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SOS d’une maman en détresse

Attention, attention, ne prenez pas cela à la rigolade. Ceci est un article SOS, maman en détresse !

J’ai besoin de vos lumières.

Depuis qu’il est en vacances, l’escargot a décidé de hurler dès qu’on l’allonge sur la table à langer, dès qu’on a l’idée de lui mettre une couche. Déjà à Paris, il commençait à rouspéter. Mais là, il refuse catégoriquement et a décidé de commencer à faire sur son pot. Comme un grand.

Tout à l’air de bien se passer. Les transmissions journalières font état de deux nouveaux mots appris. Il demande. Bien sûr, il y a quelques accidents, mais c’est tout à fait normal.

Le hic, c’est quand on part en balade. Autant à la maison, on peut le laisser en culotte, sans couche et si accident, il y a, on gère. Mais en balade, c’est déjà beaucoup plus compliquer. On ne va pas trimballer notre pot avec nous. Ce serait faisable parce qu’il est tout beau ce petit pot. Et qu’il l’adore par-dessus le marché. Après Mr Lapin, c’est sa deuxième grande histoire d’amour. Le souci, c’est qu’il est un peu encombrant quand même.

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Alors, vous allez me dire en balade, on peut faire un effort et le coincer dans la poussette. Si, si, on peut le faire. On ne va quand même pas le gronder parce qu’il veut faire sur son pot, ce serait le monde à l’envers !

Mais quand on part en voyage, on fait comment ?

Si on voyageait en voiture il n’y aurait pas de souci. Mais manque de bol, nous c’est le train notre moyen de locomotion. Ca y est, vous captez le dilemme. On est dans la merde (c’est le cas de le dire !)

C’est là que vous intervenez. Vous avez même l’obligation d’intervenir et de me donner vos recettes miracles. C’est presque une question de vie ou de mort, parce que dans 10 jours, on prend le train. Vous voyez, la marge de manœuvre est délicate et j’ai ABSOLUMENT besoin d’une solution de rechange.

Autant vous dire que j’ai déjà épluché plus d’une cinquantaine de sites sans pour autant trouver la perle rare du pot de voyage (qui convienne à un petit garçon – une question de rebord, si on veut éviter de tapisser les toilettes du train de pipi !)

Alors allez-y, lâchez-vous et dites-moi ce que vous feriez à ma place. Donnez-moi vos tuyaux, même les plus fous, je suis preneuse !

Et d’avance merci à toutes celles qui auront répondu présentes à ce SOS. Vous allez peut-être être CELLE qui va me sauver la mise (la vie) !

 Crédit Photo – Super parents.com

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C’est notre Histoire

Comment rester insensible à ce qui se passe autour de nous ?

Aujourd’hui, on parle beaucoup de la Palestine, de ses victimes innocentes qui tombent sous les bombes de l’Etat d’Israël. On oublie un peu trop que le Hamas laisse sa population se faire massacrer pour protéger ses propres intérêts.

Aujourd’hui, on descend dans la rue. On veut crier notre indignation contre ce conflit insensé. On a déjà oublié le peuple Syrien et tous les opprimés du monde, ceux qui ne mangeront pas ce soir, ceux que l’on oublie, que l’on insulte, que l’on prive de leurs droits les plus élémentaires.

Aujourd’hui, la France est en deuil. Un deuil national de trois jours pour les victimes d’un crash aérien. On oublie qu’ils sont des centaines à mourir chaque jour dans l’indifférence la plus totale. Toutes ces victimes du quotidien mériteraient bien plus que quelques lignes dans un journal.

Aujourd’hui, on en veut à Israël, on dénonce sa folie, on lui fait porter le poids de ce conflit sans âge. On oublie que Bachar El Asad continue à tuer impunément ses semblables. On oublie que la mafia continue à assassiner des gosses dans les quartiers de Rio.

Aujourd’hui, on stigmatise les religions. Les médias font peur aux peuples. Les islamistes embrigadent des jeunes en manque de repère. Les fanatiques de tous bords déchaînent des montagnes de haine. On oublie que les prophètes des trois grandes religions monothéistes nous ont laissé le même message d’amour, de tolérance et de paix.

Aujourd’hui, on met l’accent sur ce qui ne va pas, sur ce qui gangrène la société, sur les problèmes. On oublie les héros ordinaires, ces femmes et ces hommes qui se battent et luttent pour offrir un bel avenir à leurs enfants, qui se dépassent jour après jour. Ils sont l’avenir de notre société, de notre monde.

Aujourd’hui, on oublie que vivre en frères est possible, qu’il n’y a pas si longtemps de ça, des femmes, un chapelet à la main, ont fait reculer des chars d’assaut, que Gandhi a gagné son combat par la non-violence, que Martin Luther King avait un rêve, que l’Histoire nous appartient, que nous sommes responsables de notre Histoire, de l’avenir du Monde.

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Crédit Image – Pinterest

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L’espoir d’un avenir meilleur

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On parle de ceux qui meurent
Des héros mutilés
On parle de ceux qui se battent
Des héros massacrés
On parle de ces haines ancestrales
Ces rancœurs infondées

On se délecte de tonnes d’images
De ces villes assiégées
On brandit des drapeaux
Des slogans scandés
On attise les haines
Des peuples opprimés
On dénonce un pouvoir
Une société gangrenée
On en appelle à l’humanité des hommes
Des hommes sans pitié

Mais est-ce qu’on se demande combien ils sont
A attendre demain
A attendre qu’une bombe choisisse leur maison
Un coin de leur jardin
A attendre que les hommes ai cessé de se haïr
A attendre que le monde ai cessé de les trahir

Combien sont-ils, à se demander
S’il existe encore quelque part
Un espoir
Pour les hommes
De s’aimer?

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Extrait de mon premier recueil de poésie L’essence de l’être (disponible en Papier et PDF sur The Book Edition)

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Le miracle de ma vie

Un jour tu es né. Un 14 Février.

Tu as eu 1 an. Ta première bougie.

Tu as presque 18 mois.

On m’avait prévenue « profites en, ça passe vite, tu verras »

Tout le monde avait raison.

J’ai consigné tes premières fois dans un cahier.

J’ai noté tes premières dents, tes premiers chagrins, tes découvertes, tes bêtises, tes câlins qui se font plus fréquents.

Et aussi ce jour où tu as dit « maman ».

Tu marches, tu montes et tu descends les escaliers.

Tu dis déjà quelques mots.

Tu essayes de tenir ta cuillère, de manger tout seul.

Tu as même envie de faire pipi comme un grand.

Tu étais un bébé. Tu es un petit garçon.

Quand je m’arrête un moment pour regarder le monde autour de moi.

Je vois les enfants jouer, plein d’innocence, d’insouciance et de gaieté.

Et un avenir se dessine devant mes yeux.

Je t’imagine grandir.

Dans quelques mois, tu iras à la crèche.

Tu abandonneras ta poussette

Puis tu apprendras à compter, à lire et à écrire.

Tu joueras à « chat perché ».

Tu porteras ton cartable tout seul.

Tu te feras des copains.

Tu joueras au ballon dans le square d’à côté.

Tu auras l’impression que le monde t’appartient et tu auras raison.

Tu iras à l’école tout seul.

Tu auras des rêves et des envies.

Tu choisiras des études, un métier.

Tu tomberas amoureux.

Tu partiras en vacances sans moi.

Tu m’appelleras pour me dire que tu es heureux. Bien entendu, c’est tout ce que je te souhaite, le meilleur.

Et moi je resterais là, à tes côtés, pour toujours.

Les yeux rivés sur toi, je resterai là, à contempler le miracle de la vie,

Le miracle de ma vie.

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Deux « moi » dans un seul corps

Depuis quelques temps, je me penche sur ma relation avec Roger, l’échec de notre mariage. Pas négativement du tout. Juste parce que je considère que c’est nécessaire, qu’il y a des leçons à tirer de cette expérience, qui m’a pas mal abîmée tout de même.

Roger n’est pas blanc, loin de là. Quant à moi. Qu’est-ce qui a pu clocher pour que je m’engage dans cette relation, biaisée depuis le début ?

J’ai ma part de responsabilité. Le statut de victime ne me convient pas. Cette histoire m’appartient autant qu’à lui. Il y avait une faille, il s’y ait engouffré. Reste à savoir pourquoi cette faille était là. Chercher, c’est ma manière de me réapproprier cette histoire et de me sortir de ce schéma qui m’a maintenu prisonnière pendant longtemps.

La faille, c’était ce peu d’estime que j’avais pour moi-même. La faille, c’était cette envie de devenir une autre pour lui plaire. Je me trouvais assez nulle, ridicule, naïve, trop rebelle. Je me demandais souvent comment quelqu’un de censé aurait pu décider de faire un bout de chemin avec moi. J’ai donc décidé de devenir quelqu’un d’autre. Sans qu’il me le demande forcément. J’ai même été jusqu’à nier mon identité et j’ai pris celle de quelqu’un d’autre.

Nous étions deux à partager mon corps. Mon « vrai moi ». Et mon « moi créé ». Il est souvent difficile de s’accepter tel que l’on est. Il parait alors plus facile de se créer une autre personnalité. On finit souvent par même oublier la personne que nous sommes, car nous nous satisfaisons pleinement de cette nouvelle créature, qui a tout pour plaire, surtout plaire à la personne aimée. Tout est parfait dans le meilleur des mondes !

Sauf que voilà, à l’intérieur de nous, notre « vrai moi » ne disparait jamais totalement. Il se fait tout petit, de plus en plus petit. Mais il reste là, dans son trou. Il ne fait pas de bruit. Il attend le moment propice pour sortir de l’ombre. Quoique l’on fasse, notre « vrai moi » finira toujours par revenir sur le devant de la scène. Tôt ou très tard.

Et quand les deux « moi » s’affrontent, je peux vous dire que ça fait mal. Le « moi créé » n’a pas de consistance. Il n’existe que par le pouvoir qu’on lui confère. Ses bases sont friables. Il ne fait pas le poids face au « vrai moi ». Quand le « vrai moi » reprend la main, au cœur d’un combat acharné, tout se mélange, notre monde tangue, on ne sait plus où on en est. On n’arrive même plus à distinguer le vrai du faux, le « vrai » du « créé ».

J’ai voulu me transformer, devenir quelqu’un que je n’étais pas. Pour rentrer dans ses cases. Pour ne pas avoir à affronter mon « vrai moi » qui me disait dès le début de prendre mes jambes à mon cou et de partir en courant. J’ai fait les choses pour lui, au lieu de les faire pour moi. Je me suis laissée entraînée sur des chemins qui ne me convenaient pas. J’ai fait des choix qui n’étaient ni en accord avec mes valeurs, mes principes. J’ai laissé tomber mes rêves. J’ai abandonné mes combats, mes idéaux. Je suis devenue une fille épuisée, sans saveur, sans rire. Je suis devenue une fille vide.

Et quand mon « vrai moi » a constaté que je dérivais trop loin, que je me perdais corps et âme dans une relation qui ne m’apportait rien, qui noyait mes forces, qui me consumait, il a jaillit de dessous les cendres, tel le Phoenix, royal et il m’a obligé à me remettre en question, à comprendre quand, où et comment je m’étais perdue. Il m’a offert une chance de le reconquérir, de redevenir « moi ».

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Depuis, j’ai juste une certitude. Je ne braderai jamais plus ma vie. Je suis comme je suis. Je suis bien comme je suis. Et celui à qui cela ne convient pas, ne mérite pas de faire partie de ma vie.

Et vous, vous êtes déjà devenu quelqu’un d’autre, par amour ?

 Crédit Photo Pinterest

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Ni pour, ni contre, juste troublée, peinée, blessée…

« Israël a des armes pour protéger sa population, le Hamas utilise sa population pour protéger ses armes. » Article Le Monde 22.07.2014 (propos de Roger Cukierman)

Je n’ai pas l’habitude de faire de politique. D’ailleurs, est-ce de la politique à ce niveau ? Je ne sais pas. Je ne comprends rien à ce conflit.

Les années se suivent et se ressemblent. Mes cours de lycée ne sont plus très frais. Ma mémoire me fait faux bond.

Quelles sont les origines de ce conflit ? Une histoire de terres, de territoires ? Une envie d’avaler le monde, de repousser les frontières ?

Je me répète, je ne comprends rien à ce conflit. Je constate juste. Je regarde avec horreur les bombes tomber sur des maisons, obligeant des populations à fuir leurs villages, à vivre dans la crainte constante. Je vois juste des corps le long des routes, des corps d’enfants abattus en plein vol, je vois des mères en larmes et des pères en colère.

Je ne suis ni pour l’un, ni contre l’autre. Je l’ai dit, ce conflit me dépasse. Personne n’a raison ou personne n’a tort. C’est facile d’accuser un état, quand l’autre ne vaut pas mieux. Les roquettes et les canons se font écho. Si les victimes n’étaient pas des civils, si Gaza ne ressemblait pas à un cimetière humain, on pourrait croire que les gouvernements jouent au gendarme et au voleur dans une cour de récréation.

A l’autre bout du monde, les grandes puissances se réunissent et parlementent, sans se mettre d’accord. Mais se mettre d’accord sur quoi au juste ?

En France, on manifeste et on fait semblant de se battre contre des gaz lacrymogènes. On fait des amalgames. On fait germer la haine dans le cœur de ceux qui souffrent. Alors qu’un peu partout dans le monde, juifs et musulmans vivent en paix, ensemble, en frères.

Ce que je retiens, c’est que les hommes préfèrent tuer et laisser mourir des enfants plutôt que de prendre leurs responsabilités.

Il y a très longtemps de ça, j’ai lu une phrase qui résume bien ma pensée. Ce conflit ne pourra cesser qu’une fois que les hommes auront pris conscience que la vie d’un enfant palestinien vaut celle d’un enfant israélien (et vice versa).

En attendant, les enfants des deux camps servent de monnaie d’échange. Comme dans tous les conflits qui séparent les hommes.

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Sur ce sujet, allez lire le très bel article de Marie – Bleu Lavande 

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Personne ne peut vous rabaisser sans votre consentement

La première fois que j’ai entendu cette phrase d’Eleanor Roosevelt, elle m’a fait le même effet que « tout ce qui ne nous tue pas, nous rend plus fort ». Je l’ai détestée.

Non mais qui sincèrement consentirait librement à ce qu’une autre personne lui fasse du mal. Personne n’a envie de souffrir. La vie est déjà bien assez compliquée comme ça. Pourquoi voudrions-nous nous en rajouter une couche ?

L’autre est capable du meilleur. Comme du pire. Et quand il est capable du pire, il est très fort pour nous ridiculiser, nous placer plus bas que terre, nous faire perdre nos moyens, nous infantiliser, nous opprimer.

Nous vivons tous ces moments douloureux, toutes ces aliénations. Et nous en serions en partie responsables. Non, mais c’est le comble !

Au premier coup d’œil, je me suis dit, encore une ineptie. J’ai abandonné l’idée de comprendre. Je n’y pensais même plus, pour vous dire.

Et grâce à Roger (il faut bien qu’il serve à quelque chose), j’ai compris. L’étincelle. Ce n’est pas une ineptie. C’est la vérité. Vérité pure, constante. Une Vérité difficile à intégrer mais une vérité libératrice.

Libératrice car elle nous permet de passer à autre chose, de nous en sortir. Si l’autre ne peut pas nous rabaisser, nous réduire à néant sans notre accord, c’est que nous avons une marge de manoeuvre. Une marge de manoeuvre calibrée, j’en conviens. Une marge de manoeuvre limitée aussi. Mais NOUS pouvons faite quelque chose. Nous n’avons pas à subir et acquiescer.

Mais bien entendu, tout ça ne se fait pas d’un claquement de doigts, ce serait trop facile.

Il faut dans un premier temps intégrer que l’autre nous rabaisse. Quand on est pris dans un cycle pervers ou manipulateur, quand on est sous emprise, c’est un concept avec lequel nous avons du mal à composer. Il n’est pas toujours évident d’intégrer que l’autre nous diminue, alors même qu’il dit nous aimer.

La deuxième étape, c’est prendre du recul face à la situation et sortir de l’emprise. Là encore, il faut prendre en compte le facteur temps. Et beaucoup de soutien est nécessaire, pour ne pas replonger.

Ensuite, il faut se reconstruire, travailler sur l’estime de soi, se pardonner, se faire confiance, s’autoriser à s’effondrer et reprendre des forces pour l’étape suivante. C’est un travail de longue haleine.

Puis un jour, on se retrouve en face d’un Roger, un ex-mari, un ex-amant, une ex-épouse, une ex-ami, une personne qui nous a fait du mal, qui nous a laissé nous faire du mal aussi sans riposter, quelqu’un qui a abusé de notre confiance, de notre amour, de notre amitié, qui a bafoué nos rêves et nos espoirs, qui a joué avec nos vies, notre présent.

On se retrouve en face d’un visage, en face de deux yeux remplis de haine et de rancoeur. Un jour, ce regard, qui nous a fait plier bien des fois, n’a plus d’impact sur nous. Ce regard ne nous renvoi plus à nos faiblesses. Ce regard nous dit juste que l’autre nous déteste. Très bien, c’est son choix. Nous, nous avons fait un autre choix, le choix d’une vie meilleure. Et ce regard chargé de colère ne nous fait plus rien. Nous valons mieux. Nous sommes conscients que ce regard ne s’adresse pas à nous. C’est un regard perdu, un regard qui accuse. Mais nous ne sommes ni coupables, ni responsables de ce regard.

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Un jour, l’autre ne peut plus nous faire de mal. Parce que nous l’avons décidé. Parce que nous sommes sortis de l’asservissement. Parce que nous sommes fiers de nous, nous avons appris à nous connaître et personne d’autre que nous-même ne peut plus nous dire ce qui est bien ou mal, ne peut plus décider de ce qui est bon pour nous. Nous sommes désormais les seuls maîtres à bord.

 Et vous, une citation à partager qui vous trouble mais qui finalement vous colle bien à la peau ?

Crédit Photo

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Bonnes vacances!

Nous y sommes.

Il fait très chaud. Déjà dans la voiture, nous avions du mal à respirer. La route a été longue, peuplée de jérémiades et de l’intempestive réplique « c’est quand qu’on arrive ». Personne n’y échappe.

Nous voulions partir de bonne heure mais nous avons quitté la maison bien tard, comme d’habitude. Nous avons des paquets partout, entre les jambes, derrière la tête.

Nos vêtements nous collent à la peau. Nos peaux adhèrent aux sièges. Nous avons bien fait escale, le temps d’une pause pipi et d’un café. Mais ça n’a pas suffit à nous requinquer.

Nous y sommes.

La porte s’ouvre. La voiture s’engouffre dans l’allée. On voit des bras s’agiter en l’air. Les nôtres sont engourdis. Les yeux s’ouvrent difficilement, la clarté fait mal. Les visages se décontractent.

A l’intérieur de la maison, le lave-vaisselle achève sa dernière tournée de la journée. On entend des rires d’enfants sortir d’un peu partout. Le chat s’étire sur la terrasse. Les adultes ont un verre à la main, d’autres se sont endormis sur leurs chaises longues.

Papi et Mamie sont là, ils courent presque vers nous, un sourire béat au coin des lèvres, ce même sourire qui nous rassure quand tout va de travers.

Nous y sommes.

Nous sortons de la voiture, non sans mal. Les enfants émergent, les cheveux en bataille. On s’embrasse. On s’embrasse longtemps. On laisse la voiture pleine derrière nous. On la videra plus tard. On a bien le temps. On a tout le temps.

Nous y sommes.

Les vacances vont pouvoir commencer.

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Crédit Image – Site Fais le Toi Même

Posted in Emprise et Renaissance

7 semaines de vacances

Nous étions 5 femmes dans la salle d’attente de l’espace-rencontre, ce samedi. Et quand l’heure de la sortie a sonné, nous nous sommes regardées et nous nous sommes dit « enfin les vacances ! ». Un gros ouf de soulagement. Nous nous sommes senties libérées d’un poids. C’est comme si une nouvelle route s’ouvrait sous nos pieds. Les vacances allaient enfin pouvoir commencer.

Nous nous disons bonjour mais nous ne nous racontons pas notre vie. Si nous sommes là, c’est que notre histoire de couple a mal tournée, qu’il y eu violence, alcoolisme, inceste ou qu’il y a un risque avéré de nuisance (de la part du parent visiteur) ou d’enlèvement.

Nous trimballons nos angoisses avec nous, sans nous départir de notre sourire. C’est le meilleur antidote pour donner confiance à nos enfants.

Devant les grilles, nous attendons. Personne ne se parle. Les pères (et quelques mères aussi) attendant d’un côté. Les enfants sont avec l’autre parent. Pourquoi personne ne se parle, pourquoi personne n’essaye ? Parce que c’est bien trop compliqué.

A la suite de notre premier rendez-vous de médiation, j’ai naïvement cru que nous arriverions, Roger à moi, à faire un pas, même un tout petit pas l’un vers l’autre. Ca a été un échec cuisant (comme d’habitude). Roger a fait un pas vers Tonio la Fouinette mais ce-dernier ne voulait être que dans mes bras (c’est bien normal pour un enfant de son âge). Je lui ai parlé pour le calmer, j’ai demandé à Roger de lui laisser le temps de se faire à lui, de venir vers lui, de s’habituer. Il m’a répondu sèchement qu’il pouvait attendre, puisque ça faisait déjà 1 an et 4 mois qu’il attendait. Il a détourné les yeux, est allé fumer une cigarette. Il y avait toute la haine du monde dans ses yeux. A la fin de la rencontre, il n’a pas attendu que nous nous arrêtions pour lui dire en revoir. Il a quitté le centre au pas de course.

C’est dingue. C’est à moi qu’il essaye de faire du mal, mais c’est son fils qu’il pénalise. Il ne comprend toujours pas qu’il n’a plus aucun pouvoir sur moi, que je suis sortie de son emprise.

Voilà pourquoi personne ne se parle, parce que tout le monde sait que ça ne sert à rien, que les rancoeurs des uns sont toujours là, bien ancrées, que certaines personnes ne sont pas encore prêtes à passer outre. Et puis parce que nos blessures sont encore bien présentes, et que même si nous donnons le change pour nos enfants, nous avons mal, très mal. Parce que nos enfants souffrent forcément de cette absence de communication, de cette rancoeur farouche, d’être le centre d’un conflit qui n’est pas le leur.

Sept semaines pour souffler, prendre le temps de vivre, ne pas se soucier du RDV du samedi suivant, pour se déconnecter d’internet, couper le téléphone, vivre au rythme des marées, profiter des soirées ensoleillées, des jardins publics, d’un café en terrasse, d’un pique-nique improvisé.

Vive les vacances Mesdames !! Nous les méritons amplement…

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Crédit Image – Pinterest

Posted in Variations Littéraires

L’art de prendre le temps de vivre

Même le temps d’un weekend, ressentir cette impression d’être ailleurs, cette sensation d’éternité.

Se réveiller de bonne heure, respirer l’air frais et savourer son petit déjeuner sur la terrasse. Déguster une bonne tranche de brioche avec du beurre salé et un soupçon de confiture maison.

Se doucher, la fenêtre ouverte et laisser l’eau tiède rafraîchir nos corps encore endormis.

Flâner, se laisser aller à de douces rêveries. Ecouter les oiseaux siffler dans le jardin, se détendre enfin totalement.

Sortir quelques cartes. Ecrire quelques mots. Déposer des pensées sur le papier. Décorer un énième carnet, faire des croquis, dessiner des envies.

S’allonger dans l’herbe et contempler la nature, belle, sereine. S’imprégner de sa fraîcheur, de son calme. Compter les pâquerettes. Et faire un joli bouquet pour le salon.

Prendre un livre sur l’étagère et bouquiner dans une chaise longue, entre ombre et soleil, avec une citronnade.

Guetter le facteur et découvrir une lettre au milieu des factures, un courrier envoyé d’une île perdue dans le Pacific.

Concocter une salade de fruits avec les produits du marché. Savourer chaque seconde, le dos collé aux carreaux glacés de la cuisine.

Enfourcher son vélo pour une balade le long de la plage. Ne pas avoir d’heure. Ne penser à rien d’autre qu’au plaisir de l’instant.

Se prélasser sur la plage, en deux-pièces, sous le parasol. Se laisser tenter par l’eau froide et ne pas le regretter.

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Regarder le soleil se coucher sur la mer. Laisser les souvenirs se frayer un passage entre hier et aujourd’hui.

Retrouver des amis pour un verre avant que la nuit ne tombe et laisser ses épaules  découvertes. Flirter avec le vent et les regards des garçons qui s’attardent sur nos jambes nues, sur le léger voile qui appuie notre cambrure.

S’endormir avec des étincelles dans les yeux. Comme avant.

Vivre. Respirer. Aimer.

Se sentir libre, apaisée.

Posted in Carnets de route

La folie du métro

Depuis pas mal de temps déjà, je me dis qu’il faudrait que je me penche sur ce sujet (l’heure est grave).

Tous les soirs, en sortant du métro, je me demande bien pourquoi les gens sont si pressés, si pressés qu’ils ne peuvent pas attendre que tu descendes, ni attendre le prochain métro, qui passe dans moins de 2 minutes (c’est affiché en plus) et préfèrent largement s’engouffrer dans la rame bondée, quitte même à te bloquer le passage.

Je pense en effet qu’ils ont hâte de rentrer chez eux, après une énième journée de travail, qui ne leur procure aucun plaisir, puisque dès qu’ils reviennent de vacances, ils pensent déjà aux prochaines (sympa la vie !)

Sauf que moi aussi j’ai envie de rentrer chez moi et non pas de rater mon arrêt. Parce que, si eux, attendre 2 minutes supplémentaires, ça les gonfle copieusement, et bien moi, me coltiner un arrêt supplémentaire, ça ne me plait pas du tout (du tout). Parce que dans ce cas, il va ensuite falloir que je reprenne le métro dans l’autre sens (si toutefois j’ai de la chance de pouvoir descendre à l’arrêt suivant) et que je rattrape ma correspondance à mon arrêt d’origine.

Pour les trains, les RER et les bus, je comprends parfaitement cette course contre la montre. Bien souvent, le prochain est loin d’être dans deux minutes. Si tu as de la chance, tu attendras quoi 10 minutes. Sinon, tu es bien parti pour t’asseoir avec un bon bouquin (de préférence, histoire d’oublier ta mésaventure) pendant une bonne demi-heure.

Alors que les métros, ils sont à tout-touche. Ils se suivent de près. T’en rates un, t’as même pas le temps de longer le quai, que tu en as un autre qui se pointe.

Ca vaut vraiment pas le coup de dévaler quatre à quatre les escaliers (au risque de t’étaler et te tordre la cheville), ni de forcer le passage pour te retrouver à 2 millimètres des aisselles ruisselantes de ton compagnon de voyage.

La conclusion, c’est que nous ne sommes plus capables d’attendre deux minutes un métro, mais que nous sommes encore tout à faits capables de passer notre trajet à jouer à Candy Crush (si comme moi, tu n’y as jamais joué et que ce terme est de l’hébreu pour toi, prends quand même le temps d’en savoir un peu plus, tu te coucheras toujours moins bête ce soir !)

Posted in Tout un poème

Juste le temps d’un soupir

Il suffirait quelques fois d’un soupir, un soupir nécessaire qui se perd souvent dans le tumulte du monde, dans l’impossible quête d’un bonheur qui nous échappe.

Un soupir pour reprendre des forces, pour regarder passer les trains.

Un soupir comme une pause, un instant délicieux.

Un soupir. L’envie d’un arrêt sur image.

Un soupir pour penser, se souvenir.

Un soupir pour prendre le temps de faire les bons choix, de choisir le bon destin.

Un soupir, le temps d’un battement d’ailes de papillon.

Un soupir pour ne pas faire de mal.

Un soupir pour goûter au silence.

Un soupir qui ne dure que quelques minutes mais qui a presque le goût de l’éternité.

Un soupir pour regarder le monde vivre et mourir.

Et se dire que le temps d’un soupir, tout est toujours possible.

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Posted in Emprise et Renaissance

Noces de Froment (Célébration annulée pour cause de divorce!)

Cet article est bien entendu à prendre au second degré.

Et oui, trois ans de mariage déjà. D’un point de vue juridique uniquement. 18 mois de séparation. 6 mois en Egypte (pour lui), en Irlande (pour moi). Et donc 1 an de vie commune en pointillés. Si on part dans des calculs savants, on peut facilement dire que le temps que nous avons réellement passé ensemble se compte en nombre d’heures, si on élimine d’emblée les nuits, les heures au téléphone (et les heures au téléphone la nuit aussi), les visites aux copains, les heures à s’abrutir, s’endormir pour moi, devant la télévision qui diffusait au choix des films en arabe ou en italien.

Le 11 juillet 2011, je disais oui devant ma famille, mes amies et toute une tripotée de mecs en costard-cravate. Pas un vrai « oui » d’amour. Plutôt un « oui » de paix. La paix et l’amour, c’est du même tonneau, non !

Si tout s’était passé dans les règles de l’art, ce soir, nous aurions célébré nos noces de froment. Mais bien sûr que non, nous n’aurions rien célébré du tout. Qu’est-ce que c’est cliché et futile toutes ces dates anniversaires ! Qu’est-ce que les femmes peuvent nous saouler avec leurs envies de fleurs, leurs envies de restaurant (on mange quand même dix fois mieux chez soi, surtout quand on en rame pas une), leurs envies de weekend en amoureux, leurs envies de cinéma, de concerts, enfin leurs envies d’être ensemble tout court. C’est quoi cette manie de vouloir passer du temps ensemble,

Début de la parenthèse ( Quand elle dort, ça sert à rien que tu sois là, à la regarder dormir. C’est quand même plus fun de sortir faire la fête avec tes potes…

D’ailleurs quand elle te dit que vous ne passez pas assez de temps ensemble, c’est parce qu’elle fait l’impasse sur toutes ces grasses matinées qu’elle ne fait pas à vos côtés, tous ces matchs de foot qu’elle ne daigne pas regarder, à vos côtés, tous ces films d’action devant lesquels elle ronchonne du début à la fin, à vos côtés et toutes ces journées shopping où vous la traîné pour trouver un nouveau costume ou une belle paire de pompe en soldes, à vos côtés encore. Elle ne se rend jamais compte de tout ce temps perdu pour elle et ensuite elle vient vous accuser de ne penser qu’à vous (et à vos copains). Elle est tellement rapiat comme nana, qu’elle est même prête à devenir JALOUSE de vos potes de toujours. C’est du grand délire à ce point là…) Fin de la parenthèse.

Roger aurait enfilé sa chemise de star (mal repassée forcément), aurai gominé ses cheveux, aurai fait allusion à toutes les nanas qu’il allait faire tomber grâce à son charme légendaire (une blague bien lourde qui m’aurait forcément déplu, mais à laquelle j’aurai ris de bon cœur), m’aurai déposé un baiser sur les lèvres avant de s’enfuir rejoindre ses copains dans une boite de nuit du centre-ville de Dublin.

Et je serai restée seule avec ma vaisselle à laver et le DVD de Bridget Jones, remède anti-cafard, qui nous prouve encore et toujours que tous les mecs ne sont pas de fieffés connards.

Le 11 juillet 2011, à l’hea26bc146acb5e152d121916dd5e58269ure où je vous parle, j’avais dit oui devant l’officier d’état civil. On en était à la séance photo. Tout avait d’ailleurs failli se terminer en fiasco, quand l’officier avait osé demander à mon cher et tendre : « mais vous connaissez cette jeune femme ? », alors qu’il peinait à écrire les 5 lettres de mon nom de famille. C’est vrai que ça portait à confusion. Vous avez déjà vu, vous, un futur-marié qui ne connaît pas le nom de sa belle?

Il y avait eu de l’agitation dans l’assistance. Le maître de cérémonie avait mis fin au débat. L’honneur était sauf. Et Roger ne faisait même pas la gueule, ce qui était un miracle.

Sans rire, je garde un souvenir éblouissant de mon mariage, le seul heureux d’ailleurs. J’ai rangé les photos dans un album. Je les garde pour l’escargot quand il sera grand.

Et j’attends la date officielle de mon divorce avec une joie non dissimulée. Je crois même que je vais fêter ça en grande pompe, fêter ma liberté retrouvée !

 Crédit Photo – jimmychooshoos tumblr

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A mes fidèles lectrices…

Au fil de mes mots, leurs yeux scrutent mes textes, leurs doigts tappent des commentaires sur le clavier. Tantôt encourageants. Tantôt apaisants. Elles ne reculent devant aucun sentiment, devant aucun témoignage douloureux, devant aucun mot tremblant de rage ou de désespoir.

Elles me suivent pour la plupart depuis 1 an, jour pour jour. Ou elles ont rejoint l’aventure entre temps et font déjà partie des régulières.

Elles continuent à me lire, entre deux passages de leur vie, leur vie que je ne connais pas vraiment, que j’imagine juste à travers leurs mots, les billets qu’elles écrivent, ce qu’elles veulent bien partager.

Elles sont silencieuses parfois. Elles ne laissent aucune trace de leur passage. Peut-être qu’elles n’ont rien à ajouter. Peut-être qu’elles ne savent pas avec quels mots s’éclipser.

Elles ne me jugent pas et m’invitent à me pardonner.

Elles ne se lassent pas de lire, même mes pensées les plus intimes, même mes peurs les plus profondes.

Elles sont là, si lointaines et si présentes. Elles m’accompagnent sur le chemin vers la lumière éblouissante.

Elles sont femmes, mères, épouses, amies, sœurs. Elles sont là sans que l’on se voie.

Elles quittent le temps d’un clic ce qu’elles sont en train de faire, pour passer un peu de temps avec moi, derrière l’écran.

Elles et moi, nous ne nous connaissons pas. Mais c’est comme si nos vies étaient liées par un fil invisible, une pensée particulière.

J’ai voulu écrire ces mots pour les remercier du fond du cœur, pour leur dire que leur présence est loin d’être banale, que je leur souhaite le meilleur, que leurs mots me soignent et m’aident à aller de l’avant et qu’un jour peut-être je pourrai leur dire de vive voix tout ce qu’elles représentent pour moi.

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Crédit image Pinterest

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Pages Blanches

Elle se tient debout devant moi. Ses yeux regardent au loin. Elle ne dit pas un mot. Elle attend peut-être que je fasse le premier pas. Et moi, j’aimerai que ce soit elle qui vienne vers moi.

La vie est ainsi faite qu’un jour au détour d’un chemin, on croise une ombre, on devine un visage et le temps s’arrête.

Héloïse a vingt ans. Elle fait beaucoup plus jeune que son âge. Elle ne ressemble pas aux filles de son âge. Elle les évite même. Elle ne se reconnaît pas dans leurs jeux, dans leurs idées, dans leurs projets, dans les magazines qu’elles lisent ou dans les séries qu’elles regardent pendant des après-midi entiers chez l’une ou l’autre. Au collège déjà, elle était la risée de la classe. Les années suivantes, ses camarades ont fini par ne plus la remarquer, par être indifférents. Héloïse faisait partie de ces personnes qui nous font peur, parce qu’elles sont différentes. On ne les comprend pas. On les pose dans des cases et on s’en va.

Héloïse vit quelque part entre la terre et le ciel. C’est une grande rêveuse. Elle ne s’occupe pas de ce que les autres pensent d’elle. Elle ne recherche ni leur amitié ni leur compassion. Elle se réfugie dans ses livres qui parlent d’aventures, qui le font voyager sous les mers ou dans l’espace. Elle se délecte d’un savoir qui est accessible à tous, mais que tous ne considèrent pas comme nécessaire. Héloïse s’épanouit dans le silence, entre les quatre murs de sa chambre, entre les deux chaises de la table à manger du salon.

Héloïse vit avec son père, un musicien raté, qui écume les bars à la recherche d’un cachet pour la soirée. Héloïse n’en veut pas à son père. Héloïse ne cherche pas à comprendre pourquoi la vie s’est manifestée de cette façon-là. Elle accepte tout. Sa grande force se résume à cet état d’esprit qui ne tire aucun plan sur la comète, qui se satisfait du minimum, qui ne se pose pas de questions sans importance ou de questions dont elle sait que les réponses sont introuvables.

Héloïse et moi n’avions aucune vocation à nous rencontrer. Et pourtant, nos destins se sont croisés par inadvertance sur un quai de gare, un soir. Il faisait chaud. Il faisait très chaud. Elle lisait un livre dont je n’arrivais pas à distinguer le titre. Elle paraissait appartenir à un autre temps. Je faisais des va et vient entre son livre et mes pieds, espérant à chaque tentative pouvoir distinguer une parcelle de son visage. Le hasard a du vouloir me venir en aide. Par un coup du sort, son livre lui a échappé des mains. Il a glissé par terre, il a touché le sol noir de la station. Il était à présent plus proche de mes pieds que de ses mains. Je pouvais désormais contempler son visage, mais mes yeux ne se détachaient pas du livre.

Les pages étaient blanches, d’un blanc limpide et sacré, d’un blanc immaculé, à la limite du transparent.

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