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Les États d’Esprit du Vendredi 30.08.2019

Copyright MK

Dernier vendredi du mois et bientôt la rentrée des classes, l’heure de ma participation aux États d’Esprits du Vendredi. Avec bien sûr une pensée pour The Posman et Zenopia .

Début [21h55]

Photo: cimetière de Montmartre
Fatigue : quelques nuits courtes
Humeur : très bonne
Estomac: pâtes, tisane
Esprit: heureux
Cond. phys. : yoga et montage de meubles IKEA
Projet/boulot: on s’occupe
Culture:  Visite au Louvre

Penser à: mon projet littéraire de rentrer
Avis perso (1): quand on commence à passer plus de 30 minutes par jour à la machine à café, c’est mauvais signe
Avis perso (2): aucune info sur la rentrée des classes, c’est léger quand même

Message perso: (1) lequel fait de plus belles photos? (2) merci pour hier, aujourd’hui et demain (3) bonne rentrée des classes à vos loulous (4) toujours de bonnes idées!
Loulou: danse sur Pretty Woman, a aimé mes cartes, rentre demain
Amitiés : mail, cartes
Love : 2 ans!
Sorties : courses
Essentiel: être soi
Courses: produits de beauté
Envie de: profiter de chaque instant
Zic: The Greatest

Fin [22h22]

Très très bon weekend. Profitez du soleil et de la vie!

Posted in Atelier écriture

Rendez-vous

Nous avions rendez-vous sur cette place que j’aimais tant. Déjà. La fin des grandes vacances. J’arrivais, vierge de toute attente. Pas d’un passé. Que je portais un peu comme un bagage plombé. Mon corps, mon cœur à l’intérieur, riches des intempéries de la vie, avaient subi un grand ménage. Mais restaient pleins de doutes et de peurs. La belle affaire!

J’arrivais, après des années de solitude, des nuits d’angoisse, des jours d’orage. Pas de place pour un parapluie dans mes bagages. Juste suivre son cœur. J’en avais recollé les morceaux, jour après jour. En m’occupant d’autres battements, eux, encore si insouciants. Sûrement ma plus belle victoire.

J’arrivais. En haut des marches. Et depuis, une lumière singulière brille sur ma vie…

Ceci est ma participation à l’atelier d’écriture d’Olivia. Les mots choisis étaient: affaire – suivre – ménage – intempérie – parapluie – victoire.

Posted in O bonheur des sens, Tout un poème

Le rideau se lève…

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Le rideau se lève
Et le monde s’enflamme
Au contact d’Ève
Dont le corps se pâme

Entrelacs de dentelle noire
Sur les peaux laiteuses
Le mystère creuse son sillon
Entre alcôves et passion

Elle frissonne
Sa peau entière fredonne
Une mélodie comme une danse
Qui dans une transe, suave
Lui donne un air –  animal

Le rideau se lève
Sur des ombres amazones
Tenant en bouche la virilité
Nymphes en pâmoison
Absorbant le philtre enchanté

Entrelacs de jambes, de mains
De vallées, de courbes, de creux, de bassins
Éblouissement des sens
Sous l’indigo de la nuit dense

Posted in Carnets de route

Quand la santé gynécologique des femmes devient humaine

“La Matrice”, fractale réalisée par Joël Bentzinger

Si vous êtes une femme et que vous avez eu un / des enfants, vous avez sûrement eu droit à des séances de kiné pour rééduquer votre périnée, pas mal malmené par la grossesse, l’accouchement, l’épisiotomie (qui y échappe de nos jours?)

Mais vous a t-on réellement parlé du périnée, vous a t-on expliqué en quoi cette rééducation consistait? Ou vous a t-on laissé seule avec votre sonde (hyper glamour!) et votre appareil pendant trente minutes à regarder la courbe de vos contractions en espérant qu’elles atteignent des sommets?

Il y a six ans et quelques mois, j’étais cette femme, avec sa sonde. Tellement impersonnel. Mais quand on vient d’avoir un bébé, qu’on a passé le stade de l’accouchement, qu’on a laissé sa pudeur aux vestiaires et qu’on enchaine les nuits de quatre heures, on ne se pose pas la question. Le premier kiné sera le bon. Et dix séances plus tard, on repart avec sa sonde et ses résultats (pas toujours glorieux!)

Six ans plus tard, je pousse à nouveau la porte d’un cabinet pour une nouvelle rééducation. Et là, enfin, je trouve écoute et attention. La jeune femme m’explique les bases, ce qu’est exactement le périnée, où il se trouve, ce qu’elle attend de moi, comment elle va m’accompagner. Faire les choses sans comprendre revient à faire peu de choses. Mais dès qu’on comprend, c’est beaucoup plus simple de mettre en pratique.

Elle m’annonce d’emblée que la rééducation sera manuelle. Deuxième bonne nouvelle. Sincèrement je ne me voyais pas recommencer avec ma sonde. Là, c’est beaucoup plus humain. Il y a un vrai échange. Je ressors de ce premier rendez-vous le sourire aux lèvres.

Je ne suis pas la seule à trouver que le monde hospitalier autour des femmes, qu’elles soient mères ou non, n’est pas toujours à la hauteur. La parole s’est libérée il y a peu sur les violences subies et le manque d’humanisme, de bienveillance de certains professionnels. Un accueil, une écoute sont la base d’un service de qualité. Les femmes ont besoin d’être rassurées, surtout sur des actes qui touchent à des parties aussi intimes de leur corps.

Dites-moi comment cela s’est passé pour vous? Avez-vous trouvé les bonnes personnes? Ou bien vous sentez-vous à chaque fois vulnérable quand il est question de votre santé gynécologique?

Posted in Carnets de route

Être femme aujourd’hui

Crédit Pixabay

La frontière est mince. Entre ce que l’on dit, montre, entre ce que l’on veut garder pour soi, entre nos envies et nos limites, au milieu de cet incessant mouvement qui nous dit que nous ne sommes pas (et ne serons peut-être jamais) à la hauteur des hommes, entre nos combats et nos victoires, nos fragilités et nos forces, entre l’enfant et la femme, entre les fantasmes (en général) des autres et leurs attentes…

Chaque pas évolue comme sur un fil tendu au dessus du vide. Nous sommes tentées de raccrocher. Fin de l’aventure. On aura cru que c’était possible. On aura échoué. Puis quelques minutes plus tard, prêtes à ne pas nous avouer vaincues. Nous nous relevons, fières. Nous avons déjà bravé des obstacles, fait face.

Il s’agit plus d’une affirmation de soi que d’un combat. Mais s’affirmer demande de lâcher la peur, de ne plus nous placer en tant que petites filles mais bien de prendre en compte toutes les dimensions de notre être, d’oser tout en restant fidèles à nos valeurs et nos sentiments.

La frontière est mince. Entre ce qui nous attire et ce qui nous blesse, entre les modèles que l’on suit et l’intérieur de nous-même (la différence est souvent de taille). Notre émancipation ne joue pas toujours en faveur de toutes les femmes. Nous prenons les rênes d’un jeu qui nous place parfois dans une relation biaisée aux hommes. Et nous oublions fréquemment qu’ils ne sont pas tous des prédateurs!

Il n’y a pas de route tracée. Pas une pour nous toutes. Différentes et semblables, nous évoluons dans des univers qui parfois mettent notre identité à rude épreuve.

Le parcours sera semé de jolies choses et de moins belles. Le monde n’est pas toujours comme nous voudrions qu’il soit. Mais cela veut-il dire qu’il faille baisser les bras?

Posted in Emprise et Renaissance

Ce souvenirs heureux qui n’existent pas

Crédit Pixabay

J’ai pesé le pour, le contre, le tout de cet article. Je l’ai construit mentalement puis déconstruit. Je l’ai rayé. Et puis une nouvelle lumière. Allez, s’il faut poser les mots…

On a coutume de dire qu’il faut se souvenir des belles choses. La fin d’une relation annonce une nouvelle page à écrire. Certes au départ, on ne saisit que ce qui a cloché, ça aide peut-être à guérir. Et puis avec le temps, on oublie ce qui n’a pas fonctionné, on se concentre sur l’agréable, ce qui résonne positivement en nous. Chaque histoire est porteuse de beau.

Je dois l’avouer, j’ai essayé. De toutes mes forces. Faire ressortir les meilleurs moments de ces quatre années. J’ai puisé dans mes réserves. Mais il ne reste que peu de choses. A peine de quoi couvrir une main.

Il ne faudrait pas comparer hier et aujourd’hui. Mais si je me prête au jeu, tu m’excuseras la banalité, c’est le jour et la nuit.

Entre nous, tout a été vite moche. Le beau est passé telle une fusée mise sur orbite. Elle a atteint l’espace avant même que nous ayons pu dire si « oui » ou « non » nous voulions continuer. Flirter, cela m’allait bien. Toi, tu voulais plus. Le sexe, la cohabitation, le mariage. Un package. En mars, une idée. En mai, une obsession. Deux mois tout juste pour que tout devienne une question de survie. Deux mois pour que mon armure se fendille. Juste parce que tu avais l’air perdu, blessé et que je pensais encore que ma vie ne valait rien. Si je sauvais la tienne, j’avais peut-être une chance…

Peut-être qu’il y aurait eu des souvenirs heureux si je n’avais rien dit, si je t’avais gardé un peu pour moi. Peut-être que ces deux mois au moins auraient été réussis. Non, il y avait déjà eu un dérapage, le premier. La première nuit et les draps brûlants d’humidité. C’était glauque.

Le mariage. Dix-huit mois de harcèlement. Rien que ça. Les jours heureux furent ceux où tu n’étais pas là. Où on se parlait au téléphone une fois par semaine. Le temps de ne surtout pas aborder le sujet. Le temps de se dire qu’on se manquait. Rien de plus.

Pour pouvoir lui raconter notre histoire, il faut y voir clair. J’ai cru qu’aimer et souffrir avaient les mêmes racines. Alors je me suis lancée dans cette aventure avec fougue.  J’ai imaginé mon bonheur. J’en ai pris plein la gueule. Presque satisfaite. Je me suis esquinté le corps et le cœur. J’ai voulu tomber, littéralement. J’ai espéré que si je tombais tu me rattraperais. Mais tu n’as rien fait. Tu m’as regardé disparaitre, m’écrouler. Tu as été le spectateur privilégié de ma déchéance. Tu as eu les honneurs de ma souffrance.

Je suis restée parce tu trouvais toujours les arguments pour me faire plier. Quelques promesses d’un ciel bleu sans nuage et je remontais en selle. Peut-être qu’ils se logent là les souvenirs heureux. Dans du vent. Tes arguments n’avaient pas plus de poids. Ils titillaient juste mon besoin d’exister.

Je n’ai presque rien perdu en choisissant de mettre un terme à cette mascarade. Que du matériel. J’ai beaucoup appris de cette histoire, de moi. J’ai grandis, en m’abîmant pas mal au passage. Il me fallait sûrement ça pour comprendre la valeur de ma vie, ma valeur à moi. Sans le savoir, tu as été le déclencheur d’une prise de conscience sans précédent.

Pour ce qui est de garder des sentiments, là on frise la sainteté. Je n’ai pas cette prétention. Tu pourrai déserter la surface de la terre que ça ne me ferait rien. Je t’ai aimé sans savoir que ce n’était pas vraiment de l’amour. Il y a un début, une espérance. Il y a une histoire.

Pour lui, elle existe. Et c’est déjà pas si mal.

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Où es-tu quand tu n’es pas là?

Copyright Marie Kléber

Je sens un souffle dans le creux de mon cou. Combien de cœurs battent à l’unisson du mien? Combien de destins croisés, de près, de loin? Combien de sentiments? Combien de vies? Combien de morts? Combien d’anges dans le ciel? Combien de voix d’ailleurs qui dans le présent me guident? Combien d’inconnus dont je ne connais rien et qui pourtant bouleversent mon quotidien?

Combien de souhaits? Et de ces minutes solitaires où tout fait sens, tout se meut en une vérité qui, à peine la respiration posée, s’efface? Comme le souffle au creux de mon cou. Une plume qui m’effleure. Je me noie dans un mystère continu.

Et je puise dans chaque battement l’inspiration, ma nourriture, l’essence du tout, qui ne se touche pas, s’invite tout juste pour quelques lignes et puis s’en va.

Je sens ton souffle dans le creux de mon cou. Si je ferme les yeux, je peux même ressentir ton étreinte, cette vague qui déferle et me laisse inondée de désir. Où es-tu quand tu n’es pas là? Existe t-il une réalité parallèle dans laquelle nous ne sommes pas séparés? Sûrement. Un espace temps sans toutes ces barrières uniformes, sans toutes ces limites que l’on s’impose, sans peur autre que celle de passer à côté de l’essentiel.

Je suis dans ce souffle qui nous lie. Un, pluriel. Toi, moi. Le monde. A jamais riche d’un quelque chose indéfinissable, une perfection que seuls nos yeux peuvent voir. Il suffit de le vouloir…

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Les États d’Esprit du Vendredi 23.08.2019

Les vacances sont terminées et je reviens donc après 1 mois avec ma participation aux États d’Esprits du Vendredi. Avec bien sûr une pensée pour The Posman et Zenopia .

Début [18h34]

Photo: mer agitée
Fatigue : retour de vacances
Humeur : heureuse
Estomac: bobun, thé vert
Esprit: bien dans ses baskets
Cond. phys. : équitation, baignade, footing, vélo
Projet/boulot: juste le bruit des travaux au boulot / sinon niveau projet, je vous parle de tout ça chez Emeline de Si J’osais
Culture:  La vie rêvée de Virginia Fly – La Veuve et au début de La disparition de Josef Mengele

Penser à: faire taire la petite voix dans son esprit…
Avis perso (1): si on ne dit pas les choses c’est que peut-être on ne sent pas si à l’aise avec elles…
Avis perso (2): voir les défauts des autres en occultant leurs qualités, c’est triste tout de même!
Avis perso (3): le style érotico-poétique, ça me plait bien. Pas vous?

Message perso: (1) je pense à toi et tes enfants (2) c’était long et court en même temps (3) ça fait du bien d’être ensemble (4) je continue à écrire sur Short Édition alors si le cœur vous en dit…
Loulou: a aimé nos vacances, sait nager, monte très bien à poney, a perdu 2 dents, connait les chansons des Enfoirés presque par cœur
Amitiés : au téléphone, par mail
Love : le retrouver…enfin!
Sorties : chez mémé, en amoureux, au ciné peut-être…
Essentiel: être soi (et arrêter de penser qu’être soi est dangereux)
Courses: cartes postales – décoration maison – four
Envie de: savourer la vie
Zic: Mauranne…

Fin [18h45]

Très bon weekend ensoleillé à tous!

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Rayon de soleil

Je ne voulais pas m’attacher. Surtout pas.

Et le matin m’a cueillie dans une sorte d’allégresse que je ne m’explique pas. Je ne voulais pas contrarier le destin, alors j’ai fait comme si ce n’était rien, comme si l’amour pouvait revenir et envoyer valser toutes mes idées toutes faites sur tout ce qui avait trait aux sentiments.

Il parait que le bonheur est souvent à porter de main. Puis un départ le bouscule. Une rupture le bousille. Il ne reste que des lambeaux d’espoir sur le parvis de l’église. Dans l’attente d’une éclaircie.

Je ne voulais pas m’attacher.Mon cœur bien amoché, plein de reprises sur les côtés s’est pourtant laissé séduire. Il y avait un rayon de soleil sur la place de l’église.

Ce texte a été écrit pour l’atelier d’écriture de Olivia “Des mots une Histoire”. Les mots imposés sont : matin – bonheur – départ – reprise – éclaircie – contrariers’attacher

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Les liens tissés

Crédit Pixabay

Nous venons tous d’histoires, de relations qui se sont achevées. Cœurs brisés et idées noires. Avant le renouveau. Le cœur apaisé et les idées claires, noyées dans un bain de félicité.

Nous arrivons tous avec un passé, des émotions, des envies, nos plus belles claques et nos plus profonds tourments, les valises lourdes de joies à réinventer.

Il reste toujours quelque part quelque chose. Un lien tissé de sentiments. Qui ne sont plus, très certainement. Mais qui restent inscrits dans la grande balance de la vie. Suffit-il d’aimer à nouveau pour qu’ils s’effacent? Ou bien restent-ils au chaud, vestiges du passé, ces sentiments détestés un jour puis à nouveau appréciés – pour ce qu’ils ont été?

Que se passe t-il quand on se croise, à des années de ce qui est terminé? Que gardons-nous quand l’amour s’est défilé? Quand nous avons enfin réussi à pardonner?

Que reste t-il de ce “nous” qui n’est plus? Un peu de tendresse? Beaucoup de promesses? La certitude que tout est arrivé au bon moment? Ou bien qu’on a raté quelque chose au tournant?

Quoi qu’on y fasse, les liens tissés  laissent leur trace sur le grand tableau des amours passés.

 

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Rêverie estivale

Credit Pixabay

Sur la plage déserte, un bateau. Abandonné. Aux saisons de la vie. Témoin de tant de destins. Refuge des enfants, inventeurs épris de nouveauté. Elle entend encore l’écho des voix du passé. Le sien et d’autres. Histoires écrites du bout d’une plume d’oiseau.
On pourrait réécrire le monde à partir de là.

Et l’avenir? Peut-on, à défaut de le programmer, en créer un de toute pièce? Une scène, juste une. Pour qu’un reflet puisse se voir. Qu’un arrêt sur image puisse s’imprimer dans le bois brut. Laisser une trace…

Le vent souffle. Une voix au loin. Son prénom dans l’air. Il serait là. Sur la digue. Pas très loin. Elle ne l’entendrait pas vraiment. Elle imaginerait juste. Le sable étoufferait ses pas. Il avancerait sans bruit, surfant sur des hypothèses.
Elle resterait dans la pénombre, une main calée entre ses cuisses. Une caresse comme l’attente de sa silhouette. Caresse muette d’un corps en demande.
Elle sentirait sa présence dans le périmètre de sécurité. Et ses mains se presseraient davantage.

Il la regarderait faire avant de s’approcher. La voir jouer avec son corps lui plaisait. Il aimait la danse discrète de ses doigts. Et les bruits mesurés d’un plaisir qui se prend par petites touches.

Il viendrait par derrière. Enserrer sa taille. Ses mains sur ses hanches sentiraient bon la prise imminente de possession. Ses doigts  rejoindraient les siens. Ils creuseraient des chemins dans les profondeurs de son temple. Puis sortiraient pour s’attaquer à la fleur sauvage, jusqu’alors effleurée. Il prendrait le rythme qui est le sien.
Sa bouche se rapprocherait de la sienne dans un mouvement lent. Une fois ses lèvres à portée, il les croquerait dans un geste vif. Leurs langues mélangées. Leurs salives imprégnées d’envie de plus.
Ils se désireraient sans mot.

Il coulerait son corps contre le sien, lui offrirait son érection. A savourer. Du bout des cils. Avant que sa langue ne se faufile et vienne lécher la peau marbrée de veines apparentes. Le gland d’abord. Rondeur presque enfantine. Avant le grand voyage des sens, l’appropriation de l’espace. Sa bouche en maîtresse de cérémonie donnerait la marche à suivre.
Il se laisserait faire tout en cherchant frénétiquement un point d’attache pour un partage. L’ovale de ses seins, le pic de ses tétons dressés, les vagues de son ventre.

Elle relâcherait son étreinte, guidant son membre tendu vers l’ouverture. Prête. Il relâcherait la pression sur ses seins. Descendrait ses paumes dans le creux de son bassin mouvant.

Et il répondrait positivement à l’invitation. La pénétrant. Avec vigueur. Jusqu’à se sentir pleinement accueilli. Aspiré par son audace. Elle planterait ses ongles dans sa peau, l’attirant davantage en elle. Il la dévorerait du regard. Avant d’aller encore plus loin. Ils feraient de ce temps un voyage. Le plaisir du parcours. L’inconnu. Au milieu des herbes folles. Et leurs prénoms, dans une respiration.

Si vous avez aimé ce texte, passez faire un tour sur Short Édition pour soutenir ma nouvelle en compétition. Merci!

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L’absent

Crédit Pixabay

On a coutume de dire que les absents ont toujours tort. L’enfant les pare pourtant de talents cachés, de caractéristiques incroyables. Les absents sont ces demi-dieux, ces aventuriers extraordinaires, ces super-héros aux pouvoirs magiques.

L’été fut plein de lui. Celui qui est, quelque part. Pas ici. Le père dont on égraine le nom au fil des coups de blues. Son absence place l’enfant dans un manque, qu’il tente de comprendre. Mes réponses n’apaisent pas. Elles font naître d’autres questions. Mises bout à bout, elles racontent une histoire que l’enfant a du mal à comprendre.

Elle parle d’amour. Mais d’un amour qui s’éteint. Alors que vaut l’amour qu’on dit infini, inconditionnel? Est-il un autre mensonge? Puisque l’amour entre deux adultes peut mener l’enfant à vivre sans une  de ses racines. Est-ce que l’autre aussi peut se défiler? Que resterait-il à l’enfant?

Une image. Un album. Quelques souvenirs épars. L’absent est un vide et l’enfant voudrait être comme tous les autres. Il ne sait pas tout. Il ne comprend pas tout. Il voudrait son sourire sur ses jours et ses mains, qu’il imagine réconfortantes, bien calées dans les siennes.

Il ne sait pas ce que disait l’histoire d’avant. La peur, les cris. La vie à sauver. La fuite. On essaye avec des mots appropriés de défaire les nœuds. On tente de trouver l’angle, celui qui apaisera les blessures incrustées, qui soulagera le cœur. Un peu.

L’enfant se confie. Il brode une histoire avec ses mots à lui. Son cœur se serre sur le quai, au départ du train. Et si maman ne revenait pas…

Toujours un manque. Et la peur. Toujours la vie quand même. Même après le vide. Puis l’enfant passe à autre chose. Il joue. Il rit. Les questions reviendront. Dans peu de temps. Et on tentera encore de détricoter une histoire un peu bizarre. Une histoire qu’on apprend doucement à faire sienne, dont on apprend doucement à ne garder que l’essentiel.