Posted in Carnets de route

Si vous voulez me faire plaisir

Aimez-vous

Aimez-vous tout simplement

Arrêtez de vous mentir, de vous trahir

Arrêter de vous ignorer, de vous insulter

Arrêtez de vous faire peur, de vous entre-tuer

Aimez-vous

Sans faux-semblant

Aimer vous vraiment

Comme le font si bien les jeunes enfants

Arrêtez de perdre votre temps

Arrêtez les connections futiles

Arrêtez les paris insensés

Arrêtez de vouloir que le monde change

Et donnez-vous les moyens d’être les premiers à le changer

Aimer vous

Et partagez

Apprenez à donner

Apprenez à pardonner

Donnez-vous une chance de réaliser vos rêves

De bâtir vos destinées

De construire demain

Un demain serein et juste

Un demain plein d’espérance

Un demain tolérant et humain

Aimez-vous

Là,

Maintenant,

Et surtout

Dites-le vous

Chantez-le

Criez-le haut et fort

Seul l’amour a le pouvoir de tout changer

De transformer le Monde

De lui donner un nouveau souffle

D’irriguer votre cœur

De vous donner la force de croire

Et de vivre

501b05ac3d8ad37760db0dbc5bc13d72_resized

 « Et l’amour est la plus belle tuile qui puisse tomber sur quelqu’un.

Avant l’amour, il n’y a pas grand-chose.

Après l’amour, il ne reste plus rien. »

Yasmina Khadra – L’Olympe des Infortunes

Ce billet participe au projet d’Agoaye – 53 billets en 2015.

Posted in Humeurs d'Auteur

Sauter le pas #1

Pour réaliser ses rêves, il faut un jour ou l’autre se lancer, oser, mettre la machine en marche pour que ceux-ci ait une chance d’aboutir. Il faut s’en donner les moyens. Vous l’aurez sûrement remarqué j’écris un peu moins sur mon blog. Pas par manque d’envie. Le plaisir est toujours là, intact. Ni par manque de temps d’ailleurs. Plutôt parce que j’ai justement décidé de donner de l’énergie à mes rêves, au lieu d’attendre, mais d’attendre quoi au juste ?

Des projets, j’en ai des tonnes. Mais je crois qu’un jour il est nécessaire de se donner à fond dans quelques-uns, de ne pas trop se disperser, au risque de passer sa vie à brasser de l’air, à ne rien faire.

Un beau matin, j’ai décidé de faire du tri dans mes archives. J’ai mis le nez dans mes écrits, dans mes débuts d’histoire, à classer ou bien à peaufiner, à détailler. J’ai classé. J’ai mis de côté.

8e590e07925e547e61d26df8a7b923ed_resized

Sur Internet, j’ai sélectionné quelques concours d’écriture intéressants, dont les thèmes me parlaient. J’ai commencé à écrire à partir de rien, à imaginer des histoires qui ne termineraient pas leur vie sur un billet de blog, qui auraient un autre destin. J’ai proposé des textes, des poèmes, n’attendant ni la gloire, ni la victoire. Juste oser pour une fois, oser aller plus loin, oser affronter d’autres critiques, d’autres regards sur mon écriture, mon style, mes idées. J’ai cru en certains textes qui ont été refusés. J’ai encaissé. J’ai continué.

Et puis j’ai eu envie d’aller encore plus loin. Depuis que j’écris, je n’ai jamais envoyé de manuscrits à des éditions. La peur m’a toujours bloquée, paralysée. J’avais toujours une bonne excuse. J’attendais toujours un meilleur moment. J’ai toute une liste de « après-ci, après-ça, je me lance ». Une liste sans fin et qui grossit de mois en mois par-dessus le marché.

Un autre matin, inspirée, je me suis donc décidée à sauter le pas…

Non je ne vais pas ouvrir un autre blog (quoi ça vous étonne !), mais chaque semaine je vais continuer à écrire cette histoire, vous dire où j’en suis, comment j’avance dans ce projet qui me tient à cœur depuis de nombreuses années. Je ne vais pas vous livrer de recette miracle, ni de recette tout court. Je vais juste partager cette aventure avec vous. Car au fond c’est aussi un peu grâce à vous si j’ai décidé de me lancer, grâce à vos encouragements, votre soutien sans faille, vos mots, vos partages, et vos rêves.

Crédit image – http://www.clickandblossom.com

Posted in Carnets de route

Halte au sexisme ordinaire!

Est-ce une chance que de vivre 8h par jour, 5 jours par semaine avec des machos, sexistes, vulgaires et puant la clope et la transpiration de surcroît ? Non, c’est un sacerdoce !

Sans rire, au quotidien, c’est un supplice. Ce genre de types me débecte. Purement et simplement. Je ne supporte pas leur humour à deux balles, leurs réflexions en dessous de la ceinture, leurs sous-entendus malsains et à la limite de l’acceptable bien souvent.

Tu lui dirais quoi toi à un type qui sortirait en pleine réunion de service « Une femme, tu lui fais un bisou ou tu lui files une claque. Elle finit toujours par faire ce que tu lui demandes. »

Ou encore à un type qui te demanderait « Vous m’avez commandé le dessert ? » KESAKO. Entendez une ou des Escort Girls. Et en plus, il se permet de vous faire un show parce que sa femme se barre en vacances avec ses copines !!

T’aurait pas des envies de liquidation immédiate quand t’entend « Elle dit qu’elle s’est fait violer. Mais fallait la voir la minette de 16 ans avec sa jupe ras la moule. Moi-même j’arrivai pas à décoller mes yeux de son beau petit cul.» Parfois, j’ai envie de lui casser la gueule. Pas vous?

12

C’est bien de se dire que les mentalités changent. Et elles changent quand même, doucement mais sûrement.

Il n’empêche qu’il y a encore un ramassis de gros cons qui pensent qu’ils sont au-dessus des valeurs, des codes, des lois, au-dessus des combats. Il y a encore des nanas pour en rire, pour se trémousser comme des adolescentes en quête de reconnaissance.

C’est ce sexisme, ce machisme ordinaire qui tue tous les efforts de ceux qui refusent d’être tirés vers le bas, de tous ceux qui ont un idéal. Parce qu’on dit « c’est pas grave » une fois et qu’à force, plus rien ne devient grave.

Moi je dis simplement : Attention Danger. Disons le haut et fort que nous sommes choqués. Et si on nous rétorque que c’était juste de l’humour (un peu mal placé c’est vrai mais bon de l’humour quand même), ayons le courage de dire qu’il y a des choses avec lesquelles on ne rit pas.

Posted in Les Instantanés Singuliers

Instantanés Singuliers #6

Comme promis, je reviens avec le nouveau thème pour le dernier rendez-vous avant les grandes vacances. Le blog sera en pause en Août et les Instantanés Singuliers reviendront en Septembre!

Ce mois-ci je vous invite à méditer sur le thème:

GOURMANDISE

Présentez moi vos favoris de l’été, les recettes que vous aimez, celles que vous souhaitez tenter cette année

Ou tout simplement les petits plaisirs qui vous font du bien

Les bonbons que vous dévorez devant la télé

….

2015-01-20_10 28 48_resized (2)

Posted in Carnets de route

Dans mes veines…

Coule le sang de la vie, celui qui unit, qui bénit, un sang rempli de contradictions mais un sang pur et bienveillant.

Coule la vie, pleine, entière, vraie, authentique.

Coule la passion, la fureur de vivre à 100%, sans peur, sans entrave.

Coule l’envie de tout connaître, de tout imaginer, de tout rêver.

Coulent les mots qui guérissent mes maux.

Coulent les saisons qui changent la chenille en papillon.

2015-06-18_12 23 46_resized

Coule l’amour, celui qui donne, celui qui s’offre, celui qui se partage et s’abandonne.

Coule la foi qui apaise mon cœur.

Coule cette envie féroce de dépasser les clichés, d’abattre les préjugés, de bâtir un monde lumineux et fraternel.

Dans mes veines coule la vie, vraie, entière et pleine d’espérance.

KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA

Aileza nous a concocté un nouvel Apéro cosmique ! Avec un thème qui en a séduit plus d’un “Ce qui coule dans mes veines”. Il s’agit là de ma participation. Belle journée à tous et rendez-vous vite sur son blog pour trinquer avec nous le 26 juin prochain!

Posted in Emprise et Renaissance

Splendeur & Décadence – Le grand retour de Roger!

Nous sommes en avance pour une fois. Il nous regarde arriver, derrière ses lunettes de soleil. Le petit homme s’avance, fier, avec son lapin bien en évidence dans ses petits bras potelés. C’est samedi, le jour de papa.

Il aura apporté des gâteaux, des jeux et du chocolat. Il murmure un vague bonjour. Et prend son fils dans ses bras. “Habibi bossa Habibi”. L’escargot lui colle un bisou sur la joue. Je regarde la scène, imperturbable. Il y a quelques minutes à peine, ses yeux étaient encore remplis du mépris de celui qui juge, qui croit être mieux que les autres. Je m’en fiche.

29728cdee97acb8524821fe1756c6530_resized

On ne se dit pas grand-chose. On ne s’est jamais rien dit d’exceptionnel d’ailleurs. C’est lui qui commence pour une fois. Il baragouine quelque chose que je ne comprends pas, au sujet d’une aide que je ne veux pas lui apporter ou quelque chose dans ce genre-là. Je n’ai encore rien dit. Il n’a encore rien demandé. Peut-être qu’il lit dans mes pensées, qu’il sait que je n’ai aucune envie de faire quoi que ce soit pour lui. Qui sait!

J’attends la question. Elle arrive. Elle me fait rire. Je ne pensais pas qu’un jour une de ses questions me ferait autant rire et que j’y répondrai sans culpabilité aucune, sûre de moi.

Ses papiers arrivent à expiration et il a besoin de moi. Comme il a eu besoin de moi il y a 6 ans pour avoir ces fichus papiers. Il me dit qu’il sait déjà que je vais lui dire non, qu’il n’ose pas me demander, que ça ne sert à rien de toute façon. Mais j’insiste. Je suis curieuse. Je veux savoir. Le mépris s’est dissipé. Il affiche un large sourire. L’escargot dans ses bras ne comprend pas. Il le regarde bizarrement et demande à revenir dans mes bras.

Il me demande de venir une journée en Irlande pour le renouvellement de ses papiers, rien qu’une journée. Il ne peut en effet obtenir le prolongement de sa carte familiale que si je viens avec lui au bureau d’immigration. Je dis non. Ca coule de source. Ce type est incroyable ! Il me regarde presque surpris. Il croyait peut-être que son numéro de charme allait agir. Ca ne fonctionne plus. Je le regarde et je souris. J’y crois à peine moi aussi. Il insiste un peu, juste un peu pour voir jusqu’où il peut aller, pour voir jusqu’à quel point je suis déterminée.

Puis il se ferme. Je ne suis bonne qu’à faire un enfant et me barrer (avec l’enfant) Bien sûr. C’est lui qui le dit. Moi, je tourne les talons, avec le sourire et je le laisse seul face au vide. Je suis fière de moi. J’ai résisté. J’ai un peu pitié, peut-être parce que je l’ai aimé. Puis en un éclair, je me souviens et je laisse tomber.

L’heure de la visite a sonné.

Posted in Carnets de route

Le chagrin d’autrui et l’acceptation de nos limites

Il arrive parfois que dans la vie nous soyons confrontés à des choses plus douloureuses que d’autres, des choses qui ne nous touchent pas directement mais qui viennent raviver des peurs, des angoisses, des doutes. Notre inconscient se réveille au contact de nouvelles qui nous font de la peine. Et nous avons du mal à gérer la vague qui nous submerge.

Que faire ?

Il est nécessaire d’accepter nos limites, notre vulnérabilité. La souffrance de l’autre n’est pas notre souffrance. La porter ne diminuera pas le poids que l’autre devra porter. Il me parait difficile d’écrire « chacun sa souffrance » pourtant c’est une nécessité. L’autre a besoin de notre soutien, de notre écoute. Pas de nous voir nous écrouler, alors que lui-même tient à peine debout.

Dans certaines situations, nous perdons pied, nous voudrions être d’un quelconque secours mais nous n’y arrivons pas. N’ayons pas peur de dire « je ne peux pas ». Ce n’est pas être égoïste, c’est juste avouer que le chagrin de l’autre nous dépasse. En nous laissant le temps de digérer, nous nous laissons une chance de comprendre pourquoi telle ou telle nouvelle nous secoue autant. Une fois que le conscient reprend le dessus, nous pouvons changer notre façon d’appréhender les choses. Notre soutien devient puissant. Et c’est ce dont l’autre a besoin aussi.

Une personne qui souffre a besoin d’épaules solides pour avancer, se reconstruire. Notre fragilité ne lui est d’aucun secours. Notre fragilité peut aussi nous desservir. Rien ne sert de vouloir à tous prix être au top. Bien sûr autour de nous, nous connaissons des personnes qui semblent tout gérer avec beaucoup de courage, des héros qui nous font nous sentir tous petits, ridicules. Qui sait comment ces personnes vivent les choses, dans leur intimité, au plus profond de leur être.

Parfois nous ne pouvons tout simplement pas faire certaines choses, pas être présents tout le temps. C’est humain. Ca ne veut pas dire que nous ne pensons pas aux autres. D’ailleurs parfois l’autre a juste besoin de ça, de savoir que nous pensons à lui, que nous sommes là. Tout simplement.

Posted in Carnets de route

Mon blog, mon petit coin de paradis!

Vous avez tous suivi mes déboires, enfin surtout mes interrogations existentielles éternelles sur l’avenir de mon blog. J’ai l’impression que j’ai passé une éternité à faire, défaire, changer d’avis comme de robe. Non mais sincèrement. Bravo à vous d’avoir tenu le coup et de m’être restés fidèles surtout.

Je n’aurai jamais imaginé en ouvrant mon blog qu’il me mènerait aussi loin et que je rencontrerai d’aussi belles et vraies personnes que vous.

La semaine dernière j’annonçais toute fière sur Hellocoton l’ouverture d’un espace dédié à ma passion, l’écriture. Plus de xxx heures de boulot. Le résultat était sympa. Pas extraordinaire, mais sympa quand même. Puis le soir, je suis rentrée chez moi et je me suis dit « mais ma pauvre Lucette dans quoi tu t’es embarquée! » (Je n’ai rien contre les « Lucette », je préfère le préciser. Souvenez-vous Abdou n’avait pas apprécié lui l’utilisation jugée abusive de son prénom ! En fait c’est un diminutif qu’on se donne avec ma sœur depuis qu’on est gamines, que voulez-vous, ça reste.)

J’ai ouvert mon tout nouveau blog, mon nouveau chez moi (dont j’étais par-dessus le marché devenue l’heureuse propriétaire en deux clicks et un débit de CB) et j’ai eu un choc. C’était joli mais c’était pas moi du tout. Vous savez comme ces maisons témoins. Elles sont super belles, confortables mais elles n’ont pas d’âme. On s’y voit bien le temps d’un weekend. C’est classe et c’est nickel. Mais au-delà, on ne signe pas. C’est comme ces personnes hyper classe, à qui tout semble réussir, qui inondent leur mur facebook de photos sublimes, des vraies familles « Ricorée » et puis quand on va un peu plus loin, quand on commence à les connaître un peu mieux, on se rend compte que c’est du flan, qu’elles donnent le change, qu’à l’intérieur elles sont à deux doigts de s’écrouler, de rendre les armes.

99b8daeefe7d692e6d9eb858a717c74e_resized

Quand j’ai regardé mon nouveau blog, j’ai eu la sensation qu’il était vide, que je devenais cette personne vide moi aussi. J’ai jeté un coup d’œil à l’autre et j’ai vu mon reflet à l’intérieur. Il ne m’en fallait pas plus pour réagir et réagir vite.

Mon blog, il me ressemble. C’est mon petit chez moi virtuel, un endroit dans lequel je me sens bien, à mon aise. Il a une âme. Il n’a pas besoin d’avoir un .com pour être plus à moi qu’il ne l’ait déjà. Mon blog, c’est un peu de moi et beaucoup de vous aussi. Vous, qui me lisez, qui m’écrivez, qui me complimentez, qui me faites avancer. Mon blog, c’est un endroit convivial. Je ne sais pas où ni comment vous me lisez mais je vous imagine bien calés dans un fauteuil ou sur une chaise sur votre terrasse, sirotant un thé ou une limonade. Je vous imagine prenant du bon temps. Et si vous avez autant de plaisir à me lire que j’en ai à écrire, c’est gagnant !

WordPress.com n’est pas un frein pour mes autres projets. J’écris ailleurs aussi. J’écris pour moi. J’ose pour une fois. J’ose aller de l’avant, croire en moi. Et vous y êtes pour beaucoup car vous croyez vous aussi en moi. Alors au fond, il fallait peut-être en passer par là, tenter autre chose, me perdre un peu ailleurs pour me rendre compte de qui je suis. Un blog témoin, non merci !

Crédit Image – Three Rivers Deep

Posted in Carnets de route

Un jour qui a changé ma vie

C’était un jeudi. J’ai la mémoire des jours, des heures et des secondes. Je ne vais pas vous parler de mon accouchement, qui a eu lieu un jeudi aussi. Ni du soir où j’ai compris qu’il fallait réagir face à ma vie qui foutait le camp. C’était encore un jeudi.

Je vais vous parler de ce jour, de ce soir pour être plus exact, où la peur au ventre et les boyaux en vrac, je me suis rendue à mon premier cours d’équitation. J’avais 14 ans et j’avais peur des autres. Le médecin m’avait demandé de choisir. Equitation ou Théâtre. Nous avions un club à deux pas de chez nous, de l’autre côté du pont. C’était pratique. Moi, je ne voulais ni l’un ni l’autre. C’était pour prendre confiance en moi. C’était comme une thérapie pour m’aider à aller vers les autres. Entre quatre murs, en face d’un psy, ça n’aurait rien donné.

Alors contre mon gré je me suis lancée. Je suis arrivée dans le box, mains tendues et pieds prêts à détaler au moindre mouvement du cheval que j’allais monter. Il s’appelait César. Dans tous les clubs, il y a un cheval pour les débutants, un doux, un gentil, qui se laisse faire, qui t’apprend les rudiments, avant que tu aies un peu plus confiance pour t’attaquer aux plus coriaces. Et puis il y avait Catherine, la monitrice, tout sourire. Alors que moi je claquais des dents. Catherine, je ne sais pas si je la recroiserai mais si j’avais cette chance, je lui dirai de vive voix, combien sa générosité et sa confiance m’ont apporté.

2b7ad3758988a3a5a4645e0c2cf71e1a

Les six premiers mois ont été un calvaire. J’y allais avec des pieds de plomb. Je m’ouvrais davantage aux autres, mais je ne prenais toujours pas confiance. Je pouvais rester des heures face un obstacle, figée, incapable de le passer, incapable de bouger, tout juste capable de respirer. Catherine ne me ménageait pas. Elle avait confiance en moi. C’était toute la différence.

Au bout d’un an, les cours du jeudi soir devinrent des rendez-vous immanquables. Driver est venu remplacer César. J’ai commencé à monter le samedi après-midi, dans un cours avec des jeunes de mon âge. Le cheval était devenu une passion. Monter à cheval me rendait libre, invulnérable. J’avais gagné mon combat contre ma timidité maladive. J’étais guérie.

Les circonstances de la vie m’ont empêché de monter à cheval ces 10 dernières années. Mais je compte bien vite me rattraper !

Ce texte est ma participation au défi d’Agoaye – 53 billets en 2015. Et vous, quel jour, un jour, a changé votre vie?

Posted in Carnets de route

De l’autre bout du monde…

Je ne pensais pas qu’après tant d’années, on puisse recevoir une lettre comme celle que je viens de découvrir en allant chercher mon courrier. L’écriture sur l’enveloppe est soignée. L’enveloppe vient de loin, d’un pays que je ne connais même pas, dont j’ai vaguement entendu parler au détour d’une conversation, je crois. Elle m’a profondément bouleversée. Je crois qu’il va me falloir quelque temps pour m’en remettre. A moins que je ne décide de tout planter là, pour partir quelques mois à la rencontre de cette inconnue, qui elle m’a bien connue.

69a57ee112fc2773fd9395370405b5f4_resized

Ma fille,

Tu seras sûrement surprise de lire ces deux premiers mots. Laisse-moi un peu de temps pour te les expliquer. Je ne te parlerai pas de moi, pas trop du moins. Ca ne servirait à rien. Ou du moins ça ne changerait rien pour toi.

Ma fille,

Ces mots sonnent juste à mon oreille. Ils sont empreints de douceur, mêlée de gêne. Un peu quand même. Pour toi, ils ne doivent pas dire grand-chose. J’imagine qu’ils ne se sont épanouis que dans la bouche d’une autre femme que moi, qui elle a eu la chance de te voir grandir, d’être à côté de toi.

Je n’écris pas ces lignes pour récolter un quelconque pardon, ni pour te demander de m’accepter dans ta vie. Je les écris pour te dire que j’existe, que nous sommes liées par une force vivante, un destin commun. Je ne suis pas en train de mourir non plus. On dit souvent que c’est au seuil de la mort qu’on tente désespérément de raccrocher les wagons de son passé. Ne t’en fais pas, je suis en pleine santé.

Voilà qu’il y a quelques jours, une sœur du couvent a demandé à me voir. Pour elle, c’était bel et bien la fin. Nous nous connaissions bien. Elle m’a prié de m’asseoir à côté d’elle et de lui tenir la main. Elle m’a alors raconté une drôle d’histoire, celle d’un pays que j’ai quitté il y a longtemps, pour fuir mes fantômes et le souvenir d’un ventre arrondi, sans enfant à la sortie.

J’ai fait mon deuil en fuyant le monde des vivants. L’enfant à la sortie, c’était toi. Tu étais en vie. Mais ça on ne me l’a jamais dit. On m’a juste fait comprendre que tu n’avais pas survécu. Pourquoi ? Pour cacher la honte. Parce qu’il y a des choses qui étaient inconcevables à cette époque-là. On m’avait laissé aller à terme. J’étais une jeune femme comblée. Tu étais un bébé tranquille. Tu bougeais peu. Tu aimais surtout te tourner la nuit. Quand je calais mes mains sur mon ventre, j’avais l’impression que tu te rapprochais d’elles, que tu te lovais dans le creux formé par la manière dont elles étaient positionnées. Je t’avais trouvé un prénom. Je tricotais des chaussons, des petits cardigans et je venais de terminer une belle couverture pour les nuits froides. Je t’attendais avec la ferme intention de me dresser entre toi et le reste du monde, prête à m’exiler avec toi si on ne nous acceptait pas.

Et puis tous mes rêves se sont envolés avec cette annonce truquée. Il y a eu un enterrement auquel on m’a dissuadée d’assister. La révélation de la religieuse m’a prise de court. Ma fille était vivante. J’étais presque heureuse, bien que terriblement peinée par tous ces mensonges qui nous avaient privés l’une de l’autre.

Ma fille,

J’espère que tu es heureuse, que tu as eu une enfance douce, que tu as été aimée, qu’on t’a choyée, que tes souvenirs sont emplis de chaleur et de rires et que tes chagrins ne sont pas trop lourds à porter. Depuis que je sais, je ne sais plus rien. Je me suis posée mille questions avant de t’envoyer ces mots, avant d’oser faire ce pas vers toi. J’avais peur de tout gâcher, de t’embrouiller. Et puis je me suis souvenue de ma mère qui me disait toujours que les secrets s’enterrent mais brisent bien trop de vies, sans qu’on ait le temps de les faire taire. Alors je me suis lancée, incertaine, comme une enfant devant sa première rédaction, incapable de trouver les mots justes, incapable de savoir comment tu allais accueillir ces lignes hésitantes, ce premier pas vers l’inconnu.

Ma fille,

Je dépose ces mots avec tout l’amour d’une mère pour son enfant. Je t’ai rêvé tant de fois. Et voilà que tu es là, que tu vis, que ton cœur bat quelque part sur cette planète. La vie m’a blessée avant de me gâter. Les gens ont bien raison de dire que la vie est bien faite.

Ma fille,

Prends soin de toi. N’espère que le meilleur, ne vis que pour le beau, le vrai. Aime intensément. Ne laisse personne décider de ton destin. C’est peut-être le seul conseil avisé que je puisse te donner. Pour le reste, je t’imagine assez solide pour faire de ta vie un bel hommage à la mienne.

Hélène

Ceci est ma participation, un peu tardive, à l’Atelier des Jolies Plumes. Je viens tout juste de rejoindre l’aventure créée il y a tout juste un an par Fabienne (http://jaiecrit.wordpress.com) & Célie (http://missblemish.fr). Le thème de ce mois était le suivant: “Ecrire une lettre. Une lettre reçue ou une lettre envoyée, à cette personne très loin – par les kilomètres, une dispute ou un peu plus – une lettre dans laquelle votre héros se dévoile, s’excuse ou pardonne, entretient ou tente de raviver – faire renaître – le lien.”

Si vous souhaitez rejoindre vous aussi ce groupe d’écriture, rien de plus simple, envoyez un mail à latelierdesjoliesplumes@gmail.com et vous serez accueilli avec le sourire!