Ces souvenirs qui défient le temps…

Dans quelques jours, enfin maintenant ça se compte presque en heures, je vais passer le cap des 33 ans. Et comme chaque année, se pose la question des cadeaux d’anniversaire. Et comme chaque année, je n’ai aucune idée à donner. Enfin je sais ce que je ne veux pas. Je ne veux rien de matériel.

On se dit souvent que le matériel c’est éphémère. Mais on finit toujours par s’y attacher, même un tout petit peu. Moi aussi je m’y étais attaché. Et puis, la vie m’a fait lâcher prise, un peu brutalement quand même.

Tout ce que j’avais se trouve dans des cartons quelque part, un quelque part que je ne connais pas. Tous ces cartons, je ne les retrouverai jamais.

J’ai laissé mes livres, mes chansons, mes albums photos, les jolies choses brodées par ma grand-mère, la dernière lettre de mon grand-père, des cahiers d’écriture remplis de textes que je n’avais pas eu le temps de taper, mes films et tellement d’objets qui faisaient partie de ma vie, qui avaient traversé les années.

Je suis rentrée avec mon essentiel, une paire de chaussures et quelques bijoux, mon appareil-photo et des vêtements de bébé.  La seule chose que je n’ai pas perdu dans ce départ précipité, ce sont mes souvenirs, ces images gravées dans ma mémoire, ces moments magiques, ces symphonies écrites à plusieurs mains. Personne ne peut me les voler. Personne ne peut les détruire.

Alors pour mon anniversaire, cette année, je veux des souvenirs, je veux des rires, je veux que chacun fasse un petit effort pour dépasser ses colères, je veux des sentiments, je veux de l’authentique.

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Bien sur, je n’aurai peut-être jamais plus à laisser ce que j’ai construit derrière moi.  Mais aujourd’hui, je sais que ça peut arriver. Aujourd’hui, je sais que je peux perdre toutes ces choses de mon quotidien. Aujourd’hui, je connais la valeur de l’impalpable, de l’invisible. Je sais que faire le deuil du matériel, ce n’est pas aussi simple qu’on peut le penser. Mais qu’aussi ’il y a d’autres choses plus importantes qui méritent notre attention. Et que les souvenirs sont immortels.

Et vous, quel est votre lien avec tout ce qui est matériel ?

Source Photo – Pinterest

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S’autocensurer, par crainte de déplaire

Dire haut et fort ce que l’on pense, ce n’est pas toujours bien vu. Et dans la vie de tous les jours, on prend souvent quelques pincettes pour faire passer nos idées. Nous sommes toujours un peu sur la défensive, car nous savons que nos propos pourraient choquer, agacer telle ou telle personne. Quelques fois même, nous nous taisons, ne souhaitant pas entrer dans un débat qui nous mettra dans l’embarras.

Sur les blogs, les langues se délient plus facilement. On n’ose peut-être un peu plus de choses, puisqu’un écran nous sépare de nos interlocuteurs.

Par contre, en lisant un commentaire d’article hier, j’ai compris que ce n’était pas forcement le cas pour beaucoup. Certaines personnes ont peur d’afficher leurs idées, peur de ne pas se faire que des amis.

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Et je trouve cela dommage. Je ne critique pas, car bien souvent quand un sujet me dépasse, je l’évite. Quand je lis certains articles qui me chiffonnent, je ne commente pas. Je m’autocensure, par envie de plaire ou crainte de déplaire à des lecteurs que j’ai finalement réussi à charmer par mon style, mes propos, mes coups de cœur. Je reste sur la défensive. Je ne me dévoile pas entièrement. Je mens un peu en quelque sorte. Je n’affiche que l’image qui plait. Mon coté sombre reste dans l’ombre.

C’est triste. Parce qu’au fond ce sont nos différents avis qui nous aident à grandir, à faire évoluer nos idées. Il y a quelques années, j’avais des avis bien arrêtés sur tout. Aujourd’hui, je pèse mes mots, mes idéaux ont changé et mes engagements aussi. Je suis devenue plus tolérante, moins fermée au changement.

Et puis je constate aussi qu’avec bon nombre de mes amies proches, nous ne partageons pas les mêmes idées politiques, religieuses, les mêmes idéaux ou rêves.  J’ai fini par dépasser mon désir de plaire. Elles m’acceptent comme je suis. Et moi aussi. Nos débats et différends, nos choix de vie ne nous empêchent pas de nous apprécier, de nous aimer profondément. C’est ce qui fait la richesse de notre amitié.

Pour conclure, l’important n’est pas tant de plaire que d’être en accord avec soi-même. Je crois que c’est l’ultime nécessité pour rendre nos vies encore plus vraies. Et si certains se sentent attaqués ou ne souhaitent plus nous parler, après avoir lu des mots qui ne leur plaisent pas, c’est que ces personnes n’ont rien à faire sur notre chemin.

Les Pages du Livre de la Vie

Main dans la main
Franchir les ravins
Parcourir les kilomètres
Savoir faire la différence
Entre les grandes joies et les peines douloureuses
Eviter les ronces et les racines
Se ressourcer a la source vive
Faire danser les pages du livre de la vie
En souriant
Main dans la main
Ne craindre ni le froid, ni les matins gris
Gravir la montagne
Poursuivre son chemin
Et regarder autour de soi
Savourer le calme et la beauté
D’un coucher de soleil
Savoir que demain tout peut recommencer
Que rien n’est jamais figé
Faire danser les pages du livre de la vie
En souriant
Main dans la main
Se souvenir du premier « oui »
Des gestes qui touchent
Plus que les mots
Des deux cœurs qui battent à l’unisson
De rêves soufflés aux anges de la nuit
Savoir se souvenir des batailles gagnées
Au prix d’un courage insensé
Et Faire danser les pages du livre de la vie
Main dans la main
Cœur contre cœur
Pour le meilleur comme pour le pire
En sachant que le meilleur reste à venir
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Crédit Image – Yes Mademoiselle Tumblr

Mais qui est Marie Kléber?

Comme beaucoup d’entre vous me suivent depuis longtemps déjà, beaucoup ont déjà remarqué des changements sur mon blog. Si tu n’as rien vu, un conseil, file chez l’ophtalmo !

Mademoiselle K est devenue Marie Kléber. De l’anonymat au semi-anonymat ou quelque chose dans le genre.

Marie parce que c’est mon prénom et qu’il est joli en plus, alors pourquoi le cacher. Kléber, c’est mon secret. Mais au final ça sonne plutôt bien.

Le K de mon avatar est devenu un tatouage au henné sur le pied d’une danseuse, histoire de faire ressortir mon cote bohème, que l’on retrouve aussi dans quelques unes des images ajoutées récemment.

J’ai voulu aussi mettre l’accent sur une de mes passions, l’écriture (quel scoop !). Je suis en effet Rédactrice pour le webzine So Busy Girls et j’écris sur La Main Enchantée, le très joli site conçu par Julie,  pour les auteurs amateurs, amoureux des mots.

A part ça, j’aime prendre des photos, acheter des carnets dans lesquels je jette les mille et unes idées qui me traversent l’esprit, de jour comme de nuit, faire les magasins pour trouver des cadeaux a offrir, écrire des cartes avec la Symphonie des Jouets de Mozart en musique de fond, danser, virevolter et sauter dans les flaques d’eau. J’aime vivre et pleurer aussi, pour me décharger des tensions, pleurer pour apaiser mon cœur et serrer fort contre moi le petit homme qui partage ma vie, celui qui rend possible l’impossible.

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Les 10 choses qu’on ne m’avait pas dites sur l’accouchement!

Et voila mon article au succès phénoménal, publie sur So Busy Girls (mais si, le webzine très sympa qui laisse la parole aux bloggeuses de tous les horizons). l’idée m’est venue en feuilletant mon carnet de grossesse: L’accouchement et ses idées reçues, tout un programme. Et s’il vous plaît, a la fin de cet article, lâchez vous!!!

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Que les contractions peuvent durer plus de 24h

Sincèrement, ça a été un choc quand je me suis pointée à la maternité après 15h de contractions, assez intenses tout de même, et que la sage femme m’a fièrement dit que c’était super, j’étais dilatée à 2cm.

Que l’aiguille de péridurale n’est pas si grosse que ça

Elle paraissait gigantesque au cours de préparation à l’accouchement et ça m’avait fait flipper. La péri, on ne m’y prendrait pas. Sauf que je ne savais pas que les contractions faisaient si mal et qu’elles duraient si longtemps.

Que le bain chaud ne te laisse aucun répit

Pour moi, ça n’a pas marché. J’ai même détesté. J’ai bien essayé de me détendre et de respirer mais je crois que je ressentais encore plus la douleur dans l’eau. Un vrai carnage.

Que les contractions peuvent être ressenties de manière ininterrompue

Naïvement tu crois que jusqu’à la fin tu vas pouvoir au moins respirer trois secondes entre chaque, mais c’est du flan. Pendant 5 heures, je n’ai eu aucun moment de repos. Impossible de manger. Impossible de faire deux pas, sans avoir l’impression que j’allais m’écrouler.

Que ton partenaire d’accouchement à intérêt à avoir des mains en acier

Je peux te dire que broyer des mains devient une seconde nature des que la contraction monte. C’est instantané. Pourtant ma meilleure amie, qui m’assistait, était toujours prête à me tendre la sienne des que je l’appelais. Elle a gardé des séquelles quand même!

Que quand on te dit que tu pousses bien, c’est du baratin

Je poussais et rien ne venait. Ah si, la sage femme voyait les cheveux. Et plus je poussais, plus elle voyait de cheveux, plus elle me congratulait. Mais la tête de bébé demeurait bien au chaud, à l’intérieur. Si bien qu’à un moment donné, elle a compris que je ne gobais pas ses âneries et elle a sorti l’artillerie lourde, la ventouse !

Que la cicatrice d’épisiotomie, ça déchire grave

Et les contractions à cote, c’est du pipi de chat. Pour douiller, j’ai douillé. Je ne pouvais pas m’asseoir. Je marchais comme un crabe sorti de son épuisette. L’horreur absolue.

Que ton bébé cherchera ton sein des qu’on le posera sur toi

Autant il était bien, tout serré contre mon sein. Autant il n’a pas cherché à téter. Et au bout de deux jours, j’ai abandonné l’allaitement qui était devenu le pire moment de notre journée à tous les deux, pour le bon vieux biberon qui a fait deux heureux.

Que ton intimité, tu pouvais la mettre au vestiaire

Le jour J, tu ne penses à rien d’autre qu’à ton bébé. J+1, tu sors de ta léthargie. J+2, tu constates avec effroi que tu pisses le sang, que ton ventre est tout flasque et que tu es trop faible pour te lever et aller aux toilettes. Et là, moment historique, tu découvres, Mr Le Bassin, celui qui va transformer ta vie. Tu peux enfin faire pipi. Devant tout le monde, et alors, où est le problème!

Qu’à peine une semaine après, tu dirais « ce n’était pas si terrible enfin…»

Une petite semaine pour oublier que tu étais à l’agonie, que tu répétais en boucle « mais pourquoi elles disent toutes que c’est le plus beau jour de ta vie », que tu jurais que c’était la première et la dernière fois, que tu ne ferais pas un petit frère ou une petite sœur à ton bébé.

Et maintenant, place à tes souvenirs…

Pourquoi dire certaines choses, c’est mal vu ?

Après le succès quasi interplanétaire (n’ayons pas peur des mots) de mon article sur les joies de l’accouchement (promis je vous le glisserais à la suite, pour le plaisir), qui était à prendre au second degré (bien entendu !), je reviens à la charge avec une idée qui me trotte dans la tête depuis pas mal de temps déjà. C’est très vrai pour la grossesse et l’accouchement, mais pour plein d’autres choses ou étapes de la vie aussi.

Un accouchement, c’est un instant magique. Enfin pour moi, ça l’a été. Voila, on pourrait clôturer la discussion ici. Sauf qu’un accouchement, c’est aussi de la douleur.

Et pourquoi à chaque fois qu’on en parle, on est certain de se prendre quelques prunes ici et la ? Pourquoi on ne peut pas dire qu’on en a bavé ?

Ce n’est pas une invention. Mettre un bébé au monde, ça fait mal. C’est la réalité, qu’elle plaise ou non. Et le reconnaître n’enlève rien à la joie, au bonheur de donner la vie.

Et puis, je voulais aussi dire que chaque personne a ses propres expériences. Pour certaines, les contractions n’ont duré que quelques heures, certaines n’ont pas eu d’épisiotomie ou se sont vite remises d’une césarienne. D’autres ont accouché en urgence, ont failli y passer. D’autres encore accouchent seules, accouchent très jeunes. Chacune a un souvenir bien à elle.

Dire les choses telles qu’elles sont, ce n’est pas une trahison. Enfin pour beaucoup on dirait que ça l’est. A force de toujours mettre l’accent sur ce qui est beau, parfait, sur ce qui est positif, on finit par mettre de coté nos émotions, nos souffrances, nos maux. On oublie qu’ils existent. On oublie d’en parler.

Nier, c’est encore ce que l’on sait faire de mieux de nos jours. Passer sous silence ce qui n’est pas beau à voir, ce qui ne se dit pas. Parce qu’il existe encore des choses qui ne se disent pas ?

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Dire les choses telles qu’elles sont, c’est encore le meilleur moyen de les laisser vivre longtemps, de leur donner de l’importance, de la consistance. Et c’est aussi offrir la chance à d’autres d’oser parler, d’oser se livrer pour mieux avancer, pour mieux s’en sortir.

Tous ces discours, qui veulent laisser de coté la douleur de l’accouchement, le baby-blues au profit du bonheur de la naissance, contraignent encore certaines femmes à vivre dans la culpabilité, dans un isolement inconcevable au 21e siècle. Pensons-y de temps en temps…

Ma palette de Couleurs

Hier je lisais un article intéressant, écrit pat Milie Zen, que vous pourrez retrouver ICI. Elle nous parle de la vie dont elle veut, de ce qu’elle souhaite construire et comment elle envisage l’avenir.

Jusqu’à aujourd’hui (entendez très récemment), j’ai vécu ma vie en pensant « A quoi je sers ? ».

Je ne voyais pas vraiment pourquoi j’étais là, pourquoi j’étais née, puisque je ne trouvais pas ce que je voulais faire de ma vie, je n’arrivais pas à mettre le doigt sur mes passions, sur mes envies. Je voulais sauver le monde, tout le monde, mais n’ai jamais réussi à m’engager dans quoi que ce soit. J’avais des idéaux mais des idéaux difficiles à mettre en pratique. Je voulais tout, tout de suite, mais faute de me concentrer sur une chose, je n’obtenais rien.

Je ne pensais être faite ni pour l’amour, ni pour le couple. Et le mariage me l’a bien rendu.

Je pensais être quelqu’un fait pour la solitude. Mais je ne pouvais pas vivre isolée des autres.

Enfin, pour faire bref, ma vie était un véritable champ de bataille et j’étais complètement paumée. J’avais l’impression de courir après ma vie et des que je sentais que je touchais quelque chose qui pouvait m’offrir la stabilité que je recherchais, il s’agissait en fin de compte d’un mirage.

Se projeter dans l’avenir était pour moi synonyme d’angoisse et j’évitais toujours cette question, qui revenait assez souvent dans la bouche de mes interlocuteurs.

Je vivais dans une sphère qui n’appartenant qu’a moi, une sphère qui n’était ni le passé, ni le futur et encore moins le présent. Je vivais en apesanteur, attendant le signe tant espéré, qui viendrait me délivrer de cet état de fait désarmant. J’étais comme un funambule sans dextérité, qui regardait le vide et attendait le coup fatal ou le miracle.

 Pause – Je me relis et je constate que ma vie n’était pas réjouissante. La faute à qui ?

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 Moi. J’étais l’actrice de ma vie et j’avais du pain sur la planche.

Souvent je lis des témoignages de mamans qui disent « avant je n’étais rien. Mon enfant m’a tout donné ».

Ce n’est pas mon cas et d’ailleurs je trouve souvent cette phrase bien triste.

Mais je peux dire qu’avant j’étais une fille perdue. Mon enfant m’a donné l’énergie, l’envie de me dépasser, d’arrêter de me plaindre sur mon sort et de vivre ma vie pleinement, comme il se doit. A partir de ce moment la, j’ai arrêté d’éparpiller des bribes de ma vie à droite, à gauche et je me suis concentrée sur ce que je voulais faire de mon présent et de mon avenir.  C’était tout nouveau pour moi et assez effrayant d’ailleurs.

Et puis Rumi est venu éclairer mes heures sombres. A l’époque ou Rumi enseignait, il conseillait à ses élèves de noter les trois choses primordiales pour eux, les trois projets qui leurs tenaient a cœur de réaliser pour avoir une vie épanouie et heureuse. Il disait également que si les trois n’étaient pas compatibles, il ne fallait en choisir qu’un au final et baser sa vie dessus.

Aujourd’hui, je suis encore en train de définir ces trois priorités. Je veux qu’elles soient claires et qu’elles soient le reflet de moi-même, et de non de ce que les autres attendent peut-être de moi.

J’ai déjà des mots, des idées. Petit à petit je décide de ce qui est important pour moi et chaque fois que mon esprit divague, qu’il se perd dans d’autres sphères, je reviens à ces priorités, je reviens à ce qui compte, à ce qui a de la valeur à mes yeux.

Le reste arrivera ou pas, ce n’est pas grave. Le reste, c’est le sel de la vie, les petits bonheurs qu’on n’avait pas vu venir, les miracles qui jalonnent notre quotidien. Le reste c’est ce qui ne se planifie pas, c’est prendre les choses comme elles viennent et faire de nos échecs des tremplins.

Aujourd’hui, je me pose et je regarde ma vie. Rien n’est figé. Tout recommence. Tout se transforme. L’avenir est à dessiner avec ma propre palette de couleurs.

Et vous, quels sont vos objectifs, vos choix de vie ?

Ces couples mixtes qui durent

Je l’avoue, quand je lis des histoires de couples mixtes qui fonctionnent, ca me fait un peu mal au cœur. C’est comme ça.

Parce que moi j’y croyais à notre histoire. Dur comme fer.

J’aimais l’idée des deux cultures. J’aimais notre avenir entre ici et ailleurs.

J’aimais la chance que j’allais offrir à notre enfant. Un enfant métisse. Deux langues. Deux religions. Deux histoires. Un enfant ouvert sur le monde.

Mais j’ai compris que pour qu’un couple mixte fonctionne, il fallait que les deux soient ouverts à la culture de l’autre, qu’il n’y ait pas de négation d’une histoire au profit d’une autre.

J’ai compris qu’il fallait être fort à deux et faire des concessions.

J’ai compris que c’était 50/50, que chacun devait faire sa partie du chemin, que si on ne se rencontrait pas au milieu, c’était foutu.

Pourtant j’ai longtemps résisté. J’ai passé sous silence trop de d’envies, par peur de déplaire. J’ai mis de côté ma religion, souhaitant mieux comprendre celle qui m’était étrangère.

J’ai acquiescé quand le débat était trop vif.

A force de trop accepter, je me suis perdue.

Cela n’a pas pour autant entaché mes idéaux. Je pense que tout est possible, à partir du moment ou chacun est prêt à faire de sa différence une force, ou les conflits sont gérés avec respect et humanité.

Un couple qui fonctionne c’est un couple qui communique, c’est deux personnes qui savent s’écouter et faire des compromis. Et je crois que c’est encore plus vrai pour un couple mixte.

Derniers jours “Chez…”

Ce n’est pas très sympa de ma part de vous avoir laissés ainsi sans nouvelles fraîches de mes pérégrinations locatives. Et bien le scoop est là – je n’aurai pas à subir 4 autres mois de niaiseries, j’ai dit bye-bye à la colocation jeudi dernier, après 3 semaines et bons et loyaux services.

Et oui 5 mois ce n’était pas la mer à boire. Mais je considère que j’ai déjà assez bu d’eau de mer, bien salée, depuis un an,  pour pouvoir remplir une piscine olympique. Se rendre malheureux ne sert à rien. J’ai donc plié bagage et j’ai réinvesti le studio de 16m2 de ma sœur.

La dernière soirée avec ma colocataire s’est assez bien passée. Enfin si je mets de coté le fait que je n’ai pas pu aligner un mot, qu’elle a monopolisé la conversation, me parlant successivement de son amoureux, de son fils, de son boulot, de son fric, de ses projets, de son vernis brillant, de son style vestimentaire (et du mien qu’elle trouvait assez niais), de sa mère…

Elle m’a bassiné avec son homme, qui l’avait déjà demandée en mariage (après 21 jours de relation seulement, pour moi ça craint), sur leur projet d’adopter un enfant ou deux (à 47 et 52 ans, je ne sais pas si c’est très raisonnable), sur le fait qu’elle aimait qu’il ne puisse plus se passer d’elle et elle de lui, tout en ayant peur que mon départ lui serve de prétexte pour passer plus de temps chez elle et du coup qu’il lui consomme toute son eau !!

Ensuite elle est montée se coucher. Et j’étais bien contente. Même si pendant deux heures elle n’a pas cessé de parler avec lui, lui expliquant le caractère sacré de leur relation époustouflante. La veille, elle avait envie de le quitter, parce qu’elle le jugeait trop radin (c’est l’hôpital qui se fout de la charité).

Le matin elle était presque prête avant que je me réveille, souhaitant faire une surprise à son cher et tendre. Tu comprends elle allait passer les deux prochaines nuits sans lui (et oui, le weekend il a sa fille). Mais quand je suis partie, elle se maquillait encore, pesant le pour et le contre.

 Je suis partie, en ayant récupéré mes chèques, que j’ai pris plaisir à déchirer en mille morceaux dans la poubelle (impossibles à reconstituer – on est jamais trop prudent), heureuse de la laisser à ses considérations futiles et prête à me motiver pour décrocher l’appartement qui allait enfin pouvoir m’accueillir avec Boubou, qui allait me permettre d’avoir une adresse fixe, une adresse à moi, pas une adresse “chez”!