Mes Origines – The Rose

 

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Juin 1980

Je porte mon premier enfant. Fille ou garçon, qu’importe. Lavie est là. Nous l’attendons. Notre appartement est prêt pour l’accueillir. Octobre, c’est ce qui est prévu. Dans 4 mois, l’enfant sera là.

Aout 2015

Transformée. Les épaules en arrière, je danse. Je me sens vivante, prête à épouser la vie, à la prendre à bras le corps, à faire vibrer mes rêves.

Juin 1980

The Rose. Bette Midler. L’enfant bouge à l’intérieur de moi. I

l ou elle est heureuse. La vie déborde. Les yeux rivés sur l’écran, la vie jubile avant de s’éteindre. Je me demande si l’enfant le ressent ou si seule la musique n’a de grâce à ses yeux. Le dernier film avant sa naissance.

Aout 2015

En cette fin d’été, j’ai pris rendez-vous avec mon destin. Il était temps. Trente-cinq ans. J’ai entendu parler de ce chef d’œuvre pendant toutes ces années, de ma danse de la joie bien à l’abri dans le cocon maternel.

C’était comme une évidence. Il fallait que je le voie. Le timing est parfait. Un signe du destin, à l’aube de ma renaissance.

Dès les premières secondes de film, j’ai compris pourquoi j’avais tant aimé autrefois. J’ai souri sans savoir pourquoi. J’ai accroché à l’histoire, au jeu étonnant et déton

nant des acteurs, aux scènes musicales, au timbre de la voix de The Rose, égérie Rock adulée et pourtant complètement perdue face à un monde qui la dépasse. Sa solitude est désarmante. Ses passions sont envoûtantes. Sa façon de croquer la vie est passionnante. Sa spontanéité est troublante. Et ses angoisses presque rassurantes la font plonger dans un abîme dont on ne sort jamais indemne.

Ce film m’a touchée, m’a fait autant sourire que pleurer. Ce qui a longtemps été un mythe est devenu une réalité. J’ai finalement percé le mystère attaché à chaque millimètre de moi pendant toutes ces années.

Vivre et Aimer Vivre.

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Le cadre photo

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Le cadre est posé là, sur la cheminée. Je saisis un visage. Le reste des souvenirs demeure vague. Je ne sais plus bien qui est qui, ni où nous sommes. Le ciel est bleu et je crois entendre au loin le cri des mouettes et le bruit des vagues.

Une journée à la plage. Avec qui ?

 

A moins que ce visage que je semble méconnaître appartienne à d’autres vies. Un inconnu posté là par hasard et dont j’ai saisi l’essence d’un clic seulement.

Je tourne le cadre, sors la photo.

10 juin 1995. Trop loin. Je repose le cadre. Un autre jour peut-être.

Sauter le pas #4

Si les vacances ont été peu productives niveau avancement de projets, elles m’ont toutefois permis de mettre un point final à mon recueil de poésie.

J’avoue que le plus dur a été les pages de remerciements. J’aurai presque pu faire un livre sur toutes les personnes que je voulais remercier. Comme c’est le premier, j’en ai un peu trop fait sûrement. Ce n’est pas bien grave finalement.

Vous allez sûrement me dire, quand est-ce qu’on pourra avoir ce fameux livre entre les mains ?

Et bien je peux juste vous dire que j’envoie ce jour ma demande d’ISBN à l’AFNIL. Donc si tout avance comme je le souhaite, dans 4 semaines tout au plus, je vous ferai un bel article pour vous présenter mon recueil. J’aurai finalement passé le cap et rempli ma première promesse aussi (dédicace particulière !)

J’espère sincèrement que ce premier livre vous plaira, qu’il vous parlera, qu’il vous aidera à avancer. Car comme je le dis, mon but n’est pas aujourd’hui de faire de l’argent, mais bien que mes mots soient lus par le plus grand nombre.

Et qui sait peut-être que ce livre sortira le jour où le juge officialisera (enfin) notre divorce. De ce côté-là aussi ça avance bien mais pour le coup je n’y suis pour rien !

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A très vite pour la suite des festivités…

Au passage – Bravo à Lovely Poppies pour avoir passé le cap. Elle écrit son premier roman. Stay Tuned !

Chères Vacances,

Chères Vacances,

Je vous attendais depuis longtemps. Et pourtant aujourd’hui je pourrais presque dire que vous m’avez prise par surprise. J’avais tout préparé. Appareil photo, livres, crayons et cahiers. Je n’ai touché à rien, trop absorbée par les charmes du bord de mer, de la campagne, de la nature qui a su me subjuguer. Je peux enfin le dire : j’ai pris le temps de vivre, d’apprécier chaque instant. J’ai cuisiné. Je suis partie, à vélo, à la redécouverte des chemins de mon enfance, le petit escargot bien installé dans son siège derrière moi. J’ai regardé, pour de vrai, sans faire semblant, sans passer comme ça et ne rien retenir, la mer glisser sur le sable, assise sur la plage, alors que le vent frais du soir venait caresser nos genoux, ma joue posée contre la joue de mon petit prince. Magique. J’ai regardé la pluie tomber, l’herbe frissonner, les nuages filer sur l’horizon. J’ai regardé mes rêves au microscope et je les ai trouvés beaux.

J’ai refait le monde avec des amies que je n’avais pas vues depuis trop longtemps. Rires en cascade. Et souvenirs à la pelle. J’ai profité de chaque instant d’elles, sans chercher à immortaliser l’instant avec des mots ou des clichés, qui finiront sûrement par prendre la poussière sur une étagère.

Entre deux tours de manège, nous avons regardé les tracteurs débarquer les barges et les bateaux des pêcheurs d’huitres, avant que la marée ne baisse, nous avons déposé quelques prières en passant, nous avons couru dans la mer et réalisé des dizaines de châteaux de sable.

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Et puis chères vacances, vous m’avez offert la chance de faire du tri, de me délester de tout ce qui n’est plus moi. Des cartons au grenier, il y en avait des dizaines. Tout ce qu’on garde, les souvenirs, plus ou moins bons, des « au cas où » ou des « pour plus tard » et puis que l’on n’ouvre jamais car le grenier, cela fait longtemps qu’on n’y voir plus rien, tellement il y en a. Tous ceux de l’enfance, de l’adolescence, de l’âge adulte que l’on ne peut pas garder chez soi, qu’on dépose à ses parents à chaque fois qu’on change d’appartement. Des cartons remplis de livres qu’on ne lira plus et qui ont finalement fait le bonheur d’une bibliothèque de village.

Au milieu de tout ce fatras, on a bien retrouvé une poussette, une poupée dont l’escargot a décidé de s’occuper, quelques jeux un peu vieillis mais qu’il a adoptés. Le reste, on l’a bazardé ou vendu, l’occasion pour moi de participer à mes premiers vide-greniers et pas les derniers, c’est certain.

Il ne reste plus que cinq cartons dans le grenier. L’essentiel. Le reste prenait trop de place, toute la place. Et ne servait à rien. Les souvenirs sont à l’intérieur de nous, pas dans des biens matériels que nous tentons par tous moyens de tenir à l’abri du temps. Le temps passe inexorablement. Aujourd’hui le grenier respire et moi aussi. Si bien que de retour à Paris, les vacances cherchent encore un peu de place. Je vide. Je trie. Je donne. Je vends. Je prends soin de moi. On y voit plus clair. C’est apaisant.

Chères vacances, vous avez pris fin sous le soleil du Sud. J’avais fait une promesse à un petit garçon, devenu grand. Je l’ai tenue. J’en suis heureuse. L’heure est au bilan. Il est très positif. La vie me paraît plus simple. Hier, je me suis arrêtée sur un banc, à l’abri de la ville et j’ai regardé la nature différemment. J’ai repris mon appareil photo, mes livres, mes carnets et mon clavier. Il faut se remettre au travail. Avec bonheur !

Home Sweet Home

La route est longue. Les bouchons bloquent notre évolution. Puis quand les bouchons s’estompent, la pluie gagne du terrain et nous invite à la prudence. La route semble sans fin. Mais les vacances sont, elles, belles et bien terminées. Le temps d’une pause on reprend des forces et la route s’étire encore et encore. Entre deux phases de somnolence, les paysages deviennent de plus en plus familiers. On va arriver à bon port, c’est certain. Mais les kilomètres défilent moins vite que d’habitude.

Journée noire. Ils nous avaient prévenus. Mais nous voulions profiter au maximum de ce temps béni, profiter des uns et des autres. Si on nous avait offert une baguette magique, nous aurions même tenté de suspendre le temps.

Les bouchons se sont dissipés. La pluie a laissé place à un arc-en-ciel et un coucher de soleil époustouflant. Le ciel se pare de couleurs scintillantes- un océan d’or sur l’horizon.

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Soudain, au loin, se détache la silhouette de la Dame de Fer, illuminée. La route prend fin, enfin. Dans quelques minutes, les rues de Paris nous accueilleront. La nuit nous procurera la sensation d’entrer dans un univers hors du temps. Dans quelques heures, je pousserai la porte de mon « chez moi », je retrouverai les odeurs, les formes, le calme d’un appartement donnant sur une cour paisible. Je retrouverai mes étagères bien rangées, ma décoration épurée, mes livres, les cartes postales reçues des quatre coins du monde, épinglées à l’entrée, mes photos pleines de souvenirs chers à mon cœur, mes tasses pour tous les moments de la journée, celles dédiées au thé et celles qui préfèrent m’offrir un bon chocolat chaud le soir ou au beau milieu de l’après-midi dès que l’automne arrive et que le soir tombe plus tôt. Je retrouverai les couleurs des jeux de l’escargot et mes magazines fleuris et inspirants.Je reprendrai mon rythme tout doucement.

Mon « home sweet home », mon coin de Paradis au milieu du tumulte de la Capitale.

Ceci est ma participation, dans les temps, aux Apéros Cosmiques d’Aileza. RDV lundi pour toutes les participations. Ne ratez pas le rendez-vous, je crois qu’on va se régaler!

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Sous terre

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La sous la terre, sous nos pieds, que se cache-t-il ?

Un univers de racines qui maintiennent les arbres en vie et nous procure l’énergie nécessaire pour avancer et nous sentir vivants nous aussi.

Là, sous nos pieds, la terre tremble, la terre se refait une beauté.

Je regarde mes pieds se nourrir de cette vie. Je contemple le mystère de toute éternité.

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Elan de vie

  • Regarde, ma poupée Corolle
  • Les vêtements de nos Barbies
  • Et les livres de Martine là
  • Vise un peu les lunettes ! Oh la photo de classe de folie!
  • Quelle année ?
  • 1987
  • Quelle année !
  • Celle de Joe le Taxi
  • Quand même !
  • Ca ne nous rajeunit pas c’est ça ?
  • Non ce n’est pas ça. C’est la nostalgie qui me rattrape parfois qui me fiche le bourdon.
  • Attends…
  • Quoi ? T’as trouvé un trésor ?
  • Juste nos déguisements !
  • Tu veux dire les jupes et les boas de tata Monique ?
  • Tu te souviens ?
  • On s’amusait bien.
  • On n’a bien cru que ça durerait toute la vie.
  • Puis il y a eu Fredo
  • 1992
  • The show must go on
  • Ca n’a pas loupé
  • On a quitté la maison
  • Et nos souvenirs
  • Et nos rêves aussi
  • Bien à l’abri dans des cartons
  • Des cartons que papa a mis au grenier sans état d’âme
  • Alors que nous on avait le cœur en vrac
  • Et malgré les menaces de tout bazarder
  • Il a tout gardé
  • C’était un chic type papa
  • Pas bavard
  • Mais avec un cœur gros comme…
  • Gros comme…
  • Comme tout ce qu’on a sous les yeux
  • J’aurai bien aimé lui dire aurevoir
  • Moi aussi
  • Si on avait su
  • On a tellement cru qu’on était invincibles
  • Qu’on ne serait jamais bien loin les uns des autres
  • On a oublié que le temps passe
  • On a oublié bien des choses85cdf29f778e7ce32a7433dc086e7707_resized

Le téléphone sonne, nous ramenant à la réalité. Maman nous appelle. Il faut descendre, effacer nos larmes et affronter le reste. Je crois qu’on est plus fortes, après ce bref retour en arrière. Parfois cela suffit à apaiser les chagrins que l’on se traine. L’enfance à ce don de nous faire oublier le reste, de nous donner un nouvel élan de vie.

Ceci est ma participation à l’Atelier des Jolies Plumes, inauguré il y a plus d’un an par Fabienne et Célie.

Le thème de ce mois-ci était:

“Retrouver – Qui ? Quoi ? Où ? Comment ? Votre personnage retrouve quelque chose, quelqu’un. Un lieu, un objet, une personne, un sentiment. Votre personnage revit une expérience oubliée. Racontez nous cette intrusion du passé dans le présent. Que cela provoque-t-il chez lui ? Que cela peut-il changer dans sa vie ? Le passé a-t-il la même résonance au présent ?

Si vous voulez nous rejoindre, rien de plus simple, envoyez un mail à l’adresse suivante: latelierdesjoliesplumes@gmail.com!

Les autres participations:

My Pretty Lunacy – Goldfish GangLe Paradigm – Fil Culturel …