certaine de me prendre par la main et de m’enfuir sur une ile déserte, loin de tout!! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et j’espère qu’ils se portent bien (Zenopia et The Postman).

Début [13:02]

Photo: Se souvenir des belles choses…

Fatigue: entre la fête de musique, la pleine lune, l’éclipse, la saison du Cancer, Venus, Pluton et tout le reste, je crois que vous avez une petite idée!!
Humeur: lunaire…
Estomac: ne sait plus trop où il en est non plus
Esprit: es-tu là??
Cond. phys / Bien être. : j’ai quand même continué à prendre soin de moi entre deux crises de larmes et ne suis pas tombée dans la déchéance à la Bridget Jones!

Projet/Boulot: Déménagement et formations aux nouveaux locaux.

Culture:

LIVRES “la guerre des lulus” avec loulou BD sur la première guerre mondiale – Un livre sur Frida Kahlo – Oscar et la Dame Rose de Éric-Emmanuel Schmitt et Wonder de RJ Palacio

FILMS / DOCUMENTAIRES: Bridget Jones! Merci Bridget de toujours être là quand la vie ne tourne plus très rond!

Penser à: écrire pour y voir plus clair, pour partager, pour savoir ce que je veux, ce que je peux, ce qui vient de moi, ce qui vient de la société, enfin pour faire le tri…

Les jolis moments: on va bien en trouver, allez, allez, on se motive! Un croissant au beurre, discuter, marcher dans la rue sans masque, des partages, une belle fête des pères (le mien!)

Message perso: (1) Contente que tu ailles mieux! (2) Merci d’avoir respecté mon besoin de silence – ce n’est pas si évident pour tout le monde (3) Bon weekend à tous! (4) Je pense que c’est important qu’on se parle, de toute façon c’est toujours important de se parler!

Loulou: je crois que je le saoule en ce moment, d’anniversaire ce weekend et de match demain à 9h (j’adooooooore le foot!!!!)

Amitiés : se confier ça fait du bien même si chacune donne un avis en fonction de son propre fonctionnement.
Love : je crois qu’il y a l’option “compliqué” sur Facebook. Sans rire! Ce n’est pas lui qui est compliqué, c’est moi qui me suis pris une grosse claque émotionnelle. Et le reste a suivi. C’est vite compliqué de vivre dans ma tête!! C’est peut-être pas si mal que ça au final. Je sens qu’on était en train de dériver sans s’en rendre compte…

Sorties : foot, anniversaires, courses cadeaux
Essentiel: je donne ma langue au chat…
Courses: vacances et anniversaires
Envie de: rien (genre “j’ai tout” ou style” foutez moi la paix!”? – mon coeur balance…

Zic: Entendues à la fête de la musique (comme quoi ça sert à quelque chose, à part empêcher les gens de dormir!)

Fin [13:35]

Posted in Carnets de route, Tout un poème, Variations Littéraires

Vague(s) E-maux-tionnelles

Photo by Johannes Plenio on Pexels.com

Face à la vague vertigineuse
Les secrets explosent
Le cœur se pose
Sur une hypothèse scandaleuse

Face à la vague vertigineuse
Le corps implose
Le cœur se décompose
L’ombre joue les entremetteuses

Face à la vague vertigineuse
Les blessures s’exposent
Le cœur se livre en prose
La mort en intraveineuse

Des émotions
Comme des glaçons
Qui percutent la raison

Des traces
Comme des menaces
Qui perforent la glace

Autant de saisons
Vide, chute, abandon
Mourir à soi-même
Laisser passer la haine

Laisser aller la peine
Renaitre à soi-même
Vide, lumière, ascension
Retrouver la passion

Posted in Carnets de route

Entre moi et moi

Photo by Pixabay on Pexels.com

Noel.
Et toutes les autres fois aussi. Les fois où on célèbre, où l’on se réjouit.
Les fêtes, les anniversaires.
Les sourires, les rires.
La complicité. Nos fragilités.
Les souvenirs égrenés à la faveur d’un rendez-vous improvisé.

Les grandes occasions.
Les tristes nouvelles.
Les naissances.
Les vacances.

Les bagages dans l’entrée.
La trépidante impatience des dernières heures à passer.
Le cœur plein des jours de liesse.
La route et l’expectative de l’arrivée.

Les résultats. Bons ou mauvais.
Le dernier jour de ceux qui partent.
Le premier jour de ceux qui débarquent.
Les fins de cycle et les débuts incertains.

Tous les premiers pas et les derniers.
Toutes les hypothèses à envisager.
Les derniers souffles et les premiers baisers.
Les au revoir soudains.
L’asphyxie du quotidien.
Les deuils sur le chemin.

Pour les retards.
Les nuits de brouillard.
Les insomnies parce que tu rentres tard.
Les grands départs.
L’angoisse de te savoir seul dans le vaste monde.
Nos confidences. Nos écarts.

Les angoisses et les doutes.
Les points d’interrogation sur la route.
Le confort d’un foyer.
Une certaine forme de sécurité.
Le souvenir d’une communion passée.
Même accidentée.
L’étreinte d’un regard en accéléré.

Avant la pluie.
Après l’orage.
Avant la nuit.

Je serai seule…

Etais-je seulement prête à vivre ça ?

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Challenge Ecriture #18

Qu’est-ce que cela ferait des projets ?

Projets de cœur, débattus au creux de la nuit, au dessin de l’aube.
Aube nouvelle, vierge de connaissance, de savoir.
Savoir que l’on se lèvera, un jour prochain, dans quelque habitude.
Habitude chérie, non de celle de la routine bien huilée, mais plutôt un temps comme un repère.
Repère, un phare, une lueur, une histoire.

Histoire de dire, histoire d’écrire une fin qui ressemblerait au début.
Débuts prometteurs, dans lesquels on oublie ce qui a le pouvoir de nous faire épouser une réalité que l’on tait, un secret.
Secret du cœur, corps en liesse, silence sur ce qui laisse des traces comme des éclats.

Eclats de vie qui doucement s’évaporent au gré d’un temps qui ne nous appartient pas.
Pas à pas, faire la lumière sur ce qui n’est pas, sur ce qui est juste.
Juste de quoi s’interroger sur les raisons d’une vie choisie, sans avenir, sans projet…

Retrouvez les autres participations ici: Chez Marie, Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine (#19), je vous invite à faire une liste de 20 titres de chansons que vous aimez ou connaissez. Puis d’écrire un texte en intégrant ces titres! Bonne fête de la musique!

Posted in Carnets de route, Variations Littéraires

Pour lui plaire…

Photo by Gabb Tapique on Pexels.com

Elle a arrêté de se maquiller les yeux
Elle a donné son chat au voisin
Elle a troqué son vernis rouge contre du vernis transparent
Elle a changé la place des meubles
Elle a arrêté de manger de la viande
Elle a quitté son équipe de hockey
Elle a lâché sa formation en ligne
Elle a commencé à cuisiner différemment
Elle a abandonné ses rêves d’ailleurs
Elle a troqué ses jupes courtes pour une longueur plus acceptable
Elle a déposé dans une boite à livres ses romans d’Anais Nin
Elle a dit adieu à son café du matin
Elle a stoppé net toutes ses relations avec ses amis
Elle a commencé à moins voir ses amies
Elle a laissé pousser ses cheveux
Elle s’est fait percer les oreilles
Elle a vendu sa moto
Elle s’est prêtée à des jeux indélicats
Elle a renié ses valeurs
Elle a adopté son rythme de vie
Elle a fait siens ses combats
Elle a complètement oublié les siens

Elle ne lit plus le soir
Elle ne sourit plus dans la rue
Elle n’appelle sa famille que quand il n’est pas là
Elle ne donne pas son avis sans y être invitée
Elle ne sort plus boire un verre le samedi soir
Elle ne mange plus de chocolats ni de viennoiseries
Elle ne porte plus de maillots deux-pièces
Elle passe ses vacances dans des lieux qu’elle ne choisit jamais
Elle ne participe plus à la Gay Pride
Elle ne fait plus les vides-greniers

Sans s’en rendre compte
Elle a troqué son identité contre une vie de masques codifiés
Pour lui plaire

Je suis certaine que le “elle” de ce texte peut être remplacé par “il” dans bien des cas. Et que cette liste n’est pas exhaustive non plus. Mais juste un aperçu de ce qu’on change parfois en nous pour plaire à l’autre. En pensant, à tort, que c’est juste. Et en se perdant bien souvent par la même occasion. Etre soi est la seule valeur sûre qui soit. Et si cela ne plait pas, c’est que nos chemins ne matchent pas.

Posted in Emprise et Renaissance

Quand notre corps nous parle

Photo by Anete Lusina on Pexels.com

Octobre 2012
Fin de journée au bureau. Une douleur fulgurante me terrasse.
Je pense au bébé bien niché dans mon ventre. J’ai peur un peu puis je me souviens, ça arrive parfois ces douleurs inconnues qui me cisaillent les entrailles.
Ça passe. Comme tout. Puis ça revient. Une fois, deux fois, dix fois.
Mon corps pèse lourd et mon visage pâlit d’heure en heure.
Mon patron commande un taxi, je quitte le bureau avant la sortie. Direction la maison.

Je n’aime pas rentrer plus tôt à la maison quand il est là. Je n’aime plus quand il est là.
Mais aujourd’hui pas le choix, il faut que je me couche, que je me repose. La douleur est telle que tenir sur mes deux jambes est impossible.
A peine arrivée je m’écroule sur mon lit, incapable de faire un pas, de dire un mot.
Un peu de nuit. Juste un peu.
Il est déjà là à me demander ce que je fais là, pourquoi je ne lui parle même pas. Je n’en ai pas la force.
Il est déjà là à me dire « repose toi » avant de filer dans le salon. Il ne fait pas attention au bruit qu’il fait en partant.

Deux heures plus tard, aucune amélioration. Un coup de fil et un rendez-vous en urgence chez mon généraliste.
Un taxi aussi. Il ne m’accompagne pas.
Je ne lui en veux même pas. J’attends qu’on me dise que tout va bien, que mon enfant n’est pas en danger.

A l’examen tout va bien.
La douleur ne se dit pas. Elle reste tapie dans son coin.
Je ne sais pas ce qu’il y a. Mon corps ne répond plus.
Il faudra quatre appels incessants pour qu’il décroche et me demande si c’est vraiment important.
Je l’attends dans le froid de la rue, corps battu par la pluie d’automne, pas vraiment là. Heureusement, sinon ce que je vis me paraitrait complètement incohérent, impensable.

Aux urgences on attend encore et je me rends compte à quel point il est inadapté à la vie, à ma vie.
Je lui trouve des excuses pourtant. Beaucoup. Beaucoup trop. Dans cet hôpital, j’aimerai presque que l’on me garde, une nuit au moins, une nuit pour échapper à ma vie.
Pour ne pas avoir à rentrer avec lui, pas ce soir.
Une nuit pour dormir vraiment, plus que quelques heures tourmentées par ses mouvements, les bruits de son cœur contre les draps froissés.

Une inflammation. Douloureux mais pas grave.
Il faudra revenir le lendemain pour une échographie afin d’être certain que le bébé se porte bien.
Je repars avec lui, faible encore pour quelques jours.
A la maison je m’allonge, à 22h30 je n’ai plus le courage de rien. Il me dit quand même « il y a quoi pour le diner ? »
Puis accepte de se coller aux fourneaux, à condition que demain je reprenne le chemin de la cuisine, après tout, les médecins l’ont dit, ce n’est rien. C’est juste histoire de se faire remarquer !

Pourquoi ce récit ?
Pour dire que notre corps nous parle. Et qu’il crie aussi parfois.
Ça commence petit et ça peut virer au pire.
Nous ne sommes pas toujours prêts à entendre. Parce que psychologiquement c’est trop compliqué.
Alors notre inconscient fait barrière et on tient, parfois des dizaines d’année. Et un jour ça craque.
Tout ce qu’on a encaissé se brise et nous sommes à terre.
Ne jamais sous-estimer les alertes du corps. Ne jamais se dire «c’est rien ». Toujours se rappeler que c’est un appel à l’aide.
Si celui-ci est entendu, nous pourrons nous en sortir sans trop de dégâts.
Si nous préférons éviter d’y faire face, les conséquences peuvent être catastrophiques.

J’avançais depuis des mois en pilote automatique. Je ne savais plus qui j’étais, ce que je valais.
Je n’avais plus de repères. Je n’avais plus d’énergie. Je n’avais plus de vie.
Je n’ai pas compris sur le moment mais j’ai senti qu’il se passait quelque chose et que si je ne faisais rien, j’allais basculer de l’autre côté.
J’avais devant moi assez de modèles pour savoir ce que ça pouvait donner.
C’était dément, fracassant, déroutant, cinglant…
C’était déjà le début d’autre chose.

Ce récit pour vous dire que votre corps est votre allié, non votre ennemi.
Prenez en compte ce qu’il vous dit.
Ne négligez pas les signes qu’il vous envoie.
Ne dites plus « c’est rien » même si c’est douloureux de regarder en face une histoire qui vous échappe.

Posted in Carnets de route

Retrouver Paris

Crédit Marie Kleber

Les jours prennent des couleurs, celles du temps mis sur pause et soudainement rendu à lui-même. Nous redécouvrons Paris au gré de balades, près, tout près des sentiers battus mais encore un peu déserts. Quand le monde s’arrache une table en terrasse, nous savourons le luxe d’une liberté retrouvée. Un brin d’insouciance vole dans l’air saturé de soleil.

Crédit Marie Kleber

Nous reprenons plaisir au connu, un plaisir contenu, mais tellement apprécié. Nous déambulons dans nos coins préférés, riches de souvenirs. La ville, qui hier encore nous paraissait menaçante, nous livre aujourd’hui ses merveilles et nos yeux ne cessent d’être éblouis par la beauté de la vie qui bat au cœur de la Capitale.

J’ai cru pouvoir partir plus loin, mais alors elle me manquerait comme la mer me manque. Ses quartiers, ses coins et recoins, son art, ses musées, ses vibrations, l’écho du jour qui se couche, ses murs peints et ses monuments majestueux, son histoire et ses rêves, tous ces chemins pris main dans la main avec l’envie de plus de découvertes, d’aventures fantastiques.

Crédit Marie Kleber

La vie, le bruit, ce tumulte qui parfois pourtant me dérange, je ne vivrais pas sans. Pas sans cette frénésie, cet appel sanguin, ce mélange de cultures et de saveurs, cet appel libre, cette impulsion impalpable.

Tout va trop vite, tout est trop plein, c’est ce que disent certains, ceux qui fuient la ville pour une maison à la campagne, avec un jardin. Nul ne nous demande d’adhérer à cette course folle, nous avons le pouvoir d’avancer à notre rythme, de profiter sans culpabilité, de danser selon le tempo qui nous sied. A nous de créer notre flow, unique et varié.

Crédit Marie Kleber

Quand le jour décline, Paris brille dans la nuit, m’offrant l’espace pour que je puisse retranscrire ce que je vis, ces rencontres sur un fil, ces liens invisibles, ces recréations magiques, cette énergie qui me guide sur une nouvelle toile attendant d’être travaillée!

Posted in Atelier Ecriture L'Atmosphérique

Challenge Ecriture 17

Je suis rentrée, la tête comme une pastèque, le corps fatigué. Pourtant je ne t’ai vu que quelques minutes tout au plus.
On a du échanger quinze phrases. Rien de bien terrible, que de la mécanique. Celle de la victime que tu es et du bourreau que je suis. Tu veux me faire croire que tu as changé, quand tout en toi, respire le mensonge. Tu penses qu’avec quelques pirouettes monétaires tu vas nous faire rêver.
Mais ce n’est pas ça, ça c’est du bouillon habituel, des mots faute de mieux, des promesses abracadabrantesques. Un appartement, une école haut de gamme, pourquoi pas un haras, une oliveraie, tant qu’on y est !
Rien de trop beau soit disant ! Pour ton fils, tes entrailles ! Mais tu n’es même pas capable d’aligner trois mots dans sa langue et tu voudrais qu’on oublie tout, qu’on te déroule le tapis rouge, qu’on dise « amen » les yeux fermés.

C’est pas tant cet air hautain que tu prends pour me parler, ce sourire hypocrite, ce tintamarre obsédant qui m’a filé le tournis.
C’est ce foutu ballon du PSG. Ce trophée. Cet objet pourtant insignifiant qui te place du côté des gagnants. Alors que tu ne fais que te pavaner, imiter, mimétisme de pacotille.
Ce sont tous ces cadeaux sans âme que tu lui refiles, comme pour redorer ton image.
C’est le vide de ton personnage, ton identité translucide. Tu n’es que ça, du vide.

Ce n’est pas parce qu’il est un tout jeune arbuste, en quête de racines, que tu peux jouer avec lui. Ses bases il les a et elles ne viennent pas de toi.
Est-ce que je suis heureuse de ça ? Non. Pourtant aujourd’hui j’ai compris que tu n’avais rien à lui offrir. Parce que tu n’as rien. C’est triste à dire, je ne pensais jamais pouvoir le dire de quelqu’un.

Il te faudrait plus qu’une potion magique, plus qu’un filtre enchanté, plus que tout l’or du monde, il te faudrait plus de mille vies pour compenser l’absence, le mépris, ta suffisance. Ils peuvent tous dire ce qu’ils pensent, je sens, je sais, qu’autour de toi tout n’est que nuisance. Ta présence n’est pas une menace, juste une longue plainte dont l’écho nous frôle encore parfois.

Mais lui et moi nous savons de quoi nous somme faits. Ta loi ne fait pas le poids.

Retrouvez les participations ici: Chez Mébul, Chez Josée

***

Pour la semaine prochaine, je vous invite à écrire un texte ou un poème dans lequel le dernier mot de chaque phrase devra être le premier mot de la phrase suivante. Hâte de voir ce que cela va donner! Au plaisir et amusez-vous bien!

Posted in Les Etats d'Esprit du Vendredi

Les Etats d’Esprit du Samedi 12.06.2021

Il n’y a pas à dire, le samedi c’est plus facile pour moi de rédiger mes états d’esprit. Le vendredi soir je manque cruellement d’énergie!! Je dépose en passant une pensée chaleureuse aux deux fondateurs de ce rendez-vous incontournable et j’espère qu’ils se portent bien (Zenopia et The Postman).

Début [08:17]

Photo: Poète

Fatigue: en fin de semaine
Humeur: Très bonne
Estomac: en attente du petit déjeuner!
Esprit: apaisé et créatif
Cond. phys / Bien être. : yoga, sophrologie, cercle des Muses, rituel écriture du matin et auto-soins énergétiques. Tout ça est devenu si naturel!

Projet/Boulot: Je ne vois pas les semaines passer, les journées sont bien chargées. Nos nouveaux bureaux sont plutôt sympa, à suivre…/une autre journée de formation en soins énergétiques, je suis fan! / grâce à une amie, j’ai repris l’écriture de mon livre “chemin de guérison” – une évidence!

Culture:

LIVRES “Les enfants de la résistance” avec loulou, “Somewhere inside of happy” de Anna Mc Partlin, “La dernière marche” de Soeur Helen Prejean sur la peine de mort aux Etats Unis, un livre qui fait réfléchir

FILMS / DOCUMENTAIRES: Le fils du désert de John Ford (loulou est fan de John Wayne) et Le Tombeau des Lucioles (un magnifique dessin animé Japonais)

Penser à: m’écouter

Les jolis moments: déjeuner en terrasse, retrouver le plaisir de porter des robes longues, le cercle des Muses, journée formation en énergétique, du nouveau matériel créatif à tester…

Message perso: (1) Belle journée à tous! (2) Prends soin de toi (3) Tu es une belle personne! (4) j’aime beaucoup tes partages littéraires et cinématographiques!

Loulou: éleveur d’escargots, un brin exigeant parfois, esprit rieur, joueur d’échecs et prévoit même des tournois pour cet été(!), voit son papa aujourd’hui et n’est pas super enthousiaste, mais pas terrifié non plus

Amitiés : plus que quelques semaines avant de se voir en chair et en os
Love : occupé, vacciné, attentif, de mariage ce weekend!

Sorties : librairie, marché, visite familiale, pique-nique demain
Essentiel: accepter ce qui ne peut être changé
Courses: marché et cadeaux pour les anniversaires qui arrivent…
Envie de: pouvoir passer le relais de temps en temps (bientôt deux anniversaires pour loulou le même weekend – à moi la belle vie!)

Zic: Basi Bulat – Heart of my own

Fin [08:49]

Posted in Carnets de route

Se croiser

Photo by Pixabay on Pexels.com

Se croiser.

C’est ce que l’on fait si bien tous les jours. Dans nos quotidiens plus ou moins bien organisés. Dans nos cohabitations plus ou moins bien installées, dans nos vies plus ou moins harmonieuses, dans nos relations plus ou moins stables. C’est presque aussi automatique que le “ça va?” de circonstance, qui n’attend aucune réponse.

Se croiser, c’est juste partager un temps un périmètre commun, c’est un “bonjour” d’habitude, que ce soit la cuisine, l’escalier, le trottoir, un quai de gare, un bureau. Rien que du superficiel, rien qui ne nous tienne vraiment debout.

D’ailleurs se croiser c’est rapide et quand ça ne l’est pas, c’est sans âme. C’est histoire de dire que…On se connait, on se fréquente, on partage un morceau d’existence aussi infime soit-il. C’est rassurant finalement.

On peut aussi croiser son reflet dans le miroir, juste un millimètre de nous-mêmes. Pas de quoi en faire tout un plat. S’arrêter, prendre le temps, c’est déjà le début d’un engagement. C’est moins rassurant que l’éphémère.

J’ai croisé beaucoup de gens, j’ai aimé beaucoup de gens que je n’ai fais que croiser. Pourtant je crois en la sincérité des rencontres qui voient au delà des apparences, je fonds pour un échange coeur à coeur, je veux plus d’humanité dans les rapports humains, plus de profondeur.

Je ne voudrais pas qu’un jour nous ne fassions plus que ça, nous croiser, parce qu’alors nous aurions perdu quelque chose, peut-être bien pour toujours. Nous aurions perdu l’essence, l’essentiel. Nous serions alors deux étrangers comme ceux que nous croisons tous les jours et que nous avons l’impression de connaitre, alors même que nous restons sans arrêt à la surface des choses. A la surface, les sentiments sont faits d’une écorce aussi friable qu’une terre asséchée. Rien de bon ne sort d’une terre abandonnée.

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Challenge Ecriture 16

“Je savais que j’emporterais mes secrets dans la tombe. A moins que…”

A moins que?
Il m’avait regardé et j’avais senti comme une boule se former dans ma gorge. Je ne voulais rien savoir. Rien de rien. Je ne manquais pas de curiosité pourtant et j’étais plutôt friande de tout ce qui ne se dit pas. Mais là c’était différent. Je savais qu’il y avait quelque chose, quelque chose qui de génération en génération se léguait au moment du dernier acte et je voulais échapper à la malédiction.
Qu’il le garde son secret, à tout jamais enfoui entre le marbre et la terre. Qu’il s’endorme avec pour toujours.

Un secret ça ne se partage pas, maman m’avait appris ça, j’étais pas plus haute que trois pommes et je m’en souviens encore. J’en avais bien quelques-uns à mon compte, que j’avais conservé précieusement, des qui n’étaient pas bien méchants et d’autres qui n’étaient peut-être que des inventions de gamins. J’avais juré la main sur le cœur et le cœur sûr. Ils étaient sous bonne garde. Quant aux miens, rien que des petites cachotteries, pas de quoi alerter tout le quartier.
Dire ses secrets, et puis après. Laisser les autres en démêler les nœuds. Je n’étais pas pour. Je trouvais même ça lâche, comme une bombe qu’on jette à la figure de l’autre et qui détruit tout sur son passage.
Je savais que ses secrets avaient cette envergure-là, alors je partis et je le laissais seul face à ce qui l’effrayait le plus. J’avais choisi le camp de la vie !

Retrouvez les participations ici: Chez Sweet Things, Chez Josée, Chez Mébul

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Nous quittons les terres du secret et pour ce nouveau mois, nous allons explorer les mots, sous des coutures différentes!

Pour la semaine prochaine (17), je vous invite à écrire un texte comportant les mots suivants: pastèque, bouillon, translucide, potion, mécanique, arbuste, oliveraie, mimétisme, pirouette, tintamarre. A vos plumes! Et au plaisir de vous lire!