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Sauter le pas #6

Le temps passe, le temps passe. Et je vous dois quelques nouvelles au sujet de mes projets, vous qui n’avez de cesse que d’apprécier mes mots et de me soutenir, de m’encourager au quotidien.

Je me fais un peu plus rare par ici car je suis prise ailleurs. Je ne vous oublie pas pour autant, je travaille juste un peu plus dans l’ombre en ce moment.

Commençons par le commencement, mon recueil de poésie devrait vraisemblablement sortir mi-octobre. J’ai pris un peu de retard car entre temps j’ai décidé d’envoyer le manuscrit à quelques maisons d’édition.

En attendant, je ne me roule pas les pouces. Après avoir discuté avec quelques amies et confié les premières pages de mon roman autobiographique à l’une d’entre elles, je me suis replongée dans son écriture. Cela implique beaucoup de retours en arrière, un plongeon dans un passé, dans mes mots & maux de l’époque. J’écris un ou deux chapitres puis je fais une pause. Et je repars à l’assaut. Cela me fait un bien fou et m’aide aussi à mieux comprendre, à retranscrire les choses, les évènements tels qu’ils se sont réellement passés et non avec le filtre du temps qui les rendus moins jolis, plus ratés. Je sais que je ne suis pas au bout de mes peines avec ce roman, que je ne prévois pas de publier avant 2017. Mais partager mon histoire est une belle façon pour moi de la transformer et qui sait d’aider d’autres femmes dans la tourmente.

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En parallèle, je continue de participer à certains concours, notamment sur Short Edition. Vous avez déjà pu lire et apprécier Mauvaise Pioche, en compétition pour le Grand Prix Hiver. J’ai également publié deux autres textes pour le prix Livres en Tête – Drôle de zèbre & L’humoriste de l’année. Encore une fois merci de lire, de commenter/de voter si le cœur vous en dit et de partager autour de vous.

N’hésitez pas à aimer ma page Facebook. Je m’y mets très doucement ! Mais on va y arriver.

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Visiter une ville, s’imprégner de son état d’esprit

20150920_111331[1]Ce que j’aime, quand je visite une ville, c’est partir un simple plan en poche, mon appareil photo en bandoulière, un carnet dans mon sac à main. C’est la meilleure façon pour moi de découvrir. Je fais rarement les musées, les monuments principaux, du moins les premiers jours. J’attends d’avoir quelques repères avant de me lancer dans la course effrénée du touriste.

Je préfère de loin me perdre dans des ruelles peu fréquentées, peu fréquentables parfois aussi, mais jusqu’à aujourd’hui, je n’ai eu aucun problème. Je préfère m’arrêter sur une place, regarder le monde tourner autour de moi, m’imprégner des odeurs, des paysages, de l’esprit de la ville, remonter le temps quand c’est possible et griffonner quelques mots, quelques sensations qui viennent me chatouiller le corps tout entier.

Paris n’échappe pas à la règle.

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Vagabonder au hasard des endroits remplis de souvenirs ou bien d’autres inconnus, dont j’ai vaguement entendu parler, m’apporte beaucoup. J’ai toujours l’impression de voir Paris sous un autre jour.

Paris me raconte à chaque détour une histoire différente, une histoire qui coule dans mes veines, comme une douce mélodie…

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Vivre une vie qui a du sens en plein coeur de Paris

L’autre jour, en partant déjeuner avec des collègues, nous nous sommes faits la réflexion « où serons-nous dans 20 / 30 ans », en regardant les femmes d’âge mûr boire un thé en terrasse.

J’ai pensé qu’on serait peut-être au même endroit, vue sur le parc, en train de siroter un thé en regardant le monde tourner.

Puis une de mes collègues a dit « l’horreur ! »

Je me suis demandée pourquoi.

Elle a ajouté « j’espère que dans 20 / 30 ans, j’aurai une vie loin de Paris, une vie qui aura du sens ».

J’ai répliqué qu’on pouvait avoir une vie heureuse à Paris.

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Elle a tremblé à cette évocation. Pour elle, une vie à Paris était dénuée de sens. Elle se voyait vieillir à la campagne, proche de la nature, des siens peut-être aussi. Tout mais pas Paris.

Est-ce le lieu où l’on vit qui donne un sens à notre vie ? Ou bien est-ce nous qui lui en donnons un, peu importe l’endroit où l’on pose ses valises ?

J’apprécie la campagne moi aussi, son calme, sa fraîcheur. J’apprécie de me réveiller en entendant le chant des oiseaux, le bruit du vent chatouillant les branches des arbres, le murmure des vagues au loin. J’apprécie de prendre le temps de vivre et vivre au rythme des saisons.

Mais je pense qu’une vie pleine, remplie, sensée, une vie pleine d’idées, de projets, de réalisations, une vie saine, épanouie est possible en plein cœur de la Capitale. Ce n’est pas une vie qui convient à tout le monde, mais ceux qui y trouvent leur bonheur ne sont pas moins bien, moins intéressants que les autres.

D’où l’idée d’un blog qui vous parle de mon amour pour Paris. Petite quand je rendais visite à mes grands-parents, je me disais que jamais je ne pourrai vivre à Paris. Ma sœur, elle, en rêvait. Et puis j’ai quitté la Province la première et Paris m’a envoutée, charmée, m’a donnée envie de la découvrir, d’arpenter ses rues, de m’émerveiller. Alors que ma sœur y est venue à reculons et qu’elle n’a qu’une envie, partir vers d’autres horizons.

Et vous Paris, vous l’aimez un peu, beaucoup, A la folie ou non merci!

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L’automne, ma saison-paradis

L’automne est ma saison préférée, celle qui m’a accueillie dans la vie, par une douce journée d’Octobre.

L’automne m’offre le cadre idéal pour profiter de chaque instant. En regardant la nature changer et se débarrasser du superflu, je ressens le besoin de faire le vide, de me séparer de tout ce qui ne me convient plus, de tout ce qui m’empêche d’avancer.

Au-delà du bonheur de voir les feuilles tomber, de les voir changer de couleurs, de les sentir craquer sous mes bottes, au-delà de l’odeur d’épices qui flotte dans l’air, des boissons chaudes que l’on déguste bien blottis au fond de note canapé, au-delà des vêtements doux et chaud qui viennent repeupler notre garde-robe, l’automne m’invite à regarder en arrière pour voir le chemin parcouru, me prend par la main pour me montrer tous les possibles, m’offre de nouveaux projets que je garde sous silence, que je bichonne en attendant la prochaine saison qui leur donnera vie.

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L’automne m’aide à relativiser, à me concentrer sur l’essentiel, à reprendre confiance.

L’automne est ma saison-paradis, mon coin du feu, à l’abri des intempéries, un cocon dans lequel je prends plaisir à passer du temps, la saison qui me rappelle qu’il faut prendre soin de soi, pour pouvoir prendre soin des autres.

Ceci est ma participation au thème de la semaine 30 du projet d’Agoaye – Mon automne à moi.

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Te regarder être

Depuis deux ans et demi je te regarde vivre, grandir, jouer et dormir. Je te regarde prendre tes aises, apprendre de nouveaux mots, découvrir de nouvelles sensations. Je te regarde manger, interagir avec les autres, jouer au foot dans le parc, monter les marches tout seul. Je te regarde appréhender les matières, faire glisser l’eau et le sable entre tes doigts et ne pas toujours comprendre pourquoi tu n’arrives pas à les retenir. Je te regarde rire et piquer de sacrées colères. Je te regarde faire la comédie et me faire du charme. Je te regarde faire comme les grands, monter sur le tabouret et tomber à la renverse. Je te regarde pleurer et ouvrir grand tes bras pour que je te prenne tout contre moi. Je te regarde accourir pour un câlin le matin et me déposer un baiser tout mouillé quand je m’y attends le moins. Je te regarde regarder le monde, analyser les gens. Je te regarde jouer au têtu quand je te demande pour la énième fois de ramasser ton gilet négligemment jeté par terre en rentrant de la crèche. Je te regarde t’étonner. Je te regarde t’épanouir. Je te regarde t’affirmer.

Je te regarde souvent avec mille pensées en tête. Et je ne prends pas souvent le temps de noter tous tes progrès, de faire un point sur ton évolution, sur le petit garçon que tu deviens. Tout semble passer si vite.

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Ce matin, tu t’es levé plus tôt. Nous nous sommes installés tous les deux autour de la table. C’est rare. Et pendant quelques instants, je n’ai pensé à rien. Je t’ai juste regardé être. Etre toi.

J’ai posé mes yeux sur tes yeux, sur ton sourire et un sourire sur ton visage. Je t’ai regardé, petit être en devenir. Et je t’ai trouvé parfait tel que tu es.

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Aujourd’hui, je ne suis pas gentille

En règle générale, je suis le genre de fille souriante, qui ne se prend pas la tête, qui ne répond pas aux agressions diverses et variées. J’ai des jours avec et des jours sans comme tout le monde, mais je suis d’humeur assez égale en général.

Sauf qu’aujourd’hui j’ai un peu trop de marmites sur le feu ou plutôt une énorme marmite que j’ai bien envie de balancer par la fenêtre. Aujourd’hui je ne suis pas gentille. J’ai envie d’envoyer chier le patron qui me raccroche au nez pour la cinquantième fois depuis le début du mois, ou l’automobiliste qui me voit jongler avec les flaques d’eau et qui passe tout feu tout flamme, m’éclaboussant sans un état d’âme. Aujourd’hui j’ai envie de dire à ma collègue qu’elle me saoule à m’appeler toutes les deux minutes pour me dire que son patron fait la gueule. Et j’ai surtout envie de dire à Roger que c’est un connard, un pauvre type, un mec vide, sans âme, sans pitié, une ordure de première classe, un inutile, un mec qui brasse de l’air, un imposteur.

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Roger revient en force. Depuis 15 jours, le voilà qui m’envoie des messages dans tous les sens mais c’est le dernier en date qui m’a mise très en colère. Au passage, on a le doit d’être en colère. C’est humain. Se mentir en se disant que tout va bien c’est rejeter cette colère, rejeter nos émotions et ça peut faire beaucoup de dégâts sur le long terme. J’en connais un rayon. Fin de la parenthèse.

Alors qu’est-ce que veut Roger ?

Qu’on devienne bons amis. C’est la meilleure de l’année. Il veut me prouver qu’il est un chic type. Il le répète tellement qu’il est un mec bien que ça en devient suspicieux. Il me dit même que le jour où il m’a hurlé dessus, où il m’a menacé de mort, il l’a fait parce qu’à cet instant il m’aimait trop. Drôle de façon d’aimer je trouve.

Roger veut que je réfléchisse avec lui. Je ne savais même pas qu’il en était capable, de réfléchir. Oui, je suis vache. Et alors ?

Il veut. Il veut des tonnes de choses. Il veut que j’oublie tout et qu’on reparte à zéro. Non, il ne me demande pas de revenir avec lui. Il me demande juste de lui donner sa chance. Et si je suis gentille, il me donnera le divorce que j’attends. Tiens entre temps il est devenu Juge d’Instruction. Intéressant !

Roger me saoule, me fatigue. Il m’épuise. Il me donne envie de lui vomir dessus tellement tout ça est navrant. Encore une fois je vous avais prévenu. Aujourd’hui je ne suis pas gentille. Et si ça en gêne certains, qu’ils passent leur chemin. Mais si vous êtes arrivés jusque-là, c’est que vous avez eu peut-être aussi à faire à un type comme Roger, un manipulateur qui croit toujours qu’il aura le dernier mot.

« Si tu es une bonne mère… » On y est. Après les compliments on passe à la phase d’intimidation. On croit qu’en jouant sur les sentiments, on pourra en tirer quelque chose.

C’est moche tout ça. Rien n’avance. Et on a beau se dire que tous ces mots, ces promesses, c’est que du flan, les mots s’accrochent et on décroche un peu. On a tellement envie que tout ça soit classé, archivé. Et voilà l’autre qui revient avec ses souvenirs vieux de trois ans, qu’on a depuis longtemps laissés sur le bord de la route. Parce qu’aujourd’hui on a décidé de miser sur la vie, le bonheur.

Aujourd’hui je suis en colère. Contre personne en particulier. Ou contre tous ceux qui croient que le monde leur appartient, qui pensent qu’en insistant un peu, ils obtiendront ce qu’ils veulent, qui croient qu’ils sont bons alors que ce sont les derniers des salauds et qui ont le culot de te faire passer pour le bourreau. Je suis en colère contre tous ceux qui font de l’ombre à la lumière.

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Pour ne jamais oublier…

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 Copyright to Steve McCurry

Des morceaux de verre ricochent sur la moquette. Elle baisse les yeux pour voir. Mille morceaux. La vitre a éclatée sous l’effet d’un choc brutal. C’est déjà trop tard.

Le ciel se voile. Un nuage de poussière envahit l’espace. Et les cris se perdent dans les vapeurs de fumée noire. La fin. D’un mythe. D’un monde que tous croyaient invincible.

Il a suffi d’un trou dans l’atmosphère pour faire dévier la terre.

Elle n’a le temps de rien faire. Ni d’appeler. Ni de s’enfuir. Prisonnière de l’espace, du ciel, de la folie humaine. Elle attend que tout disparaisse. Elle pense à son petit garçon qui a eu deux ans hier. Il reste encore un peu de gâteau dans le frigidaire et des assiettes en carton sur la table de la cuisine.

Autour d’elle, tout tremble. Elle ne sait pas que des milliers de visages regardent sa vie s’effondrer, la tête dans les mains, les mains secouées de spasmes que rien ne semble pouvoir apaiser. En elle, tout se fond, toute la détresse du monde s’engouffre dans ses entrailles. Elle perd connaissance, divague.

D’autres ont tenté d’échapper au même sort. Leurs corps décomposés gisent à terre. Autour, les sirènes s’élancent, conscientes que l’horreur ne peut être maîtrisée. Il faut attendre.

Dans leur tour de contrôle, les spécialistes ne peuvent détacher leurs yeux de l’écran monstrueux et les chaînes de télévision diffusent en boucle la même image, celle d’une ville assiégée. Des torches vivantes embrasent les tours jumelles. Rien ne sera jamais plus pareil.

Le monde a pris un nouveau visage. Celui de la barbarie.

Elle sent son corps flotter. Pourtant à l’intérieur, elle n’est que rage et désespoir. C’est le monde qu’elle laisse derrière, le monde dans lequel son fils grandira sans elle, sans mots pour expliquer une telle cruauté, sans mots pour apaiser sa peine.

Le chaos est tel qu’il est difficile d’estimer les dégâts, le nombre de morts, le temps qu’il faudra pour réparer les cœurs, apaiser les esprits. Personne ne se pose encore la question. Il est trop tôt.

Le monde pleure.

Le monde a peur.

Elle part dans la nuit, habiter le ciel. Une étoile parmi tant d’autres. C’est ce que le papa dit à son petit garçon avant d’aller se coucher.

Aujourd’hui encore, 14 ans après, on se souvient, avec beaucoup d’émotions, de cette tragédie humaine sans précédent.

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Sauter le pas #5

Toujours en attente de la réception du numéro ISBN, mon recueil complet, je n’y touche plus.

Mais j’ai eu quand même envie de voir ce que ça pourrait donner de l’envoyer à une/des maisons d’éditions. Je vous avoue que ça m’a demandé un peu plus de courage. Mais je l’ai fait. J’ai envoyé mon recueil aux Editions Baudelaire.

Qui ne tente rien n’a rien. Et puis je dois vous le dire, mon recueil me plaît. Et qu’il plait à la charmante amie (Childhood is Better) qui a eu la gentillesse de le lire et de partager ses commentaires / impressions avec moi. Il parle de la vie, de la façon dont nous souffrons et de la manière dont nous rebondissons. Il parle d’essence et d’essentiel. Alors autant le faire vivre, lui offrir quelques chances d’être lu et apprécié à sa juste valeur. Même si je sais, la concurrence est rude et d’autres écrivains / auteurs ont beaucoup de talent.

Depuis, je suis un peu plus libre. Mais j’ai plein d’idées dans la tête et je n’arrive pas à définir mes priorités. J’ai un essai en cours et un recueil de nouvelles à retravailler. Mais j’ai envie d’autre chose, de nouveauté, de me changer les idées en écrivant sur quelque chose de totalement différent.IMG_20150908_183420

Alors je reprends la plume pour le magazine So Busy Girls, je partage quelques histoires courtes sur le site créé par Juliette « 50 nuances de mots ». Vous trouverez les liens sur la page « Mes mots chez les autres ».

Et si mes textes sur Short Edition n’ont jamais été sélectionnés pour la finale du grand prix, je récidive. Je m’avoue difficilement vaincue. Vous pourrez d’ailleurs retrouver ma nouvelle sous peu, qui a été sélectionnée par le Comité pour le Prix Hiver (Mauvaise Pioche).

Enfin, si vous me rendez visite régulièrement, vous allez voir que j’ai mis à jour pas mal de choses sur mon blog. J’ai désormais une page Facebook (j’ai encore du mal à comprendre comment ça fonctionne entre compte perso & page mais je ne désespère pas et je sais que dès que j’en éprouve le besoin, j’appelle et j’ai un service d’aide sur mesure en la personne d’Asmaa du blog C0cooning). J’ai mis à jour mes liens vers Pinterest et Instagram. Et modifié mon image de profil (réalisée par moi-même pour le coup), afin qu’elle soit partout la même (on s’y retrouve mieux).

Je me suis rendue compte qu’il était temps que je sois un peu plus présente sur les réseaux sociaux, car une fois mon recueil de poèmes publié, il faudra le faire connaître, me faire connaître et aussi hermétique que je puisse être à toutes ces formes de communication virtuelles, je ne peux pas passer outre. Et puis au fond c’est assez intéressant de se confronter à quelque chose que l’on redoute, non!

A suivre…

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Comme les autres mamans…

Je suis en train de lire un livre extra, dont il faudra que je vous parle d’ailleurs quand je l’aurai terminé. Il est question de maternité et du fait d’attendre un enfant seule, un enfant dont le père a choisi de prendre la poudre d’escampette avant son arrivée. Il pourrait aussi bien s’agir d’un père congédié pour manque cruel d’attention ou d’un père qui quitte le navire en cours de route.

En lisant ce livre, je me suis replongée dans ma grossesse et dans mon début de vie de maman solo. Nous avons beau être de plus en plus nombreuses à assumer seules nos enfants, on nous regarde toujours comme si nous étions des martiennes.

Alors qu’au fond nous ne sommes pas différentes des autres mamans. Nous avons les mêmes coups de cœur, les mêmes coups de blues, nous galérons le matin pour partir au travail, sans tâche de confiture sur la robe (si possible), nous poussons des poussettes aussi lourdes, nous tombons sur des patrons plus ou moins compréhensifs quand il faut partir à 17h parce que petit loup a de la fièvre et qu’il faut le récupérer ASAP à la crèche ou chez la nounou, nous rions devant les expressions à dormir debout de nos bambins, nous hurlons parfois aussi, exténuées car bambino vient de recracher pour la énième fois son poisson sur la table, après avoir jeté tout ce qui lui passait sous la main et réduit le salon à une scène digne de l’apocalypse. A la différence près que nous n’avons pas toujours de cher et tendre pour nous dire « je prends le relais ». Mais nous avons parfois des parents, des copines, des frères, des sœurs, des voisins qui se font un plaisir de nous garder notre tornade le temps qu’on file se mater une toile, refaire le monde autour d’un café ou qu’on s’effondre dans le canapé pour une soirée en tête à tête avec nous-mêmes ou une bonne nuit de sommeil.

Nous ne sommes pas toutes à plaindre et passés les problèmes du commun des mortels, nous avons une vie toute aussi épanouie que les autres, entendez les mamans qui elles ont un papa à domicile. Parfois on les envie. Mais pas toujours !

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Credit Photo

Pour certains nous restons des femmes à éviter, des phénomènes de foire. J’ai été ulcérée d’entendre mes voisins se confier à mes parents en ces termes « quand nous avons su que c’était une maman seule avec son enfant qui allait élire domicile à côté de chez nous, on s’est dit que la poussette allait sans cesse nous bloquer le passage, que le gamin allait être intenable et mal poli et qu’il y aurait un flot intempestif d’hommes à la porte ».

Et non, chers voisins, les femmes seules ne sont pas des salopes. Et elles sont investies elles aussi dans l’éducation de leurs enfants, qu’elles ont souvent décidé de garder contre l’avis d’un connard dont les premiers mots en voyant le + sur un test de grossesse, étaient « j’en veux pas » ou bien dont elles se sentent encore plus responsables depuis que le père a décidé de se barrer pour une autre vie ou a tout simplement disparu de la circulation.

Ce qui me choque souvent le plus, c’est qu’on nous parle comme si nous étions des demeurées, comme si nous n’avions pas conscience de la réalité, comme si nous vivions sur un nuage où tout le monde est beau et gentil, alors qu’en vérité, on avance, les deux pieds dans la mouise parfois, mais avec le sourire. Parce qu’on connait le prix de pas mal de choses (autre que celui des couches culottes et des jeux éducatifs). Il n’y a pas une case pour les mamans solo. Ou alors il y a des milliers de cases pour que chacune y trouve son bonheur.

Arrêtez d’avoir peur pour nous, de répéter « avec toutes les galères qu’elle doit gérer, on n’est bien obligé de l’aider ». On y arrive très bien seules aussi, si on nous en donne les moyens. Arrêtez de nous prendre pour de fragiles petites choses. Avec ce qu’on a ou ce qu’on vient de traverser, on a mûrit et prit des forces (même si ça ne se voit pas). Arrêtez de nous dire d’aller consulter un pédopsychiatre dès que notre trésor est un peu turbulent ou trop timide. Il se construit, comme les autres, n’oubliez pas.

Arrêtez aussi de nous parler du père, de ses droits, de sa vie (la plupart du temps on s’en fout), de l’homme qu’il faudrait trouver pour remplir ce rôle, parce qu’un enfant sans papa quelle horreur. Arrêtez de murmurer son nom comme si sa seule évocation avait le pouvoir de déclencher une guerre nucléaire. Arrêtez d’avoir peur de nous faire mal. Le mal est fait depuis longtemps. La vie continue. Heureusement.

A l’intérieur, ça bouillonne. On a des envies, des idées, des projets. Chaque chose en son temps.

On aime nos enfants (même si pour vous ça ne coule pas de source – on n’a pas toujours choisi de les élever seules – petit rappel souvent nécessaire).

On apprend.

Comme toutes les autres mamans.

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L’horreur. Et après?

Il faudrait vivre ailleurs pour ne pas tomber sur cette photo, en couverture de tous les quotidiens, en Une sur Internet. Il faudrait vivre loin de tout, du monde, pour ne pas tomber dessus par hasard, pour ne pas vouloir voir.

Voir. Poser son regard sur le petit corps immobile sur la plage. Vendre du cauchemar. Les journalistes sont forts pour nous envoyer une bombe en pleine figure et nous forcer à regarder en face ce que nous tentons parfois de tenir à l’écart. Une manière de nous protéger, de fuir une réalité trop douloureuse à supporter.

Opération coup de poing. Qu’est-ce qu’ils veulent nous faire croire ? Qui condamne ? Qui condamner ?

Images choquantes sur fond de musique stridente. Vertige. Nausée. Nous en sommes tous là. Nos yeux s’accommodent mal de la mort qui saisit par hasard un jeune enfant, à l’aube d’une vie peuplée de promesses que personne ne tiendra.

Contraindre les gouvernements à agir.

Tout le monde a de grandes idées. Il faudrait. On devrait. Il est temps. Rien ne se passe. Demain a déjà tout effacé.

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A travers le monde, combien sont-ils à crever ? Oui, crever. Mourir implique un minimum de respect, de préserver une certaine dignité.

Se révolter.

Mais arrivons-nous déjà à tendre la main à celui qui souffre en bas de chez nous ? Prenons-nous le temps d’un sourire, d’un soupçon de générosité ?

Nous avons la critique facile. C’est si simple.

Mais somme nous prêts à les intégrer ces milliers de réfugiés qui fuient l’horreur, ces réfugiés au cœur mutilé ? Sommes-nous prêts à leur offrir un cadre de vie sécurisant, sécurisé ?

Sommes-nous prêts à accepter l’autre, ses idées, qui ne sont pas toujours conformes aux nôtres ?

La vie d’un enfant secoue forcément les consciences. C’est peut-être le but. Pourtant cet enfant n’avait rien demandé. Exhiber son corps, c’est presque lui ôter sa dignité. Et placarder sa vie sur les murs de notre inconscience collective ne bousculera pas nos vies bien rangées. Demain nous n’y penserons plus, trop absorbés par les futilités de nos existences, que nous érigeons jour après jour, années après années, pour nous protéger de l’inéluctable, notre fin programmée.

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Le dernier premier rendez-vous (amoureux)

Ron Blacks. Avril 2008. Il faisait encore froid sur Dublin. Je portais une jupe noire, des bottes qui couvraient mes genoux. Je t’ai attendu dehors, regardant Dawson Street se faire une beauté pour la soirée.
Toute la journée, j’avais eu des papillons dans le ventre. Mon premier rendez-vous après cinq années de célibat. Bien sûr je me suis trop vite accrochée à toi. Mais nous n’en sommes pas là.

Pour le moment je t’attends. Je n’ai pas peur, pourtant c’est comme si je reprenais tout depuis le début. Je te vois au loin, ton sourire accroche le mien. Une main autour de ma taille, tu m’emmènes à l’intérieur. J’ai baissé la garde, moi qui avais bien cru ne plus jamais ressentir ça, les picotements au bout des doigts et le plaisir de sentir une main s’attarder dans la mienne, ou glisser sur ma joue.

On s’est assis. On a parlé. De tout. De toi. De moi. Avant de s’aventurer dehors pour rejoindre un pub et refaire le monde autour d’une Bulmers. Je me demande parfois si tu te souviens, alors même que moi, je revois ton visage, je me souviens de l’intonation de ta voix, mais ton prénom reste introuvable, ma mémoire l’a égaré. J’aurai préféré m’en souvenir et en oublier d’autres.

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Walk The Line. Nous étions d’accord. Un des meilleurs films jamais réalisés. A chaque fois que je le regarde, j’ai des flashs de cette soirée-là, de nos rires et des montagnes de préjugés que j’avais enfin réussi à surmonter. Pour une parenthèse enchantée.

Pour terminer, le Gaiety Theater, ce théâtre de jour qui ouvrait ses portes la nuit. 18€ l’entrée. Rien n’était trop beau pour cette soirée. Un orchestre de Blues dans une salle obscure. Tu m’avais bien écoutée. Nous avons dansé avant de finir, épuisés de fatigue, dans un fauteuil en velours rouge, en face de la scène, rideau tiré, nous racontant des histoires dans un décor de rêve, les yeux tournés vers l’avenir.

Mon dernier premier rendez-vous amoureux. J’étais si insouciante, si libre, si vraie. Je me demande vraiment comment je serais aujourd’hui. Est-ce que je me sentirais aussi à l’aise, aussi moi-même ? Est-ce que j’arriverais à laisser quelqu’un pénétrer aussi aisément mon univers ? Où est-ce que je me retrancherais derrière mon armure antichoc, par peur de ne pas être à la hauteur, de ne pas pouvoir laisser les mauvais souvenirs derrière et faire à nouveau confiance ?

L’envie d’ouvrir à nouveau mon cœur à l’autre est bien là. Mais comment s’y prendre ? Comment retrouver même un tout petit peu d’insouciance pour céder doucement au jeu de la séduction, pour trouver ma place de femme dans ma vie de maman ?

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Divorce & autres complications

Je dois vous avouer qu’hier soir après le mail et le coup de fil à mon avocat, j’avais le moral dans les chaussettes. Il faut dire que depuis quelques mois je vivais sur un nuage, bien moelleux. Sans nouvelle de l’avocate de Roger depuis plus d’un an, nous étions confiants. Tout allait se passer sans accroc. La juge allait statuer sur notre dossier sans perdre de temps, puisque de l’autre côté, c’était le silence le plus total. Et j’allais économiser pas mal d’argent au passage, ce qui n’est pas négligeable quand toutes tes économies depuis deux ans passent dans le règlement d’honoraires !

Et puis l’avocate de Roger s’est réveillée à 10 jours de la mise en état devant le Juge. Ah la conne !!

Hier soir en quittant le bureau, j’ai senti Calimero revenir en force dans mon champ de vision. J’étais prête à passer chez Franprix m’acheter un énorme pot de Nutella, pour ensuite aller me vautrer dans mon canapé et regarder La Vérité Si Je Mens 2, film dont je n’ai raté aucune rediffusion jusqu’à aujourd’hui. J’étais à deux doigts d’appeler la terre entière (y compris ma mère, ce qui aurait été la pire des idées). Et j’avais des envies d’étriper Roger (Roger qui va faire une drôle de mimine quand il va découvrir la mention « divorce pour faute » et tout ce qui va avec. Mais que va-t-il inventé pour se justifier ?)

Et puis une fois chez moi, libérée de mes chaussures, de mon sac, de ma veste (tous trop lourds), je me suis assise par terre, prête à prier ou méditer. Et là j’ai senti monter en moi un cri que j’ai laissé sortir. Crier, c’est ce que ma thérapeute en Irlande me disait souvent. Hurlez la tête dans votre oreiller, vous verrez ça libère. Si bien que je suis allée chercher mon oreiller et que j’ai tout lâcher dedans. Avec ma voix. Avec mes poings. J’ai tout sorti.

Et puis j’ai pris un CD, poussé le volume à fond, et j’ai dansé comme une hystérique dans mon salon. Libérateur.

La colère était là, bien en moi. Mais pas question qu’elle me bloque, qu’elle m’anéantisse. J’ai ressenti le besoin de la transformer.

J’ai refusé de me dire « pourquoi ça m’arrive à moi » comme je l’ai tant fait par le passé. Et j’ai pensé « Là maintenant je n’y comprends rien. Mais il y a forcément quelque chose de positif là-dessous ».

La danse, les cris, et plus tard la peinture (si on m’avait dit au collège qu’un jour je prendrai un pinceau et que je m’éclaterai autant, j’aurai ri à m’en décrocher la mâchoire !) m’ont aidé à extérioriser toutes ces émotions négatives qui avaient pris possession de moi à la lecture de ce mail.

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Et victoire des victoires, je n’ai pas appelé ma mère ! En fait après tout ça, j’étais bien avec moi-même. Je n’ai pas ressenti le besoin de lui en parler, ni de discuter pendant des heures de Roger, de ses moindres faits et gestes, de ce qui lui passe par la tête, de ce qu’il pense, comment il pense et de tout ce merdier. Parce qu’une bonne part de tout ça ne me regarde pas. Et ne m’intéresse plus non plus. Le bordel dans sa tête, c’est son problème.

J’ai envie de passer à autre chose, de me concentrer sur moi, de penser à moi, à la meilleure manière pour moi de gérer tout ça. J’ai envie de penser à ma vie, à ce qu’il y a de beau, de vrai à l’intérieur. Construire l’avenir le plus sereinement possible, voilà ce qui compte à mes yeux aujourd’hui.

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Parfaite harmonie

L’espace est plongé dans une semi-obscurité. Les bougies diffusent une lumière calme et apaisante. La musique nous entraîne sur un sentier peuplé d’arbres fruitiers et de cours d’eau, de chants d’oiseaux des quatre coins du monde. Il flotte dans l’air une odeur pareille à celle de l’encens que l’on trouve dans les ashrams indiens.

Elsa pousse la porte, se déshabille et prend place sur la table. Elle recouvre son corps d’une couverture chaude et ferme les yeux. Elle sent l’huile couler sur son corps. Et perd d’un coup contact avec la réalité.

L’air est frais. Il fait bon. Allongée sur sa chaise longue, elle regarde la mer au loin. Elle a tout débranché, téléphone, ordinateur. Elle a laissé de côté crayons et cahiers. Elsa prend le temps de vivre, enfin. Elle se prend à rêver, à parcourir des kilomètres seulement par la pensée, des vertes vallées d’Irlande aux collines de Provence. Elle se sent en harmonie avec les éléments, l’eau et la terre. L’essence de toute chose est là, à portée de main.

Tout lui paraît simple. Rien ne lui semble impossible. Ses projets, ses envies, tout se dessine précisément sous ses yeux. Elsa n’en revient pas et savoure chaque seconde.

Enveloppée de chaleur, le corps débarrassé des toxines et des tensions, Elsa sort doucement de son état second. Le massage est terminé. Le temps d’une heure, elle a prolongé l’état sacré des vacances. Elle se sent fin prête pour la rentrée.

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Pour cette rentrée, l’atelier des jolies plumes nous proposait d’écrire sur le thème suivant: “Le sel sur la peau, des grains de sables coincés entre les doigts de pieds, un chapeau en paille ou bien un foulard dans les cheveux. Pour certains, c’est la définition parfaite des vacances. Pour d’autres, ce sont de grandes randonnées entres les massifs qui ne sont plus enneigés. Vous ou votre personnage êtes aussi en vacances. Mais que sont les vacances pour vous/lui ? A quoi se résument-elles ? Avec qui êtes-vous/est-il ? A t-il vraiment des vacances ou en rêve t-il juste ? Et si les vacances c’était aussi seulement s’échapper 5 minutes dans ses pensées lors d’une réunion ?”

Si vous voulez rejoindre l’Atelier créé par Célie et Fabienne, n’attendez plus et envoyez un mail à l’adresse suivante: latelierdesjoliesplumes@gmail.com